Dr Arikana Chihombori, présidente de l’Institut de développement de la diaspora africaine: « Le Président Traoré incarne ce que nous avons toujours souhaité chez un Africain »

Une délégation d’Afrodescendants et de la diaspora africaine aux USA séjourne depuis le 26 octobre 2025 au Burkina Faso, à l’initiative de l’Institut de développement de la diaspora africaine (ADDI). Sa présidente, Dr Arikana Chihombori, a accordé une interview à Sidwaya dans laquelle elle revient sur le sens de leur visite et l’engagement du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour une véritable souveraineté de l’Afrique.

Sidwaya (S) : Qui est le Dr Arikana Chiomboleko ?

Arikana Chihombori (A.C) : Je suis Dr Arikana Chiomboleko. Je suis médecin, né au Zimbabwe, dans un petit village appelé Chivu. Je suis allée aux Etats-Unis au God College, puis j’ai fait des études de médecine. J’ai pratiqué la médecine dans l’Etat du Tennessee pendant 25 ans avant d’être appelée à Washington pour être ambassadeur de l’Union africaine aux Etats-Unis. J’y suis restée trois ans et peu de temps après avoir quitté l’Union africaine, j’ai créé une organisation appelée African Diaspora Development Institute dont la mission est de combler le fossé entre la diaspora africaine et le continent africain.

Je comprends la fuite des cerveaux qui a commencé il y a plus de 400 ans. Lorsque nos grands-parents ont été emmenés hors d’Afrique comme esclaves, suivis par les migrants, certains fuyant les guerres. Cette fuite des cerveaux hors d’Afrique a été énorme et significative. Et ce voyage nous a amenés à Ouagadougou pour
continuer à faire connaître à la diaspora, le travail incroyable et merveilleux qui se fait ici au Burkina Faso. L’ADDI travaille depuis plusieurs années pour connecter l’Afrique à sa diaspora.

S : Quels sont les principaux domaines d’action de votre organisation, ses objectifs et les résultats obtenus ?

A.C : L’objectif de ADDI est de réduire l’écart entre les Africains de la diaspora et ceux du continent. Mais, plus précisément de mobiliser l’expertise et les compétences de la diaspora pour contribuer au développement de l’Afrique. La plupart des gouvernements africains souffrent d’une grave pénurie de compétences. Il est indispensable de
disposer des compétences nécessaires pour construire l’Afrique que nous souhaitons. Les gouvernements sont contraints de recruter des compétences hors d’Afrique. Nous affirmons que s’ils veulent recruter des compétences, ils doivent d’abord se tourner vers la diaspora.
La diaspora n’est pas organisée, c’est pourquoi la plupart des questions des chefs d’Etat sont : comment atteindre la diaspora africaine ? Nous disons donc qu’ADDI peut être le lieu où les chefs d’Etats africains peuvent se renseigner s’ils ont besoin d’une expertise spécifique dans leurs pays.

S : Pourquoi avoir choisi le Burkina Faso pour votre retour sur le continent africain ?

A.C : Le Burkina Faso est un pays qui a un dirigeant courageux, un dirigeant transformationnel, un dirigeant qui nous a montré que l’Afrique peut se lever et défendre son territoire. C’est donc l’un des seuls dirigeants que nous voyons en Afrique, en plus de ceux du Niger et du Mali, qui font ce que les dirigeants africains devraient faire. Nous sommes face à une situation où nous voulons des dirigeants qui représentent le peuple. Nous voulons des dirigeants prêts à se battre pour le peuple. Nous voulons des dirigeants qui ne tolèrent plus que l’exploitation de l’Afrique se poursuive. Les ressources naturelles de l’Afrique appartiennent aux Africains et doivent contribuer à améliorer leurs conditions de vie. C’est ce qui se fait au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Nous commençons donc par le Burkina Faso, mais, nous irons ensuite au Mali et au Niger. Le Burkina Faso est le premier, pour des raisons évidentes. Le Président Traoré est notre héros. Le Président Traoré est un dirigeant qui, à mon sens, incarne ce que nous avons toujours souhaité chez un homme africain, et c’est pourquoi nous avons choisi le Burkina Faso. C’est formidable.

S : Qu’avez-vous ressenti en arrivant au Burkina Faso ?

A.C : C’est libérateur. Nous avons été au mémorial Thomas-Sankara.
Nous avons compris que notre dirigeant a été assassiné par des infiltrés du système parmi nous. Sans les traîtres qui l’ont dénoncé et saboté, Thomas Sankara serait encore en vie aujourd’hui. Aussi, réaliser que les nôtres étaient responsables du meurtre de Thomas Sankara fut une épreuve douloureuse. Se tenir dans la pièce où il gouvernait le pays, se tenir sur le même lieu où son corps a été tué, regarder les vêtements qu’il portait ce jour-là, était déchirant. Donc, comme je l’ai dit, c’était doux-amer. Nous avons pris
conscience que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir,
en tant que Noirs, pour refuser d’être instrumentalisés dans notre autodestruction.

S : Cette visite intervient à un moment où le Burkina Faso affirme de plus en plus sa souveraineté et son leadership panafricain. Comment percevez-vous la vision et l’action du capitaine Ibrahim Traoré dans le cadre de la renaissance africaine ?

A.C : C’est exactement ce dont nous avons besoin. L’Afrique a reconstruit l’Europe après la première Guerre mondiale. Et après la seconde Guerre mondiale, les ressources naturelles de l’Afrique financent toujours l’éducation, la santé et les infrastructures européennes. Les ressources africaines entretiennent l’Europe. Cela doit cesser. Les ressources africaines doivent financer l’éducation africaine.

Dr Arikana Chihombori : « nous voulons des dirigeants qui ne tolèrent plus que l’exploitation de l’Afrique se poursuive ».

Les ressources naturelles africaines doivent financer le système de santé africain. Les ressources africaines doivent financer les infrastructures routières, ferroviaires et hydrauliques africaines. Cette exploitation doit prendre fin. Alors oui, nous soutenons pleinement le Président Traoré pour le travail qu’il a accompli et qu’il continue d’accomplir.
Nous soutenons le travail accompli par le Niger et le Mali également qui affirment simplement que ce qui se trouve en Afrique appartient aux Africains.

Ils font ce que n’importe quel autre pays ferait. Il est inacceptable que l’Afrique ait été exploitée aussi longtemps. Cela doit cesser et le Burkina Faso, le Niger et le Mali nous ont montré la voie. Nous soutenons leur revendication de souveraineté et exigeons le respect de leurs droits et la fin de l’exploitation de l’Afrique.

S : Ce séjour de près de deux semaines au Burkina Faso comprend des activités culturelles, économiques et sociales. Quels sont les objectifs
concrets et les résultats attendus de cette visite ?

A.C : Lors de cette visite, nous allons tout d’abord obtenir notre permis de séjour permanent. Ce qui est très important pour nous, car nous pourrons enfin considérer le Burkina Faso comme notre foyer et y réaliser nos projets. Deuxièmement, nous allons examiner les opportunités d’investissement. Des hommes d’affaires sont prêts à investir au Burkina Faso.

Nous rencontrerons différents ministres du gouvernement. Nous tiendrons un sommet d’affaires où nous espérons rencontrer la Chambre de commerce, le ministère des Finances et le ministère de l’Industrie. Nous sommes donc ici pour dialoguer. Nous espérons également rencontrer les vendeurs ambulants afin d’explorer les possibilités de collaboration et d’investissement au Burkina Faso.

Nous allons également inaugurer le terrain destiné au village de la diaspora. Nous sommes donc là pour faciliter l’accès au Burkina Faso aux descendants des anciens esclaves et leur permettre de rentrer chez eux. Le Burkina Faso s’est considérablement ouvert. Il ne s’agit pas seulement d’accorder des permis de séjour permanents, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives pour que la diaspora puisse venir investir et s’installer au Burkina Faso. Nous sommes donc déterminés à ouvrir ces portes et à revenir régulièrement au Burkina Faso.

S : A propos d’investissements, vous rencontrerez des acteurs du secteur privé burkinabè. Quel type de partenariat ou d’investissement la diaspora africaine souhaite-t-elle développer au Burkina Faso ?

A.C : Cela dépend des opportunités qui se présentent. Nous nous intéressons bien sûr au secteur minier, qui est toujours un enjeu majeur. Nous nous intéressons au secteur manufacturier. Nous nous intéressons à la sécurité alimentaire et à l’industrie agroalimentaire. Et puis, bien sûr, nous aimerions envisager la création du premier réseau d’information panafricain pour commencer à raconter notre histoire, à l’instar de CNN pour le monde occidental. Nous souhaitons aussi examiner notre système éducatif afin de voir si des membres de la diaspora peuvent participer à l’écriture de notre propre histoire.

Ainsi, nos enfants pourront apprendre notre histoire de nous. Nous
étudions également la création d’une Banque panafricaine, car nous sommes conscients des difficultés de financement que nous rencontrons. Nous devons disposer de nos propres ressources naturelles.

Nous recherchons donc des mécanismes pour mobiliser nos propres fonds afin de continuer à investir au Burkina Faso en finançant nous-mêmes nos investissements. Nous avons donc de nombreux projets à l’étude. Les dialogues panafricains font partie des sujets que nous abordons. Nous espérons parvenir à une solution et réaffirmer notre engagement envers le Burkina Faso.

S : De nombreux jeunes Africains de la diaspora expriment aujourd’hui le désir de renouer avec leurs racines. Quel message souhaiteriez-vous leur adresser en tant que femme leader et porte-parole du panafricanisme contemporain ?

A.C : C’est dans notre esprit que nous avons le plus souffert. Ce que je souhaite, c’est un système éducatif qui enseigne notre histoire à nos enfants. Quand nos enfants s’éveilleront, quand ils comprendront notre histoire, ce seront eux qui pourront bâtir l’Afrique. Dans la situation actuelle, nous avons tous subi un tel lavage de cerveau que nous ne valorisons plus ce que nous avons, ce que l’Afrique a. Nous avons toujours l’impression que l’herbe est plus verte ailleurs. Ce n’est pas vrai.
Alors, comment rééduquer nos enfants, comment leur donner les moyens de comprendre que l’avenir est en Afrique et qu’ils vivent déjà en terre promise ? Comment exploiter nos ressources naturelles pour qu’elles profitent à nos enfants afin que notre jeunesse cesse de traverser la Méditerranée à la recherche d’un avenir meilleur qui n’existe pas ? L’avenir est ici. Alors, si je peux dire une chose aux jeunes, c’est de rester fermes, mais nous avons une responsabilité en tant qu’aînés. Nous avons failli à notre mission, mais nous espérons faire mieux.

S : Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé la Confédération de l’AES. Quel est votre bilan des deux années d’existence de cette confédération ?

A.C : Ils ont accompli des progrès considérables. Prenons l’exemple du Niger et de son acquisition d’une mine, en l’occurrence une mine d’uranium : le prix de l’uranium est passé de 80 centimes à 200 euros le kilo. Le gouvernement a immédiatement constaté que ses recettes fiscales liées à l’uranium étaient passées d’un milliard de dollars à plus de 300 milliards de dollars. Il faudrait maintenant appliquer ce principe à tous les minéraux.
Vous rendez-vous compte des sommes colossales dont disposent ces pays ? Ce dont ils ont besoin maintenant, c’est de l’expertise nécessaire pour utiliser les fonds qu’ils débloquent. Des fonds qui allaient en France et qui restent désormais dans le pays. Et, c’est là que nous intervenons, pour les aider à combler leurs lacunes
en matière de compétences indispensables à la
construction de ces nations. Ils ont accompli des prouesses.

Interview réalisée par Soumaïla BONKOUNGOU

 

Construction du complexe universitaire de Gaoua: retard inquiétant, le gouverneur du Djôrô hausse le ton

Le gouverneur de la région du Djôrô, Siaka Barro, a effectué, le vendredi 31 octobre 2025, une visite de suivi du chantier du complexe universitaire de Gaoua. Constatant un important retard dans l’exécution des travaux, il a exhorté l’entreprise à redoubler d’effort pour respecter les engagements.

Les travaux du chantier du futur complexe universitaire de Gaoua avancent lentement selon le gouverneur du Djôrô, Siaka Barro. Accompagné de techniciens et de cadres régionaux, il a constaté, le vendredi 31 octobre 2025, l’état d’avancement des travaux, exécutés dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ). Le complexe universitaire de Gaoua, qui comprend notamment un bâtiment pédagogique de type R+2 extensible en R+3 comportant des bureaux, des salles de cours, des salles de travaux dirigés et un amphithéâtre de 500 places, devait accueillir les étudiants dès l’année académique 2025-2026. A l’issue de sa visite, le gouverneur n’a pas caché sa déception.

« Je ne suis pas du tout satisfait de l’évolution des travaux.
Le chantier devait être livré le 19 octobre dernier, mais nous sommes aujourd’hui à un taux d’exécution de seulement 30,75 % alors que le délai est déjà consommé à plus de 100 % », a-t-il déploré. Pour lui, ce retard compromet la mise à disposition du complexe pour l’année académique 2025-2026. Il a invité l’entreprise à doubler son personnel, à mobiliser davantage de ressources et à accélérer la cadence, afin que les bâtiments puissent être exploités au plus tard au deuxième trimestre.

Du côté de l’entreprise, le conducteur des travaux, Dieudonné Oubilbiga, a reconnu le retard qu’il explique par plusieurs facteurs. Il s’agit, a-t-il fait savoir du long délai d’approbation des plans, des difficultés liées à la topographie du terrain et l’approvisionnement en matériaux de qualité. « Le sable vient de Bobo-Dioulasso et le concassé de Ouaga. La distance de ces deux villes à Gaoua allonge considérablement les délais », a précisé le technicien.

Tout de même, le contrôleur des travaux a assuré le gouverneur. L’entreprise a promis elle aussi d’intensifier le travail afin d’atteindre un niveau d’avancement significatif d’ici fin décembre 2025. Pour sa part, le gouverneur a annoncé qu’il reviendra sur le site à la fin du mois de novembre pour apprécier les progrès réalisés. Ce complexe universitaire de Gaoua, une fois achevé, viendra renforcer l’offre d’enseignement supérieur dans la région du Djôrô, foi du gouverneur, et incarnera la volonté du gouvernement de rapprocher l’université des territoires.

Boudayinga J-M THIENON

 

Direction régionale de la Police nationale du Guiriko: le commissaire divisionnaire Voubi Ziba aux commandes

Le directeur général de la Police nationale, Thierry Dofizouho Tuina, a installé le nouveau directeur régional de la Police nationale du Guiriko, Voubi Ziba, le jeudi 30 octobre 2025 à Bobo-Dioulasso.

Le commissaire divisionnaire Voubi Ziba est le nouveau directeur régional de la Police nationale du Guiriko. Nommé en Conseil des ministres du jeudi 23 octobre dernier, il a été installé dans ses nouvelles fonctions dans l’après-midi du jeudi 30 octobre 2025 par le directeur général de la Police nationale, Thierry Dofizouho Tuina. Il remplace à ce poste, le commissaire divisionnaire, Pierre Claver Konaté.

« Désormais, commissaires, officiers, sous-officiers, personnel civil de la direction régionale de la Police nationale du Guiriko, vous reconnaîtrez désormais pour chef le commissaire divisionnaire de police Voubi Ziba, et lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera pour le bien du service, l’exécution des missions, l’observation des lois et règlements du Burkina Faso », s’est adressé le DG de la Police nationale aux agents de la DRPN du Guiriko. Prenant la parole pour la toute première fois, le nouveau DR de la Police nationale du Guiriko a insisté sur l’importance de la courtoisie, qu’il considère comme la première qualité d’un bon agent de police et la première clé de son succès.

« Un usager accueilli avec courtoisie à qui vous n’avez pas pu rendre service se souviendra de vous en bien. Tandis que c’est un usager accueilli dans la discourtoisie à qui vous rendez service par la suite se souviendra de vous en mal », a-t-il illustré. Sur la question sécuritaire, le commissaire Ziba a rendu un « vibrant hommage » à ses frères d’armes militaires et paramilitaires, ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), pour leur engagement quotidien dans la lutte contre l’insécurité.

Il a également salué la mémoire de toutes les victimes du terrorisme, réaffirmant la détermination des forces à poursuivre le combat. Avant de terminer son discours, Voubi Ziba a remercié son prédécesseur pour le « très bon travail déjà accompli », et s’est engagé à poursuivre la mission. Pour y parvenir, il a indiqué compter sur le soutien
et l’accompagnement de ses éléments, de ses frères d’armes ainsi que de
l’ensemble des corps constitués du Guiriko.

Kamélé FAYAMA
Patricia COULIBALY
(Stagiaire)


 

Expérience professionnelle du nouveau DRPN du Guiriko

Directeur régional de la Police nationale des Tannouyan (de mai 2024 à sa nomination récente).
Chargé d’études au cabinet du directeur général de l’Agence nationale de
renseignement (ANR) (de février 2022 à 2023).
Enseignant à l’école nationale de police (d’octobre 2019 à 2021).
Commissaire central de police de la ville de Manga (d’octobre 2015 à 2019).
Commissaire central adjoint de police de la ville de Boromo (d’octobre 2012 à 2015).
Officier à la Direction des sports, des arts et de la culture à la DGPN (de février à
octobre 2012).

K.F

Exploitation agricole à Matourkou: des réfugiés passent de l’assistance humanitaire à l’autonomie

Au Burkina, des réfugiés, notamment des femmes, pratiquent l’agriculture pour assurer leur autonomisation et mieux s’intégrer au sein des communautés hôtes. Dans le village de Matourkou, situé à 15 kilomètres de Bobo-Dioulasso, dans la région du Guiriko, elles exploitent plus d’une centaine d’hectares. Là, réfugiées et hôtes vulnérables sèment et récoltent, ensemble, les germes de l’espoir …

Fin juillet 2025. A Matourkou, village situé à une quinzaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, les cultures présentent une bonne physionomie. Les plants vigoureux, les feuillages verdoyants, la régularité et l’abondance des pluies laissent entrevoir une saison agricole prometteuse. Si dans certaines exploitations, les céréales et légumineuses ont atteint le stade de levée, ailleurs, elles sont au stade de semis. Chez d’autres encore, les labours sont toujours en cours. Mais partout, l’enthousiasme des producteurs est palpable, porté par la perspective de récoltes fructueuses.

La trentaine révolue, Fatoumata Ongoïnbo, mère de trois enfants, réfugiée malienne installée au quartier Farakan de Bobo-Dioulasso, exploite un demi-hectare. L’heure est au désherbage de son champ. En pagne coloré et foulard noué sur la tête, sa daba en main, elle débarrasse ses plants de maïs, des mauvaises herbes, en compagnie de son fils de 6 ans, habillé aux couleurs des Etalons. « Il me reste à répandre l’engrais pour booster leur croissance », indique-t-elle. En plus de cette spéculation, elle a emblavé du mil, de l’arachide et du niébé.

Désormais loin de son village natal de Koroma, région de Koulikoro au Mali, dame Ongoïnbo s’est forgé une nouvelle vie, dans les sillons de la terre. Devenue agricultrice depuis 2021, elle applique bien les techniques culturales. « Avant les premières pluies, nous
avons apporté de la fumure organique. Le sol est assez fertile. C’est ce qui explique la bonne allure du mil et du maïs », explique-t-elle, le regard tourné vers ses cultures vertes denses. Elle nourrit l’espoir d’une récolte abondante, gage de sécurité
alimentaire pour sa famille.

Comme elle, 172 personnes, dont 163 réfugiés et neuf membres des communautés hôtes, exploitent ce site agricole aménagé par le gouvernement burkinabè, à travers le Secrétariat permanent de la Commission nationale des réfugiés (SP/CONAREF), avec l’appui de ses partenaires, notamment le Haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR). Selon Dramane Koussoubé, associé à la protection au sein du SP/CONAREF, le
site compte 117 femmes et 55 hommes.

Les réfugiés mettent en valeur 105 hectares, dont 100 hectares de cultures céréalières, et …

A l’échelle nationale, précise-t-il, sur plus de 10 400 ménages réfugiés installés au Burkina, plus de 60 % sont dirigés par des femmes. « La plupart de ces réfugiées vivaient déjà en milieu rural dans leurs pays d’origine, où elles pratiquaient l’agriculture. C’est en 2021 que nous avons jugé nécessaire de mettre en place ce projet afin de les soulager, en leur offrant une activité génératrice de revenus et un moyen de renforcer leur autonomie », explique M. Koussoubé.

« On se noyait et le Burkina nous a tendu la main »

Formées et encadrés par l’Ecole nationale de formation agricole (ENAFA), ces réfugiées mettent en valeur 105 hectares, dont 100 hectares de cultures céréalières et 5 hectares réservés à la culture de légumineuses et à la pisciculture. Chaque bénéficiaire exploite un demi-hectare. Sur ces terres, plusieurs spéculations comme le maïs, le niébé, l’arachide, le mil, la laitue, le chou, l’aubergine, la tomate et l’oseille sont produites.

Foulard vissé sur la tête, Salimata Goro, 43 ans, en T-shirt rose et pagne orange orné de motifs colorés, arrache les herbes aux pieds de ses arachides. Aujourd’hui, elle a fait appel à deux dames pour désherber son champ, moyennant la somme de
1 000 F CFA chacune.

Venue de Dinangourou, dans la région de Bandiagara au Centre du Mali, elle dit nourrir sa famille de sept personnes, grâce aux récoltes issues de son lopin de terre à Matourkou. « Ce champ représente tout pour nous. Il me permet de nourrir ma famille. C’est une bouée de sauvetage. On se noyait et le Burkina nous a tendu la main », affirme-t-elle, la voix teintée de reconnaissance. Salimata confie que l’ensemble de sa production agricole est réservée à la consommation familiale.

« Nous ne vendons rien de ce que nous récoltons. Depuis la fin de la dernière saison agricole, c’est ce que nous consommons jusqu’à présent », indique-t-elle. Pour la campagne en cours, elle a emblavé du maïs, du niébé et du voandzou (pois de terre). Ces jeunes pousses, d’un vert prometteur, incarnent l’espoir d’une famille qui, pendant longtemps, a dû compter sur l’assistance humanitaire pour survivre.

… 5 hectares réservés pour la culture de légumineuses et la pisciculture.

A un jet de pierre de sa parcelle, s’étend celle de sa compatriote, Fanta Goro. Originaire de Douenza, localité située dans la région de Mopti au Mali, elle s’est installée au quartier Accart-Ville de la capitale économique. Au départ, elle s’était lancée dans la vente de charbon et la lessive dans les domiciles pour subvenir aux besoins de sa famille. Mais depuis quelques années, se souvient-elle, sa vie a progressivement changé grâce à l’agriculture.

Chaque jour, sauf le vendredi, la quinquagénaire prend le bus ou un taxi-moto pour rejoindre son champ à Matourkou, devenu son principal moyen de subsistance. Agricultrice chevronnée, elle a mis du haricot entre les pieds de maïs. Sa propriété présente une belle allure, malgré l’existence de quelques hautes herbes. « Comme les plants de maïs grandissent en hauteur et sont espacés l’un de l’autre, nous semons du niébé entre ses pieds. Une autre partie du champ est réservée pour le gombo et l’oseille », explique la « vieille » Fanta.

Avec fierté, elle assure que les récoltes de sa petite exploitation suffisent à nourrir sa famille pendant plusieurs mois, réduisant ainsi sa dépendance de l’aide extérieure. « L’alimentation est notre principale préoccupation. Pour cuisiner, il me faut au moins deux boites de farine de maïs, alors que la boite coûte au moins 500 F CFA. Grâce aux activités que nous menons ici, nous ne payons plus de farine de maïs », se réjouit Fanta Goro.

Réduire sa dépendance de l’aide humanitaire

En 2024, le bureau régional du HCR, basé à Bobo-Dioulasso, a mené une
évaluation auprès de 50 producteurs du site agricole de Matourkou. Il ressort que 50 % des enquêtés couvrent leurs besoins alimentaires pendant 6 à 7 mois, 30 % entre 8 à 9 mois, 15 % jusqu’à 12 mois et 5 % sont autonomes sur plus d’un an.

Grace à l’agriculture, Fatoumata Goro a réduit sa dépendance
de l’aide humanitaire.

L’activité agricole a donc permis à de nombreuses familles de réfugiés de réduire leur dépendance de l’aide humanitaire. « C’est une avancée importante vers l’autosuffisance alimentaire », assurent les rapporteurs. Grâce au maïs, au mil, au niébé … récoltés sur le site aménagé de Matourkou, les femmes refugiées parviennent à améliorer leurs conditions de vie. Lorsque Fatoumata Goro est arrivée dans l’Ouest du Burkina en 2012, avec ses six enfants, l’un de ses soucis a été de parvenir à nourrir sa progéniture.

Au quartier Diarradougou, elle enchaîne les petits boulots ménagers dans les environs. « A notre arrivée, nous dépendions uniquement de l’aide humanitaire et des bonne volontés. Il fallait qu’on nous tende la main à chaque fois pour que nous puissions manger », se souvient-elle. Mais rapidement, elle réalise que la terre peut être sa voie de résilience. Treize années plus tard, Fatoumata estime avec fierté avoir franchi un cap : passer de la survie à l’autonomie grâce à l’agriculture. Dame Fatoumata « s’est révélée ». Grâce à son lopin de terre, elle parvient aujourd’hui à nourrir sa famille sans tendre la main.

Sa situation économique s’est stabilisée. Sa condition de vie, améliorée. « Depuis l’année dernière, nous n’avons payé aucun gramme de maïs», renchérit-elle. Au terme de la précédente saison agricole, elle a pu récolter près de 15 tines, soit plus 250 kilogrammes de maïs. « Nous achetons souvent du riz, des tubercules, des pâtes alimentaires … pour varier notre alimentation. Mais l’essentiel de notre nourriture provient de ce champ », indique Fatoumata Goro.

En tenue traditionnelle aux couleurs vives, avec un motif tie-and-dye en forme circulaire au centre, assorti d’un foulard et portant des lunettes de soleil, Naoudaïngar Christiane Ouattara, réfugiée tchadienne, a aussi su tirer profit des opportunités offertes par le site agricole de Matourkou.

Des revenus supplémentaires

En plus de sa parcelle de culture pluviale, elle exploite un périmètre maraîcher, aménagé dans la même zone. Une activité complémentaire qui lui permet non seulement de diversifier sa production, mais aussi de générer des revenus réguliers. L’oseille, l’épinard, la tomate et le gombo qu’elle produit en contre-saison, contribuent à enrichir l’alimentation de sa famille. Les céréales du champ et les légumineuses du jardin lui ont permis d’améliorer la valeur nutritionnelle des repas des Ouattara, avoue-t-elle. Aussi, poursuit-elle, la revente des condiments lui permet d’avoir des revenus supplémentaires.

« En plus d’avoir suffisamment de légumes pour notre consommation, nous avons un surplus que nous vendons sur le marché. Nous pouvons avoir entre 10 000 et 40 000 F CFA par semaine », confie-t-elle. Ces revenus, foi de Mme Ouattara, contribuent à scolariser et à offrir de meilleurs soins de santé à ses enfants.
Les moments de précarité et de faim, jadis des défis quotidiens, sont désormais révolus dans cette famille de cinq personnes. « Maintenant, nous mangeons à notre faim. En plus, nous gagnons un peu d’argent grâce à ce champ », lâche-t-elle avec un brin de fierté.

« Elles ne sont plus un fardeau »

Venue du Mali, Fanta Goro
nourrit convenablement sa famille grace aux récoltes issues de son lopin de terre.

L’évaluation menée en 2024 par le HCR-Burkina auprès de 50 producteurs de ce site a aussi révélé que les revenus générés varient entre 20 000 et 132 500 F CFA par trimestre. « Cela leur permet de se nourrir, de s’habiller, de scolariser leurs enfants, de payer leur loyer et même d’investir dans des terres », peut-on lire dans le rapport.
Pour Dramane Koussoubé, le site agricole des réfugiés de Matourkou incarne un véritable modèle de résilience.

« Grâce à l’agriculture, les bénéficiaires ne dépendent plus de l’assistance humanitaire. Elles ne sont plus un fardeau », se réjouit-il. Au-delà de la production vivrière, l’initiative favorise, selon lui, l’autonomisation économique des femmes réfugiées. Ce site leur garantit un accès à une alimentation saine et équilibrée, tout en leur offrant la possibilité de vendre une partie des récoltes pour couvrir certaines dépenses, souligne M. Koussoubé. En dépensant moins d’argent dans l’achat de nourriture, estime M. Koussoubé, les femmes peuvent dégager des revenus supplémentaires qui seront réinvestis dans d’autres domaines comme l’éducation des enfants, la santé, le commerce, etc.

Restaurerla dignité des réfugiées

Depuis 2021, dans la région du Guiriko, plusieurs femmes réfugiées ont su transformer leur quotidien grâce à l’agriculture. Non seulement, elles parviennent à nourrir convenablement leurs familles, mais elles réussissent également à générer des revenus. Fatoumata Oualatou est l’une d’elle. Une houe posée sur l’épaule gauche et habillée en complet estampillé « 8-Mars. Journée internationale de la femme », la présidente des femmes réfugiées de Bobo-Dioulasso se réjouit d’avoir tourné la page des nuits blanches liées aux difficultés alimentaires.

Aujourd’hui, grâce à son champ d’un demi-hectare, elle affirme être autonome et capable de subvenir aux besoins essentiels de son foyer. « C’est très bénéfique. Jusqu’aujourd’hui, nous consommons ce que nous avons récolté l’année dernière. Les arachides récoltées sont souvent transformées en pâte pour la sauce », détaille Fatoumata Oualatou. Elle pense que le site agricole de Matourkou a permis de restaurer un tant soit peu, la dignité des refugiées. « Nous sommes beaucoup plus respectées, parce que nous ne sommes plus obligées de quémander la nourriture », argue Mme Oualatou.

Intégration, cohésion sociale et paix

Naoudaïngar Christiane Ouattara, réfugiée tchadienne : « en plus d’avoir suffisamment de légumes pour notre consommation, nous avons un surplus que nous vendons sur le marché.

De son côté, Ali Sawadogo, associé à la protection au sein du bureau HCR de Bobo-Dioulasso, précise que le site agricole de Matourkou est un pari gagnant. Car, il vise d’abord à favoriser l’autonomisation économique des réfugiées, en leur assurant un revenu décent à travers l’agriculture. Ensuite, ajoute-il, cela permet d’améliorer la sécurité alimentaire des ménages, car une partie des récoltes est consommée et le reste monnayé. « 172 ménages bénéficient directement de ce site.

Ils peuvent subvenir aux besoins de leurs familles, scolariser leurs enfants, accéder à des soins de santé, et même développer des activités économiques annexes comme le com-
merce », détaille M. Sawadogo. Il affiche une « assez grande satisfaction », car fait-t-il savoir, si les femmes réfugiées sont économiquement autonomes, ce sont leurs familles qui seront épanouies. Au-delà de son rôle dans l’autonomisation économique, le site agricole de Matourkou favorise l’intégration sociale des réfugiés au sein des communautés locales.

Véritable lieu de transformation des destins, il est aussi un espace de solidarité où réfugiés et populations hôtes vulnérables unissent leurs forces contre l’insécurité alimentaire. « Nous travaillons nos terres, main dans la main, pour booter la faim hors de nos ménages. Ici, c’est la solidarité, l’entraide, la fraternité », soutient Aminata Traoré, réfugiée malienne résidant au quartier Diarradougou de la ville de Sya.

Pour elle, le simple fait d’avoir accès à une parcelle de terre cultivable symbolise une véritable intégration au sein des communautés burkinabè. Comme preuve de la générosité de ses hôtes de Matourkou, elle témoigne :
« Cette année, mon voisin de champ, un Burkinabè, m’a offert gracieusement des semences de maïs et de haricot ».

L’une des spécificités de la région du Guiriko réside dans le mode d’accueil des réfugiées, foi de Ali Sawadogo. « Ici, elles vivent au sein des quartiers urbains, en location ou hébergés par des familles burkinabè. Elles ne sont pas dans des camps. Ce qui favorise une meilleure inclusion dans la vie communautaire. Aussi, je pense que c’est un facteur de promotion de paix. Les gens se côtoient, échangent, partagent leurs peines et joies et s’entraident au quotidien », estime-t-il.

Pour Dramane Koussoubé, associé à la Protection au sein du SP/CONAREF, le site agricole de Matourkou représente un modèle à dupliquer dans d’autres localités accueillant des populations
réfugiées.

Cette cohabitation pacifique crée de nouveaux liens, comme le reconnait Joceline Sanou, membre de la communauté hôte à Bobo-Dioulasso. La cinquantaine, elle avoue que les interactions quotidiennes avec les femmes réfugiées, que ce soit en ville ou dans les champs de Matourkou, ont changé son regard. « Etre forcé de quitter chez soi peut arriver à tout le monde.

C’est une situation très difficile. C’est pourquoi, nous nous tendons la main. Aujourd’hui, nous formons une famille. Chacun cherche à nourrir sa famille », souligne-t-elle.
Pour Dramane Koussoubé, le site agricole de Matourkou représente un exemple concret de ce qu’il est possible de faire en matière d’inclusion et de cohésion sociale
entre réfugiés et membres vulnérables de la communauté hôte au Burkina. Il y voit un modèle à dupliquer dans d’autres localités accueillant des populations réfugiées.

« Grace aux activités menées sur le site agricole, les réfugiées gagnent dignement leur vie. Cela évite qu’elles posent des actes répréhensibles qui puissent compromettre la paix et la cohésion sociale », ajoute M. Koussoubé.

Selon lui, nombreux sont les réfugiés qui souhaitent accéder à la terre afin de pratiquer des activités agricoles, gage d’autonomie et de dignité. Cependant, il pointe du doigt l’un des principaux obstacles à cette ambition, la question foncière. M. Koussoubé plaide en faveur d’une meilleure intégration des réfugiés, en particulier des femmes, dans les initiatives agricoles nationales, notamment dans le cadre de l’Offensive agricole en cours.

Une telle inclusion, souligne-t-il, permettrait non seulement de valoriser le potentiel agricole des réfugiés, mais aussi de réduire les dépenses publiques liées à leur prise
en charge. Assurer elle-même les besoins alimentaires de son ménage, c’est aussi le défi que relève chaque jour, Mariam Diallo. Installée à Bobo-Dioulasso depuis 2023, elle dépendait au départ de l’aide humanitaire. Mais cette année 2025 a marqué un tournant. Pour la première fois, elle a eu accès à une parcelle de terre à cultiver. Aujourd’hui, elle se dit engagée sur une nouvelle voie, celle de l’autonomie par l’agriculture.
Sur son lopin, elle a semé du mil, du haricot et de l’arachide. Pour Mariam Diallo, cette terre représente bien plus qu’un simple champ : c’est une bouffée d’espoir, un moyen concret de rompre avec la précarité et de reconstruire une vie digne, loin des incertitudes.

Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com


 

Les réfugiés en chiffres…

Au 30 septembre 2025, le Burkina Faso accueille plus de 41 979 réfugiés, selon le Secrétariat permanent de la Commission nationale des éfugiés (SP/CONAREF). Soit 26% de femmes et 25% d’enfants. Ils sont répartis dans 10 474 ménages dont 60%, dirigés par des femmes. Les chiffres du SP/CONASUR, corroborés par le HCR-Burkina, montrent que 96% de réfugiés vient du Mali. Selon les données actualisées de HCR, d’avril 2025, on compte 4 316 réfugiés et demandeurs d’asile dans la région du Guiriko.

La main tendue de l’ENAFA

Au terme d’une convention avec le HCR-Burkina, l’Ecole nationale de formation agricole (ENAFA) a cédé, au départ, 60 hectares de ses terres. Vu l’engouement et le nombre croissant des réfugiés, elle a
augmenté les superficies à 105 hectares. En plus de donner « gracieusement la terre », l’ENAFA leur offre un appui matériel et technique. Elle laboure les champs, offre les alevins pour la pisciculture …
« Nous les encadrons et faisons un suivi rapproché pour leur permettre de rentabiliser leurs exploitations agricoles », explique Hamidou Sankara de l’ENAFA.

Plus de camps de réfugiés au Burkina

Il n’existe plus de camps de réfugiés au Burkina Faso depuis 2021, rassure le
Secrétariat permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (SP/CONAREF). Les derniers en date étaient ceux de Goudebo et de Menao.
Suite à la crise sécuritaire, les camps se sont vidés. Les réfugiés ont rejoint les centres urbains. L’Etat burkinabè a donc acté la
fermeture définitive des camps de réfugiés au Burkina Faso.

D. S

Patrimoine culturel: vers l’adoption d’un plan sous régional de gestion en temps de crise

Les responsables des musées de la sous-région se réunissent les 3 et 4 novembre 2025 à Ouagadougou en atelier en vue de finaliser et d’adopter le plan sous régional de gestion du patrimoine culturel en temps de crise.

Les membres des comités nationaux de la sous-région du conseil international des musées (ICOM) sont à la recherche de solutions pour préserver le patrimoine culturel dans un contexte marqué par les crises diverses. A cet effet, un projet de plan commun de gestion a été élaboré. Les 3 et 4 novembre 2025, des acteurs du domaine venus du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger et du Togo vont peaufiner et adopter ce document commun portant plan d’urgence sous régional de gestion du patrimoine culturel en période de crise.

Pour le directeur général du musée national du Burkina, Sabari Christian Dao, par ailleurs président du comité national ICOM-Burkina, le plan d’urgence sous régional de gestion du patrimoine culturel en période de crise est un point de départ, un outil de travail collectif que chaque pays doit s’approprier. Car, a-t-il indiqué, la protection du patrimoine est une responsabilité partagée et requiert un engagement de tous les acteurs. Il a rappelé que la sous-région traverse des crises d’insécurité et de catastrophe qui affectent les communautés et menacent le patrimoine.

Le directeur général du musée national du Burkina, Sabari Christian Dao souhaite que ce plan soit un outil de travail collectif qui sera approprié par chaque pays.

« Il est important donc que chaque pays travaille à développer des programmes de formation et de renforcement des capacités à l’endroit des acteurs, des Forces de défense et de sécurité et des représentants des collectivités locales. Il s’agit au final, de faire du patrimoine, un facteur de paix et de développement durable »,
a poursuivi M. Dao.

Quant au directeur général du musée national de Niamey, Abdouramane Gabidan, il a souligné que ce plan régional était nécessaire. Car, les pays partagent les mêmes réalités et défis en matière de protection du patrimoine culturel. Pour lui, c’est en mutualisant les efforts que les acteurs culturels pourront préserver cet héritage en vue de le léguer aux générations futures.

Le représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pazouknam Jean Baptiste Ouédraogo, a regretté le fait que le patrimoine soit mis à rude épreuve par les crises sécuritaires, les catastrophes naturelles et les conflits armés. « Ces fléaux ébranlent nos communautés et mettent en péril nos biens culturels, parfois jusqu’à leur perte irréversible », a-t-il déploré. C’est pourquoi, il a invité les acteurs de l’espace ouest-africain à unir leurs forces pour anticiper et répondre efficacement aux crises.

Adama SEDGO

Décès du grand imam de Dédougou : la dépouille est arrivée au bercail

Décédé ce lundi 3 novembre 2025 à Ouagadougou, la dépouille du grand imam de Dédougou, feu El Hadj Almâmy Famanta Traoré, est arrivée, ce même jour, à Dédougou autour de 19h.

La population de la cité du Bankuy est sortie depuis le péage (route Ouagadougou-Dédougou), à l’entrée de la ville pour accueillir le corps de l’illustre disparu.

Les autorités régionales, le gouverneur de la région de Bankui et du Sourou, Babo Pierre Bassinga en tête, étaient de cette partie où l’émotion était vive et se lisait sur tous les visages.

Tous sont unanimes que la ville de Dédougou perd à travers cette disparition un homme plein d’humanisme, un rassembleur et « un homme profondément bon », selon un communiqué signé du gouverneur.

Après l’accueil, le corps a été conduit au domicile du défunt. Il est annoncé un doua demain 4 novembre 2025 au matin très tôt après la prière. L’enterrement interviendra aux environs de 14h au cimetière route de Tougan.

Yacouba BELEM

AUDIENCE DU PRÉSIDENT DU FASO: Echanges autour de la libération réelle de l’Afrique avec l’ancien Président sud-africain Jacob ZUMA

Le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a accordé une audience, ce lundi au palais de Koulouba, à l’ancien Président sud-africain Jacob ZUMA. Accompagné par le Ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie TRAORÉ, l’ancien compagnon de lutte de Nelson MANDELA dit être venu parler de la libération du continent africain.

Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ et son hôte, l’ancien Président de l’Afrique du Sud, Jacob ZUMA, ont évoqué les questions de la libération et de la souveraineté du continent africain

« Je pense que ce pays (le Burkina Faso) a fait quelque chose de merveilleux. C’est pourquoi j’ai cherché à rencontrer le Président pour discuter avec lui et voir ce que nous pouvons faire ensemble pour continuer la lutte pour la libération de l’Afrique », souligne l’ancien Président sud-africain, Jacob ZUMA à l’issue de l’audience.

Pour l’ancien Compagnon de lutte du Président Nelson MANDELA, les colonisateurs pensent que les richesses qui existent en Afrique leur appartiennent. « Disons

Selon l’ancien Président sud-africain et ancien compagnon de lutte du Président Nelson MANDELA, le Burkina Faso a réalisé quelque chose de merveilleux dans le sens de la libération du continent africain

maintenant que trop c’est trop, c’est fini », clame-t-il, en appelant les Africains à prendre leur destin en main.

Convaincu que le Burkina Faso, dans sa dynamique actuelle, est un bon exemple pour tous les Africains épris de liberté et de souveraineté, M. Jacob ZUMA appelle les Africains et la diaspora africaine à tout mettre en œuvre pour soutenir et conduire à terme le processus enclenché par le Burkina Faso.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

𝐃𝐢𝐚𝐬𝐩𝐨𝐫𝐚 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞 : 𝐥𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐀𝐟𝐫𝐨𝐝𝐞𝐬𝐜𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭𝐬

‎Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé, ce lundi 03 novembre 2025, une audience à une délégation d’Afrodescendants conduite par la présidente de l’Institut de développement de la diaspora africaine (ADDI), Dr Arikana Chihombori. Elle est venue présenter ses civilités au Chef du Gouvernement et exprimer sa reconnaissance pour l’accueil chaleureux dont elle bénéficie depuis son arrivée sur la terre des Hommes intègres.
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‎Ils sont plus de 600 Afrodescendants et membres de la diaspora africaine, venus principalement des États-Unis, d’Europe et des Caraïbes, à avoir fait le déplacement en terre burkinabè.
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‎« Nous avons été reçus d’une manière que personne n’aurait pu imaginer », a déclaré Dr Arikana Chihombori à l’issue de l’audience. Elle a exprimé sa gratitude envers les autorités burkinabè et l’Ambassade du Burkina Faso à Washington D.C. pour avoir facilité la réalisation du voyage.
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‎La présidente de l’ADDI a surtout salué le leadership du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui, selon elle, « incarne tout ce que nous avons toujours voulu voir en un homme africain ». « Le Président Traoré appelle à corriger les injustices vieilles de plus de 400 ans. Il invite les enfants d’Afrique, notamment les descendants des anciens esclaves, à rentrer chez eux », a-t-elle souligné.
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‎Pour Dr Arikana Chihombori, cet appel du Burkina Faso constitue un tournant historique :
‎ « C’est le premier pays africain à lancer un appel explicite au retour des descendants d’esclaves. Nous sommes ici pour célébrer cette initiative et répondre à ce cri du cœur. »
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‎Le Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a rappelé à ses hôtes l’importance de rester unis face aux forces extérieures qui cherchent encore à diviser les peuples africains. Il a encouragé la diaspora à demeurer éveillée, vigilante et consciente des enjeux, tout en soulignant la nécessité de combattre les fausses représentations de l’Afrique en général et du Burkina Faso en particulier, véhiculées depuis des siècles.
‎« Nous devons continuer à lutter contre ceux qui ont déformé notre image et menti sur notre histoire. Ensemble, nous avons la responsabilité de dire au monde la vérité sur le Burkina Faso », a-t-il exhorté.
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‎La délégation de l’ADDI a exprimé sa fierté de « rentrer à la maison », sur cette terre africaine symbole de dignité et de résistance. Elle a réaffirmé la détermination de la diaspora africaine à accompagner le Burkina Faso dans sa vision d’une Afrique souveraine, unie et réconciliée avec son histoire.
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‎𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞