La République à New York

Le Président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le Premier ministre, Albert Ouédraogo, ont tous les deux donné de la voix à New York, à l’occasion de la 77e assemblée générale des Nations unies. Le Burkina qui aurait pu être ostracisé au regard du changement brusque à la tête de l’Etat en janvier dernier retrouve sa place dans les instances internationales. De la très bonne manière.

Ce regain d’intérêt de la communauté internationale pour le pays des Hommes intègres est à l’actif d’une diplomatie décomplexée et agissante pour l’intérêt supérieur des Burkinabè. Le périple newyorkais à bien des égards a été un plein succès diplomatique. A cette auguste tribune, le président du Faso a dépeint de vive voix les réalités du Burkina à la communauté internationale. Il a surtout rappelé que les flots de malheur du terrorisme ne seront pas seulement le lot des pays du Sahel si une solidarité agissante ne se mettait pas urgemment en place pour l’éradiquer.

En s’adressant à la communauté mondiale ce 22 septembre, Damiba n’a pas seulement sacrifié à un rituel, il a trouvé les mots justes, le tempo qui convient pour davantage expliquer ce que le Burkina attend de ses partenaires internationaux. Devant le parterre de sommités de ce monde, le stratège militaire n’est pas allé demander la voie à suivre pour sortir de l’ornière mais plutôt dérouler une idée opérationnelle de la lutte afin de lever une troupe de francs partenaires pour monter au front.

Le chef de l’Etat a aussi ouvert les vannes d’une coopération tous azimuts pour faire face à l’hydre terroriste. L’intervention des pays du littoral en renfort à ceux du G5 Sahel est à envisager. Nul doute que les jours à venir, le Président Damiba prendra son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de ses homologues concernés. Nul doute, la diaspora burkinabè avec laquelle le président Damiba s’est entretenu à bâtons rompus, comprend amplement, à présent, l’engagement de l’armée.

Au-delà des considérations diplomatiques, il faut comprendre cette sortie de l’exécutif comme la marque de confiance à une stabilité des institutions qui revient au galop. Au cours de ce voyage inédit par l’enjeu et le timing donc, les deux très hautes personnalités ont mené un lobbying fort intéressant qui devra produire inévitablement des fruits. Le séjour au pays de l’oncle Sam était bien une course de fond. Rencontre des dirigeants de ce monde, présentation de la vision du Burkina pour une Education de façon globale ; ….

Ainsi, la double sortie de haut niveau a été une opportunité pour présenter la Transition et réaffirmer sa volonté affichée de respecter les engagements pris devant les Burkinabè, devant la CEDEAO, et maintenant devant le gouvernement « mondial » les Nations unies. Une victoire diplomatique d’un pays qui, malgré l’arrivée de l’Armée à la tête de l’Etat, a su garder ses amarres avec les organisations sous régionales, régionales et maintenant mondiale.

Si on devait résumer en quelques mots ce grand voyage de l’exécutif burkinabè, les termes appropriés seraient certainement « duc in altum». Aller en profondeur aussi bien au Burkina qu’en dehors avec la même hargne, expliquer et réexpliquer les enjeux, les succès et les insuccès, parce qu’il y en a, afin de trouver le bon bout.

A ce périple et ajouté aux récentes sorties du Président Damiba dans la sous- région ouest-africaine, et celles de la ministre en charge des affaires étrangères hors du continent africain, une chose est sûre : la diplomatie burkinabè bouge et les fruits ne devraient pas tarder à venir. A tous les Burkinabè de s’unir alors autour de l’intérêt commun. C’est une question de vie !

Assétou BADOH

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