Un conducteur incivique

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Un conducteur incivique
Kantigui a assisté à une scène insolite, le samedi 29 juin 2019, après 22 heures, sur l’avenue Bassawarga à Ouagadougou. En effet, près du château d’eau du Mogho Naaba à Samandin, alors que les usagers marquaient l’arrêt au feu rouge, un homme s’est présenté à la portière (côté chauffeur) d’un véhicule. Il s’est adressé en ces termes au conducteur : «Vous pensez que vous pouvez cogner quelqu’un et partir sans vous arrêter ? Ce n’est pas normal». Le conducteur n’a pas pipé mot. «C’est à vous que je m’adresse là ! Il faut venir voir celui que vous avez cogné» !, a vociféré le plaignant, avant d’ouvrir la portière pour tenter d’arracher la clé du véhicule du conducteur indélicat. Le feu étant passé au vert, celui-ci a démarré en trombe, manquant de peu de renverser son vis-à-vis. Sous le regard de Kantigui, l’intéressé a foncé à vive allure, pour ensuite bifurquer sur sa droite, à la fin du «jardin du 8-Mars» et disparaȋtre dans la pénombre. Kantigui, qui a observé toute la scène depuis sa voiture et relevé le numéro d’immatriculation du véhicule fuyard, salue au passage le geste du citoyen.

La mise en garde du chef de Logofourso
Kantigui se rappelle que le 4 juillet 2019 à la mairie de l’arrondissement n°6 de Bobo-Dioulasso, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Maurice Dieudonné Bonanet, a rencontré les parties prenantes au projet de construction de logements sociaux dans le village de Logofourso. A l’issue des échanges, un consensus aurait été trouvé pour le démarrage prochain des travaux. Mais, de ce qui est revenu à Kantigui, le chef du village et les notables sont montés au créneau pour se démarquer de cette rencontre. «Deux individus se seraient présentés comme des représentants du chef de village de Logofourso pour approuver en son nom l’implantation de logements sociaux dans son territoire. Ces individus et leurs éventuels complices, auteurs de cette forfaiture répondront de leurs actes», ont-ils prévenu dans un communiqué. Dans le même document, a lu Kantigui, le chef du village porte à la connaissance des personnes qui vendent ou achètent des terrains sur son territoire, sans avis, le font à leurs risques et péril. C’est donc le lieu pour Kantigui d’interpeller les autorités compétentes, afin qu’elles prennent les dispositions pour éviter des complications dans le processus.

15 000 sans-abri à Kaya
De passage à Kaya, Kantigui s’est rendu à la mairie pour s’enquérir de l’état des déplacés internes qui ont massivement afflué dans cette ville pour bénéficier de sécurité et de bien-être. Mais, grande fut sa tristesse de constater que la situation n’est pas reluisante pour ces personnes qui ont tout abandonné pour trouver refuge dans la capitale du Centre-Nord. Selon les informations reçues par Kantigui, à la date du 9 juillet 2019, la commune enregistrait 15 000 déplacés internes. Débordées par ce nombre qui s’accroit de jour en jour, les autorités communales ne savent plus à quel saint se vouer pour subvenir à leurs besoins alimentaires, sanitaires, surtout en ce début de saison pluvieuse. Kantigui invite les bonnes volontés à témoigner leur solidarité aux déplacés.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Ethiopie-Erythrée : rien n’est encore perdu !

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Cela fait un an, que les frères ennemis de la corne de l’Afrique l’Erythrée et l’Ethiopie ont enterré la hache de guerre. Ils ont ficelé un accord de paix, le 9 juin 2019, pour tourner définitivement la page noire qui a entaché l’histoire politique de ces deux pays. L’on se souvient de ces deux décennies d’hostilité, marquées par une guerre sanglante (1998-2000), qui a eu pour conséquence des milliers de morts de part et d’autre. Pour les populations et les dirigeants des deux pays, cette nouvelle ère suscite donc de l’espoir. En Ethiopie, l’apaisement se faisait sentir déjà. C’était avec enthousiasme que le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, avait fait campagne, l’an dernier, au sujet de la restauration de la paix. De nombreuses actions, sur le plan intérieur, ont été posées dans ce sens. Le pays d’Hailé Sélassié a procédé à la libération des détenus politiques. Des appels au dialogue et au renoncement de l’usage des armes ont été également lancés. Le nouveau bol d’air s’est aussi manifesté par des rencontres bilatérales en grande pompe, la réouverture des ambassades et de plusieurs postes-frontières et le rétablissement du pont aérien entre Asmara et Addis-Abeba. Un an après la signature des accords, force est de constater, que de nombreux chantiers restent en suspens. La délimitation de la frontière entre les deux Etats n’est toujours pas conforme au tracé déterminé en 2002 par la Cour d’arbitrage internationale de la Haye – tracé selon lequel la région contestée de Badmé revient à l’Erythrée. Quant à l’accès de l’Ethiopie aux ports érythréens, ce n’est qu’un projet pour l’instant. Le fait que le président érythréen, Isaias Afwerki, s’est engagé dans un processus, dont il est l’unique acteur, est mal perçu par certains experts. Surtout que son voisin a emprunté, dans la même dynamique, les canaux constitutionnels après avoir obtenu l’aval du Parlement. Les spécialistes craignent, que les décisions qui découleront de la démarche en solo d’Afwerki n’engagent le peuple érythréen. Au niveau politique, un élément peut aussi expliquer que la paix soit aujourd’hui en souffrance. Il s’agit des profondes divergences de vues en Éthiopie et la précipitation des événements dans ce pays. Les visites de part et d’autre des dirigeants des deux pays ont cessé depuis quelques temps. Pendant ce temps, le conseiller et bras droit du chef de l’État érythréen, Yemane Gebreab, a affirmé que le Premier ministre éthiopien n’avait pas la situation en main. Cette déclaration est perçue comme une véritable flèche décochée, côté érythréen sur le processus de paix. Les nuages semblent encore sombres, concernant la réconciliation entre les deux pays, mais l’espoir est encore permis. Rien n’est encore perdu ! En matière de réconciliation, il y a des hauts et des bas. Une autocritique au niveau des deux parties peut faire avancer le processus, pourvu que de vraies concessions soient faites. Il reste à souhaiter un apaisement des cœurs, afin que l’accord ne vole pas en éclats.

Abdoulaye BALBONE

22 porteurs de projets reçoivent leurs attestations

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Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a officiellement remis des attestations à 22 startups de l’édition 2018 du programme «Burkina Startup» et des chèques de subvention à deux associations, le mardi 9 juillet 2019, à Ouagadougou.

Dans le cadre de la seconde session du programme Burkina Startup, 22 projets «innovants» ont été sélectionnés et financés à hauteur de 924 792 369 F CFA. Les projets évoluent essentiellement dans les secteurs de l’agrobusiness et du numérique. Les lauréats ont reçu leurs attestations des mains du ministre en charge de l’économie, Lassané Kaboré, au cours d’une cérémonie dans la matinée du mardi 9 juillet 2019, à Ouagadougou. C’était aussi l’occasion pour l’association Avoh Yatinin Jiji et au groupement Dewral Welltaaré de recevoir des chèques de subvention d’une valeur de dix millions francs CFA chacune du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES).
Le porte-parole des bénéficiaires, Ousmane Kéré, au nom des 22 lauréats, a remercié le gouvernement pour son engagement à faire de l’entrepreneuriat un levier de développement économique. Il a, par ailleurs, rassuré les donateurs quant à une utilisation optimale des fonds mis à leur disposition. Néanmoins, les bénéficiaires ont émis des doléances pour un épanouissement de leurs entreprises. «Le taux élevé des taxes de droit de douanes lors de l’importation des équipements, le taux des impôts lors de l’exploitation des startups, l’inexistence d’un statut juridique et fiscal propre aux startups et le manque de financement complémentaire sont, entre autres, des difficultés rencontrées par les startups», a indiqué M. Kéré. En réponse, le ministre Kaboré a déclaré que des instructions ont été données aux directeurs généraux du fonds et des impôts pour que des mesures d’accompagnement soient prises afin de soutenir les entreprises. «Il faut accompagner les structures durant les cinq premières années de leur naissance», a-t-il estimé. Il a, par ailleurs, félicité les lauréats pour la qualité de leurs projets qui, du reste, répond à l’objectif premier du fonds d’accompagner les jeunes entrepreneurs pour qu’ils puissent grandir. Depuis le lancement du programme en 2017, 62 projets ont été financés à hauteur de plus de 2 milliards francs CFA. Ce qui a permis la création de 2075 emplois directs. «C’est bon, mais nous pouvons faire mieux car l’objectif est de financer cent startups par an. Ce ne sont pas les idées qui manquent au Burkina Faso. Il y a juste un déficit de communication que nous devons rapidement revoir», a indiqué le nouveau directeur général du FBDES, Bruno Compaoré.
Lancé, le 11 juillet 2017, le programme «Burkina Startup» qui va jusqu’en 2021, avec un coût total de 10 milliards F CFA, ambitionne financer 500 startups sur les cinq années, soit 100 startups par an. En sus, le programme entend créer 10 000 emplois directs et améliorer le taux de viabilité des entreprises financées. «Burkina Startup» entend également favoriser la naissance et l’émergence de Petites et moyennes entreprises (PME) structurantes, innovantes et viables à travers un mécanisme de financement adapté à l’auto-emploi.

Arnaud Fidèle YAMEOGO
(Stagiaire)

Des étudiants initiés à la création d’entreprises

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Le ministère de la Jeunesse et de la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, a lancé officiellement, le mardi 9 juillet 2019 à Ouagadougou, des sessions de sensibilisation à l’entrepreneuriat, au profit des étudiants des universités publiques, privées et des grandes écoles de Ouagadougou.

L’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA) de Saaba a accueilli, le mardi 9 juillet 2019, le lancement d’une série de séances d’animation sur l’entrepreneuriat des jeunes. Ces sessions de sensibilisations ont été initiées par le ministère en charge de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, au profit des étudiants des universités publiques, privées et des grandes écoles de Ouagadougou. Selon le représentant du ministre, Salam Ouédraogo, des données de l’Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages 2009/2010 de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), ont montré que le taux de chômage est de 34,5% chez les jeunes de niveau supérieur contre 17,2% chez les jeunes de niveau secondaire. 11,3% pour ceux de niveau primaire. «Seulement 5,4% des jeunes non instruits sont au chômage. Le chômage est en partie lié à la faible employabilité des jeunes formés dans le système éducatif national», a-t-il signifié. Et d’ajouter que les jeunes s’inscrivent dans une dynamique de trouver un emploi salarié dans la fonction publique ou dans les grandes entreprises. «La demande additionnelle annuelle ne cesse de croître, alors que les offres de recrutement ne font que décroître», a regretté M. Ouédraogo. Face à cette situation, il a noté que la seule alternative crédible semble être la promotion de l’auto-emploi des jeunes. Pour le Directeur général de la jeunesse et de l’éducation permanente (DGJEP), Larba Pilga, il est nécessaire d’inculquer cette culture entrepreneuriale aux étudiants, pour qu’à leur sortie des grandes écoles, ils puissent être eux-mêmes : «Des solutions aux problèmes d’emploi et non des problèmes pour l’emploi». Ces sessions de formation vont se focaliser sur des communications sous forme de panels, au cours desquels des techniques entrepreneuriales, l’élaboration d’un plan d’affaires et des sources de financements seront développées. Le vice-recteur de l’USTA, Norbert Nikiéma a, pour sa part, indiqué que les coûts économiques et sociaux du chômage et le sous-emploi des jeunes vont sans cesse croissant et compromettent le potentiel de la croissance économique du pays. C’est en ce sens qu’il a apprécié cette initiative du ministère en charge de la jeunesse, qui, de son avis, inspire son université et incite celle-ci, à réfléchir à la mise en place d’un dispositif interne de stimulation des étudiants à l’innovation, et à l’esprit d’entreprise et d’auto-emploi. De nos jours, il faut que les jeunes s’engagent, avec un esprit d’initiative et le courage de s’auto-employer», a-t-il soutenu.

Afsétou SAWADOGO

Procès du putsch «Je suis victime du surnom Rambo», Moussa Nébié

A l’audience du mardi 9 juillet 2019 du procès du putsch manqué, les avocates Antoinette Boussim et Solange Zèba ont, au nom de leurs clients respectifs, Sami Dah et Moussa Nébié, plaidé coupables pour les infractions d’attentat à la sûreté de l’Etat.

A l’entame de sa plaidoirie, le 9 juillet 2019, Me Antoinette Boussim s’est inclinée, au nom de l’accusé, Sami Dah, devant la mémoire des victimes du putsch manqué. «Certes, nous sommes des avocats de la défense mais nous compatissons à la douleur des familles. Mes paroles ne vous demandent pas d’oublier mais vous invitent à écouter un jeune qui a ses forces et ses faiblesses». Pour sa défense, il plaide coupable pour le fait d’attentat à la sûreté de l’Etat. Selon l’avocat, son client reconnaît avoir posé des actes, du 16 au 21 septembre 2015, jour de son arrestation. Il s’agit de sa présence lors de l’arrestation des autorités de la Transition à la porte de la salle du Conseil des ministres, le 16 septembre 2015, dans la salle de réunion avec les officiers supérieurs et au sein de la garde de sécurité du général Gilbert Diendéré. «Il a posé ces actes, mais cela s’est fait à la demande de son supérieur hiérarchique direct. De ce fait, le caporal ne peut pas être sanctionné, car selon l’article 76 du Code pénal ancien, il s’agit d’une mission à lui assignée» a souligné Me. Boussim. Etait-il possible à son client de refuser des ordres ?, s’est interrogé l’auxiliaire de justice. Pour elle, la discipline faisant la force de l’armée, le prévenu Sami Da doit obéissance à son supérieur, car c’est la loyauté qui caractérise le soldat. «Il exécute sans hésitation et sans murmure. Et mon client en posant ces actes avait la conviction d’exécuter des ordres émanant de la hiérarchie» a-t-elle soutenu. Pour elle, tous les supérieurs semblaient approuver le coup d’Etat manqué, sinon, si la hiérarchie militaire avait marqué son refus catégorique, on aurait mis fin au putsch et il n’allait pas avoir des morts, ni de blessés encore moins des biens dégradés. «Le mal est déjà fait et ce sont les jeunes soldats qui paient le lourd tribut. C’est pourquoi, je demande l’acquittement de mon client, à défaut de l’assortir d’une peine avec sursis en tenant compte de la peine déjà consommé depuis 2015», a indiqué Me Boussim. En ce qui concerne les faits de meurtres, de coups et blessures volontaires et de dégradations volontaires de biens, Sami Da plaide non coupable. De l’avis de Antoinnette Boussim, il n’existe aucune preuve (vidéo, audio) ou de témoignages qui identifient formellement l’accusé comme coauteur de ces crimes. Mieux, le jour de son arrestation(le 21 septembre 2015), son arme est restée intact avec ces quatre chargeurs. «Cela signifie qu’il n’a pas fait usage de son arme» précise l’avocate. Alors, elle a invité le président du tribunal, Seydou Ouédraogo à le juger sur des faits et non sur l’apparence. «J’ai foi en votre jugement», a-t-elle déclaré. Cependant, l’avocate a, par ailleurs, souhaité que le président tienne compte de son action d’avoir déjoué un coup d’Etat en juillet 2015. A sa suite, les avocats Registre Bonkoungou, conseil de Ali Sanou et Boureima Zouré) et Mahamadi Sawadogo, défense de Seydou Soulama ont tour à tour plaidé pour l’acquittement de leur clients.

«Sankara serait toujours en vie si… »

Me Solange Zèba, elle, a défendu le journaliste Lassina Ouédraogo et l’adjudant-chef Moussa Nébié dit «Rambo». Pour le premier accusé, l’avocate a indiqué que c’est de façon malencontreuse qu’il s’est retrouvé devant le tribunal. Car, à l’entendre, aucune infraction n’a été retenue contre lui. «Le parquet même l’avait oublié», a soutenu l’avocate. C’est pourquoi, elle a requis qu’on mette son client hors de cause pour absence d’infraction. Quant au second client, Moussa Nébié dit «Rambo», Me Zèba a rappelé que cinq chefs d’accusation pèsent sur lui. Il s’agit de l’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, complicité de dégradation volontaire aggravée de biens et incitation à la commission d’actes contraires à la discipline militaire. Pour l’attentat, l’avocate a affirmé que l’infraction est constituée parce que son client a reconnu les faits et plaide coupable. Celui-ci ayant admis que c’est lui qui a conduit le président, Michel Kafando, en lieu sûr. Toutefois, Me Zèba a signifié qu’il doit bénéficier de circonstances atténuantes. La raison, selon elle, est que «Rambo» a obéi aux ordres de son supérieur hiérarchique, Eloi Badiel, mais sans violence, ni coup de feu. «Si le commando qui s’était retrouvé devant le président Thomas Sankara en 1987 avait réagi ainsi, il serait toujours en vie», avance-t-elle. Pour les infractions de meurtre et de coups et blessures volontaires, considérées comme les conséquences prévisibles de l’attentat, Me Zèba a souligné qu’il n’y a aucun lien de cause à effet entre les deux chefs d’accusation. Pour elle, le meurtre et les coups et blessures sont des infractions de commission, d’action. Ce que son client n’a pas fait, à l’écouter. C’est pourquoi, elle a demandé de l’acquitter pour infractions non constituées. Il en est de même pour les deux derniers chefs d’accusation. L’avocate a aussi demandé au tribunal de débarrasser son client de certains clichés, notamment le surnom «Rambo» qui porte en lui des germes de la suspicion et d’examiner sereinement son cas lorsqu’il va entrer en voie de condamnation. Trouvant la réquisition du parquet (25 ans de prison ferme) contre son client lourde, Me Zèba a demandé au tribunal de lui appliquer la peine minimale et d’assortir le reste de sursis. Quant à Moussa Nébié, il a demandé pardon au président Kafando et déclaré qu’il est victime du pseudonyme «Rambo». Avant la reprise des plaidoiries dans la soirée, le parquet s’est prononcé sur une demande de liberté provisoire introduite par Me Olivier Somé au bénéfice de son client, Yacouba Kinda. Il a requis de la rejeter comme étant mal fondée. Le tribunal a mis le dossier en délibéré pour le lundi 15 juillet prochain. L’audience, elle, reprend ce mercredi à 9 heures.

Fleur BIRBA
Mady KABRE

Quarts de finale de la CAN 2019 Place à la VAR !

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Après de surprenantes huitièmes de finale disputées, la CAN 2019 aborde cet après-midi les quarts de finale avec d’alléchants face à face. C’est le cas du choc entre les Fennecs d’Algérie et les Eléphants de Côte d’Ivoire et le duel entre le Nigéria et l’Afrique du Sud.

La CAN 2019 poursuit son petit bonhomme de chemin et il ne reste plus que huit équipes à prétendre au sacre final, au soir du 19 juillet prochain. Trois gros favoris, l’Egypte, le Maroc et le Cameroun, ont été dégommés lors des 8es de finale passées, une grosse surprise pour ce qui est des deux premiers pays cités. De quoi ouvrir un boulevard pour les Fennecs d’Algérie, eux qui ont remporté tous leurs matches depuis le début de la compétition et qui n’ont pas encore encaissé le moindre but. Ce qui est certain, les amoureux du foot auront un début de réponse à cette interrogation avec les quarts de finale qui débutent cet après-midi, et Algérie#Côte d’Ivoire sera la principale attraction de ce tour.
Le moins que l’on puisse dire est que cette rencontre confirmera ou non le statut de favoris des Fennecs à cette CAN. En tous les cas, l’Algérie est présentement la meilleure équipe du tournoi. Les poulains du coach Djamel Belmadi ont jusque-là affiché une grande sérénité lors des matches qu’ils ont disputés. Le contraire de leur adversaire ivoirien dont la qualification pour les quarts de finale a été obtenue grâce à la maladresse de la jeune équipe malienne. Les quatre matches disputés par les Eléphants ont montré un jeu stéréotypé avec des leaders techniques comme Nicolas Pépé, Wilfried Zaha et Max-Alain Gradel en manque d’inspiration. Pour bousculer cette équipe solide d’Algérie, ils devront alors proposer autre chose, même si la Côte d’Ivoire mène pour le moment au score lors des sept matches que les deux pays ont disputés en phase finale de CAN.

Des matches ouverts

Le bilan donne un avantage aux Ivoiriens avec 3 victoires pour deux défaites et deux matchs nuls. La première confrontation entre les deux équipes remonte en 1968 où la Côte d’Ivoire s’était imposée par trois buts à 0. Les deux équipes se sont retrouvées à la CAN 1988 au Maroc et s’étaient séparées dos-à-dos (1-1). En 1990 les Algériens ont gagné 3-0 chez eux avant de perdre deux années plus tard au Sénégal sur le même score. Enfin, les deux formations se sont affrontées à trois reprises lors des dix dernières années. L’Algérie a défait la Côte d’Ivoire 3-2 en Angola en 2010 et 3 à 1 en 2015 en Guinée équatoriale, puis un match nul (2-2) en 2013 en Afrique du Sud. La Côte d’Ivoire a deux trophées de CAN dans ses coffrets contre un seul pour l’Algérie. Ces quarts de finale verront également l’entrée en lice des deux équipes surprises au stade de cette compétition : le Bénin et Madagascar. Leurs adversaires savent désormais qu’ils ne sont plus des petits poucets à prendre à la légère.
Les Ecureuils du Bénin rêvent de prolonger leur incroyable épopée et, pour cela, ils vont tenter de s’offrir le scalp des Lions de la Teranga, l’autre grand favori de la CAN. Ils l’ont déjà fait en 8es face à d’autres Lions (de l’Atlas). Mais ces Lions de la savane, première nation africaine au classement CAF et FIFA, sont prévenus qu’ils auront en face des Ecureuils agiles et tenaces. Même si trois joueurs sénégalais (Alfred Ndiaye, Crépin Diatta, Ismaila Sarr) sont incertains pour le match, l’équipe est d’une qualité nettement supérieure à celle du Bénin.

La CAF rassure sur la VAR

L’autre sensation de la CAN, les Barea de Madagascar tenteront également de poursuivre leur très belle aventure face aux Aigles de Carthage. Les Zébus peuvent se permettre de rêver des demi-finales, au vu des prestations de la Tunisie en cette CAN. Le capitaine Wahbi Khazri et ses coéquipiers, à l’image du petit poucet béninois, n’ont encore gagné aucun match (3 matches nuls) pendant le temps règlementaire et les prolongations.
Les Aigles de Carthage n’ont pas trouvé leur rythme dans cette coupe d’Afrique, mais ils ont su faire les efforts pour sortir le Ghana aux tirs au but, en 8es. Favoris de ce match, ils doivent se méfier des Malgaches gonflés à blocs. Enfin, l’Afrique anglophone aura, elle aussi, droit à son affiche, avec un Nigeria-Afrique du Sud.
D’un côté, les Bafana#Bafana sortent d’un match sérieux et très tactique face à l’Egypte qu’ils ont éliminés à la surprise générale.
De l’autre, le Nigéria a été aussi crédité d’une rencontre solide contre le tenant du titre camerounais. Ce duel s’annonce alors alléchant. Les protagonistes de tous ces matches de quarts de finale verront apparaître, pour la première fois à une CAN, l’Assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) jusqu’en finale. Les Béninois et les Sénégalais seront les premiers à expérimenter cette technologie que de nombreux Africains accueillent avec réserve.
Ceux-ci ont tous, en mémoire, le cafouillage monstre, le 31 mai dernier à Tunis, lors de la finale de la ligue des champions africains causé ce jour-là par un dysfonctionnement de la VAR.
La Confédération africaine de football a rassuré que des tests de cette technologie avaient été réalisés en secret au cours de quelques matchs de la phase des groupes et des 8es de finale. Deux experts venus d’Europe ont assuré la formation des arbitres africains.

Adama SALAMBERE

Education des filles et lutte contre le mariage d’enfants: Naaba Guiguempolé désigné champion national

Le palais royal de Tenkodogo a servi de cadre pour la cérémonie de remise d’écharpe à Naaba Guiguempolé, roi de Tenkodogo, désigné champion national pour la promotion de la scolarisation des filles et de la lutte contre le mariage d’enfants, le samedi 6 juillet 2019.

Pour se donner les chances d’opérer des changements de comportements au sein des populations, un forum des leaders religieux et coutumiers de l’Afrique de l’Ouest francophone et du Tchad a été organisé, en juillet 2018, dans la capitale du pays des Hommes intègres, Ouagadougou.
Consciente que la religion et les traditions africaines ne promeuvent que le bien être de l’Hommes, l’Union des religieux et coutumiers du Burkina Faso pour la promotion de la Santé et le développement (URCB /SD) a bâti sa stratégie sur ces ressources inestimables peu ou mal exploitées. Au cours duquel forum, le Naaba Guiguempolé, roi de Tenkodogo a été désigné champion national de lutte contre les mariages d’enfants et de son engagement pour la promotion de la scolarisation des filles. Cette distinction, placée sous le thème : «La lutte contre les mariages des enfants et pour la promotion de la scolarisation des filles», s’est traduite par la matérialisation concrète de la remise de l’écharpe de champion national au Naaba Guiguempolé, le 6 juillet dernier. Une foule nombreuse a fait le déplacement de la cour royale pour la circonstance. «L’écharpe est le signe de votre engagement pour des causes nationales et aussi une invite à faire plus. Je ne doute point de votre capacité et je demande au seigneur de vous inspirer et de vous donner la force pour mériter cette distinction», a déclaré le parrain, Moïse Napon.
Naaba Guiguempolé, roi de Tenkodogo a précisé qu’au-delà de son caractère festif, la cérémonie est pour lui, une charge et une responsabilité à accompagner toute action de lutte contre le mariage des enfants et toute action de promotion de l’éducation des filles. Il a toutefois précisé que l’éducation et l’encadrement des générations dont les filles, a toujours été une préoccupation de la chefferie coutumière, en témoigne l’affectation d’un portefeuille ministériel à ce domaine dans beaucoup de royaumes.

Le roi de Zoungrantenga a réitéré ses bénédictions au peuple courageux et intègre du Burkina Faso pour lequel, il implore le Tout-puissant et les mânes des ancêtres, afin qu’ils lui accordent avantage, sécurité, paix, cohésion sociale, unité nationale et stabilité. «Les chefs coutumiers sont des personnes influentes qui peuvent apporter un changement fondamental dans la société. Une personnalité comme le roi de Tenkodogo, a une force d’opinion et une puissance pour communiquer les changements nécessaires car, il connaît la culture, l’histoire de son peuple et de sa vie. Il peut faire toutes les jonctions nécessaires pour que la transformation puisse avoir lieu. Ce sont ces genres de personnalités qu’il faut mettre au-devant pour permettre au peuple de recouvrer les valeurs et de ne pas confondre le superficiel que parfois nous prenons comme valeur de la société», a confié le parrain, Moïse Napon.

Le coordonnateur national de l’URCB, Guibrina Ouédraogo, a aussi indiqué que depuis la création de l’URCB/SD, le roi a toujours été à leurs côtés à travers ses conseils et ses actions. «Nous attendons des populations, qu’elles abandonnent la pratique néfaste qu’est le mariage forcé qui a des conséquences sur la vie des filles, arrête la scolarisation des enfants et amène des situations déplorables dans la vie des femmes», a déclaré Guibrina Ouédraogo.

Bougnan NAON

Sécurisation des zones attaquées: le CFOP s’inquiète

L’opposition politique a invité la presse, le mardi 9 juillet 2019 à son siège, dans le cadre de ses rendez-vous hebdomadaires, pour se prononcer sur la crise humanitaire, le prélèvement de manganèse à Tambao, l’auto-saisine du Conseil constitutionnel sur la légalité du nouveau code pénal et l’inscription des hauts fourneaux de la métallurgie ancienne du fer au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La déferlante de réfugiés vers des zones dites sûres inquiète l’opposition politique burkinabè. Elle a tiré la sonnette d’alarme le mardi 9 juillet 2019 face à la presse par l’intermédiaire du président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF) et du 4e vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda Dicko, animateurs de ce «mardi du CFOP».
Dans la déclaration liminaire, M. Dicko a exprimé la détresse des populations du Sahel, du Centre-Nord, de l’Est et du Nord, qui, fuyant le terrorisme, sont abandonnées dans des écoles, sans assistance.
«Ces compatriotes en détresse ne bénéficient pas assez du soutien du gouvernement», a-t-il dénoncé. L’opposition a déploré les risques de famine et de conflits communautaires que le déplacement de ces paysans et éleveurs, abandonnant champs et bétail derrière eux, pourrait engendrer. C’est pourquoi, elle a invité le gouvernement à initier une opération «Bori bana» (la fuite est terminée) «qui consistera en une vaste opération de sécurisation des zones attaquées, en des plans de résilience impliquant les populations elles-mêmes dans le but de les reloger sur leurs terres et en la réinstallation de l’administration».
Les conférenciers se sont aussi posé des questions sur l’opération d’enlèvement de 40 000 tonnes de manganèse du site de Tambao en vue de les vendre pour désintéresser les ex-travailleurs et les créanciers de la société Pan african Tambao.
L’opposition politique a principalement déploré le fait que les populations et les autorités locales n’aient pas été tenues au courant de ce projet. «Cette opération du ministère des Mines a lieu à un moment où le débat sur le charbon fin a toujours cours … Le gouvernement burkinabè trouve les moyens d’escorter des minerais, mais se montre incapable de sécuriser les êtres humains vivant à Markoye», ont regretté les conférenciers. L’initiation d’une «opération Bori bana» signifie-t-elle que celles en cours (Otapuanu et Doofu) ont échoué et en quoi va-t-elle consisté concrètement ?
A cette question des journalistes, les conférenciers ont répondu que l’opposition, sans décrier les offensives Otapuanu et Doofu, constate simplement que sur le terrain, des attaques se poursuivent et les terroristes sont passés désormais à des entreprises d’asphyxie des économies locales à travers les attaques des marchés, la spoliation des populations et l’interdiction de cultiver. «L’opposition ne fait que lever le lièvre, que celui qui a le fusil tire sur lui. Il faut qu’il y ait une réaction à la hauteur de la menace», a affirmé le 4e vice-président de l’UPC. En marge de «ce qui ne va pas», les conférenciers se sont réjouis de l’auto-saisine du Conseil constitutionnel à propos du nouveau code pénal ainsi que de l’inscription des sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Fabé Mamadou
OUATTARA &
Boureima GANSONRE
(Stagiaire)

Monitoring des médias Le CSC acquiert un système «plus adapté»

Le Conseil supérieur de la communication(CSC) et la Haute autorité de la Communication audiovisuelle du royaume du Maroc ont signé, le mardi 9 juillet 2019 à Ouagadougou, une convention pour l’acquisition d’un système de monitoring des médias.

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) se met au diapason de la technologie pour une régulation adéquate des contenus des médias audiovisuels. En effet, le CSC a signé une convention de partenariat avec la Haute autorité de la communication audiovisuelle(HACA) du royaume du Maroc en vue de l’acquisition de la solution marocaine pour le monitoring des médias. Actée, le mardi 9 juillet 2019 à Ouagadougou, cette signature de convention matérialise ainsi la mise à la disposition de l’institut d’un outil technique dénommé : «HACA Médias Solution» développée en 2007 et déjà acquise par les instances de régulation des médias audiovisuels de sept pays africains (Tchad, Mauritanie, Mali, Niger, Bénin, Togo). Selon le président du CSC, Me Mathias Tankoano, cette solution permettra, à l’instar de ces pays, l’enregistrement des contenus des medias disséminés sur l’ensemble du territoire national. En effet, il a expliqué que le CSC rencontrait depuis quelques années des difficultés pour le contrôle des contenus, liées à l’expansion du paysage audiovisuel (152 radios, 29 télévisions) national qui est d’ailleurs appelé à s’étendre avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (TNT). En plus de cela, le Burkina Faso se trouve dans un contexte de multiples défis dont le contexte sécuritaire, des échéances électorales, de montée de nouveaux supports de communication dont les contenus menacent parfois le socle de l’unité nationale. Dès lors, selon Me Tankoano, un contrôle de la communication s’imposait comme un impératif pour la survie de la Nation. Et grâce à l’intervention du roi du Maroc, le Burkina Faso, à l’image des autres pays africains, a acquis cette solution «logiciel» à moins de 100 mille euros alors qu’il en faut environ un million d’euros pour l’avoir, foi du président du CSC. «L’acquisition de ce matériel est très nécessaire pour notre pays qui amorce cette phase des élections de 2020 de pouvoir, à travers le régulateur, voir ce qui se dit et ce qui se fait dans la presse, particulièrement dans les medias audiovisuels qui sont devenus aujourd’hui le support par lequel les informations circulent rapidement», a-t-il dit. «Désormais nous pouvons contrôler 24h/24 nos médias audiovisuels à partir du CSC», s’est réjoui Me Tankoano. Aussi, il a signifié que le logiciel va permettre de faciliter le travail du régulateur qui n’est pas d’abord un censeur comme le pensent souvent les journalistes ou la presse en général, mais plutôt celui qui garantit cette liberté aux citoyens d’avoir accès à l’information juste. «La liberté d’expression qui est un principe accordé au journaliste ne l’est pas à titre personnel, mais parce qu’il rend un service public qui est garanti par notre constitution, et cet outil nous permettra de mesurer ces contenus qui touchent surtout la cohésion sociale, le vivre-ensemble, le fondement de notre Etat», a souligné Me Tankoano. Pour la présidente de la HACA, Latifa Akharbach, en plus de renforcer la coopération entre les deux pays, cette convention est aussi importante parce qu’elle va permettre à deux régulateurs africains de travailler ensemble pour servir le citoyen marocain et burkinabè dans un domaine extrêmement important qu’est l’ancrage de la démocratie. «Cette convention permet d’avoir un outil technique pour mesurer le temps de parole pendant la période électorale et en dehors, mais le but final de cette technique c’est la promotion des valeurs de cohésion sociales, de l’expression des opinions dans nos sociétés», a-t-elle indiqué.

Kadi RABO