Crise au CDP : les marchés et «yaars» appellent à l’union

Les commerçants des marchés et «yaars» de la ville de Ouagadougou, militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ont organisé leur assemblée générale, le jeudi 11 juillet 2019. A cette occasion, ils ont affirmé leur soutien à la direction du parti et à son président Eddie Komboïgo.

Les militants du Congrès pour la démocratie le progrès (CDP), commerçants des marchés et «yaars» de la capitale burkinabè se sont engagés à œuvrer pour la mise en œuvre du programme d’activités de leur parti qui prépare les élections de 2020. Ils l’ont affirmé et exprimé leur soutien au président du parti, Eddie Komboïgo, lors d’une Assemblée générale, le jeudi 11 juillet 2019. «Dans nos marchés et «yaars», on a eu vent d’une mésentente entre le président et quelques membres du parti. Nous avons voulu savoir davantage et apporter notre soutien au CDP. S’ils désignent à l’unisson un autre candidat, nous sommes prêts à soutenir ce dernier», a précisé le secrétaire national des commerçants des marchés et «yaars» du CDP, Amidou Compaoré. En attendant, il a fait savoir que les commerçants soutiennent Eddie Komboïgo, président légitime du parti. M. Compaoré a souhaité que les uns et les autres laissent les différends et restent soudés afin que le CDP puisse remporter la victoire en 2020. Le président du parti, Eddie Komboïgo a, pour sa part, expliqué que c’est à la suite de l’invitation du secrétariat chargé des marchés et «yaars», qu’il est venu expliquer les incompréhensions au sein du parti.

«Ensemble, nous avons appelé à l’union, afin que ceux qui se plaignent reviennent, parce que le CDP a besoin d’eux et le parti appartient à tout le monde. C’est ensemble que nous serons forts. C’est ensemble que nous pourrons construire le CDP. Les divisions ne peuvent pas faire grandir un parti», a-t-il lancé. Toutefois, a poursuivi M. Komboïgo, si certains sont convaincus que leur position est de partir, ils peuvent le faire. «Le CDP a généré pas mal de partis. Il est fort et le restera toujours. Les commerçants ont réaffirmé leur volonté de demeurer CDP et c’est un signal fort pour dire aux frondeurs de revenir parce que la solution ce n’est pas d’aller crier dehors. La porte est ouverte, même à ceux qui ont démissionné», a soutenu M. Komboïgo. Il a aussi passé le message de l’ancien président Blaise Compaoré, qui est un appel à l’union.

Jean-Marie TOE &

Dawara Sylvie SOU (stagiaire)

Championnats nationaux du sport à l’école primaire a referme ses portes

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Les finales en football garçons et filles des championnats nationaux du sport à l’école primaire se sont jouées dans la soirée du dimanche 7 juillet 2019, au stade Wobi de Bobo-Dioulasso. Ces matchs ont bouclé la série de finales de la première édition, qui s’est déroulée, les 6 et 7 juillet 2019.

Les championnats nationaux du sport à l’école primaire ont connu leur épilogue, le dimanche 7 juillet 2019 à Bobo-Dioulasso. Débutée le 6 juillet, cette toute première édition s’est clôturée avec les finales en football garçons et filles, au stade Wobi. En football féminin, la région des Hauts-Bassins a croisé les crampons avec celle du Sud-Ouest. Après une rencontre de 2 x 15 minutes, ce sont les filles des Hauts-Bassins qui sont sorties victorieuses, avec l’unique but marqué sur un coup de pied arrêté à la 19e minute par Barkissa Dao. La finale des garçons, qui s’est jouée en deux parties de 25 mn, a, quant à elle, opposé la région des Hauts-Bassins à celle du Centre-Ouest. A l’arrivée, c’est le Centre-Ouest qui prend le dessus sur les Hauts-Bassins, sur le même score que le premier match, d’un but à zéro.

But marqué trois minutes seulement après l’entame du match. Rappelons que des phases régionales, débutées depuis le 3 novembre 2018, ont précédé ces finales. Toutes les régions ont ainsi pu sélectionner leurs meilleurs dans toutes les disciplines. 13 équipes de football garçons, 7 équipes de football filles, 13 équipes d’athlétisme en filles, 13 équipes d’athlétisme en garçons, y ont participé. L’athlétisme a concerné les épreuves de vitesse sur 60 mètres, et le saut en longueur. Les participants dans les deux épreuves ont d’abord eu droit à un 1er tour où certains se sont qualifiés pour les demi-finales. Les finales, quant à elles, ont eu lieu dans la matinée du dernier jour. Le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, le Pr Stanislas Ouaro, qui a présidé la clôture de la première édition, ne cache pas sa satisfaction. Pour lui, le thème choisi, «Eduquer par le sport et la culture pour une jeunesse citoyenne », est interpellateur. Son département, a-t-il dit, est engagé dans une « ambitieuse » rénovation du sport et de la culture à l’école.

En témoigne la création de l’Organisation nationale du sport scolaire (ONASS), qui a en charge l’organisation de ces championnats. Le ministère a aussi en perspectives, l’introduction de nouvelles compétitions et la multiplication des compétitions, de façon générale, pour permettre aux scolaires de s’affronter de façon continue. Pour le Pr Ouaro, ces finales offrent l’opportunité de détecter les jeunes talents dans les différentes disciplines. « Je sais que mon collègue des sports et loisirs est attentifs pour une détection de jeunes talents », a-t-il lancé. Et le directeur de cabinet du ministre des Sports, et des Loisirs, Boureima Sy, d’affirmer l’engagement du département des sports à soutenir ces championnats.

Alpha Sékou BARRY

Chef de village de Logofourousso : « Je n’ai jamais envoyé quelqu’un me représenter … »

Le jeudi 4 juillet 2019 à Bobo-Dioulasso, le ministère en charge de l’urbanisme annonçait un «consensus» sur le démarrage des travaux du projet de construction de logements sociaux à Logofourousso. Cet accord semble ne pas faire l’unanimité du côté du chef du village, Sibiri Ouattara et de ses notables. Ce dernier a donné les raisons de son refus sur le site du projet, le jeudi 11 juillet 2019.

Le projet de construction de logements sociaux à Logofourousso , village rattaché à la commune de Bobo-Dioulasso, fait couler actuellement beaucoup d’encre et de salive. Le jeudi 4 juillet 2019 à Bobo-Dioulasso, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme annonçait avoir trouvé un consensus pour le futur démarrage des travaux. Le chef du village, Sibiri Ouattara dit ne pas se reconnaitre dans l’accord conclu entre le gouvernement et les propriétaires terriens.

«Je n’ai jamais envoyé quelqu’un me représenter lors de la rencontre avec le ministre en charge de l’urbanisme», a indiqué Sibiri Ouattara, le jeudi 11 juillet 2019, sous l’arbre à palabres du village devant la presse. Selon lui, le projet occupe un lieu dédié au culte du village. La zone existe avec le village depuis la nuit des temps. «Si on prend la zone, c’est comme si on détruisait le village», a-t-il laissé entendre. Le projet, de son avis, est mal entré à Logofourousso car, aucune concertation préalable n’a eu lieu. Sibiri Ouattara dit ne pas être contre ce projet, mais maintient que le site choisi pose problème. Au quartier Belleville de Bobo-Dioulasso, il y a des champs qui appartiennent au village. Ainsi, le chef dit avoir proposé ce site appartenant au village qui devait être loti avant l’insurrection populaire de septembre 2014. La question de savoir s’il n’y a pas une manipulation politique derrière ? Le chef de Logofourousso a réagi en indiquant qu’il n’y a pas de main tapie dans le noir qui manipule qui que ce soit. «La politique est venue trouver le village. Je ne parle pas de politique ; moi ce qui m’intéresse à la sauvegarde de la tradition », a-t-il affirmé.

Boudayinga J-M THIENON

EPE : «Optimiser les capacités de mobilisation des ressources», Célestin Sanon, PCO

La 20e édition de la conférence annuelle des agents comptables des établissements publics de l’Etat se tient, du 15 au 17 juillet 2019, à Ouagadougou sous le thème : «L’agent comptable et le régime fiscal burkinabè». A travers cet entretien, le président du comité d’organisation, Célestin Santéré Sanon, par ailleurs directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, dévoile les objectifs de l’évènement, ainsi que ses enjeux.

Sidwaya (S) : 2019 marque la 20e édition de la Conférence annuelle des agents comptables des établissements publics de l’Etat (CACEPE). Quelle est la plus-value de ces cadres de réflexions ? Célestin Santéré Sanon

(C. S. S.) : Dans le cadre de l’accompagnement des Etablissements publics de l’Etat (EPE), la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) organise chaque année et, ce, depuis 2000, la Conférence annuelle des agents comptables des établissements publics de l’Etat (CACEPE). L’institution de ce cadre comme espace de dialogue et de partage d’expériences permet aux Agents comptables (AC) d’échanger annuellement avec l’administration du Trésor public sur les préoccupations se rapportant à leurs missions. Au sortir de chaque conférence, des solutions sont proposées en vue d’améliorer la performance des agences comptables. On peut citer, par exemple, l’élaboration de différents textes juridiques portant organisation-type des agences comp-tables, et gestion budgétaire et comptable de ces agences. L’adoption de ces textes a largement contribué à l’assainissement de la gestion financière et comptable des EPE. Il convient de souligner que l’agent comptable est un comptable public nommé auprès d’un établissement public de l’Etat pour la gestion financière et comptable de cet établissement. A ce titre, il est chargé, entre autres, des questions de recouvrement, de paiement de la dépense, de la gestion de la trésorerie, de la tenue de la comptabilité de l’établissement public. En sa qualité de comptable principal, il rend compte à la Cour des Comptes de la gestion financière et comptable de l’établissement.

S. : Qu’en est-il des recommandations formulées par les agents comptables des EPE lors des différentes conférences annuelles ?

C. S. S. : Généralement, avant la tenue de chaque conférence, nous faisons un point exhaustif des recommandations formulées lors des précédentes éditions. Un comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de la CACEPE a été créé. Dans le cadre de la préparation de la conférence de 2019, le point de la mise en œuvre des recommandations qui a été fait est très satisfaisant. C’est l’occasion pour moi de saluer les efforts de tous les acteurs qui ont contribué à la mise en œuvre de la majeure partie de ces recommandations. Je tiens à rassurer que les recommandations non encore mises en œuvre feront toujours l’objet d’attention soutenue.

S. : «L’agent comptable et le régime fiscal burkinabè», tel est le thème du CACEPE 2019. Qu’est-ce qui justifie le choix de ce sujet ?

C. S. S. : Le 20 décembre 2017, l’Assemblée nationale a adopté le nouveau Code général des impôts. D’importantes innovations y ont été apportées tant dans le fond que dans la forme. Ainsi, avec ce nouveau code, certains établissements publics de l’Etat voient une partie de leurs activités soumises à la TVA et autres taxes. Dans la pratique, le traitement de ces opérations fiscales par les agents comptables n’est cependant pas sans difficultés. Le choix du thème se justifie donc par le souci d’apporter des solutions aux difficultés auxquelles les agents comptables sont confrontés en matière de fiscalité des EPE. Pour animer le thème principal de cette conférence, nous avons fait appel à des cadres de la direction générale du Trésor.

S. : Quels sont les résultats attendus de cette conférence ?

C. S. S. : L’objectif principal poursuivi à travers le choix de ce thème est d’optimiser les capacités des agents comptables en matière de mobilisation des ressources fiscales. Au sortir de ces trois jours d’échanges, chaque agent comptable devrait être à même de pouvoir identifier clairement les différents impôts et taxes auxquels est assujetti son établissement et de maîtriser leur mode de traitement. Par ailleurs, au cours de cette conférence, nous allons beaucoup échanger sur les difficultés liées à l’application de ces impôts et taxes et partager les bonnes pratiques en la matière.

S. : Chaque année, en plus du thème central, la CACEPE offre l’occasion aux agents comptables d’aborder une problématique d’actualité. Quels seront les sujets des autres communications de cette édition ?

C. S. S. : En plus du thème central, les agents comptables auront effectivement droit à deux autres communications au cours de cette conférence. La première communication porte sur «les performances des agents comptables des EPE au cours de l’année 2018» et la seconde communication sur «les insuffisances et les recommandations issues des missions de vérification des agences comptables». Pour ce qui est de la première communication, il s’agit de la notation annuelle des agents comptables que nous allons porter à la connaissance des participants. Quant à la seconde, elle vise à présenter les insuffisances récurrentes relevées lors des dernières missions de vérification. Une telle présentation contribue à ce que les insuffisances déjà relevées puissent être partagées et permettre ainsi d’éviter qu’elles ne se reproduisent ailleurs.

S. : Justement quelles sont les principales insuffisances relevées par les différentes missions de vérification ?

C. S. S. : Les principales insuffisances relevées lors des missions de vérification des Agents comptables portent généralement sur le recouvrement des recettes, le paiement des dépenses, la gestion de la trésorerie et la tenue de la comptabilité. Contrairement à ce que pourrait penser l’opinion, la vérification n’entraine pas systématiquement des sanctions négatives, le comptable vérifié peut être positivement apprécié si le poste est bien tenu. Les missions de contrôles ont donc aussi un rôle d’appui-conseil.

S. : Que préconisez-vous pour y remédier ?

C. S. S. : Les diligences à mettre en œuvre peuvent concerner l’administration elle-même qui est souvent interpellée pour mettre ces agents comptables dans de bonnes conditions de travail. En général, lorsque des dysfonctionnements sont relevés, des actions correctives sont entreprises pour permettre aux comptables publics concernés d’améliorer la tenue de leurs postes comptables. Dans ce sens, le plan annuel de formation prend en compte les besoins en renforcement de capacités. A l’occasion de ces contrôles, des recommandations sont formulées et un suivi de la mise en œuvre de ces recommandations est mis en place. En fonction des constats, les agents comptables sont invités à respecter les procédures et règles d’exécution et à rendre compte en produisant leur compte de gestion dans les délais prescrits.

Entretien réalisé par Nadège YE

Charte de l’eau du Bassin de la Volta : un plan d’actions en cours de validation

L’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) organise, du 11 au 13 juillet 2019 à Ouagadougou, un atelier régional de validation des projets annexes et du plan d’actions de ratification et de mise en œuvre de la Charte de l’eau dudit bassin.

Trois projets annexes et un plan d’actions de ratification de la mise en œuvre de la Charte de l’eau du Bassin de la Volta, approuvés par le conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV), en mai 2019, sont en cours de validation. Pour la circonstance, une quarantaine de participants venus des six pays membres de l’ABV (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Togo, Bénin et Ghana) sont réunis, du 11 au 13 juillet 2019, à Ouagadougou. Ils vont, selon les organisateurs de l’atelier, examiner les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement des organes spécifiques consacrés par la Charte de l’eau. Les modalités de production, de collecte, d’échanges et d’utilisation des données et d’informations ainsi que la procédure de notification préalable devraient être aussi passées à la loupe.

A l’ouverture des travaux, le directeur exécutif de l’ABV, Robert Yaovi Dessouassi, a indiqué que cette rencontre marque un arrêt momentané du processus d’élaboration de la charte. Il a salué, à l’occasion, les appuis «soutenus» de la Banque mondiale (BM), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et la Coopération sur les cours d’eau internationale en Afrique (CIWA) au processus de gestion intégrée des ressources en eau du Bassin de la Volta. La Charte de l’eau, un enjeu majeur pour le Burkina Selon le représentant du ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Alassoun Sori, en adoptant ces «décrets d’application» de la Charte de l’eau, il s’agit d’un pas décisif vers son adoption formelle par le prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ABV.

Dans cette logique, Il a rassuré tous les acteurs du soutien du département en charge de l’eau pour, également, faciliter la ratification de la charte par les parlements des six Etats membres de l’ABV. Alassoun Sori a, tout comme son prédécesseur, loué l’action des Partenaires techniques et financiers (PTF) pour le financement du «Projet de mise en œuvre du programme d’actions stratégiques du Bassin de la Volta (VSIP)», dans lequel s’inscrit la charte. Le directeur général des ressources en eau et point focal de l’ABV au Burkina Faso, Serge Traoré, a soutenu que la Charte de l’eau constitue un enjeu majeur pour le pays des Hommes intègres.

Car, a-t-il expliqué, elle permet de fixer les principes d’utilisation et de gestion équitables de la ressource en eau du Bassin de la Volta. Le projet VSIP, a précisé son coordonnateur, Dr Jacob W. Tumbulto, est financé à hauteur de 11 millions de dollars américains soit l’équivalent de 5 milliards 500 millions F CFA par le FEM et la CIWA et exécuté par la BM. Les Etats membres de l’ABV, pour finaliser la charte, outil juridique, règlementaire, institutionnel et technique de la gouvernance environnementale du bassin, devraient mobiliser, les finances nécessaires car le VSIP «expire» en août prochain, a rappelé le directeur exécutif de l’ABV.

Boukary BONKOUNGOU

L’Etat d’urgence prolongée de six mois

L’Assemblée nationale a adopté, à l’unanimité, le jeudi 11 juillet 2019, la loi portant prorogation de la durée de l’Etat d’urgence dans 14 provinces du Burkina Faso. Elle permettra à l’exécutif de poursuivre ses actions de sécurisation des zones en proie au terrorisme.

Le gouvernement peut poursuivre la mise en œuvre des mesures spéciales entreprises depuis le début de l’année pour la sécurisation des zones touchées par les attaques terroristes dans 14 provinces du pays. En effet, les députés ont adopté, à l’unanimité des 109 votants, la loi portant prorogation de la durée de l’Etat d’urgence, le jeudi 11 juillet 2019, répondant favorablement à la demande de l’exécutif de prolonger la durée de la mesure de six mois. Selon le ministre de la Justice, René Bagoro, l’Etat d’urgence, décrété par le président du Faso en fin décembre 2018, a permis aux Forces de défense et de sécurité (FDS) d’engranger des résultats sur le terrain de la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme dans les 14 provinces reparties entre six régions. Il a ainsi énuméré «de nombreux terroristes neutralisés, des bases terroristes détruites, plus de 100 personnes déférées au parquet du tribunal militaire de Ouagadougou, une baisse considérable des attaques contre les positions des FDS et structures publiques».

Tout cela est le résultat de patrouilles, d’opérations de ratissage et de contrôles de routines sur les différents axes routiers et couloirs d’accès aux bandes frontalières, a-t-il dit. Se réjouissant du vote de l’Assemblée nationale, René Bagoro a soutenu que la prorogation de l’Etat d’urgence permet de renforcer et de consolider la lutte, d’asseoir une sécurité durable et de donner plus d’opportunités et de moyens aux FDS de poursuivre leurs actions de sécurisation. Auparavant, lors du débat général, des députés ont émis des doutes sur le bilan de l’Etat d’urgence, six mois après son application. Ils ont également soulevé des inquiétudes par rapport à la souffrance endurée par les populations des zones concernées du fait du couvre-feu. En réponse, le ministre de la Justice a, d’abord, précisé que le projet de loi soumis à leur examen a pour but de lutter contre le terrorisme et non contre les conséquences des attaques terroristes.

«Le gouvernement peut être interpellé sur la gestion des déplacés, mais il ne revient pas à cette loi de trouver les réponses à ces préoccupations», a-t-il lancé. Sur le bilan à mi-parcours de la mesure, le Garde des Sceaux a laissé entendre que le gouvernement dispose d’éléments très précis sur le bilan des opérations entreprises depuis le début de l’Etat d’urgence, mais il ne peut pas les dévoiler à la tribune de l’Hémicycle pour des raisons stratégiques et de sécurité. Et d’ajouter: «Si l’Assemblée nationale nous saisit dans un cadre plus restreint ou dans un courrier confidentiel, nous donnerons tous les détails mêmes ceux concernant l’opération Otapuanu menée dans la région de l’Est». S’agissant des personnes interpellées, pour le ministre Bagoro, il n’appartient pas à l’exécutif de dire qu’elles sont des terroristes. «Nous les avons arrêtées suivant des indices et elles demeurent des présumés terroristes jusqu’à ce qu’elles soient jugées et déclarées comme telles par une juridiction compétente», a-t-il soutenu. Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a saisi l’occasion pour annoncer la fin de la session spéciale, ouverte le lundi 8 juillet dernier.

Beyon Romain NEBIE

Système bancaire : le bureau d’information sur le crédit opérationnel

Le directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Charles Luanga Ki-Zerbo, a animé, le jeudi 11 juillet 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse sur la deuxième rencontre de concertation avec les établissements financiers du Burkina Faso.

Le Bureau d’information sur le crédit (BIC), un chantier engagé par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), est rentré dans sa phase opérationnelle depuis l’adoption de la loi modificative de la loi portant réglementation des bureaux d’information sur le crédit, le 14 mai 2019. Le sujet a fait l’objet d’échanges entre le directeur national de la BCEAO, Charles Luanga Ki-Zerbo et les directeurs généraux des établissements de crédit, lors de leur deuxième rencontre de concertation de l’année.

Ce dispositif, à écouter le directeur national de la BCEAO, dispense les établissements de crédit de l’obligation de recueil du consentement préalable des personnes ayant bénéficié de prêts avant le 25 mai 2016. «Cet amendement de la loi devrait rendre le dispositif plus opérationnel en permettant le déversement, dans la base de données du BIC, des informations sur les anciens emprunteurs à l’instar des autres Etats de l’UEMOA ayant engagé le processus», a-t-il précisé. L’objectif, a fait savoir M. Ki-Zerbo, est de permettre aux emprunteurs potentiels de présenter une situation la plus complète possible à leurs banques à partir d’un certain nombre d’informations qui peuvent être collectées auprès d’autres établissements et même certains grands facturiers comme les sociétés d’eau et d’électricité. De son avis, la modification de la loi va faciliter la collecte des données pour les banques et rendre plus pertinente la consultation des informations.

«Souvent les banques veulent consulter le BIC, mais se rendent comptent qu’il n’y a aucune donnée», a soutenu le directeur national de la BCEAO. Pour sa part, le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF-B), Martial Goeh-Akue, a confié qu’à ce jour des données ont été rendues disponibles auprès du BIC dans près de 70% des nouveaux prêts. Selon lui, le secteur se porte bien avec notamment un volume de financement à l’économie qui s’accroit. Au cours de la rencontre, a souligné Charles Luanga Ki-Zerbo, il a également été question du dispositif de soutien au financement des Petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI), des structures devant les accompagner à mieux structurer leurs activités. «Le rôle de ces structures consiste dans l’accompagnement des PME/PMI à satisfaire aux conditions d’éligibilité ainsi que le suivi des entreprises bénéficiaires de financement», a-t-il renchéri.

A cet effet, il a cité l’exemple du délai de paiements de la commande publique qui peut favoriser l’accès des crédits aux PME. En dehors des factures d’eau et d’électricité, y a-t-il d’autres qui seront prise en compte ? Sur cette question des journalistes, Charles Luanga Ki-Zerbo a indiqué que le BIC n’a pas pour vocation d’aller jusque dans la vie privée du client mais en entendant que les grands facturiers soient connectés au système, il est important d’avoir des informations comme l’adresse.

Joseph HARO

Formation initiale d’officiers sapeurs-pompiers : 23 soldats africains dignes du grade d’incendie

L’Institut supérieur d’études de protection civile (ISEPC) a organisé la cérémonie de fin de formation initiale des officiers sapeurs-pompiers, session 2019, le 11 juillet dernier à Ouagadougou. Après cinq mois de formation, 23 stagiaires (sur 24) ont été déclarés aptes à remplir la fonction de chef de grade incendie et ont reçu leurs parchemins.

Issus de 13 pays d’Afrique, 24 stagiaires dont 3 Burkinabè ont débuté des cours de formation initiale des officiers de sapeurs-pompiers, le 11 février 2019 à l’Institut supérieur d’études de protection civile (ISEPC). Cinq mois plus tard, 23 d’entre eux ont été déclarés dignes du grade incendie, après les évaluations certificatives. La cérémonie officielle de fin de formation s’est déroulée, le mercredi 11 juin 2019 au sein de l’Institut.

Les résultats communiqués par le directeur de cours, le lieutenant, Jean Charles Tampanga, font état d’un taux de réussite de 95,83% pour une moyenne générale de 14,60 sur 20. Avec 16,76 de moyenne sur 20, le sous-lieutenant, Pascal Benoît Oulé, du Burkina Faso, major de la promotion, s’est dit fier et surtout enrichi des connaissances acquises qui lui permettront de participer activement à la protection des personnes et à la sauvegarde de leurs biens. Par la voix de leur délégué, les stagiaires ont promis de cultiver la bonne volonté, l’abnégation et la détermination pour faire face aux demandes de secours des populations. Ce fut d’ailleurs l’un des conseils formulés à leur endroit par leur parrain, le général de brigade, commandant la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) du Sénégal, Mor Seck. «Quand on travaille sur des vies humaines, on n’a pas droit à l’erreur. Vous devez maîtriser parfaitement votre profession ainsi que les évolutions constantes. Il vous faut vous remettre toujours en cause et travailler pour atteindre un certain automatisme dans le cadre des activités opérationnelles», leur a-t-il conseillé.

Le général Seck a, par ailleurs, salué l’excellence des relations entre les BNSP du Burkina Faso et du Sénégal. «Depuis la création de l’école, le Sénégal a toujours envoyé des stagiaires. Cette promotion a reçu trois éléments et un officier sénégalais a participé à l’encadrement», a-t-il souligné. Le Directeur général (DG) de l’ISEPC, le colonel Abel Koudougou Zongo a, pour sa part, traduit sa reconnaissance aux partenaires de l’Institut qui collaborent avec près de 29 pays africains. Le colonel Zongo a remercié les autorités burkinabè pour leurs efforts à améliorer les conditions de vie et d’apprentissage des stagiaires.

Il a également salué la coopération française qui participe activement au contenu des formations dispensées à travers le directeur des études, Xavier Bachelot et son adjoint Jean Claude Soyer. Il a, en sus, exprimé sa reconnaissance au commandant de la BNSP, qui a décidé de rendre opérationnel le centre de secours, proche de l’institut, en 8e compagnie. «La proximité fait que les stagiaires sont dans l’immersion et apprennent mieux», a-t-il indiqué.

Fabé Mamadou OUATTARA

Le voyage du chef

Au son du tam-tam, ils dansaient en silence, entre transe et souffrance Sur le visage grave des tambours sacrés, perlaient les larmes du départ Cette nuit, un baobab s’est effondré sous l’orage, malgré les remparts La douleur des hommes étouffait le souffle des esprits en partance Le chef avait pourtant annoncé son voyage aux notables de la cour Tout le village attendait l’attelage du sage sans accepter tourner la page Dans le cœur des vivants saignaient les blessures de la déchirure, sans tapage Il était temps pour le vieux de rejoindre les aïeux des cieux pour toujours Dans les arbres en berne, le gazouillis des colibris s’était tu sans refrain Dans les regards ternes des vieillards, profilaient des lendemains incertains Sous le soleil ardent, les épis avaient baissé leur tête, le vent ne soufflait plus Sur la crête des montagnes, des nuages trottinaient dans un brouillard de cumulus La Nature avait une posture de mauvais augure, l’azur avait changé de pelage Les devins psalmodiaient dans la coupe du vin de libation pour épargner le village Les bêtes s’offraient aux mânes avec passion pour conjurer le mal tant contourné Et le chef entama son voyage dans le sillage de ceux qui sont partis sans se retourner.

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr