Réchauffement climatique: le phénomène El Nino annoncé pour l’été 2026

Les aléas climatiques causés par le phénomène El Nino posent de sérieux risques pour la sécurité alimentaire.

Selon les prévisions des météorologues, la planète devrait connaitre une hausse des températures au cours de l’été 2026, à travers le phénomène El Nino. Cet évènement naturel se développe dans l’océan Pacifique et se caractérise par un réchauffement de l’océan le long de l’équateur, qui contribue ensuite à une hausse des températures à l’échelle du globe. Combiné au réchauffement climatique lié aux activités humaines, il pourrait entrainer des conditions extrêmes.

El Nino est un phénomène climatique naturel qui se caractérise par un réchauffement inhabituel de la température à la surface de la mer, dans la partie centrale et orientale de l’océan pacifique.  Ce qui a pour effet de perturber les conditions météorologiques partout dans le monde.

En moyenne, il survient tous les 2 à 7 ans et dure généralement entre 9 et 12 mois. Etant donné qu’El Nino est souvent prévisible plusieurs mois avant son apparition, qu’il se manifeste progressivement et qu’il est régulier, des mesures de prévention sont possibles et des interventions d’urgence peuvent être organisées longtemps à l’avance.

Les aléas climatiques causés par ce phénomène posent de sérieux risques pour la sécurité alimentaire. En perturbant les régimes des précipitations et des températures, il risque d’entrainer des répercussions considérables sur l’agriculture et les moyens de subsistance des populations rurales.

Les agriculteurs, les éleveurs pastoraux, les pêcheurs et les autres petits producteurs sont les premiers à subir les conséquences directes et immédiates des accidents climatiques comme les sécheresses et inondations. Par conséquent, il est nécessaire de mettre en place des mesures de prévention efficaces pour éviter que les cultures, les animaux d’élevage, les terres agricoles, les ressources en eau et les infrastructures ne subissent des dégâts ou des pertes et ainsi protéger les denrées alimentaires à la source. Ces mesures permettent non seulement de préserver l’approvisionnement alimentaire local mais aussi, plus généralement, d’atténuer les effets de ces phénomènes sur les communautés, les économies locales ainsi que sur les besoins en matière d’aide humanitaire.

Vers un super El Nino ?

Ce qui était une petite possibilité il y a quelques temps, est désormais un quasi –certitude depuis début avril : la planète est sur le chemin d’un super El Nino et celui-ci va peut-être même entrer dans l’histoire comme un évènement d’ampleur inédite.

Un super El Nino est une forme extrêmement intense du phénomène climatique naturel El Nino, caractérisée par une hausse des températures de surface de la mer, dépassant les 2°C (parfois jusqu’à 3°C) dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Il entraine des perturbations météorologiques mondiales majeures plus prononcées qu’un épisode modéré.

Le risque de connaitre un super El Nino de l’été 2026, avant octobre, est passé de 20% de probabilité début mars, à 75% actuellement. Ce sont les dernières prévisions du Centre européen pour les prévisions météorologues à moyen terme (ECMWF). Il est à rappeler qu’un super El Nino se produit tous les 10 à 15 ans en moyenne.

Alors qu’un El Nino classique se caractérise par une température du Pacifique équatorial de +0,8°C par rapport à la normale. Un super El Nino se produit lorsque la température de l’eau de la même zone atteint ou dépasse +2°C par rapport à la normale. Mais ce que prévoit ECMWF, la référence mondiale en matière de prévision météo dépasse de loin une anomalie de +2°C : la température de l’eau du Pacifique pourrait être de 3°C ou plus que la normale. Cela voudrait dire donc qu’il pourrait s’agir du plus intense super El Nino jamais enregistré depuis le début des relevés.

Jusqu’à maintenant, le record est détenu par le super El Nino de décembre 2015, avec une anomalie dans l’eau de + 2,8°C. La perspective d’atteindre + 3°C est donc tout à fait envisageable : avec le réchauffement climatique qui fait battre les records de chaleur dans les océans, un même épisode El Nino sera facilement plus chaud de nos jours qu’il y a 20 ans.

A la suite de cette annonce, plusieurs spécialistes des prévisions météo à long terme ont tout de même voulu émettre une nuance : même si les prévisions d’ECMWF sont en général fiables, la période actuelle (printemps) est connue pour donner lieu à des résultats parfois trop extrêmes sur El Nino. Il convient donc d’attendre un mois ou deux maximum, pour être certain de ce que nous réservera vraiment la phase El Nino 2026.

Alors que les eaux commencent déjà fortement à se réchauffer le long du Pérou, signe précurseur de l’arrivée d’El Nino d’ici 3 à 5 mois, la perspective d’un super El Nino n’est pas réjouissante pour le climat mondial. Le phénomène va s’additionner au réchauffement climatique d’origine humaine et il y a de grandes chances que 2026 batte le record mondial de chaleur détenu par l’année 2024.

Ce super El Nino, s’il est confirmé, aura des conséquences majeures sur le cycle de l’eau au cours de l’été par le biais des extrêmes précipitations : d’un côté, des sécheresses en Inde, dans les Caraïbes, en Afrique centrale, en Indonésie, en Australie, dans les Philippines, en Amérique du Sud et au nord du Brésil. D’un autre côté, des pluies diluviennes au nord et à l’est de l’Afrique, au Moyen-Orient, en Equateur, au Pérou, au nord-ouest de l’Amérique du Nord, mais aussi possiblement, à l’ouest de la France.

L’effet d’un super El Nino sur le climat mondial prendra du temps à se dissiper, jusqu’à un an après : les conséquences les plus importantes se produiront sûrement au cours de l’année suivante, en 2027.

Synthèse de Gabriel SAMA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!