•4 août 1983 : cette date marque l’arrivée au pouvoir du capitaine Thomas Sankara et le début de la Révolution démocratique et populaire. Elle constitue un tournant majeur qui a profondément changé l’histoire du pays.
• 4 août 1984 : à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution, la Haute-Volta devient le Burkina Faso, qui signifie « le pays des Hommes intègres ».
L’objectif de la Révolution est de rompre avec le passé colonial, de lutter contre la corruption et de promouvoir la dignité, la justice sociale ainsi que la souveraineté africaine.
En ce jour anniversaire, rendons hommage au capitaine Thomas Sankara, père de la Révolution d’août 1983.
Le 4 août 1983 a marqué l’avènement de la Révolution démocratique et populaire (RDP) conduite par le capitaine Thomas Sankara et ses compagnons, à la faveur d’un coup d’Etat ayant porté le Conseil national de la révolution (CNR) à la tête du pays. Il y a 43 ans, la gouvernance de la Haute-Volta d’alors affichait une volonté de rupture avec les anciens modèles de développement, en plaçant au cœur de son action, la souveraineté nationale, la justice sociale, la mobilisation populaire et la dignité du peuple burkinabè. Un an plus tard, le 4 août 1984, la Haute-Volta devenait officiellement le Burkina Faso, pays des Hommes intègres, consacrant ainsi une nouvelle identité nationale fondée sur les valeurs d’intégrité, de patriotisme et de responsabilité collective.
La RDP a profondément marqué le pays par une série de réformes économiques, sociales, politiques et culturelles. Les campagnes nationales de vaccination, la construction d’écoles et de dispensaires, la promotion de la femme, la lutte contre la corruption, la réforme agraire, la recherche de l’autosuffisance alimentaire, l’appel à une gouvernance sobre et vertueuse ainsi que la volonté de réduire la dépendance extérieure ont constitué les principaux axes de la Révolution.
La vision de la RDP et de son leader, le capitaine Thomas Sankara reposait sur la conviction que le développement du Burkina Faso devait être porté d’abord par les Burkinabè eux-mêmes, grâce au travail, à la discipline, à la solidarité et à la valorisation des ressources nationales. 43 ans après, cette période est plus que d’actualité. En effet, la Révolution progressiste populaire (RPP), conduite par le capitaine Ibrahim Traoré, implémente, elle aussi, un projet centré sur la souveraineté, la transformation économique et la mobilisation des forces nationales.
Dans leurs orientations, la RPP met en avant le renforcement de la production agricole, la transformation locale des matières premières, le développement d’infrastructures, la valorisation de la culture nationale ainsi que la promotion d’une économie davantage fondée sur les capacités endogènes. Les initiatives telles que Faso Mêbo traduisent cette volonté de faire du travail, de l’engagement citoyen et de la participation populaire des leviers essentiels de la construction de la Patrie. A cela s’ajoutent les initiatives visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire (Offensive agropastorale et halieutique), à encourager la consommation des produits locaux, à soutenir les unités de transformation, à renforcer les infrastructures publiques et à consolider les fondements d’une économie plus résiliente face aux chocs extérieurs.
La RPP s’inscrit ainsi dans une continuité de valeurs avec l’héritage de la RDP. Il s’agit de l’affirmation de la souveraineté nationale, l’autosuffisance alimentaire, le travail, la discipline, le développement endogène et la culture de la confiance des Burkinabè en leurs propres capacités. Cette dynamique s’inscrit toutefois dans un contexte particulièrement exigeant. Le Burkina Faso poursuit simultanément ses efforts de développement tout en faisant face à la menace terroriste.
Malgré ces contraintes, des avancées significatives sont enregistrées dans tous les secteurs, notamment ceux de l’agriculture, des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de la mobilisation des recettes et de la reconquête du territoire nationale et de l’autorité de l’Etat. La commémoration du 43e anniversaire de la Révolution démocratique et populaire rappelle que malgré les différences de contexte et de méthode entre les époques, l’ambition de bâtir un Burkina Faso souverain, prospère et maître de son destin est le même. Pour y arriver, les Burkinabè d’aujourd’hui sont appelés à devenir les héritiers de ces idéaux de patriotisme, d’intégrité et de responsabilité par le travail, l’unité et l’engagement citoyen.
Dr Ousséni Ouédraogo a dédicacé son œuvre intitulé « le destin d’un oublié », le jeudi 30 juillet 2026, à Ouagadougou.
L’Enseignant-cher–cheur de l’université virtuelle Dr Ousséni Ouédraogo veut apporter sa contribution à la compréhension de la crise sécuritaire au Burkina Faso. A cet effet, il a présenté son roman « Le destin d’un oublié », le jeudi 30 juillet 2026 à Ouaga-dougou. A travers cette œuvre, l’auteur plonge le lecteur dans le parcours d’une communauté confrontée à la violence, tout en mettant en lumière la résilience, la préservation des traditions et l’espoir d’une reconstruction.
Publié aux Éditions Ceprodif, « Le destin d’un oublié » est un roman de 220 pages, structuré en trois parties et treize chapitres. Inscrit dans la mouvance des « écritures de l’urgence », le roman aborde plusieurs thématiques, telles que la résilience, la traîtrise, la non-violence, l’honnêteté, la tolérance religieuse, le développement endogène et les valeurs de la traditions africaines. L’intrigue se déroule dans le village fictif de Néhéré, autrefois reconnu pour la cohabitation harmonieuse entre traditionalistes, chrétiens et musulmans. Cette quiétude est brutalement rompue par l’attaque d’hommes armés qui contraignent les habitants à l’exil.
« La particularité de mon œuvre est la défense de nos pratiques endogènes et la nécessité de respecter les croyances des uns et des autres », a souligné l’auteur du livre Dr Ousséni Ouédraogo.
Au centre du récit se trouve Pusga, sacrificateur du village. Capturé puis maltraité, il réussit à s’échapper avant de rejoindre les Volontaires patriotique (VP). Son engagement dans la reconquête de son village fera de lui un héros. Un plaidoyer en faveur de la tradition Selon Dr Ousséni Ouedraogo, le titre « Le destin d’un oublié » trouve tout son sens dans le parcours de ce personnage. Alors que les habitants de Néhéré le croient mort et finissent par l’oublier, Pusga poursuit son combat et loin des siens, se reconstruit et prépare son retour. Dr Ousséni Ouédraogo a expliqué que son roman est né des conséquences de la crise sécuritaire dans la région du Centre-Nord.
Il a confié que l’arrivée des personnes déplacées internes à Kaya en 2019, puis le déguerpissement de son propre village, le 30 août 2022, l’ont profondément marqué. A en croire ses propos, les récits de ses proches et les difficultés rencontrées par les populations déplacées pour continuer à pratiquer leurs traditions ont nourri également son inspiration. Selon lui, l’œuvre se distingue des autres romans consacrés à la crise sécuritaire par son plaidoyer en faveur des pratiques traditionnelles.
« Je suis musulman, mais ce n’est pas parce que je suis musulman que je dois remettre en cause ce que fait l’autre », a-t-il déclaré. Pour l’auteur, la tolérance religieuse et le respect des croyances de chacun sont indispensables au vivre-ensemble. Au-delà du récit de guerre, Le destin d’un oublié porte un message d’espoir. « Toute chose a une fin », soutient Dr Ousséni Ouédraogo. L’ouvrage est disponible dans les librairies de Ouagadougou au prix unitaire de 4000 FCFA.
Le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a présidé la montée des couleurs, lundi 03 août 2026, à Ouagadougou.
Le ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales a placé sa traditionnelle cérémonie de montée des couleurs sous le signe du bilan et des perspectives. En effet, le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a présidé la montée des couleurs, lundi 3 août 2026, à Ouagadougou.
Il a indiqué que le ministère en charge de l’enseignement de base a enregistré un taux d’exécution de 63,08%. Jacques Sosthène Dingara a félicité le département en charge de l’enseignement supérieur dont le taux de réalisation des activités au premier semestre 2026 est de 52,34 %. Il a souligné que le mois de juillet a été marqué par la clôture de l’année scolaire et des examens dont les performances sont exceptionnelles, avec un taux de réussite de 95,23 % au CEP, 54 % au BEPC, 61 % au baccalauréat et près de 99,9 % aux évaluations certificatives.
« Ce sont des taux qui font la fierté de tout le corps enseignant, la fierté de tous les acteurs cumulés avec les bons résultats aussi de l’année universitaire », s’est-il exprimé. Le ministre chargé de l’Enseignement de base a salué les efforts fait par plusieurs établissements ayant pu achever leur année académique dans des délais satisfaisants. Abordant les réformes engagées par son département, Jacques Sosthène Dingara a rappelé l’organisation du Mois artistique et culturel qu’il a qualifié de succès.
Il a insisté sur la nécessité d’accompagner toutes les réformes d’une stratégie de communication afin de favoriser l’adhésion des différents acteurs. Par ailleurs, le ministre a salué le démarrage de l’immersion patriotique obligatoire pour les bacheliers. « Cette réforme permettra de former des futurs étudiants plus disciplinés et mieux préparés à la vie universitaire », a-t-il affirmé. Jacques Sosthène Dingara a adressé ses encouragements aux équipes chargées de sa mise en œuvre ainsi qu’aux nouveaux bacheliers concernés.
Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a présidé la cérémonie de clôture du projet Integrated Health Services, lundi 3 août 2026 à Ouagadougou
Après cinq ans d’intervention dans le domaine de la santé, le projet Integrated Health Services (IHS) referme ses portes. A cet effet, le ministère de la Santé en collaboration avec l’ONG Jhpiego a organisé une cérémonie de clôture, lundi 3 août 2026 à Ouagadougou. Le directeur-pays de Jhpiego, Dr Jérémie Zoungrana, a indiqué que le projet a permis de toucher près de 4,8 millions d’habitants dans les zones concernées que sont le Djôrô, le Nakambé et le Nando.
Il a souligné que les résultats enregistrés dans la lutte contre le paludisme témoignent d’une évolution positive des indicateurs. Selon lui, le projet a contribué à réduire de 45 % l’incidence du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans et de 25 % dans la population générale. Dr Jérémie Zoungrana a également fait état d’une diminution de 35 % du nombre de cas de paludisme dans les zones d’intervention.
Plus de 20 000 bénéficiaires de consultations prénatales
Les données communiquées montrent également que le niveau de prise en charge des cas par les agents de santé communautaires a atteint un taux de 99 %. Dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant, il est ressorti que le projet IHS a enregistré des résultats encourageants. L’une des innovations majeures introduites est la consultation prénatale de groupe. Selon le directeur-pays de Jhpiego, cette stratégie a permis d’intégrer plus de 20 000 femmes enceintes et d’organiser plus de 10 000 séances de rencontres. A cela s’ajoute le renforcement de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant grâce au développement des compétences des agents de santé communautaires et des prestataires de soins.
De l’avis de Dr Jérémie Zoungrana, en matière de prévention et de contrôle des infections, les actions menées ont permis d’améliorer les pratiques dans les structures sanitaires à travers la formation des équipes, les supervisions et le renforcement des équipements. Il a souligné que le projet IHS a aussi accompagné la transformation du système d’information sanitaire. A titre d’illustration, il a fait savoir que les registres électroniques ont été déployés dans 446 formations sanitaires, favorisant un meilleur suivi des indicateurs et une utilisation plus efficace des données pour la prise de décision.
Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a salué les résultats obtenus ainsi que l’engagement des différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet. Il a exprimé la reconnaissance du gouvernement burkinabè au peuple américain pour son accompagnement. « Cette coopération qui accompagne les priorités définies par les Burkinabè eux-mêmes a permis de sauver des vies, de renforcer nos services de santé et de soutenir les efforts de milliers de professionnels engagés chaque jour au service de nos communautés », a déclaré le ministre de la Santé.
Ce mardi 4 août 2026, marque le 43e anniversaire de l’avènement de la Révolution démocratique et populaire (RDP). Conduite par le capitaine Thomas Sankara, la RDP a permis une mutation profonde de la sociéte burkinabè, la transformation des mentalités…Retour sur la RDP qui a surtout fait des Burkinabè, des acteurs de leur destin.
Thomas Sankara est le père de la Révolution démocratique et populaire proclamée le 4 août 1983 lors de sa prise de pouvoir. Anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste, à l’état civil Thomas Isidore Noël Sankara est né le 21 décembre 1949 à Yako dans la province du Passoré. Il fait le premier cycle de ses études secondaires au lycée Ouezzin-Coulibaly de Bobo-Dioulasso, puis le second cycle, à Ouagadougou, au Prytanée militaire de Kadiogo. Après son baccalauréat, Sankara suit une formation d’officier à l’Académie militaire d’Antsirabe à Madagascar.
De retour en Haute-Volta, en 1973, avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté à la formation des jeunes recrues. En 1974, il s’illustre militairement lors de la première guerre entre le Mali et la Haute-Volta. En 1976, il est commandant du CNEC, le Centre national d’entraînement commando, situé à Pô, dans la province du Nahouri. Militant de gauche, nourri aux idées de l’Internationale révolutionnaire et prolétarienne, il fonde avec des amis et camarades politiques comme Blaise Compaoré, Henri Zongo, Jean-Baptiste, Boukary Lingani, le Regroupement des officiers communistes (ROC).
Thomas Sankara est nommé en septembre 1981 secrétaire d’Etat à l’Information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo, sous le CMRPN (Comité militaire de Redressement pour le Progrès national), avant de démissionner avec fracas, avec cette formule devenue célèbre : « Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple ». Le 7 novembre 1982, un coup d’Etat contre le CMRPN porte au pouvoir le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. Sankara devient Premier ministre en janvier 1983.
Le 17 mai de la même année, il est limogé et mis en résidence surveillée. Le 4 août 1983, à la tête d’une colonne militaire de la garnison de Pô, Blaise Compaoré, qui était entré en rébellion depuis l’arrestation de Thomas Sankara, monte sur Ouagadougou et prend le pouvoir. La Révolution démocratique et populaire (RDP) est proclamée. Son organe dirigeant est le Conseil national de la révolution (CNR). Le capitaine Thomas Sankara devient Président du CNR, chef de l’Etat.
Les Comités de défense de la révolution (CDR) sont institués. Au premier anniversaire de la Révolution, il change le nom du pays, son hymne et son drapeau. La Haute-Volta devient ainsi le Burkina Faso ou « Pays des Hommes intègres » les voltaïques des Burkinabè. La Fière volta (ancien hymne) est remplacé par le Ditanyè ou « Hymne de la Victoire ». Au pouvoir, dans ses discours, il appelle constamment le peuple à prendre en main son destin.
Œuvrant contre la corruption, Sankara engage une véritable lutte contre ce phénomène qui gangrenait la sociéte. Il réduit le train de vie de l’état en remplaçant les véhicules de fonction par des Renault 5. Il oblige également le port des habits traditionnels pour les fonctionnaires, le Faso Dan Fani, ce qui mènera à l’augmentation de la production du coton et permettra à de nombreuses tisserandes d’accéder à l’indépendance économique.
Soucieux de l’égalité de genre, Sankara engage une grande bataille pour le respect des droits des femmes et en leur nommant aussi aux hautes fonctions de la République. Sankara est également reconnu comme un des dirigeants précurseurs des politiques écologiques. Il introduit le reboisement de zones en cours de désertification et lutte contre les feux de brousse.
Sankara et le CNR se lancent dans une politique volontariste de transformation de la société.Il engage les populations à creuser les grandes retenues d’eau. Sous son égide, le pays atteint l’autosuffisance alimentaire. Tout cela n’aurait pas été possible sans un soutien massif de la population qu’il incite à travailler, entreprenant des chantiers d’envergure: puits, barrages, chemins de fer, routes…
Par cette politique volontariste, il souhaite que le peuple prenne conscience de sa capacité à changer les choses et à être acteur de son destin, ce qu’il rappelle dans nombre de ses discours. Il introduit également l’effort populaire d’investissement (EPI) pour permettre de financer ces travaux, refusant de se plier aux exigences des institutions monétaires internationales.
Poursuivre le combat
A travers ce Mausolé, Thomas Sankara et ses compagnons ont reçu un hommage de la Nation.
Le père de la Révolution burkinabè appelle les révolutionnaires à l’unité contre l’impérialisme, le néo-colonialisme et la domination étrangère, pour bâtir un Burkina libre, digne et intègre. Des dissensions profondes se font cependant jour au sein du CNR. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d’un coup d’Etat qui porte le capitaine Blaise Compaoré au pouvoir, mettant ainsi fin à quatre années de révolution.
Lors de la cérémonie officielle de commémoration du 35e anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara, sur le site du Mémorial Thomas-Sankara, le 15 octobre 2022, le flambeau de la Révolution a été passé à la jeunesse dans une dynamique de continuer la mise en œuvre de l’idéal Sankara et le combat pour la liberté et le développement du Burkina Faso. Ainsi, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a reçu le trophée symbolisant le passage du flambeau à la jeunesse pour poursuivre le combat.
Douze autres jeunes ont également reçu à ses côtés des trophées dans la même symbolique, portant le nombre de trophées à treize, soit le nombre de victimes du 15-Octobre 1987 au sein du Conseil de l’Entente de Ouagadougou. « Nous espérons que ce passage de flambeau va permettre une évolution qualitative des énergies de notre jeunesse pour qu’elle puisse s’inspirer de la capacité inouïe et infinie d’innovation de Thomas Sankara pour poursuivre son œuvre de faire du Burkina, une terre de prospérité, de fraternité et d’intégrité », affirmait le colonel à la retraite, feu Pierre Ouédrago, ex-Président du comité international mémorial Thomas-Sankara.
La Direction générale de la communication et des médias (DGCM) du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT), a organisé, du 28 au 30 juillet 2026, à Dédougou, région de Bankui, la première session de formation des journalistes, communicants, blogueurs et acteurs des forces de défense et de sécurité sur l’élaboration de contenus alternatifs aux messages subversifs et à la désinformation contre le Burkina Faso. L’ouverture, comme la clôture, de l’activité a été présidée par Alexis Pingwendé Yaméogo, représentant le ministre chargé de la Communication.
«Communication stratégique et lutte contre la désinformation et les messages subversifs contre le Burkina Faso : contributions des journalistes, des communicants et des forces de défense et de sécurité dans le renforcement de l’image du Burkina Faso et la prévention de l’extrémisme violent », tel a été le thème de la session de formation. Elle s’est ouverte le mardi 28 juillet 2026, à Dédougou, et s’est refermée, jeudi le 30 juillet 2026.
Cette première session de formation, organisée par le ministère en charge de la communication, à travers sa Direction générale de la communication et des médias (DGCM), a réuni des journalistes, des communicants, des blogueurs, des créateurs de contenus et des éléments des forces de défense et sécurité venus des régions du Yaadga, Nando, Kadiogo, Bankui et Sourou. Le directeur régional chargé de la communication de Bankui et du Sourou, Sinaly Djibo, a avisé que l’organisation de cette activité est d’un intérêt stratégique.
« Elle est le témoin que les autorités accordent une place de choix à la professionnalisation des acteurs médiatiques et à la promotion d’une communication responsable au service du pays », a-t-il enchainé. Il s’est réjoui du savoir technique et opérationnel donné à la soixantaine de participants au cours des 72 heures d’échanges. « Ces compétences acquises, à son avis, vont contribuer à améliorer les pratiques professionnelles dans la déconstruction des stéréotypes, la diffusion d’une information crédible et la lutte contre la désinformation en bon tempo avec la stratégie de communication de guerre.
Bâtir une riposte communicationnelle offensive
Le représentant du ministre chargé de la Communication, Alexis Pingwendé Yaméogo, a indiqué que le Burkina Faso fait face à une guerre informationnelle. « Cette guerre informationnelle se caractérise par la prolifération de messages de haine, la stigmatisation et le narratif subversif destiné à fragiliser l’unité nationale et à saper la confiance des citoyens envers les institutions. Face à cette réalité, il nous faut construire une riposte communicationnelle structurée, exigeante et méthodique », a-t-il indiqué.
Poursuivant, il a confié qu’il faut passer d’une communication réactive à une communication proactive, offensive et porteuse de sens capable de déconstruire les narratifs hostiles tout en valorisant ce qui, dans notre société, demeure vivace d’espoir, de résilience, de courage, de solidarité et de détermination à reconquérir notre territoire et renforcer l’unité nationale.
A l’en croire, la présente session a permis d’outiller les acteurs médiatiques qui pourront agir désormais avec responsabilité en adoptant une éthique de la communication axée sur le respect, la promotion de la paix et la prévention des discours extrémistes. C’est pourquoi, le représentant du ministre a salué la portée de la dizaine de communications présentées à l’occasion des trois jours de travaux pour avoir contribué à identifier des mécanismes de traitement de l’information avec délicatesse sans glisser dans le piège de la radicalisation et autres dérives.
Les députés de l’Assemblée législative du peuple ont adopté la loi portant autorisation de ratification d’un protocole international relatif à la sûreté à bord des aéronefs, au cours de la séance plénière, lundi 3 août 2026 à Ouagadougou. Deux autres projets de loi portant respectivement, protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et dénomination, attribution, composition, organisation et fonctionnement de l’organe de régulation de la communication et de la protection des données à caractère personnel, ont été votés également.
Le Burkina Faso avait ratifié dès 1969 une première convention permettant de traiter les infractions commises à bord des aéronefs. Un protocole de révision a été élaboré en 2014 pour redéfinir aussi bien la nature des infractions que les modalités de leur prise en charge. Face aux députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP), le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a expliqué la portée de ce texte qui comporte des avancées relatives à la possibilité de déployer des agents de sécurité au sein des aéronefs.
Selon lui, l’ancien dispositif limitait la compétence à juger des infractions au seul Etat d’immatriculation de l’appareil concerné. Le nouveau protocole élargit cette compétence à deux autres catégories d’Etats. Il s’agit de celui où l’avion atterrit et celui qui exploite l’appareil. Ce changement, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, fait passer le Burkina Faso d’une approche unilatérale à un dispositif à trois niveaux, permettant une réaction plus rapide en cas d’incident, quelle que soit la nationalité de son auteur. Il a ajouté qu’il y a, en termes d’innovation, la possibilité pour les Etats signataires de mettre en place leur propre dispositif d’accompagnement à travers des agents de sûreté.
« Ces agents voyageraient aux côtés des passagers afin d’intervenir directement en cas d’incident menaçant la sécurité de l’appareil ou de ses occupants. Cela permet à l’Etat concerné, qu’il soit celui d’immatriculation ou d’exploitation, de traiter rapidement la situation », a fait comprendre Karamoko Jean Marie Traoré. Il a, par ailleurs, rappelé qu’une part importante de cette responsabilité repose sur les équipages chargés d’identifier et de signaler toute situation à risque.A la suite des réponses apportées par le ministre, les 71 députés ont donné quitus pour la ratification du protocole de révision relatif à la sûreté à bord des aéronefs.
Protéger les données à caractère personnel, une nécessité
L’ALP a également voté les projets de loi consacrés à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et dénomination, attribution, composition, organisation et fonctionnement de l’organe de régulation de la communication et de la protection des données à caractère personnel.
Selon le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, la création de l’Autorité de régulation de la communication et de la protection des données à caractère personnel (ARCOD) permet désormais de rassembler deux missions jusqu’alors séparées. Il s’agissait de la régulation de la communication publique, héritée du Conseil supérieur de la communication (CSC) et de la supervision du traitement des données personnelles, auparavant confiée à la Commission de l’informatique et des libertés (CIL). De l’avis du ministre de la justice, la loi révisée renforce sensiblement le dispositif de protection des personnes physiques.
« Nous sommes dans un domaine où, facilement, ces données peuvent être utilisées sans le consentement de ces personnes à d’autres fins. Vous avez, par exemple, la question où on reçoit incessamment des messages de personnes tierces, souvent de publicité, alors que la personne n’a pas donné son consentement. La loi est très claire là-dessus. C’est interdit et la personne qui violerait ses obligations, sera sanctionnée », a-t-il soutenu.
Aussi, la loi a durci les sanctions prévues en cas de manquement, en particulier pour les entreprises et sociétés commerciales exploitant ces données à grande échelle, aux dires du ministre Bayala. Les amendes sont désormais indexées sur le chiffre d’affaires hors taxes, en fonction de la gravité des infractions constatées, a-t-il fait savoir. Interrogé sur la place de l’Intelligence artificielle (IA), qui est aujourd’hui l’une des grandes consommatrices de données personnelles, Edasso Rodrigue Bayala a précisé que la loi nouvellement adoptée intègre déjà cette dimension, notamment à travers l’interdiction de transférer à l’étranger des données sensibles. Il a toutefois soutenu que le gouvernement dispose d’une feuille de route spécifique à l’IA, appelée à se traduire par une réglementation dédiée.
Vainqueur de la Tanzanie lors de la deuxième journée, le Burkina Faso joue son avenir dans la Coupe d’Afrique des nations féminine, ce mardi 4 août, au stade Moulay-Rachid de Casablanca. Face à l’Afrique du Sud, plus expérimentée, les Etalons dames n’ont besoin que d’un résultat positif pour rêver des quarts de finale. Hier, veille de cette rencontre décisive, les deux sélections ont affiché détermination et respect mutuel.
A quelques heures de l’un des matchs les plus importants de leur histoire, les Etalons dames du Burkina Faso affichent sérénité et ambition. Opposées à l’Afrique du Sud ce soir mardi 4 août, à 20 heures TU au stade Moulay- Rachid de Casablanca, les joueuses d’Issa Balboné abordent cette troisième et dernière journée de la phase de groupes avec leur destin entre les mains.
Une victoire leur ouvrirait les portes des quarts de finale, avec même la possibilité de terminer en tête du groupe en cas de match nul entre la Côte d’Ivoire et la Tanzanie. Un nul pourrait également suffire, selon l’issue de l’autre rencontre, tandis que les Sud- Africaines sont condamnées à s’imposer pour poursuivre leur aventure. En conférence de presse d’avant-match, le coach burkinabè a insisté sur l’importance de ce rendez-vous. « C’est vraiment un match très important.
Chaque équipe a son destin entre les mains. Tout va se jouer sur le terrain », a déclaré Issa Balboné, qui refuse toutefois tout excès de confiance après le succès face à la Tanzanie. Pour lui, les Banyana Banyana restent une référence du football africain malgré leurs difficultés dans cette compétition. « C’est une équipe très joueuse. Il faut faire très, très attention. C’est une nation à prendre très au sérieux », a-t-il averti. Le technicien burkinabè promet une approche lucide. Pas question de se découvrir d’entrée de jeu.
« Nous n’allons pas nous ruer sans réfléchir pour chercher la victoire à tout prix dès les premières minutes. L’Afrique du Sud a ses atouts, nous avons les nôtres », a-t-il expliqué, convaincu que son groupe possède les ressources nécessaires pour décrocher un résultat positif. Il a également rappelé que toutes les joueuses présentes sont capables d’apporter leur contribution, signe de la confiance accordée à l’ensemble de son effectif. L’attaquante Alimata Belem partage cette confiance. L’internationale burkinabè assure que la victoire précédente appartient déjà au passé.
« Nous sommes très concentrées et déterminées », affirme- t-elle. Touchée par le soutien des supporters, qu’elle considère comme un véritable « douzième homme », elle appelle une nouvelle fois le public burkinabè à accompagner l’équipe dans ce défi. Pour elle, une qualification aurait une portée qui dépasse le simple cadre sportif : « Nous sommes là pour écrire l’histoire du football burkinabè et inspirer les jeunes joueuses qui nous regardent ». Le discours des Etalons dames est porté par une même ambition, c’est-à-dire poursuivre l’aventure et inscrire une nouvelle page du football féminin burkinabè.
Issa Balboné estime que ses joueuses ont pris conscience de leur responsabilité après la défaite inaugurale. « Elles ont promis de faire rêver la Nation. Nous avons commencé à écrire notre histoire dans ce tournoi, il faut la terminer en beauté », a-t-il lancé. En face, les championnes d’Afrique 2022 abordent également cette rencontre comme une véritable finale. La sélectionneuse Desiree Ellis reconnait la valeur de son adversaire. « Le Burkina Faso n’est pas là par hasard. Nous avons vu à quel point elles peuvent être dangereuses, organisées et efficaces dans les transitions », souligne-t-elle.
Consciente que seule une victoire permettra aux Banyana Banyana de poursuivre leur parcours, elle assure que son équipe est prête à relever le défi. La gardienne Kaylin Swart abonde dans le même sens. Selon elle, l’Afrique du Sud devra puiser dans son mental et son expérience pour renverser la situation. « Notre équipe est remplie de guerrières. Demain sera une autre bataille et nous y sommes vraiment prêtes », assure-t-elle, tout en qualifiant la pression de « privilège ».
Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour une confrontation à haute intensité entre deux équipes qui jouent leur survie dans la compétition. D’un côté, un Burkina Faso porté par l’élan de son succès face à la Tanzanie et désireux d’atteindre pour la première fois les quarts de finale de la CAN féminine. De l’autre, une Afrique du Sud, championne en titre, dos au mur mais forte de son expérience.
Pengdwendé Achille OUEDRAOGO (Envoyé spécial à Casablanca au Maroc)
Au Burkina Faso, les producteurs sont désormais confrontés à une pluviométrie de plus en plus faible et irrégulière. Les pluies arrivent tard, s’interrompent brutalement ou tombent avec une violence qui emporte les sols au lieu de les fertiliser. Ce dérèglement climatique constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’atteinte de la souveraineté alimentaire.
Les campagnes agricoles se succèdent, mais elles sont de plus en plus différentes les unes des autres. Pour faire face à cette réalité, la Révolution progressiste et populaire a décidé de faire de l’offensive agricole un moyen important pour transformer le secteur rural. L’objectif est clair : augmenter les productions malgré les problèmes climatiques. Cette stratégie repose notamment sur la rénovation des barrages, des bas-fonds et des plaines aménagées pour mieux utiliser les ressources en eau et développer les cultures irriguées.
Pour soutenir les cultures de contre-saison, il faut stocker l’eau pendant la saison des pluies, d’où l’importance de rénover les barrages. Les bas-fonds offrent des terres naturellement plus humides où peuvent prospérer le riz, le maïs ou les cultures maraîchères. Les plaines aménagées présentent une exploitation plus intensive des terres tout en sécurisant la production. Mais, ces infrastructures hydrauliques ne suffisent pas. La véritable révolution agricole passe également par l’adoption de techniques culturales adaptées aux réalités de chaque région du Burkina Faso.
Les producteurs obtiennent de meilleurs résultats et de restauration des terres dégradées grâce aux techniques du zaï, des demi-lunes, des cordons pierreux et l’apport de fumée biologique.
Dans la zone sahélienne, qui couvre notamment les régions Yaadga, Soum, Liptako et une partie des Koulse, où les prélèvements sont faibles, la priorité reste la conservation de l’eau et des sols. Les producteurs obtiennent de meilleurs résultats grâce aux techniques du zaï, des demi-lunes, des cordons pierreux et l’apport de fumée biologique. Ces techniques permettent de retenir les eaux de pluie, de restaurer les terres dégradées et d’améliorer progressivement leur fertilité.
Combiner les techniques avec la rotation des cultures Dans les régions de Oubri, de Nando et du Nakambé, les producteurs peuvent combiner ces techniques avec la rotation des cultures, le paillage et l’utilisation de semences améliorées à cycle court. Ces variétés arrivent à maturité avant la fin des pluies et réduisent les risques de pertes liées aux sécheresses de fin de saison. Pour ce qui est des régions des Tannounyan, du Djôrô et du Guiriko, où les prélèvements sont généralement plus abondants, l’enjeu est moins que la rareté de l’eau que sa bonne gestion.
La rénovation des plaines aménagées permet de mieux utiliser les ressources en eau et développer les cultures irriguées.
Les aménagements antiérosifs, le drainage des parcelles, l’agroforesterie et la diversification des cultures permettent de préserver la fertilité des sols tout en limitant les effets des pluies intenses. Il ne faut pas oublier l’agroforesterie qui consiste à associer des arbres utiles aux cultures pour améliorer la fertilité des sols, réduire l’évaporation, protéger les champs contre le vent et contribuer à maintenir l’humidité. La réussite de l’offensive agricole dépendra donc autant des ouvrages réalisés que de la capacité des producteurs à adopter ces pratiques résilientes.
Cela suppose un accompagnement technique renforcé du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques pour un meilleur accès aux équipements agricoles, aux semences performantes et aux conseils des services d’encadrement. Une chose est certaine, la résilience agricole au Burkina Faso n’est plus un simple choix technique. Elle est devenue une condition indispensable pour garantir la sécurité alimentaire et construire une agriculture capable de nourrir durablement le pays.