Aboubacar Ouédraogo, promoteur du Festival Miceli : « Certains pionniers du textile à Bobo ont habillé Thomas Sankara »

Le promoteur du Festival Miceli, Aboubacar Ouédraogo : « Nous souhaitons vraiment que la situation sécuritaire du pays s’améliore afin que les structures nous aident à organiser cette manifestation dont l’objectif est la valorisation de notre textile ».

Le Festival mode, innovations en coupe couture et emplois liés (Festival Miceli) se tiendra, du 10 au 12 novembre 2022 à Bobo-Dioulasso, sous le thème : « Coton, arts plastiques et appliqués, textile et design en synergie ». Son promoteur, Aboubacar Ouédraogo, revient sur les enjeux de cette manifestation qui est à sa IIe édition.

Sidwaya (S) : Pourquoi avez-vous initié le Festival mode, innova-tions en coupe couture et emplois liés (Festival Miceli) ?

Aboubacar Ouédraogo (A.O.) : Il existe de nombreux festivals, mais ils sont beaucoup plus festifs. Depuis quelques années, le métier est en train de sombrer parce que les méthodes ne sont pas maitrisées. Le Miceli qui signifie aussi aiguille en langue dioula, est un festival qui vise à intégrer les chaines de valeur du textile et de l’habillement (cotonculteur, teinturier, designer, …) afin que chacun fasse son travail dans les normes pour qu’à la fin, le coton gagne en qualité pour être mieux exporté.

S : Comment se prépare la IIe édition du Festival ?

A.O. : Les préparatifs de la IIe édition du Festival qui se tiendra du 10 au 12 novembre 2022 à Bobo-Dioulasso, sous le thème « Coton, arts plastiques et appliqués, textile et design en synergie » vont bon train.

S : Quelles sont les activités au programme de cette édition ?

A.O. : Le premier jour du festival sera consacré à un panel avec les centres de formation et les ateliers professionnels. Nous voulons qu’à la sortie de la manifestation, il y ait des contrats entre ces différents acteurs. Nous avons constaté que quand les apprentis finissent leur formation dans les unités de formation, ils n’ont pas l’occasion d’intégrer les ateliers professionnels.

Aussi, les apprenants qui obtiennent le Certificat de qualification professionnelle (CQP) s’installent directement à leur propre compte et finissent par se décourager, trouvant que le métier n’a pas d’avenir.

Pour éviter cela, nous voulons que les apprenants, une fois sortis des centres de formation, viennent dans les ateliers professionnels pour un renforcement de capacités de 18 à 36 mois, afin qu’ils sachent ce qu’ils doivent faire pour prendre leur métier plus au sérieux. Les contrats seront à cet effet établis entre les centres de formation, les ateliers professionnels et l’administration.

Nous comptons finaliser ce projet au cours de ce panel. Nous voulons également, avec la Chambre des métiers de l’artisanat du Burkina-Faso (CMABF), échanger avec les tisseuses ou les teinturiers pour harmoniser nos méthodes de travail afin de conquérir les marchés internationaux. Nous allons aussi permettre, au cours de ce festival, aux jeunes créateurs de défiler et aux centres de formation d’exposer leurs compétences.

Aussi, des stands spécifiques seront dressés pour exposer tout ce qui est lié aux arts plastiques et appliqués et au coton, conformément au thème de la présente édition. Nous allons de même former les photographes aux exigences de la mode afin d’avoir des professionnels dans ce domaine.

Au Burkina Faso, nous n’avons pas plus de deux photographes spécialisés dans la photographie de mode. La IIe édition de Miceli sera également marquée par la remise de trophées d’honneur à des pionniers du textile et de l’habillement. Certains d’entre eux ont même habillé les présidents comme Thomas Sankara et ont travaillé à valoriser le Faso danfani.

Il s’agira à travers ces distinctions d’encourager la jeune génération à emboiter leur pas et à leur montrer que la ville de Bobo-Dioulasso a occupé une place importante dans la promotion du textile et de l’habillement dans l’histoire de notre pays.

S : Quel bilan peut-on faire de la Ire édition du festival ?

A. O. : La première édition de Miceli qui a eu lieu du 4 au 6 novembre 2021 a été difficile financièrement. Mais nous avons pu tenir pendant les trois jours qu’a duré le festival. Nous avons enclenché le processus de collaboration entre les centres de formation et les ateliers professionnels afin d’adapter les formations aux besoins du marché et des professionnels. Ce processus va se poursuivre pendant cette IIe édition.

La Chambre de commerce a promis de nous accompagner en nous fournissant des techniciens qui vont nous orienter en vue de mieux formaliser les rapports entre les centres de formation, les ateliers professionnels et les moniteurs. Nous avons compris qu’il faut travailler avec les chaines de valeurs administratives ou juridiques pour ficeler certains dossiers dans les normes.

Adaman DRABO

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