Filière oléo-protéagineuse : vers un partenariat entre le Burkina Faso et Agropol

Le ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement hydraulique a effectué, le jeudi 8 septembre 2016, une visite sur les sites de démonstration et d’expérimentation du tournesol et du soja, de l’Association pour le développement à l’international des filières oléo-protéagineuses (Agropol) situés à Bama à 30 Km de Bobo-Dioulasso. Au lendemain de cette visite, une rencontre d’échanges  a eu lieu entre les responsables des deux entités. 
Le gouvernement du Burkina Faso, en collaboration avec l’Association pour le développement à l’international des filières oléo-protéagineuses (AGROPOL) veut développer et organiser la filière oléo-protéagineuse,  notamment  la culture du soja, afin de faire face à l’insécurité alimentaire au « pays des Hommes intègres ». C’est du moins ce qu’ont laissé entendre  les deux parties, le jeudi 8 septembre 2016, à l’issue de la visite-découverte des sites de démonstration et d’expérimentation du tournesol et du soja  de l’association française Agropol, situés  à Bama à 30 km de Bobo-Dioulasso. Ainsi à Séguéré, un village de Bama, les responsables des deux structures ont pu s’imprégner des réalisations des chercheurs d’Agropol sur les parcelles où sont expérimentées les cultures de tournesol et de soja. La mission conjointe s’est rendue sur les sites de production d’Omar Sanou et d’Issoufou Sanou, tous deux producteurs de soja. Ils se sont déclarés heureux de cette visite.
Ils ont remercié Agropol pour l’appui apporté à la culture du soja et souhaité que la production puisse bien être achetée, afin qu’ils continuent la culture de cette spéculation. « Nous voulons échanger et voir dans quelle mesure ce qui a été capitalisé en France peut être adapté au Burkina Faso, pour permettre de promouvoir cette filière soja et les oléo-proteagineux », a laissé entendre le ministre en charge de l’agriculture, Jacob Ouédraogo, aux membres de l’association Agropol. C’est une « grande expérience», selon lui, qui permettra aux producteurs burkinabè  d’être professionnels en la matière, et aux transformateurs de s’intéresser à la filière. Ce qui permettra, de son avis, de mieux organiser les producteurs et tous les acteurs de la filière pour une bonne commercialisation. « Le gouvernement a une grande vision avec le soja », a-t-il signifié, tout en faisant savoir qu’avec les graines de soja, « nous pouvons produire de l’huile végétale, des aliments pour bétail, du lait de soja et la brochette de soja très prisée par la population ».

Un partenariat en vue

En marge de cette visite, le ministre et Agropol ont organisé, le vendredi 9 septembre 2016, à la direction régionale de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques des Hauts-Bassins, une rencontre d’échanges sur l’avenir et le devenir du soja. « Ceux qui sont autour de nous sont des experts de la chose. Ils ont une grande expérience aussi bien pour l’organisation, pour la transformation, que pour le financement », a dit Jacob Ouédraogo.
Et de poursuivre que c’est une rencontre d’échanges pour voir comment nouer un partenariat d’accompagnement et faire de cette filière, une filière «très porteuse» au Burkina Faso. Pour le président d’Agropol, Gérard Tubery, son association partage une vision commune de l’agriculture avec le gouvernement burkinabè. « La conviction, c’est que le monde ait besoin des protéines. Il faut développer  les protéines partout dans la planète », a souligné Gérard Tubery, ajoutant qu’Agropol pense être un partenaire « efficace » pour le développement de la production, la transformation des produits et l’adaptation des produits transformés au marché local. « La conviction de notre filière française, c’est qu’il n’y a pas de production qui ne tient s’il n’y a pas de débouchés assurés pour ces productions.
C’est un peu notre spécificité : sécuriser l’ensemble des acteurs dans la production », a soutenu le président de l’association. L’objectif d’Agropol, à l’en croire, est de travailler en partenariat avec le gouvernement brukinabè en vue de partager le savoir-faire de cette structure en matière d’organisation, afin d’échanger et de construire une filière performante au service de la population.
Boudayinga THIENON

Filière oléo-protéagineuse : vers un partenariat entre le Burkina Faso et Agropol

Le ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement hydraulique a effectué, le jeudi 8 septembre 2016, une visite sur les sites de démonstration et d’expérimentation du tournesol et du soja, de l’Association pour le développement à l’international des filières oléo-protéagineuses (Agropol) situés à Bama à 30 Km de Bobo-Dioulasso. Au lendemain de cette visite, une rencontre d’échanges  a eu lieu entre les responsables des deux entités.
Le gouvernement du Burkina Faso, en collaboration avec l’Association pour le développement à l’international des filières oléo-protéagineuses (AGROPOL) veut développer et organiser la filière oléo-protéagineuse,  notamment  la culture du soja, afin de faire face à l’insécurité alimentaire au « pays des Hommes intègres ». C’est du moins ce qu’ont laissé entendre  les deux parties, le jeudi 8 septembre 2016, à l’issue de la visite-découverte des sites de démonstration et d’expérimentation du tournesol et du soja  de l’association française Agropol, situés  à Bama à 30 km de Bobo-Dioulasso. Ainsi à Séguéré, un village de Bama, les responsables des deux structures ont pu s’imprégner des réalisations des chercheurs d’Agropol sur les parcelles où sont expérimentées les cultures de tournesol et de soja. La mission conjointe s’est rendue sur les sites de production d’Omar Sanou et d’Issoufou Sanou, tous deux producteurs de soja. Ils se sont déclarés heureux de cette visite.
Ils ont remercié Agropol pour l’appui apporté à la culture du soja et souhaité que la production puisse bien être achetée, afin qu’ils continuent la culture de cette spéculation. « Nous voulons échanger et voir dans quelle mesure ce qui a été capitalisé en France peut être adapté au Burkina Faso, pour permettre de promouvoir cette filière soja et les oléo-proteagineux », a laissé entendre le ministre en charge de l’agriculture, Jacob Ouédraogo, aux membres de l’association Agropol. C’est une « grande expérience», selon lui, qui permettra aux producteurs burkinabè  d’être professionnels en la matière, et aux transformateurs de s’intéresser à la filière. Ce qui permettra, de son avis, de mieux organiser les producteurs et tous les acteurs de la filière pour une bonne commercialisation. « Le gouvernement a une grande vision avec le soja », a-t-il signifié, tout en faisant savoir qu’avec les graines de soja, « nous pouvons produire de l’huile végétale, des aliments pour bétail, du lait de soja et la brochette de soja très prisée par la population ».

Un partenariat en vue

En marge de cette visite, le ministre et Agropol ont organisé, le vendredi 9 septembre 2016, à la direction régionale de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques des Hauts-Bassins, une rencontre d’échanges sur l’avenir et le devenir du soja. « Ceux qui sont autour de nous sont des experts de la chose. Ils ont une grande expérience aussi bien pour l’organisation, pour la transformation, que pour le financement », a dit Jacob Ouédraogo. Et de poursuivre que c’est une rencontre d’échanges pour voir comment nouer un partenariat d’accompagnement et faire de cette filière, une filière «très porteuse» au Burkina Faso. Pour le président d’Agropol, Gérard Tubery, son association partage une vision commune de l’agriculture avec le gouvernement burkinabè. « La conviction, c’est que le monde ait besoin des protéines. Il faut développer  les protéines partout dans la planète », a souligné Gérard Tubery, ajoutant qu’Agropol pense être un partenaire « efficace » pour le développement de la production, la transformation des produits et l’adaptation des produits transformés au marché local. « La conviction de notre filière française, c’est qu’il n’y a pas de production qui ne tient s’il n’y a pas de débouchés assurés pour ces productions. C’est un peu notre spécificité : sécuriser l’ensemble des acteurs dans la production », a soutenu le président de l’association. L’objectif d’Agropol, à l’en croire, est de travailler en partenariat avec le gouvernement brukinabè en vue de partager le savoir-faire de cette structure en matière d’organisation, afin d’échanger et de construire une filière performante au service de la population.
Boudayinga THIENON

Semaine WASCAL 2016 : Les acteurs du changement climatique de la sous-région en réflexion

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Le Centre-ouest africain des services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL) organise une conférence régionale sur la recherche les 8 et 9 septembre 2016, à Ouagadougou.
Ils sont environ 200 participants venus de 14 pays qui se sont retrouvés à Ouagadougou. Ce, à la faveur de la conférence scientifique régionale qui entre dans le cadre de la semaine du Centre ouest-africain des services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL). Durant les deux jours, les participants devront parcourir les réalisations saillantes de la structure, les défis du plan de recherche et les activités en cours. Ils examineront et valideront aussi les priorités de recherche régionale, ils vont cartographier les atouts de la recherche, amenderont et valideront le plan de recherche WASCAL et mettront en place un consortium pour la mise en œuvre des activités. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, le professeur Filiga Michel Sawadogo,  a salué la tenue d’une telle conférence au regard de l’actualité mondiale caractérisée par de profond bouleversement. Il a ajouté que «le dérèglement climatique étant une préoccupation majeure pour la sous-région, le gouvernement du Burkina Faso est profondément déterminé à se bâtir sur un développement économique durable».
Dans le cadre de la COP 21, le Burkina,  à l’instar de ses pairs, s’est engagé à aboutir à un accord juridiquement contraignant et universel pour limiter l’élévation de la température à 2°C d’ici la fin du siècle par rapport au niveau préindustriel,  selon lui.  L’Allemagne,  qui est le principal partenaire technique et financier de WASCAL,  est fortement représentée à cette conférence. L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Dr Dietrich Fritz Reinhold Pohl,  a d’ailleurs réitéré le soutien de son pays au centre de compétence de Ouagadougou. Il a soutenu que «pour la 2e phase de WASCAL, l’Allemagne promet une enveloppe de 50 millions d’euros pour accompagner le centre dans ces activités de recherche». Le directeur exécutif du centre de compétence du Burkina Faso, Dr Laurent Sedogo,  a remercié les autorités du «pays des Hommes intègres» et l’Allemagne pour leurs différents soutiens à l’endroit de sa structure et a rassuré que les recommandations issues de cette conférence seront utilisées de façon efficiente pour lutter efficacement contre le changement climatiques.
Théodore Z. DAKUYO  (Stagiaire) 

Semaine WASCAL 2016 : Le ministre Filiga sur le site du nouveau siège

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Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation Pr Filiga Michel Sawadogo, accompagné d’une délégation allemande, a visité le site du futur siège du Centre ouest-africain des services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL), le 6 septembre 2016, à Ouagadougou. 
Le Centre ouest-africain des services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL) veut délocaliser son siège de Ouaga 2000. L’organisme a acquis un nouveau terrain de 4 hectares non loin de l’Université Ouaga 1 Pr Joseph-Ki-Zerbo. Ainsi, dans le cadre de la «semaine Wascal» qui se tient, du 3 au 9 septembre 2016, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Pr Filiga Michel Sawadogo, a effectué une visite sur le nouveau terrain. Lequel terrain «accouchera» d’un immeuble à trois niveaux (R+3). Il s’agissait de montrer concrètement aux partenaires et à la délégation allemande que le terrain attribué par le Burkina Faso pour la construction du centre est disponible.
«Nous avons pris la précaution de faire un titre foncier», a précisé Pr Sawadogo. Et d’ajouter : «Le centre du projet Wascal est un centre de plus de deux milliards de F CFA ; il concerne l’assistance de plus de dix pays  et deviendra une institution de la CEDEAO, car elle se préoccupe des questions de changement climatique». Le ministre Filiga Sawadogo a déclaré que le projet WASCAL est le lieu de recherches sur le changement climatique afin que les populations puissent résister aux effets néfastes de ce changement, devenu de nos jours une préoccupation mondiale. De son côté, la partie allemande se réjouit de la coopération avec le Burkina Faso. «L’Allemagne est satisfaite de son accord avec le gouvernement du Burkina Faso, car le changement climatique est un phénomène contre lequel la lutte est nécessaire», a déclaré le représentant du ministère allemand de l’éducation Gregor Laumann. WASCAL est un centre de service climatique axé sur la recherche à grande échelle et conçu pour améliorer la résilience des systèmes  humain et environnemental au changement climatique.
Chadia W. D. ZONGO
Christelle GOMBRE (Stagiaires)

Régions des Cascades : les inondations menacent les cultures

Le gouverneur de la région des Cascades,  Léontine Zagré,  a effectué, le 31 août 2016 dans les provinces de la Comoé et de la Léraba, une tournée de suivi de la saison agricole. Dans l’ensemble, les différentes spéculations présentent une bonne physionomie, mais sont sous la menace des eaux qui pourraient compromettre les bonnes récoltes.  
De façon générale, la campagne agricole se présente sous de meilleurs auspices dans la région des Cascades, toujours placée parmi les bastions agricoles du Burkina. En tout cas, c’est le constat qu’a pu faire le gouverneur,  Léontine Zagré et sa suite, ce mercredi 31 août à la faveur de cette tournée qui l’a conduite dans une dizaine de localités de la Léraba et de la Comoé. En route pour Douna dans le champ de Bawala Son, un producteur modèle, le convoi, composé de techniciens agricoles et de responsables de services déconcentrés, a fait escale à Kribina pour constater de visu les quatre nouveaux magasins de stockage des produits agricoles et intrants, réalisés par l’UEMOA au profit de l’Union provinciale des professionnelles agricoles (UPPA) de la Comoé. Erigés sur 2 hectares en 2014, ces magasins ont une capacité de 500 tonnes chacun. Mais des problèmes existent, car il n’y a ni eau ni électricité. La SONABEL exige 17 millions de FCFA pour la connexion depuis Banfora, somme que l’UPPA dit ne pas posséder. Après ces magasins, la délégation s’est arrêtée un peu plus loin sur un site dénommé « Le germoplasme ». En clair, c’est un site de recherche en vue de mettre dans une dizaine d’années à la disposition des producteurs, des variétés performantes d’anacardiers. Ensuite, une trentaine de minutes après, le long cortège est arrivé aux abords de l’exploitation de Bawala Son. Ici, le maïs (8 hectares dont 5 ensemencés) a une belle physionomie et est au stade d’épiaison. En plus du maïs, ce producteur qui a dit avoir séjourné deux ans dans les plantations en Côte d’Ivoire, a semé du riz, de l’arachide, du sésame. Il possède aussi une plantation de palmiers et d’anacardiers. Mais les fortes pluies qui s’abattent sur la région ne sont pas pour rassurer ce brave producteur qui vit dans la hantise des inondations.

252 400 tonnes de céréales attendues

Après cette étape, le cortège a marqué un arrêt dans le bas-fond rizicole de Manema, exploité majoritairement par des femmes (84,58%), la parcelle vitrine des producteurs de Douna et sur la plaine de Douna/Niofila. Construit en 1985, le barrage de Douna a une capacité de 50 millions de m3. Minés par l’usure, aussi bien la digue que le canal de drainage de l’eau sont tombés dans une dégradation avancée. Sur ce site, 410 hectares sont exploités par 1200 exploitants sur un potentiel de 1500 hectares. Depuis, un programme de restructuration et de mise en valeur de la plaine a été mis en place par le gouvernement, et s’attèle à réhabiliter la digue du  barrage, à mettre sur pied le réseau d’irrigation et à réfectionner les pistes et les voies d’accès au périmètre. Le point de chute de la tournée de Mme le gouverneur a été le village de Kangoura, dans la commune rurale de Loumana. Dans cette localité, la délégation a visité l’exploitation de Kolvana Ouattara, avant que la première autorité régionale mette symboliquement en service, une Adduction d’eau simplifiée (AEPS). Pour cette campagne, Kolvana Ouattara a ensemencé 34,5 hectares, dont 18 en coton. Rien que pour le coton, il s’attend à engranger quelques 4 567 410 de FCFA. Dans l’ensemble, le constat qui s’est dégagé de cette sortie est que les opérations culturales se déroulent normalement, variant entre l’épandage de fumures, le labour et le sarclage. Dans les localités visitées, les plantes sont au stade de montaison et à la récolte de maïs. A Niofila, le gouverneur a même donné le ton de la récolte de maïs sur la parcelle d’un producteur.  Par endroits, les exploitations ont été inondées par les eaux. « Il y a des frayeurs », a dit Léontine Zagré qui estime cependant garder l’espoir que les prévisions de 252 400 tonnes de céréales, de 122 000 tonnes de cultures vivrières et de 40 000 tonnes de cultures de rente seront atteintes.
Frédéric OUEDRAOGO

Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaire : l’équilibre financier, un défi majeur à relever

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La 45e session ordinaire du Conseil d’administration de l’Ecole inter-Etats des Sciences et de Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar s’est tenue, du 2 au 5 septembre 2016, à Ouagadougou. L’avenir de ladite école a été au centre de la rencontre des ministres des 15 Etats membres tenue au terme du conclave. 
Créée en 1968, l’Ecole inter-Etats des Sciences et de Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar a mis à la disposition des 15 Etats membres et de l’Afrique, plus de 1300 docteurs vétérinaires. Ce prestigieux établissement est, cependant, en proie à des difficultés financières qui empiètent sur son bon fonctionnement. C’est pourquoi, lors de la 45e session ordinaire du Conseil d’administration de l’EISMV, tenue du 2 au 5 septembre 2016, dans la capitale burkinabè, les différents ministres des pays membres ont planché sur la santé financière de l’école. « Le principal défi de l’EISMV à ce jour est son équilibre financier. Les ressources financières de l’école proviennent essentiellement des contributions des Etats-membres. Malheureusement, ceux-ci  ne sont pas à jour de leurs cotisations. Cela peut mettre en péril les capacités de l’école à fournir des prestations qui sont attendues d’elles », a confié le président du Conseil d’administration, Bruno Jean Richard Itoua, par ailleurs ministre de l’Enseignement supérieur du Congo. Il a proposé, de ce fait, que les pays concernés soient sensibilisés à régler les frais de scolarité et d’inscription de leurs différents étudiants. « Nous allons travailler à rendre crédible l’ EISMV, d’abord au sein des Etats, puisqu’il y a des Etats-membres qui contribuent et qui n’envoient pas beaucoup d’étudiants », a expliqué M. Itoua.
Sur cette question, le ministre en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Pr Filiga Michel Sawadogo, représentant le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a confié que le Burkina Faso envoie habituellement cinq étudiants. « Nous verrons dans la mesure du possible comment accroître cet effectif », a-t-il promis. Pour le président du Conseil d’administration, il sera judicieux à l’EISMV de dispenser aussi les cours en anglais, parce qu’il est enseigné tout au long du cursus. « L’école est essentiellement francophone », a précisé le ministre congolais. Et le Pr Sawadogo d’ajouter que l’EISMV est un instrument de coopération interafricaine et internationale. Pour ce faire, il est plus que nécessaire de renforcer les acquis et de travailler à relever l’ensemble des défis. Un avis partagé par le directeur général de l’EISMV, Pr Yalacé Kaboret. Celui-ci a souligné que l’école forme des cadres du secteur de la santé et productions animales, produit des savoirs innovants par la recherche et apporte son appui en expertise et ingénierie dans la réalisation des politiques nationales et régionales agricoles. L’objectif de l’EISMV, a poursuivi Pr Kaboret, est d’appuyer les Etats pour faire du secteur de l’élevage et des ressources halieutiques, un moteur de la croissance économique.  Les pays- membres de l’EISMV sont le Burkina Faso, le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Changements climatiques : 20 maîtres-formateurs renforcent leurs capacités

La représentation nationale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé, du 16 au 31 août 2016, à Kaya, chef-lieu de la région du Centre-Nord, un atelier de formation des maîtres formateurs sur l’approche « Champ-école agro-pastoral (CEAP)» et l’adaptation aux changements climatiques. Cette session de formation a permis de renforcer les compétences de 20 maîtres formateurs. 
Former 20 maîtres- formateurs en approche «Champ-école agro-pastoral (CEAP)» adaptation aux changements climatiques à même d’animer des sessions de formation de facilitateurs, tel a été l’objectif principal de cet atelier de formation tenu à Kaya, du 16 au 31 août 2016. Cette session de formation a consisté à renforcer les compétences théoriques et pratiques des maîtres- formateurs issus de l’unité de coordination du projet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et des ministères en charge de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement. Ainsi, sous la facilitation de quatre maîtres-formateurs, la session a allié théorie et pratique basées sur la méthode d’éducation non formelle. « Cette formation s’est voulue plus pratique  en plus de la formation théorique, nous avons fait des sorties terrains dans une communauté d’agropasteurs à Kaya», a souligné Victor Sawadogo, consultant à la FAO et chargé du renforcement organisationnel des acteurs.
Pour Marie Bernadette Toé, coordonnatrice nationale du projet GCP/BKF/054/LDF, l’approche « champ-école » développée par la FAO est adressée aux producteurs pour les amener à adopter les bonnes pratiques agro-sylvo-pastorales. C’est pourquoi, le site de Kaya (Damgagué) est un site expérimental et en même temps pédagogique pour les sessions de formation. Le directeur régional des ressources animales et halieutiques du Centre-Nord, Abdoulaye Ouédraogo, à l’ouverture de la session, a invité les participants à l’assiduité, au regard de l’importance des thèmes à développer , mais aussi de leur rôle dans la chaîne de renforcement des capacités des cibles. A l’issue de la formation, le consultant, Victor Sawadogo s’est dit satisfait du niveau de réceptivité des participants et confiant quant au redéploiement des connaissances acquises au profit des facilitateurs des services techniques intervenant dans le monde rural qu’ils auront à former à leur tour.

Renforcer la résilience des populations aux  changements climatiques

Selon les organisateurs, cette session de formation qui concerne des cadres des régions du Sahel, du Centre-Nord, du Centre-Ouest et de l’Est est la première d’une série de quatre qui seront étalées jusqu’en décembre 2016. Le changement climatique a des impacts importants sur les terres, les sols, l’eau et les écosystèmes agricoles au Burkina Faso, menaçant les moyens de subsistance de la grande majorité des populations rurales. « Ce défi représente une fois de plus un challenge pour le partenariat entre la FAO et le Burkina Faso», a précisé madame Toé Marie Bernadette, coordonnatrice du projet GCP/BKF/054/LDF.
Ce projet-réponse à cette situation, selon elle, est une initiative conjointe du ministère de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques, de la FAO et du FEM. Il vise à renforcer les capacités des secteurs agricole et pastoral du Burkina Faso à faire face aux changements climatiques en inscrivant les pratiques et les stratégies d’Adaptation aux changements climatiques (ACC) dans les initiatives de développement agricole en cours, les politiques agricoles, la programmation et l’augmentation de l’adoption des pratiques et des technologies d’ACC par les agriculteurs. Le projet GCP/BKF/054/LDF, d’une durée de quatre ans (octobre 2015 – avril 2019), aidera particulièrement les communautés vulnérables des régions du Centre-Ouest, du Centre-Nord, du Sahel et de l’Est, à intégrer les considérations de changement climatique en vue d’accroître la résilience des systèmes de production agricole et pastorale.
Les Champs-écoles des producteurs (CEP) et les Champs-écoles agropastoraux (CEAP) sont, entre autres outils, sur lesquels le projet s’appuiera pour renforcer les capacités des agriculteurs et des éleveurs sur diverses thématiques orientées sur les bonnes pratiques d’ACC et d’intégration des systèmes culture/élevage/arbre.
Au Burkina Faso, l’approche CEP a été introduite  par la FAO au milieu des années 1990. Son succès est reconnu par le gouvernement qui l’a adopté, en 2010, comme approche de vulgarisation du Programme national de vulgarisation et d’appui-conseil agricole (PNVACA) du ministère en charge de l’agriculture. Toutefois, le modèle standard des CEP, centré exclusivement sur les cultures (production végétale), présente des limites d’intégration. En effet, la majorité des producteurs pratique des systèmes intégrés de culture/d’élevage/d’arbre. Aussi, les curricula actuels des CEP n’abordent pas suffisamment  la problématique du changement climatique dont les effets compromettent sévèrement les activités agro-sylvo-pastorales. L’appui aux producteurs pour le renforcement de leur capacité de résilience climatique requiert une approche holistique orientée sur leurs moyens de subsistance. Le CEAP qui est une approche flexible orientée sur les résolutions intégrées des problèmes locaux est appropriée dans ce contexte.
Augustin Irwaya OUEDRAOGO

Changements climatiques : 20 maîtres-formateurs renforcent leurs capacités

L’Afrique est un continent où, du moins en apparence, nous nous félicitons de notre diversité, qui se traduit par la grande variété de nos nombreuses cultures, langues, modes, flores et faunes. C’est pourquoi on ne peut qu’être perplexe lorsque l’on constate qu’une grande partie de la population africaine dépend d’un petit nombre de cultures telles que  le maïs, le riz et le blé. Cette dépendance n’est pas simplement monotone d’un point de vue gustatif ; elle porte aussi grandement atteinte à la qualité de nos régimes et crée un système agricole plus vulnérable, en particulier lors d’importantes sécheresses comme celle qui touche cette année le sud de l’Afrique.

Le secteur agricole africain a récemment suscité beaucoup de débats. Ce secteur est en bonne position pour devenir le nouveau moteur économique d’un continent devenu trop dépendant de marchandises comme le pétrole. Cette semaine, des chefs d’État et d’importants responsables venant d’Afrique et du monde entier se rassemblent à Nairobi dans le cadre du Forum sur la révolution verte en Afrique. À cette occasion, de nouveaux engagements se chiffrant à plusieurs millions de dollars à destination des petits exploitants d’Afrique pourraient voir le jour.

Néanmoins, il est peu probable que l’Afrique réalise son potentiel agricole ou qu’elle soit prête à faire face à des défis tels que les sécheresses – dont la fréquence s’accélère en raison du changement climatique – à moins que nous changions notre manière d’envisager la diversité des cultures.

Ces deux dernières décennies, mon travail a tourné autour du développement et de la promotion de patates douces enrichies sur le plan nutritionnel. Cette expérience m’a convaincue du fait que, avec la bonne approche, les agriculteurs seront enclins à cultiver une plus grande variété de cultures et que les consommateurs finiront par adopter les nouveautés disponibles à table.

L’Afrique a la chance de bénéficier d’une grande richesse en termes de diversité de cultures. La plupart de ces cultures – y compris le sorgho, l’igname et le niébé – trouvent leur origine sur le continent. Mais de nombreuses autres cultures y sont arrivées via le commerce, depuis l’Asie comme la banane, le pois d’Angole et le blé, ou d’Amérique, comme les haricots, le manioc et le maïs. Et pourtant, plutôt que de tirer parti de ces nombreuses options alimentaires, nous avons excessivement misé sur quelques cultures seulement.

 

Prenez le cas du maïs dans l’est et le sud-est de l’Afrique. Il peut certes pousser dans différents environnements et fournir une quantité importante de calories. Néanmoins, le maïs a aussi ses faiblesses, parmi lesquelles sa sensibilité à la sécheresse et aux insectes ainsi que ses médiocres qualités nutritionnelles.

Même si les travaux de recherche ont récemment permis de développer des variétés de maïs plus résistantes et nutritives, cela demeure insuffisant. En effet, dans de nombreuses régions, la hausse des températures et des précipitations de plus en plus irrégulières entraîneront une baisse des rendements agricoles – jusqu’à 22% dans de nombreuses régions et jusqu’à 60% en Afrique du Sud et au Zimbabwe, selon le rapport 2015 du Panel de Montpellier.

Un vaste corpus de recherche montre que les agriculteurs sont moins susceptibles de subir de lourdes pertes à cause des insectes, des maladies ou de la sécheresse s’ils plantent un éventail plus large de cultures. Aujourd’hui, les conséquences de la propagation de la nécrose létale du maïs et de la rouille noire du blé sont grandement amplifiées par le manque de cultures alternatives. Cette année au Malawi, la sécheresse a dévasté les cultures de maïs et de haricots, alors que les agriculteurs qui font pousser des cultures naturellement résistantes et nutritionnelles comme les pois chiches et les patates douces s’en sont bien mieux sortis.

Si les bénéfices sont si évidents, pourquoi les agriculteurs ne se diversifient-ils pas spontanément ? La réponse est qu’ils pourraient vouloir se diversifier, mais s’abstiennent à cause de politiques et d’obstacles institutionnels. Lorsque des cultures comme le maïs commencent à prendre de l’ampleur, les gouvernements et le secteur privé accélèrent leur développement en attribuant, entre autres, des subventions et des aides à la recherche. Dans le même temps, d’autres cultures potentiellement utiles telles que le manioc et le sorgho sont négligées, se voyant aussi parfois attribuer les qualificatifs peu flatteurs de « cultures du pauvre » ou de « cultures pour les terres peu productives ».

 Ce n’est pas une fatalité. Mon travail sur les patates douces m’a appris qu’il est possible de faire de ces « vilains petits canards » des cygnes.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une recherche axée sur l’ajout de valeur à ces cultures et sur l’amélioration de leur résistance naturelle. Dans le cas de la patate douce, nous avons élaboré une variété ayant des niveaux de bêta-carotène (le précurseur de la vitamine A) plus élevés, une meilleure tolérance à la sécheresse et une plus forte résistante aux virus.

La deuxième tâche essentielle concerne les agriculteurs, qui ont besoin d’une source fiable de semences saines. Ce n’est pas une tâche simple pour les cultures généralement ignorées par les entreprises de semences locales et les multinationales, en particulier si, comme les patates douces, elles se propagent par des éléments végétaux encombrants et périssables. Pour celles-ci, nous avons travaillé avec des réseaux locaux d’agriculteurs et des organisations non gouvernementales (ONG) afin de parvenir à multiplier et disséminer du matériel végétal amélioré à grande échelle.

Enfin, le marketing et la valorisation de la marque – des éléments qui ne viennent pas nécessairement à l’esprit de chercheurs comme moi – ne doivent pas être oubliés. Nous avons eu recours à divers outils de marketing et de communication afin de sensibiliser les consommateurs aux nombreux avantages de la patate douce, qui peut être utilisée comme aliment de base, fourrage pour animaux, en-cas et ingrédient pour aliments transformés.

Le thème du Forum sur la révolution verte en Afrique est « Saisir le moment ». Je ne peux imaginer de meilleur moment pour que les dirigeants présents à cet événement fassent de la diversité des cultures un axe central de leurs programmes en faveur de l’agriculture africaine. À l’instar des vêtements aux couleurs des participants d’Afrique de l’Ouest qu’ils pourront admirer lors du Forum, je pense qu’ils devraient aussi soutenir une mosaïque plus large de cultures alimentaires pour nos agriculteurs. J’ai déjà observé les bénéfices obtenus quand les patates douces à chair orange éclaboussent les fermes africaines et les régimes alimentaires africains.

Dr Maria Andrade

NB: Phytologue au Centre international de la pomme de terre, le Dr Maria Andrade est l’une des quatre vainqueurs du Prix mondial de l’alimentation 2016. Elle est membre du bureau de l’AGRA. 

Trouver le point d’équilibre de l’agriculture africaine

L’Afrique est un continent où, du moins en apparence, nous nous félicitons de notre diversité, qui se traduit par la grande variété de nos nombreuses cultures, langues, modes, flores et faunes. C’est pourquoi on ne peut qu’être perplexe lorsque l’on constate qu’une grande partie de la population africaine dépend d’un petit nombre de cultures telles que  le maïs, le riz et le blé. Cette dépendance n’est pas simplement monotone d’un point de vue gustatif ; elle porte aussi grandement atteinte à la qualité de nos régimes et crée un système agricole plus vulnérable, en particulier lors d’importantes sécheresses comme celle qui touche cette année le sud de l’Afrique.

Le secteur agricole africain a récemment suscité beaucoup de débats. Ce secteur est en bonne position pour devenir le nouveau moteur économique d’un continent devenu trop dépendant de marchandises comme le pétrole. Cette semaine, des chefs d’État et d’importants responsables venant d’Afrique et du monde entier se rassemblent à Nairobi dans le cadre du Forum sur la révolution verte en Afrique. À cette occasion, de nouveaux engagements se chiffrant à plusieurs millions de dollars à destination des petits exploitants d’Afrique pourraient voir le jour.

Néanmoins, il est peu probable que l’Afrique réalise son potentiel agricole ou qu’elle soit prête à faire face à des défis tels que les sécheresses – dont la fréquence s’accélère en raison du changement climatique – à moins que nous changions notre manière d’envisager la diversité des cultures.

Ces deux dernières décennies, mon travail a tourné autour du développement et de la promotion de patates douces enrichies sur le plan nutritionnel. Cette expérience m’a convaincue du fait que, avec la bonne approche, les agriculteurs seront enclins à cultiver une plus grande variété de cultures et que les consommateurs finiront par adopter les nouveautés disponibles à table.

L’Afrique a la chance de bénéficier d’une grande richesse en termes de diversité de cultures. La plupart de ces cultures – y compris le sorgho, l’igname et le niébé – trouvent leur origine sur le continent. Mais de nombreuses autres cultures y sont arrivées via le commerce, depuis l’Asie comme la banane, le pois d’Angole et le blé, ou d’Amérique, comme les haricots, le manioc et le maïs. Et pourtant, plutôt que de tirer parti de ces nombreuses options alimentaires, nous avons excessivement misé sur quelques cultures seulement.

 

Prenez le cas du maïs dans l’est et le sud-est de l’Afrique. Il peut certes pousser dans différents environnements et fournir une quantité importante de calories. Néanmoins, le maïs a aussi ses faiblesses, parmi lesquelles sa sensibilité à la sécheresse et aux insectes ainsi que ses médiocres qualités nutritionnelles.

Même si les travaux de recherche ont récemment permis de développer des variétés de maïs plus résistantes et nutritives, cela demeure insuffisant. En effet, dans de nombreuses régions, la hausse des températures et des précipitations de plus en plus irrégulières entraîneront une baisse des rendements agricoles – jusqu’à 22% dans de nombreuses régions et jusqu’à 60% en Afrique du Sud et au Zimbabwe, selon le rapport 2015 du Panel de Montpellier.

Un vaste corpus de recherche montre que les agriculteurs sont moins susceptibles de subir de lourdes pertes à cause des insectes, des maladies ou de la sécheresse s’ils plantent un éventail plus large de cultures. Aujourd’hui, les conséquences de la propagation de la nécrose létale du maïs et de la rouille noire du blé sont grandement amplifiées par le manque de cultures alternatives. Cette année au Malawi, la sécheresse a dévasté les cultures de maïs et de haricots, alors que les agriculteurs qui font pousser des cultures naturellement résistantes et nutritionnelles comme les pois chiches et les patates douces s’en sont bien mieux sortis.

Si les bénéfices sont si évidents, pourquoi les agriculteurs ne se diversifient-ils pas spontanément ? La réponse est qu’ils pourraient vouloir se diversifier, mais s’abstiennent à cause de politiques et d’obstacles institutionnels. Lorsque des cultures comme le maïs commencent à prendre de l’ampleur, les gouvernements et le secteur privé accélèrent leur développement en attribuant, entre autres, des subventions et des aides à la recherche. Dans le même temps, d’autres cultures potentiellement utiles telles que le manioc et le sorgho sont négligées, se voyant aussi parfois attribuer les qualificatifs peu flatteurs de « cultures du pauvre » ou de « cultures pour les terres peu productives ».

 Ce n’est pas une fatalité. Mon travail sur les patates douces m’a appris qu’il est possible de faire de ces « vilains petits canards » des cygnes.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une recherche axée sur l’ajout de valeur à ces cultures et sur l’amélioration de leur résistance naturelle. Dans le cas de la patate douce, nous avons élaboré une variété ayant des niveaux de bêta-carotène (le précurseur de la vitamine A) plus élevés, une meilleure tolérance à la sécheresse et une plus forte résistante aux virus.

La deuxième tâche essentielle concerne les agriculteurs, qui ont besoin d’une source fiable de semences saines. Ce n’est pas une tâche simple pour les cultures généralement ignorées par les entreprises de semences locales et les multinationales, en particulier si, comme les patates douces, elles se propagent par des éléments végétaux encombrants et périssables. Pour celles-ci, nous avons travaillé avec des réseaux locaux d’agriculteurs et des organisations non gouvernementales (ONG) afin de parvenir à multiplier et disséminer du matériel végétal amélioré à grande échelle.

Enfin, le marketing et la valorisation de la marque – des éléments qui ne viennent pas nécessairement à l’esprit de chercheurs comme moi – ne doivent pas être oubliés. Nous avons eu recours à divers outils de marketing et de communication afin de sensibiliser les consommateurs aux nombreux avantages de la patate douce, qui peut être utilisée comme aliment de base, fourrage pour animaux, en-cas et ingrédient pour aliments transformés.

Le thème du Forum sur la révolution verte en Afrique est « Saisir le moment ». Je ne peux imaginer de meilleur moment pour que les dirigeants présents à cet événement fassent de la diversité des cultures un axe central de leurs programmes en faveur de l’agriculture africaine. À l’instar des vêtements aux couleurs des participants d’Afrique de l’Ouest qu’ils pourront admirer lors du Forum, je pense qu’ils devraient aussi soutenir une mosaïque plus large de cultures alimentaires pour nos agriculteurs. J’ai déjà observé les bénéfices obtenus quand les patates douces à chair orange éclaboussent les fermes africaines et les régimes alimentaires africains.

 Dr Maria Andrade

NB: Phytologue au Centre international de la pomme de terre, le Dr Maria Andrade est l’une des quatre vainqueurs du Prix mondial de l’alimentation 2016. Elle est membre du bureau de l’AGRA. 

Relance des travaux de construction de l’Université Ouaga II : Les populations riveraines de Loumbila donnent leur quitus

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La commission technique interministérielle de travail sur le problème foncier du site de l’Université Ouaga II a rencontré, les populations affectées de la commune de Loumbila, le mercredi 31 août 2016 à la mairie de Loumbila. 
Après avoir rencontré les populations concernées, une semaine avant, la commission technique interministérielle de travail sur le problème foncier du site de l’Université Ouaga II a présenté le projet aux populations. Ils ont ensuite recueilli leurs préoccupations et échangé sur les solutions idoines afin de permettre la relance des travaux sur le terrain. A l’issue de cette première rencontre, les membres de la commission avait donné une semaine de réflexions aux populations riveraines. Durant, cette même période, les préoccupations recueillies ont été soumises au Premier ministre, Paul Thiéba pour analyse afin de prendre les mesures nécessaires pour répondre aux préoccupations des populations. Après analyse, le gouvernement a proposé la création de deux commissions dans les communes de Loumbila et de Saaba. Composées de 24 membres chacune, ces commissions seront chargées d’accompagner les cabinets géomètres et les services techniques dans la pose des balises, le défrichage du périmètre du site et des ilôts du site pour la construction.
Cette pose des balises provisoires permettra de délimiter le site et de recenser les personnes affectées et leurs biens. Il sera également mis en place deux commissions adhoc présidées par les hauts-commissaires des provinces de l’Oubritenga et du Kadiogo. Elles auront la charge d’accompagner le processus sur le terrain. Pour plus de transparence, les propriétaires terriens seront membres de ces commissions ainsi que les services des domaines et du cadre et les préfets des départements concernés. Une quatrième commission sera mise en place pour la gestion des questions d’indemnisations. Elle aura pour rôle de proposer et de discuter avec les populations, les types de compensation relative aux impacts sociaux, culturels et environnementaux et de l’indemnisation. Pour le président de l’université Ouaga II, Stanislas Ouaro, le processus se veut participatif, même s’il est long, afin de satisfaire toutes les parties prenantes conformément à la loi. Pour lui, à travers cette démarche, le gouvernement veut apporter une réponse aux préoccupations des populations concernées par le projet.  Après la présentation des propositions du gouvernement, la commission a de nouveau recueilli les commentaires et préoccupations des populations.
Des propositions et mesures qui ont été bien accueillies et saluées par les populations. En termes de recommandations, les populations ont souhaité la réduction de la superficie du site afin de leur permettre de continuer leurs activités agricoles et pastorales. Elles ont également souhaité que les populations affectées soient réinstallées dans leurs communes en cas de relocalisation et que les jeunes soient embauchés par les entreprises lors des travaux. Toutes ces préoccupations et recommandations ont été jugées légitimes et seront examinées avec la plus grande attention. Au regard de l’intérêt et de la pertinence du projet, les populations riveraines de Loumbila, à l’instar de celles de Saaba, ont donné leur quitus pour la reprise des travaux de balise du site et de construction de l’université Ouaga II.  Pour ce faire,  le gouverneur de la région du Centre et président de ladite commission,  Joachim Somda s’est dit satisfait. Car, a-t-il affirmé, «le processus de relance des travaux a été acquis grâce au dialogue et à la concertation.  Au nom du gouvernement et au nom des membres de la commission, je remercie les populations pour cet accord ». Le quitus étant obtenu, un calendrier a été proposé pour la rencontre entre les membres des commissions et les entreprises et cabinets chargés des différents travaux et pour le lancement officiel des travaux.
Abdias Cyprien SAWADOGO