Régulation des médias: Christophe Dabiré reçoit la présidente de la HACA

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a reçu en audience, la présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) du royaume du Maroc, Latifa Akharbach, dans la matinée du mardi 9 juillet 2019 à Ouagadougou.

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) et la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) du royaume du Maroc sont des partenaires. En vue de sceller leur «amitié», ils ont signé une convention de coopération dans la matinée du mardi 9 juillet 2019. A l’issue de la signature, les premiers responsables des deux structures sont allés en faire part au Premier ministre, Christophe Dabiré, au cours d’une audience qui leur a été accordée. Selon les explications données au chef du gouvernement par la présidente de l’HACA, Latifa Akharbach, sa structure s’est, à travers cette convention, engagée à partager avec le CSC la solution informatique qu’elle a mise au point pour résoudre la question du pluralisme des médias qui constitue l’un des défis majeurs des instances de régulation marocaine et burkinabè. Ce partage d’expériences, a-t-elle poursuivi, va permettre à la campagne médiatique électorale qui va bientôt démarrer au pays des Hommes intègres, de se dérouler dans les meilleures conditions de respect du pluralisme. «C’est une convention entre deux régulateurs qui sont sensibles à l’évolution technologique et au défi que cela représente pour le travail des médias qu’ils soient classique ou numérique. Ma structure et le CSC sommes déterminés à améliorer notre engagement et notre interaction au sein du réseau africain des instances de régulation pour le bénéfice des usagers des médias», a-t-elle déclaré. En outre, la première responsable de l’HACA a saisi l’opportunité pour féliciter le gouvernement burkinabè pour ses efforts dans le développement d’une presse de qualité. «Il est très important pour moi de voir que des responsables politiques soutiennent l’action des régulateurs de médias. Action qui s’inscrit dans le renforcement démocratique des pays africains», a-t-elle noté. Par ailleurs, elle a invité les premières autorités du pays à continuer à soutenir l’action des régulateurs afin de relever les défis auxquels, ils sont confrontés. «En tant que régulateurs, nous avons besoin de toute l’autonomie et de la liberté possible pour mener à bien nos missions. Et ce, afin que les citoyens dans les quartiers marocains et burkinabè aient une offre médiatique de qualité, respectueuse des valeurs humaines et des droits de l’homme et qui exprime la diversité de nos sociétés», a-t-elle laissé entendre. Pour elle, le fait de voir le Premier ministre soutenir leur action augure un avenir radieux des médias au Burkina Faso.
Avant la présidente de l’HACA, Christophe Dabiré a reçu en audience le directeur des opérations sortant de la Banque mondiale Pierre Laposte. Il est venu remercier le gouvernement pour le soutien dont il a bénéficié et présenté sa remplaçante Soukeyna Kane.

Nadège YAMEOGO

Lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent

Le consortium Solidar Suisse-Union fraternelle des croyants de Dori (UFC-Dori) a organisé un symposium régional sur la coopération civilo-militaire dans la prévention et la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, le jeudi 4 juillet 2019 à Dori.

Des journées portes ouvertes, des activés sportives et culturelles, la mise en place de cadre de concertation, la mise en œuvre des activités des spécialistes des services militaires, à savoir la santé et le génie militaire. Ce sont là, entre autres, actions de communication pour susciter et entretenir la coopération entre civils et Forces de défense et de sécurité (FDS), au terme d’un symposium régional sur la coopération civilo-militaire dans la prévention et la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent. Ces activités ont eu lieu, le jeudi 4 juillet 2019, à Dori à l’initiative du consortium Solidar Suisse – Union fraternelle des croyants de Dori (UFC-Dori), dans le cadre du projet «Dialogue inclusif pour un mieux-vivre ensemble pour la paix et la sécurité dans la région du Sahel». Le symposium a regroupé une centaine de participants, venus des quatre provinces de la région du Sahel et issus d’organisations de jeunesse, d’éleveurs, de producteurs et religieux ainsi que des représentants des différentes Forces de défense et de sécurité (FDS). «La paix et la sécurité sont mises à mal avec la croissance de l’extrémisme violent qui amorce non seulement un revers dramatique aux efforts de développement et des avancées déjà enregistrées, mais encore plus, menace l’atteinte des perspectives légitimes de développement», a soutenu la représentante du projet dialogue inclusif, Célestine Béré. En effet, explique-t-elle, les attaques et exactions ont atteint un niveau sans précédent et leurs impacts sont ressentis dans plusieurs régions du pays, dont le Sahel. Cependant déplore-t-elle, l’insuffisance de la coopération entre les civils et les FDS fait partie des difficultés qui limitent l’ampleur et la qualité des interventions contre ce fléau. C’est pourquoi, elle estime que la lutte contre ce phénomène nécessite donc la contribution concertée de toutes les forces vives du pays. De son avis, l’organisation de ce symposium s’inscrit dans cette démarche de dialogue en vue d’identifier les goulots d’étranglement dans la coopération civilo-militaire et dégager des pistes opérationnelles pour l’amélioration des relations entre civils et les différents corps des FDS.
Selon le chef de corps du 11e Régiment d’infanterie commando (RIC) de Dori, Evariste Stéphane Somé, représentant le Chef d’Etat-major de l’armée de terre (CMAT), le colonel Gille Bationo, parrain du symposium, l’insécurité est un phénomène dont les solutions ne seront pas uniquement que militaires, d’où son invite à une unité de pensée et d’actions et à la recherche de solutions pour accompagner les FDS qui sont les acteurs de premier plan. Quant au gouverneur de la région du Sahel, Salfo Kaboré, il a indiqué que la problématique de la coopération civilo-militaire est d’actualité au regard de la suspicion réciproque qui fragilise la communauté. Pour lui, la coopération civilo-militaire demeure la condition indispensable pour la sécurisation du Burkina Faso. A cet effet, il a invité à un diagnostic, sans complaisance, de l’état de la collaboration entre civils et FDS, pour aboutir à des conclusions à même d’améliorer les relations entre les deux parties.
Au cours de leurs travaux, les participants ont eu droit à deux communications. La première, faite par le chef de corps du 11e RIC a porté sur le concept de la coopération civilo-militaire pour la prévention et la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent. La seconde a été donnée par le commissaire de police, Kyansio Gustave Dabiré, de la direction de la police de proximité et a porté sur la coproduction de la sécurité au Burkina Faso.
Notons que le projet : «Dialogue inclusif pour un mieux vivre-ensemble pour la paix et la sécurité dans la région du Sahel» est mis en œuvre par le consortium solidar Suisse et l’Union fraternelle des croyants de Dori, dans le but de contribuer à un changement qualitatif durable des rapports communautaires, intra et inter religieux et avec l’Etat pour une cohésion sociale dans un environnement mieux sécurisé dans la région du Sahel.

Ali Mamoudou MAIGA
AIB/SENO

Ambassade du Burkina en Côte d’Ivoire: Réflexions sur l’organisation de la diaspora

Initiée et institutionnalisée par l’ambassadeur du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire, Mahamadou Zongo, depuis sa prise de fonction en juillet 2016, la rencontre trimestrielle entre les cadres de l’ambassade et des consulats généraux du Burkina Faso à Abidjan, à Bouaké et à Soubré, s’est tenue les 4 et 5 juillet 2019 dans la juridiction consulaire de Bouaké.

Pendant ces 48 heures de réflexions et de partage d’expériences sur l’organisation de la communauté burkinabè, l’ambassadeur du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire, Mahamadou Zongo était entouré des trois consuls généraux du Burkina, Bourèma Ki de Bouaké, Benjamin Nana d’Abidjan et Hervé Bazié de Soubré. Etaient également présents, quelques proches collaborateurs (ministre conseiller, consuls adjoints, conseillers juridiques, trésorier et percepteurs). A l’ordre du jour, plusieurs points inscrits sous forme de communications. La première communication a porté sur «la vie de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire». De son profil de sociologue, l’ambassadeur Zongo a fait un rappel historique des migrations burkinabè vers la Côte d’Ivoire de l’époque coloniale en passant par les indépendances jusqu’à nos jours. Une communication qui a permis de cerner la répartition des Burkinabè en Côte d’Ivoire. Ainsi donc, on dénombre selon le Recensement général de la population et de l’habitat de Côte d’Ivoire (RGPH-CI) de 2014, plus de 5 millions d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire dont 3,5 millions de Burkinabè soit 64% des étrangers et 15,67% de la population ivoirienne. La diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire se caractérise par sa jeunesse avec plus d’hommes que de femmes. Elle est fortement touchée par l’analphabétisme avec un taux de 67%. L’essentiel de cette diaspora est sans spécificité ou mal définie (49%) contre 31% qui travaille dans l’agriculture. En ce qui concerne les régions de résidence, l’Ouest de la Côte d’Ivoire détient la palme d’accueil, suivi du Sud et enfin du Nord. Au regard de ces données, l’ambassadeur Zongo a une feuille de route qui se décline en quatre axes, parmi lesquelles, l’organisation à la fois de l’administration et de la communauté (organiser et former les délégués CSBE et consulaires pour en faire des relais de la représentation diplomatique et consulaire ; ensuite, accompagner la communauté pour élaborer des règles pour le choix de ses représentants et enfin, instaurer un cadre de concertation entre consulat et communauté). Second axe, comment pallier l’absence de déclaration des naissances et soutenir la scolarisation des enfants ? Troisième axe, sortir de l’agriculture et quatrième axe, refonder le lien avec le Burkina Faso à travers des activités en Côte d’Ivoire (création d’un centre culturel ivoiro-burkinabè par exemple). Cette communication très enrichissante a permis à tous les participants d’être au même niveau de connaissances, d’informations et de faire des propositions d’actions.

Appliquer le CCP

La deuxième communication a porté sur «les délégués consulaires : état des lieux et perspectives», un thème développé par Noël Quentin Rouamba, conseiller juridique de l’ambassade. Après avoir également fait un rappel historique sur la création des délégués consulaires qui sont propres à la seule représentation diplomatique et consulaire du Burkina dans le monde, le conseiller Rouamba a dépeint un état des lieux marqué par des manquements, des abus, des déviances, des rivalités, des accointances avec des partis politiques, associations et chefferies, des amalgames, des velléités de hiérarchisation, de leur manque de rémunération, etc. Comme perspectives pour une action efficace, il a proposé la vulgarisation et l’application de la décision de création d’un Cadre de concertation consulaire (CCC), des actions de plaidoyer de la chancellerie pour une reconnaissance légale des délégués consulaires par la centrale. La troisième communication qui a porté sur «la gestion de la communauté burkinabè : principes et instruments avec la mise en œuvre du cadre de concertation consulaire», a été faite par Idrissa Soulama, consul adjoint du consulat général du Burkina à Abidjan. Il est ressorti comme projet au niveau de chaque consulat général, que le CCC regroupe l’administration consulaire, les organisations de la société civile, les opérateurs économiques, les leaders d’opinion, les chefs de communauté, les partenaires au développement intervenant au Burkina Faso. Le CCC sera présidé par le consul général ou son représentant avec des membres issus des organisations de la société civile, d’associations faitières, des délégués CSBE et consulaires, des opérateurs économiques, des chefs coutumiers et des personnes ressources.

Harmoniser les actions

La quatrième communication a porté sur «la Caisse de prestation de services (CPS), historique, sources et destination». Ce sujet a été expliqué par l’ambassadeur Zongo. Il s’agit de la clé de répartition de la recette générée par la délivrance d’une carte consulaire biométrique sécurisée (7 000 F) et qui se présente ainsi qu’il suit : Maison du Burkina (1 500F), Trésor public (1 000F), Caisse de prestation de service (400F) et Partenaire privé, SNEDAI (4 100F). La CPS vise à suppléer l’insuffisance ou l’absence des crédits alloués par le budget de l’Etat, à garantir l’exécution des missions consulaires et à faire face aux difficultés matérielles et financières vécues au quotidien. Les domaines d’intervention sont l’exécution des missions, la rémunération des agents recrutés locaux, les frais d’entretien des machines, l’achat des fournitures diverses de bureau, la gestion des cas sociaux, les dépenses d’entretien du matériel roulant et du mobilier, l’appui aux activités à caractère social, etc. Enfin, la dernière communication donnée par le ministre conseiller, Mamadou Ilboudo, a porté sur «la situation des personnels locaux de l’ambassade et des consulats généraux». Cette communication a donné l’occasion de mettre en place un comité qui va travailler à corriger les disparités de traitement.
Les travaux ont pris fin avec un point relatif aux questions diverses. A cet effet, les principales préoccupations ont tourné autour de la qualité et du renouvellement des cartes consulaires biométriques, de l’examen des programmes de tournées à effectuer à l’intérieur des juridictions, de l’organisation des campagnes d’informations et de sensibilisation pour doter les membres de la communauté de livrets de famille, outils indispensables à la délivrance des actes d’Etat-civil, de la formation des délégués au Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger et des délégués consulaires, de la réorganisation de la communauté burkinabè, etc. Aux termes des travaux, Mahamadou Zongo s’est réjoui du partage d’expériences entre l’ambassade et les consulats généraux, d’une part, et, entre les consulats généraux, d’autre part. Cela permettra d’harmoniser les actions et d’agir dans une vision de convergence. Mieux, les défis et les perspectives ont été bien identifiés et planifiés pour des actions concertées au bonheur des Burkinabè de la diaspora vivant en Côte d’Ivoire.

Issouf ZABSONRE
Attaché de Presse/ambassade
du Burkina
Côte d’Ivoire

Gestion des conflits agriculteurs/ éleveurs dans le Gourma

L’Association pour la gestion de l’environnement et le développement (ONG-AGED) a élaboré des chartes foncières locales pour faciliter le vivre- ensemble entre agriculteurs et éleveurs dans les communes de Diabo, de Tibga et de Yamba, situées dans la province du Gourma. Ces référentiels locaux ont été examinés et adoptés, du 24 au 27 juin 2019, dans lesdites communes par les conseils municipaux respectifs.

L’exploitation des ressources naturelles crée, souvent des tensions entre agriculteurs et éleveurs dans le Gourma. Face à la problématique, l’Association pour la gestion de l’environnement et le développement (ONG-AGED), à travers le projet de renforcement de la résilience des populations par la promotion d’une coexistence pacifique et d’une gestion concertée et apaisée des ressources naturelles dans la région de l’Est, a élaboré des projets de chartes foncières des communes de Diabo, de Tibga et de Yamba, situées dans la province du Gourma. Ces instruments dont l’objectif est de favoriser le vivre-ensemble ont été examinés et adoptés, du 24 au 27 juin 2019, par les conseils municipaux des trois collectivités territoriales, sous la condition de la prise en compte des amendements. Conçus conformément aux dispositions de la loi n°034-2009/AN du 16 juin 2009 portant régime foncier rural, ils déterminent, notamment, les règles communes d’accès, de gestion et d’exploitation des ressources foncières et naturelles que sont la terre, la végétation, l’eau et la faune. Par exemple l’article n°6 de la charte communale de Yamba précise que «toute personne physique ou morale désireuse d’accéder à une terre rurale dans la commune de Yamba est tenue, après accord avec le possesseur terrien, d’en informer le chef de village et ses témoins». L’article 14 de la charte foncière de Diabo notifie que les ayants droit de l’emprunteur peuvent exploiter l’espace prêté à condition qu’ils aient l’avis préalable du propriétaire. Le même article poursuit qu’il «est formellement interdit à tout emprunteur de terre de la prêter à son tour à autrui». Ces dispositions sont valables aussi bien pour les communes de Yamba que de Tibga.
Toutefois, concernant la superficie et la durée d’exploitation d’une terre prêtée, les clauses des trois instruments diffèrent d’une localité à l’autre. L’article n°9 de la charte de Yamba mentionne qu’à l’«unanimité» des villages de la commune, la durée du prêt de terre a été fixée à quatre ans renouvelables une fois. Le suivant renchérit que la superficie, objet du prêt, est relative à la disponibilité de la terre sans toutefois excéder six
hectares.

Le règlement à l’amiable, la formule prioritaire

Par contre, la charte de Tibga, en son article n°9, dit que le prêt a une durée allant de 2 à 5 ans. Son article n°10 précise que «les superficies prêtées sont variables car, dépendant de la disponibilité en terre du prêteur et les prêts ne sauraient cependant excéder 2 hectares par portion». Quant à Diabo, l’article n°9 de sa charte indique une durée indéterminée du prêt de terre.
Par ailleurs, en vue d’une cohabitation apaisée entre agriculteurs et éleveurs, les trois référentiels proposent une panoplie de solutions. Ce sont, notamment, la sécurisation foncière des terres, la réouverture des pistes de bétail, la libération des aires de pâture, la modernisation de l’activité pastorale, l’abandon de l’utilisation des pesticides et des herbicides non homologués.
En outre, dans chaque document, il est précisé que tout contrevenant, pris en flagrant délit, s’expose à des sanctions telles que l’avertissement, le retrait de la terre, le déguerpissement sans indemnisation et le paiement d’amendes coutumières. Cependant, le règlement à l’amiable est la formule prioritaire que proposent les différentes chartes. Selon le coordonnateur du Projet en charge de la gestion des conflits dans le Gourma, Abdoulaye Ouédraogo, les conseils municipaux et les Conseils villageois de développement (CVD) ont été désignés comme organes de veille de l’application des chartes. Pour le responsable foncier de la commune de Tibga, Kayaba Ouango, le document propose «des solutions endogènes à des problèmes locaux». «Il vient soulager les populations qui s’entredéchirent à cause du foncier», a avancé le deuxième adjoint au maire de la commune de Tibga, Nongma Namoano. Aux dires de la communicatrice, Térèse Dabiré, chaque charte est le fruit d’un long processus auquel jeunes, femmes, éleveurs, agriculteurs, coutumiers et personnes ressources ont été associés.
Financé par OXFAM Intermon via le Fonds d’appui aux organisations de la société civile, guichet 5, le projet a pris fin, le 30 juin 2019.

Joanny SOW

Programme de croissance économique dans le secteur agricole

Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, a lancé le vendredi 5 juillet 2019 à Garango, les travaux de construction d’infrastructures au compte du Programme de croissance économique dans le secteur agricole (PCESA).

La 4e session du Comité d’approbation des projets (CAP 4) de la région du Centre-Est a donné son quitus pour la construction de plusieurs infrastructures par le Programme de croissance économique dans le secteur agricole (PCESA). Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, a donné le top de départ des travaux, le vendredi 5 juillet 2019 à Garango. Ce sont ainsi trois magasins de stockage de maïs avec des lignes de nettoyage et un magasin de stockage de karité d’une capacité de 500 tonnes chacun qui seront réalisés pour un coût de 600 millions FCFA. Ces infrastructures ambitionnent de donner une forte impulsion à l’activité économique dans la région du Centre-Est avec pour impacts immédiats, le développement des filières agricoles. Elles devront permettre de mettre en valeur les principales potentialités sectorielles en rapport avec les ressources locales, pour en faire un pôle de développement intégré dans une dynamique de transformation structurelle de l’économie nationale. «Nous voulons booster l’économie nationale en aidant l’agriculture à se structurer. Nous travaillons aussi à faire en sorte que les producteurs puissent vendre leurs productions et s’engager davantage pour l’atteinte de la sécurité alimentaire dans notre pays», a soutenu le ministre. Il a également relevé que les magasins qui seront construits donneront l’opportunité aux communes bénéficiaires de s’organiser pour la bonne conservation des vivres, notamment celles des cantines scolaires. Il a déclaré que ces infrastructures de grandes envergures issues du CAP4 doivent être réceptionnées d’ici à décembre 2019. Le ministre Salifou Ouédraogo a, pour ce faire, exhorté les acteurs impliqués dont les entreprises en charge des travaux, le bureau de suivi-contrôle, les bénéficiaires que sont les mairies, le conseil régional, ainsi que l’assistance technique et la coordination du projet, à tout mettre en œuvre pour que ce délai soit respecté. Aussi, a-t-il formulé le vœu que les conseils municipaux et les maîtres d’ouvrage veillent scrupuleusement à la participation active des différents acteurs concernés à tous les niveaux de mise en œuvre des projets, pour que les infrastructures de la région, puissent fonctionner efficacement et durablement au bénéfice du secteur agropastoral et des collectivités territoriales. Le président du Conseil régional du Centre-Est, Moro Kéré, a rassuré de son accompagnement à travers des visites et des échanges avec les acteurs bénéficiaires des infrastructures sur le territoire régional. Ce, afin de s’assurer de la qualité des ouvrages et de la gestion optimale de ces infrastructures. Le député-maire de Garango, Me Jean Célestin Zouré, s’est réjoui, quant à lui, de savoir que les organisations et groupements de sa commune vont pouvoir emmagasiner leurs productions en un lieu sûr, avant la commercialisation.

Bougnan NAON
naonbougnan@gmail.com

Vice-présidence de l’Organisation des Premières dames d’Afrique

L’Organisation des Premières dames d’Afrique pour le développement (OPDAD) a tenu sa 23e assemblée générale, le lundi 8 juillet 2019, à Niamey au Niger. A l’occasion, la vice-présidente, Sika Kaboré, l’épouse du chef de l’Etat burkinabè, a passé la main à Antoinette Sassou N’Guesso du Congo Brazzaville. 

Vice-présidente de l’Organisation des Premières dames d’Afrique pour le développement (OPDAD), la Première dame du Burkina Faso, Sika Kaboré a cédé son fauteuil à l’épouse du président congolais (Brazzaville), Antoinette Sassou N’Guesso. A l’occasion de la 23e assemblée générale de l’organisation, le 8 juillet 2019 qui a acté ce passage de témoin, à Niamey, Mme Kaboré a exprimé sa gratitude à ses sœurs pour la confiance placée en elle. Estimant que l’OPDAD se doit d’être proactive en fonction de l’évolution, Sika Kaboré a relevé que les difficultés de trésorerie, même si elles semblent actuellement résorbées, doivent toujours préoccuper l’organisation. «L’OPDAD grandit et beaucoup reste à faire pour que l’organisation continue d’aller de l’avant et capitaliser des victoires comme celles obtenues dans la lutte contre le VIH SIDA», a-t-elle fait savoir. A l’endroit de la nouvelle présidente, Mme Sassou N’Guesso, la Première dame burkinabè s’est réjouie de sa «brillante élection». «Vous avez accouché du bébé appelé OPDAD qui, aujourd’hui, a 17 ans. Rien n’est laissé au hasard dans l’histoire. Si vous avez été portée à sa tête aujourd’hui, c’est pour faire de ce bébé un adulte. Je ne puis que vous souhaiter beaucoup de santé, de force, de courage et de sagesse pour continuer à rassembler notre famille OPDAD qui est plus grande que nos volontés individuelles», lui a-t-elle dit.
Sika Kaboré a exhorté ses sœurs à continuer à l’assister dans l’intérêt exclusif de l’organisation.
A entendre Mme Kaboré, le thème de la 23e assemblée générale, «Collaborer pour transformer l’Afrique : répondre aux besoins des populations vulnérables», s’imposait aux Premières dames, au regard de la nécessité de collaborer avec les acteurs extérieurs à l’OPDAD, mais surtout en son sein pour l’épanouissement des populations vulnérables.

Honoré KIRAKOYA

Paludisme au Burkina Faso

Le coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme, Dr Yacouba Savadogo, a accordé une interview à Sidwaya, le lundi 8 juillet 2019 à Ouagadougou. L’augmentation de nouveaux cas chaque année, la révision du plan stratégique 2016-2019, le projet Target Malaria sont, entres, autre sujets évoqués au cours de l’entretien.

Sidwaya (S) : La première phase de la campagne de distribution de moustiquaires vient de s’achever. Quel bilan peut-on faire ?

Docteur Yacouba Savadogo (Y.S.) : La première phase s’est étalée du 29 juin au 3 juillet 2019 et a concerné les dix autres régions que sont les Cascades, la Boucle du Mouhoun et le Sud-Ouest. Nous avons pu constater que la distribution a pu être faite dans l’ensemble des dix régions concernées. Mais du fait du mouvement d’humeur des syndicats de la santé qui retiennent les informations sanitaires, nous n’avons pas eu de données chiffrées sur la quantité de moustiquaires distribuées et les ménages bénéficiaires.

S : Une séance de rattrapage est-elle prévue pour les retardataires?

Y.S. : Oui ! Quand le mot d’ordre de grève des syndicats sera levé et que nous aurons les données, nous les analyserons. Pour les ménages détenteurs de bons qui n’ont pas pu bénéficier de l’opération, nous verrons, au niveau du comité ministériel d’organisation, ce qui pourra être fait pour eux.

S : En 2017, le Burkina Faso a été désigné comme pays prioritaire par l’initiative présidentielle américaine contre le paludisme (PMI). Qu’est-ce que cela a apporté au pays?

Y.S. : Depuis 2017, le Burkina Faso a été choisi comme pays devant bénéficier des fonds de cette initiative. Ainsi, il reçoit annuellement entre 14 et 15 milliards FCFA, mobilisés par le gouvernement américain pour soutenir la lutte contre le paludisme.

S : Un atelier sur la révision du plan stratégique 2016-2020 de lutte contre le paludisme s’est tenu en mars 2019. A quoi les populations devraient-elles s’attendre ?

Y.S. : Il était important de faire une évaluation à mi-parcours pour voir la tendance évolutive de la maladie, le niveau d’atteinte des indicateurs du processus et les ressources engagées dans la lutte. Le plan stratégique révisé va nous permettre de voir dans quel sens réorienter les interventions pour atteindre l’objectif final. C’est ainsi que dans le nouveau plan stratégique, par exemple, une intervention déployée jusque-là uniquement dans la région du Sahel va être étendue aux autres régions comme le Centre-Nord. Il s’agit de l’utilisation de l’arthésunate en suppositoire en communauté en cas de paludisme grave, avant le transfert vers les formations sanitaires. Elle permet de réduire de manière importante la mortalité du paludisme grave chez les enfants de moins de cinq ans.

S : Qu’est-ce qui peut expliquer l’augmentation des nouveaux cas de paludisme, malgré les moyens déployés chaque année ?

Y.S. : Un certain nombre d’hypothèses peut expliquer cette augmentation. Le paludisme est lié, en partie, au comportement. La dernière enquête sur les indicateurs du paludisme montre que seulement 44% des ménages dorment sous une moustiquaire, alors que pour l’efficacité de l’intervention, il faut que tous les ménages dorment sous une moustiquaire tout le temps. Il y a un besoin de communication et de mobilisation sociales autour de l’utilisation des moustiquaires. Concernant la chimio-prévention du paludisme saisonnier consistant à donner aux enfants de moins de cinq ans des médicaments antipaludiques pendant quatre mois successifs, il y a trois doses à administrer, la première par l’agent de santé et les deux autres par les parents. On constate que souvent, les deux dernières doses ne sont pas administrées, ce qui rend l’intervention inefficace. Si les doses sont respectées, elles peuvent contribuer à réduire les nouveaux cas de 75%. Ces exemples montrent que l’incidence des nouveaux cas peut être réduite si les populations changent de comportement. Selon notre méthode, tout nouveau cas de paludisme doit être confirmé par la goutte épaisse ou par un test de diagnostic rapide. Malheureusement, il y a des cas suspects de paludisme qui sont traités comme cas de paludisme sans confirmation. Ainsi, même si le nombre de nouveaux cas diminue en réalité, dans les chiffres on ne pourra pas le constater. Nous sommes confortés dans cette position par le fait que la prévalence parasitaire, le portage du parasite, chez les enfants de 6 mois à 5 ans diminue d’année en année. Elle était de 65% en 2010, de 45% en 2014 et de 17% en 2018. Ce qui devait normalement traduire une baisse du nombre de nouveaux cas. D’autres facteurs peuvent expliquer aussi l’augmentation des nouveaux cas, notamment l’accès aux soins. Depuis 2016 surtout avec la gratuité des soins et la construction de nouveaux centres de santé, le taux en termes de recherche et de soins augmente et de plus en plus, de nouveaux cas qui, jadis, restaient cachés au sein des communautés sont maintenant enregistrés. Ce qui permet d’alimenter notre système d’information sanitaire. Autrefois, comme si c’était une petite partie de l’iceberg qui était visible. Au fil du temps, avec l’accès aux soins, on voit désormais la face réelle du paludisme dans notre pays. Mais cela ne veut pas dire que la maladie ne recule pas. En témoigne, le fait qu’il y a de moins en moins de décès liés au paludisme à la faveur du recours précoce aux formations sanitaires.

S : En 2015, le Burkina Faso s’est engagé avec d’autres pays à mettre fin au paludisme d’ici à 2030, en tablant sur une réduction de la mortalité de 40%. Le pays est-il dans la dynamique d’atteindre cet objectif intermédiaire?

Y.S. : Concernant la mortalité, nous sommes dans une très bonne dynamique, parce qu’en 2010, 9000 cas de décès étaient répertoriés dans les formations sanitaires contre 4294 cas en 2018. Ce qui veut dire que la tendance globale de la mortalité est à la baisse. Cependant pour ce qui est de l’incidence dont les raisons ont été évoquées plus haut, nous ne sommes pas dans la bonne dynamique.

S : Qu’en est-il de l’objectif final qui est d’éliminer le paludisme à l’horizon 2030 ?

Y.S. : C’est un objectif mondial et nous sommes en train d’œuvrer à cela. Je pense qu’il faut rester optimiste à partir du moment où des interventions efficaces sont déployées sur le terrain. Il faut garder espoir dans la mesure où il y a des interventions futuristes, car tous les moyens de lutte devront permettre d’aller vers l’élimination du paludisme d’ici à 2030.

S : L’élimination du paludisme, est-ce à dire que les moustiques seront éliminés ?

Y.S. : L’élimination des moustiques renvoie à la lutte anti-vectorielle, et effectivement on peut éliminer le paludisme en éliminant les moustiques. Des moustiques peuvent aussi exister sans qu’il n’y ait de paludisme surtout lorsque personne n’est porteur du parasite. Voilà pourquoi, il est important de combiner tous les moyens de lutte pour avoir des résultats probants.

S : Est-ce que le PNLP est associé au projet controversé Targuet Malaria ?

Y.S. : Nous avons des rencontres d’échanges périodiques avec les responsables de ce projet, que ce soit entre techniciens ou au sommet entre responsables de département. Nous sommes donc associés. Mais il faut signaler que le projet relève du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

S : Que pensez-vous du récent lâchage de moustiques OGM à Bana ?

YS : Tout part de la recherche et pour l’instant c’est de la recherche. En la matière, il ne faut pas négliger un moyen de lutte pour éliminer une maladie tel le paludisme. En tant que programme de lutte contre cette maladie, nous ne sommes pas opposés à ce que les recherches se poursuivent sur le terrain pour trouver des moyens efficaces et innovants.

S : Croyez-vous que cela pourra apporter un plus dans la lutte ?

Y.S. : Le PNLP est un consommateur des résultats des recherches.
Si celles-ci sont concluantes, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) va les adopter et les intégrer dans ses recommandations. En tant que programme du ministère de la Santé, nous allons travailler à implémenter les résultats pour réduire le fardeau du paludisme. Nous souhaitons seulement que des résultats probants puissent en ressortir afin que nous puissions nous en approprier.
S : Ceux qui défendent ce projet disent que les moyens utilisés jusque-là ont montré leurs limites. Quel est votre avis ?

Y.S. : C’est vrai qu’il y a des limites, mais il y a des résultats, même s’ils ne sont pas à la hauteur de nos attentes. On ne devrait pas mourir d’une maladie dont les moyens préventifs sont disponibles. Le constat fait ressortir que les gens ne dorment pas sous les moustiquaires distribuées. Dans le cadre de la chimio-prévention du paludisme saisonnier, les médicaments ne sont pas correctement donnés aux enfants et il en est de même pour d’autres moyens de lutte dont la qualité dans la mise en œuvre pose problème. Donc, s’il y a un moyen innovant qui est mis en évidence par la recherche et approuvé par l’OMS, il sera utilisé plus vite pour permettre d’atteindre l’objectif visé car 2030 n’est plus loin.

S : Quel appel avez-vous à lancer aux populations en cette période de pic de paludisme ?

Y.S. : Je les appelle à utiliser les moyens préventifs notamment les moustiquaires tout le temps. Pour ce qui est de la chimio-prévention du paludisme saisonnier dont le lancement est prévu le 22 juillet prochain, les parents sont invités à faire en sorte que les enfants puissent bénéficier de cette intervention à travers l’administration correcte des médicaments. Je les invite aussi à faire en sorte que les femmes enceintes puissent bénéficier du traitement préventif du paludisme pour prévenir la maladie pendant la grossesse. Je les exhorte, par ailleurs, à assainir toutes les concessions, les lieux de travail afin d’éviter que des moustiques se développent. Je leur recommande d’avoir un recours précoce aux formations sanitaires en cas de maladie.

Interview réalisée par Jean Philibert SOME
Et Boureima Gansonré
(Stagaire)

Banque mondiale : la nouvelle directrice des opérations, Soukeyna Kane, à Kosyam

Le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le lundi 8 juillet 2019 au palais de Kosyam, une délégation de la Banque mondiale. Les responsables de l’institution ont réitéré leur volonté d’accompagner le Burkina Faso dans des projets de développement.

La nouvelle directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, Soukeyna Kane réaffirme le soutien et l’engagement de son institution à accompagner le pays des Hommes intègres à relever les défis de développement. A la sortie d’une audience que le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré lui a accordée, elle a confié que le partenariat avec le Burkina est solide ; en témoigne l’augmentation du volume des opérations ces trois dernières années. «La Banque mondiale appuie les déplacés internes à travers notamment le projet filets sociaux qui permet d’atteindre les couches les plus défavorisées à travers des transferts monétaires», a-t-elle déclaré, tout en ajoutant que la question des réfugiés préoccupe l’institution de développement au plus haut niveau. Pour sa part, le prédécesseur de Mme Kane, Pierre Laporte a profité de l’occasion pour féliciter le président du Faso et son gouvernement pour la bonne collaboration et les résultats enregistrés au cours des trois ans et demi. «Malgré le contexte difficile dans lequel nous avons travaillé notamment sur le plan sécuritaire, plusieurs projets ont été réalisés.

Nous avons aussi fait le point des réalisations notamment l’augmentation du portefeuille qui est passé de 1,1 à environ 2,4 milliards de dollars», a relevé Pierre Laporte. En plus du Burkina Faso, Soukeyna Kane s’occupe également du Mali, de la Guinée, du Niger et du Tchad. De nationalité sénégalaise, elle est entrée à la Banque mondiale en 2003 comme spécialiste senior de la gestion financière et a exercé diverses fonctions au sein de la région Afrique, de la division politique opérationnelle et services aux pays et de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Elle a également occupé le poste de chef du service gouvernance pour la région Europe et Asie centrale de la Banque mondiale.

Joseph HARO