Décès de 11 personnes gardées à vue à l’unité Anti-Drogue (communiqué du procureur du Faso)

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Le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a été informé, ce jour 15 juillet 2019, par la Directrice de la Police Judiciaire de la Police Nationale de ce que onze (11) personnes gardées à vue à l’unité Anti-Drogue (UAD) pour des infractions relatives à la législation des stupéfiants sont décédés dans la nuit du 14 au 15 juillet 2019. Accompagnés de ses substituts et assisté des services techniques, le Procureur du Faso, s’est transporté sur les lieux en vue des constatations d’usage. Elle informe l’opinion publique que dans le cadre d’une enquête qu’elle a ouverte, des médecins légistes ont été requis à l’effet de procéder à des examens et autopsies nécessaires.

Le Procureur du Faso présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées.

Le Procureur du Faso
Maïza SEREME
Chevalier de l’ordre de mérite de l’Etalon

 

Renforcement de capacités des médias: Des journalistes à l’école du datajournalisme  

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Le Projet d’appui aux gouvernements ouverts francophones (PAGOF), en collaboration avec CFI, organise une formation en journalisme d’investigation et en datajournalisme au profit d’une quinzaine de journalistes burkinabè, du 8 au 12 juillet 2019, à Ouagadougou.

Le Projet d’appui aux gouvernements ouverts francophones (PAGOF) veut contribuer à une gouvernance transparente, à la participation citoyenne et au développement de la culture de la redevabilité au Burkina Faso, par l’entremise des hommes et femmes de médias. A cet effet, le PAGOF, en collaboration avec CFI, organise une formation en journalisme d’investigation et en datajournalisme au profit  au profit de 15 journalistes venus de Bobo-Dioulasso, Ouahigouya et de Ouagadougou. L’objectif de cette session est de renforcer les capacités des professionnels des médiasaux nouvelles formes de journalisme, notamment au datatjournalisme, a indiqué le coordonnateur nationalde PAGOF, Cédric Tapsoba. La formation vise également à amener les professionnels de l’information à traiter sous un angle journalistiqueles thématiques de transparence, de bonne gouvernance et de redevalibilité citoyenne, a-t-il ajouté. Au cours de l’atelier, les participants apprendront à concevoir un sujet d’investigation, à identifier et à localiser les sources qui seront  utiles à la conduite  de l’enquête, aindiqué le formateur, Gaston Sawadogo. Les méthodes d’enquête, de collecte des informations sur le terrain mais aussi de récupération et de traitement des données sur des plateformes web vont également être abordées avec les journalistes, a-t-il précisé.

La session constitue également une occasion pour former des équipes de journalistes de médias différents pour mener à bien des enquêtes qui nécessitent des compétences complémentaires en  matière d’investigation, de data, d’écriture et de visualisation, a fait savoir le formateur, Eric Le braz. L’objectif à termes, a-t-il expliqué, est d’avoir des journalistes qui mènent opiniâtrement  et avec méthode une enquête qui puisse aboutir à un résultat d’utilité publique.

Cette session est la première d’une série de trois.Elle entre dans le cadre du plan d’action national du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), financé par l’Agence française de développement.

Mahamadi SEBOGO

windmad76@gmail.com

Décès de l’homme politique sénégalais Ousmane Tanor Dieng

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Le secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, est décédé à Bordeaux des suites d’une maladie (BBC).

Nagréongo : La Croix-Rouge assiste 204 ménages vulnérables via les transferts monétaires

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Les populations de six villages de la commune rurale de Nagréongo (Oubritenga) affectées en 2018 par d’importantes inondations ont reçu une aide providentielle de la Croix-Rouge burkinabè (CRBF) afin de couvrir leurs besoins essentiels. Pour ce faire, elles ont reçu un transfert monétaire inconditionnel à travers la téléphonie mobile.  L’opération de distribution des puces téléphoniques avec un opérateur de téléphonie mobile de la place s’est déroulée du 19 au 21 Juin 2019.

Les fortes précipitations enregistrées l’an dernier avaient semé la désolation dans la plupart des villages de cette commune rurale. Les champs avaient été littéralement envahis par les eaux pendant deux mois, au point que les paysans n’avaient rien récolté. Après les premières évaluations, les équipes de la CRBF sont donc revenues sur leurs pas. Elles ont sillonné les villages de Kolokom, Nagrekoudgo, Toghinbangré, Pegdwendé, Napamboumbou et Sarogo. Dans ces localités, le ciblage réalisé en amont, avait permis d’identifier 204 ménages affectés par les intempéries.

A la rencontre des communautés durant cette mission de distribution, des échanges préalables ont été nécessaires pour leur permettre de cerner davantage les contours de cette opération et le mode opératoire qui allait être utilisé. Ces explications ont cédé la place aux séances de vérification des identités des personnes préalablement identifiées sur les listes des bénéficiaires. Munis de leurs documents d’identité (des cartes d’identité pour la plupart), 204 ménages des villages concernés ont reçu chacun leurs puces téléphoniques. L’opérateur privé de téléphonie mobile avec laquelle un partenariat a été signé, est chargé de transférer sur chacune d’elles dans les jours à venir la somme de 60 000frs, soit un montant global de 12 240 000FCFA.

Avec cet argent, les ménages pourront s’approvisionner sur le marché local en fonction de leurs besoins. Certains comme Issa KABORE du village de Pegdwendé a déjà sa petite idée pour atténuer la pénibilité de ses trois femmes et de sa dizaine d’enfants. «Avec cet argent, je compte acheter du mil pour nourrir ma famille. Une partie de l’argent va servir à payer des semences pour les prochaines récoltes, sans oublier les médicaments pour prendre en charge nos dépenses de santé ». Selon la responsable de l’activité, Jocelyne SANKIMA «Ce soutien de la Croix-Rouge burkinabè va permettre de redonner le sourire à près de 2 500 personnes, si l’on compte que dans chacun des 204 ménages, il y a 5 à 6 personnes en moyenne ».

C’est la première fois que la CRBF expérimente le mobile money comme mécanisme d’intervention pour assister les  communautés vulnérables. Les transferts monétaires sont un outil d’intervention auquel les organisations humanitaires font de plus en plus recours au regard de l’évolution de l’environnement humanitaire et des avantages qu’ils offrent en matière d’assistance des populations en difficulté. De façon stratégique, la Croix-Rouge burkinabè veut s’engager à utiliser de façon systématique  ce type d’assistance pour assurer une prise en charge rapide et efficace des personnes affectées par les crises. L’opération conduite dans ces six villages de la commune de Nagréongo est une phase pilote qui s’inscrit dans un plan global de renforcement des capacités de la Société Nationale en matière de transfert monétaire avec le soutien de la Croix-Rouge Britannique.

Wahab Ouedraogo (collaborateur)

Forêt classée de Zamcé: un renfort de 1500 plants

Le Conseil constitutionnel a organisé, une opération de reboisement dans la forêt classée de Zamcé, située à cinq kilomètres de la ville de Kombissiri (province du Bazèga), le vendredi 12 juillet 2019.

La gestion responsable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement sont le leitmotiv du Conseil constitutionnel. C’est pourquoi, il a organisé une opération de reboisement, le 12 juillet 2019 dans la forêt classée de Zamcé à cinq kilomètres de Kombissiri (province du Bazèga). Elle a consisté à faire une haie vive autour du périmètre de la forêt. Selon le président du Conseil constitutionnel, Kassoum Kambou, à travers cet acte qui se fait chaque année, son institution entend interpeller tous les acteurs sur la nécessité de protéger la nature mise à l’épreuve par la forte pression humaine. «Il faut adopter des comportements écocitoyens. Pour cette édition, nous mettons en terre au moins 1500 plants et remercions à l’occasion le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique qui nous a remis 500 plants», a-t-il affirmé. Aussi, il a salué l’initiative du gouvernement, de prendre à bras-le-corps, la question de la protection de l’environnement à travers l’instauration de la Journée nationale de l’arbre le 3 août prochain. Et à M. Kambou de rappeler que son institution entend garantir l’effectivité de droit à un environnement sain. «Depuis 2014, plus de 3000 plants ont été mis dans le bosquet par le Conseil. Notre cellule environnement assure le suivi et la population de Zamcé empêche aussi les animaux de détruire les plants», a-t-il souligné. Pour le président de la cellule environnement du Conseil, Frank Compaoré, cette cérémonie devenue un rituel, est salutaire. «Nous plantons des arbres pour améliorer le couvert végétal», a-t-il dit. Le gouverneur de la région du Centre-Sud, Josiane Kabré a, pour sa part, remercié le Conseil pour avoir choisi sa région. Elle a souhaité, en sus, que le bosquet soit entretenu.

Mariam SOMDA

Secteur de la gouvernance économique

La ministre déléguée chargée de l’Aménagement du territoire, Pauline Zouré, a présidé, le vendredi 12 juillet 2019 à Ouagadougou, la cérémonie d’ouverture de l’assemblée 2019 des projets et programmes du secteur «Gouvernance économique». La rencontre a été consacrée à l‘évaluation des performances desdites unités.

Les performances de 17 projets et programmes du secteur de la «Gouvernance économique» réunissant les ministères en charge des finances, de la jeunesse, de l’administration territoriale et de la fonction publique sont jugées «mitigées» avec 36 points sur 50, au titre des années 2017 et 2018. C’est ce qui ressort de l’assemblée sectorielle 2019, tenue le vendredi 12 juillet à Ouagadougou, sous la présidence de la ministre déléguée chargée de l’Aménagement du territoire, Pauline Zouré. Selon la ministre, deux projets et programmes ont des résultats insuffisants. Il s’agit du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) dont le budget est éparpillé dans plusieurs ministères et de celui d’appui à la mise en œuvre du PNDES qui n’a pas totalement démarré. Huit autres, dont le programme d’appui à la coopération Burkina Faso-Union européenne, celui d‘appui au financement adapté à l’agriculture familiale et le projet de gouvernance économique et participation citoyenne, ont fait des progrès passables. Dans le pool des projets avec une performance optimale, Pauline Zouré a dénombré sept, notamment le Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL), celui d’Appui aux collectivités territoriales (PACT), le Projet spécial de création d’emploi pour les jeunes et les femmes (PSCEJF). Pour Pauline Zouré, les résultats enregistrés sont satisfaisants au regard de la contrainte budgétaire, des remous sociaux et de l’insécurité qui empêchent le déroulement des activités. Les autres justificatifs relèvent de la gouvernance, à savoir la non-transmission à temps des rapports d’audit, les problèmes de justification des dépenses et de bonne préparation avant exécution. Outre la revue de la performance des ministères du secteur de la «Gouvernance économique», l’assemblée sectorielle s’est penchée sur le thème «La problématique de la maturation des projets et programmes au Burkina Faso : états des lieux, enjeux et perspectives». Les participants ont identifié aussi les facteurs entravant la bonne exécution et proposé des solutions susceptibles de dynamiser et de rationaliser la mise en œuvre des projets et programmes. Le secteur «Gouvernance économique» est l’un des 14 «secteurs de planification» identifiés dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES).

Jean Philibert SOME
Boureima GANSONRE
(Stagiaire)

Caisse des dépôts et consignations

Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations du Burkina Faso (CDC-BF), Paul Kaba Thiéba, a prêté serment devant des membres de la commission de surveillance de la caisse, le vendredi 12 juillet 2019, à l’Assemblée nationale.

Nommé, en Conseil des ministres du 27 mars 2019, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations du Burkina Faso (CDC-BF) et approuvé par décret présidentiel du 18 avril 2019, l’ancien Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a officiellement pris fonction, le 12 juillet 2019. Il a juré de défendre loyalement les intérêts de la CDC-BF, à l’Assemblée nationale, devant la commission de surveillance de la CDC-BF, le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, des membres du gouvernement, etc. Il a promis de maintenir l’autonomie de l’institution, de garantir l’inviolabilité de ses fonds, d’assurer sa sécurité, sa liquidité, sa rentabilité et de la représenter dans les actes de la vie civile avec honneur, intégrité, dévouement et probité. Pour le tout premier directeur général de la CDC-BF, le serment qu’il a prêté est un acte sacré d’être fidèle à la vision du chef de l’Etat, pour qui, la CDC-BF est une priorité absolue parmi les réformes indispensables au développement de l’économie nationale. «La CDC-BF ne sera pas une institution de plus. Elle sera une structure de financement du développement du Burkina Faso, crédible et solide», a soutenu M. Thiéba.

Félicité pour ses compétences

Le président de la commission de surveillance de la CDC-BF, le député Bindi Ouoba, a pris acte de la parole donnée du directeur général de la CDC-BF qui, pour lui, est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il a, en effet, reconnu les compétences de Paul Kaba Thiéba à opérationnaliser l’institution. A l’occasion, le directeur général de la CDC-BF a été félicité par le chef du parlement burkinabè et les autres invités. Paul Kaba Thiéba a d’abord fait ses armes à la Caisse des dépôts et consignations de France, avant de servir à la banque centrale au début des années 1990. Fervent défenseur de l’initiative au Burkina Faso, il s’est réjoui d’avoir réussi à mettre en place la CDC-BF, sous la surveillance du parlement. La caisse est dotée d’un capital d’au moins vingt milliards de francs CFA.

Boukary BONKOUNGOU
Panson Antoinette BENON
(Stagiaire)

Procès du putsch «J’ai appris la leçon …», Roger Koussoubé

Les avocats Alexandre Sandwidi et Michel Traoré ont plaidé, le vendredi 12 juillet 2019, devant le tribunal militaire de Ouagadougou, pour l’acquittement de leur client, Roger Koussoubé, dans le cadre du procès du putsch manqué.

Les conseils de Roger Koussoubé alias le «Touareg», Maîtres Alexandre Sandwidi et Michel Traoré, sont convaincus que leur client n’est responsable d’aucune infraction retenue contre lui, dans le cadre du coup d’Etat de 2015. Toute la journée du 12 juillet 2019, ils ont défendu le sergent-chef sur qui pèsent cinq chefs d’accusation. Il s’agit de l’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, complicité de dégradation volontaire aggravée de biens et incitation à la commission d’actes contraires à la discipline militaire. De prime abord, Me Sandwidi a relevé que l’autorité de la Transition n’était pas légitime parce que la notion (de transition) elle-même n’était pas constitutionnelle. «La charte de la Transition était au-dessus de la Constitution. Ce n’est pas normal. C’était même un coup d’Etat», a-t-il estimé. Dans son argumentaire, il a mentionné que l’accusé Koussoubé n’a posé aucun acte matériel allant dans le sens de la participation au putsch. Il n’était pas du commando qui a arrêté et séquestré les autorités, n’a pas fait partie de la sécurité du général Gilbert Diendéré, n’a participé à aucune réunion, ni détruit ou incendié des bâtiments, selon l’avocat. «Les vidéos présentées concernant la radio Savane FM n’accablent pas Koussoubé, parce qu’on ne l’a pas vu en train de casser. En tant qu’agent de renseignement, il y était par simple curiosité», a précisé Me Sandwidi. Et son confrère, Me Traoré, de rappeler que Diendéré a aussi reconnu qu’il n’a jamais mandaté Koussoubé pour quoi que ce soit. C’est pourquoi, les deux avocats ont souligné que l’infraction d’attentat retenue contre leur client n’est pas constituée, pour absence de preuves. Me Sandwidi, lui, a parlé d’ acharnement contre leur client. Car, à l’entendre, le parquet a requis 25 ans de prison ferme contre Koussoubé alors que des coaccusés qui ont posé des actes plus graves s’en sortent avec des requêtes de peines moins lourdes. «On a passé 16 mois à prêcher dans le désert», a estimé l’auxiliaire de justice. Sur les faits de meurtre, il a indiqué qu’on aurait dû produire un rapport balistique sur les corps afin qu’on sache qui a tiré et avec quelle arme. Mais en l’absence d’une telle étude, il a considéré que l’accusation de meurtre n’est pas fondée. C’est aussi l’avis de Me Traoré lorsqu’il a fait savoir que les éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) n’étaient pas d’ailleurs les seuls dans la rue, le 16 septembre 2015 et jours suivants. «Il y avait également la police et des délinquants qui tiraient en ville», a-t-il dit. L’avocat a ajouté que le grade de Roger Koussoubé (sergent-chef) ne lui permettait pas non plus de donner des instructions afin que des véhicules sortent d’un camp avec des militaires pour faire des patrouilles. Me Traoré ne comprend donc pas comment leur client peut inciter des soldats à commettre des actes contraires au règlement militaire. A l’écouter, l’accusé n’a rien fait qui puisse constituer une infraction.

«Tout le monde m’a fui…»

Pour cette raison, il a requis qu’on acquitte purement et simplement son client ou, en cas du moindre doute, de le condamner avec sursis. Selon l’avocat, Koussoubé est un excellent soldat qui n’a jamais été condamné ni sanctionné sur le plan de la discipline, mais le pseudonyme «Touareg» fait qu’on a des préjugés sur lui. «Notre client fait partie de ceux qui ont contribué à déjouer un coup d’Etat contre Yacouba Isaac Zida. Il n’est pas le monstre qu’on a présenté ni la personne dangereuse à qui on refuse d’accorder la moindre faveur», a renchéri Me Sandwidi. Son confère, Me Traoré, lui, a souhaité qu’on accorde une seconde chance à l’accusé en lui permettant de poursuivre sa carrière dans l’armée. Car, à l’entendre, dans ce contexte d’insécurité, le prévenu qui est un bon agent de renseignement peut bien apporter son expertise dans la lutte contre le terrorisme. «Nous avons bon espoir que nous sommes en train de voir le bout du tunnel, n’en déplaise à nos détracteurs», a clamé Me Traoré. Appelé à la barre pour son mot de la fin, Roger Koussoubé a laissé entendre que contrairement à certains coaccusés, il est toujours resté constant dans ses déclarations. Mais, il dit ne pas comprendre pourquoi tant de haine et de calomnie à son égard. «Des gens m’en veulent. J’avais quitté le pays pour sauver ma vie», a avancé le prévenu. Il a aussi soutenu qu’il ne peut pas être ce personnage horrible qu’on a tenté de présenter au tribunal, étant donné qu’il a facilité le désarmement et même sauvé certaines personnalités à l’hôtel Laïco. «Le 16 septembre 2015, j’ai obéi aux ordres de mes supérieurs. Je n’ai jamais patrouillé ni fait usage de mon arme durant les événements, encore moins enlevé et séquestré les autorités», s’est défendu Koussoubé. Surnommé le Touareg dès le 17 septembre, il a, par ailleurs, signalé qu’il a été victime du putsch, parce que n’eût été l’intervention de leaders de la société civile, son domicile allait être incendié par des manifestants. «Tout le monde m’a fui sauf ma famille. Je demande votre clémence. Je veux être acquitté», s’est-t-il adressé au tribunal. Issu d’une famille militaire, l’accusé a révélé qu’il a choisi l’armée par vocation. C’est pourquoi, il a rassuré que s’il a la chance d’y poursuivre sa carrière, il sera un militaire exemplaire. « J’ai appris la leçon durant ce temps de détention», a confié l’accusé. Tout en rappelant qu’il a travaillé pendant 18 ans sans la moindre sanction, il a tenu à présenter ses excuses à tous ceux qu’il aurait offensés. L’audience reprend ce lundi 15 juillet à 9 heures.

Mady KABRE

Dynamique salvatrice

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Longtemps annoncé, le dialogue entre les protagonistes de la classe politique est officiellement prévu pour se tenir du 15 au 22 juillet 2019. Cela, au grand bonheur de la société burkinabè dans toutes ses composantes au pied de l’Edifice républicain qui semble prendre de l’eau de toute part. Car, il faut le dire, les Burkinabè sont quelque peu inquiets face à la montée des conflits avec leurs corollaires de drames humanitaires débordants, les irrédentismes qui naissent çà et là, compromettant le vivre-ensemble, voire l’avenir du pays. La réconciliation nationale est donc devenue pour eux une nécessité qui leur permettra de mieux appréhender leur avenir commun à travers les deux principaux points inscrits à l’ordre du jour de «ce grand débat national» à la burkinabè: l’organisation des élections de 2020, la situation nationale et la cohésion sociale. Se mettre ensemble, pour colmater les fissures dont les conséquences n’épargneraient aucun occupant de la Maison commune, n’est qu’une simple question de bon sens que le président du Faso n’a de cesse de cultiver. Avec un sens du dialogue et du compromis reconnu, même par ses contempteurs, il a su œuvrer depuis le début de son mandat, à l’instauration d’une tradition de dialogue républicain. En effet, six mois après son accession à la magistrature suprême, le président du Faso a eu une rencontre de prise de contact avec le chef de file de l’opposition politique en juin 2016. Depuis lors, les contacts formels ou non ont toujours eu lieu, jusqu’au 19 avril 2018, date à laquelle le chef de l’Etat a reçu à nouveau le chef de file de l’opposition en vue d’échanger sur le projet de la nouvelle Constitution et le vote des Burkinabè de l’extérieur. Un an plus tard, soit le 4 avril 2019, le président Kaboré recevait, tour à tour, l’opposition politique, la majorité présidentielle, pour leur exprimer sa volonté d’ouvrir un dialogue politique. Lequel dialogue s’ouvre ce lundi matin. Plus qu’une simple rencontre, ce dialogue politique est plein d’enjeux, car il doit être le catalyseur de la réconciliation voulue par tous. De l’espoir donc mais aussi des appréhensions, si tant est que les prémices de ce dialogue ont été « entachés » de déclarations sinon maximalistes, à tout le moins compromettantes pour des échanges féconds. De l’espoir peut-être, des appréhensions peut-être, mais certainement une opportunité. Celle d’un questionnement, d’une introspection profonde sur ce que nous avons appelé «les maladies infantiles» de nos politiques, dont les principaux symptômes sont les revendications maximalistes, les remises en cause systématiques et anticipées, le nombrilisme frileux, la politique du «ôte-toi que je m’y mette» sans parfois aucune référence à celui pour qui toute la planète politique est censée se battre : le peuple. Celui-ci ne saurait tolérer pareil cirque si d’aventure les débats achoppaient sur des préalables inutiles voire superfétatoires. Pourquoi par exemple l’exigence d’un engagement anticipé de l’Autorité à mettre en œuvre les recommandations qui résulteraient de ce dialogue ? Sans aucun a priori, personne ne saurait marchander sa participation à cette dynamique salvatrice pour le Faso. Autrement dit, on aurait un problème de fond avec notre démocratie. Les pratiques politiques et sociales du passé doivent être bannies, car il s’agit d’engager les Burkinabè dans une nouvelle citoyenneté.