Election de 2020 : revue des troupes du MPP dans la Bougouriba et le Ioba

Dans le cadre d’une tournée de mobilisation des troupes, le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré, s’est entretenu avec les militants du parti dans les provinces de la Bougouriba à Diébougou et du Ioba à Dano, le dimanche 7 juillet 2019.

Après les militants du Noumbiel et du Poni, la revue des troupes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dans la région du Sud-Ouest en vue des échéances électorales de 2020, s’est poursuivie dans la Bougouriba. Avec à sa suite une forte délégation de militants du bureau national, le président par intérim du MPP, Simon Compaoré, a échangé avec les militants de la province, le dimanche 7 juillet 2019 à Diébougou. A l’occasion, il a d’abord dépeint la situation nationale marquée par les attaques terroristes et la fronde sociale. Sur la situation sécuritaire, Simon Compaoré a rassuré les militants du parti sur l’engagement du gouvernement dans la lutte contre le phénomène à travers les opérations militaires à l’Est et au Nord et la dotation des Forces de défenses et de sécurité (FDS) en armement et en moyens adéquats.

Il les a cependant appelés à la vigilance et à la collaboration afin de renseigner les forces de l’ordre. Relativement à la fronde sociale, le patron du MPP dit ne pas être contre le principe des grèves mais déplore plutôt leur profusion et leur récurrence qui impactent négativement sur le développement du pays. Pour lui, les travailleurs de l’Etat devraient faire montre de solidarité en permettant que le «modique» budget de l’Etat puisse atteindre les autres couches sociales. Le président par intérim a invité les militants du parti dans les services névralgiques comme la santé, à accompagner le Programme du président en ne participant pas à ces grèves ou en acceptant les réquisitions afin d’assurer le minimum de service prévu par la loi. Nonobstant la situation nationale «peu reluisante», Simon Compaoré a tiré son chapeau au gouvernement pour la mise en œuvre du programme du chef de l’Etat qui se traduit, entre autres, par des actions de constructions d’écoles, de formations sanitaires, de forages et de pistes rurales.

Le point de l’exécution du programme présidentiel est consigné dans un tableau remis aux militants afin de les équiper contre les adversaires politiques. S’agissant de la vie du MPP, Simon Compaoré, tout en se réjouissant de l’exploit du parti lors des élections précédentes a invité «ses soldats» à la discipline, à la protection de l’image du parti et au dynamisme pour une victoire éclatante du MPP en 2020. Pour relever ces défis, M. Compaoré a encouragé «sa troupe» à procéder déjà à la vérification de la validité des Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) et au renouvellement de celles expirées.

Il a également annoncé l’engagement du parti à accompagner les maires et les sections du MPP au niveau local. Tenir les promesses de campagne Les préoccupations des militants étaient entre autres axés sur les clivages dans le parti à Diébougou, «où on distingue des militants de la première heure et des militants de deuxième heure», sur les promesses d’ouverture de voies et de création de postes de police non tenue, sur les chantiers de construction de barrages en souffrance, les écoles sous paillote, les problèmes d’électrification … Chacune de ces préoccupations a trouvé une réponse ou des explications grâce au concours des services techniques présents. Au terme des échanges, le secrétaire de la section provinciale du MPP/Bougouriba, Karim Ouattara s’est dit satisfait de la rencontre avec le bureau national et s’est engagé à se focaliser sur les défis du parti en perspective. Après Diébougou, Simon Compaoré et sa délégation se sont rendus à Dano dans le Ioba pour se prêter au même exercice avec les militants et responsables des structures de base du parti.

Enumérant leurs préoccupations, ces derniers ont listé les questions de routes, de construction de Centres de santé et de promotion sociale (CSPS), des micros crédits pour les femmes et bien d’autres promesses de campagne non tenues. Pour ce qui est des actions du président du Faso, le président de la fédération MPP/Sud-Ouest, Jean Joseph Somda a fait savoir aux militants qu’il n’y a rien à craindre, car les promesses ont été réalisées à 88% dans la région. A titre illustratif, a-t-il dit, en deux ans, près de 200 forages ont été construits ainsi que des routes aménagées dans la région, de même qu’un taux de près de 100% d’absorption des classes sous paillote. Et à la deuxième adjointe au maire de Dissin, Angélique Somé, de renchérir que beaucoup de choses ont été faites dans la région. Toutefois, elle a souhaité la réalisation de certaines promesses de campagnes qui, selon elle, devraient faciliter la réélection des candidats du parti aux futures échéances électorales. Pour le secrétaire général du MPP/Ioba, Elisée Dabiré, les actions du pouvoir se constatent sur le terrain. Il a, par ailleurs, nourri l’espoir de voir la fin des «petites divergences» qui minent le parti.

Evariste YODA & Sansan Natal DAH

(AIB/Diébougou)

Mariage d’enfants dans la Sissili : à 15 ans, elle était destinée 3e épouse

Le Burkina Faso, à l’image de la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest est confronté au phénomène du mariage d’enfants. Une pratique qui a des conséquences néfastes sur les victimes et sur l’ensemble de la société. La situation est alarmante, comme l’a constatée la caravane mobile de l’Unicef qui a sillonné les coins et recoins de la ville de Léo, du 5 au 8 juillet 2019, dans le cadre de la campagne : «Ne m’appelez pas madame».

Salimata Nébié est une jeune fille de 15 ans native de la commune urbaine de Sapouy, localité située à une soixantaine de kilomètres de Léo, chef-lieu de la province de la Sissili. Innocente et pleine de vie, la petite Sali, n’ayant pas fait les bancs, rêvait un jour de devenir une grande commerçante. Mais son rêve s’est brisé le jour où, de retour des champs, son père, Moussa Nébié, lui annonce ses noces prochaines avec un vieux du village déjà marié à deux femmes. Impuissante face à cette situation qui rendait ses nuits blanches, elle décide de faire appel à ses tantes pour convaincre son père de renoncer à son projet. Mais ses espoirs vont vite s’envoler, lorsque ces dernières, au lieu de la soutenir, lui sortent le refrain suivant: «Ta mère a été mariée à ton père alors qu’elle n’avait que 13 ans. Tu peux donc t’estimer heureuse d’avoir atteint 15 ans dans le domicile familial». Déboussolée et désemparée, Sali ne trouve d’autres solutions que de fuir.

N’ayant nul part où aller, et profitant d’un jour de marché, elle s’«échappe» à Ipelcé, village situé à une quarantaine de kilomètres de Ouagadougou, avec Boubacar Zongo, un jeune qui la courtisait depuis quelques mois. Informé de son départ, son géniteur, tout furieux, multiplie les actions afin de la retrouver. Après une «enquête» minutieusement menée, il trouve la cachette de sa fille et tente de la ramener de force chez son «vieux prétendant». Face à son refus catégorique et à l’opposition de Boubacar, papa Nébié décide de porter plainte au commissariat central de police de Léo pour enlèvement. Une enquête est immédiatement ouverte et l’affaire portée devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Léo. Après investigation, le tribunal décide de confier la jeune fille à une famille d’accueil à Léo. C’est ainsi que Sali atterrit chez Rosalie Bakouan, une catéchiste qui a accepté, de façon bénévole, la prendre en charge. «Depuis maintenant huit mois, je vis dans cette famille où je suis bien intégrée.

Je mange bien, je dors bien et on m’a même inscrite à une école de couture pour me permettre d’apprendre un métier et je me sens épanouie», raconte-t-elle, tout sourire. Des statistiques «alarmantes» Le cas de Salimata Nébié n’est pas isolé au Burkina Faso. En effet, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), 52% des filles au pays des Hommes intègres sont mariées avant l’âge de 18 ans et 10% avant 15 ans. La province de la Sissili n’échappe pas à cette situation avec toutefois des taux en-dessous de la moyenne nationale. Selon les statistiques de la direction provinciale de l’Action sociale, 28 cas de mariages précoces ont été enregistrés dans la localité en 2015, 27 en 2016, 21 en 2017 et 26 en 2018. Face à ces chiffres, les services sociaux multiplient les actions afin de mettre fin à cette pratique aux conséquences néfastes pour les victimes.

«Nous organisons des séances de sensibilisation dans les villages et les secteurs de la ville de Léo afin de faire comprendre aux parents l’importance de laisser leurs filles aller à l’école et ne pas les marier avant l’âge légal», a indiqué Erick Somda, directeur provincial de l’Action sociale. En plus de ces actions, il a noté que sa structure intervient en aval à travers la prise en charge des victimes. «La plupart du temps, les victimes se présentent à nous sans rien, parce qu’ayant fui le domicile familial. Dans ces conditions, et en tant que structure sociale, nous sommes obligés de leur trouver une famille d’accueil pour faciliter leur réinsertion sociale», a-t-il souligné. Les efforts de la direction provinciale sont soutenus par les responsables coutumiers de la localité qui, après avoir été sensibilisés à la cause, sont devenus des porte-voix de la lutte. Organisés au sein de leur association, ils procèdent également à des sensibilisations dans leurs localités respectives.

«La femme est la mère de l’humanité, et si on n’y prend point garde, ça sera la catastrophe. Les gens pensent que c’est en donnant la petite fille en mariage très jeune qu’ils vont générer des revenus, mais il faut que l’on mette fin à cela; parce que cela a des conséquences négatives sur la santé des victimes et sur le développement de notre pays», a estimé Lopio, chef coutumier à Léo. Renforcer la sensibilisation Les élus locaux ne sont pas en marge de la lutte contre le mariage d’enfants dans la Sissili. «A leur niveau, ils mènent également le combat pour l’élimination de la pratique dans la cité des ignames», nous a appris le maire de la commune Abdoul Manane Nébié. «Nous nous investissons dans l’éducation des jeunes filles elles-mêmes; car le combat contre le phénomène ne peut être gagné sans le concours des principales concernées. Nous les encourageons à porter plainte à la police si toutefois on essayait de les marier de force», a fait savoir le bourgmestre. Et parlant de dénonciation, le commissaire central de police de la ville de Léo, Boureima Ouédraogo, dit avoir déjà enregistré neuf cas pour le compte de l’année 2019.

Ce qui, à son avis, est insignifiant par rapport au nombre réel de cas vécus dans la localité. «Les victimes ont peur de venir porter plainte à la police surtout que la plupart du temps, les principaux mis en cause sont les parents. Pourtant, sans ce premier pas de leur part, il est très difficile pour nous de les aider puisque nous ne sommes pas informés», a soutenu le commissaire. Pour lui, comme pour l’ensemble des acteurs de la lutte, l’accent doit être davantage mis sur la formation et la sensibilisation afin d’inculquer à la population la culture de la dénonciation. C’est dans ce sens qu’ils ont apprécié positivement l’initiative de la campagne «Ne m’appelez pas madame» porté par le Fonds des Nations unies pour l’enfance qui vise à intensifier les actions pour une élimination totale du phénomène au Burkina Faso. «Nous, acteurs locaux, nous faisons notre possible pour venir à bout du phénomène mais nous sommes limités par le manque de moyens. Nous félicitons donc les organismes internationaux notamment l’UNICEF qui nous appuie dans ce combat. Nous sommes convaincus qu’ensemble, main dans la main, nous allons construire un Burkina Faso sans mariage d’enfants», a affirmé le maire.

Nadège YAMEOGO

Prévisions pluviométriques de juillet à septembre 2019 : déficit à l’Ouest, «situation normale» dans le reste du pays

L’Agence nationale de la météorologie du Burkina Faso (ANAM) a livré, le vendredi 5 juillet 2019 à Ouagadougou, la prévision saisonnière des cumuls pluviométriques juillet-août-septembre à partir des conditions initiales du mois de juin.

Deux experts de l’Agence nationale de la météorologie du Burkina Faso (ANAM) ont présenté, au cours d’une conférence publique, le vendredi 5 juillet 2019 à Ouagadougou, les résultats de la mise à jour au mois de juin 2019 des cumuls pluviométriques. Ils ont prévu, au cours de la période juillet-août-septembre, une situation normale à déficitaire sur une bonne partie du territoire burkinabè. Les régions des Hauts-Bassins, des Cascades, du Sud-Ouest et le Sud de la Boucle du Mouhoun devraient s’attendre à une situation déficitaire à tendance normale sur la même période. Selon l’expert en prévision saisonnière Ousmane Ouédraogo, du 1er avril au 30 juin 2019, toute l’étendue du territoire a connu un déficit pluviométrique, c’est-à-dire moins de quantité d’eau tombée par rapport à la norme. Dans la même veine, son collègue Grégoire Baki, chef de service des applications météorologiques; a souligné que sur le plan agricole par exemple, c’est plutôt la répartition temporelle des pluies qui compte le plus.

«Si elles sont bien reparties, l’on peut produire comme dans une situation excédentaire», a-t-il ajouté. M. Baki a prévu, pour la présente saison agricole, une fin normale qui pourrait être précoce. Elle pourrait intervenir du 10 au 20 septembre dans la partie sahélienne, du 21 septembre au 10 octobre dans la partie soudano-sahélienne et du 11 au 20 octobre dans la zone soudanienne. Des conseils pour les producteurs Une autre possibilité est que les trois zones du pays connaîtront des fins précoces respectives situées avant le 10 septembre, du 11 au 20 septembre et après le 20 septembre. Pour minimiser les conséquences face au risque de sécheresse cette année, les experts de l’ANAM ont conseillé aux producteurs l’utilisation des espèces et variétés résistantes au déficit hydrique, la promotion de l’irrigation d’appoint et la gestion rationnelle des ressources en eau. Concernant les inondations, ils ont demandé que l’on évite l’occupation anarchique des zones inondables, cure les caniveaux et crée des réservoirs de collecte et de conservation des eaux de ruissellement.

Enfin, ils ont préconisé le renforcement de la vigilance contre les phytopathologies et les ravageurs des cultures et le suivi de la qualité de l’eau, entre autres. Avant l’exposé des experts, le Directeur général (DG) de l’ANAM, Ernest Ouédraogo, a rappelé la tenue, du 22 au 26 avril dernier, à Nouakchott, du sixième forum des prévisions climatiques saisonnières des caractéristiques pluviométriques, agro-climatologiques et hydrologiques de la saison des pluies 2019 pour la zone soudano-sahélienne de l’espace CILSS/CEDEAO. Il a affirmé que les prévisions issues de ce forum avaient fait l’objet d’un consensus autour des produits des modèles de prévision, des observations sur l’état des océans et des connaissances actuelles sur le climat de la sous-région.

Il a, également, révélé que la dynamique au sein des océans et l’évolution des indicateurs océaniques et atmosphériques influent sur la prévision saisonnière et les paramètres agro-climatiques de la saison agricole dans les pays du Sahel. Pour lui, des mises à jour de ces prévisions sont effectuées périodiquement en vue de réajuster les tendances saisonnières d’où la tenue de la présente conférence.

Tielmè Innocent KAMBIRE

Récupération des terres dégradées : Beog Puuto pour redonner la fertilité à 30 000 hectares de sols

Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydroagricoles, Salifou Ouédraogo, a lancé officiellement les activités du Projet de récupération des terres dégradées et d’augmentation de la productivité agro-sylvo-pastorale «Beog Puuto» ou les champs de l’avenir, le mardi 2 juillet 2019, à Ziniaré

Pour faire face à la dégradation continue des terres au Burkina Faso (105 000 à 250 000 hectares par an), la Suède a mis en place le Projet de récupération des terres dégradées et d’augmentation de la productivité agro-sylvo-pastorale «Beog Puuto» ou les champs de l’avenir. Ce projet qui ambitionne d’apporter une réponse durable à la dégradation des terres et à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle a été lancé le mardi 2 juillet 2019, à Ziniaré par le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo.

D’une durée de cinq ans, il sera mis en œuvre par un consortium de cinq partenaires (SOS Sahel International-France, SOS Sahel International-Burkina Faso, Terre Verte, la Grande muraille verte et la Direction générale des aménagements agricoles et du développement de l’irrigation) dans 30 communes des régions du Centre-Nord, du Nord, du Plateau central et de l’Est.

Avec un coût global de 12 445 941 198 FCFA, financé par l’ambassade de la Suède au Burkina Faso, il consistera à réaliser une large opération-pilote de restauration de la fertilité des sols et de relance de l’économie agricole, permettant d’enclencher un processus de transformation des systèmes de production agricole dans la zone sahélienne à grande échelle, aux dires du directeur des opérations de SOS Sahel France, Edouard Sanou.

Ce, sur la base de modèles de développement capitalisés par les membres du consortium durant de nombreuses années sur le terrain. De ce fait, il est prévu la restauration de 30 000 ha de terres, le développement de 7 fermes-pilotes, la mise en place de 2 000 ha de périmètres irrigués au bénéfice de 2 400 femmes, la création de 15 centres de services agro-sylvo-pastoraux, le renforcement des capacités des communes en matière de planification territoriale.

La chef de la Coopération de l’ambassade de Suède au Burkina Faso, Susanna Hugues, a rassuré que son pays suivra le projet par des visites-terrain
et des échanges avec les acteurs concernés

Nourrir 350 000 personnes «En outre, nous allons pratiquer autrement l’agriculture pour nourrir 50 000 ménages soit 350 000 personnes dans 30 communes de quatre régions du Burkina. C’est un pari que SOS Sahel et ses partenaires se sont lancé pour les cinq années de mise en œuvre du projet», a annoncé M. Sanou.

A termes, le projet devrait également conduire à la réduction de la période de soudure des ménages-cibles à trois mois. Aussi, 60% des 5 000 jeunes producteurs encadrés devront être en mesure de développer un système agroforestier économiquement viable et les instances de gestion des organisations locales de développement dans la restauration des terres devront comprendre au moins 40% de femmes. Pour le coordonnateur national de l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel, Adama Doulkom, ce projet vient compléter la liste des différents appuis, et renforcera l’édification de la Grande muraille verte au pays des Hommes intègres.

«Beog Puuto, comme son nom l’indique, est un projet futuriste. Il traduit ce que nous voulons que nos champs de demain soient», a-t-il relevé. La chef de la coopération de l’ambassade de Suède au Burkina Faso, Susanna Hugues, s’est, quant à elle, réjouie du fait que les femmes soient des bénéficiaires privilégiées du projet. Au nom des communes concernées, le maire de Ziniaré, Pascal Compaoré, a salué la mise en œuvre de Beog Puuto qui «apportera des innovations en termes de savoir et de savoir-faire au profit des producteurs».

Pour le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydroagricoles, Salifou Ouédraogo, cette initiative contribuera au renforcement de la maîtrise d’ouvrage communale et à l’atteinte des objectifs du PNDES. «C’est pourquoi, je lance un vibrant appel à l’ensemble des partenaires, pour plus d’actions en faveur de la bonne maîtrise communale», a-t-il souhaité. Il a également invité tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre des activités de Beog Puuto à un engagement inébranlable, afin que les 30 communes ciblées voient leurs conditions agro-sylvo-pastorales s’améliorer.

Abdias Cyprien SAWADOGO

Promotion de l’emploi des jeunes : Les Premières dames d’Afrique soutiennent des porteurs de projets

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L’épouse du président nigérien, Dr Lalla Malika Issoufou, a offert un dîner aux Premières dames des autres pays africains, présentes à Niamey dans le cadre du sommet de l’Union africaine, le vendredi 5 juillet 2019.

Au cours de la soirée à laquelle l’épouse du président du Faso, Sika Kaboré, a pris part, des prix ont été décernés à des porteurs de projets qui font la promotion de l’emploi des jeunes. Les prix sont d’une valeur de trois millions FCFA chacun, offerts par la Banque mondiale, et portent chacun le nom de l’épouse de chaque chef d’Etat.

Le prix Sika Kaboré est revenu à Moumouni Adamou Abdel Nasser, qui a reçu son chèque de trois millions FCFA, des mains de l’épouse du chef de l’État Burkinabè. L’initiative de soutenir les porteurs de projets dans la promotion de l’emploi des jeunes émane de la Première dame du Niger. A cet effet, une compétition a été organisée, afin de déceler les meilleurs projets.

Direction de la communication présidence du Faso

Zone de libre-échange continentale: Le rêve des pères-fondateurs de l’UA se concrétise à Niamey

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été officiellement actée à Niamey à l’occasion du 12e sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, tenu hier dimanche 7 juillet 2019.

La phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est désormais déclenchée. C’est le chef de l’Etat égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, président en exercice de l’Union africaine qui a officiellement lancé la phase opérationnelle de la ZLECAf devant une trentaine de ses pairs africains.

A l’ouverture du sommet, le président Al Sissi a annoncé de «bonnes nouvelles» à l’assistance : 54 pays sur les 55 que compte le continent ont signé l’accord de libre-échange continental. Le nombre de ratifications passe également de 23 à 27 pays. En effet, avant le lancement officiel de la phase opérationnelle de la ZLECAf, les présidents du Nigéria et du Bénin ont signé l’accord.

Ils ont été suivis par les représentants du Gabon et de la Guinée Equatoriale qui ont déposé leurs instruments de ratification. Avec l’adhésion de 54 pays, le plus grand marché commun de la planète est en train de prendre corps à la grande satisfaction des dirigeants du continent. Le président en exercice de l’Union africaine a souligné que le Sommet extraordinaire de Niamey a couronné les efforts déployés par l’organisation continentale ces dernières années.

«La ZLECAf vient fort opportunément donner à l’Afrique la clé de voûte pour son développement parce qu’elle va consacrer un marché commun à 1,2 milliard de consommateurs. Le produit intérieur brut de l’espace ZLECAf est estimé 3,4 milliards de dollars. A travers cet instrument stratégique, nous allons améliorer le commerce intra-africain qui n’est que de 15%.

Le chef de l’Etat égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, président en exercice de l’UA (droite) : «J’invite l’ensemble des chefs d’Etat à signer et à ratifier l’accord de la ZLECAf».

Il permettra de créer une zone commerciale où les entreprises africaines et les industries pourront réaliser des économies d’échelle en augmentant de façon substantielle les échanges intra-africains», a indiqué Abdel Fattah Al-Sissi. De son avis, la mise en œuvre de l’accord de libre-échange doit urgemment s’attaquer à une panoplie de défis comme la levée des obstacles tarifaires et non tarifaires, la libre circulation des personnes et de leurs biens, le développement des infrastructures routières et ferroviaires, l’énergie, les télécommunications, etc.

«J’invite l’ensemble des chefs d’Etat à signer et à ratifier l’accord de la ZLECAf. Je veillerai à ce que nous sortions de cette rencontre avec des résultats tangibles», a assuré le dirigeant. Pour le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, le lancement de la phase opérationnelle de la ZLECAf constitue la réalisation d’un vieux rêve. Ce projet a été envisagé depuis le sommet inaugural de l’Organisation de l’unité africaine en mai 1963.

La ZLECAf est donc l’un des projets les plus emblématiques de l’agenda africain. En effet, avec son entrée en vigueur le 30 mai 2019, la ZLECAf devient le plus grand espace au monde. M. Mahamat a, par ailleurs averti : «Il serait illusoire de parler de commerce ou de développement sans la paix et la sécurité. Aujourd’hui, le commerce est fortement perturbé au Niger, au Tchad et au Cameroun parce que ceux-ci ne peuvent pas accéder à certains marchés du Nigéria à cause de Boko Haram », a-t-il relevé. Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, hôte du sommet, a présenté tous les avantages et les perspectives qu’offre la mise en œuvre de la ZLECAf pour les populations du continent.

Honoré KIRAKOYA

Paludisme au Burkina Faso : Le Sud-Ouest en tête avec 39% des cas

L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a présenté, le vendredi 5 juillet 2019 à Ouagadougou, les résultats définitifs de l’enquête sur les indicateurs du paludisme au Burkina Faso, réalisée du 27 novembre 2017 au 15 mars 2018.

Réalisée du 27 novembre 2017 au 15 mars 2018 sur 6370 ménages, par une équipe de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), l’Enquête sur les indicateurs du paludisme au Burkina Faso (EIPBF) révèle que le taux de prévalence de cette maladie chez les enfants de 6 à 59 mois est de 17% au niveau national.

Il est de 5% en milieu urbain et 19% en milieu rural. Ces résultats ont été présentés, le vendredi 5 juillet 2019, aux représentants du programme national de lutte contre le paludisme et d’instituts et centres de recherche sur la pathologie. Au niveau régional, c’est au Sud-Ouest que la maladie sévit le plus, 39% contre 7% au Centre.

S’agissant de la prévention, l’étude fait cas de 87% de femmes qui savent que dormir sous une moustiquaire est un moyen efficace. Elles le savent grâce aux centres de santé (40%) et par la radio (31%). Ce sont 75% des ménages enquêtés qui possèdent une Moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII). Le plus fort taux de possession est enregistré dans la région des Cascades, 87%, et le plus faible dans le Sud-Ouest, 58%.

Cette carte montre que la région du Sud-Ouest enregistre le plus fort taux de prévalence du paludisme, 39%, chez les enfants de moins de cinq ans.

De la présentation faite par Laure Bayala, membre de l’équipe de l’INSD, il ressort aussi que 84% des ménages obtiennent le dispositif anti-moustiques des campagnes de distribution massive, alors qu’une frange de 7% constituée de femmes la reçoit lors des visites prénatales et 3% des éléments de l’échantillon l’achète au marché. Dans les familles ayant des MII, il y a au niveau national 54% des enfants de moins de cinq ans qui les utilisent. Ils sont 76% dans les Cascades et seulement 29% dans le Sud-Ouest.

Enquêter avec les technologies mobiles L’EIPBF visait à fournir des estimations actualisées des indicateurs démographiques et de santé de base liés au paludisme. Cela devrait aider les responsables politiques et les gestionnaires de programmes à évaluer et mettre en œuvre les stratégies pour améliorer l’état de santé de la population, aux dires des auteurs de l’étude. Les quatre mois d’enquête ont, d’après la présentatrice des résultats, connu des difficultés relatives surtout au retard dans la mobilisation des ressources financières, à la lourdeur dans la gestion de ces fonds.

Laure Bayala a, par ailleurs, regretté la non-validation du protocole de test par le comité d’éthique du ministère de la Santé ainsi que la collecte des données hors de la saison de haute transmission du paludisme pour des raisons procédurales et de nombreux changements de management de l’INSD. L’insécurité dans la région du Sahel a également été une entrave. A l’avenir, l’INSD souhaiterait qu’une régie financière soit mise en place pour gérer les fonds alloués aux enquêtes.

L’institut envisage collecter les données au moyen de technologies mobiles au cours des enquêtes. Troisième du genre (après celles de 2010 et 2014), l’EIPBF 2017-2018 a été réalisée avec l’aide d’organismes américains (Democratic and Health Survey, USAID), du Programme national de lutte contre le paludisme, du centre national de recherche et de formation sur le paludisme et du programme d’appui au développement sanitaire.

Jean Philibert SOME

Boureima GANSONRE (Stagiaire)

Violation de la législation en matière d’eau : Procureurs et «policiers» organisent la répression

Le ministère de l’Eau et de l’Assainissement a tenu, le jeudi 4 juillet 2019, à Koudougou, un atelier de concertation et de partage d’expériences avec les procureurs du Faso sur la police de l’eau.

La police de l’eau est en activité. Sur le plan administratif, elle est une réalité dans les 13 régions du Burkina Faso. Les agents assermentés et les officiers de police judiciaire épinglent de nombreuses personnes, en porte-à-faux avec la législation en matière de ressources en eau. Mais, les sanctions ne suivent point.

A Koudougou, agents des Services de la police de l’eau (SPE) et hommes de droit ont échangé, le jeudi 4 juillet 2019. Dans le cadre de leurs prérogatives de police judiciaire, les agents assermentés de la police de l’eau sont placés sous l’autorité du Procureur du Faso, de leur ressort territorial. Après des années de mise en œuvre, a dit le Directeur général des ressources en eau (DGRE), Serge Modeste Traoré, il est important de réunir l’ensemble des acteurs pour un partage d’expériences. «Cette rencontre vise à engager la concertation entre les SPE et les différents procureurs du Faso en vue d’harmoniser la méthodologie de mise en œuvre», a expliqué M. Traoré.

Il a précisé que les SPE ont pour attribution de rechercher et rassembler les preuves, de constater les infractions et de transmettre les procès-verbaux au procureur qui jugera de la nécessité de la poursuite. «Mais, dans le cadre de la mise en œuvre des services, un certain nombre de difficultés ont été constatées, liées à l’insuffisance et la non harmonisation des textes», a déploré le DG des ressources en eau.

A titre illustratif, Serge Modeste Traoré a soutenu que des particuliers sont installés sur les berges de certains ouvrages stratégiques. Certains d’entre eux disposent même de titres fonciers. Pourtant, les textes ne prévoient aucune disposition claire pour les déguerpir, encore moins les indemniser potentiellement.

Harmoniser la lecture des textes

Le conseiller technique du gouverneur du Centre-Ouest, Seydou Ouattara (milieu), a loué le dynamisme de la police de l’eau.

Pour ce qui est des infractions, les sanctions prévues concernent uniquement les contraventions et les délits. «Alors que certaines catégories d’infractions vont au-delà.

Lorsque la loi ne prévoit pas de sanction à la hauteur de certaines infractions, il est difficile de l’appliquer», a regretté M. Traoré. Pour lui, il faut des peines en fonction des atteintes constatées sur le terrain. Le présent atelier permettra de diagnostiquer l’ensemble des difficultés et surtout de formuler des recommandations pour une amélioration des textes d’application de la police de l’eau.

Les agents en charge des ressources en eau ont élaboré la législation, c’est aux praticiens du droit, de l’avis du DG, de donner des orientations, pour, en cas de besoin, relire certains textes, afin de rendre la police de l’eau efficace sur le terrain. «Nous allons relever les insuffisances, partager les bonnes pratiques et rendre les services plus opérationnels à l’avenir, surtout dans le respect de la réglementation en matière d’eau», a soutenu le directeur général des ressources en eau. Les participants ont salué la pertinence de la rencontre de Koudougou, qu’ils ont jugée «très opportune».

Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Tenkodogo, Adama Ouédraogo, a indiqué que, par moment, il est porté à la connaissance du parquet des situations en contradiction avec la réglementation sur la gestion de l’eau. Il s’agit, notamment, de cas où des individus font de la production et de la consommation d’eau à travers des branchements personnels. Etant à leurs débuts, il va de soi que les agents des SPE rencontrent des difficultés d’ordre pratique dans l’exécution de leurs missions.

C’est donc un cadre d’échanges entre les agents assermentés de la police de l’eau et les procureurs du Faso, sous les ordres de qui ils travaillent. «Pour les procureurs, il s’agit d’harmoniser la lecture qu’on peut faire de la forme ou de la manière d’intervenir des services de police de l’eau», a souligné Adama Ouédraogo. Le conseiller technique du gouvernorat du Centre-Ouest, Seydou Ouattara, a loué la tenue d’une telle rencontre, qui concourt, selon lui, à une bonne gestion et à une meilleure protection des ressources en eau.

Djakaridia SIRIBIE

dsiribie15@gmail.com

Négociations gouvernement/syndicats : La reprise envisagée pour le 22 juillet prochain

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a convié, le vendredi 5 juillet 2019 à Ouagadougou, l’Unité d’action syndicale à une rencontre préparatoire en vue de renouer le fil du dialogue avec les partenaires sociaux.

Le gouvernement veut retourner à la table des négociations avec l’Unité d’action syndicale (UAS), le 22 juillet prochain. A cet effet, le Premier ministre, Christophe Dabiré, a eu une rencontre préparatoire avec les syndicats dans la soirée du vendredi 5 juillet 2019 à Ouagadougou. «Nous avons décidé de leur communiquer le document technique concernant la généralisation ou non de l’IUTS, qui a été élaboré en 2016.

Nous allons mettre en place un comité technique qui va examiner les conclusions de ce document. Chacune des parties aura le retour de ce comité et à partir du 22 juillet prochain, nous allons reprendre les discussions sur le cahier de doléances et cette question de l’IUTS», a confié Christophe Dabiré. Il considère que le dialogue gouvernement-syndicats est un instrument important qu’aucune partie n’a le droit de remettre en cause quelles que soient les raisons.

Selon le porte-parole de la délégation de l’UAS, Bassolma Bazié, (premier plan), les syndicats vont transmettre leur réponse dès qu’ils recevront les documents du gouvernement.

C’est pourquoi, il a dit attendre de la partie syndicale qu’elle désigne trois représentants pour faire partie du comité d’examen. Après une interruption de deux ans, la rencontre gouvernement/syndicats prévue pour se tenir, du 21 au 26 mai 2019, avait été suspendue dès le premier jour. Les syndicats avaient posé comme préalable la suppression de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents du privé.

Le président de mois par intérim de l’UAS, Bassolma Bazié, a, pour sa part, salué la volonté du gouvernement de reprendre le dialogue. «Conformément à l’esprit d’ouverture et à l’éducation qui nous été transférée par nos devanciers dans la lourde responsabilité de tenir le drapeau syndical, il est nécessaire de venir écouter et c’est ce que nous avons fait», a-t-il poursuivi. Il a déclaré que l’UAS attend les documents écrits afin de donner sa réponse de manière responsable.

Au cours de la rencontre, le mouvement syndical a soulevé des préoccupations «urgentes». Il s’agit, selon M. Bazié, de la remise en cause de la liberté d’expression à travers la loi sur le Code pénal, les affectations et «brimades» dont sont victimes les membres de l’Alliance police nationale, l’appel du gouvernement à prendre en charge les dépenses liées à l’autopsie et aux funérailles des deux militants de l’Organisation démocratique de la jeunesse(ODJ) assassinés alors qu’ils se rendaient à une rencontre avec l’autorité. En réponse, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement prend acte et donnera des réponses au cours des discussions à venir.

 Nadège YE


Des avancées «significatives»

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, dit avoir noté des avancées dans le processus de réduction du train de vie de l’Etat. «La réduction du train de vie de l’Etat avait été examinée au cours d’un séminaire gouvernemental et le Chef de l’Etat avait donné des instructions sur un certain nombre de points sur lesquels chaque ministre devait faire en sorte qu’il y ait des avancées.

Il y a nécessité à rendre nos dépenses publiques conformes au budget dont nous disposons, particulièrement aux recettes propres du pays. Le gouvernement s’est réuni la dernière fois, au cours du Conseil des ministres, pour examiner les conclusions abouties dans la mise en œuvre des instructions du chef de l’Etat.

C’est ainsi que nous avons constaté que le dossier de la remise à plat des rémunérations des agents publics de l’Etat a largement avancé.

Nous avons eu des rencontres avec les partenaires sociaux et nous avons décidé de reprendre le document et de le finaliser, en vue de faire en sorte que la masse salariale soit en conformité avec nos capacités financières», a-t-il déclaré. Il a ajouté : «Il y a d’autres points sur lesquels, nous avons constaté des avancées significatives et nous sommes satisfaits de ce qui se fait, mais nous devons continuer à faire des efforts pour qu’à la fin de cette année, nous puissions avoir des rémunérations conformes à nos capacités et des dépenses publiques en rapport avec nos recettes propres.

Nous travaillons à faire en sort que notre pays puisse avancer en dégageant une épargne budgétaire pour des réalisations au profit de l’ensemble des populations. Nous espérons que nous allons encore nous réunir à cette conférence des forces vives de la nation, avec un document qui prend en compte les préoccupations des organisations syndicales».


Les préoccupations de l’UAS

Dans la déclaration suivante, l’UAS décline ses préoccupations majeures. «L’Unité d’Action Syndicale (UAS) se réjouit de l’initiative de cette rencontre dont l’objectif est de permettre la reprise de la rencontre gouvernement/Syndicats.

Nous estimons qu’elle constitue une suite favorable au communiqué de presse que nous avons publié le 23 mai 2019 et dans lequel nous exprimions notre disponibilité au dialogue, en nous fondant sur une annonce du gouvernement selon laquelle «le préalable soulevé par la partie syndicale à propos de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) trouvera incontestablement une solution à l’issue des concertations autour des conclusions du comité bipartite qui devrait être mis en place conformément aux précédents engagements».

Nous osons espérer que le respect de la parole donnée, au nom de la continuité de l’administration, permettra la satisfaction du préalable que nous avons posé. Ces derniers jours, des événements se sont produits dans notre pays et qui constituent de sérieuses préoccupations pour l’Unité d’Action Syndicale. La première préoccupation est relative à des atteintes à la liberté syndicale notamment au niveau de la police.

Pour être brefs, nous notons que pour un syndicat qui s’est créé conformément aux Conventions et traités internationaux ratifiés par le Burkina Faso et aux lois internes, qui est donc légalement reconnu, en l’occurrence l’Alliance police nationale (APN), nous observons les faits suivants, le MATD refuse obstinément de délivrer à l’APN un récépissé de déclaration d’existence malgré la décision du tribunal administratif enjoignant à l’Etat de délivrer à l’APN un récépissé et l’ordonnance de référé du Conseil d’Etat confirmant la décision du tribunal administratif, la hiérarchie policière considère que les responsables syndicaux doivent requérir son autorisation pour mener leurs activités, des sanctions en termes d’affectations et de blâmes sont prises contre des responsables du syndicat de la police.

La seconde préoccupation concerne le code pénal qui criminalise l’insurrection populaire et dont la récente révision constitue un grave recul, notamment pour la liberté de presse et pour le droit à l’information des citoyens. La troisième porte sur l’assassinat dans le Yagha de deux militants de l’Organisation Démocratique de la Jeunesse (ODJ) le 31 mai 2019 alors qu’ils se rendaient à une rencontre avec le Haut-commissaire de la province.

Cissé Fahadou était le Secrétaire à l’organisation du Bureau Exécutif National de l’ODJ et Président de la Section ODJ du Yagha, et Balima Hama était le Trésorier de ladite section. Ils ont tous deux été décorés pour leur contribution à l’Insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 mais aussi à la résistance populaire et victorieuse contre le putsch fasciste du 16 septembre 2015.

Nous estimons que le traitement de ce dossier par l’administration pose problème et est en contradiction avec le communiqué produit par le parti au pouvoir, demandant que la lumière soit faite sur ces assassinats. Par ailleurs, au regard du rôle régalien de l’Etat dans la protection des citoyens, au regard aussi du fait que les victimes se rendaient à une rencontre avec l’administration, il est du devoir des autorités d’assurer toutes les charges liées à la recherche de la vérité.

Or, il ressort des informations à nous communiquées par l’ODJ, que non seulement il y a des entraves à l’élucidation des crimes mais en plus, les autorités aussi bien nationales que provinciales se sont, jusque-là, dégagées de toutes les charges liées à la réalisation des autopsies sur les corps des victimes.

Excellence Monsieur le Premier ministre, messieurs les membres du gouvernement, telles sont les préoccupations de l’heure que nous vous soumettons avec l’espoir que le gouvernement leur accordera la plus grande attention. En tout état de cause, l’UAS, seule ou de concert avec d’autres organisations va engager des actions autour de ces trois préoccupations majeures».

UAS