La 5e session plénière du 20e Comité central du Parti communiste chinois se tiendra à Beijing du 26 au 29 octobre 2026. Son ordre du jour principal consistera à examiner les grandes questions relatives à la poursuite constante de la gestion globale et rigoureuse du Parti. Pour les lecteurs africains, cette réunion peut sembler se concentrer sur le développement interne de la Chine, mais la logique de continuité des politiques qui s’en dégage influence profondément les perspectives de coopération sino-africaine.
L’année 2026 marque le début du 15e Plan quinquennal chinois. Cette 5e session plénière n’a pas pour objectif d’élaborer un nouveau plan, mais de garantir sa mise en œuvre. La 4e session plénière du 20e Comité central du PCC a déjà inscrit « la gestion globale et rigoureuse du Parti comme garantie fondamentale » dans les orientations directrices du développement économique et social pour la période du 15e Plan quinquennal.
Cette logique de garantie apporte à l’Afrique une plus grande prévisibilité. Depuis le 1er mai 2026, la Chine accorde un traitement tarifaire nul à 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle, couvrant 100 % des produits classés dans les tarifs douaniers, sans aucune condition politique. Cette mesure n’est pas isolée : elle s’inscrit dans la poursuite de l’ouverture à haut niveau de la Chine. Selon les données de l’Administration générale des douanes chinoises, en mai et juin 2026, soit au cours des deux premiers mois suivant l’entrée en vigueur de cette mesure, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont atteint 193,8 milliards de yuans, en hausse de 23,5 % en glissement annuel. Des produits tels que le café éthiopien, les avocats kenyans et le vin sud-africain entrent plus rapidement sur le marché chinois.
Sur le terrain, cette prévisibilité se traduit par des opportunités concrètes. Dans le domaine de l’énergie verte, les centrales photovoltaïques de Garissa au Kenya et de Kabwe en Zambie, construites par des entreprises chinoises, fournissent de l’électricité stable aux ménages ainsi qu’aux secteurs minier et agricole. Dans le domaine agricole, le projet d’irrigation mis en place par la Chine en Tanzanie aide les agriculteurs à ne plus dépendre des aléas climatiques. Le projet « Petits haricots, grande nutrition », mené par l’Université agricole de Chine en Tanzanie, qui s’étend désormais de la culture à la fabrication de lait de soja, permet d’offrir gratuitement des collations nutritives à base de lait de soja aux écoliers locaux et contribue à augmenter les revenus des agriculteurs. Ces projets ont un point commun : ils reposent sur un cadre politique stable, et non sur des dispositions ponctuelles.
Le projet « Petits haricots, grande nutrition » en Tanzanie
Le message envoyé par la 5e session plénière sera sans doute clair : la Chine s’appuiera sur la gestion globale et rigoureuse du Parti pour garantir la mise en œuvre du 15e Plan quinquennal, assurer la stabilité des orientations et la continuité des politiques. Pour l’Afrique, cette stabilité signifie des marchés plus prévisibles, des projets à plus long terme et des opportunités de coopération plus durables. Dans un monde marqué par une incertitude croissante, l’Afrique a besoin non seulement de projets spécifiques, mais aussi d’un partenaire stable, ouvert et durable, ainsi que d’un environnement de coopération prévisible.
La secrétaire générale de la région de Bankui, Adjara Kientega, a présidé la commémoration de la Journée mondiale de la normalisation (JMN), édition 2026, le 14 octobre à Dédougou. L’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) est l’organisatrice de la cérémonie, articulée autour de deux activités principales : un séminaire d’information et de sensibilisation des acteurs socio-économiques et institutionnels locaux, et une conférence-débat avec les étudiants de l’Université Daniel-Ouezzin-Coulibaly sur les enjeux de la normalisation pour le développement du Burkina Faso.
Du 14 au 15 octobre 2026, l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) a célébré à Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, l’édition 2026 de la Journée mondiale de la normalisation (JMN) sous le thème « Une vision commune pour un monde meilleur ». La date du 14 octobre de chaque année étant dédiée à la reconnaissance et à la valorisation des activités de normalisation à travers le monde, l’ABNORM a saisi l’occasion cette année pour se rendre à Dédougou à la rencontre des acteurs régionaux afin de magnifier l’événement autour d’activités d’information, de sensibilisation et d’échanges. L’ouverture des travaux est intervenue dans la matinée du mercredi 14 octobre 2026, sous la présidence de la secrétaire générale de la région, Adjara Kientega, représentant le gouverneur. Étaient également présentes des autorités administratives, militaires et paramilitaires, des notabilités coutumières et religieuses, des acteurs économiques et industriels de la région, ainsi que le directeur régional de l’ABNORM du Guiriko, Prosper Sidnoma Moubarack Ouédraogo, représentant le directeur général de la structure.
La commémoration de cette journée vise la reconnaissance de l’expertise des acteurs impliqués dans les activités de normalisation, a confié le directeur de la normalisation et de la certification à l’ABNORM, Dr Alain Gustave Yaguibou. « C’est bon de marquer un arrêt pour valoriser la contribution d’éminents experts qui nous permettent de commercer, de pénétrer le marché et de consommer des produits sans problème », a-t-il déclaré. Le chargé de la certification a expliqué que, depuis la création de l’ABNORM, plus de 1 400 normes ont été élaborées, couvrant une grande diversité de produits burkinabè. Dans la même dynamique, des certificats ont été délivrés pour matérialiser la conformité de près de 1 600 produits nationaux aux normes, a-t-il ajouté.
La commémoration de la JMN 2026 s’est articulée autour de communications visant à informer et sensibiliser les acteurs socio-économiques et industriels, les producteurs et les acteurs institutionnels locaux sur l’application des normes, la maîtrise des procédés de production et de transformation, ainsi que sur le respect des exigences de qualité et de sécurité. L’objectif est de permettre aux produits transformés dans les différentes unités de répondre aux attentes des consommateurs et d’accéder durablement au marché, tout en offrant des garanties de confiance.
Moderniser l’économie
Voir l’ABNORM dans la région de la Boucle du Mouhoun, au contact des forces vives, pour commémorer la journée du 14 octobre est une initiative et une démarche très appréciées. Gérant de station à Dédougou, Abdoul Aziz Gansonré a soutenu que le séminaire d’information et de sensibilisation a permis aux participants de découvrir l’ABNORM et son mode de fonctionnement. « Nous avons été informés et sensibilisés sur les exigences à remplir pour être en conformité avec les normes établies, sans oublier les informations sur la documentation à détenir », a-t-il relevé.
En plus du séminaire, l’ABNORM a eu des échanges avec les étudiants de l’Université Daniel-Ouezzin-Coulibaly de Dédougou, le 15 octobre 2026, autour d’une conférence-débat sur le thème « Normalisation et certification : outils stratégiques pour l’innovation locale et la compétitivité internationale ». Cette activité a eu pour ambition de rapprocher la normalisation du monde universitaire, de susciter l’intérêt des futurs ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs et techniciens, et de favoriser une meilleure prise en compte des exigences de qualité dans les projets.
Quant à la présidente de la cérémonie, Adjara Kientega, elle a indiqué que la normalisation contribue à la modernisation de l’économie et à l’amélioration des conditions de vie des populations. C’est ainsi que le gouvernement, à travers l’ABNORM, accorde une importance particulière à la qualité en accompagnant les opérateurs économiques dans leurs efforts d’amélioration qualitative des produits et de protection des consommateurs. Il s’agit, selon elle, de faire de la qualité un levier de compétitivité, de création de valeur et de souveraineté économique. Elle a poursuivi en soulignant que la normalisation constitue un instrument de prévention des risques et d’amélioration des performances. « Elle permet aux entreprises de disposer de références techniques communes, d’améliorer leurs procédés de production et de répondre plus efficacement aux attentes des marchés. Elle favorise également l’innovation en facilitant la diffusion des connaissances techniques et l’adoption de solutions éprouvées », a soutenu la secrétaire générale régionale.
Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina Faso (UNPS-B), accompagné de ses proches collaborateurs, était le mercredi 14 octobre 2026, dans trois localités de la région de Nando, pour s’assurer de l’état d’avancement de la campagne semencière.
A Niangdo, localité située à une trentaine de kilomètres de Koudougou dans la région de Nando, le champ de quatre hectares de sorgho du producteur semencier, Mathias Koala, est peu reluisant, à cause de l’arrêt brusque des pluies. Bien que « Dame nature’ » n’ait pas été au rendez-vous, ce producteur reste optimiste. Il a confié à l’équipe de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semen- ciers du Burkina Faso (UNPS-B), qu’il espère récolter cette année, huit tonnes de cette variété « Sariaso 14 », contre 10 tonnes lors de la campagne précédente. « Nous avons bénéficié des semences de base et des intrants.
Avec la physionomie des cultures, à un certain moment, nous avons eu peur, parce que cela fait 22 jours, que le ciel n’a pas ouvert ses vannes. Mais par la grâce de Dieu, les pertes seront moindres à la récolte », a-t-il justifié. Le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo et sa délégation, ont effectué cette visite dans le cadre du suivi de la campagne semencière, en vue d’évaluer les objectifs qui étaient assignés. Après Niangdo, ils ont mis le cap sur Mougounounsi, dans la commune de Poa, où une trentaine de VDP agricoles s’attelaient à la récolte de la variété « Issa sosso » de niébé, dans un champ de plus de 10 hectares, dont cinq hectares ont été occupés pour la culture de cette spéculation.
Ces VDP agricoles, de l’avis du président de l’UNPS-B, ont été formés dans la production semencière, sur instruction du président du Faso, en vue d’un succès de l’offensive agropastorale et halieutique. C’est à Salbisgo, dans la commune rurale de Ramongo que l’équipe de l’union des producteurs semenciers du Burkina a achevé sa tournée. Là-bas, le champ de 6,5 hectares de maïs exploité également par des VDP agricoles, force l’admiration, grâce à la mise en pratique de bonnes techniques agricoles dont ils ont bénéficié au cours de leur formation.
La sécurité alimentaire commence par une semence de qualité
Le producteur, Mathias Koala, du village de Niangdo, a indiqué que malgré les caprices des pluies, il espère récolter Huit tonnes de sorgho de la variété « Sariaso 14 ».
En plus 3,5 hectares de niébé et 0,65 hectare de gombo y ont été emblavés. « Le niébé a été attaqué par des maladies et nous envisa-geons un rendement de deux tonnes et 12 tonnes au minimum pour le maïs », s’est réjoui le VDP agricole, Philippe Yaméogo. De l’avis de Inoussa Ouédraogo, la « mayonnaise » a commencé à prendre avec les jeunes VDP. En témoigne selon lui, que ces trois sites semenciers visités se portent bien. « Nous avons traversé une période assez difficile d’absence de pluies et cela a beaucoup joué sur la production. Mais il y a eu un grand rattrapage sur le terrain, qui a permis à certaines spéculations de boucler leur cycle », a-t-il précisé.
Inoussa Ouédraogo a noté que l’objectif de 60 000 tonnes de semences attendues, toutes spéculations confondues pour la campagne 2026-2027, va être difficile à atteindre. « Pour répondre à l’appel du gouvernement, il faut que les producteurs profitent de la campagne de contre saison », a-t-il déclaré. Le président de l’UNPS-B a encouragé les producteurs à l’utilisation des semences certifiées et améliorées, car, elles s’adaptent aux aléas climatiques. Il a aussi exhorté les producteurs à « aller rapidement » à la récolte, pour éviter les pertes et à prendre d’assaut les points d’eau et entamer la production de la campagne sèche.
Le président de l’Institut des peuples noirs Farafina, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, a présenté l’institution aux nouveaux étudiants de l’Université Thomas-Sankara, jeudi 15 octobre 2026.
A la faveur de la cérémonie d’accueil et de la journée d’information et de sensi-bilisation des nouveaux étudiants de l’Université Thomas-Sankara (UTS), le président de l’Institut des peuples noirs Farafina (IPN-Farafina), Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, s’est adressé à eux, jeudi 15 octobre 2026. Il a fait savoir que l’idée de créer l’IPN-Farafina vient du Président Thomas Sankara, à la suite de sa visite à
Le président de l’IPN-Farafina, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla : « nous voulons que le peuple Noir soit conscient de son rôle dans l’histoire ».
Harlem aux Etats-Unis d’Amérique en 1984. Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla a rappelé que l’institut des peuples noirs- Farafina a été mis en place mais, suite à l’assassinat de Thomas Sankara, puis est tombé en léthargie avant de disparaître, faute de suivi. Il a poursuivi que le Président du Faso le capitaine Ibrahim Traoré a ressuscité l’IPN-Farafina.
Le président de l’IPN-Farafina a confié que l’ambition de cette structure est de raconter l’histoire Des Noirs en toute objectivité. « Cela, en examinant et en analysant les bons côtés comme les mauvais côtés, car, nous sommes des Noirs mais nous connaissons mal notre histoire », a-t-il ajouté. En plus, selon lui, l’IPN-Farafina devrait contribuer à parachever la Révolution démocratique et populaire de Thomas Sankara. Apolline Joachimson Kyélem de Tambèla a affirmé aux étudiants que l’institut va servir d’aiguillon pour rassembler le monde noir. Par ailleurs, il a fait un bref récit de l’histoire politique du Pays des Hommes intègres depuis sa création et jusqu’à sa reconstitution.
A l’occasion de la commémoration du 39e anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et ses douze compagnons, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a rendu hommage à l’illustre disparu. Il a indiqué que les idées du capitaine Sankara restent vivantes. Pour le chef de l’Etat, la meilleure manière de rendre hommage à Thomas Sankara et autres victimes est de poursuivre leur combat.
Camarades,
Le 15 octobre 1987, à pareille heure et en ce lieu- même, c’était également un jeudi comme aujourd’hui, l’impérialisme et ses valets locaux ont prétendu nier une conviction fondamentale : qu’un peuple d’Afrique puisse être un peuple digne, et qu’un pays dit « sahélien » puisse parler au reste du monde d’égal à égal.
Ils se sont trompés lourdement !
Car une idée ne meurt pas sous les balles assassines de l’adversité ; elle meurt seulement lorsqu’on cesse de la défendre. Cet après-midi, en nous rassemblant ici, nous ne commémorons pas seulement une date. Nous affirmons, trente-neuf années après, que la voix qui fut brisée ce jour-là, n’a jamais cessé de porter. Elle a traversé les frontières, les générations, les continents. Elle résonne toujours, chaque fois qu’un peuple conscient, quelque part, refuse de plier l’échine.
Souvenons-nous de ce qu’était notre Pays en 1983 : un pays qu’on disait condamné ; un pays classé parmi les derniers à tous les niveaux de développement ; un pays dont on se moquait jusqu’au nom.
Et souvenons-nous de ce que ce peuple a accompli en quatre années seulement : des millions d’arbres plantés ; des villages dotés de dispensaires et d’écoles ; des femmes dans les plus hautes sphères de décision ; un chemin de fer construit à la force des bras et de la volonté ; une dignité reconquise.
Ce n’était pas un miracle. C’était la preuve vivante qu’aucune pauvreté ne prédestine un peuple à la mendicité ; qu’aucune géographie ne condamne une nation au silence. Thomas SANKARA l’a dit ici même : « Qui ne s’aime pas, ne peut pas aimer les autres. » Et il a montré qu’un peuple qui s’aime se met debout et marche comme un seul homme.
Camarades,
Gardons cette date gravée dans notre mémoire, avec courage et détermination ; mais aussi avec lucidité. Thomas SANKARA n’est pas tombé sous les coups de l’ennemi qu’il combattait à visage découvert. Il est tombé sous les coups de ceux qui partageaient sa table, son uniforme et son serment.
La leçon du 15 octobre est éloquente : une révolution ne meurt pas seulement de la méchanceté de ses ennemis du dehors ; elle meurt, avant tout, de la division fratricide de ses propres gardiens.
Quand la confiance se fissure entre camarades, l’ennemi n’a plus besoin d’assaut : il attend que le doute naisse dans les esprits, que la confiance cède à la méfiance, que l’harmonie fasse place à la cacophonie et que l’unité tant chère vole en éclat. Oui, quand l’ambition personnelle prend le pas sur le serment collectif, la porte s’ouvre de l’intérieur.
C’est pourquoi, je le dis haut et fort : la fidélité au combat est d’abord la fidélité entre nous. La vigilance commence par le refus de la calomnie, du soupçon entretenu, du mot malveillant qui divise. Un révolutionnaire qui sème la division parmi les siens travaille, qu’il le veuille ou non, pour l’adversaire.
Il est temps que ceux qui travaillent à nous diviser comprennent que le Burkina Faso de 2026 n’est pas celui de 1987. Vous l’avez suffisamment prouvé par votre mobilisation historique du 30 septembre dernier, lors de la célébration des quatre (04) ans de la Révolution Progressiste Populaire. Ce qu’ils ont cru détruire s’est régénéré. Ce qu’ils ont cru ensevelir, est ressorti de terre, plus fort, plus conscient, plus déterminé.
Camarades,
La meilleure manière de rendre hommage à Feu le Capitaine Thomas SANKARA et aux autres victimes des événements tragiques du 15 octobre et les jours d’après, n’est pas de les pleurer, mais plutôt de poursuivre leur combat. Ce combat, vous l’accomplissez déjà sur le théâtre des opérations au front, dans les champs, dans les bureaux, dans les usines, dans les ateliers, dans les salles de classe, dans les médias, sur les réseaux sociaux, et j’en oublie.
Je salue nos braves Forces de Défense et de Sécurité, nos vaillants Volontaires pour la Défense de la Patrie qui, chaque jour, se sacrifient au prix du sang, pour que vive la patrie. Je salue les paysans qui produisent contre vents et marées, les artistes et artisans qui façonnent notre imaginaire, les Serviteurs du peuple qui servent effectivement ; chacun à son poste, avec responsabilité et dévouement, les travailleurs du secteur privé dont la contribution est réelle et hautement stratégique, les jeunes qui innovent pour relever les défis de toute une génération, les femmes qui refusent de faire de la féminité un handicap ou une excuse et se battent dignement et sans complexe aux côtés des hommes pour porter au firmament notre idéal commun : la Liberté !
À chaque fois qu’un Africain choisit de produire plutôt que de mendier, de demeurer digne plutôt que de se désavouer, de servir plutôt que de se servir, c’est Thomas SANKARA qui se révèle. Et sa leçon économique demeure intacte sur le marbre de l’histoire : « consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons », tel est l’antidote de la pauvreté, la formule du développement endogène.
Parce que, chaque tonne de céréale récoltée sur notre sol, chaque atelier ouvert, chaque entreprise créée par nos propres fils et filles, chaque denrée importée en moins, est une victoire sur la dépendance. L’émancipation ne se décrète pas dans les discours ; elle se construit dans les champs, dans les usines, dans les laboratoires.
Camarades,
Loin d’être un lieu de deuil, cette place est un temple du savoir et de la vie, pour la jeunesse burkinabè, africaine et du reste du monde.
J’aperçois régulièrement des centaines et parfois même des milliers de jeunes venir se ressourcer en ces lieux. Ils viennent du Burkina, d’Afrique et d’ailleurs. Ils viennent contempler, écouter, méditer, pour repartir avec une conviction neuve selon laquelle un homme peut vivre debout et un peuple peut se libérer par son propre travail.
Depuis l’ouverture des visites du Mémorial Thomas SANKARA au public, le 19 mai 2025 jusqu’au 30 septembre 2026, plus de 200 000 visiteurs ont été enregistrés, générant environ 130 millions de francs CFA au profit du Projet de construction des infrastructures du Mémorial Thomas SANKARA (PCIM-INTS). Quant à la participation populaire à l’édification du Mémorial Thomas SANKARA, je salue les ministères, les institutions, les organisations et les personnes physiques pour leurs apports inestimables à travers la campagne “Ma brique pour SANKARA”.
Je lance un appel à l’endroit de tous les Burkinabè et aux sympathisants du père de la révolution d’Août 1983, à prouver une fois de plus notre capacité à réaliser nos ambitions, en participant massivement à cette campagne.
Je félicite le Ministère chargé de la Culture et du Tourisme pour les initiatives visant à embellir l’avenue qui longe le Mémorial et je l’engage à poursuivre la réalisation des infrastructures prévues, afin d’améliorer la capacité d’accueil du site et d’en faire un lieu d’épanouisse-ment pour tous ses visiteurs.
Que le Mémorial devienne aussi une bibliothèque à ciel ouvert de la mémoire, un espace de débat pour la jeunesse, un lieu où l’on vient apprendre à servir.
Je saisis cette occasion pour traduire la reconnaissance du peuple burkinabè,
à la municipalité du troisième arrondissement de Rome qui a baptisé récemment un parc au nom du Héros de la Nation burkinabè.
Ce geste, posé à des milliers de kilomètres d’ici, prouve que Thomas SANKARA appartient désormais au patrimoine de l’humanité tout entière. D’autres villes du monde s’honorent de son nom ; c’est notre devoir de veiller à ce que son message y soit fidèlement gravé et enseigné.
Camarades,
Je ne saurai oublier les autres victimes des jours qui ont suivi le 15 octobre 1987, ici-même à Ouagadougou, à Koudougou et à Pô. Que leur mémoire demeure vivante et vivace dans nos cœurs à jamais !
À toutes les familles endeuillées, je réitère notre solidarité et notre gratitude éternelles. Leur douleur n’a jamais été vaine ; elle s’est muée en devoir.
Camarades,
Nos ennemis ont voulu que le 15 octobre marque la fin d’une espérance. Nous en faisons, chaque année, le point de départ d’une marche longue, difficile, mais qui nous mènera vers notre libération totale.
Cette libération, nous savons qu’elle a un nom : souveraineté.
Souveraineté sécuritaire, pour chasser de notre territoire ceux qui veulent compromettre nos efforts de cohésion sociale et de vivre-ensemble.
Souveraineté alimentaire, pour ne dépendre d’aucune main étrangère, pour nourrir nos enfants.
Souveraineté économique et monétaire, pour que nos richesses servent d’abord nos peuples.
Souveraineté culturelle, pour que nos langues, nos savoirs et nos valeurs ne soient plus jamais des objets de folklore mais des vecteurs d’identité et des instruments de puissance.
Alors, souvenons-nous-en ! Et surtout, travaillons-y ensemble et sans relâche ! Car l’hommage le plus fidèle n’est pas entaché de larmes ni de discours : il est fait de soldats qui tiennent la ligne de front sans fléchir, de champs cultivés, d’usines qui transforment nos matières premières, d’enfants qui apprennent pour être utiles demain, de citoyens qui refusent la corruption et la division pour sauvegarder notre intégrité dans toute son intégralité.
Gloire éternelle au Héros de la Nation et à nos martyrs ! Victoire pour le peuple debout ! La Patrie ou la mort, nous vaincrons !
La deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) a pour thème « produisons burkinabè, consommons burkinabè ». A Bobo-Dioulasso, les restaurateurs et les consommateurs saluent cette initiative qui valorise les produits locaux.
La deuxième phase de la troisième édition des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne a eu lieu du 2 au 16 octobre 2026 sur le thème « produisons burkinabè, consommons burkinabè ». Le slogan de cette deuxième phase est : « tous pour le made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». A Bobo-Dioulasso le ton avait été donné lors du lancement de cette édition le 5 octobre dernier. Les plats servis à cette occasion étaient faits de mets locaux. Depuis lors les habitudes culinaires ont changé tant dans les cérémonies officielles ou privées pour respecter l’esprit et la lettre de cette initiative.
Les bouillies ont remplacé les cafés ou autres cafés au lait. Les pains ou autres croissants ont fait place aux galettes. Les gaonrè, faro ou zamenin ont ravi la vedette aux riz importés parfumés ou autres couscous arabes. Les jus de bissap, zomkom ou toedo sont de plus en plus visibles que les boissons importées. Dans plusieurs restaurants de la ville, les cuisiniers font de plus en plus la part belle aux mets locaux comme le témoigne Adeline Kabré, restauratrice. « Le matin nous faisons de la bouille ou des galettes au petit mil ou à base de farine de blé. A midi nous faisons du to, du faro ou du gaonrè qui sont beaucoup prisés par les clients », a expliqué Kabré. Contrairement à ce que certains pensent, ajoute-t-elle, la préparation de ces mets n’est pas difficile.
Néanmoins, Adeline Kabré salue cette initiative de valorisation du consommé local voulu par les autorités. « Nous louons cette initiative qui permet aux Burkinabè de consommer ce que nous produisons. Elle va aussi nous permettre d’apprendre à nos enfants nos mets culinaires », s’est-elle réjouie. Pour accompagner cette dynamique elle a souhaité une assistance en termes de disponibilité des céréales locales pour encourager les restaurants à promouvoir davantage les mets locaux. Pour apporter sa part de contribution à la promotion du consommer local, Adeline Kabré organise aujourd’hui vendredi 16 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso une exposition des mets locaux.
Ali Sawadogo, friand du gaonré et du zomkom a également salué cette vision des autorités appelant les Burkinabè à consommer ce qu’ils produisent. « C’est une bonne initiative prise par les autorités qui nous amènent à consommer ce que nous produisons. Cela permet d’aider nos parents agriculteurs à se prendre en charge à travers leurs productions et cela crée aussi de l’emploi. L’Etat doit protéger le travail de nos producteurs et dissuader les importateurs afin qu’ils n’amènent pas au Burkina Faso des produits concurrentiels », propose le camarade Sawadogo.
Le tourisme dans le consommer local
Pour le directeur régional de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Guiriko, Boukary Malgoubry, la consommation locale ne doit pas se limiter dans les assiettes ou dans les garde-robes. Elle doit aussi concerner la culture et les arts, le tourisme et la communication. Dans le domaine de la culture et des arts, le consommer local consiste selon lui, à fréquenter les manifestations culturelles, à acquérir les œuvres artistiques et artisanales et à promouvoir la musique, le cinéma et les autres créations nationales. Dans le domaine du tourisme, le consommer local, à l’entendre se traduit par la consommation des produits et services proposés par nos entreprises touristiques (hôtels, restaurants, agences de voyages et de tourisme, établissements de loisirs, etc.), ainsi que par la visite des sites et attraits touristiques.
En matière de communication, le consommer local foi du camarade Malgoubry, implique également la consommation de l’information produite par les médias burkinabè, publics comme privés, notamment la presse écrite, les radios, les télévisions et les plateformes numériques. « La région du Guiriko dispose d’importantes potentialités dans les domaines de la communication, de la culture, des arts et du tourisme. Le consommer local représente une opportunité de valorisation des productions et des prestations des acteurs de ces secteurs. Cette démarche ne saurait se limiter aux produits alimentaires et aux biens matériels. En définitive, promouvoir le consommer local dans le Guiriko, c’est soutenir nos acteurs culturels, artistiques, touristiques et médiatiques », a laissé entendre le directeur régional de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Guiriko.
Durant les vacances, des élèves et des étudiants de Bobo-Dioulasso s’investissent dans la fabrication et la commercialisation d’articles confectionnés à partir du pagne Koko Dunda. Entre petits revenus, apprentissage du commerce et acquisition d’une expérience professionnelle, cette activité leur permet d’occuper utilement leur temps et de renforcer leur autonomie financière.
Les claviers d’ordinateur ont momentanément cédé la place aux pagnes Koko Dunda. Etudiant en première année de master 1 en conception des systèmes d’information, Guy Vincent Toé profite des vacances pour confectionner et commercialiser des chemises et des tee-shirts à partir de ces étoffes locales. Dans la matinée du mardi 1er septembre 2026, il s’apprête à livrer des commandes à ses clients. Une activité qui lui permet de joindre l’utile à l’agréable, en mettant à profit son temps libre pour gagner de l’argent. Pour Guy Vincent Toé, cette activité représente une source de revenus qui contribue à couvrir ses besoins et, parfois, à soutenir ses proches. « Par mois, je gagne entre 75 000 et 80 000 F CFA. J’épargne et je viens en aide parfois à mes proches », fait-il savoir. Les clients, poursuit-il, viennent vers lui, mais le plus souvent c’est lui qui va vers eux pour présenter ses produits.
« S’ils sont intéressés, ils passent commande. Je fais de la vente en ligne également », explique-t-il. Comme lui, de nombreux élèves et étudiants s’intéressent à la fabrication et à la vente d’articles en Koko Dunda pendant les vacances dans la capitale économique du Burkina Faso. Au grand marché de Bobo-Dioulasso, Julie Konaté, étudiante en deuxième année de licence en anthropologie, a choisi une autre voie : la vente des pagnes Koko Dunda. Pendant les vacances, elle travaille auprès d’une commerçante spécialisée dans ce domaine. Une expérience qui lui permet de gagner un peu d’argent tout en découvrant les réalités du commerce.
« Je travaille pour une patronne qui est spécialisée dans la confection des pagnes Koko Dunda. Cette activité me permet de renforcer mon autonomie financière », affirme-t-elle. La diversité des motifs constitue, selon elle, un atout pour séduire une clientèle aux goûts variés. Julie Konaté vend aussi bien en gros qu’au détail. Le prix d’un pagne de trois mètres varie entre 3 500 et 5 000 F CFA, en fonction de la qualité du motif, précise-t-elle. Ses gains dépendent du nombre de pagnes écoulés. « Je peux gagner environ 2 000 à 2 500 F CFA par jour, selon le nombre de pagnes vendus », indique-t-elle. Au-delà de ces revenus, cette activité lui offre l’occasion de développer des aptitudes utiles dans le monde professionnel.
De petites mains dans les ateliers de production
Julie Konaté : « je peux gagner 2 000 à 2 500 F CFA par jour, en fonction des ventes réalisées ».
Accueil des clients, communication, négociation et gestion des ventes sont autant de compétences qu’elle dit acquérir au fil de son expérience. « Cette activité est importante dans ma vie quotidienne. Elle me permet de concilier mes études et une expérience professionnelle dans le commerce », souligne-t-elle avec le sourire. L’engouement autour du Koko Dunda ne se limite pas à la commercialisation. Dans certains ateliers de production, des élèves et des étudiants sont également mobilisés pendant les vacances pour participer à différentes tâches. Au quartier Kôkô de Bobo-Dioulasso, Yasmine Sawadogo et ses camarades prennent part aux travaux sur un site de fabrication. Leur contribution porte notamment sur le lavage et le séchage des pagnes après la teinture. « Je participe aux activités de lavage et de séchage des pagnes après la teinture », témoigne Yasmine Sawadogo. Producteur de Koko Dunda, Bruno Sanou travaille en collaboration avec trois autres producteurs sur le même site.
Selon lui, leur unité emploie plus de dix personnes, principalement des élèves et des étudiants. Ces derniers interviennent à différentes étapes de la production : préparation des tissus, teinture, lavage, séchage et finition. La rémunération varie en fonction du travail effectué. Il n’existe pas de salaire mensuel fixe, explique le producteur. « Nos employés sont payés à la journée et, en fonction du travail effectué, une somme allant de 25 000 à 30 000 F CFA leur est remise à partager à la fin de la journée », précise Bruno Sanou. A travers la confection, la vente et les travaux de production, le Koko Dunda offre ainsi à des élèves et à des étudiants de Bobo-Dioulasso une possibilité d’occuper leurs vacances autrement. Pour certains, il s’agit de disposer d’un revenu ; pour d’autres, d’acquérir une première expérience professionnelle. Autant d’occasions de découvrir les exigences du travail et de faire leurs premiers pas dans le monde de l’entrepreneuriat.
Au Burkina Faso, le port du casque est strictement obligatoire pour tous les conducteurs et passagers d’engins motorisés à deux ou trois roues depuis le 1er octobre 2026. Quid de la sécurisation des milliers de casques dans les établissements scolaires, surtout pour les tout-petits ? Où déposer son casque, suivre les cours et ressortir le prendre pour rentrer chez soi ? Si cette préoccupation donne des insomnies aux parents d’élèves, il va falloir que les premiers responsables des établissements s’y penchent pour trouver une solution palliative. En attendant une prescription générale sur cette préoccupation par les autorités éducatives, le conseil de chaque école doit trouver un cadre pour sécuriser les casques afin d’éviter tout désagrément.
Le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) et le DataLab ont lancé officiellement la plateforme « Lessentiel.bf », jeudi 15 octobre 2026, à Ouagadougou.
Le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) et le DataLab nourrissent l’ambition de rendre l’information accessible à tous et sécuriser l’écosystème médiatique national. En effet, ils ont lancé officiellement la plateforme « Lessentiel.bf », jeudi 15 octobre 2026, à Ouagadougou. Cette application mobile, entièrement gratuite, utilise l’intelligence artificielle pour collecter, synthétiser et traduire l’actualité en langue locale. Le chargé de recherche au CITADEL, Rodrigue Kafando, a insisté sur la dimension stratégique et inclusive du projet. « Tout le monde devrait avoir accès à l’information, peu importe votre culture, peu importe la langue que vous parlez » a-t-il expliqué.
Rodrigue Kafando a précisé que pour relever ce défi technologique, un travail d’alignement et d’évaluation humaine a été mené en amont avec les étudiants et chercheurs du centre. Il a précisé que l’application intègre pour l’instant le mooré, toutefois, d’autres langues, notamment le dioula, le fulfuldé et le gulmancema sont prévues. Le chargé de recherche au CITADEL a indiqué que pour la phase pilote « Lessentiel.bf » extrait automatiquement ses données depuis quatre médias nationaux. Il s’agit de Sidwaya, l’AIB, Burkina 24 et Lefaso.net.
Le parrain de la cérémonie, le directeur général de la RTB, représenté par Adama Ouédraogo, a félicité les équipes pour cette démonstration de savoir-faire local. « Nos talents locaux sont capables de concevoir des solutions répondant aux besoins de nos populations », a-t-il poursuivi. « Lessentiel.bf » est disponible sur Android, iOS et sur le web.
Dans le cadre de la deuxième phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, la direction régionale en charge des droits humains de Yaadga a organisé, jeudi 15 octobre 2026, à Ouahigouya, une conférence publique sur le consommons local.
La promotion des produits locaux constitue un enjeu majeur pour le renforcement de la souveraineté alimentaire et de l’autonomie économique du Burkina Faso. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la conférence publique organisée par la direction régionale en charge des droits humains de Yaadga, jeudi 15 octobre 2026, à Ouahigouya. A travers cette initiative, les organisateurs entendent emmener les populations à prendre conscience de l’importance de privilégier les produits issus du savoir-faire national.
L’activité s’inscrit dans la dynamique de la 2e phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).
« Cette conférence représente une occasion de renforcer la sensibilisation des populations sur leur rôle dans la construction d’une économie plus autonome, en leur faisant comprendre que les choix de consommation peuvent contribuer au développement national », a déclaré le directeur régional chargé des droits humains de Yaadga, Seydou Sourabié. Selon lui, encourager la production locale, soutenir les transformateurs et privilégier les articles fabriqués au Burkina Faso constituent autant de moyens de valoriser le travail des producteurs et de renforcer la solidarité économique. Au cours de la conférence, Adama Pamba Séré a développé les principaux enjeux liés aux potentialités de la région à la valorisation des produits locaux.
De la production à la consommation, un même défi.
« La souveraineté alimentaire passe donc par la capacité du pays à renforcer sa production, à mieux exploiter ses ressources et à encourager les consommateurs à accorder une place importante aux produits nationaux.
La résilience économique dépend également de cette capacité à valoriser les potentialités locales et à réduire les vulnérabilités liées à la dépendance extérieure », a-t-il expliqué. Pour Adama Pamba Séré, la valorisation des produits locaux ne saurait se limiter à leur production, mais prend en compte leur transformation, conservation et valeur marchande, ainsi qu’une consommation régulière par les
populations. En marge de cette conférence, le savoir-faire de Yaadga en matière de « Made in Burkina » a été présenté aux participants, lors d’une visite guidée des stands d’exposition.
Du côté des acteurs économiques, cette initiative a été accueillie comme une opportunité de mieux faire connaître les produits issus du savoir-faire local. La responsable de l’unité de transformation agroalimentaire « MANDLIZ PRODCTION » basé au secteur 15 de Ouahigouya, Lizéta Mandé, a estimé que les activités de sensibilisation vont contribuer à rapprocher les producteurs des consommateurs. « Ce genre de cadre offre une meilleure visibilité à nos activités, favorise la découverte des productions locales et suscite de
nouveaux débouchés commerciaux », a-t-elle confié.
A deux semaines du départ, les préparatifs de la 37e édition du Tour cycliste international du Faso entrent dans une nouvelle phase. La ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara, a officiellement installé, le mercredi 14 octobre 2026 à Ouagadougou, le comité national d’organisation de cette compétition prévue du 30 octobre au 8 novembre prochains.
Le compte à rebours est lancé pour la 37e édition du Tour du Faso. Avec l’installation officielle de son comité national d’organisation, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans les préparatifs de ce rendez-vous majeur du calendrier cycliste national et international.
La cérémonie s’est tenue à l’hôtel administratif de Ouagadougou, sous la présidence de la ministre des Sports, de la Jeunesse et
de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara.
A cette occasion, la cheffe du département des sports a remis au président de la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC), Ignace
Amédée Berewoudougou, les documents officialisant la mise en place du comité national d’organisation. Cette installation intervient dans un contexte particulier, marqué par le retour annoncé du Tour du Faso dans la sphère internationale. Prévue du 30 octobre au 8 novembre 2026, cette 37e édition représente ainsi un enjeu sportif, organisationnel et diplomatique pour le Burkina Faso, qui entend faire de cette compétition une vitrine de son savoir-faire et de son rayonnement à travers le sport.
Face aux membres du comité, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara a insisté sur les exigences liées à la mission qui leur est confiée. Pour la réussite de cette édition, elle a appelé à un engagement total, à la rigueur et à un sens élevé des responsabilités. Au-delà de la répartition des tâches, la ministre a mis l’accent sur la nécessité de travailler dans la discipline, la complémentarité et la solidarité. Pour elle, la réussite du Tour du Faso doit être une œuvre collective, dans laquelle chaque membre se sent responsable de l’aboutissement de la
mission commune.
Elle a notamment invité les uns et les autres à ne pas attendre d’être directement concernés par une difficulté avant de contribuer à sa résolution. L’esprit d’équipe, a-t-elle souligné, doit permettre à chacun de soutenir son camarade et de prendre sa part dans la recherche
de solutions.
La ministre a également insisté sur l’anticipation des difficultés susceptibles de survenir au cours des préparatifs et de la compétition. Un appel à la vigilance qui traduit l’importance d’identifier les risques en amont afin d’éviter qu’ils ne compromettent le bon déroulement de l’épreuve.
L’objectif affiché est de parvenir à une organisation à la hauteur des ambitions du cyclisme burkinabè et de faire de cette édition une source de fierté nationale.Pour répondre aux exigences d’une compétition internationale, le comité s’appuie sur plusieurs commissions chargées des principaux volets de l’organisation. La structure est placée sous la supervision générale de Soumaïla Traoré, secrétaire permanent du Tour du Faso, avec Jean Yaméogo, président du Comité national olympique et des sports burkinabè (CNOSB), parmi ses membres.
La présidence du comité est assurée par Ignace Amédée Berewoudougou, président de la Fédération burkinabè de cyclisme, assisté de W. Valérie Badolo/Tapsoba, directrice générale des sports et des loisirs, et de Mohamed Balima, représentant de l’Agence Faso Mêbo. Neuf commissions spécialisées sont prévues pour assurer la conduite opérationnelle des préparatifs. Elles couvrent notamment les finances, le transport et le matériel, l’hébergement et la restauration, les aspects techniques et administratifs, la sécurité, la prise en charge médicale, la presse et la communication, la régie-publicité et le marketing, ainsi que la gestion des équipes et le protocole.
Cela fait 39 ans que le père de la Révolution burkinabè a passé l’arme à gauche. Le 15 octobre 1987, un rêve s’est brisé, un mythe est tombé sous une pluie de plombs déversée par une amitié « sincère » sous le couvert d’une fraternité suicidaire. Le 15 octobre, l’espoir de tout un peuple s’est retrouvé dans une tombe de 47 centimètres de profondeur. Douze de ses compagnons ont fait les frais de l’inimitié intime entre sublimes frères d’armes, entre alter ego à vie pour un pouvoir à vie, sans survie.
39 ans après, l’ombre de Sankara plane toujours sur le Burkina Faso et « ravive » l’esprit de ses concitoyens. Sankara est devenu aujourd’hui le cri du cœur d’un changement qui prend forme dans le brouhaha de l’incrédulité qui tonne. Certains de ceux qui ne juraient que par son nom se sont refugiés dans un silence assourdissant qui étonne l’histoire. Ceux qui avaient fait de son nom le mot de passe ou un slogan de marketing politique, ou encore ces accrocs aux tee-shirts estampillés de l’effigie de Sankara marchant aujourd’hui presqu’à ras le sol, pendant que la lutte bat son plein. Il y en a même qui « décoraient » leurs discours politiques avec les citations les plus viriles du héros ; aujourd’hui ils peinent à psalmodier le seul bout de phrase de l’homme avec l’entrain d’antan.
Thomas Sankara n’a pas triché pour entrer dans l’histoire. De son vivant, il était l’homme du peuple qui ne faisait rien pour lui mais tout pour le peuple. Il suffit de tenter d’énumérer ses avoirs et son héritage pour se rendre compte qu’il était pauvre par principe et que cette pauvreté était sa plus grande richesse. Il suffit de comparer ses richesses avec celles de ses successeurs pour tout
comprendre.
39 ans après sa mort, Thomas Sankara continue d’inspirer plus d’un président. Même ceux qui le persécutaient savaient reconnaitre son courage et sa volonté de changer le destin de son peuple. Il n’est pas parvenu au pouvoir par la voie des urnes, mais en quatre ans, il a éveillé la conscience des Burkinabè et tracé la voie de la liberté sans tutelle. En quatre ans de Révolution, il a su imprimer en chaque Burkinabè le sens du patriotisme avec comme boussole, l’intégrité. Pour lui, il n’y a rien de plus grand pour un homme que d’être libre de penser et d’agir. Compter sur soi pourrait être le slogan de sa vision du développement, pendant que d’autres tendaient la main pour des broutilles qu’ils grignotaient avant de laisser tomber les miettes pour le peuple. Sankara le disait avec conviction : « il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous ».
Malheureusement, ceux qui l’entouraient n’étaient pas tous convaincus du même idéal et ils soulevaient le poing pour scander la devise du Burkina, c’était pour l’asséner sur le sincère icône révolutionnaire qui semblait venir d’une autre planète. Les gens voulaient manger, frimer, s’enrichir et jouir du pouvoir et de la vie. Entre le treillis et les costumes haut de gamme à la cravate de soie, le choix relevait d’un secret de polichinelle ; entre les bottes militaires et les souliers de classe mondaine, la glissade était très facile et cerise sur le gâteau, désormais les bulletins de vote remplaceront les armes. Et la démocratie l’emporta sur la Révolution avec à la clé, la liberté qui frise la permissivité, le droit qui se moque du devoir et le tout dans une transparence à peine visible à la loupe.
Pendant plus de 30 ans, le Burkina Faso a chancelé entre stabilité précaire et développement en pointillés, jusqu’à ce qu’une guerre lui soit imposée avec des bandes armées, malicieusement qualifiées de « groupes armées non étatiques ». Le pays est vite peint en rouge par
ceux-là même qui s’y pavanaient en villégiature et nous traitaient de bons élèves de la démocratie. Les élections étaient contestées mais
les bénédictions de la métropole sanctifiaient les résultats et remettaient le pays sur les rails de la légalité. Et avec les mêmes maîtres à penser, nous ne pouvions même pas acheter une « kalash » sans faire la courbette même avec notre argent.
Pendant ce temps, les institutions de la république étaient démocratiques, le gouvernement était démocratique, mais une partie du peuple était sous blocus terroriste et nous faisions les choux gras des éditions spéciales des médias occidentaux avec des titres sensationnels aux relents d’horreur. Le Burkina Faso était au bord du chaos, jusqu’à un certain 30 septembre 2022, quand un digne fils du pays, décida de prendre ses responsabilités et sauta de plein pied dans le bateau qui chavirait. En 4 ans de Révolution progressiste populaire, les résultats n’ont pas de senteur démocratique mais ils ont l’éloquence d’un engouement populaire. Capitaine Ibrahim Traoré, restez concentré et continuez à pédaler !
Le mercredi 14 octobre 2026, le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné de la camarade ministre déléguée Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré/Kaboré et d’autres proches collaborateurs, a reçu les copies figurées des Lettres de créance de l’ambassadeur du Canada nouvellement accrédité auprès du Burkina Faso.
Il s’agit de S.E.M Richard Le Bars qui, après avoir remis les copies figurées de ses Lettres de créance au chef de la diplomatie burkinabè, a indiqué qu’il place son mandat au Burkina Faso sous le signe du dialogue avec les autorités nationales et du respect de la souveraineté de chaque Etat, un principe cher à son pays le Canada. Partant de là, il a affirmé son engagement à œuvrer pour la consolidation des liens de coopération entre le Canada et le Burkina Faso, aussi bien sur le plan bilatéral que multilatéral. Le camarade ministre des Affaires étrangères s’est réjoui d’accueillir le nouvel ambassadeur canadien, juste quelques temps après le départ de son prédécesseur. Il a rassuré de la disponibilité du département des Affaires étrangères, à œuvrer aux côtés du nouvel ambassadeur, pour plus de résultats concrets et partagés dans cette coopération riche et de longue date entre le Burkina Faso et le Canada.
Tout en présentant un contexte actuel du Burkina Faso marqué par une reprise progressive en main de la situation sécuritaire, le camarade Karamoko Jean Marie Traoré a invité le nouveau diplomate à en tenir compte et à s’inscrire dans une démarche de dialogue et de compréhension avec les acteurs étatiques, pour réussir sa mission au pays des Hommes intègres. La coopération entre le Burkina Faso et le Canada couvre plusieurs secteurs d’intérêt partagé, tels que les mines, le commerce et les investissements, ainsi que l’éducation et la santé.
Dans le cadre de la campagne de communication « Entreprendre au féminin », tenue du 10 au 15 octobre 2026, dans le Nando, les caravaniers ont visité deux unités de transformation des produits locaux, deux ateliers de tissage et une association féminine dans les communes de Koudougou, Kokologho et Réo.
A Koudougou, la visite des caravaniers de la campagne de communication « Entreprendre au féminin » a débuté dans le centre de formation et d’apprentissage « Songré- la- panga » de Françoise Zongo. Dans cet atelier, des jeunes filles sont formées dans les métiers de tissage, coupe-couture et teinture. Ensuite le cap a été mis à l’unité de production et de transformation agroalimentaire de la coopérative « Zemstaaba ».
… Cinq structures féminines d’entreprenariat ont été visitées
Selon la promotrice, Jeanne Zagré, l’entreprise a été créée en 1990 et d’une association, est aujourd’hui une coopérative qui forme des jeunes filles dans la transformation. « Ici, on transforme les produits forestiers non ligneux en soumbala (bouillon, égrainé ou en poudre) et les céréales en couscous, biscuits, bouillies de céréales et dèguè), en plus des jus et des nectars (jus de moringa, de pain de singe).
Dans la commune de Kokologho, la visite s’est poursuivie sur le site de production de la société coopérative « Wend -raabo » des productrices de Goulouré, puis à l’association féminine « Song-taaba ». Toutes sont dans la production du niébé et la transformation du soumbala. La dernière étape des caravaniers a été celle du centre de formation professionnelle « Yi-wo-kandô », qui signifie Dieu est puissant en gourounsi, de Réo. Ici près de 110 filles (déscolarisées ou non) apprennent la coupe-couture, la saponification, la transformation des produits locaux, le tissage et la confection des sacs-à-main.
A travers ces visites, ce sont des modèles d’entrepreneuriat féminin qui ont été mis en exergue, en vue de susciter de l’engouement chez les femmes qui désirent entreprendre. Dans le cadre de la mise en œuvre du sous-projet « entreprendre au féminin », la promotrice du centre de formation professionnelle « Yi-wo-kandô », Bienvenue Bassolé, a invité les femmes à s’investir, prendre des risques
malgré les difficultés, afin d’être autonomes financièrement pour aider leurs foyers et développer le Burkina.
Fleur BIRBA
L’étape de Nando est satisfaisante a affirmé la chargée de communication du projet (SWEDD+), Amina Compaoré
« Nous sommes là dans le cadre de la campagne de communication pour le changement social et comportemental, dénommée « Pagb-yidgr-Sooré » ou entreprendre au Féminin. Elle a été initiée en vue de créer un environnement favorable à l’entreprenariat des femmes dans les régions d’intervention du projet notamment dans le Nando, le Yaadga et les Koulsé. A la fin de l’étape de Nando, nous pouvons tirer un bilan satisfaisant par rapport aux différentes actions qui ont été planifiées et mises en œuvre, notamment les sessions de plaidoyer à l’endroit des leaders coutumiers et religieux sous le leadership de l’Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la santé et le développement. Le plaidoyer a également été mené au niveau du chef du canton de Lallé à Koudougou et de la Napoko du canton de Kokologho. Le message a été reçu et ces différents leaders nous ont rassurés de leur accompagnement à être des relais d’information auprès de leur communauté afin que les femmes puissent avoir plus de voix, plus d’espace pour entreprendre, s’épanouir, s’autonomiser et participer également à l’économie nationale.
Nous avons également eu des causeries éducatives qui ont été menées par des associations partenaires à l’endroit des jeunes filles, ainsi que des femmes afin d’inculquer l’esprit entrepreneurial à ces cibles-là. Il y a eu des sessions de prestations de santé gratuites dans toutes les localités où nous avons sillonné. Nous avons offert des prestations de dépistage du cancer du col de l’utérus, des hépatites, du cancer du sein suivi de démonstration d’autopalpation pour que les femmes puissent pouvoir imiter, prendre le pas et s’occuper de leur santé.
La caravane a visité aussi des associations féminines, des coopératives de production, de transformation et de commercialisation de produits agroalimentaire, des associations de tisseuses de pagnes traditionnels et également un groupement féminin a Kokologho. L’objectif visé est de pouvoir mettre en lumière ce que ces femmes font. Leur potentiel entrepreneurial va motiver les autres femmes à leur emboîter le pas. Le cap est mis sur la région de Yaadga, du 18 au 24 octobre prochain »
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le Président du Faso, Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, a présidé, ce jeudi 15 octobre 2026, au Mémorial Thomas Sankara, la cérémonie marquant le 39ᵉ anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Isidore Noël Sankara et de ses compagnons. Cet hommage a réuni des autorités de premier rang ainsi qu’une population sortie en grand nombre.
La Révolution d’août 1983, conduite par Thomas Sankara, a porté une ambition de transformation du Burkina Faso fondée sur la souveraineté, la justice sociale et la mobilisation populaire. Trente-neuf ans après les événements tragiques du jeudi 15 octobre 1987, cette commémoration ravive la mémoire de cet engagement et invite à en faire vivre l’héritage face aux défis actuels d’indépendance, de développement et de cohésion nationale.
Évoquant la portée de cet héritage, le vice-président du Comité international Mémorial Thomas Sankara, le Camarade Blaise Sanou, a souligné le rayonnement international de la pensée sankariste et présenté Thomas Sankara comme un symbole de dignité, de courage et d’intégrité. Au nom du Comité, il a également salué les efforts du Président du Faso et du Gouvernement pour l’aménagement du mémorial dédié au père de la Révolution d’août 1983.
Pour lui, les valeurs portées par Thomas Sankara doivent continuer d’inspirer l’engagement citoyen. Il a ainsi invité les Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur à contribuer à la consolidation de la souveraineté et de l’unité nationale.
Le Chef du Gouvernement, qui avait notamment à ses côtés le président de l’ALP, des présidents d’institutions et des membres du Gouvernement, a ensuite donné lecture du discours du Président du Faso. Dans ce message, l’hommage aux disparus s’est accompagné d’un appel à poursuivre leur combat pour la dignité et l’émancipation du Burkina Faso.
Rappelant les réalisations de la Révolution d’août 1983 dans les domaines du reboisement, de l’éducation, de la santé et de la promotion des femmes, le Chef de l’État a souligné que la pauvreté ne condamne aucun peuple à la dépendance. Il a invité les Burkinabè à croire en leurs capacités et à faire du travail et de la mobilisation collective les leviers du développement national.
Le Président du Faso a également tiré les enseignements des événements du 15 octobre 1987, appelant à préserver l’unité, la confiance et la cohésion entre les camarades. Il a rendu hommage aux autres victimes de cette journée et des jours suivants, notamment à Ouagadougou, Koudougou et Pô, et exprimé la solidarité de la Nation aux familles endeuillées.
Au-delà du devoir de mémoire, poursuivre le combat de Thomas Sankara et de ses compagnons exige un engagement quotidien dans tous les secteurs de la vie nationale. Le Chef de l’État a, à cet égard, salué la contribution des Forces de défense et de sécurité, des Volontaires pour la défense de la patrie, des producteurs, des artisans, des enseignants, des jeunes et des femmes à la construction du pays.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer la production nationale, de transformer les matières premières locales et de réduire la dépendance extérieure, conformément au principe sankariste : « Consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons ». Il a réaffirmé l’importance des souverainetés sécuritaire, alimentaire, économique, monétaire et culturelle dans la marche du Burkina Faso vers son émancipation.
La transmission de cet héritage aux jeunes générations constitue l’une des vocations du Mémorial Thomas Sankara. Du 19 mai 2025, date de son ouverture au public, au 30 septembre 2026, le site a accueilli plus de 200 000 visiteurs, générant environ 130 millions de francs CFA au profit du projet de construction de ses infrastructures.
Saluant les contributions à la campagne « Ma brique pour Sankara », le Président du Faso a invité les Burkinabè et les sympathisants du père de la Révolution d’août 1983 à poursuivre leur participation à l’édification du site. Il a encouragé la réalisation des infrastructures prévues pour conforter sa vocation d’espace de mémoire, de savoir et de transmission des valeurs.
Les allocutions ont été suivies d’un cérémonial militaire comprenant la relève de la garde, un carrousel et le dépôt d’une gerbe par le Camarade Premier ministre. La sonnerie aux morts, une minute de silence et une salve de 21 coups de canon ont ponctué cet hommage, avant l’exécution de l’hymne national et le défilé militaire.
La cérémonie a également été marquée par le dévoilement d’une fresque intitulée « Panthéon des figures panafricanistes et révolutionnaires ».
Trente-neuf ans après leur disparition, l’hommage au Capitaine Thomas Sankara et à ses compagnons demeure un appel à prolonger leur engagement par le travail, l’unité et la défense de la souveraineté nationale.
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce jeudi 15 octobre 2026 à Ouagadougou, une délégation de la Société de cardiologie du Burkina (SO.CAR.B), conduite par son président, le Professeur Nobila Valentin Yaméogo. La délégation est venue lui présenter les objectifs du 9ᵉ Congrès scientifique de la SO.CAR.B, couplé au 4ᵉ Congrès de l’Association des Sociétés de cardiologie d’Afrique de l’Ouest et du Centre (ASCAOC), qui se tiendront du 28 au 30 octobre 2026 à Ouagadougou.
Placée sous le thème « Cœur et nutrition », cette rencontre mettra l’accent sur le rôle de l’alimentation dans la prévention des maladies cardiovasculaires. À sa sortie d’audience, le Professeur Yaméogo a expliqué que le choix de cette thématique répond à la progression de ces pathologies et à la nécessité de mieux informer les populations sur les habitudes alimentaires favorables à leur santé.
« Le thème “Cœur et nutrition” va nous permettre de faire de la prévention cardiovasculaire, de promouvoir une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires et de transmettre des informations capitales à nos populations, afin que manger ne soit pas une source de maladie », a-t-il souligné.
Les échanges ont également porté sur la valorisation des produits locaux. Pour le président de la SO.CAR.B, une alimentation saine peut s’appuyer sur des denrées produites localement et accessibles aux populations, en cohérence avec les orientations nationales en matière de souveraineté alimentaire.
Le Chef du Gouvernement a, dans ce sens, souligné l’intérêt d’une alimentation simple et adaptée aux réalités locales. « Parfois, la bonne santé se trouve dans la simplicité. On peut manger simplement ce que nous produisons et être en bonne santé », a-t-il déclaré. Il a ainsi insisté sur l’importance d’associer la promotion des produits locaux à l’adoption de bonnes habitudes alimentaires.
Prévu à l’hôtel Azalaï de Ouagadougou, ce rendez-vous scientifique devrait réunir près de 500 participants. Des spécialistes du Burkina Faso, d’autres pays africains et d’autres régions du monde sont attendus pour partager leurs expériences et échanger sur les avancées scientifiques dans le domaine cardiovasculaire.
En amont du congrès, des activités de formation, d’information et de dépistage sont prévues au CHU de Bogodogo, au CHU de Tengandogo et au CHU Yalgado-Ouédraogo.
Le CHU de Bogodogo accueillera notamment un enseignement technique consacré à l’échographie, pour l’exploration de certaines anomalies des artères cérébrales. Des sessions de formation sur l’hypertension artérielle associée à la grossesse seront, quant à elles, organisées dans les trois CHU.
À travers ce programme, la SO.CAR.B entend renforcer les compétences des professionnels de santé et améliorer le dépistage ainsi que la prise en charge des maladies cardiovasculaires, tout en donnant aux populations les moyens de mieux les prévenir.
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, ce jeudi 15 octobre 2026 à Ouagadougou, la cérémonie officielle d’ouverture de la 5ᵉ Rencontre des Directeurs généraux des Douanes de l’AES et du Togo. Prévue les 15 et 16 octobre, elle réunit les responsables des administrations douanières autour de la facilitation des échanges commerciaux et du renforcement de leur coopération.
Placée sous le thème « Harmonisation des procédures douanières pour un commerce fluide et sécurisé dans l’espace AES », cette rencontre fait suite aux travaux des experts des administrations douanières des États membres de la Confédération des États du Sahel, tenus du 12 au 14 octobre à Ouagadougou. Elle vise à mieux coordonner les pratiques pour faciliter la circulation des marchandises, tout en renforçant l’efficacité des contrôles.
Dans un contexte marqué par la recherche d’une plus grande souveraineté économique, le Chef du Gouvernement a invité les administrations douanières à consolider les acquis des quatre précédentes rencontres et à concrétiser les engagements pris. Après la concertation et le rapprochement des approches, il attend désormais des résultats visibles sur le terrain.
Parmi les priorités soulignées figure l’interconnexion des systèmes d’information douaniers. Celle-ci doit améliorer la traçabilité des opérations, réduire les formalités redondantes et accroître l’efficacité de la mobilisation des recettes. Le partage des données doit également permettre de mieux lutter contre la fraude et la contrebande, face à des réseaux aux méthodes de plus en plus sophistiquées.
Le Camarade Premier ministre a toutefois rappelé que le renforcement des contrôles doit aller de pair avec la simplification des procédures. Il a ainsi encouragé les participants à concilier sécurité et fluidité des échanges, afin de servir les populations et de faciliter les activités économiques.
Ces exigences ont également été au cœur de l’intervention de la Camarade ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, représentant le ministre de l’Économie et des Finances. Elle a souligné la nécessité de donner une traduction concrète à la souveraineté confédérale, aussi bien dans le fonctionnement des administrations que dans les échanges économiques.
Rappelant le rôle des douanes dans la mobilisation des ressources publiques, la protection des intérêts économiques et la sécurisation des frontières, elle a appelé à faire de celles-ci des espaces de circulation maîtrisée et d’opportunités économiques. À cette fin, elle a invité les Directeurs généraux à accélérer l’interconnexion de leurs systèmes, à faire progresser les travaux sur le régime tarifaire préférentiel et les règles d’origine, ainsi qu’à renforcer la formation des agents. Elle a également souhaité que les conclusions de la rencontre soient assorties de responsabilités clairement définies et d’un calendrier de mise en œuvre.
La coopération entre les administrations constitue une condition essentielle de ces avancées. Le Camarade Bassolma Bazié, Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), a ainsi insisté sur la consolidation des liens entre les douanes de l’AES et du Togo. Il a notamment souligné l’importance de l’harmonisation des procédures, du partage d’informations et de la lutte contre les trafics illicites pour améliorer les recettes publiques et soutenir l’intégration économique.
Les Directeurs généraux des Douanes du Mali, l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo, et du Niger, le Colonel Mohamed Yacouba Siddo, ont, pour leur part, mis l’accent sur le partage des données, le suivi des recommandations et la prise en compte des attentes des opérateurs économiques. Le représentant du Commissaire général de l’Office togolais des recettes (OTR) a réaffirmé l’engagement du Togo à poursuivre cette coopération et à accélérer l’application des mesures convenues.
Au terme des travaux, les administrations douanières sont ainsi attendues sur des mesures opérationnelles permettant de simplifier les échanges, de sécuriser la circulation des marchandises et de renforcer la mobilisation des ressources publiques.
A Bobo-Dioulasso, les tricycles ont changé de vocation. Conçus pour le transport de biens, ils transportent désormais des personnes, en violation de la réglementation sur leur usage et des règles de sécurité routière. Surchargés, lancés à vive allure et dépourvus de dispositif de sécurité, ces engins à trois roues transforment le trafic de la ville de Sya, en un parcours à haut risque, devenant une véritable source d’insécurité routière. Plongée au cœur d’une pratique illégale mais populaire.
Vendredi 31 juillet 2026. Il est 9 heures à Bobo-Dioulasso. Après une pluie matinale, un temps clément berce la cité de Sya. A pied, à vélo, à moto ou en voiture, chacun vaque à ses occupations. Dans ce flot, un autre type d’engins, à trois roues, attire l’attention. Il s’agit
des tricycles communément appelés taxis-motos. Au volant du sien, Moussa Sanou, 26 ans, serpente dans les ruelles du quartier Belle-ville. Il évite les nids-de-poule et les flaques d’eau. Le jeune homme marque un arrêt devant une boutique. Un groupe de femmes l’y attend. « Ce sont des commerçantes. Chaque matin, je viens les conduire au marché des fruits », indique-t-il l’air joyeux. C’est sa troisième course de la journée.
Dans le porte bagages de son engin, légèrement usée et rouillée, neuf femmes dont l’âge est compris entre 18 et 40 ans environ prennent place, sans aucun dispositif de sécurité. Deux d’entre elles ont leurs bébés au dos. Au milieu des dames, Moussa Sanou place des cabas en plastique et des sacs d’oranges, d’ignames, de patates douces et
d’oignons.
Sans casque, le conducteur de tricycle remonte au guidon et repart en trompe. Direction : le marché des fruits et légumes. Le moteur hurle. Le conducteur se faufile dans cette ruelle accidentée. L’engin zigzague. Les passagères sont ballotées. Ici, la prudence est un luxe. Quelques centaines de mètres plus loin, il embarque deux autres jeunes arrêtés au bord du goudron. Puis un troisième, à un jet de pierre. Au total, 14
Moussa Sanou (gauche) conduit les « trois roues » pour gagner sa vie.
personnes sont à bord, en plus du chauffeur. Désormais, sur le bitume, Moussa slalome entre voitures et motos.
A Bobo-Dioulasso, le spectacle des tricycles qui transportent des dizaines de passagers est devenu banal. Dans plusieurs quartiers, les engins à trois roues sont devenus un moyen de locomotion, comme tout autre.
Chemin faisant, nous rencontrons Emmanuel Drabo, 28 ans. Képi vissé sur la tête, son casque est accroché au guidon. Dans son « épave », 11 dames ont pris place, avec les mains chargées de seaux, de paniers, de sachets remplis de condiments, de tubercules et de fruits.
« Nous savons que c’est dangereux, mais ce moyen de déplacement est moins cher contrairement aux taxis. Le tricycle vient nous chercher devant notre porte (au secteur 22, ndlr) et la course fait juste 100 F CFA », relate Mariam Traoré, une quadragénaire, commerçante au grand marché de Bobo-Dioulasso.
Le jeune Emmanuel estime qu’il n’a pas le choix. Il faut surcharger pour pouvoir s’acquitter des frais de location du taxi-moto, qui s’élèvent à 20 000 F CFA par semaine et parvenir à nourrir dignement sa famille. Donc, « on charge jusqu’à ce que ça ne rentre plus. Sinon, on ne rentabilise pas la journée », confie-t-il, avant de s’engouffrer sur le boulevard de l’Indépendance.
Une découverte surprenante. Ni Moussa Sanou, ni Emmanuel Drabo ne possèdent de permis de conduire, catégorie A1. Ils ont appris à rouler « sur le tas », sans aucune formation, ni notion du Code de la route. Quid de l’assurance moto ?
Que nenni ! A l’origine, les deux amis utilisaient leurs engins pour transporter du sable, du gravier, du ciment, du fer ou encore du bois. Puis, progressivement, ils se sont tournés vers le transport de personnes pour se « bourrer » les poches. « C’est plus rentable », résume Moussa.
Une pratique illégale
Conducteur, Emmanuel Drabo explique que la surcharge permet de rentabiliser.
Dans la cité de Sya, les taxis motos, initialement destinés au transport des biens, marchandises…, se sont progressivement imposés dans celui des personnes, foulant aux pieds la réglementation en vigueur.
En effet, le décret n°2012-559/PRES/PM/MTPEN/MEF/MICA/MATDS/MID du 5 juillet 2012 interdit, en son article 5, l’exploitation à titre onéreux des vélomoteurs et motocyclettes comme « moto taxis » pour le transport public de personnes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Le lieutenant de police, Moctar Ouédraogo est le chef de la cellule des opérations de l’antenne Ouest de l’Office national de sécurité routière (ONASER). Il se veut plus explicite. Outre les marchandises, renseigne-t-il, seule une personne, en plus du conducteur, est autorisée à prendre place à bord d’un tricycle. Les deux occupants ont obligation de porter des casques homologués. Aussi, le chauffeur doit être âgé d’au moins 18 ans et détenir un permis de conduire de catégorie A1. Le lieutenant rappelle également que les marchandises ne doivent pas dépasser la carrosserie de l’engin.
14 ans après l’adoption de cette loi, la réalité est tout autre à Sya. En 2024, la ville de Bobo-Dioulasso comptait 20 364 tricycles, selon les chiffres de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM). Tous, ou presque, transportent régulièrement de nombreux passagers, en violation de la législation en vigueur, reconnait l’Association des conducteurs de tricycles de Bobo-Dioulasso (ACT-B). « Beaucoup de nos membres ne respectent pas la loi. Or, le non-respect des règles peut avoir des conséquences », affirme le secrétaire général de l’ACT-B, Tidiane Kologo. Parmi celles-ci, il cite les accidents de la circulation.
137 accidents en 6 mois
Le président de l’AFOV, Ousmane Sawadogo, pense que les taxis-motos représentent le « plus grand danger » sur les routes de Sya.
Les données de l’antenne ouest de l’ONASER, compilées auprès de la Police nationale et de la Gendarmerie, permettent de mesurer l’ampleur des incidents routiers impliquant les « trois roues ». Au premier semestre 2026, 1 113 accidents ont été enregistrés à Bobo-Dioulasso. Ils ont fait 1 048 blessés et 27 morts. Dans cette série noire, les taxis-motos occupent une place importante. Ils sont impliqués dans 137 accidents. Soit, près de 23 accidents par mois. Dans le détail, 84 accidents ont opposé des tricycles à des véhicules et 44 collisions
à des engins à deux roues. Trois accidents ont concerné des piétons renversés par des tricycles. Trois autres correspondent à des chutes libres et trois accrochages ont opposé des tricycles entre eux.
Du côté des soldats du feu, le constat est le même. Les interventions liées aux
accidents impliquant des tricycles se sont multipliées au fur et à mesure que ces engins se sont imposés dans le transport des personnes, constate le sous-lieutenant, Drissa Zaré, chargé de l’expédition des affaires courantes de la deuxième compagnie d’incendie et de secours. Les chiffres de la compagnie illustrent une tendance haussière. De 95 interventions en 2019, avec 106 victimes, le nombre est passé à 225 interventions pour 227 victimes en 2023. En 2025, 220 interventions ont encore été enregistrées, faisant 229 victimes.
De 2019 à 2025 donc, les soldats du feu ont ainsi effectué 1 277 interventions et porté secours à 1 336 victimes. « Les victimes sont généralement, les passagers à bord des tricycles, les conducteurs des tricycles, mais également d’autres usagers de la route, notamment les motocyclistes, les cyclistes ou les piétons », ajoute le chargé de l’expédition des affaires courantes de la deuxième compagnie d’incendie et de secours.
Des blessures et des décès
Dans le quartier Accart-ville, Aminata Ouattara, 48 ans, porte les stigmates de son accident. Assise sur une natte devant une épicerie, les béquilles posées près d’elle, sa jambe droite est immobilisée dans un épais plâtre. Des broches métalliques maintiennent sa
fracture. Son visage et ses bras portent encore des égratignures.
Dans la ville de Sya, le taxi-moto est utilisé…
Deux semaines auparavant (vendredi 17 juillet, ndlr), elle a chuté d’un tricycle quand elle revenait du grand marché de Bobo-Dioulasso. L’engin a percuté des usagers immobilisés au feu tricolore. « Le chauffeur roulait à vive allure », témoigne-t-elle. Selon dame Aminata, il a accéléré pour franchir le feu orange, alors que les usagers qui le précédaient s’étaient déjà arrêtés. Le choc a fait plusieurs
blessés et endommagé des motos.
Evacuée au Centre de santé avec antenne chirurgicale (CMA) du secteur 22, elle affirme avoir déjà dépensé plus de 150 000 F CFA pour ses soins. Aujourd’hui, elle a du mal à se déplacer seule.
« Les taxis-motos nous rendent service, mais c’est un vrai danger !», souffle-t-elle. Et pour cause, emprunter un taxi moto pour ses courses peut se révéler être un service qui se paie parfois au prix du sang.
Sur le bitume bobolais, le diagnostic clinique des blessures varie : égratignures, plaies béantes, contusions, fractures, membres broyés, parfois des traumatismes crâniens. Tout dépend, explique le sous-lieutenant Zaré, de la violence de l’impact, de la position du corps au moment du choc, et du port ou non d’équipements de protection. « Malheureusement, ces accidents ont parfois entraîné des blessures graves et des décès », ajoute le sous-lieutenant, Drissa Zaré. Entre 2019 et 2025, la compagnie des sapeurs-pompiers a dénombré 25 décès liés aux tricycles.
… comme tout autre moyen de transport de passagers, malgré les risques.
Le mercredi 3 juin 2026, un passager de tricycle n’est jamais rentré chez lui. Ce jour-là, rapporte le lieutenant de police, Moctar Ouédraogo, de l’antenne ouest de l’ONASER, un accident mortel s’est produit sur la route nationale n°1, à hauteur de l’hôpital de Pala. Le conducteur a reconnu avoir perdu le contrôle de son engin, suite à une défaillance du système de freinage, alors qu’il roulait dans une zone en descente. Il a percuté un camion. Malheureusement, l’un des passagers à bord du tricycle a perdu la vie.
Dans la ville de Sya, le tricycle est devenu une véritable source d’insécurité routière. Une situation qui inquiète les acteurs chargés de veiller à la sécurité routière. Ousmane Sawadogo préside l’Association Faso One Village (AFOV), engagée dans la promotion de la sécurité routière à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Sur le terrain, depuis plusieurs années, entre sensibilisation des usagers et régulation de la circulation, il a été témoin du changement de vocation des tricycles dans la capitale économique du Burkina Faso. D’un simple moyen de transport de biens, de marchandises et autres matériaux, ils sont devenus, à partir de 2011, un moyen de transport en commun. Aujourd’hui, il est formel :
« Le plus grand danger sur les routes de Bobo-Dioulasso, ce sont les tricycles ».
Au poste de la police municipale, le directeur général, Seydou Coulibaly, évoque également un « risque très élevé d’accidents », lorsque ces engins transportent des usagers. Selon lui, ils ne sont pas adaptés à ce type de transport.
« L’incivisme a la peau dure »
Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, lui, insiste sur leur vulnérabilité. « Le tricycle n’est pas aménagé pour transporter des passagers », argue-t-il. Aucun siège n’est prévu pour les accueillir et aucun dispositif de sécurité ne les protège en cas de chute. Il n’y a pas non plus de ceinture de sécurité. Les passagers s’asseyent sur la bordure du porte-bagages. « A la moindre secousse,
ils peuvent tomber », regrette-t-il.
Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo de l’antenne ouest de l’ONASER : « Le tricycle n’est pas aménagé pour transporter des passagers ».
A ces risques, s’ajoutent d’autres infractions. Il s’agit du non-port du casque, du défaut de permis de conduire, de l’excès de vitesse, du non-respect des feux tricolores, de l’absence d’assurance ou de visite technique. Le non-paiement des taxes, la surcharge des marchandises et, surtout, les pratiques dangereuses liées au transport de personnes, viennent allonger la liste des périls.
« Un conducteur de tricycle transporte en moyenne 12 passagers par voyage dans la ville de Sya. Pourtant, cet engin qui ne devrait en prendre qu’un, en plus du chauffeur », estime Dr Aminata Kaboré, enseignante-chercheure à l’université Faustin Sié Sib (UF2S) et co-auteure d’une étude intitulée : « Transport de personnes par tricycles à Bobo-Dioulasso : les remplacer ou en faire un levier de mobilité durable ? », publiée en décembre 2024.
Conducteur de taxi-moto depuis quatre ans, Romaric Hien reconnaît une part de responsabilité des chauffeurs dans les infractions qui leur sont reprochées. Il explique que la surcharge vise surtout à augmenter les recettes. Mais, cette pratique comporte des risques. « Quand le tricycle est chargé, il devient difficile à contrôler », admet-il. Au moindre obstacle ou lors d’un freinage brusque, l’engin peut perdre son équilibre et se renverser, précise-t-il.
Madina Konaté, 23 ans, en a fait l’amère expérience. Alors qu’elle revenait de quartier Sarfalao, le tricycle dans lequel elle avait
pris place a chaviré après un mauvais dépassement.
« Nous étions neuf dans le tricycle et il y avait beaucoup de marchandises. Quand il a basculé, je me suis retrouvée à terre avec une entorse. Mon fils a eu plusieurs égratignures. D’autres passagers ont été grièvement blessés », se souvient-elle, douloureusement.
Mais, les conducteurs ne sont pas les seuls à blâmer. Pour Ousmane Sawadogo, président de l’AFOV, les usagers ont également leur part de responsabilité. « La population est fautive », estime-t-il. Selon lui, ni le faible coût de la course ni la possibilité d’être déposé devant son domicile ne justifient de prendre de tels risques. « Il n’y a pas de raison de monter sur un engin qui met votre vie en danger, simplement parce qu’il est moins couteux », déplore-t-il. Pour le président de l’AFOV, les usagers doivent donc assumer leur part de responsabilité.
« Si quelque chose de grave arrive, ce n’est ni la faute du gouvernement, ni celle de Dieu », tranche-t-il.
Pour le sous-lieutenant Drissa Zaré de la deuxième compagnie d’incendie et de secours, le tricycle ne doit pas devenir une source de danger pour les humains.
Pour lutter durablement contre le phénomène, les forces de l’ordre misent sur un mélange de sensibilisation et de répression. Aux carrefours, aux feux tricolores et sur les grandes avenues de Bobo-Dioulasso, les contrôles se multiplient. Les opérations combinent éducations, interpellations et mises en fourrière des engins en infraction. L’antenne ouest de l’ONASER y participe activement. Son chef de la cellule des opérations, le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, fait savoir que des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées auprès des conducteurs, notamment sur l’interdiction d’utiliser les tricycles pour le transport de passagers. Les usagers sont également informés des risques liés à la surcharge.
Mais, la sensibilisation ne suffit pas toujours. Les forces de l’ordre procèdent aussi à des interpellations. Selon l’étude menée par Dr Aminata Kaboré, entre 2013 et 2018, les agents municipaux de Bobo-Dioulasso ont mené 88 opérations de contrôle de la circulation des tricycles. Ces contrôles ont permis de mettre en fourrière 3 635 engins, principalement pour transport de passagers, détaille-t-elle.
Pour le DG de la police municipale, le problème réside surtout dans le non-respect des règles. L’argument du manque de transports en commun ne tient plus, de l’avis de Seydou Coulibaly. « Aujourd’hui, les bus sont là », précise-t-il.
User de la carotte et du bâton
Face à la multiplication des risques liés à l’usage des tricycles, les acteurs de la sécurité routière plaident pour une réponse globale. Pour le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, il faut agir avec méthode. Il recommande
« la carotte et le bâton ». La sensibilisation doit se poursuivre, mais les contrevenants doivent aussi être sanctionnés. L’officier de police invite les populations à privilégier des moyens de transport plus sûrs, notamment les bus publics et les taxis ordinaires. Il note le renforcement du parc de la Société de transport en commun (SOTRACO) qui dessert désormais plusieurs zones périphériques. « Dans les bus, il y a plus de sécurité et de confort », soutient-il. A défaut, il encourage les chauffeurs à utiliser des
tricycles conçus et équipés pour le transport de passagers.
Depuis la caserne, un appel résonne. Les sapeurs-pompiers exhortent à la prudence sur les routes. « Le tricycle est un moyen de transport pour les marchandises, il ne doit pas devenir une source de danger pour les hommes », prévient le sous-lieutenant Drissa Zaré, de la deuxième compagnie d’incendie et de secours. Son message tient en une conviction : « La prévention est notre première intervention ». Avant que les secours n’interviennent, chacun peut déjà, par son comportement, éviter le pire sur la route.
Le SG de l’ACT-B, Tidiane Kologo, plaide pour une professionnalisation du transport de passagers par les tricycles.
Du côté des conducteurs, l’accent est mis sur la professionnalisation du secteur. Le secrétaire général de l’association des conducteurs de tricycles de Bobo-Dioulasso, Tidiane Kologo, propose de rendre obligatoire le permis de conduire, après une formation sur la sécurité routière. Il préconise également des visites techniques régulières pour écarter les engins vétustes et sanctionner les transformations artisanales dangereuses.
Pour le directeur général de la police municipale de Bobo-Dioulasso, Seydou Coulibaly, la priorité reste l’appropriation des règles. Il exhorte les conducteurs à « s’approprier la réglementation et le Code de la route ».
En attendant la mise en œuvre de ces réformes structurelles et l’application effective de la réglementation, le manège mortel se poursuit dans les rues de la deuxième ville du Burkina Faso.
Aux abords du grand marché, le vacarme des moteurs est assourdissant. Par dizaines, les tricycles y sont stationnés. En cette fin de journée du 1er août 2026, certains chauffeurs attendent leurs clientes, tandis que d’autres chargent les bagages des commerçantes qui s’affairent à rejoindre leurs domiciles. Parmi eux, Arouna Sawadogo s’apprête à bouger. Dans sa caisse métallique, 11 femmes et trois jeunes filles, ont déjà pris place. Il entasse ensuite des sacs de fruits et de légumes, des paniers et des seaux.
Il sait que cette pratique est interdite. Il connait aussi les risques y afférents. « Mais, si je refuse une cliente, elle ira voir ailleurs. On ne peut pas non plus transporter les bagages d’une personne, sans elle », confie le
trentenaire. 18h20. Direction le quartier Bindougousso. Trois autres passagers monteront à bord, portant le nombre total à 17. Aucun confort, le risque est omniprésent. La stabilité du tricycle est précaire et, à tout moment, l’engin peut basculer. Arouna n’en a cure. Ses passagers, non plus. Dans la cité de Sya, les tricycles règnent toujours en maitre sur les voies, avec ses multiples dangers…
Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com
«Il sera judicieux de penser à une action … », Dr Aminata Traoré, enseignante-chercheure
Sidwaya (S.) : Vous êtes co-autrice de l’étude intitulée : « Transport de personnes par tricycles à Bobo-Dioulasso : les remplacer ou en faire un levier de mobilité durable ? », publiée en décembre 2024. Dans quel contexte et dans quel cadre cette étude a-t-elle été réalisée ?
Dr Aminata Traoré : « le Burkina Faso gagnerait à faire cas d’école pour certains pays d’Afrique ou d’Asie où ces moyens sont utilisés comme modes de transport de personnes ».
Aminata Traoré (A.T.) : Effectivement, cet article est le fruit d’une
collaboration avec Dr Ousseny Sigué, chercheur à l’Institut national des sciences des sociétés (INSS). Cette étude est tirée des résultats de notre thèse de doctorat unique soutenue en octobre 2024 au laboratoire « Dynamique des espaces et sociétés » de l’école doctorale des lettres, sciences humaines et communication à l’université Joseph-Ki-Zerbo. Le titre de la thèse est : « Les transports urbains à Bobo-Dioulasso : concurrence et complémentarité ». Pour le contexte, on est parti du postulat que le système des transports urbains est dynamique. Pour rappel en 2008, on avait investigué le terrain dans le cadre de notre mémoire de maitrise qui porte sur le transport de personnes des ménages à Bobo-Dioulasso. En ce moment, l’offre de transport par tricycles n’y était pas développée. C’est entre 2010 et 2011 que ce nouvel moyen de transport a fait son apparition dans la scène des transports. Et donc, on a trouvé pertinent d’investiguer à nouveau et comprendre pourquoi, ce type de transport s’est développé à Bobo-Dioulasso. C’est surtout l’accroissement rapide du nombre de ce type d’engins qui a retenu notre attention et on n’a pas hésité à nous lancer. C’est dans le cadre de la vulgarisation des résultats de nos travaux que cette étude a été réalisée.
S. : Quels sont les principaux enseignements qui ressortent de votre enquête sur le développement du transport de personnes par tricycles à Bobo-Dioulasso ?
A.T. : Les principaux enseignements sur le développement du transport de personnes par tricycles dans la ville de Bobo-Dioulasso sont que ce moyen de transport est rentré dans les habitudes de mobilité des bobolais. Cela est perceptible à travers le parc de tricycles qui évolue rapidement. De 4 tricycles en 2014, le nombre est passé à 9 506 en 2021. Et selon les récents chiffres fournis par la direction générale des transports terrestres et maritimes, en 2024, ce parc est estimé à 20 364 tricycles.
Ensuite, il y a le poids ou le rôle économique du sous-secteur des tricycles dans le budget communal de Bobo-Dioulasso. Avec les paiements de la patente et de la taxe de stationnement qui coûtent 20 000 F CFA pour les tricycles par an, on a pu estimer en 2021, la contribution de ce secteur au budget de la commune à 79 200 000 F CFA par an. Cependant, tous les détenteurs de tricycles ne s’acquittent pas de ces différentes taxes, ce qui constitue un manque à gagner pour la commune. Ils jouent également un rôle dans l’absorption de la main-d’œuvre. Ce secteur contribue à la réduction du nombre de chômeurs à Bobo-Dioulasso. Le nombre de travailleurs dans le domaine est d’au moins 5 806 conducteurs de tricycles et apprentis si l’on considère les chiffres avancés par le Ministère en charge des Transports en 2021.
S. : Comment expliquez-vous que le transport de passagers par tricycles continue de se développer à Bobo-Dioulasso alors même que la réglementation l’interdit ?
A.T. : L’article 4 du décret n°2012-559 du 5 juillet 2012 portant conditions et modalités d’exploitation à titre onéreux et pour compte propre des vélomoteurs, motocyclettes, tricycles et quadricycles, dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, interdit aux chauffeurs de tricycles dans ces villes de transporter des personnes. Etant confronté à la rareté des clients pour le transport des marchandises, et profitant du vide laissé par les transports en commun institutionnels, les tricycles se sont vite transformés en transport de personnes. Et comme c’était rentable et les conditions d’exploitation flexibles, alors, plusieurs jeunes au chômage se sont convertis en chauffeurs de tricycles. Aussi, le coût des deux roues motorisés (achat et utilisation) ont contraint et continuent de contraindre une frange de la population à utiliser le tricycle pour leur déplacement. Il y a aussi la souplesse et la flexibilité dans l’utilisation des tricycles. Ils arrivent là où les autobus de la SOTRACO et les taxis n’arrivent pas, les tricycles desservent presque tous les points de la ville.
S. : Au regard de vos résultats, quels sont les principaux risques que présente le transport de passagers par tricycles pour la sécurité des usagers ?
A.T. : Les usagers sont exposés au risque d’accident de la circulation. Ce sont des véhicules qui ne sont pas adaptés au transport de personnes. On constate qu’ils n’ont pas de places assises et ils sont souvent vétustes et polluants. Les tricycles sont impliqués dans 7,19% des accidents entre 2017 et 2021 selon l’ONASER. Aussi, la majorité des conducteurs n’ont pas une grande connaissance du Code de la route.
S. : Votre étude pose la question de savoir s’il faut remplacer les tricycles ou en faire un levier de mobilité durable. Quelle solution préconisez-vous ?
A.T. : Aujourd’hui, le transport par tricycle fait l’objet de plusieurs récriminations, surtout dans son rôle de transport de personnes. Si
l’interdiction des tricycles permet de réduire les risques d’accidents, elle va forcément exclure des citadins du système de transport. Il sera judicieux de penser plutôt à une réorganisation du système actuel avec l’implication de toutes les parties prenantes, sans exclusion aucune, qu’à la suppression des tricycles. Le Burkina Faso gagnerait à faire cas d’école pour certains pays d’Afrique ou d’Asie où ces moyens sont utilisés comme modes de transport de personnes.
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme organise un colloque international sur le thème : « Souveraineté : héritage culturel et vision de Cheikh Anta Diop » les 14 et 15 octobre 2026 à Ouagadougou.
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme veut faire connaitre davantage la vision du panafricaniste, Cheikh Anta Diop. A l’occasion de la commémoration du 30e anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Isidore Noël Sankara, le département organise un colloque international sur le thème :
« Souveraineté : héritage culturel et vision de Cheikh Anta Diop » les 14 et 15 octobre 2026 à Ouagadougou. Durant deux jours, 52 communications vont être présentées en présentiel et en visioconférence dans neuf localités du Burkina Faso, notamment les villes de Ouagadougou, Koudougou, Fada N’Gourma, Gaoua, Boromo, huit d’Afrique dont le Sénégal, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire et quatre des autres pays du monde dont le Canada, les Etats-Unis d’Amérique et l’Ouzbékistan. Les communications abordent des sujets qui s’inscrivent dans sept axes de réflexion. Ce sont, entre autres, la primauté de l’Afrique noire, l’unité culturelle africaine, le refus du racisme, le rôle politique de l’histoire, la méthodologie scientifique, les polarités africaines, le développement et l’auto-détermination. La communication inaugurale a été donnée par le professeur Aziz Salmone Fall.
Un même combat pour le panafricanisme
Le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo : « Il est de notoriété mondiale que Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara ont partagé le même combat pour l’émancipation totale de l’Afrique ».
La cérémonie d’ouverture du colloque a été présidée par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Il a confié que les communications entendent montrer le lien historique entre Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara.« Il est de notoriété mondiale que Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara ont partagé le même combat pour l’émancipation totale de l’Afrique. Ils ont été de fervents panafricanistes, ont cru en la souveraineté de l’Afrique et refusé la domination étrangère », a-t-il relevé. Pour le ministre chargé de la Culture, ces grandes figures africaines, bien que différentes par leurs parcours et champs d’action, ont porté une même exigence, celle de la dignité, de la liberté et de la souveraineté des peuples africains. Il a par ailleurs déclaré que Cheikh Anta Diop a enseigné que l’Afrique ne saurait se projeter dans le monde si elle demeure privée de la connaissance de son passé.
« La souveraineté de l’Afrique ne se réduit donc pas à la maîtrise de ses propres ressources naturelles ou à l’indépendance de ses décisions politiques. Elle est également culturelle, intellectuelle, scientifique et mémorielle. Elle suppose que nous puissions raconter notre histoire avec nos propres mots, transmettre nos valeurs, protéger nos patrimoines et produire les connaissances nécessaires à l’émancipation de nos peuples », a souligné le ministre chargé de la Culture. Il a assuré que les publications ultérieures des actes du colloque vont être valorisées afin d’assurer leur large diffusion. Aussi, elles vont constituer une précieuse contribution aux débats et permettront de prolonger les réflexions engagées. En avril 1986, le professeur Cheikh Anta Diop avait été invité à la conférence inaugurale du symposium organisé du 20 au 26 avril 1986, en vue de la création de l’Institut des peuples noirs (IPN) aujourd’hui Farafina.
Malheureusement, il est décédé le 7 février 1986.