Forum OSH By All Lyon 2025: Le REMAPSEN présente sa vision sur l’approche « One Health » en Afrique

La Fondation « Une Santé Durable pour Tous » a ouvert le lundi 3 novembre dernier à Lyon en France, son Forum dénommé OSH By All Lyon 2025, sur le thème « TOGETHER FOR A HEALTHY PLANET & HEALTHY LIFE ! ». Un thème qui a suscité des discussions autour de l’approche « One Health », qui relie la santé humaine, animale et environnementale. Ce forum, porté par une délégation africaine dirigée par Galien Africa, a été un moment fort pour échanger sur des solutions globales aux enjeux de santé publique.

Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), représenté par M. Boubacar Sow, Directeur du partenariat, a pris part activement à la table ronde consacrée à la conception des politiques publiques « One Health ».

Dans son intervention, Boubacar Sow, a mis en lumière le rôle stratégique des médias africains dans la vulgarisation et l’appropriation de cette approche interconnectée. En effet, selon lui, les médias ont un rôle clé à jouer pour relier les sphères scientifiques, politiques et communautaires, et ainsi rendre accessibles des enjeux complexes comme la santé, l’environnement et la santé animale.

Le directeur du partenariat du REMAPSEN, a développé dans sa prise de parole que les médias africains sont souvent le lien essentiel entre les experts et les populations. À travers leur capacité à rendre compréhensibles des problématiques complexes, les journalistes jouent un rôle crucial dans l’information des citoyens.

A cet effet, Boubacar Sow a montré à l’assistance de Lyon, que le REMAPSEN se positionne comme un acteur de la transformation, en mobilisant un réseau panafricain de journalistes formés pour traiter ces enjeux de manière interconnectée. Pour l’organisation, il est primordial de renforcer les capacités des médias africains, afin qu’ils puissent non seulement rendre compte de l’actualité sanitaire, mais aussi sensibiliser les communautés sur des questions fondamentales liées à la santé humaine, animale et environnementale.

Dans son intervention, le représentant du REMPASEN a insisté sur la nécessité de créer des partenariats solides avec les institutions de santé publique et environnementale. Ces partenariats sont essentiels, selon lui, pour garantir une couverture continue et locale des enjeux de « One Health ». En outre, l’organisation plaide pour la production de contenus dans les langues nationales. Cela permettrait d’assurer une meilleure appropriation par les communautés, notamment celles vivant dans les zones rurales, souvent les plus exposées aux risques sanitaires.

Cependant, plusieurs failles majeures dans la communication autour des politiques publiques « One Health » en Afrique ont été soulignées. Tout d’abord, « la communication reste souvent trop institutionnelle et verticale. Les messages sont souvent créés par des experts et destinés à un public d’experts, ce qui les rend difficilement accessibles aux populations. Ce manque de vulgarisation empêche une bonne compréhension des enjeux », a dénoncé Boubacar Sow.

En parallèle, « l’implication des médias locaux et communautaires, a-t-il poursuivi, reste insuffisante. Ceux-ci ne sont pas toujours intégrés dans les stratégies nationales et manquent des outils nécessaires pour traiter ces enjeux de manière régulière et cohérente. » De plus, la séparation des secteurs – santé humaine, santé animale et environnement – freine la mise en place de messages cohérents et efficaces a estimé le directeur du partenariat du REMAPSEN.

Il a aussi pointé du doigt, la communication autour de l’approche « One Health ». Selon lui, elle est marquée par « un déficit de contenu dans les langues locales. » Or, sans « une telle adaptation, pense Boubacar Sow, l’appropriation par les communautés reste limitée, en particulier dans les zones rurales. Les messages sont souvent trop sporadiques et réactifs, n’apparaissant que lors de crises, ce qui nuit à la continuité de la sensibilisation. » Enfin, le panéliste a fait remarquer que « les canaux numériques modernes, comme les réseaux sociaux et les plateformes mobiles, restent sous-exploités, malgré leur potentiel énorme pour atteindre un large public de manière rapide et efficace. »

C’est pourquoi a-t-il proposé, le REMAPSEN plaide donc pour une communication plus inclusive et décentralisée. Selon lui, l’approche « One Health » ne pourra réussir en Afrique que « si tous les acteurs, y compris les médias, travaillent ensemble de manière cohérente et continue. Il est essentiel que les médias deviennent des partenaires à part entière dans la mise en œuvre des stratégies « One Health », en collaborant activement à la sensibilisation des populations et en diffusant des informations adaptées et accessibles. »

REMAPSEN

 

Dialogue direct Gouvernement/Afrodescendants: l’exécutif burkinabè rassure

Une équipe gouvernementale conduite par la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, chargée de la Coopération régionale, Stella Eldine Kabré, a eu un dialogue direct avec les Afrodescendants et la Diaspora africaine en séjour au Burkina Faso, mardi 4 octobre 2025, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso est plus qu’engagé à accompagner les Afrodescendants et la Diaspora africaine désirant retourner au pays des Hommes intègres et y investir. Dans la dynamique de cet engagement, une équipe gouvernementale conduite par la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, chargée de la Coopération régionale, Stella Eldine Kabré, s’est entretenue avec les Afrodescendants et la Diaspora africaine, mardi 4 octobre 2025, à Ouagadougou.

D’entrée de jeux, la ministre Kabré a indiqué que la vision politique du Burkina Faso, portée par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, est celle du développement endogène, de la liberté, de la souveraineté réelle du Burkina. Elle a salué la démarche des frères Afrodescendants et de la Diaspora africaine qui, du reste, est en phase avec la volonté clairement affichée du président de Faso d’impliquer la Diaspora burkinabè et africaine et les Afrodescendants dans le processus de transformation structurelle et endogène de son pays.

Le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a également traduit la gratitude du gouvernement aux Afrodescendants et à la Diaspora africaine qui ont fait le choix délibéré de venir au Burkina Faso malgré le fait que certaines chancelleries ou officines extérieures peignent le pays en rouge, le présentant comme infréquentable du fait du contexte sécuritaire. « Etre Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) est un état d’esprit. Et le fait de venir au Burkina Faso, fait de vous des VDP », a-t-il lancé.

Et pour lui, il y a plusieurs manières d’être VDP. Outre la prise d’armes pour défendre la Nation, il y a la possibilité de défendre les intérêts du pays dans divers domaines comme la recherche, l’agriculture, la santé, des affaires, etc. « Continuez à porter ce message que notre pays est fréquentable », a-t-il lancé.

Il a par la suite décliné les quatre priorités de développement du gouvernement burkinabè qui sont inscrites dans le Plan d’actions pour la stabilisation et le développement (PA/SD) du Burkina Faso. Il s’agit de la lutte contre le terrorisme et la reconquête de l’intégrité du territoire national, la gestion de la crise humanitaire, la bonne gouvernance et la refondation de l’Etat, et la cohésion sociale. Et le gouvernement reste ouvert et disposé pour accueillir toute contribution, expertise ou initiative allant dans le sens de la matérialisation de ces priorités, a fait savoir le ministre Sana.

« Nous sommes satisfaits … »

Tout en insistant sur l’engagement de l’exécutif à tout mettre en œuvre pour que les Afrodescendants et la Diaspora africaine, désirant s’installer au pays des Hommes intègres, aient les documents de résident permanent, qui est une étape préalable au processus de naturalisation. La vision du capitaine Traoré est panafricaniste, il n’y a pas de nationalité burkinabè mais africaine, a-t-il insisté.

Pour sa part, le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a fait savoir aux Afrodescendants et à la Diaspora africaine qu’il y a des opportunités d’investissements dans son département, notamment dans le domaine pharmaceutique, avec les facilités qui vont avec. Il a également décliné les besoins de son ministère en matière d’expertises, de compétences dans des corps de spécialisation comme la chirurgie cardiaque et
bien d’autres. « Nous avons besoin de collaboration afin que nous puissions avoir des médicaments venant de la diaspora », a-t-il confié.

La ministre déléguée Kabré a rassuré que son département va assurer la coordination nécessaire pour la réalisation des projets de retour et d’investissements au Burkina Faso. « Nous devons maintenant dépasser le cadre des échanges pour aller vers les actions concrètes sur le terrain », a-t-elle souligné.

Par la voix de leur représentant, les Afrodescendants et la Diaspora africaine ont exprimé leur satisfaction à l’issue de ce dialogue direct et au regard des réponses apportées par l’exécutif burkinabè. « Nous avons eu une belle rencontre avec les ministres de différents départements. Nous sommes satisfaits des questions qui ont été posées et les éléments de réponses du gouvernement montrent que nos doléances ont été comprises et acceptées », a-t-elle confié. Ces échanges, a-t-elle conclu, ont donc permis d’avoir des clarifications pour les prochaines étapes.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

Projets et programmes du ministère en charge de la transition digitale: un bilan jugé satisfaisant à mi-parcours

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a tenu une session de revue des performances de ses projets et programmes au titre du premier semestre de l’année, mardi 4 novembre 2025, à Ouagadougou.

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électro-
niques a pris la décision d’évaluer ses projets et programmes à mi-parcours. En effet, des acteurs impliqués dans la mise en œuvre des projets et programmes du département se sont réunis afin de passer en revue, au titre du premier semestre de l’année, les
différentes réalisations, d’identifier les obstacles rencontrés et de définir de nouvelles orientations, mardi 4 novembre 2025, à Ouagadougou. Cette rencontre qui constitue un cadre privilégié de concertation a permis de vérifier si les interventions menées de ces projets et programmes répondent effectivement aux besoins essentiels des bénéficiaires, selon les organisateurs.

Pour le Secrétaire général (SG) du ministère en charge de la transition digitale, Borllis Michel Jonas Somé, le département dispose, pour l’année 2025, d’un portefeuille de deux grands projets et programmes de développement en phase d’exécution, pour un montant global de 144, 825 milliards F CFA. Il s’agit du Projet d’identification unique pour l’intégration et l’inclusion régionale en Afrique de l’Ouest (WURI) d’un coût global de plus de 48 milliards F CFA et le Projet d’accélération de la transformation digitale (PACTE
digital), d’un coût de plus de 96 milliards F CFA.

Il a indiqué que ces projets visent à réduire la fracture numérique et à contribuer de manière substantielle au développement économique et social du pays, à travers une série d’actions structurantes. Leur mise en œuvre effective va permettre de mettre en place un
registre électronique national de la population, une amélioration de la gouvernance et la modernisation de l’administration, un appui au capital humain qualifié et au développement d’une industrie numérique locale dynamique, a ajouté le SG du ministère en charge de la transition digitale. « Ces ambitions témoignent de la portée et de la pertinence de nos projets et programmes de développement. Cela nous interpelle, sans doute, à faire preuve de responsabilité, de rigueur et de dévouement dans le pilotage de nos projets afin d’en garantir la pleine réussite », a-t-il déclaré.

Des avancées significatives malgré les contraintes

Pour le Directeur général des études et des statistiques sectorielles (DGESS), Braïma Barro, au 30 juin 2025, le taux d’exécution physique global du portefeuille du ministère en charge de la transition digitale a atteint 39,21 % tandis que le taux d’exécution financière s’établissait à 5,63 %. Il a souligné que des progrès notables ont toutefois été enregistrés au 30 septembre 2025, avec 54 % d’exécution physique pour le Wuri et 55 % pour le Pacte Digital.

Au titre des réalisations majeures, pour le projet Wuri, a confié le DGESS, une offre relative au recrutement de l’intégrateur d’un marché d’environ 18 milliards F CFA, a été effectuée. Aussi, les cartes d’interopérabilité pour relier les plateformes intervenant dans la gestion des registres d’état civil et d’autres bases de données administratives ont également été validées. S’agissant du Pacte digital, les progrès notables, a indiqué M. Barro, incluent la réalisation d’études diagnostiques pour la mutualisation des centres de données, l’élaboration du rapport d’évaluation, la révision du schéma directeur d’aménagement numérique du Burkina et l’élaboration de la loi d’orientation numérique.

A son avis, les progrès réalisés dans les projets Wuri et Pacte digital témoignent de la volonté du gouvernement d’ancrer durablement le Burkina Faso dans l’ère numérique, au service du développement inclusif et de la modernisation de l’Administration publique.Le DGESS a évoqué, comme difficultés freinant la mise en œuvre des projets, la
situation sécuritaire qui reste un obstacle « majeur » pour la construction des infrastructures de communications électroniques sur l’ensemble du territoire national. Pour lui, les zones blanches identifiées nécessitent encore une couverture adéquate pour garantir l’accès équitable aux services numériques. Braïma Barro a, en outre, déploré les lenteurs administratives et les contraintes liées aux procédures des partenaires techniques et financiers pour l’obtention des avis de non objection.

Oumarou RABO

Un choix inattendu

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C’est la fin des spéculations sur les ambitions présidentielles du général Mamadi Doumbouya. S’il a gardé le suspense un bon moment, le président de la Transition en Guinée s’est finalement porté candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Il a choisi le dernier jour de dépôt des candidatures, lundi 3 novembre, pour soumettre son dossier à la Cour suprême de Conakry, accompagné de plusieurs membres du gouvernement. En posant cet acte, l’ex-commandant des forces spéciales guinéennes, le Gal Doumbouya, tombeur d’Alpha Condé en septembre 2021, revient sur sa promesse de rendre le pouvoir aux civils à l’issue de la période transitoire.

Les opposants, qui voyaient ce scénario se dessiner depuis longtemps, crient au scandale, mais le chef de l’Etat guinéen peut légalement s’appuyer sur la nouvelle Constitution pour briguer la magistrature suprême. Si le texte contenait au départ une interdiction faite aux membres de la Transition de se présenter aux élections, cette disposition a été finalement enlevée de la loi fondamentale, ouvrant la voie au Gal Doumbouya. Ses partisans, qui n’avaient de cesse l’appeler à se jeter à l’eau, eux jubilent, espérant voir leur leader consolider son pouvoir avec le vote au suffrage universel.

Si la candidature alimente les conversations, elle ne saurait faire ombrage aux efforts consentis par les autorités de la Transition pour un retour à un ordre constitutionnel normal, après des années d’incertitude. Certains observateurs en étaient arrivés à dire que la Guinée n’allait plus renouer avec la démocratie, tant que le Gal Doumbouya démontre le contraire. Quitte à ce que le processus électoral ne soit pas exempte de tout reproche. Une dizaine d’autres candidats ont aussi fait acte de candidature pour défier l’homme fort de la Guinée, mais les figures politiques marquantes de ces dernières années vont manquer à l’appel.

Les ténors de l’opposition, tous en exil, notamment l’ex-Président Alpha Condé qui ne s’avoue toujours pas vaincu, Celloun Dalein Diallo et Sidya Touré ne seront pas sur la ligne de départ. Des dispositions relatives à la limite d’âge ou à la présence sur le territoire national les empêchent de proposer leur candidature. Si sa candidature est validée, ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute, Doumbouya sera donc sur un boulevard, face à des adversaires qui ne pourront pas arrêter son élan, tant il a réussi à asseoir son autorité dans son pays.

A l’épreuve du pouvoir, bon nombre de Guinéens voient en lui, la personne à même de conduire le pays vers des lendemains plus radieux, tant les défis socioéconomiques constituent une montagne. De toute évidence, Doumbouya est parti pour rester aux affaires. Sauf cas de force majeure, on ne voit pas quel obstacle pourrait empêcher le président de la Transition guinéenne de sortir vainqueur des urnes. Son premier mandat constitutionnel de sept ans (c’était 5 ans dans l’ancienne loi) semble être à portée de main, quitte à ce qu’il se fasse réélire si ses compatriotes lui font confiance. En tous les cas, la Guinée retrouve peu à peu le chemin d’un ordre constitutionnel normal et nous osons croire qu’elle ira jusqu’au bout, pour écrire de nouvelles pages de son histoire.

 

Kader Patrick KARANTAO

Sécurité intérieure : une nouvelle stratégie validée

Le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamoudou Sana, a présidé, mardi 4 novembre 2025, à Ouagadougou, l’atelier de validation de la Stratégie nationale de sécurité intérieure (SSI) 2026-2030 et son plan d’actions triennal glissant.

Répondant aux exigences sécuritaires du moment, le gouvernement a activé et validé une nouvelle Stratégie opérationnelle de sécurisation des personnes et des biens. L’atelier qui a consacré la validation de la Stratégie nationale de sécurité intérieure (SSI) 2026-2030 et son plan d’actions triennal glissant est intervenu, mardi 4 novembre 2025, à Ouagadougou.
Pour le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamoudou Sana, président de la cérémonie d’ouverture de l’atelier, c’était une exigence juridique pour son département de se tailler une nouvelle stratégie étant donné que celle finissante était devenue caduque puisque datant de 2003.

Or, a-t-il expliqué, les menaces sécuritaires ont évolué et les acteurs aussi. Selon le ministre Sana, il s’agit d’une Stratégie moderne et intégrée qui prend en compte l’utilisation des nouvelles technologies pour garantir et assurer aux citoyens, une sécurité certaine en cette période de criminalité et de lutte contre l’hydre terroriste. « Au regard du contexte actuel dominé par l’engagement des Forces combattantes pour contrer l’expansion du terrorisme, il nous fallait au niveau intérieur, une stratégie adaptée et appropriée pour garantir la quiétude des Burkinabè du milieu urbain que rural », a fait savoir le commissaire divisionnaire de police.

Au passage, le ministre Sana s’est réjoui de la baisse sensible du taux de criminalité qui est passé de 0.31 en 2022 à 0.26 en 2024. Des acquis qui, selon lui, méritent d’être consolidés tout en mutualisant des efforts pour mettre en place un système sécuritaire plus inclusif, capable d’assurer un développement durable.

« La sécurité résulte de l’effort de tous et la Stratégie actuelle doit être une boussole commune pour nous praticiens dans la conduite des actions opérationnelles de sécurisation du pays », a précisé le patron de la sécurité au Burkina. Dans sa présentation de la stratégie, le Directeur général des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du ministère de la Sécurité, le contrôleur général de police Lassana Bargo, a indiqué que c’est en février 2024 qu’est intervenu le lancement des activités pour l’élaboration de la stratégie actuelle.

Pour lui, cette vision des autorités cadre avec les réformes en cours et vise à offrir aux populations, une politique de sécurité intérieure plus performante et efficace dans la mesure où la stratégie prévoit le renforcement de la coopération et la collaboration et coordination entre les entités des forces de sécurité intérieure. Il a rassuré que le document produit est le fruit d’une large consultation et fait la cartographie de toutes les situations sécuritaires possibles. Mieux, il prend en compte la menace actuelle qu’est le terrorisme.

Wanlé Gérard COULIBALY

Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité: les rideaux sont tombés sur des notes de satisfaction

La première édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité s’est achevée, dans la nuit du vendredi 31 octobre 2025, à Ouagadougou par la « Nuit des acteurs ».

Pendant quatre jours, les acteurs de la cybersécurité, les institutions publiques et privées, ainsi que des experts nationaux se sont réunis autour d’une ambition commune, renforcer la résilience numérique du Burkina Faso. Le clap de fin a eu lieu, vendredi 31 octobre 2025, à Ouagadougou. A travers conférences, panels et sensibilisations, cette première édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité a permis d’ouvrir un large dialogue sur les menaces croissantes du cyberespace et les réponses à y apporter collectivement. Huit panels thématiques ont ponctué la semaine abordant la prévention, la régulation des contenus numériques, la protection des données et la sensibilisation des citoyens.

Les échanges ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la mise en place d’un dispositif national de suivi des discours en ligne, la régulation des secteurs sensibles tels que les cryptomonnaies et les jeux de hasard, ou encore la protection des enfants dans l’usage des réseaux sociaux. Les participants ont également insisté sur l’intégration de l’Intelligence artificielle (IA) dans la sécurisation des systèmes d’information et la création d’un cadre de concertation nationale pour coordonner les efforts des différents ministères et partenaires.

Selon le vice-président du comité d’organisation, le commissaire de police Zakaria Hebié, ces propositions traduisent la volonté des acteurs d’asseoir une véritable culture de la cybersécurité au sein de la société burkinabè. Pour lui, cette initiative marque un tournant décisif dans la lutte contre les menaces numériques qui pèsent sur le pays.
Le point d’orgue de cette première édition a été la distinction de plusieurs personnalités et institutions pour leur contribution à la promotion d’un cyberespace sûr
et responsable.

Dans son discours, le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana, a exprimé sa satisfaction face au succès de cette Ire édition.
« Cette nuit marque le point d’orgue d’une belle aventure collective. Elle met en lumière celles et ceux qui, souvent loin des projecteurs, œuvrent à protéger notre pays contre les menaces invisibles du cyberespace. Elle célèbre la compétence, la rigueur et le patriotisme numérique », a-t-il déclaré. Le ministre a salué le travail acharné de la BCLCC et des acteurs du domaine, réaffirmant la volonté du gouvernement de faire du cyberespace burkinabè, un environnement de confiance et de sécurité au service du développement.

Un prix spécial pour les prochaines éditions

L’un des temps forts de cette cérémonie a été le lancement officiel du « Prix spécial pour la lutte contre la cybercriminalité », désormais intégré aux Prix Galian. Ce prix, doté d’une enveloppe de 500 000 F CFA, viendra, dès l’édition 2026, récompenser les productions journalistiques qui se distinguent par la qualité de leurs travaux sur les questions de cybersécurité.

En instituant ce prix, le ministère de la Sécurité entend valoriser le rôle des médias dans la prévention et la promotion d’un usage responsable du numérique. Les travaux de la semaine ont également mis en avant la nécessité de renforcer la sensibilisation auprès des leaders coutumiers et religieux, de mettre en œuvre un plan national de déconstruction de fausses informations et d’accroître la formation des professionnels de la sécurité numérique.

Ces mesures, selon les organisateurs, contribueront à bâtir une souveraineté numérique solide, capable de protéger les citoyens et les infrastructures du pays.
La deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité se tiendra du 27 au 30 octobre 2026. Et l’invitation a été lancé à tous d’emboiter les pas de Orange Burkina Faso, partenaire officiel de cette Ire édition à accompagner
l’édition prochaine.

Gustave KONATE
(Collaborateur)

Littérature : Wend Pakisdé Abdoul Rasmané Ouédraogo présente « Sous l’étoile du Sahel »

L’officier de police judiciaire à la Gendarmerie nationale du Burkina Faso, Wend Pakisdé Abdoul Rasmané Ouédraogo alias Owar, a présenté son premier recueil poétique intitulé « Sous l’étoile du Sahel », lundi 3 novembre 2025, à Ouagadougou.

L’officier de police judiciaire à la Gendarmerie nationale du Burkina Faso, Wend Pakisdé Abdoul Rasmané Ouédraogo, a dédicacé son premier livre intitulé
« Sous l’étoile du Sahel » dans la soirée du 3 novembre 2025. Il s’agit d’un recueil de 16 poèmes subdivisé en trois grands groupes. Selon l’auteur, l’œuvre relate les cicatrices et les espérances d’un peuple debout face à l’adversité entre douleur et lumière. « Les mots chantent la résilience, murmurent les silences du courage et célèbrent la beauté de l’âme humaine lorsque tout semble perdu », a-t-il précisé.

Pour lui, « Sous l’étoile du Sahel » n’est pas seulement un recueil de poèmes, mais un cri apaisé, un témoignage d’espérance et une invitation à croire encore en l’homme, même lorsque le ciel s’assombrit. C’est aussi une voix qui élève le silence des héros et éclaire l’horizon d’un peuple.

L’officier de police judiciaire à la gendarmerie a expliqué que la première partie qui contient 5 poèmes est constitué de textes qui évoquent le titre de l’œuvre, la seconde partie, avec 3 poèmes, traite de la résilience des Burkinabè. Quant à la dernière partie, elle renferme 8 poèmes qui donnent l’espoir d’une victoire des unités combattantes.
M. Ouédraogo a indiqué que les poèmes rendent hommage aux héros anonymes, aux orphelins du terrorisme et célèbrent les victoires des unités combattantes. Wend Pakisdé Abdoul Rasmané Ouédraogo a révélé que le recueil est disponible dans les librairies au cout unitaire de 3000 F CFA.

Valentin KABORE
(Collaborateur)

29e édition du FESPACO: des films primés en projection dans 10 villes du Burkina

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Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, en collaboration avec l’agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel, a officiellement lancé, vendredi 31 octobre 2025, à Kaya, le Faso Films Tour.

40 films primés à la 29e édition du FESPACO seront projetés dans dix villes du Burkina Faso lors de cette première étape de Faso Films Tour, selon les organisateurs. L’initiative est de l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) sous le leadership du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. La cérémonie de lancement officiel de Faso Films Tour a eu lieu, vendredi 31 octobre 2025, à Kaya.

Selon le chargé de missions du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo, le choix de la région des Koulsé pour le lancement de cette tournée est symbolique, en ce sens qu’elle a offert au pays des Hommes intègres un patrimoine culturel et artistique (NDLR : hauts fourneaux de Tiwèga) en dépit de la crise sécuritaire et humanitaire dont elle traverse. A l’entendre, le cinéma est un moyen très puissant pour réconcilier les esprits, apaiser les cœurs et permettre aux Burkinabè de se reconstruire sereinement. De l’avis du Secrétaire générale de la région (SGR) des Koulsé, Bernadette Adényo, l’initiative Faso Films Tour permettra de rapprocher le cinéma aux citoyens qui n’ont pas eu la chance de participer en live au FESPACO dernier.

Emil Abdoul Razak SEGDA
Nématou OUEDRAOGO
(Collaboratrice)

Cultures exotiques au Burkina: Daouda Ouattara démystifie la production du cacao, de l’avocat et du cola

Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso est un pays sans accès à la mer. Avec un climat tropical de type soudano-sahélien marqué par deux saisons (une saison sèche longue et une saison des pluies d’environ quatre mois), le pays enregistre environ 900 mm de pluie et des températures moyennes plus basses. C’est dans ces conditions climatiques que Daouda Ouattara s’est investi dans la culture du colatier et de l’avocatier, et bien d’autres plantations réputées ne réussir que dans les pays côtiers.

Mardi 14 octobre 2025. Il est 11 heures 45 minutes à Banfora, région des Tannounyan. Le soleil de plomb écrase la terre, faisant miroiter l’air au-dessus des champs. Mais, à Bérégadougou, commune rurale de la province de la Comoé, un calme profond, seulement troublé par le chant enjoué d’oiseaux, règne au cœur d’une forêt luxuriante. Palmiers élancés, avocatiers aux promesses de meilleurs lendemains, colatiers aux noix énergisantes, cacaoyers aux cabosses mystérieuses : un écosystème entier qui semble avoir été déraciné d’une côte lointaine pour renaître à des centaines de kilomètres de la mer.

Des gousses prometteuses d’une belle récolte de noix de cola
à l’horizon décembre 2025 sur l’exploitation de Bérégadougou.

Au milieu de cette « oasis », Daouda Ouattara, la soixantaine bien sonnée, les pieds nus ancrés, arbore un pantalon jean blanc, maculé de la poussière du labeur, et un tee-shirt noir, délavé par les années de sueur. La daba, fidèle compagne, repose sur son épaule, prête à fendre la terre. Il s’active au buttage des planches, préparant le sol pour le repiquage de la citronnelle. Un geste ancestral, répété des milliers de fois, mais qui, ici, prend une autre dimension. Daouda Ouattara n’est pas un simple jardinier, il est le gardien d’un rêve, le pionnier d’une révolution verte.

Ce qui fut jadis un petit lopin de terre est aujourd’hui une exploitation tentaculaire, abritant des centaines de pieds d’avocatiers et de colatiers, s’étirant le long d’un bras du fleuve Comoé au nord de Bérégadougou. Une « Côte d’Ivoire » en miniature, un éden tropical transplanté au cœur du Burkina Faso, défiant les lois de la géographie et les préjugés. « Je suis dans la plantation depuis une trentaine d’années », entame le sexagénaire, d’une voix grave et rocailleuse, empreinte de la sagesse des anciens et de la détermination des bâtisseurs. Son regard, balayant son domaine avec une fierté discrète, raconte une histoire de persévérance et de foi
inébranlable.

Une vocation

D’abord jardinier durant la saison sèche, il a rapidement élargi son horizon. « Du jardinage, je suis entré dans la plantation, notamment le colatier, l’avocatier, le palmier, le cacaoyer, et j’en passe. Des plants qu’on dit ne pas réussir sur les terres du Burkina Faso », poursuit le planteur dans son histoire avec ces plantes exotiques. Ces mots, « ne pas réussir », résonnent comme un défi dans l’esprit de Daouda Ouattara. Entre 1988 et 1989, il se lance, dans une aventure avec 120 pieds d’avocatiers et 10 pieds de colatiers. Un pari fou aux yeux de tous.

« Au début, les gens me prenaient pour un fou au motif que ce sont des plants qui ne réussissent que dans les pays côtiers. J’ai même failli baisser les bras à un moment parce que mon père était contre », se remémore-t-il. L’épreuve est rude, le découragement le guette. Mais l’amour de la terre, la conviction intime que l’impossible n’est qu’une question de perspective, le ramène à la tâche.

La première épouse du planteur, Kadidia Traoré, reste un soutien indéfectible dans cette aventure agricole.

« Comme j’avais l’amour de la chose et je savais ce que je faisais, j’ai repris en 1990 », se confie le planteur. Cinq ans plus tard, en 1995, la terre répond à son obstination. Les premières récoltes, symboles d’une victoire arrachée de haute lutte, apparaissent. « A la première récolte, j’ai eu une tonne d’avocats », soutient-il avec fierté. Aujourd’hui, son domaine est une symphonie de verdure et de prospérité de 100 pieds de colatier et de 600 pieds d’avocatiers. « Mon ambition est d’atteindre 500 pieds de colatier et 800 à 900 pieds d’avocatiers », se projette-t-il. Une ambition qui témoigne, non seulement de son succès, mais aussi de sa vision, de sa capacité à voir au-delà des horizons limités par les dogmes.

Les fruits d’une révolution silencieuse

Les colatiers de Daouda Ouattara, six à sept variétés, aux rendements généreux, sont devenus une référence locale. La commercialisation de cette richesse est tout aussi singulière. « Ce sont les laboratoires Phytofla du feu Dr Zéphirin Dakuyo qui prennent ma production (1,5 à 2 tonnes par récolte) pour des besoins pharmaceutiques. Dans l’année, je peux récolter deux à trois fois avec une période de crue en décembre-janvier », indique Daouda Ouattara.

Une collaboration qui assure un débouché stable et valorisant pour les précieuses noix de cola. Hubert Coulibaly, responsable du suivi de la matière première aux laboratoires Phytofla, apporte un éclairage sur l’impact commercial du travail du planteur.
« Depuis quelques années, c’est uniquement avec Daouda Ouattara que nous prenons le

Daouda Ouattara, pionnier des cultures exotiques dans les Tannounyan, est fier de sa réussite, symbole de la diversification réussie de son exploitation.

cola. On a compris qu’avec ce producteur local, nous pouvons avoir des noix de cola de très bonne qualité parce que dans notre politique, nous priorisons les producteurs locaux, et vu la qualité de ce qu’il fait, on a préféré travailler exclusivement avec lui », explique le client de Daouda Ouattara.

Cette exclusivité est le signe d’une confiance totale, bâtie sur la qualité et la fiabilité. « Au début, il avait une faible production, mais nous la prenions en complément. De nos jours, il arrive à combler nos besoins en cola », se réjouit Hubert Coulibaly. La différence avec le cola importé des pays côtiers est flagrante, et M. Coulibaly en détaille les raisons avec précision. « Vous savez qu’avec le transport, les péripéties des trajets font que souvent, en termes d’hygiène, ça pose un problème, surtout sur la question de la traçabilité », détaille-t-il.

La décision de travailler exclusivement avec Daouda Ouattara est donc une question de qualité, de sécurité et de traçabilité. Les avocats, eux, ont trouvé leur chemin vers les marchés grâce à une commerçante nigérienne. « En dehors d’elle, les commerçantes défilent en longueur de journée pendant la période de la récolte », soutient-il. Son exploitation n’est pas seulement une source de revenus, mais le pilier de sa famille. « Je gagne ma vie avec cette production. Je prends en charge ma famille, la scolarisation de mes enfants. Cinq d’entre eux ont même fini leurs études », dit-il fièrement. Pourtant, malgré l’évidence de son succès, le scepticisme persiste. « Nombreux sont ceux qui ne croyaient pas à la réussite de ces plants ici, même des intellectuels », fait-il savoir.

L’espoir renaît

D’autres, résignés aux cultures traditionnelles, lui jettent à la figure qu’ils préfèrent la plantation des manguiers ou des anacardiers à ses plants exotiques. Pourtant, Daouda Ouattara ne se décourage pas. Il tourne le regard vers les autorités qui ont le pouvoir d’amplifier son message. « J’ai toujours approché les autorités pour un coup de main dans la vulgarisation de ces plantations, sans avoir un écho favorable. Mais l’espoir renaît avec l’avènement d’une nouvelle ère. Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, dès son

Avec plus de 30 ans d’expérience, Daouda Ouattara a su imposer la culture
du colatier et de l’avocatier dans un environnement réputé peu favorable.

accession au pouvoir, a affiché une ambition claire : l’autosuffisance alimentaire, y compris les cultures exotiques comme le blé, l’ananas, l’avocat, le cacao, etc. Aussi, dans sa vision d’industrialisation, il a souhaité la construction d’une usine de cacao ici dans la région des Tannounyan. C’est pourquoi, je nourris l’espoir que je serai enfin écouté et
appuyé », espère-t-il.

A ses côtés, Kadidia Traoré, sa première épouse, incarne la force discrète, le soutien indéfectible. Son visage marqué par les années, reflète une résilience à toute épreuve. « J’ai toujours soutenu mon époux malgré les préjugés. Les gens ont essayé de nous décourager, mais nous n’avons pas cédé. Dieu merci, nous récoltons aujourd’hui les fruits de notre dur labeur », se félicite Kadidia Traoré. Ses mots, simples et puissants, sont le témoignage d’une foi partagée. Visionnaire pragmatique, le planteur amoureux de la végétation, comprend l’enjeu national.

« Il revient à nous aussi, les producteurs, de nous inscrire dans cette dynamique du chef de l’Etat parce que tout ce que nous importons, si nous arrivons à le produire sur place, c’est mieux. Avec la crise en Ukraine, nous avons tous senti l’utilité de produire du blé chez nous parce que la chaîne d’importation du blé avait été perturbée. Et si nous produisions du blé chez nous, nous n’aurions pas senti durement cette perturbation. Nous avons donc intérêt à expérimenter les autres cultures pour ne pas être totalement dépendants des autres », invite le planteur de 60 ans.

Les difficultés, inhérentes à toute entreprise agricole, sont bien réelles. « Ma difficulté se résume au manque d’eau et à la sécurisation de mon exploitation. Sinon, je n’ai aucun souci d’écoulement de ma production. Ça ne suffit même pas », fait-il savoir. Un cri de cœur qui souligne l’immense potentiel de son travail, si seulement les infrastructures suivaient. Son ultime message est un encouragement, une invitation à oser. « Le colatier tout comme l’avocatier et bien d’autres spéculations dites réputées des pays côtiers, réussissent bel et bien au Burkina Faso. Celui qui veut se lancer, je l’encourage », invite-t-il.

Déconstruire les mythes, cultiver l’avenir

Le directeur régional de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques des Tannounyan, Miyemba Souobou, encourage les producteurs à s’essayer aux cultures exotiques pour réduire les importations.

Le Directeur régional (DR) de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques des
Tannounyan, Miyemba Souobou, apporte une caution institutionnelle à l’expérience de Daouda Ouattara. « Ce sont des végétaux qui sont réputés en tout cas propres aux pays côtiers. Mais, au regard des conditions agro-climatiques de la région, ce sont des cultures qui réussissent. On voit de plus en plus de producteurs sur leur site qui réussissent à entretenir des colatiers, et des avocatiers qui produisent sans problème », indique le technicien de l’agriculture. Son discours va au-delà de la simple observation. Il s’inscrit dans une politique nationale de souveraineté alimentaire.

« Au-delà des cultures promues par l’Offensive agropastorale et halieutique, c’est de prendre en compte toutes les cultures qui occasionnent des fuites de devises. Si on arrivait à faire la promotion de ces cultures, je pense que ça devrait pouvoir réduire un tant soit peu cette sortie de ressources pour importer ces produits », suggère le directeur régional. Miyemba Souobou comprend tout de même le scepticisme, héritage de longues années d’aprioris. « Nous comprenons le scepticisme de ceux qui ne croient pas à la réussite du colatier ou de l’avocatier au Burkina Faso parce qu’il y a très longtemps que c’est ancré dans les esprits que ces cultures sont difficilement tenables dans notre environnement.

Du cola fraîchement récolté, preuve de la réussite des cultures tropicales sur les terres burkinabè.

Ces gens ont besoin de voir pour croire. Et dans la région, le cas de Daouda Ouattara est palpable », soutient-il. Dans le cadre de l’Offensive agro-pastorale et halieutique, poursuit M. Souobou, le gouvernement fait la promotion du cacao qui réussit bien au pays des Hommes intègres tout comme la banane plantain et le blé. « Des cultures qu’on disait pratiquement impossibles chez nous.

On est en train de déconstruire ces mythes ancrés dans les esprits depuis la nuit des temps », fait-il savoir. Au même titre que le planteur Ouattara, le DR/Agriculture encourage les producteurs à l’audace et à l’expérimentation. La souveraineté alimentaire, pour Miyemba Souobou, est un objectif multidimensionnel. « Quand on parle de souveraineté alimentaire, c’est sur tous les plans. Donc, toute production qui pourrait réduire notre dépendance vis-à-vis de l’importation est la bienvenue. J’encourage les producteurs à s’essayer dans toutes ces cultures », lance-t-il.

Kamélé FAYAMA


 

Une leçon vivante de résilience

L’histoire de Daouda Ouattara n’est pas seulement celle d’un homme qui a transformé un lopin de terre aride en un jardin d’Eden. C’est le récit d’une leçon vivante de résilience, d’ingéniosité et de foi inébranlable en la capacité de la terre et de l’Homme à se réinventer. Son succès, fruit de plusieurs années de labeur et d’une vision audacieuse, démontre avec éclat que les frontières géographiques et les préjugés climatiques ne sont que des défis à relever. En déconstruisant les mythes sur l’impossibilité de certaines cultures au Burkina Faso, Daouda Ouattara ouvre la voie à une nouvelle ère agricole, celle où l’autosuffisance alimentaire et la diversification des cultures ne sont plus un rêve lointain, mais une réalité tangible pour ceux qui osent semer l’espoir.

K.F