Concertations UA/ commissions régionales : les clefs pour accélérer l’intégration

Le président en exercice de l’Union africaine, Abdel Fattah Al Sissi a présidé, le lundi 8 juillet 2019 à Niamey, la première réunion de coordination entre l’Union africaine et les Communautés économiques régionales.

A peine les lampions éteints sur la 14e session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, qu’un autre sommet s’est ouvert, hier, lundi 8 juillet 2019. Le chef de l’Etat égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, président en exercice de l’Union africaine, a présidé le tout-premier sommet extraordinaire marquant le démarrage de la coordination entre la commission de l’institution et les commissions régionales. Cette instance est le fruit des réformes volontaristes entreprises par l’organisation panafricaine sous la conduite du président rwandais, Paul Kagamé, désigné champion du programme de réformes de l’institution africaine.

Ces réformes ont porté sur le mode de financement de l’organisation, la restructuration de l’organigramme de la commission, la suppression du deuxième sommet ordinaire au cours de la même année ainsi que l’institution des réunions de coordination entre la commission de l’UA et les commissions régionales. Au regard du chemin parcouru, le président du Niger, Mahamoudou Issoufou a remercié et félicité son homologue rwandais, Paul Kagamé, les présidents des communautés économiques régionales et les dirigeants des différentes commissions «pour leur dévouement à la cause de l’intégration du continent». Pour l’hôte du sommet, cette rencontre permettra de «poser les jalons d’une synergie créatrice, à même de faciliter les divers processus et initiatives engagés, afin de promouvoir le développement économique et social du continent». Le président Issoufou a souligné qu’il était important que les activités menées par les différentes commissions régionales et celles de la commission de l’UA fassent l’objet de coordination non seulement pour éviter les duplications et appliquer le principe de subsidiarité, mais aussi pour partager les expériences et les résultats. Il n’a pas occulté le fait qu’en dehors de «l’avancée exceptionnelle» enregistrée sur le projet de zone de libre-échange continentale, la mise en œuvre des 11 autres projets phares de l’Agenda 2063 de l’UA n’ont pas connu de progrès significatif. En effet, le projet de réseau intégré de trains à grande vitesse, de l’université virtuelle panafricaine, d’espace aérien unique en Afrique, de passeport africain, du barrage du Grand Inga,… sont à concrétiser.

Face à ces défis, les dirigeants du continent attendent des recommandations qui offrent les clefs d’une vraie synergie pour l’accélération du processus d’intégration africaine. Des défis à relever Dans son adresse, le président en exercice de l’UA a souligné les grandes avancées dans le processus d’intégration économique et politique africaine. Pour relever les défis et en tenant compte du monde en mutation, le président de l’Union africaine a réitéré l’importance des communautés économiques régionales comme piliers indispensables à l’intégration. Il a estimé que la réunion de coordination est une occasion idoine pour promouvoir la collaboration existant entre les communautés économiques régionales et l’Union africaine. «Il est temps de mettre en place un cadre global et un plan d’actions pour donner un coup de fouet à l’intégration et aux aspirations des populations africaines en tenant compte des principes énoncés dans l’agenda 2063», a-t-il dit.

Sa conviction est qu’il faut délimiter le travail entre les CER et l’UA pour «garantir la complémentarité et optimiser les avantages». Pour ce faire, les Etats doivent s’approprier le processus et affirmer la volonté politique à mettre en œuvre les conclusions de la réunion de concertation par l’entremise des CER, a indiqué Al Sissi. Le président en exercice de l’Union africaine a déclaré que l’on doit améliorer l’efficacité des secrétariats de l’Union africaine et des CER pour que chacun de ces organes assume ses responsabilités. Il a évoqué la question du développement des infrastructures de transports et des ressources énergétiques et la consolidation de la paix et de la sécurité en Afrique pour assurer l’intégration.

Honoré KIRAKOYA

CAN 2019 : Madagascar continue de surprendre

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Les 8es de finale de la CAN 2019 se sont disputées le week-end dernier avec deux grosses surprises. Il s’agit de la qualification de Madagascar aux dépens de la RDC et surtout l’Afrique du Sud qui a sorti le pays organisateur, l’Egypte.

Madagascar n’arrête pas de surprendre à la 32e CAN qui se déroule présentement en Egypte. Novice à la Coupe d’Afrique des nations, les Zébus sont en quarts de finale après avoir éliminé la RD Congo, à l’issue des tirs au but (résultat du match 2-2, résultat des tirs au but 4-2), dimanche 7 juillet à Alexandrie. Sous les yeux du président malgache Andry Rajoelina, qui avait affrété un avion spécial pour les supportrices et les supporteurs, l’équipe-sensation de cette CAN poursuit son épopée. Tout avait parfaitement commencé pour les joueurs du coach Nicolas Dupuis avec le but dès la 9e minute d’Ibrahim Amada sur une frappe limpide. Mais l’ancien joueur de Sochaux et de Villarreal Cédric Bakumbu égalise de la tête (21e). En seconde période, l’attaquant de Clermont (L2) et capitaine malgache Faneva Andriatsima a redonné l’avantage aux Zébus (77e) qui ont cru tenir leur qualification. Mais à la 90e minute, sur un corner, Chancel Mbemba, le défenseur de Porto a sauté plus haut que tout le monde pour expédier le ballon de la tête au fond des filets et offrir la prolongation aux Léopards congolais, quarts-de-finalistes de la dernière édition et troisièmes en 2015.

Toujours à égalité à la fin des 120 minutes, les deux équipes ont donc dû passer par l’épreuve des tirs au but. Les Zébus ont parfaitement assuré dans cet exercice, alors que deux des cadres de la RDC, Marcel Tisserand et Yannick Bolasie, ont expédié leur frappe au-dessus de la barre transversale. L’Algérie a confirmé qu’elle était bien une prétendante au titre. Face à des Guinéens privés de leur joueur vedette Naby Keita, blessé aux adducteurs, les Fennecs ont assuré grâce à des buts de Youcef Belaïli (24e), Riyad Mahrez (57e) et Adam Ounas (82e). Les Algériens, éliminés au premier tour lors de l’édition précédente, enchaînent une quatrième victoire et sont la seule équipe à ne pas avoir encore encaissé de but dans cette CAN.

Les Fennecs rencontreront jeudi, à Suez, la Côte d’Ivoire vainqueur du Mali. Malmenés par le Aigles, les Eléphants ont fait preuve de réalisme pour sortir victorieux du derby Ouest-africain à Suez. Sur le papier, cette affiche entre le Mali et la Côte d’Ivoire (tous deux calés à la 62e place du classement FIFA) semblait plutôt équilibrée. Sur le terrain en revanche, les Aigles ont rapidement pris l’ascendant sur leurs adversaires. Dominateurs au milieu de terrain et plus incisifs en attaque, à l’image d’un Moussa Djenepo très en vue sur son côté gauche. Les joueurs de Mohamed Magassouba auraient d’ailleurs mérité de débloquer le tableau d’affichage en première période, mais leur manque de précision à la finition leur a été très préjudiciable. Transparente jusqu’alors malgré son indéniable potentiel, l’attaque ivoirienne est progressivement sortie de sa torpeur au retour des vestiaires, alors que les Maliens commençaient à s’essouffler. C’est Wilfrid Zaha qui a été le héros en inscrivant le but de la qualification à la 76e. Coupable de n’avoir pas su faire fructifier ses temps forts, le Mali quitte donc la compétition avec, sans doute, une bonne dose de regrets. Efficace à défaut d’avoir été particulièrement rayonnante, la Côte d’Ivoire poursuit, quant à elle, sa route.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

Situation nationale : l’UAS dénonce la remise en cause des libertés

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L’Unité d’action syndicale (UAS) a animé une conférence de presse, le lundi 8 juillet 2019, à Ouagadougou. Elle s’est prononcée sur plusieurs sujets d’actualité.

Trois jours après sa rencontre avec le Premier ministre, Christophe Dabiré, pour une reprise du dialogue gouvernement-syndicats envisagée pour le 22 juillet prochain, l’Union d’action syndicale a rencontré, la presse, hier, lundi 8 juillet pour parler de ses préoccupations. «Ces derniers temps, l’UAS constate une remise en cause progressive, continue et flagrante des libertés démocratiques et syndicales dans notre pays», a déclaré le porte-parole de l’UAS, Bassolma Bazié. Pour preuve, il a cité les deux tentatives d’adoption d’une «loi anti grève». Un processus qui, à l’entendre, a échoué grâce à la dénonciation et à la mobilisation des syndicats. Il a regretté que «les attaques répétées» contre les travailleurs, accompagnées de tentatives de les diviser, de les opposer aux populations.

Les conférenciers ont également dénoncé le blocage de la révision du Code du travail livrant ainsi les travailleurs, «pieds et poings liés», au patronat. Face aux journalistes, l’UAS a, en outre, décrié la révision du Code pénal qui criminalise l’insurrection et vise aussi, selon elle, à museler la presse et la liberté d’expression. Elle a salué l’auto-saisine du Code pénal par le Conseil constitutionnel et dit espérer que la justice va ordonner la relecture de ladite loi, qu’elle qualifie de liberticide. Justice pour les militants de l’ODJ L’assassinat des deux militants de l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ, de la province du Yagha, Fahadou Cissé et Hama Balima, a été évoqué lors de la conférence de presse. Ils ont été assassinés dans des conditions troubles, selon Bassolma Bazié, le 31 mai 2019 alors qu’ils se rendaient à une rencontre chez le haut-commissaire de la province.

«En dépit des démarches engagées par l’ODJ pour élucider ces crimes, nous observons que les autorités aussi bien nationales que provinciales se sont dégagées de toutes charges liées à la réalisation de l’autopsie sur les corps des victimes», a regretté le porte- parole de l’UAS. La situation du nouveau syndicat de la police, l’Alliance police nationale (APN), a été abordée. Sur ce sujet, Bassolma Bazié a soutenu que ce syndicat subit des «attaques» émanant des autorités, et ce, en violation des textes nationaux et internationaux concernant la liberté syndicale. Des attitudes qui confortent l’UAS dans sa position que le gouvernement veut remettre en cause les libertés syndicales et démocratiques. Le porte-parole de l’UAS a soutenu que le mouvement syndical, qui s’est toujours illustré dans la défense des libertés a déjà interpellé le gouvernement sur ces différentes questions.

Comment contribuer à sortir le pays du gouffre ? L’UAS s’est dit prête à engager des luttes autour de ses préoccupations. Elle a promis mobiliser ses membres pour défendre les libertés démocratiques et syndicales afin d’exiger la protection des citoyens et de leurs biens, la lumière sur les assassinats, notamment ceux des militants de l’ODJ. Se prononçant sur la rencontre gouvernement-syndicats, le 5 juillet dernier, M. Bazié s’est réjoui de l’initiative du dialogue entre les deux parties et a réaffirmé sa disponibilité à participer au dialogue.

Mariam OUEDRAOGO

mesmira14@gmail.com

Frank POUGBILA (Stagiaire)

Procès du putsch : le Pape, appelé à la rescousse des accusés

Les avocats de la défense, Me Babou Bama, Alexandre Daboné, Stéphane Ouédraogo et Régis Bonkoungou ont plaidé la cause de leurs clients respectifs devant le tribunal militaire, le lundi 8 juillet 2019. Chacun a sollicité l’acquittement des accusés qu’il défend.

Les caporaux Massa Saboué et Saïdou Lankoandé, le sergent-chef Médard Boué et le lieutenant Relwendé Compaoré n’attendent plus que le verdict du tribunal militaire pour connaître leurs sorts respectifs. Leur avocat commun, Me Babou Bama, a fini de dérouler les derniers arguments de sa défense lors de sa plaidoirie finale, le lundi 8 juillet 2019. L’avocat a d’abord rappelé les faits impliquant chacun de ses clients et qui leur valent d’être inculpés dans ce procès. A l’écouter, rien d’alarmant ne peut être imputé aux accusés qu’il défend. Ainsi, le caporal Saboué n’a fait qu’accomplir la mission à laquelle il a été astreint depuis 2008 : conduire Gilbert Diendéré.

En rappel, celui-ci est taxé d’être un fidèle du général pour l’avoir accompagné jusqu’au dernier moment du putsch quand il s’est rendu à la nonciature. Il lui est reproché également d’avoir été en interaction avec dame Diawara pour organiser un plan aux fins d’attaquer la gendarmerie pour libérer le général Djibrill Bassolé. «Donc le parquet reproche au caporal d’être un fidèle du général !», s’est étonné Me Bama. L’avocat s’est demandé ce qu’il serait advenu si l’accusé avait abandonné le général.

«Des officiers supérieurs composent votre tribunal, ils ont des conducteurs qui apprendront sûrement des choses en fonction du jugement réservé au caporal pour avoir conduit le général», a déclaré Me Babou Bama aux juges militaires. Pour lui, conduire le général n’a rien d’un ordre illégal. Tout comme les autres actes exécutés par ses clients. En ce qui le concerne, ce sont des ordres manifestement légaux de leurs supérieurs hiérarchiques que ses clients ont exécutés, étant entendu que les missions entraient dans le cadre du travail normal de militaire. «Quand on n’a pas d’élément, il faut le reconnaître et dire qu’il n’y a rien contre l’accusé», a renchéri l’avocat.

De façon générale, il a soutenu qu’il n’y a pas de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat contre ses quatre «alevins». Par conséquent, il a plaidé principalement pour leur relaxe. Appelés à la barre, les accusés en cause ont tous demandé pardon et souhaité la clémence du tribunal. Le caporal Saïdou Lankoandé, auteur des coups de cordelettes sur des manifestants, a même promis de ne plus jamais porter de coups sur ses enfants à la maison. «Après 16 mois à la MACA, la correction est effective, je ne vais plus recommencer», a promis le caporal, tandis que son coaccusé, le lieutenant Relwendé Compaoré, bien que reconnaissant que le parquet n’a pas eu la main trop lourde à son égard (15 mois avec sursis) a demandé que le tribunal le relaxe. Me Alexandre Daboné a embouché la même trompette pour le compte des accusés, le soldat de 2e classe, Sidiki Ouattara et le sergent Jean-Martial Ouédraogo. Le tribunal face à l’histoire Faire la ronde en ville et effectuer des patrouilles n’ont rien d’exceptionnel pour un militaire, selon lui. Des missions que ses clients ont bien exécutées, a insisté le conseil.

La preuve en est que la vidéo enregistrée au carrefour de la télévision BF1 montre que Sidiki Ouattara est en train de faire seulement la ronde sur sa moto. Il n’a commis aucun acte qui puisse blesser ou causer la mort de quelqu’un», a soutenu Me Daboné. L’avocat a relevé que ses clients n’ont commis aucun acte matériel de complicité qui puisse justifier une quelconque condamnation. En sus, a-t-il relevé, le parquet n’a aucunément pu démontrer une quelconque intention de participer à un attentat à la sûreté de l’Etat. Des arguments suffisants pour les disculper. Me Alexandre Daboné a surtout insisté sur le rôle historique du tribunal dans cette procédure. Il a espéré que les juges rendront une décision historique. «Ne cherchez pas à satisfaire les attentes d’une partie de la population et de certaines officines d’activistes pour qui les accusés sont présumés coupables», a-t-il dit aux juges avant de finir sur une note religieuse. Me Daboné a, en effet, insisté sur l’intention du mois de juillet du Pape François qui est de prier pour les magistrats et avocats afin que leur travail soit guidé par l’intégrité et la recherche de la vérité. Après leur conseil, les deux mis en cause ont demandé pardon à tous et imploré la clémence du tribunal.

Pour sa part, le prévenu lieutenant Daouda Koné a compté sur la sagesse des juges pour être acquitté. Aux dires de son avocat, Me Stéphane Ouédraogo, il est simplement allé à l’appel de son supérieur, à une réunion des officiers dans le bureau du chef de corps de l’ex-RSP. «Chargé de l’alimentation des hommes en son temps, il est sorti avant la fin de la réunion présidée par le général Diendéré. Il n’y a pas pris la parole. Sa présence à la rencontre ne constitue pas une infraction, de même que la sécurisation du parcours des médiateurs et le maintien des hommes au camp», a soutenu Me Ouédraogo. Et d’ajouter que personne n’a été tuée ni blessée pendant l’exécution des ordres reçus par son «protégé». Du reste, a poursuivi l’avocat, celui-ci ne peut être accusé de complice d’attentat à la sûreté de l’Etat sans acte matériel de complicité. Pour éviter que la responsabilité pénale du lieutenant Koné ne soit engagée sur des «constructions intellectuelles» du parquet, l’avocat a demandé qu’après trois ans de procédure, il y ait un retour à la raison, indépendamment des faits liés aux victimes dont il respecte la mémoire. «Vous ne devez pas la vérité seulement aux victimes, vous la devez également aux accusés», a opiné Me Stéphane Ouédraogo. Son confrère Régis Bonkoungou défend le sergent-chef Ali Sanou, accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation volontaire aggravée de biens et incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire. Contre le sous-officier, le parquet a requis 25 ans de prison ferme.

Selon le défenseur, ni les procès-verbaux d’enquête et d’interrogatoire («simples renseignements»), ni les témoignages ne donnent de preuve matérielle incriminant le sergent-chef. «En l’absence de preuve matérielle, le parquet vous demande de vous réfugier derrière votre intime conviction», a signifié l’homme en robe noire au tribunal. Il a ensuite argué que toutes les interventions de son client étaient la concrétisation d’ordres de supérieurs. Concernant les meurtres, coups et blessures, Me Bonkoungou a affirmé qu’il n’y a pas de lien de causalité entre ces faits et son client. De ce fait, il a demandé l’acquittement du chef Ali Sanou. La suite de sa plaidoirie se fera ce mardi 9 juillet à partir de 9 heures.

Fabé Mamadou OUATTARA

Jean Philibert SOME

Grossesses contestées Près de : 200 cas déclarés au Kadiogo en 2018

De nombreux enfants ne connaissent pas leurs pères biologiques. Soit parce que le géniteur désigné réfute la paternité, soit il est réellement inconnu. Sidwaya a suivi le combat de certaines mères dans la reconnaissance de la paternité de leurs enfants.

Assise sur un banc à l’ombre d’un manguier, Sidonie (un nom d’emprunt), 24 ans, est d’une timidité déconcertante. Elle nous reçoit, sous un arbre isolé au sein de la direction provinciale en charge de la famille du Kadiogo. Tout le long de notre entretien, la jeune fille de teint clair et de taille moyenne, est restée cachée derrière le voile noir qui couvre son visage. Elle gardera d’ailleurs le dos tourné, fuyant pratiquement tout regard. On ne retient d’elle que le récit de sa brève «histoire d’amour» avec Alphonse.

Elle se rappelle, ce jour de janvier 2017, où elle a remis son numéro de téléphone à Alphonse, venu rendre visite à son ami, qui se trouve être, elle, son beau-frère, dans le quartier Wapassi, de Ouagadougou. A la suite de cette rencontre, ils se sont amourachés des mois durant, mais sans aucune intimité. Sidonie tient à sa virginité jusqu’au mariage. Mais, c’est sans compter sur le maçon féru qui multipliait les preuves d’amour. Alphonse lui a même promis le mariage, si elle venait à tomber enceinte. Sidonie cède. Courant octobre 2017, sous une fine pluie en début de soirée, ils mordent à pleines dents dans le « fruit défendu », sans réserve, ni protection. Aujourd’hui, Sidonie est enceinte d’Alphonse, de cinq mois. Informé par appel téléphonique, l’amoureux se joue au surpris. Devant les parents de Sidonie et les siens, il nie tout lien avec cette grossesse. « Il dit qu’il n’est pas l’auteur et que je peux faire ce que je veux », raconte la demoiselle. Que faire ? « Je ne peux pas garder un enfant sans père, sans famille », s’attriste Sidonie. Toutes les tentatives de raisonner Alphonse sont restées vaines. Il met même en doute la fidélité de sa partenaire.

«Je l’ai vue à plusieurs reprises avec d’autres hommes», se défend le jeune homme, joint au téléphone. Pourtant, Sidonie jure qu’elle n’a connu aucun autre homme à part son « doudou chéri ». « Il a même mis mon numéro de téléphone sur sa liste noire. Mais quand je change de numéro, il décroche », raconte Sidonie. Au-delà du refus d’assumer de son copain, plusieurs questions taraudent la future mère. Que va-t-elle dire à son enfant à propos de son père ? Quel nom portera-t-il ? Elle a de quoi être inquiète, puisque la législation burkinabè ne prévoit pas la déclaration de naissance d’un enfant sans mention du nom du père. «L’homme, le grand contestateur » Contrairement à Sidonie, Samira, 21 ans, est déjà engagée dans la bataille pour la reconnaissance du père de son enfant. Son fils à qui, elle a donné le prénom de Fayez ne porte pas encore le nom de son présumé père, Boukaré, un taximan. Deux années après la naissance du petit, elle n’a toujours pas réussi à lui établir un acte de naissance.

Elle dit s’être battue des pieds et des mains pour que le géniteur se présente devant les services de l’état civil pour déclarer la naissance de Fayez. Peine perdue ! Son prince charmant d’antan réfute tout lien avec l’enfant qu’elle a mis au monde. Pourtant, selon Samira, la ressemblance entre Fayez et Boukaré est troublante. Lorsque ce dernier arrive au rendez-vous qu’il nous a fixé à Kamsonghin dans un quartier de Ouagadougou, nous observons en lui des traits physiques similaires avec le petit. Mais dès qu’il nous aperçoit en compagnie de sa Samira et de son fils, il rebrousse chemin aussitôt. « Boukaré sait très bien que je ne veux plus de lui, mais il est le père de mon enfant. Il doit l’assumer », insiste Samira. Joint finalement au téléphone, Boukaré reste figé sur sa position. Il reconnaît bien avoir eu une liaison amoureuse avec Samira, mais rejette la paternité de l’enfant. « Elle cherche à me créer des problèmes. Je suis heureux dans mon foyer », soutient-il. Si la mère se désole à la question de savoir, si Fayez pourra, un jour, porter le nom de son père, elle n’a pas encore envisagé d’entamer des démarches auprès des services de l’action sociale. Ceux-ci ne disposent pas de pouvoir coercitif, certes, mais ils ont des stratégies de médiation pour concilier les parties.

« Dans 90% des cas, c’est la femme qui vient se plaindre et c’est l’homme le grand contestateur », affirme le chef de service de la promotion de la famille et du genre, à la direction provinciale du Kadiogo, Kalidou Dao. Selon lui, la plaignante expose sa version des faits, ensuite, le présumé père est entendu. « Si leurs rapports sexuels se situent dans la période normale de conception d’un enfant qui s’étend du 300e au180e au jour avant la naissance (article 424 du Code des personnes et de la famille), on discute avec le sieur, on le sensibilise aux conséquences de la contestation de son refus », explique-t-il. Mais si le monsieur campe sur sa position, le dossier est alors confié à la justice. Après avoir entendu le requérant et l’accusé, le juge ordonne une expertise sanguine, soit un test simple, soit un test ADN, selon les moyens des parties. Mais la juge des enfants, Djénéba Savadogo, donne davantage foi au test ADN, vu que l’examen sanguin peut indiquer plusieurs personnes comme étant les probables pères. « Si celui qui conteste est exclu, on dira qu’il n’est pas le père.

On va procéder au jugement et rendre ce verdict », a ajouté la magistrate. Protéger l’enfant Ainsi, si la personne désignée par la femme comme étant le géniteur a été innocentée par le test ADN, l’enfant peut se retrouver sans père. Pour parer à de telle éventualité, une disposition du Code des personnes et de la famille (CPF) protège l’enfant dans les couples mariés. L’article 423 dispose, en effet, que l’enfant, conçu ou né dans le mariage, a pour père le mari de sa mère. « Si l’époux estime qu’il n’est pas le père, c’est à lui de prouver qu’il était dans l’impossibilité absolue de cohabiter avec sa femme ou qu’il est stérile avec des preuves médicales », déclare la juge des enfants. Au cas où, les deux partenaires ne sont pas liés par le mariage, la situation se complique. Avant qu’on retrouve son père, l’enfant reste celui de sa mère ou il est adopté, laisse entendre la juge Savadogo. Et d’ajouter que la loi ne propose pas d’autres solutions alternatives.

La jeune Madina, 18 ans, se trouve aussi dans une situation délicate et espère que la justice fera entendre raison à l’élève Adi. Il ne la reconnaît pas, encore moins sa grossesse. « Je sais qu’elle est la demi-sœur de mon ami, rien de plus », soutient-il. Pourtant, la jeune fille affirme qu’elle s’est rendue chez Adi, pour la première fois, en compagnie de son frère aîné. Ce dernier s’est éclipsé pour une course et Adi en a profité pour coucher avec elle. Aujourd’hui, elle est enceinte de sept mois et attribue la paternité à Adi. Tenant compte de la période normale de conception, la grossesse serait attribuée au jeune homme, sauf qu’il ne reconnaît pas avoir eu des rapports sexuels avec Madina. Les conciliabules des services sociaux n’y ont rien changé. Les procédures sont en cours pour confier l’affaire à la justice.

Des piles de dossiers de recherches et/ou de contestations de paternité sont entassées sur les bureaux des agents sociaux. A titre d’exemple, pour 2015, la direction provinciale du Kadiogo en charge de la famille, a traité 159 cas de recherches et de contestations de paternité. Deux années plus tard, elle a en enregistré 169. En 2018, les cas de contestation de grossesse se chiffrent à 195. Le chef de service de la promotion de la famille et du genre, à la direction provinciale du Kadiogo, Kalidou Dao, s’en inquiète. « La courbe est ascendante d’année en année. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on ne reçoive un cas. Aujourd’hui, c’est un problème à prendre au sérieux », indique-t-il. La juge des enfants, Djénéba Savadogo, accuse les jeunes filles qui ont de plus en plus des relations sexuelles avant le mariage, et la plupart du temps avec plusieurs partenaires et sans protection.

« Souvent, elles ne savent même pas à qui appartient la grossesse », se désole-t-elle. Des « effets dévastateurs » sur l’enfant La recherche et la contestation de paternité ont des « effets dévastateurs » sur la mère ,l’enfant et les couples. Dans le cas des mariés, ils conduisent impérativement à la séparation. Les familles s’en trouvent alors disloquées. Dans une société burkinabè fortement attachée aux traditions, c’est la mère qui se retrouve être victime, surtout lorsque celle-ci n’est pas mariée. Elle est expulsée de sa famille d’origine. En de pareilles circonstances, de nombreuses filles avortent clandestinement, si elles ne tentent pas de se suicider. Le chef de service, Dao, a toujours en mémoire, cette fille enceinte qui s’est immolée en 2011, parce que mise à la porte avec une grossesse, sans auteur. La juge des enfants, Savadogo, se rappelle aussi cette écolière qui s’est suicidée, à cause des railleries de ses camarades de classe. Son « crime », l’absence d’indication du nom du père sur son acte de naissance. Les élèves, quant à elles, sont la plupart du temps, contraintes d’abandonner les études, pour s’occuper de la grossesse. Certaines filles finissent par abandonner leurs enfants ou les placent dans un centre. Pour celles qui ont le courage de les garder, ceux-ci sont victimes de traitements inhumains et dégradants.

N.B. : *Les prénoms d’emprunt ont été utilisés pour protéger l’identité des témoins.

Djakaridia SIRIBIE

Commune de Bobo-Dioulasso : le maire se soumet au jugement populaire

Le maire de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou, a rendu compte, le samedi 6 juillet 2019, à sa population de sa 3e année de gestion de la commune. Cette journée de redevabilité s’est déroulée en présence du maire de la commune de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Beouindé, parrain de la cérémonie.

Trois heures pour rendre compte de sa gestion de la commune à ses administrés. C’est à cet exercice que s’est prêté le maire de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou, à la 3e année de son mandat. C’était lors d’une journée dite de redevabilité tenue, le samedi 6 juillet 2019, dans la cité de Sya. Le devoir de redevabilité est un principe que le maire de Bobo-Dioulasso a dit s’être imposé dès sa prise de fonction en juillet 2016.

«Le premier signe de développement d’une commune est le fait que les premiers responsables acceptent de se soumettre aux jugements de la population», a-t-il affirmé. Cet exercice de redevabilité est aussi vu d’un bon œil par le maire de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Beouindé, par ailleurs parrain de la cérémonie. «L’exercice est très louable, nous le faisons sous d’autres formats à Ouagadougou mais je pense que ce format est à apprécier à sa juste valeur, car il permet d’être en contact direct avec la population et avec les forces vives de la ville», a-t-il apprécié. Dans le souci de mieux soumettre à la population les actions de la municipalité, c’est un film retraçant les réalisations majeures de la commune qui a été projeté, avant que le maire ne prononce un discours complétif.

L’allocution est revenue sur les axes prioritaires que le conseil municipal s’était fixés après son élection. Ils se résument en cinq points que sont : la réforme de l’administration communale ; la recherche de l’adhésion et l’engagement des populations aux actions de développement de la commune; la création des conditions pour susciter l’investissement privé et la création d’emplois ; la réalisation d’infrastructures socio-économiques de base; la dynamisation des partenariats existants et la recherche de nouveaux partenariats publics et privés. Le maire a dit se féliciter du bilan présenté au public.

Un bilan «positif» qu’il met à l’actif du conseil municipal et des maires d’arrondissements, ainsi qu’aux partenaires de développement de la commune de Bobo-Dioulasso. Des déguerpissements en vue Malgré ces performances, le conseil municipal entend redoubler d’efforts. Il a, à cet effet, commandité une étude, dans l’optique d’une meilleure maîtrise du potentiel fiscal et de mobilisation de ressources propres de la commune. Son lancement est prévu pour ce mois de juillet, à en croire M. Sanou. Pour sa 4e année de mandat, le conseil a dit vouloir orienter ses actions principalement sur l’assainissement et la mobilité urbaine, avec la réalisation et/ou la réhabilitation d’ouvrages de drainage des eaux pluviales et la restauration de l’ordre dans l’occupation du domaine public.

«Des actions de déguerpissements des occupations anarchiques et des zones d’occupations spontanées non autorisées ont été réalisées et vont se poursuivre», a prévenu le maire. Par ailleurs, cette journée a servi de tribune d’échanges directs entre la population de Bobo-Dioulasso et ses conseillers municipaux. Et les citoyens n’ont pas été avares en interventions, qui pour des interpellations, qui pour des suggestions. Et comme on pouvait s’y attendre la question de la structure de gestion du marché qui peine à fonctionner est revenue lors de ces débats. Et selon le maire, ce dysfonctionnement plombe la capacité de mobilisation du marché au point qu’il rapporte moins de 20 millions à la commune, ce qu’il juge dérisoire. Le maire a dit avoir entendu les nombreuses interpellations et a promis d’accélérer les concertations afin d’aboutir à une levée des malentendus. Toute chose qui permettra au grand marché de jouer pleinement son rôle de locomotive économique de la commune.

Christophe DA (Collaborateur)

Hadidjata Zerbo (Stagiaire)

CPI : un terroriste malien face à son passé!

Les défenseurs des droits de l’homme et des familles de victimes des actes terroristes à Tombouctou ont les regards tournés vers la Haye au Pays-Bas où comparait le chef djihadiste Mohamed al-Hassan, commissaire de la police islamique de Tombouctou. Poursuivi pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis entre 2012 et 2013 au Nord-Mali, le terroriste devrait être situé sur son sort à l’issue de l’audience de confirmation de charges, tenue hier lundi 8 juillet 2019 devant la Chambre préliminaire. Mohamed al-Hassan s’était illustré dans la commission d’actes d’horreur dans la ville aux «333 Saints» où il usait de toutes les violences pour imposer la charia, la loi islamique, aux habitants. A la tête de la police du groupe Ansar Dine, il menait lui-même les patrouilles dans les quartiers pour traquer les éventuels contrevenants aux nouvelles règles islamiques.

«Il utilisait la torture pour extorquer des aveux à certaines personnes», relève le rapport de la CPI. Des centaines de coups de fouets étaient donnés en public aux uns et des amputations pures et simples infligées aux autres, selon ses humeurs et le degré de transgression de la charia. La destruction des mausolées, lieux historiques qui abritaient des tombes de hauts dignitaires de l’Islam ainsi que de nombreux enlèvements et viols dans les foyers sont des crimes commis sous l’autorité de l’ex-commissaire al-Hassan. Les habitants de Tombouctou qui se souviennent de ces horreurs inhumaines ne font pas de doute sur le sort de malfaiteur. Ces derniers, qui avaient célébré son arrestation comme une victoire d’étape, attendent fermement de voir le responsable d’Ansar Dine mis face à ses horreurs. Cela pourrait servir de leçons à d’autres groupes armés qui continuent d’écumer le Nord-Mali et par-delà toute la sous-région ouest africaine.

Le commissaire de la police islamique de Tombouctou avait fui la ville en 2013 avant d’être arrêté et transféré le 31 mars 2018 à la prison de Scheveningen à la Haye. Les audiences devront se poursuivre jusqu’au 16 juillet 2019 date à laquelle les juges devront se prononcer sur le dossier. Si les chefs d’accusions venaient à être confirmés par la Chambre préliminaire, le chef djihadiste devrait se préparer pour un procès où il justifiera les amputations, les lapidations et bien d’autres crimes.

En attendant de connaître l’issue de la procédure en cours, il y a de quoi se réjouir de la détention de ce terroriste. La CPI, noyée ces derniers temps dans des polémiques sur ces missions, devrait saisir cette occasion unique pour redorer, un tant soit peu, son blason. En recentrant sa mission sur les crimes terroristes, elle renforcera sa légitimité et obtiendra le consensus tant souhaité au sein des Etats.

D’autant plus que le terrorisme est un phénomène mondial qui menace l’équilibre et la stabilité des nations. A côté du chef de la police islamique, il y a l’ex-chef de guerre congolais, Bosco Ntaganda qui a été reconnu coupable par la CPI de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ce même lundi. Surnommé Terminator, Ntaganda, aujourd’hui âgé de 45 ans, a joué un rôle déterminant dans les atrocités commises entre 2002 et 2003 en Ituri, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), région instable et riche en minéraux, selon les juges de la CPI. Il lui est notamment reproché des viols et esclavage sexuel de mineurs, l’enrôlement d’enfants soldats, des pillages organisés et les répressions sanglantes. Au total 18 chefs d’accusations sont retenus contre l’ex-chef de l’Union des patriotes congolais et de son bras armé, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC). Selon certains ONG, plus de 60 000 personnes ont perdu la vie depuis l’éclatement en 1999 de violences dans cette partie de la RDC. Comme quoi, on ne peut pas échapper éternellement à la justice!

Beyon Romain NEBIE

nbeyonromain@yahoo.fr

Sécurité alimentaire : un plan d’actions pour faciliter l’accès aux semences et engrais

Le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, appuyé par l’USAID, organise un atelier de validation du plan d’actions des sous-secteurs semences et engrais, les 8 et 9 juillet 2019, à Ouagadougou.

Le gouvernement burkinabè veut développer les sous-secteurs semences et engrais pour booster la production agricole. Dans ce sens, le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, avec l’appui de l’USAID, organise un atelier de validation du plan d’actions 2020-2022 des sous-secteurs semences et engrais, les 8 et 9 juillet 2019, à Ouagadougou. Pendant deux jours, 124 participants issus de structures semencières et d’institutions œuvrant à l’atteinte de la sécurité alimentaire au Burkina Faso vont s’atteler à amender le projet de plan, l’adopter à l’unanimité et proposer des recommandations pour la mise en œuvre du document final au cours des trois prochaines années. Selon le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, cet atelier vise, en plus de la sécurité alimentaire, le renforcement des capacités nutritionnelles des populations et de l’économie nationale.

Le plan d’actions à valider, a-t-il expliqué, s’inscrit dans le cadre du Projet résilience et croissance économique au Sahel-Croissance accélérée (REGIS-AG) financé par l’Etat américain à 17 milliards F CFA. Il va, de l’avis du ministre Ouédraogo, faciliter l’accès des agriculteurs, notamment les petits producteurs aux semences améliorées et aux engrais recommandés afin d’améliorer les rendements agricoles. Dans ce sens, les principaux axes qui vont être proposés, a-t-il indiqué, vont s’orienter vers la mise en œuvre des actions du gouvernement et celles des Partenaires techniques et financiers (PTF). Augmenter le niveau d’utilisation d’engrais .

A en croire Salifou Ouédraogo, le projet de plan, une fois adopté, va permettre d’élever le niveau d’utilisation d’engrais estimé aujourd’hui au Burkina Faso à 10 kg/ha. «Au moment où la quête de la sécurité alimentaire et nutritionnelle est une préoccupation cruciale, ce projet de plan d’actions doit être validé et opérationnalisé dans l’optique d’impulser la croissance économique du Burkina Faso», a-t-il souhaité. C’est pourquoi, le premier responsable du département en charge de l’agriculture a exhorté les participants à formuler des propositions concrètes. Pour l’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso, Andrew Robert Young, l’intervention de l’USAID témoigne de l’engagement de son pays et de son peuple à continuer à soutenir le ministère burkinabè en charge de l’agriculture. De son point de vue, le plan d’actions en cours de validation doit jouer le rôle de boussole des actions gouvernementales et de celles des PTF dans les sous-secteurs des semences et engrais. Cet apport du contribuable américain sur cinq ans, a expliqué Andrew Robert Young, vient à point nommé, permettre aux groupes vulnérables d’accéder aux intrants agricoles. Il a, ainsi, salué l’opportunité qu’offre cet atelier national de validation à tous les acteurs des deux sous-secteurs pour œuvrer à leur développement.

Le plan d’actions des sous-secteurs des semences et engrais est issu des travaux d’un forum national qui a eu lieu, du 10 au 12 juillet 2018, en vue d’examiner les contraintes qui minent les deux domaines.

Boukary BONKOUNGOU

Crise au CDP : le Boulkiemdé apporte son soutien à Eddie Komboïgo

La section provinciale du Boulkiemdé du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) s’est démarquée, lors d’une conférence de presse, le samedi 6 juillet 2019 à Koudougou, des prises de position du député Yahaya Zoungrana et réaffirmé son soutien aux instances du parti et à son président, Eddie Komboïgo.

Les dirigeants de l’ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), dans le Boulkiemdé ne sont pas contents des récentes sorties publiques du député de la province, Yahaya Zoungrana. Ils l’ont fait savoir, le samedi 6 juillet 2019 à Koudougou, lors d’une conférence de presse. Les animateurs ont soutenu qu’au nom des militants de la province, l’élu national a appelé à la démission de Eddie Komboïgo de la présidence du parti et apporté son soutien à Kadré Désiré Ouédraogo. «Etonnés et frustrés», ils ont dit avoir cherché à ramener le député à la raison, sans succès. «C’est pourquoi, la section provinciale CDP se démarque de tous comportements anti parti déguisés de Yahaya Zoungrana, notamment de son appel à la démission du président», a indiqué Pierre Zongo, responsable de la jeunesse du CDP/Boulkiemdé. Et le Secrétaire général adjoint (SGA) du CDP/Boulkiemdé, Brahima Yaméogo d’asséner : «Les agissements du camarade Zoungrana n’engage que lui et lui seul.

La section du Boulkiemdé, les sous-sections et les comités de base ne sont pas impliqués … Nul n’a été concerté avant ces prises de position». En conséquence, les conférenciers ont réitéré leur soutien aux instances nationales et organes du parti et à son président Eddie Komboïgo. Face à de telles attitudes, des sanctions sont prévues, mais pour le secrétaire général adjoint de la section, le parti de Blaise Compaoré n’ira pas jusque-là. «Nous devons toujours travailler pour la cohésion au sein du parti», a laissé entendre M. Yaméogo. Faut-il craindre un éclatement du CDP ?, a interrogé la presse. Brahima Yaméogo a répondu par la négative. Tout va bien au CDP, les instances fonctionnent «très bien», l’installation des sous-sections continue, a-t-il renchéri.

«C’est un problème d’humeur (…) entre individus. Nous venons de loin. Pour un grand parti comme le CDP, c’est tout à fait normal qu’il y ait des problèmes internes», a expliqué le Secrétaire général adjoint de la section Boulkiemdé. Toutefois, il a regretté que les leaders lavent le linge sale sur la voie publique. Et de rassurer : «On tend vers la stabilisation».

 Djakaridia SIRIBIE