La face hideuse du Burkinabè

Le Burkina Faso a organisé, du 26 mars au 9 avril 2024, les Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne. L’initiative visait des actions de sensibilisation sur l’assainissement, la reforestation et la discipline, mais aussi le soutien aux forces combattantes. A la clôture de la quinzaine mardi, le Premier ministre, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambela a déclaré que le bilan est positif. Autrement dit, les résultats escomptés ont été atteints. Cette initiative des autorités de la Transition, première du genre, a rencontré l’assentiment des citoyens. Ceux-ci, à travers des activités et des comportements, ont manifesté leur adhésion.

Montée du drapeau, port de tenues traditionnelles burkinabè, consommation de mets locaux, ont été observés, entre autres, durant ces deux semaines. En marge de cette quinzaine, des Burkinabè, individuellement ou en association, ont posé des actes citoyens. C’est le cas du collectif national pour la refondation qui, la veille du Ramadan, a remis trois tonnes de vivres aux femmes de la Brigade verte, afin de leur permettre de fêter. Un autre citoyen a remis des consommables médicaux à un centre de santé de référence de la capitale burkinabè. Bref, les exemples sont légion. Il faut reconnaitre que beaucoup de Burkinabè n’ont pas attendu les journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne pour adopter ces comportements salutaires. Et ils ne vont pas, non plus, arrêter ou suspendre leur générosité, une fois la quinzaine terminée. Cependant, alors que ces journées se déroulaient, l’actualité nationale a montré à souhait que certains Burkinabè (une minorité heureusement) sont capables du pire. En effet, la semaine dernière, la presse a fait échos du comportement d’un commerçant à Bobo-Dioulasso qui choque le commun des mortels. Ce commerçant a poussé la cupidité, disons la méchanceté, jusqu’à revendre des cailloux sous forme de céréales destinées à la consommation humaine. Ses acolytes et lui ont été interpellés le mercredi 3 avril 2024 par le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) des Hauts-Bassins. Selon les comptes rendus des médias, ces individus concassaient le granit et le quartz en de petits grains afin que leur mélange avec des céréales soit difficilement détectable.

« C’est une quarantaine de sacs de sorgho mélangé avec des cailloux que le SRPJ a pu saisir dans le magasin du commerçant », rapporte-t-on. Au moment où l’on est en train de promouvoir les bons comportements, ce côté hideux du Burkinabè doit être combattu, voire anéanti. Les autorités de la Transition œuvrent à encourager les bons exemples et susciter des émules. C’est dans cette dynamique que le coordonnateur national des initiatives présidentielles effectue des sorties de terrain à Ouagadougou et dans d’autres villes. A chacune de ses sorties de visite de rues bitumées par des Burkinabè à leurs frais, il met en exergue ces initiateurs de développement dans les quartiers et les félicite. Cela fait du boum au cœur de constater que des gestes de patriotisme se constatent chez des adolescents et enfants.

Ils sont nombreux ces élèves qui contribuent à leur manière à l’effort de paix, souvent même à l’insu de leurs parents. C’est le cas à Tenkodogo où deux enfants (des jumeaux) sur la base des sommes qu’ils recevaient pour le goûter à l’école, ont pu mettre de côté de l’argent qu’ils ont remis pour soutenir les Forces combattantes. Leur tante chez qui ils vivent, a avoué dans le reportage qu’elle n’avait pas encore donné sa contribution et qu’elle ignorait que ces enfants cotisaient pour cette cause noble. Avec de tels comportements des tout-petits, l’on est certain que la relève en termes d’engagement patriotique et de participation citoyenne est assurée. Il reste à garder le cap de la sensibilisation et de la gouvernance par l’exemple.

Alban KINI

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