Chantiers du 11-Décembre à Kaya : «Les lignes ont bougé…», selon Simon Compaoré

Une délégation gouvernementale conduite par le ministre en charge de l’Administration territoriale, Simon Compaoré, est allée constater l’état d’avancement des chantiers du 11-Décembre, le vendredi 2 septembre 2016, à Kaya.
Les premières autorités suivent de près l’évolution des différentes réalisations inhérentes aux festivités du 11-Décembre à Kaya. Le ministre en charge de l’administration territoriale, Simon Compaoré, ses collègues des Infrastructures, Eric W. Bougouma et des Sports, Taïrou Bangré et le comité d’organisation des festivités, s’y sont déplacés, le vendredi 2 septembre 2016 pour apprécier le niveau d’avancement des travaux sur les différents chantiers. La nouvelle résidence du gouverneur, l’auberge du 11-Décembre, l’axe du défilé, la voie du secteur n°7, le village artisanal, la maison de l’Appelé, la place de la Nation, la rue du secteur n°1, la caserne des Sapeurs-pompiers et le stade régional ont été les étapes successives de la visite  de l’équipe gouvernementale. Sur l’axe du défilé, les travaux connaissent un taux d’exécution de 100%. Mais il a été demandé à l’entreprise en charge du chantier de niveler l’aire de l’installation de la tribune officielle.
Au niveau de la voie du secteur n°7, les travaux de bitumage, débutés en début août, sont exécutés à 7%. Il faut relever que ce chantier n’avait pas été pris en compte dans le programme initial du 11-Décembre. C’est à la suite  d’une requête des forces vives de la région du Centre-Nord que le gouvernement l’a intégré, d’où le démarrage tardif des travaux. Pour le chef de la mission de contrôle, Valéry Ouédraogo, le bitumage de la voie du secteur n°7, financé à hauteur de plus d’un milliard 700 millions de F CFA, s’achève en fin janvier 2017. « Mais nous allons nous atteler pour que d’ici décembre, l’essentiel des travaux soit effectué », a-t-il souligné. Quant au village artisanal et à la maison de l’Appelé, les travaux sont respectivement exécutés à 80 et 40%, selon le maître d’ouvrage délégué, Moussa Traoré. A l’entendre, le coût des chantiers  s’élève à environ 700 millions de F CFA et les infrastructures seront prêtes en fin octobre prochain.  A place de la Nation, la délégation gouvernementale a constaté la reconstruction d’une partie du mur qui avait cédé sous la force des eaux de pluie.
Là, le ministre en charge de l’administration territoriale, Simon Comaporé, a instruit les acteurs concernés de réduire le  nombre de poteaux d’éclairage dans l’enceinte de la place de la Nation, pour faire plus d’espace. De là, les visiteurs du jour se sont déportés à la  caserne des sapeurs-pompiers où tout est achevé, à part quelques tâches d’aménagement dans la cour. En transitant par la voie du secteur n°1, la mission gouvernementale a achevé sa visite au stade municipal. Sur le site, les uns s’activent à construire la clôture, les autres travaillent au niveau de la tribune officielle. Démarrés le 22 août dernier, les travaux sont à un taux de 10% d’exécution. L’infrastructure est prévue pour être livrée le 25 novembre prochain. A la fin de la visite, le chef de la délégation, Simon Compaoré, a fait le constat suivant : « D’une manière générale, on voit que les lignes ont bougé même si nous ne sommes pas à des limites que nous aurons souhaité voir. On peut raisonnablement dire qu’on est un peu satisfait  parce que c’est le jour et la nuit depuis notre dernière tournée». Il a relevé que l’échéance est proche et tout doit être fait afin que les travaux soient achevés à temps. Pour le retard constaté sur certains chantiers,  il a argué qu’il doit être rattrapé pour assurer «  la réussite du 11-Décembre ».

« Retrait des parcelles illégalement cédées »

Après la visite, la délégation gouvernementale a eu une rencontre de travail avec les différents acteurs impliqués dans l’organisation du 11-Décembre. Le gouverneur de la région du Centre-Nord, Nandy Somé/Diallo a, à l’entame des échanges, indiqué que les préparatifs des festivités du 11-Décembre comprennent deux volets que sont la réalisation d’infrastructures et les activités des différentes commissions.  « Parmi les travaux complètement achevés, on peut citer la place de la Nation, la salle polyvalente, les 23 Km de voies bitumées, la caserne des sapeurs-pompiers. Pour les travaux en cours de réalisation, on retient le village artisanal, la maison de la Femme, celle de l’Appelé, l’auberge du 11-Décembre, le stade régional et la construction des villas dans les cités des forces vives », a-t-elle énuméré. Elle a ajouté que les travaux qui n’ont pas encore démarré se rapportent à la réalisation de monuments et à la réfection des bâtiments administratifs. En dépit de quelques difficultés, le gouverneur a soutenu que les préparatifs connaissent « une avancée satisfaisante».
A son tour, Simon Compaoré a pris la parole pour  faire une mise au point sur les malversations autour de l’attribution de parcelles à Kaya. Selon lui, un arrêté conjoint du ministère en charge de l’administration territoriale et de celui  de l’habitat du 18 mai 2016 avait autorisé le maire et son équipe  de dégager 200 parcelles au profit de propriétaires  fonciers et exploitants agricoles du village de Dondollé. En effet, ces derniers avaient cédé leurs terres  pour la construction de la cité A des forces vives à Kaya. « Cependant, contrairement aux dispositions  de l’arrêté du marché, le bureau d’étude a dégagé 305 parcelles, soit un dépassement de 105 parcelles », a avancé M. Compaoré.  En clair, 105 parcelles ont été cédées en violation d’une disposition règlementaire du 3 juillet 2014. « Face à cette situation, le gouvernement a pris des mesures pour corriger ces manquements graves. Il s’agit  du retrait des parcelles illégalement cédées, de la prise d’une nouvelle décision du conseil municipal quant à la destination des 105 parcelles tout en examinant les cas sociaux, de prises de décisions  au niveau de la mairie pour éviter de tels écueils à l’avenir », a martelé le ministre en charge de l’administration territoriale. Revenant sur les festivités du 11-Décembre, il a annoncé que l’Etat et ses démembrements « ont consenti à investir près de 20 milliards de  F CFA dans la région du Centre-nord au profit des populations».
Le secrétaire permanent du 11-Décembre, Khalil Bara  a, pour sa part, déclaré que le thème  central de la présente commémoration  est : « Démocratie, défis sécuritaires et développement économique et social ». Ce thème, a-t-il dit, comprend trois sous-thèmes qui seront développés après la conférence inaugurale du 12 novembre prochain à Kaya. A leur tour, les différents responsables des commissions (finances, transport et logistique, infrastructures, communication) ont exposé le déroulement de leurs activités. Pour le chef de la commission sécurité, Lazare Tarpaga, le dispositif sécuritaire de cette célébration va prendre en compte le contexte des attaques terroristes. Quant au  ministre en charge des infrastructures, Eric Bougouma, il a exprimé sa satisfaction quant aux travaux de voiries : « Les 23 Km de bitume qui étaient prévus ont été réalisés. Nous avons en plus, sur la demande des forces vives, démarré cinq Km supplémentaires de bitumage. Nous avons également lancé un appel d’offres pour cinq autres Km de bitumage à la demande des autorités coutumières. Les travaux vont débuter dans ce mois de septembre ».
Karim BADOLO

SYNATIC:grande mobilisation des professionnels de l’information

0
Les travailleurs des médias publics et du Service d’information du gouvernement (SIG) se sont rassemblés dans la matinée du jeudi 1er septembre 2016 devant le ministère en charge de la communication, pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail.
La phase 1 du mouvement de revendication des travailleurs des médias publics est actée avec leur mobilisation, hier jeudi 1er septembre 2016, devant le ministère en charge de la communication. A l’appel du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC), les agents des médias publics et du Service d’information du gouvernement (SIG) ont, en effet, marqué un arrêt de travail ce jour, de 8h à 14h, pour porter haut leurs voix. Par centaines, ils clamaient à l’unisson « trop c’est trop », exprimant leur ras-le-bol de travailler dans des conditions qui frisent la « clochardisation ». Le cri du cœur des travailleurs des organes de presse publics vise principalement un objectif : une rémunération meilleure à même de les mettre à l’abri de la corruption et d’être à même d’assumer leurs conditions particulières de travail avec professionnalisme. Dans la plateforme revendicative que leur syndicat ne cesse de brandir, figurent, entre autres, la revalorisation de leur condition salariale et la reconstitution de carrière des agents bloqués sans avancement depuis 2002.
En ligne de mire de leur plateforme, ils exigent l’érection des médias d’Etat que sont Sidwaya et la RTB en sociétés d’Etat, conformément à la loi sur les médias publics votée par le Conseil national de transition (TNT). « Cette loi arrive à expiration dans quelques jours. Nous ne comprenons pas pourquoi, les nouvelles autorités ne veulent pas la mettre en œuvre », s’est exprimé le Secrétaire général (SG) du SYNATIC, Sidiki Dramé. Pour la première manifestation d’un mouvement que le syndicat envisage dans la durée le cas échéant, il a salué d’emblée la mobilisation qu’il  estime à environ 95%. « Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Gaoua, Fada… partout où il y a des démembrements de la RTB et de Sidwaya, les travailleurs des médias publics sont mobilisés pour faire un bloc derrière le bureau national pour arracher des acquis conséquents », se félicite-t-il. A l’écouter, les journalistes sont décidés à défendre leur plateforme revendicative. Ce sit-in est un avertissement, foi de Sidiki Dramé. « Si après ce sit-in, les autorités ne réagissent pas, nous irons en grève le 7 septembre prochain », précise-t-il. A l’entendre, les autorités savent déjà à quoi s’attendre puisqu’elles ont déjà été informées par un préavis de grève.

Un soutien de poids

Gonflés à bloc pour défendre leurs intérêts, les journalistes de la presse publique ont bénéficié du soutien d’une délégation de l’Unité d’action syndicale (UAS) avec en tête son président du mois, Inoussa Nana, qui a apporté un message d’encouragement aux protestataires. « La qualité de la démocratie, de la liberté d’expression, du mode de vie dans un pays s’apprécie à l’aune des conditions de vie et de travail des journalistes. Les préoccupations du SYNATIC sont à résoudre », soutient Bassolma Bazié, porte-parole de l’UAS. Il apprécie les journalistes quant à la justesse de leur cause qui intéresse particulièrement l’ensemble des Burkinabè. Selon lui, si la presse est muselée et mise au pas à travers une clochardisation entretenue, le reste du peuple sera dans la boue. « Et pour ne pas être dans la boue, quand la presse se met debout, on a intérêt à se réveiller », déclare-t-il. Par ailleurs, il souligne que les syndicats n’entendent pas s’accommoder de propositions dilatoires. « Nous voulons des textes signés et immédiatement applicables », conclut-il, annonçant que l’UAS envisage d’interpeller incessamment les autorités sur un certain nombre de points.
Fabé Mamadou OUATTARA
fabeouattara@yahoo.fr
Kafouniba Christien Somé

Séguénéga et Kalsaka mining : Des carrières à ciel ouvert à vie ?

0
Le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, a visité, le vendredi 26 août 2016, les carrières post-exploitation de Perseus mining, à Séguénéga et Kalsaka dans le Nord. Première société minière à fermer ses portes au Burkina, l’heure est à la réhabilitation du couvert végétal. 
Après 5 ans (2007-2012) d’exploitation, la  société minière Perseus mining est-elle en passe de léguer ses 147 carrières à ciel ouvert aux habitants de Séguénéga et de Kalsaka dans la région du Nord ? Qu’est-ce qui sera fait pour que ces trous ne soient pas dommageables aux populations ? Ces interrogations ont conduit le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, sur les ruines de Kalsaka mining, le vendredi 26 août 2016. Des carrières de Tiba III, de Touni et de Bakou dans la commune de Séguénéga en passant par celles de East Pit dans la municipalité de Kalsaka, le constat est le même, des trous béants de 80 à 120 mètres de profondeur. Mais, la société minière a son plan de réhabilitation environnemental, et s’est engagée à rétablir le couvert végétal, conformément au code minier et à celui de l’environnement. Selon les dires du directeur régional Afrique de l’Ouest chargé de l’environnement de Perseus mining, Michel Yao, l’entreprise compte installer des cordons de sécurité de plus de 2m de hauteur autour des carrières, avec des pancartes estampillées «danger de mort». «Après cette étape, à l’intérieur des cordons, il y aura un tassement de façon naturelle avec l’érosion», a précisé M. Yao.
Au niveau des tas de lixiviation, Perseus mining a prévu le reprofilage des résidus et le débranchement des arrosoirs.  «Les tas de stériles seront aussi décontaminés du cyanure», a-t-il ajouté. Des bosquets de compensation seront créés, où la société mettra en terre plus de 10 000 plants sur 50 hectares. En plus des arbres, des herbacées (andropognon gayanus et vetiveria zizanoïdes) sont en expérimentation sur le site. Ce plan de restauration environnemental doit être financé par le fonds de réhabilitation auquel la mine a souscrit dès le démarrage de l’exploitation aurifère, et ce, à hauteur de plus de 1 650 000 000 F CFA. Malgré ces mesures, une chose fait l’unanimité. «On ne peut pas boucher totalement les trous. Réhabiliter ne veut pas dire forcément une fermeture définitive des carrières», a reconnu le ministre en charge de l’environnement, Nestro Bassière.

Kalsaka mining, un cas d’école

Perseus mining a fermé boutique depuis 2013. Elle a également déposé son plan de réhabilitation auprès de l’exécutif burkinabè, à cette même date. Selon les prévisions de la société, le processus de rétablissement du couvert végétal à Séguénéga et à Kalsaka devrait se dérouler d’août 2015 à novembre 2016. Jusqu’à ce jour (vendredi 26 août), rien. A qui la faute? «Ce sont les textes qui bloquent le démarrage des travaux. Il manque les décrets d’application du code minier. Si ces textes sont adoptés, on pourra commencer la réhabilitation», a soutenu la directrice générale adjointe de Kalsaka mining, Djénéba Nana, par ailleurs directrice-pays de Perseus mining. Aux dires de Mme Nana, cette étape est très importante pour les sociétés minières, car, celles-ci sont cotées en bourse et soucieuses de leur image. Selon les explications du ministre Bassière, lorsqu’une société dépose son plan de réhabilitation, un comité se réunit pour le valider.
Le hic, est que la législation burkinabè ne prévoit pas ce type de commission. Il s’est alors engagé à accélérer le processus d’adoption des textes devant permettre à Perseus mining de débuter les travaux de réhabilitation du couvert végétal à Séguénéga et à Kalsaka. «Si Kalsaka mining échoue, les autres mines risquent de connaître le même sort», a indiqué Nestor Bassière. Il a promis de faire un rapport au Conseil des ministres, afin que des mesures idoines soient prises pour qu’après les mines, ce ne soit pas le désastre. Déjà, le département en charge de l’économie verte s’attèllera à revisiter la réglementation en vue l’adapter à l’évolution de l’exploitation minière, pour ne plus jouer aux «médecins après la mort». Le ministre de l’Environnement a loué la volonté affichée de la société à réhabiliter la végétation de la localité. Pour lui, il y a nécessité d’allier développement minier et préservation de l’environnement.
Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com

changements climatiques : Les experts en quête de solutions

Le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques  organise, les 30 et 31 août 2016 à Ouagadougou, un atelier d’échanges sur les recommandations issues des scénarios socio-économiques et relance des activités de la plateforme nationale du Burkina Faso sur l’adaptation au changement climatique en agriculture et sécurité.
L’agriculture au Burkina Faso est confrontée à de nombreuses difficultés liées notamment à la dégradation de l’écosystème, à la sécheresse ou  aux inondations. Ainsi, adapter cette agriculture aux aléas climatiques s’avère une nécessité pour le pays dont la population est majoritairement rurale et compte essentiellement sur l’agriculture pluviale pour sa survie. C’est dans cette optique que le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques a initié un atelier d’échanges sur les recommandations issues des scénarios socioéconomiques les 30 et 31 août  2016 dans la capitale burkinabè. «  Partager avec les acteurs nationaux, les acquis du processus d’utilisation des scénarios de développement, rendre visible et opérationnelle la plateforme nationale du Burkina Faso », tel est l’objectif de cet atelier, a indiqué le secrétaire permanent de la coordination des politiques agricoles, Dr Amadou Sidibé. Selon lui, il va s’agir, au cours de cette rencontre, d’identifier les thématiques nouvelles dans le cadre de la formulation du Programme national du secteur rural (PNSR II), de partager les acquis et recommandations du processus des scénarios avec l’ensemble des acteurs nationaux clés du processus de formulation du PNSR II.
Il a ajouté qu’il sera question de définir une feuille de route pour l’intégration effective des thématiques nouvelles et  dynamiser la plateforme nationale sur l’adaptation au changement climatique en agriculture et sécurité. Le coordinateur du programme  de recherche sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire, Dr Robert Zougmoré,  a souligné que les menaces imposées par le changement climatique  freinent l’autosuffisance alimentaire. A l’entendre, le programme s’est fixé deux objectifs principaux : le premier va  consister à évaluer et tester  les pratiques d’adaptation, l’atténuation des effets du changement climatique en faveur des pauvres, puis les technologies et les politiques en faveur des systèmes alimentaires. Le deuxième objectif était de soutenir l’inclusion de l’agriculture dans les politiques agricoles à tous les niveaux. Cet atelier a connu la participation d’une cinquantaine de personnes dont des personnes ressources-prospectives, des agents de l’INERA, la Confédération paysanne du Faso. Le participant Dr Korodjouma Ouattara  a salué la tenue de cet atelier qui va se pencher sur certains problèmes de l’agriculture du Burkina.
« Etre informé des différents scénarios sur le changement climatique  nous permettra de prendre des attitudes utiles », a soutenu Dr Ouattara. Le programme intervient dans cinq régions que sont l’Asie du Sud et Sud-Est, l’Afrique de l’Est, l’Amérique latine et l’Afrique de l’Ouest. Les pays-pilotes couverts par le programme en Afrique de l’Ouest sont le Sénégal le Niger, le Mali, le Ghana et le Burkina Faso.
Séni KIEMTORE
Fabiola OUEDRAOGO (Stagiaires)

Nouvelles mesures fiscales : Le contenu expliqué dans la Boucle du Mouhoun

0
La Direction régionale des impôts de la Boucle du Mouhoun a organisé, le mercredi 24 août 2016 à Dédougou, une conférence publique sur les nouvelles mesures fiscales de la seconde loi de finances rectificative, gestion 2016. C’était sous la présidence du gouverneur de la région, Sannoubomé Justin Somé.
Donner la bonne information aux acteurs du développement de la Boucle du Mouhoun sur les nouvelles mesures fiscales de la seconde loi de finance rectificative de l’année 2016, et les inciter à s’acquitter de leurs taxes et impôts dans les délais requis, c’est là tout l’enjeu de cette conférence publique organisée par la direction régionale des impôts de la Boucle du Mouhoun, le mercredi 24 août 2016 à Dédougou. Dans son mot introductif, le gouverneur de la région de la Boucle du Mouhoun, Sannoubomé Justin Somé a indiqué que c’est dans le souci de permettre à l’Etat de mobiliser le maximum de ressources financières, et de financer les politiques publiques que l’Assemblée nationale, en sa séance du 25 juillet 2016, a adopté la loi 021/AN portant seconde loi de finances rectificative de la loi de finances pour l’exécution du budget de l’Etat, gestion 2016 (LFR2). «L’Etat a beaucoup à faire. D’un côté, il y a les fonctionnaires qui réclament sans cesse l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, de l’autre, il y a le besoin criant des infrastructures socioéconomiques à réaliser. Et notre pays a une économie qui est basée essentiellement sur le recouvrement des taxes et des impôts.
Pour éviter de tendre chaque fois la main aux partenaires techniques et financiers pour après dire qu’on n’est pas indépendant,  l’Assemblée nationale a adopté la deuxième loi de finances rectificative de la loi de financse, gestion 2016 pour aider l’Etat à financer la politique de développement économique et social», a expliqué Sannoubomé Justin Somé. Le Directeur régional des impôts de la Boucle du Mouhoun, Souaré Goro, dans sa déclaration liminaire a énuméré quatre nouvelles mesures fiscales qui ont été introduites, et qui prendront effet à partir du 1er septembre 2016. Il s’agit de la contribution foncière sur les propriétés bâties, de la taxe sur les boissons, de la retenue à la source sur les gains des paris et ceux des autres jeux de hasard, et de la taxe à l’importation sur les véhicules de tourisme dont la puissance est égale ou supérieure à 13 chevaux. Abusivement considérées comme de nouvelles taxes, ces nouvelles mesures viennent réparer une injustice fiscale à certain niveau, selon Souaré Goro. «En réalité, ces nouvelles mesures considérées à tort ou à raison comme de nouvelles taxes, existaient déjà dans notre législation. Ce n’est pas quelque chose de nouveau. Que ce soit les taxes sur la contribution foncière ou la revalorisation de la taxe sur les boisons qui passe de 25% à 30%, ou encore la retenue sur les gains des paris ou ceux des autres jeux de hasard, il n’y a rien de nouveau», a indiqué le directeur régional des impôts de la Boucle du Mouhoun.

Les conseils municipaux appelés à contribution

Et c’est pour éviter des confusions au sujet de ces nouvelles mesures fiscales mal perçues, que ces séances d’information et de sensibilisation ont été initiées pour éclairer les lanternes, a poursuivi le premier responsable des impôts de la Boucle du Mouhoun.
Pour mieux réussir ces séances, les collectivités ont été invitées à prendre le relai de la direction régionale des impôts pour donner l’information, et sensibiliser la base sur ces nouvelles mesures. «Je comprends la délicatesse de votre mission en tant que présidents de conseils municipaux, parce vos contribuables sont en même temps vos électeurs. Mais avec une communication véridique et sincère, la population va adhérer à ces nouvelles mesures. Je vous exhorte donc à assurer les séances de communication tous azimuts dans vos différentes communes, afin de faire comprendre l’importance de ces nouvelles mesures fiscales», a invité le gouverneur Justin Somé.
Une invite qui a été bien reçue par les maires des communes et les conseillers municipaux qui ont pris part à la conférence de Dédougou. «Il y avait déjà des incompréhensions sur les mesures fiscales de la seconde loi de finance rectificative de l’année 2016, donc je peux affirmer aisément que cette conférence était la bienvenue, car elle nous a permis d’avoir l’information juste. Nous adhérons parfaitement  à ces nouvelles  mesures fiscales adoptées par le gouvernement, et de retour, nous allons porter l’information au niveau de nos communes respectives. Par ailleurs, nous souhaitons que  la direction régionale des impôts fassent des sorties dans les différentes communes pour animer cette même conférence», a suggéré le député-maire de la commune urbaine de Dédougou, Désiré Traoré. «Vu l’importance de cette rencontre, nous nous en félicitons car en tant que maire, nous savons que ceux qui doivent payer les taxes sont dans nos communes. Nous allons transmettre l’information à nos opérateurs économiques, à nos concitoyens dans nos localités respectives car la taxe est un plus pour le développement de nos communes», a renchéri Mme le maire de la commune rurale de Kiembara, Joséphine Niamoukara.
Kamélé FAYAMA
faygracias@yahoo.fr

Inondations à Bobo-Dioulasso : Les ministres de l’urbanisme et de la femme, sur les zones à risques

0
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Maurice Dieudonné Bonanet,  s’est rendu, le 28 août 2016 sur les zones inondables ou à risques dans la commune de Bobo-Dioulasso. Accompagné par le chef de département de la Femme, de la Solidarité nationale  et de la Famille, Laure Zongo, il s’est ainsi imprégné de l’état des  infrastructures de canalisation de la ville.
Le secteur n°17 (ex-quartier Sarfalao) dans l’arrondissement n°5 de la commune de Bobo-Dioulasso est victime à chaque saison pluvieuse, d’inondation. Les eaux envahissent les habitations et la clôture du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) situé à l’ex-permanence CDR,  est sur le point de céder à cause d’un canal qui la côtoie. Le secteur n°17 est logé dans une zone marécageuse, et le lotissement opéré en 1986 à travers le programme populaire de développement n’a pas tenu compte de cette réalité. Les parcelles se sont alors retrouvées dans les rigoles ou voisines des cours d’eau, causant des problèmes d’accessibilité. Selon les services de la commune, des études ont été faites et la somme de plus de 5 milliards de F CFA est  nécessaire pour résoudre les  problèmes d’inondation que connait ce quartier. Il est prévu dans cette étude, de déplacer et de dédommager des familles. Pour le moment, la commune manque de moyens pour mettre en œuvre cette étude.  Le problème de ruissellement des eaux de pluie est aussi criant aux secteurs n°30 et 23 de Bobo-Dioulasso, dans l’arrondissement n°2. Là, les eaux ont drainé le sable sur le goudron, rendant la circulation difficile à ce niveau faute de canalisation.
Ce secteur connaît des inondations causées  par des eaux dont la plus grande partie provient de Bobo 2010, ou de la  zone SONATUR. Ces quartiers aménagés en amont voient  leurs eaux se déverser aux secteurs n°30 et 23 qui se trouvent en aval.  D’autres secteurs comme le n°22 ou le n°21 font également face à des inondations à chaque saison pluvieuse.
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Maurice Dieudonné Bonanet  et sa collègue de la Femme, de la Solidarité nationale  et de la Famille, Laure Zongo, se sont rendu, le 28 août 2016, sur ces différentes zones à risques. Sur chaque site, la population s’est spontanément mobilisée pour expliquer aux deux ministres leur calvaire. « Cela fait plus de 30 ans que nous sommes dans ce quartier. A chaque saison de pluie, nous sommes victimes d’inondation et jusqu’à présent rien n’a changé », crie furieux, Sansan Kam, un habitant du secteur n°17. Amadou Sirima, un habitant du secteur n°22 ajoute : « Quand il pleut, nous ne pouvons pas circuler dans le quartier et nous avons des difficultés pour sortir ou rentrer dans nos maisons». La tension entre le ministre Dieudonné Bonanet et la population a été vive au secteur n°21, où les inondations sont monnaie courante. « Les eaux ont été déviées de leur cours normal et nous n’arrivons pas à dormir quand il pleut », tempête Ousmane Karantao. « Nous nous sommes déplacés pour faire de nous-mêmes le constat.
Nous allons faire le point afin que des mesures urgentes soient prises pour qu’ensemble, on trouve des solutions définitives à ces préoccupations », a répondu le ministre  Bonanet. Pour lui, Bobo-Dioulasso a un relief favorable à l’écoulement des eaux de pluie. La ville dispose également  d’un réseau de canalisation important, mais le problème, a-t-il dit, reste l’action de l’homme. «Toutes les canalisations sont bouchées par les ordures et les immondices diverses. Elles sont aussi bouchées par les constructions sur les caniveaux. Le gouvernement jouera sa partition, mais le plus gros travail revient à la population. Il faut une mobilisation générale pour le curage et l’entretien des canalisations», a suggéré le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat. Pour le directeur des services techniques municipaux, Pamphile Nignan, les problèmes d’inondations à Bobo-Dioulasso sont dus au mauvais entretien des caniveaux. Il préconise de les déboucher et de déguerpir les constructions sur les emprises des caniveaux. Le maire de l’arrondissement n°6, Hermann Sirima, a promis de jouer sa partition en communicant beaucoup plus avec la population. Il pense qu’ainsi,  celle-ci sera beaucoup plus responsable et s’investira dans l’entretien des infrastructures d’évacuation des eaux, afin d’éviter des inondations qui, pour le moment, n’ont pas fait de dégâts importants dans la ville de Sya.
Adaman DRABO

Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales

0
La Direction générale du Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales a organisé, du 22 au 26 août 2016 à Ouahigouya, un atelier de « team building » et d’élaboration du plan stratégique 2017-2021. Cinq jours ont permis au personnel de ressouder les liens et de passer au peigne fin les activités de leur structure. 
Venus de toutes les régions, les personnels du Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) se sont retrouvés, du 22 au 26 août 2016 dans la cité de Naaba Kango, pour échanger sur le fonctionnement de l’institution et définir une vision prospective. Cette « grand-messe » qui est une première dans la vie du Fonds permanent, aux dires de son Directeur général (DG), Issaka Ouédraogo, visait à contribuer au renforcement de la dynamique et de l’esprit d’équipe autour d’objectifs communs mais aussi à révéler le potentiel du personnel et à accroître sa motivation en vue de l’amélioration des performances. D’où le concept de « team building » (constitution d’équipe) qui se veut une rencontre de l’ensemble du personnel représenté dans toutes les régions pour travailler en toute collégialité.
L’autre volet de l’atelier a été l’élaboration du plan stratégique 2017-2021 qui est également une première initiative depuis que le FPDCT existe, à en croire ses responsables. ‹‹Ce plan veut donner une vision claire au Fonds permanent. Il veut faire de cette structure, l’instrument principal de mobilisation des ressources pour financer les collectivités territoriales et leur assurer l’appui technique pour la mise en œuvre de leurs projets et programmes de développement››, a étayé M. Ouédraogo. Les échanges qui ont été très riches en enseignements, selon les participants, ont permis d’aboutir à des résultats probants. Ce sont notamment une analyse des acquis et insuffisances du Fonds permanent, un diagnostic des difficultés assorti de propositions de solutions, une saine émulation ayant permis de renforcer les liens individuels et collectifs du personnel et un plan stratégique pour les cinq années à venir. ‹‹Nous sortons très satisfaits de cette rencontre car elle nous a permis de nous connaître, de travailler ensemble et de tisser des liens très importants. Elle nous a permis aussi d’examiner tous les contours du Fonds permanent, d’identifier nos forces et nos faiblesses et de proposer des solutions pour donner plus de visibilité et d’efficacité à notre intervention››, s’est réjoui le DG.
Tout en félicitant et en encourageant le Fonds permanent pour ses actions en faveur du développement des collectivités territoriales, le représentant du gouverneur du Nord, Fidèle Ouédraogo, a dit tout l’engagement des autorités locales à soutenir de telles initiatives. A l’entendre, les autorités et le FPDCT ont toujours travaillé en tandem dans l’optique de relever les défis du développement. Créé en 2008 pour donner un coup de pouce à la décentralisation, le Fonds permanent rêve de devenir le principal instrument de financement du développement local au Burkina à l’horizon 2021. Nonobstant les nombreux acquis engrangés, a souligné le DG, les défis auxquels fait face le Fonds permanent demeurent énormes. Et pour les relever, il dit compter sur l’engagement de tous.
Mady KABRE

Problème foncier du site de l’Université Ouaga II

0
Les membres de la commission interministérielle pour le règlement du problème foncier du site de l’Université Ouaga II ont rencontré les acteurs de la commune de Loumbila, mercredi, 24 août 2016 à Loumbila. Cette rencontre avait pour objectif d’échanger avec les acteurs concernés sur leurs préoccupations afin de trouver des solutions pour la relance des travaux de bornage et de construction de l’Université Ouaga II.
Dans le but de trouver des solutions pour le règlement du problème foncier du site de l’Université Ouaga II, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a mis en place une commission technique interministérielle de travail sur la problématique. Cette commission interministérielle est chargée d’entreprendre des concertations nécessaires avec les parties prenantes afin de susciter leur adhésion à cet ambitieux projet et permettre la relance des travaux sur le terrain. C’est dans cette dynamique que les membres de la commission ont entrepris d’échanger avec les acteurs concernés des communes rurales de Saaba et de Loumbila. Après des échanges avec des ressortissants de Saaba, c’est au tour de ceux des villages de Tanlarghin, Goundry,  Nomgana et  de Bangrin de rencontrer les membres de la commission. Une initiative que le maire de la commune de Loumbila, Paul Taryam Ilboudo, a saluée avant d’inviter ses administrés à des échanges fructueux. «Hier, la commission était à Saaba pour le même objet et elle a été bien accueillie. Les échanges ont été fructueux. Donc, j’espère que ce n’est pas à Loumbila  que ce sera différent car c’est une question de développement», a plaidé M. Ilboudo. Dans son mot introductif, la gouverneure de la région du Plateau central, Nana Fatoumata Benon/Yatassaye, a précisé: «A travers la tenue de la rencontre de ce matin, nous visons deux objectifs essentiels: délivrer un message du gouvernement en vue de négocier la reprise des travaux de l’Université Ouaga II et échanger avec vous, acteurs de première ligne, autour de vos préoccupations afin qu’ensemble, nous trouvions les solutions adéquates et mieux préserver les intérêts de chacun».
Après avoir planté le décor, les responsables de l’Université Ouaga II et des services techniques concernés ont présenté le projet et la démarche à suivre pour le bornage et le recensement des personnes affectées par ce projet.
Après les différentes présentations, les populations ont soulevé leurs préoccupations et proposé également des solutions. Cette démarche du gouvernement a été saluée par les acteurs concernés car selon eux, «si c’est cette démarche avait été entreprise au début du projet, on n’en serait pas là. Malheureusement, au début du projet, nous n’avons même pas été concertés et nous voyons des bornes implantées sur nos terres sans aucune explication. Par la suite, ce sont les exploitants qu’on a rencontrés sans les propriétaires terriens et c’est pourquoi, nous avons exigé des clarifications avant la poursuite des travaux». Au regard de cette démarche, ils ont souhaité que le site soit balisé afin de leur permettre de connaître les terres concernées ainsi que leurs propriétaires et  que les exploitants soient connus. Les populations ont également souhaité, entre autres, la prise en compte de toutes les catégories de personnes affectées dans les compensations et indemnisations, la réinstallation des personnes affectées sur des sites aménagés, le paiement  à temps des indemnisations, l’embauche des jeunes lors des travaux. Le gouverneur de la région du Centre, Jaochim Somda, président de ladite commission, a expliqué : «A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas apporter des réponses à certaines préoccupations et questions soulevées ici. Permettez-nous de rendre compte à celui qui nous a mandatés, avant de vous revenir avec des réponses bien précises après analyse de ces questions et préoccupations soulevées. Pour le moment, nous avons besoin de votre quitus pour reprendre les travaux de bornage pour limiter le site afin d’identifier et recenser les personnes affectées et leurs biens et de reprendre les travaux de construction pour pouvoir accueillir les étudiants en octobre».
La gouverneure du Plateau central a rassuré les populations  que leurs préoccupations seront analysées avec la plus grande attention par le gouvernement. A l’issue des échanges, les membres de la commission technique interministérielle ont donné une semaine de réflexion aux acteurs et rendez-vous est pris pour le 31 août  pour recueillir leurs réponses.
Abdias Cyprien SAWADOGO

Agence de l’eau du Nakanbé : une offensive contre la jacinthe d’eau

L’Agence de l’eau du Nakanbé (AEN) a lancé officiellement une campagne d’arrachage de la jacinthe d’eau, le jeudi 25 août 2016, au barrage n°2 de Ouagadougou.

Les barrages, sources d’approvisionnement en eau potable de la ville de Ouagadougou, sont en train d’être envahis par la jacinthe d’eau. Face à ce problème, le ministère en charge de l’eau et de l’assainissement à travers l’Agence de l’eau du Nakanbé (AEN), a lancé officiellement une campagne d’arrachage de cette plante envahissante, ce jeudi 25 août 2016. D’une durée de trois mois, cette opération permettra d’arracher, d’enlever et de valoriser 4500 tonnes de biomasse, repartie sur une superficie de près de 45 ha. Ces tonnes de jacinthe qui seront enlevées, seront progressivement acheminées vers différents bio-digesteurs dans la ville de Ouagadougou, pour produire du gaz de cuisine, des engrais et de l’électricité. Ainsi, ces centres de traitement permettront de transformer le problème de jacinthe d’eau en une opportunité économique. De l’avis du directeur de cabinet du ministère en charge de l’eau, Amadou Zagré, représentant le ministre, « l’approche actuelle de lutte est innovante et durable car elle met en œuvre les populations à la base. En effet, le travail sera réalisé grâce à l’association des pêcheurs de Tanghin Barrage ». Le représentant du ministre a tenu à féliciter et à remercier ce groupe de jeunes qu’il a qualifié de « dynamique » pour avoir décidé de se lever pour lutter contre le chômage. Il a indiqué qu’ils bénéficieront  de l’encadrement d’une équipe de chercheurs spécialistes des écosystèmes et des plantes envahissantes. Et ce, sous la supervision des services techniques concernés de l’Etat.

Trois méthodes de lutte contre la jacinthe d’eau

En perspective pour le moyen et le long terme, il est prévu la mise en place d’un système d’alerte et de surveillance des retenues d’eau de Ouagadougou, a-t-il précisé. Le spécialiste et technicien Louis Ouédraogo, chercheur à l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), a brièvement exposé les stratégies d’éradication de la jacinthe d’eau encore appelée « péril vert » des retenues d’eau de Ouagadougou et de ses environs. Il a aussi présenté les différentes méthodes de lutte qui sont au nombre de trois. « Pour ce qui est de la lutte chimique, seul le glyphosate s’est révélé moins nocif pour l’environnement et 3l/ha de ce produit permettent d’éliminer la jacinthe tout en conservant le milieu aquatique et la vie des alevins ». La deuxième lutte, a-t-il ajouté, est celle biologique, qui consiste à élever des insectes qui sont des ennemis naturels de la jacinthe et à les libérer dans les eaux envahis par la plante pour que ceux-ci s’attaquent à elle. La dernière méthode, la lutte physique, est l’option du Burkina Faso et consiste simplement à l’arrachage de la plante.

La présentation a concerné également les effets de la plante et le chercheur a expliqué  que la jacinthe fait obstacle au transport fluvial, aux apports pour l’irrigation, l’hydroélectricité et les systèmes d’approvisionnement en eau. De même, elle bloque les canaux et cours d’eau causant des inondations. Elle augmente aussi l’évapotranspiration et réduit la biodiversité. « Pendant et après la lutte contre les espèces envahissantes, il faut assurer une surveillance continue du milieu pendant trois à cinq ans pour éviter toute surprise et afin d’établir un rapport concluant à une éradication totale de l’espèce », a-t-il martelé. Le directeur général de l’Agence de l’eau du Nakanbé, Ghislain Anselme Kaboré, a, quant à lui, situé l’importance des barrages n°2 et 3 qui sont concernés par la présente activité pour la population de la ville de Ouagadougou. « Ces retenues réalisées dans les années 1960 sont destinées à l’approvisionnement en eau potable. Elles sont utilisées pendant les périodes d’appoint en complémentarité du barrage de Loumbila et produisent environ 42 000m3 d’eau/jour soit 39% de la desserte journalière en eau de Ouagadougou ». Du reste, il a soutenu que ces barrages favorisent la recharge de la nappe locale, ils  permettent d’entretenir la forêt Bangré-wéogo, d’où la nécessité de les préserver des multiples menaces.

Théodore Z. DAKUYO (Stagiaire)

Zone cotonnière de Koudougou : La SOFITEX encourage les producteurs de Léo et Sapouy

0
La Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX) a visité, des producteurs de coton du Centre-Ouest, le lundi 22 août 2016. A l’issue de la tournée, la délégation s’est dite satisfaite du travail abattu par les cotonculteurs de cette région. 
La Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX) veut s’assurer qu’elle aura du coton en quantité et en qualité pour le démarrage de ses activités d’égrenage en octobre. Pour ce faire, elle a rendu visite, le lundi 22 août 2016, à des cotonculteurs des provinces de la Sissili et du Ziro dans le Centre-Ouest. Une tournée satisfaisante à en croire le directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo. «Nous sommes ravis de la densité et de la physionomie des semis de coton», a-t-il laissé entendre à l’issue de la visite. Et le premier responsable de la SOFITEX d’ajouter : «On peut présager d’une production massive de coton graine si les producteurs continuent de travailler dur jusqu’à la fin». A ses dires, sa structure attend une production cotonnière nationale de 600 mille tonnes à la fin des récoltes. Un pari que les cotonculteurs de cette zone ont promis contribuer à gagner.
En outre, M. Yaméogo s’est réjoui du fait que le mot d’ordre de produire uniquement du coton conventionnel  ait été respecté par tous les producteurs. «Nous avons constaté sur les déclarations des cotonculteurs que le 100% conventionnel a été respecté en dépit de la pénibilité du travail», a-t-il apprécié. Toutefois, il les a exhortés à faire les derniers traitements des semis avec les pesticides en vue d’éliminer les parasites persistants et du même coup, améliorer leurs rendements. Des recommandations que Souleymane Nignan du village de Sanga, (à une quinzaine de kilomètres de Léo) dit avoir prises en compte.  Ce dernier dispose d’une superficie de 11 hectares (ha) de coton conventionnel qu’il cultive à l’aide d’un tracteur. Avec plus de cinq traitements de pesticides déjà effectués, son champ reste attaqué par les parasites. Ses hôtes l’ont donc invité à se procurer d’un atomiseur pour reprendre les traitements. Dans deux semaines, s’il y a une poche de sécheresse, il espère que les capsules vont s’éclater pour lui donner ses premiers cotons graines. Au terme de la saison, il a prévu de récolter 6 tonnes/5ha soit environ 12 tonnes au total.
Après Souleymane Nignan, la délégation de Wilfried Yaméogo s’est rendue dans l’exploitation de Mahamadi Nébié dans le village de Yelbouga à une douzaine de kilomètres de Léo. Il s’est distingué par la qualité de son travail. En effet, les professionnels de la SOFITEX l’ont félicité pour l’entretien de son champ qui ne grouille pas de parasites. Du reste, ils ont souhaité que le «producteur modèle» charge bien les camions de la SOFITEX qui viendront chercher le coton une fois la récolte terminée. Puis, le cap a été mis sur l’exploitation de Kadré Sawadogo dans le village de Lon, à une dizaine de kilomètres de Sapouy. Dans cette localité, il existe trois Groupements de producteurs de coton (GPC), à savoir ‘’Faso travail’’, ‘’Rélwendé’’ et ‘’Songr la Panga’’ qui dispose chacune d’au moins une cinquantaine de membres. Ces derniers ont saisi l’occasion pour demander à la SOFITEX de les doter de tracteurs pour leurs activités champêtres.

Le renouvellement des instances de l’UNPCB en vue

Venu encourager ses membres, le président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), Karim Traoré, a rassuré les cotonculteurs quant à l’accompagnement et à la présence continue de sa structure à leurs côtés. Car, a-t-il soutenu, la crise qu’a traversée l’Union est «belle et bien terminée». D’ailleurs, M. Traoré a annoncé le renouvellement prochain de toutes les instances dirigeantes des producteurs de coton tant au niveau des GPC que de l’Union elle-même. En effet, a-t-il expliqué, le gouvernement a mis en place  un comité regroupant plusieurs départements ministériels, à savoir ceux de l’Agriculture, du Commerce, de l’Administration territoriale ainsi que les Sociétés cotonnières et le Secrétariat permanent de suivi de la filière coton libéralisée. A l’entendre, ce comité, après plusieurs rencontres, a réussi à mettre en conformité les textes de l’UNPCB avec l’acte uniforme de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). «Les textes sont déjà prêts et dans les jours à venir le comité va lancer le renouvellement de toutes les instances de la structure», a-t-il fait comprendre. Pour sa part, il a avoué vouloir rebeloter car, a-t-il justifié, il n’est pas frappé d’illégitimité par les textes.
Nadège YAMEOGO