Valorisation des savoirs traditionnels locaux : le ministre Sango encourage l’association Kankanga

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, a rencontré, le jeudi 11 juillet 2019 à Ouagadougou, l’association Kankanga et les lauréats de la 1re édition de la nuit de reconnaissance dénommée ‘’Les kankamsé’’, organisée par ladite association en mai dernier.

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango est reconnaissant à l’association Kankanga, initiatrice de la nuit de reconnaissance dénommée ‘’Les kankamsé’’. Il l’a fait savoir au cours d’une rencontre qu’il a eue, le jeudi 11 juillet 2019, à Ouagadougou, avec les membres de ladite association, accompagnée des lauréats de la 1re édition de la nuit consacrée aux conservateurs de savoirs traditionnels et culturels locaux. Pour le ministre Sango, c’est une initiative qui mérite d’être encouragée et soutenue. Ces détenteurs du savoir local dans plusieurs domaines contribuent, à son avis, à l’équilibre de la société. «Au moment où le vivre-ensemble devient quelquefois difficile, il nous a paru opportun d’échanger avec ces personnes qui en savent plus sur les mécanismes traditionnels de gestion de certaines situations», a-t-il souligné. Il a souhaité, par ailleurs, qu’un partenariat se noue entre cette association et le gouvernement pour que son expérience soit mise au service de la cohésion sociale.

«Nous allons continuer le travail de concertation avec le promoteur, le Kamsongh-Naaba, pour mettre en place un système de pérennisation de cette manifestation», a déclaré M. Sango. Le président de l’association Kankanga, le Kamsongh-Naaba Kiiba a traduit, à son tour, sa gratitude au ministre en charge de la culture qui a parrainé le premier rendez-vous de la Nuit de reconnaissance des savoirs endogènes, tenue le 17 mai 2019. Il s’est dit satisfait de la démarche du ministre qui vise à pérenniser cet événement. Selon lui, l’objectif de la nuit ‘’Les Kankamsé’’ est d’encourager les conservateurs de savoirs traditionnels et culturels locaux à titre humanitaire et non lucratif.

 Kowoma Marc DOH

Bitumage de la route Manga-Zabré : Un espoir en souffrance

Les travaux de bitumage de la route nationale n°29 (RN29) reliant Manga (Centre-Sud) à Zabré (Centre-Est), longue de 79 kilomètres, ont commencé depuis novembre 2017. Les populations riveraines voient, en ce chantier, une passerelle vers un développement durable.

Manga-Zabré. Deux villes situées dans la partie australe du Burkina Faso, et distantes l’une de l’autre de 79 kilomètres. Le bout de la route nationale n°29 (RN29) qui les relie concentre l’essentiel du trafic dans cette partie du pays. En décidant de parcourir ce tronçon à mobylette, en ce milieu de mois d’avril 2019, nous nous sommes préparés à toutes épreuves, malgré les prévisions météorologiques qui annonçaient un pic de 42°C.

7 heures 30 minutes. Nous prenons la route. A cette heure, les rues de Manga sont plus ou moins désertes. Nous circulons sans encombre jusqu’à l’intersection de la route nationale n°29, où débute le bitumage du tronçon reliant Manga à Zabré. Là, nous entamons réellement notre voyage. L’initiative du projet de bitumage est du gouvernement burkinabè, soutenu par la Banque mondiale (BM), dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Transport et de Développement des Infrastructures urbaines (PTDIU).

Le 9 novembre 2017, le président du Faso, Roch Kaboré, lançait les travaux à Zabré. Les entreprises contractantes ont promis de livrer le joyau en novembre 2019, conformément au cahier des charges. Le coût total des travaux est estimé à une vingtaine de milliards francs CFA.

Poussière asphyxiante

La chaussée que nous empruntons jusqu’à la sortie Sud-Est de Manga, recouverte de bitume, est large d’une dizaine de mètres. Depuis le lancement des travaux, les entreprises contractantes sont à pied d’œuvre. Portés par la brise matinale, nous roulons allègrement, fendant le silence du paysage par le ronronnement de notre moto. A Sakuilga, à environ six kilomètres de Manga, nous marquons le premier arrêt, le temps d’échanger quelques mots avec Lassané Bouda.

Agropasteur et leader d’une communauté religieuse, il est admiratif du bitumage de la route qui traverse son village. Le développement du petit commerce aux abords de la voie, la possibilité de « se rendre aisément » à Manga et la fin de la poussière sont, pour lui, autant de motifs de satisfaction. 8 h 20 mn.

Nous prenons congé de notre interlocuteur. A quatre kilomètres de Sakuilga, le bitume prend fin, laissant place à la latérite. Sur une distance de cinq kilomètres encore, le tronçon est recouvert d’une couche de base, dernière étape de préparation de la chaussée qui précède la coulée du bitume, selon le directeur régional des Infrastructures, Issiaka Diallo.

La route, une question vitale

La poussière et les nids de poule seront bientôt de vieux souvenirs pour les usagers.

La dizaine de mètres de la piste de contournement est cependant couverte de poussière épaisse qui nous force à l’arrêt. Après avoir atteint le bord opposé, nous reprenons notre périple. Nous arrivons à Gogo, commune située à 18 kilomètres de Manga. Au centre-ville, des mottes de terres jalonnent la route, attendant d’être étalées sur la chaussée.

A la sortie Sud de la cité, à droite de la route, la mairie, avec ses manguiers feuillus et ses deux grands bâtiments peints en rouge, domine les habitations. Pour le bourgmestre, Bernard Bouda, l’intérêt du projet de bitumage de l’axe Manga-Zabré est manifeste. C’est une question vitale pour les communes traversées, dit-il, car « la route du développement passe par le développement de la route». Il appréhende d’ailleurs l’avènement de ce projet comme une «nouvelle ère » aux opportunités multiples sur le plan socio-économique.

Dans le cadre du projet, a indiqué le maire, l’école primaire Gogo ‘’A’’ a été clôturée. La commune, à l’entendre, a bénéficié également de deux nouveaux forages et est en attente de trois autres.

40 kilomètres en deux heures

Nous quittons le maire Bouda pour poursuivre notre périple. Nous rencontrons Yacouba Maré, ambulancier au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Gon-boussougou, de retour d’une mission à Manga.

Entre son CSPS et le Centre médical de Manga, il fait la navette en moyenne trois à quatre fois par semaine. A chaque voyage, M. Maré dit être peiné pour ses malades «surtout pour les femmes enceintes et les patients souffrant de hernie qui supportent moins les secousses ». Sur la distance de 40 km qui séparent les deux localités, l’ambulancier préfère rouler lentement, passant ainsi deux heures sur la route, afin d’éviter d’aggraver la souffrance des patients. Par chance pour lui, aucun malade n’a encore rendu l’âme.« C’est une grâce et je remercie Dieu », confie-t-il, avant de souhaiter l’achèvement rapide des travaux.

« Il faut rouler comme sur des œufs »

A l’entrée du village de Samtenga, de gros camions ayant déjà fait le plein de chargement de coton s’apprêtent à emprunter la RN29 pendant que d’autres attendent. Alassane Bobolé, la quarantaine, est conducteur d’un de ces mastodontes. Il convoie régulièrement le coton vers les usines de la Société des fibres et textiles (SOFITEX) à Ouagadougou et à Safané dans la Boucle du Mouhoun.

Depuis qu’il emprunte cette route, explique-t-il, il lui arrive fréquemment d’accuser des retards de livraison, à la suite des pannes techniques. «Il faut toujours faire attention et rouler comme sur des œufs», conseille pour sa part, Labdani Woba, un autre camionneur. Taya, à mi-chemin de Manga-Zabré. Plus de quatre heures se sont écoulées depuis notre départ de Manga.

Après ce village modeste, nous traversons quelques centres semi-urbains : Gon-boussougou, Médiga et Dindéogo, situé à la lisière de la région du Centre-Est. A partir de Dindéogo, il est difficile d’aller au-delà de 30 km/h. Les nids de poule, laissés par les eaux de pluie sous l’effet du poids des véhicules, ne facilitent pas la circulation. C’est un calvaire pour les automobilistes. S’accommodant peu à peu à ce parcours du combattant, nous avançons prudemment vers notre destination.

Au moment où le soleil entamait la seconde moitié de son trajet journalier, un grand panneau pointe à l’horizon avec ses écriteaux aux caractères grossis: «Bienvenue à Zabré, dans la région du Centre-Est».

Des véhicules «sur mesure»

Depuis le démarrage des travaux de bitumage de la RN29, nombreux sont les transporteurs de Zabré qui sont heureux. La plupart des véhicules qu’ils conduisent ont subi des modifications au niveau de la carrosserie et des roues pour être plus résistants. Selon Adama Bouda, membre de la section de Zabré de l’Organisation des Trans-porteurs routiers du Faso (OTRAF), il a fallu ces retouches pour s’adapter à la voie.

Des projets en instance

Le maire de Gogo, Bernard Bouda : « le bitumage de la route va accélérer le développement des zones traversées ».

Une compagnie de transport desservant Manga s’est même ravisée, seulement après avoir perdu un de ses cars, en voulant prolonger sa ligne jusqu’à Zabré, a confié Fousseni Sanga, un autre transporteur. Plusieurs sociétés de transport voudraient s’implanter à Zabré, mais «à la condition que la voie soit bitumée», renchérit Salam Gouba, un jeune chauffeur. Les transporteurs ne sont pas les seuls à souhaiter la fin du calvaire.

C’est le cas de l’homme d’affaires Sébastien Bationo, qui explique que ses commandes de marchandises mettent du temps avant d’arriver, du fait du mauvais état de la route. «Avec ce qui reste et le coût du transport, nous sommes obligés d’augmenter les prix pour faire un minimum de bénéfices», confie-t-il. M. Bationo nourrit pourtant de grandes ambitions, se projetant déjà à la fin des travaux de la route.

Il se réjouit de savoir que la ville pourra accueillir ses premières banques et d’autres services indispensables au renforcement du tissu économique. Le premier adjoint au maire de Zabré, Yembiga Souga, est optimiste également quant à l’essor de sa commune, avec le bitumage de la RN29.

«Zabré va se développer et rivaliser avec les grandes villes du pays », promet-il. Dans l’immédiat, selon lui, la route sera la fin d’une «éternité de calvaire» pour les usagers mais plus tard elle fera aussi de Zabré une ville carrefour. Il fonde cette conviction sur la promesse faite par le gouvernement et ses partenaires de bitumer aussi le tronçon Zabré-Zoaga à la frontière ghanéenne.

De l’avis de M. Souga, au terme des travaux, Zabré sera au cœur d’un trafic reliant les villes de Pô, Tenkodogo, Ouagadougou et Zoaga, Zebila et Bolgatenga au Ghana. Mieux, pour lui, en ouvrant des voies secondaires à partir de l’axe Manga-Zoaga vers les zones de productions agricoles comme le pôle de croissance de Bagré dans le Centre-Est ou encore les zones minières à Gogo dans le Centre-Sud, l’économie locale gagnera davantage en dynamisme.

Mamady ZANGO

mzango18@gmail.com


Zabré s’impatiente

Lancés en novembre 2017 par le président Kaboré, les travaux de bitumage de la RN29 Manga-Zabré sont prévus pour s’ache-ver en principe en novembre 2019. A moins de six mois de la fin des travaux, le taux de réalisation est estimé à 26% avec un délai consommé de 70%.

MZ


Des entreprises peu bavardes

Jusqu’à ce que nous entamions la rédaction de cet article, nos tentatives pour en savoir davantage sur la lenteur des travaux et le respect des délais auprès des entreprises contractantes ont été vaines.

MZ

Dialogue politique du 15 au 22 juillet

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 10 juillet 2019, en séance ordinaire, de 09 H 30 mn à 13 H 40 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE SIX (06) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement : un décret portant érection de l’Université virtuelle du Burkina Faso (UV-BF) en Etablissement public de l’Etat à caractère scientifique, culturel et technique (EPSCT). L’Université virtuelle du Burkina Faso vise à promouvoir un enseignement supérieur qualifiant et efficient par les Technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE). Les offres de formation sont essentiellement centrées sur les sciences fondamentales, les sciences du numérique, l’ingénierie et la robotique et les disciplines transversales. L’adoption de ce décret permet de doter l’Université virtuelle du Burkina Faso de textes règlementaires lui permettant d’assurer efficacement ses missions, conformément au décret n°2014-612/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des Etablissements publics de l’Etat à caractère scientifique, culturel et technique (EPSCT). un décret portant érection de l’Ecole normale supérieure de l’Université Norbert ZONGO en établissement public de l’Etat à caractère scientifique, culturel et technique (EPSCT). L’adoption de ce décret permet à l’Ecole normale supérieure de Koudougou (ENSK), auparavant intégrée à l’Université Norbert ZONGO, d’avoir une autonomie d’administration et de gestion nécessaire à son bon fonctionnement et correspondant à celle des écoles supérieures de formation professionnelle. Ce décret permet de doter l’ENSK de textes règlementaires lui permettant d’assurer efficacement ses missions, conformément au décret n°2014-612/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des Etablissements publics de l’Etat à caractère scientifique, culturel et technique (EPSCT).

I.1.2. Pour le compte du ministère des Mines et des carrières : un décret portant retrait du permis d’exploitation industrielle de petite mine de manganèse de Kiéré de la Société BURKINA MANGANESE SARL. La Société BURKINA MANGANESE SARL a obtenu son permis d’exploitation industrielle de petite mine de manganèse de Kiéré, dans la commune de Houndé, province du Tuy en 2008. Les travaux d’exploitation du gisement de cette mine ont été suspendus de façon unilatérale par la société BURKINA MANGANESE SARL en juin 2011 suivi d’un arrêt définitif constaté en janvier 2012. A ce jour, plusieurs manquements à la règlementation ont été relevés : la suspension de l’activité d’exploitation, sans autorisation, pendant plus de deux (02) ans ; le non renouvellement du permis d’exploitation, expiré depuis le 27 avril 2018 ; le non-paiement à l’Etat des taxes et redevances minières et pénalités y afférentes dont le montant s’élève à neuf cent vingt-trois millions cinq cent neuf mille deux cent dix-huit (923 509 218) F CFA ; le défaut de réhabilitation environnementale de la mine après l’arrêt de l’exploitation. Au regard de ces manquements, la Commission nationale des mines a émis le 16 novembre 2018, un avis favorable à la proposition de retrait du permis d’exploitation de ladite société. L’adoption de ce décret met fin aux activités d’exploitation industrielle de la petite mine de manganèse de Kiéré par la Société BURKINA MANGANESE SARL. un rapport relatif à une demande de signature d’une convention minière entre la société des mines de Sanbrado (SOMISA) SA et l’Etat du Burkina Faso. La mine d’or de Sanbrado, située dans la commune de Boudry, province du Ganzourgou, région du Plateau-Central, s’étend sur une superficie de 25,89 km2. D’une durée de vie de 10 ans, la mine d’or de Sanbrado aura une production totale attendue de 50 tonnes d’or brute. L’exploitation de cette mine va générer des recettes fiscales à hauteur de deux cent vingt milliards huit cent millions (220 800 000 000) de F CFA au budget de l’Etat et créer au total 563 emplois directs et 4 000 emplois indirects. Le Conseil a marqué son accord pour la signature de la convention minière entre la société des mines de Sanbrado (SOMISA) SA et l’Etat du Burkina Faso. un décret portant nomination d’un membre de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF). L’adoption de ce décret permet la nomination d’un membre de la Brigade nationale anti-fraude de l’or en vue de compléter les effectifs de la structure et de la rendre plus opérationnelle.

I.1.3. Pour le compte du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique : un rapport relatif à l’organisation de la 1ère édition de la Journée nationale de l’arbre (JNA). Cette première édition de la JNA est prévue pour se tenir le 3 août 2019 à Tenkodogo, chef-lieu de la région du Centre-Est, sous le thème « Arbre et éducation pour une économie verte ». La JNA permettra de mettre en terre 200 000 plants sur l’ensemble du territoire dont 65 000 au niveau des sites entièrement sécurisés dans les chefs-lieux des 13 régions du Burkina Faso. L’organisation de la Journée nationale de l’arbre vise à susciter une mobilisation de toutes les couches socio-professionnelles pour la restauration des forêts et des terres dégradées de notre pays. La cérémonie est placée sous le très haut patronage de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso. Le Conseil a instruit le ministre en charge du dossier de prendre les dispositions idoines en vue de l’organisation réussie de l’activité.

COMMUNICATIONS ORALES

II.1. Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale, a informé le Conseil de la tenue du dialogue politique initié par Son Excellence Monsieur le Président du Faso, du 15 au 22 juillet 2019. Ce dialogue politique regroupera les représentants de la majorité et de l’opposition politiques autour de l’organisation des élections de 2020 et de la situation nationale.

II.2. Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a fait au Conseil une communication relative à la participation de Son Excellence Monsieur le Président du Faso au Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), tenu le 07 juillet 2019 à Niamey au Niger. Au cours de ce sommet, le Président du Faso a procédé avec ses pairs au lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). La République du Ghana a été choisie pour abriter le siège du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine et la journée du 07 juillet est désormais consacrée Journée africaine de l’intégration. Le gouvernement burkinabè salue l’hospitalité et l’accueil réservés à la délégation burkinabè et félicite la République du Niger pour la réussite de cet important sommet.

II.3. Les ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de la Culture, ont informé le Conseil de l’inscription des sites de la métallurgie ancienne du fer sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, à l’occasion de la 43ème session du Comité du patrimoine mondial tenue du 30 juin au 10 juillet 2019 à Bakou, en République d’Azerbaïdjan. L’inscription de ce bien sur la liste du patrimoine mondial consacre sa valeur universelle exceptionnelle et engage à des actions en vue de préserver son intégrité pour les générations présentes et futures. Le gouvernement félicite tous nos experts nationaux qui ont travaillé à mettre en exergue ces sites et ont permis leur inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.

NOMINATIONS

III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE

Madame Wendkouni Olubunmi Katia TAPSOBA/KOMPAORE, Mle 130 259 X, Magistrat, 1er grade, 3ème échelon, est nommée Directrice générale des Officiers publics judiciaires ; Monsieur Barnabé COMPAORE, Mle 130 367 B, Magistrat du grade terminal, 2ème échelon, est nommé Directeur de la gestion et du contrôle des auxiliaires de justice ; Monsieur Hatté SIMPORE, Mle 53 668 A, Greffier en chef, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des greffiers ; Madame Hawa KAFANDO/KANAZUE, Mle 220 682 G, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 4ème échelon, est nommée Directrice de la formulation des politiques ; Monsieur Abdoulaye GOUMBANE, Mle 220 683 V, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de la prospective et de la planification opérationnelle ; Monsieur Salif Wend-Yaohda OUEDRAOGO, Mle 37 37 121 S, Ingénieur statisticien démographe, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur des statistiques sectorielles ; Monsieur Jean-Pierre ROUAMBA, Mle 225 923 A, Greffier en chef, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation ; Monsieur Souleymane KERE, Mle 220 681 A, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de la coordination des projets et programmes ; Madame Windlasida Pulchérie BAMBA/SAWADOGO, Mle 130 257 G, Magistrat, 1er grade, 4ème échelon, est nommée Chargé d’études ; Monsieur Boureima YAMEOGO, Mle 130 318 L, Magistrat, 1er grade, 3ème échelon, est nommé Chargé d’études ; Madame Egnoma BAMBARA/BADO, Mle 130 471 V, Magistrat, 2ème grade, 3ème échelon, est nommée Chargé d’études ; Monsieur Eric Mwinzié DA, Mle 130 230 B, Magistrat, grade exceptionnel, 1er échelon, est nommé Secrétaire permanent de la Commission nationale de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (CONAHDA). Madame Flore Estelle Clémence PARE/COMPAORE, Mle 130 314 E, Magistrat, 1er grade, 3ème échelon, est nommée Chef du département des activités juridictionnelles et de la formation du Secrétariat permanent de la Commission nationale de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (SP/CONAHDA) ; Monsieur Mathieu LOMPO, Mle 130 434 K, Magistrat, 1er grade, 1er échelon, est nommé Directeur de la Justice juvénile ; Monsieur Sibiri Mathieu KALMOGO, Mle 77 549 V, Conseiller d’intendance scolaire et universitaire, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Comptable principal des matières.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENERGIE

Monsieur Boubakar Thierry OUEDRAOGO, Mle 241 879 A, Ingénieur Energéticien, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur de la promotion de la maîtrise de l’énergie.

AU TITRE DU MINISTERE DES MINES ET DES CARRIERES

Monsieur Adama BARRY, Mle 42 888 B, Inspecteur des eaux et forêts, est nommé membre de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF), au titre du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique pour un premier mandat de trois (03) ans.

AU TITRE DU MINISTERE DES TRANSPORTS, DE LA MOBILITE URBAINE ET DE LA SECURITE ROUTIERE

Monsieur Adama KOURAOGO, Mle 55 747 W, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur général de l’Office national de sécurité routière (ONASER).

AU TITRE DU MINISTERE DE LA FEMME, DE LA SOLIDARITE NATIONALE, DE LA FAMILLE ET DE L’ACTION HUMANITAIRE

Madame Edwige Ninon YAMEOGO/SANKARA, Mle 220 410 Z, Conseiller d’éducation féminine, 1ère classe, 3ème échelon, est nommée Directrice générale de la femme et du genre ; Monsieur Soumèla SAKHO, Mle 46 405 C, Inspecteur d’éducation spécialisée, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur général de la famille et de l’enfant ; Madame Maïmouna ZOMA/TRAORE, Mle 52 148 L, Inspecteur d’éducation spécialisée, 1ère classe, 10ème échelon, est nommée Directrice générale de la solidarité nationale et de l’assistance humanitaire ; Monsieur René PARE, Mle 247 290 P, Conservateur d’archives, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des archives et de la documentation ; Monsieur Drissa TOU, Mle 82 022 L, Administrateur des affaires sociales, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire des Cascades ; Monsieur Wend-Pagnagda Roland Omer Thierry KELEM, Mle 53 519 N, Inspecteur d’éducation de jeunes enfants, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire du Centre-Est ; Monsieur Yacouba OUEDRAOGO, Mle 81 941 J, Inspecteur d’éducation de jeunes enfants, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire du Centre-Nord ; Monsieur Abdoulaye OUEDRAOGO, Mle 47 736 W, Inspecteur d’éducation de jeunes enfants, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire du Centre-Ouest ; Madame Dagnang-néwendé Marie Thérèse SOMBOUGMA, Mle 220 415 Z, Conseiller d’éducation féminine, 1ère classe, 4ème échelon, est nommée Directrice régionale de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire du Centre-Sud ; Monsieur Ali Bémé KONE, Mle 47 766 D, Inspecteur d’éducation spécialisée, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire des Hauts-Bassins ; Monsieur Innocent Stanislas TUINA, Mle 78 085 V, Administrateur des affaires sociales, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire de la Boucle du Mouhoun ; Monsieur Konsi Léonard Aboukar Abdou SAVADOGO, Mle 51 731 N, Inspecteur d’éducation de jeunes enfants, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire du Nord ; Monsieur Jules ZONGO, Mle 57 262 C, Inspecteur d’éducation de jeunes enfants, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur régional de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire du Sud-Ouest.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’ECONOMIE VERTE ET DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Monsieur Saïdou Mahoumoudou SORO, Mle 47 807 U, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services ; Monsieur Kassambgres Amadé Kouka BANDA, Mle 57 203 A, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Inspecteur technique des services ; Monsieur Désiré OUEDRAOGO, Mle 46 641 W, Inspecteur principal des eaux et forêts, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Responsable du «Programme Assainissement de l’environnement et amélioration du cadre de vie », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général de la préservation de l’environnement ; Monsieur Koudtanga Jean Marie SOURWEMA, Mle 119 359 T, Inspecteur des impôts, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur général du Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE) ; Monsieur Ferdinand ZABSONRE, Mle 39 761 J, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des ressources humaines du Centre national de semences forestières (CNSF) ; Monsieur Delwendé François OUEDRAOGO, Mle 306 756 L, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur des aménagements paysagers et de l’écologie urbaine ; Monsieur Ibrahima COULIBALY, Mle 202 560 G, Inspecteur en environnement, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur de la promotion de l’éducation environnementale et de l’écocitoyenneté à la Direction générale de la préservation de l’environnement.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs au Conseil d’administration du Fonds d’assistance judiciaire (FAJ) au titre du ministère de la Justice.

III.3. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ORIENTATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs et de Président au Conseil d’orientation et de contrôle de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) au titre du ministère des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière. La liste de ces nominations sera publiée dans le Journal Officiel du Burkina Faso.

Le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement,

Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU

Officier de l’ordre national

Sécurisation foncière au Burkina : Un programme agro-pastoral dévoile ses méthodes

En collaboration avec la direction générale du foncier, de la formation et de l’organisation du monde rural, le Programme de valorisation du potentiel agro-pastoral dans l’Est du Burkina (VALPAPE-TIN SUAGI), a partagé, le mardi 9 juillet 2019, à Fada N’Gourma, son expérience en matière de sécurisation foncière.

La première phase du Programme de valorisation du potentiel agro-pastoral dans l’Est du Burkina (VALPAPE-TIN SUAGI), mise en œuvre sur la période 2015-2018, a été consacrée à la sécurisation des investissements et des ressources communautaires. Cette expérience en matière de sécurisation foncière a été partagée, lors d’un atelier, organisé, le mardi 9 juillet 2019, à Fada N’Gourma.

Selon le coordonnateur du programme, Christophe Tankoano, sa structure a adopté une démarche qui concilie la «légitimité» à la «légalité», de sorte à réaliser des investissements bien sécurisés pour une exploitation paisible et durable. En fait, il s’est agi, d’une part, d’inciter les propriétaires terriens à s’approprier la législation foncière en vigueur et, d’autre part, de revisiter les méthodes de gestion du foncier, conformément aux us et coutumes, a-t-il expliqué.

Il a indiqué que la stratégie de VALPAPE a consisté à se familiariser avec les populations rurales, afin de comprendre leurs perceptions de la question du foncier et, surtout, de leur expliquer le bien-fondé de l’application des lois foncières. Dans un exposé fait par Ratasomdé Kaguambega dans le cadre de l’expérience du programme VAPAPE, il est ressorti que les lois foncières sont applicables, à condition que l’on réunisse la «légitimité» et la «légalité» à travers une démarche basée sur le dialogue inclusif, consensuel et transparent.

Mieux, a renchéri M. Kaguambèga, une communication saine, transparente et équilibrée et la prise en compte intégrale des intérêts des parties prenantes permettent d’asseoir une base solide du dialogue social, condition sine qua non du succès de tout processus de sécurisation foncière. «Une difficulté liée aux interférences politiques» «L’approche négociée avec les communautés locales pour sécuriser les terres aménagées selon les procédés de droit commun est bien possible et constitue une alternative à l’expropriation des terres pour cause d’utilité publique», a-t-il argué.

A ce sujet, le représentant de la coopération suisse, Salifou Saré, a affirmé qu’une mauvaise gestion du capital foncier est source de conflit. D’où l’importance de l’expérience de VALPAPE qui met en relation tous les acteurs fonciers, à travers une négociation communautaire inclusive, a salué le représentant du directeur général du foncier, de la formation et de l’organisation du monde rural, Blaise Yoda. Au cours de la première phase du programme, la démarche de sécurisation foncière a concerné «38 investissements et ressources communautaires».

Il s’agit, notamment, de bas-fonds aménagés, de périmètres maraîchers, de parcs de vaccination, de marchés de bétail, de zones de pâture, d’unités de transformation, de magasins de stockage et de marchés de légumes. A entendre, le coordonnateur du programme, Christophe Tankoano, les interférences politiques, les problèmes liés à l’identification des héritiers des terres et l’insécurité ont été les principaux obstacles au processus.

Fruit de la coopération entre le Burkina Faso et la Suisse, le programme VALPAPE-TIN SUAGI vise «une amélioration de la sécurité alimentaire dans la région de l’Est par un accroissement des revenus des producteurs agro-pastoraux». Le secrétaire général de la région de l’Est, Mahamat Michara, a félicité l’équipe du programme, ainsi que la coopération suisse pour les efforts déployés au profit des populations.

Joanny SOW

Kalla Moutari, ministre nigérien de la Défense nationale : Une armée classique ne peut vaincre le terrorisme

En marge du 12e sommet de l’Union africaine, tenu le 7 juillet 2019 à Niamey au Niger, le ministre nigérien de la Défense nationale, Kalla Moutari, a accordé une interview à Sidwaya. Il revient, entre autres, sur les enjeux de cette rencontre et la situation sécuritaire dans la sous-région.

Sidwaya (S) : L’organisation du sommet de l’UA en terre nigérienne était un grand défi à relever dans un contexte sécuritaire difficile. Comment vous vous y êtes pris?

Kalla Moutari (K. M.) : Nous avons pris les dispositions sécuritaires qu’il fallait, mais nous étions stressés, parce que nous avons vécu un sommet de pression. Nous avons vérifié et revérifié les dispositions prises par les spécialistes. Les choses se sont passées sans aucun incident sécuritaire et les objectifs politiques du sommet ont été atteints. C’est avec plaisir, que nous recevons les messages de nos compatriotes, y compris de simples citoyens qui se félicitent de la réussite de cette rencontre sur le plan sécuritaire. Je remercie les Nigériens qui ont particulièrement collaboré à cette occasion, en se prêtant aux fouilles et contrôles sécuritaires.

S : L’attaque qui a eu lieu juste avant le sommet a mis en exergue la bonne collaboration entre les forces nigériennes et étrangères. Comment appréciez-vous cette synergie d’actions ?

K. M. : Si nous avons accepté que des forces amies s’installent au Niger, c’est pour aider nos frères Maliens à contenir la menace née de l’éclatement de l’Etat libyen. Elles sont là depuis des années, mais n’opèrent pas au Niger. C’est seulement, il y a moins de deux mois, que le président de la République l’a souhaité, conscient de la menace et de la détérioration de la situation autour de nous, notamment en Libye, au Mali et au Burkina Faso.

Il a pensé qu’il fallait que nous profitions de la présence de ces forces amies, pour concevoir des opérations avec elles. Il s’agit d’un type de collaboration qui va nous permettre de réagir plus vite. C’est cela qui nous a amenés à réaliser une opération à la frontière du Niger avec le Burkina et le Mali. Elle a été un vrai succès, malgré quelques incidents comme la perte de l’hélicoptère et la blessure de militaires français.

C’était la première fois qu’après une attaque au Niger, nous faisons appel aux forces françaises et américaines pour nous secourir à Inates. C’était une attaque d’individus, qui avaient atteint un certain niveau de nocivité et de puissance, combinant le pilonnage de notre base à coup de mortiers, des véhicules remplis d’explosifs avec des kamikazes à l’intérieur et des combattants qui partaient à l’assaut.

Nous avons malheureusement perdu des hommes, mais nous aurions pu en perdre plus. L’intervention des chasseurs français et la présence des drones américains ont dissuadé les assaillants à rester sur place pour faire encore plus de dégâts. Pour moi, la présence des forces amies dans notre pays n’est pas le débat, la vraie préoccupation pour nous, c’est comment améliorer la collaboration entre nos armées ? Qu’on le veuille ou pas, la France et les Etats-unis ont des moyens que nous n’avons pas.

Leurs armées sont en avance sur les nôtres, et on peut profiter de leurs expériences, de leurs formations et équipements. On peut profiter aussi des unités de ces armées, capables de mener avec les nôtres, des actions périlleuses s’il le faut, parce que ce n’est pas une guerre classique. C’est une guerre dans laquelle, nous avons plus besoin de forces spéciales, pour la recherche et la neutralisation de l’ennemi. Il nous faut des soldats rompus de ces types de guerre, et sur ce plan, la France et les Etats-Unis ont une expérience à partager avec nous. Leurs armées s’entendent parfaitement avec les nôtres.

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S : La perte de l’hélicoptère français n’est-elle pas un motif d’inquiétude, quand on sait que jusque-là le volet aérien constitue l’atout majeur des forces étrangères ?

K. M. : Un hélicoptère de ce type, on peut le perdre à tout moment quand on engage des troupes, même en dehors de l’action de l’ennemi. Dans ce cas précis, ça peut être une action de l’ennemi, mais il ne faut pas oublier que ceux qu’on a en face, disposent d’un certain type d’armes à même d’abattre un hélicoptère.

S : Est-ce une nouvelle donne ?

K. M. : Cette donne-là existait déjà. La nouvelle donne ce n’est pas cela. Ce n’est pas disposer d’une 12.7 ou d’une bitube à partir de laquelle on peut tirer sur un hélicoptère. La nouvelle donne, c’est d’autres moyens plus importants dont disposent les terroristes. C’est pourquoi, il urge de les neutraliser avant qu’ils ne deviennent une vraie gangrène pour nos pays. Non seulement ils vont disposer des armes qui peuvent nous faire mal et de moyens qui leur donneront une meilleure maîtrise du terrain.

Mais le plus grave, c’est qu’ils vont installer au sein des communautés des conflits que nous ne pourrions pas juguler si nous ne prenons garde. C’est pourquoi, il faut vite finir avec cette guerre, parce qu’elle est entretenue pas des individus qui ne sont pas seulement que des islamistes. Ce sont aussi des gens qui recrutent au sein des communautés et y alimentent des conflits.

S : Pour vous, la présence des forces étrangères ne doit pas faire l’objet de débat, mais il y a tout de même une partie de l’opinion qui critique le rôle de la France, accusée de ne pas jouer franc jeu. Qu’en dites-vous ?

K. M. : Je ne vais pas accuser ceux qui mènent ce débat d’être de mauvaise foi. Je sais que certains d’entre eux le font de bonne foi. Je suis d’une culture de gauche. J’ai aussi, à un moment ou à un autre de ma vie, joué à cette rhétorique.

Dans le contexte actuel, elle arrange plus les terroristes que les Etats affectés, et au nom de l’intérêt desquels se pose ce débat qui n’en est pas un. Aujourd’hui, certains essaient même de légitimer les attaques dans nos pays, en mettant en avant la présence des forces étrangères. Comment auriez-vous imaginé la situation si la France n’avait pas intervenu pour stopper les terroristes qui marchaient sur Bamako ?

C’est une question très pratique. Avions-nous eu tort de demander à la France d’intervenir pour nous aider ? Sur qui allions-nous compter ? La dernière fois, une puissance étrangère nous a demandé l’autorisation de traverser notre pays pour rentrer au Burkina et appuyer l’armée de ce pays. C’est 140 véhicules armés avec des soldats que nous avons autorisés à traverser le Niger pour aller au Burkina Faso.

Avions-nous eu tort de le faire ? Je pense que non. Il y avait nécessité d’aider l’armée burkinabè. Ça aurait été injuste que le Niger, sous prétexte de la souveraineté, refuse la traversée de son territoire. Les Nigériens ne se rendent pas toujours compte de la position de notre pays par rapport au foyer de la guerre. La guerre au Mali se passe aux portes de Niamey. Ouagadougou est à 450 ou 500 kilomètres du foyer des djihadistes. Niamey est à moins de 100 kilomètres. Bamako est à 1500 ou 1600 Km du front.

Niamey est à moins de 200 Km. Nous sommes le moins affectés, parce que nous avons pris très tôt des décisions justes, y compris celle d’accepter que des forces armées amies s’installent pour nous aider à contrôler notre territoire vaste de 6000 Km de frontière. Le Niger fait frontière avec le Nigéria, le Tchad, la Libye, l’Algérie, le Mali et le Burkina Faso. C’est à juste titre, que nous disons que c’est un miracle que nous tenons encore débout. Aucune frontière n’est épargnée, même les Béninois sont inquiets.

Les derniers enlèvements des citoyens étrangers, qui opéraient dans cette zone se sont passés dans la forêt de la Pendjari au Benin. Cela veut dire qu’il y a une infiltration qui a commencé dans ce pays. Les autorités en ont conscience, au point que nous avons tenu deux réunions avec le Bénin, le Togo, et le Burkina Faso pour faire face à l’infiltration éventuelle des terroristes dans les forêts. Avec certaines décisions, nous avons pu contenir la menace venant de la Libye, grâce à la coopération avec les Etats-Unis.

Nous avons pu maintenir nos frontières, malgré le vide créé depuis le démantèlement des structures étatiques sur le territoire malien. Nous avons pu tenir, parce que les opérations de la force Barkhane ont lieu à l’intérieur du Mali. Même quand elles n’ont pas lieu au Niger, elles nous aident.

S : En dehors de la France et des Etats-Unis, il y a la Turquie qui a une coopération dynamique avec Niamey. Est-ce que le volet militaire est pris en compte dans ce partenariat ?

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K. M. : Nous avons des coopérations en matière de défense avec un certain nombre de pays dont la Turquie. Nous venons de lancer nos contacts avec l’Allemagne qui fait beaucoup de réalisations au profit de l’armée nigérienne, en matière de formation et d’infrastructures. Nous avons les Italiens qui en font autant, avec un programme très ambitieux en matière de formation.

Nous avons repris un certain nombre d’activités oubliées depuis dix ans comme le parachutisme. Avec tous ces pays, le président a donné, aujourd’hui, une mission à la coopération, à savoir la formation de bataillons de forces spéciales au profit du Niger. La coopération entretenue avec la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Italie, la Turquie est axée sur la formation des forces spéciales, parce que cette guerre ne peut pas se faire avec une armée classique. Elle ne peut se faire qu’avec des soldats qui ont des formations spéciales.

S : La collaboration entre forces étrangères se passe-t-elle très bien, notamment à l’aéroport Diori-Amani où certaines sont stationnées ?

K. M. : A l’aéroport Diori-Amani, c’est nous qui donnons les places aux forces qui viennent s’installer. Et nous attribuons les places en fonction des disponibilités. Lorsqu’il n’y a pas de place, nous n’en donnons pas. Lorsque cela gêne l’armée nigérienne ou un autre partenaire, nous ne donnons pas de place. Jusqu’à présent, nous n’avons pas été saisis d’un problème de cohabitation entre les forces étrangères ou entre elles et celles du Niger.

S : Il semble que l’armée française voudrait s’installer à Tillabéry… ?

KM : Il n’y a pas un tel projet. Quelquefois, les gens racontent des histoires. Si vous voyez les infrastructures construites par la France ou les Allemands, vous ne pouvez pas imaginer que l’on puisse démanteler tout cela et l’amener à Tillabéry, en si peu de temps et pouvoir faire la guerre. Les Français sont en train de quitter Madaman, mais c’est des centaines de véhicules qui convoient le matériel. Donc, ce n’est pas une petite affaire du point de vue financier et de mobilisation du personnel.

S : On retrouve dans l’architecture du G5 Sahel, les mêmes forces étrangères alors que nous avons pensé qu’enfin, l’Afrique de l’Ouest allait se prendre en charge. Est-ce qu’il faut se résoudre à croire qu’il faut s’en remettre aux autres pays ?

K. M. : A ma connaissance, il n’y a pas de forces étrangères dans le G5 Sahel

S : Concernant le financement de la lutte contre le terrorisme, on dit qu’il faut s’en remettre à la France pour l’achat du matériel. Est-ce à dire que nous ne sommes pas capables de nous assumer ?

K. M. : Nous sommes capables de nous assumer, mais lorsque vous demandez à quelqu’un de vous appuyer et que pour vous, l’essentiel c’est l’appui, vous vous souciez peu de certains détails. Nous voulons des équipements. Si l’Europe, qui veut nous donner ces équipements, pense qu’elle doit les acheter elle-même pour nous les donner, pourquoi allons-nous rechigner à prendre ces équipements ?

Lorsque nous demandons à l’Arabie Saoudite de nous appuyer et qu’elle est prête à nous financer, mais que c’est du matériel français qu’elle va acheter, est-ce que nous avons à nous en soucier ? L’essentiel pour nous, c’est que celui qui veut nous aider, le fasse dans le cadre des besoins déterminés.

Lorsqu’un matériel n’est pas adapté à notre contexte, nous ne le prenons pas comme aide. Il y a des pays qui nous proposent de l’aide, du matériel que nous refusons. Les besoins du G5 Sahel ont été déterminés et les coûts ont été chiffrés. Nous cherchons les fonds pour nous procurer le matériel.

Et chaque fois que nous avons le matériel, qui correspond à des fonds prévus, nous retirons ces fonds du budget, parce que le besoin est satisfait. C’est comme cela, que nous avons avancé jusque-là. Les Français ont beaucoup aidé le G5 Sahel dans le cadre de la diplomatie pour faire de lui un regroupement doté d’une personnalité cautionnée juridiquement sur le plan international. Ils nous ont beaucoup aidés au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et la diplomatie française a été même souvent au-devant de la diplomatie africaine pour plaider en faveur du G5 Sahel.

C’est donc normal, que certaines annonces de financements soient faites à la diplomatie française avant que nous, nous soyons informés. Les Français font partie des premiers qui ont cru au G5 Sahel. Au début, tout le monde a hésité mais quand les Français sont venus à croire par la force de persuasion de nos dirigeants, ils se sont lancés dans le plaidoyer. C’est évident, que les Français en tirent des bénéfices commerciaux et économiques.

Les pays, c’est aussi des intérêts. Nous défendons les nôtres pendant que les Français défendent aussi les leurs. Nous cherchons à installer le G5 Sahel sur le plan international pendant que les Français veulent aussi passer à nos yeux comme des amis qui nous accompagnent dans ce combat et pour lesquels nous avons naturellement de la sympathie.

S : On a du mal à croire actuellement que le Burkina Faso, le Mali ou le Niger peut déclencher une opération sans coordination avec les pays voisins, vu la porosité des frontières. A quand une articulation harmonieuse de la lutte pour plus d’efficacité ?

K. M. : Nous sommes conscients du fait que les ennemis peuvent passer d’un territoire à l’autre lorsqu’ils sont coincés. Pour cette raison, nous coordonnons nos actions, surtout avec la mise en place des bataillons du G5 Sahel qui doivent opérer ensemble. Les Burkinabè sont informés de ce que nous faisons et vice-versa. Dans les territoires gérés par les forces du G5 Sahel, la coordination va de soi, parce qu’il s’agit de troupes répondant à un commandement unique basé à Niamey. Elles ne peuvent pas opérer séparément. Il fut un moment où il n’y avait pas de coordination entre nos différents pays, mais cela est désormais permanent dans nos actions.

S : Il y en a qui estiment qu’à défaut de pouvoir vaincre sur le terrain, il faudrait négocier avec les différents groupes terroristes.

K. M. : Qu’est-ce qu’ils veulent ? Comme le président Mahamadou Issoufou le disait aux Nations unies, à un moment donné, au Niger, des contacts avaient été pris avec le ministre de l’Intérieur en vue de négocier. Nous avons demandé aux terroristes de nous dire ce qu’ils veulent et ils ont répondu qu’ils ne font pas la guerre au Niger, mais au Mali. Ce qui veut dire qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas leur agenda. Ce n’est pas seulement le Mali, c’est le Sahel mais en gros, que veut l’Etat islamique ?

Tout le monde sait ce qu’il veut. C’est parce que ce n’est pas le choix de nos Etats. Je ne sais pas si le Burkina est prêt à renoncer au mode actuel de vie pour embrasser la forme Etat islamique ? Ce n’est pas le choix que nous avons fait au Niger, nous avons fait le choix d’avoir un Etat Laïc où toutes les croyances s’exercent librement, toutes les consciences se vivent librement et toutes les libertés sont garanties pour autant qu’elles ne dépassent celle des autres.

C’est le choix que nous avons fait et nous avons installé des institutions démocratiques. Maintenant est-ce que nous sommes prêts à renoncer à ce choix ? Je n’en suis pas certain. Or, la principale revendication des terroristes, c’est que tout le monde devienne musulman. Ils égorgent des musulmans sous prétexte qu’ils ne savent pas prier.

Nous sommes un pays presqu’entièrement musulman, mais là où sévit le plus le terrorisme, là où on égorge plus les gens, c’est dans des zones où il n’existe même pas de chrétiens et d’animistes. La zone de Tillabery, où ils sévissent, est habitée par des musulmans à presque 100%. Là où les terroristes ont été le plus virulent, ce sont des zones où il n’y a que des musulmans.

Honoré KIRAKOYA

La marche irréversible de l’Eco 

Jusque-là considéré comme un serpent de mer, la monnaie unique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prend peu à peu forme en vue de voir le jour en 2020. Sur les rails depuis le début des années 1980, la création de cette monnaie unique, l’Eco, n’a jamais été aussi proche de la réalité, tant la volonté politique pour le faire est perceptible.

Déjà, les chefs d’Etat des 15 pays de la CEDEAO ont entériné une «approche graduée pour l’adoption en 2020 de la monnaie unique en commençant par les pays qui atteignent les critères de convergence». Les spécialistes du domaine évoquent de nombreux obstacles, notamment l’abandon du franc CFA et des monnaies nationales et les fameux critères de convergence comme la création de réserves de change couvrant au moins trois mois d’importations, un déficit budgétaire inférieur à 3 % du Produit intérieur brut (PIB), une inflation inférieure à 10 %, ou encore une dette inférieure à 70% du PIB.

Loin d’en rajouter aux débats passionnés sur la question, il convient d’applaudir, à tout rompre, le ferme engagement de nos dirigeants, à franchir un cap qui semblait infranchissable depuis 30 ans. De toute évidence, tous les Etats de l’espace CEDEAO ne pourront pas adopter cette nouvelle monnaie en 2020, mais l’essentiel est de commencer avec ceux qui sont prêts.

A l’image de l’Union européenne (UE), les chefs d’Etat ouest-africains pourraient s’inspirer de l’exemple de l’Euro pour appliquer progressivement le calendrier de «mise en service» de l’Eco. En effet, c’est en décembre 1995 que les 15 Etats membres de l’UE ont adopté le nom de la monnaie unique, l’Euro, avec à la clé, les conditions, le calendrier et les modalités de passage à cette monnaie unique.

Quatre ans après (le 1er janvier 1999), l’Euro est devenu la monnaie unique de 11 pays européens et les taux de change ont été fixés de manière irrévocable. Le 1er janvier 2002, les billets et pièces en euros ont été mis en circulation. Au total, sur les 15 pays, 11 ont entamé la marche de l’Euro pour le rendre totalement opérationnel, sept ans plus tard. Comptant aujourd’hui 27 membres plus la Grande Bretagne, l’UE a intégré au fur et à mesure les Etats qui remplissaient les conditions.

C’est dire donc qu’avec l’Eco, les quelques rares pays, qui répondent aux critères de convergence, peuvent «fonctionner» avec la monnaie unique, en attendant que les autres ne se conforment aux exigences. Certes, la France, partenaire incontournable de la plupart des pays de la CEDEAO, ne s’est pas officiellement prononcée sur le sujet pour des questions de souveraineté des Etats africains.

Mais, il serait naïf d’ignorer que depuis 1945, huit Etats africains de la CEDEAO utilisent le franc CFA, auparavant arrimé au franc français et maintenant à l’Euro. A cela, il faut ajouter que les devises des sept autres pays ne sont pas convertibles entre elles. Somme toute, la volonté politique est là et c’est l’essentiel. L’effectivité de l’Eco prendra le temps qu’il faut, mais elle a le mérite au moins d’avoir été mis en route.

Jean-Marie TOE

Procès du putsch : «C’est un acte regrettable», colonel Kiéré

Les plaidoiries de la défense dans le procès du putsch se sont poursuivies, hier mercredi 10 juillet 2019. Pour les conseils du colonel-major, Boureima Kiéré, leur client est «totalemen» innocent.

Le colonel-major, Boureima Kiéré, seul membre de la Commission de réflexion et d’aide à la décision (CRAD) à être accusé dans le procès du putsch, est «totalement innocent comme les autres qui ont aidé à trouver une solution». Il était constamment en contact avec la hiérarchie militaire, selon sa défense.

Pour Me Dieudonné Bonkoungou, l’un des avocats de l’officier qui l’a défendu, hier mercredi 10 juillet 2019 devant le tribunal militaire, il a signé, le communiqué n°1 du Conseil national pour la démocratie (CND), le 17 septembre 2015, après la proclamation du putsch, par peur pour sa vie. Il a poursuivi que dans le contexte d’alors, marqué par des tergiversations au sein de l’armée, bien malin qui pouvait dire comment se comporter face aux putschistes.

A ses dires, le colonel-major Kiéré était le «pompier de service», l’humaniste que beaucoup, tels le défunt, Salif Diallo, l’actuel président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, Safiatou Lopez et la hiérarchie militaire ont sollicité pour sauver des situations. Il s’agit notamment, a cité Me Bonkoungou, des soins administrés au policier Yacouba Manli, blessé au domicile de Salifou Diallo, du repas et des médicaments apportés au président Michel Kafando alors séquestré. Un autre conseil de l’accusé, Me Mireille Barry, en a conclu que M. Kiéré est un «drôle de complice d’attentat à la sûreté de l’Etat».

D’après l’avocate, les événements du 16 septembre 2015 et jours suivants ne seraient pas arrivés s’il n’y avait pas eu de compromissions politiques pendant les 27 ans de règne de l’ex-président Blaise Compaoré et l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, avec des Organisations de la société civile en quête de reconnaissance et d’argent. «Le raccourci de l’amalgame» Les défenseurs du colonel-major s’en sont aussi pris à l’accusation et à ses réquisitions. A en croire Me Bonkoungou, à l’égard de leur client et autres accusés, le parquet n’a pas accompli son obligation légale de motiver ses réquisitions ou s’est contenté de «motivations lacunaires».

Cela, parce qu’il «n’a pas de charges réelles à articuler contre les prévenus». Sur ce, l’auxiliaire de justice a estimé qu’il n y a pas de réquisitions. «Dans ces circonstances, vous ne pouvez pas juger M. le président du tribunal. L’accusation vous demande de juger sans dire quoi juger, de condamner sans préciser pourquoi», a dit Dieudonné Bonkoungou. Et de dénoncer une inversion «injuste» de la charge de la preuve par laquelle le parquet impose à la défense de démontrer que son client n’a pas eu d’intention coupable lors des événements. Revenant sur les faits, le conseil a déploré une volonté du ministère public d’entretenir de l’amalgame. L’homme de droit a fait savoir que la participation de l’accusé, le 16 septembre 2015, à la réunion des officiers de l’ex-RSP dans le bureau du chef de corps n’est pas un élément de complicité.

Car, l’intéressé y est allé, sur instruction de la hiérarchie, pour comprendre les tenants et les aboutissants de la situation d’alors. Par ailleurs, a soutenu le défenseur, son client n’était pas de mèche avec les putschistes quand sur ordre du général Diendéré, il a lu une déclaration à la rencontre de la CRAD, dans la soirée du 16 septembre. Me Bonkoungou s’est aussi dit convaincu que la désignation, par Boureima Kiéré, du capitaine Gaston Kaboré pour la mission héliportée à la frontière ivoirienne n’est pas punissable au même titre que son autorisation et exécution.

Selon l’avocat, la mission n’a pas été commanditée par l’accusé et a, du reste, été exécutée grâce au concours de ses supérieurs hiérarchiques, en l’occurrence le chef d’Etat-major de l’armée de l’air à l’époque et son adjoint. S’agissant des infractions de meurtres et de coups et blessures volontaires dont l’officier supérieur est accusé, l’homme en robe noire a argué que le parquet a de la peine à établir les faits et à en démontrer les éléments moraux constitutifs.

«C’est pourquoi, il a pris le raccourci de l’amalgame», a déploré Me Bonkoungou. Et d’indiquer que lesdites charges sont donc absentes pour son «protégé» qui doit être acquitté en lieu et place des cinq mois de prison assortis de sursis qu’a proposés le ministère public. Pour sa part, le troisième conseil du colonel-major Kiéré, Me Thierry Michel Traoré, a soutenu que le putsch s’est arrêté à l’arrestation et à la séquestration des autorités de la Transition. Par conséquent, les agissements de son client à ce coup de force, ne peuvent être assimilés à une complicité. «Si ma condamnation peut apaiser les cœurs » Me Traoré a dénoncé une mauvaise interprétation de l’article 67 par la partie poursuivante.

Le parquet et la partie civile invoquent cet article effectivement pour analyser les meurtres et coups et blessures volontaires comme des «conséquences prévisibles» de l’attentat à la sûreté de l’Etat. «C’est une passerelle trop facile. Comme on ne retrouve pas les auteurs, on estime que ceux qui ont fait le putsch sont ceux qui ont tué», a réagi l’avocat. A l’entendre, personne n’aurait pu prévoir que dans le cadre de ce putsch, ni l’armée, ni la police, ni la gendarmerie allaient refuser de jouer leur rôle de maintien d’ordre, ni que des «radios pirates illégales» allaient appeler les populations à sortir protester.

De l’avis de Me Traoré, les morts ont eu lieu dans le cadre d’attroupements illégaux. Si l’avocat a admis le principe de la désobéissance civile en cas de changement illégal au sommet de l’Etat, il a soutenu qu’on ne saurait commettre une infraction pour s’opposer à une autre infraction. «La désobéissance civile doit être une forme de protestation pacifique consistant à ne pas exécuter les actes quotidiens qu’on a l’habitude de faire. Les responsables des morts, vols, pillages … c’est la police et la gendarmerie qui n’ont pas joué leur rôle régalien. Monsieur le président, il faut situer les responsabilités !», a clamé le conseil.

Au demeurant, s’agissant de son client, Me Traoré a soutenu que les éléments audio et les perquisitions de ses bureaux ont révélé que rien n’incrimine le colonel-major. En conséquence, il a souhaité que le tribunal l’acquitte de tous les chefs d’inculpation. Invité à se prononcer, le principal concerné a estimé que l’armée n’a pas pour vocation de se mêler des affaires politiques et a trouvé que le coup d’Etat a été un acte regrettable. Il a exprimé sa compassion aux victimes et souhaité que la sagesse habite les membres du tribunal au moment de prendre leur décision.

A sa suite, le président du tribunal a invité le soldat de 1re classe, Seydou Soulama, dont la cause a été défendue la veille mardi, à se prononcer. Le militaire a exprimé ses états d’âme qu’il a préalablement pris le soin de consigner par écrit : «Je n’ai fait qu’exécuter des ordres et cela me vaut aujourd’hui que le parquet requiert 25 ans de prison ferme contre moi. Je suis toujours jeune, ma place c’est auprès de mes frères d’armes, pas à la MACA. Je vous demande de m’accorder une circonstance atténuante.

Mais si ma condamnation peut apaiser les cœurs des victimes et le repos des âmes des disparus, condamnez-moi ! Je vous laisse ma jeunesse, faites-en bon usage». L’audience se poursuit le vendredi 12 juillet 2019 avec les plaidoiries en faveur de Roger Koussoubé alias le Touareg, Amado Zongo et Abdoul Nafion Nébié.

Jean Philibert SOME & Fabé Mamadou OUATTARA

Politiques publiques de développement: Pour une prise en compte du secteur du froid

Les organisations professionnelles du froid du Burkina Faso ont commémoré la première journée mondiale du froid, le 26 juin 2019, à Ouagadougou. De fortes recommandations en vue de la dynamisation du secteur  au pays  des hommes intègres ont sanctionnée cette commémoration.

Le froid est un maillon clé de la chaîne de production agricole et industrielle. A cet égard, l’organisation, la dynamisation et le développement de ce secteur est plus qu’une nécessité pour des pays sahéliens comme le Burkina Faso. Afin d’atteindre cet objectif, les  organisations professionnelles burkinabé du froid ont indiqué la voie à suivre, à travers des recommandations formulées lors de la commémoration de première journée mondiale du froid (JMF), le 26 juin 2019, à Ouagadougou, sous le thème : « le froid pour le développement socio-économique de l’Afrique ».

Les professionnels du froid ont préconisé qu’une place de choix soit accordé au secteur en l’intégrant dans les politiques et les stratégies de développement et à travers la mise en place d’un cadre juridique favorable pour le développement du froid, la construction d’infrastructures frigorifiques au niveau des zones de production et de consommation. Et cela doit se faire en impliquant les organisations professionnelles dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques en la matière. Il convient également d’engager une réflexion sur la détaxation et/ou l’exonération du matériel et des équipements frigorifiques qui ne constituent pas un luxe mais une nécessité pour assurer le développement socio-économique du pays, ont-ils suggéré. Les organisations de la journée ont également invité les acteurs directs du froid à une synergie d’actions au niveau national, régional et international mais aussi à se doter d’une plan de renforcement des capacités des techniciens du froid. Et d’ajouter qu’il faudrait faire l’état des lieux du secteur au Burkina Faso, mettre en place un groupe de travail et institutionnaliser la JMF.

Selon les organisateurs, le Burkina est le seul pays africain à avoir donné un cachet particulier  à la commémoration de cette journée. L’objectif, pour eux, est de faire de Ouagadougou la capitale africaine du froid. Pour le promoteur de cette journée au pays des hommes intègres, Madi Sakandé, par ailleurs expert des Nations-Unies en froid et changement climatique, plus qu’en Occident, le secteur du froid est incontournable pour le développement socio-économique de l’Afrique. Raison pour laquelle, il convient de sensibiliser les acteurs du développement à prendre à bras le corps la problématique du froid, a-t-il conclu. Outre la Burkina Fao, la commémoration de la JMF a connu la participation des délégations venues de la Côte-d’Ivoire, de la République Démocratique du Congo et du Niger.

Synthèse de Mahamadi SEBOGO

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Force conjointe G5 Sahel: Frederica Mogherini chez le président du Faso

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu le mardi 9 juillet 2019 au palais de Kosyam, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini. A l’issue de son tête-à-tête, elle animé un point de presse sur la séance de travail qu’elle a eue auparavant avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres du G5 Sahel.

En séjour au Burkina Faso dans le cadre de la 5e réunion ministérielle entre l’Union européenne et les ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini, a eu hier mardi 9 juillet 2019, dans la soirée un entretien avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, au palais de Kosyam. Rien n’a filtré des échanges d’une trentaine de minutes qu’elle a eus avec le chef de l’Etat. Néanmoins, l’émissaire européenne a co-animé avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, un point de presse sur la rencontre avec les représentants du G5 Sahel. Le ministre Barry a salué la tenue de la rencontre de Ouagadougou. “Elle traduit la volonté de l’Union européenne et du G5 Sahel de renforcer leur partenariat, après la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux espaces, le 14 mai 2019 à Bruxelles”, a-t-il indiqué. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, des décisions importantes sont sorties des échanges devant contribuer à l’amélioration de la situation sécuritaire dans le Sahel. Il ressort du communiqué final que les deux parties ont réaffirmé leur détermination à œuvrer pour l’opérationnalisation de la Force conjointe, y compris sa composante police, et la mise en œuvre du cadre de conformité des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. A écouter M. Barry, cela devrait passer par une meilleure coordination entre la Force conjointe, les forces de défense et de sécurité nationales de chaque pays et les partenaires internationaux. La question des groupes d’autodéfense a refait surface dans les discussions. “Considérant que la lutte contre les exactions commises par les groupes d’autodéfense est une condition primordiale pour prévenir l’escalade de la violence, les deux parties ont souligné l’urgence de procéder au démantèlement des milices dans le cadre d’un processus de réforme du secteur de sécurité et de programmes de réduction de la violence communautaire”, précise le communiqué. La haute représentante de l’UE, a réaffirmé la disponibilité de l’Europe à accompagner le G5 Sahel. “Dans ce contexte de dégradation significative de la situation sécuritaire, c’est un devoir pour l’UE de soutenir les pays du Sahel dans la mesure où les conséquences de l’insécurité n’épargneront pas l’Europe”, a-t-elle fait savoir. Pour Mme Mogherini qui quittera ses fonctions d’ici à la fin de cette année, il faut impérativement rétablir la confiance avec les populations qui subissent quotidiennement les conséquences des actes terroristes et autres difficultés liées au manque des services sociaux de base. Selon la vice-présidente de l’UE, plus de quatre milliards d’euros ont été investis dans la région du Sahel durant ces quatre dernières années et des efforts supplémentaires devront être déployés par les partenaires afin d’aider à relever les défis auxquels les pays sont confrontés. D’ores et déjà, la représentante de l’Union européenne a annoncé une enveloppe de 138 millions d’euros (environ 90 milliards F CFA) comme appui supplémentaire pour la Force conjointe, notamment dans sa composante police. Cependant, Frederica Mogherini a relevé qu’il appartient aux pays du G5 Sahel d’organiser leur propre sécurité. L’UE s’est, en outre, engagée à soutenir toutes les initiatives en faveur du dialogue politique et de la réconciliation dans l’espace G5 Sahel, a confié Mme Mogherini.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr