Persévérer face aux forces du mal

0

Il n’est pas exagéré, de dire que, le terrorisme a la peau dure dans la bande sahélo-sahélienne. Il suffit de se référer à la situation des trois pays voisins de l’Afrique de l’Ouest que sont le Mali, le Niger et le Burkina Faso, pour s’en convaincre.

Alors que les autorités de ces Etats multiplient des efforts individuels et collectifs pour venir à bout de l’hydre terroriste, tout semble indiqué que les «fous de Dieu» n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils ont encore fait parler d’eux, en ce début du mois de juillet 2019, au pays d’Ibrahim Boubacar Keïta et de Mahamadou Issoufou.

En effet, au Mali, une attaque a coûté la vie à au moins 23 personnes dans la commune de Ouenkoro près de Mopti, tandis qu’au Niger voisin, le poste militaire de reconnaissance d’Inates, à la frontière malienne, a subi le courroux des hommes armés non identifiés dans l’après-midi du lundi 1er juillet 2019.

L’attaque, menée avec «deux véhicules kamikazes appuyés par des assaillants à motos», a été d’un revers sanglant pour l’armée nigérienne. Cette intervention s’apparente à une réaction à la neutralisation de 18 combattants du groupe Etat islamique dans le grand sahara (EIGS), lors d’une opération conjointe des forces armées nigériennes, françaises et américaines dans la région frontalière Nord de Tongo Tongo, du 8 au 18 juin dans l’Ouest du Niger.

L’opération conjointe s’était déroulée dans la zone où est actif le groupe de l’EIGS impliqué dans l’embuscade du 14 mai 2019, qui avait coûté la vie à 28 soldats nigériens. En clair, les forces du mal ne semblent pas jeter l’éponge face à la force de feu de l’adversaire. Au Burkina Faso, les forces du mal semblent résister, malgré les manœuvres militaires salutaires menées à l’Est du pays (opération Otapuanu) et au Sahel (Opération N’Dofu).

C’est donc dire que les trois pays ont encore du chemin à faire pour arriver à bout de leur ennemi commun. L’une des actions qui s’impose à eux est de travailler en bonne intelligence, avec leurs voisins de l’Afrique du Nord, où des pays servent souvent de base- arrière à des groupes terroristes lorsqu’ils sont acculés.

Mais le hic, est que cette partie du continent est également confrontée à des défis d’ordre sécuritaire ou politique. Entre attentats, guerres et remous politiques, le Maghreb est loin d’être un havre de tranquillité. La situation est trouble en Algérie depuis quatre mois, à la suite de la démission du président Abdel Aziz Bouteflika. Elle est également orageuse en Tunisie depuis plusieurs semaines à la suite de la modification de la loi électorale à un mois du dépôt des candidatures.

L’opposition soupçonne le gouvernement de vouloir écarter certains candidats sérieux dans la course à la présidentielle. La tension postélectorale en Mauritanie est encore vive à la suite des résultats contestés de la présidentielle du 22 juin 2019. En Libye, on assiste à une internationalisation progressive du conflit qui oppose les hommes du maréchal Haftar à l’armée du Gouvernement d’union nationale (GNA) présidée par Fayez El-Sarraj.

Au regard de la situation qui prévaut en Afrique du Nord, la croisade contre le terrorisme est certes hypothétique mais pas impossible. A force de persévérer, on finira par venir à bout des extrémistes. L’espoir est encore permis, comme le dit bien Catherine Ponder : «L’échec n’est rien d’autres que le succès qui essaie de naître sous forme plus grandiose». Persévérons donc !

Abdoulaye BALBONE

Assassinat de deux militants de l’ODJ : L’organisation réclame une autopsie

L’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) du Burkina Faso a rappelé au cours d’une conférence de presse, le mardi 2 juillet 2019 à Ouagadougou, qu’elle attend l’autopsie de deux de ses militants, assassinés le 31 mai 2019 dans la province du Yagha.

33 jours après l’assassinat de Fahadou Cissé, président de la section du Yagha (Sebba) de l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) du Burkina Faso et de Hama Balima, trésorier de ladite section, l’Organisation attend toujours l’autopsie qu’elle a demandée.

Elle l’a fait savoir, le mardi 2 juillet 2019, au cours d’une conférence de presse à Ouagadougou. Dans sa déclaration liminaire, l’ODJ a rappelé que c’est le vendredi 31 mai 2019, alors qu’ils se rendaient à Sebba pour une rencontre avec le haut-commissaire, que les deux «militants influents dans la province» ont été assasinés.

Les échanges devaient porter sur les problèmes liés à l’orpaillage, les rackets et la corruption de certains agents de l’administration publique et les difficultés d’accès aux soins de santé dans le Yagha. Si pour beaucoup, ce double assassinat est le fait des terroristes, le secrétaire général de l’ODJ, Ouiry Sanou, ne s’en tient pas seulement à cette piste.

«Au niveau de l’ODJ, nous n’excluons rien. Ainsi, à la suite de l’assassinat, une plainte a été déposée auprès de la justice militaire pour que justice soit faite et une autopsie des corps a été demandée. Mais depuis lors, que d’obstacles ! Toute chose qui retarde l’autopsie», a précisé M. Sanou. Il a donc invité les autorités à s’activer afin de permettre aux parents d’organiser les funérailles.

Les militants de l’ODJ ont condamné une fois de plus ce double assassinat et se sont dit déterminés à se battre pour que les auteurs et commanditaires soient identifiés et châtiés. Ils ont également attiré l’attention des autorités sur les questions des libertés et de sécurité des populations et appelé les militants de l’organisation à la mobilisation pour les obsèques et la manifestation de la vérité.

 

Adama Cissé, frère de l’une des victimes, a affirmé qu’étant des personnes engagées pour l’épanouissement de la population, Fahadou Cissé et Hama Balima faisaient régulièrement l’objet de menaces. Il a poursuivi qu’après deux ans de prison qu’il a purgé à la Maison d’arrêt et de correction de Dori, son défunt frère et Hama Balima ont travaillé à asseoir l’ODJ en 2013 et à faire partir la Société minière Kindo Adama (SOMIKA).

Lors de l’insurrection populaire des 30 et 31octobre 2014, a-t-il ajouté, les deux victimes ont été blessées par balles et figurent, «pour leur combat pour la liberté», parmi les héros nationaux. «Nous étions conscients que la vie de nos frères étaient menacée par l’administration et ceux qu’ils dérangeaient», a assuré Adama Cissé.

 Tielmè Innocent KAMBIRE

Frank POUGBILA (stagiaire)

Mobilisation des recettes fiscales : Parvenir à un paiement spontané des impôts

Le Programme d’appui à la gestion publique et aux statistiques (PAGPS) et la Direction générale des impôts ont organisé un atelier d’échanges pour l’élaboration d’une stratégie de promotion du civisme fiscal, le mardi 2 juillet 2019 à Ouagadougou.

Au Burkina Faso, les prévisions de mobilisation de ressources assignées à la Direction générale des impôts (DGI) en 2019 sont de l’ordre de 859 milliards FCFA contre 746 milliards F CFA en 2018, soit un taux d’accroissement de 15%. Ce besoin sans cesse croissant de ressources pour financer les actions de développement est cependant handicapé par l’incivisme d’une partie des contribuables.

Afin de lever les goulots d’étranglements qui empêchent la collecte optimale des recettes, impôts et taxes, le Programme d’appui à la gestion publique et aux statistiques (PAGPS) et la DGI, ont convenu de doter l’administration fiscale de la meilleure stratégie pour porter et maintenir le civisme fiscal à un niveau aussi élevé que possible. L’administration entend faire respecter spontanément les obligations fiscales. L’élaboration de ce document stratégique a fait l’objet d’un atelier d’échanges, le mardi 2 juillet 2019 à Ouagadougou.

Pour parvenir au paiement volontaire et naturel des impôts, le consultant, Pierre Vandenberghe, préconise de faire de la différenciation des contribuables et de l’attitude de l’administration en fonction de leur profil et comportement, un axe stratégique. L’approche et le traitement des assujettis au fisc doivent également s’opérer par segment d’usagers, en utilisant des relais, et en fédérant les contribuables au besoin, poursuit-t-il. «L’administration fiscale doit établir un équilibre entre les services rendus aux contribuables et les activités de contrôle à leur endroit», a ajouté le consultant.

Pour la directrice ajointe de la DGI, Brigitte Samma, cette stratégie de promotion du civisme fiscal va permettre aux services des impôts, de faire face aux défaillances récurrentes de nombreux contribuables quant à l’exécution de leurs obligations vis-à-vis du fisc. Selon la conseillère technique du ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Céline Yonaba, le manque de civisme en matière de paiement des impôts est bien réel dans toutes les catégories de contribuables.

Le phénomène se nourrit, a-t-elle expliqué, entre autres, du sentiment de justice/d’injustice ou des interrogations sur l’utilisation des ressources collectées. C’est pourquoi, elle a indiqué que la stratégie visant à obtenir l’adhésion volontaire à l’impôt doit impérativement se bâtir sur la transparence, la justice et le dialogue avec les contribuables.

Elle doit aussi prendre en compte l’accessibilité des citoyens à l’information exhaustive et actualisée, la réduction des coûts liés à la gestion du civisme fiscal, a précisé Mme Yonaba. L’élaboration de la présente stratégie entre dans le cadre du plan stratégique 2017-2021 de la DGI. Ce document vise à «construire une relation de partenariat et de confiance avec les contribuables, les partenaires et les autres régies de recettes».

 Mahamadi SEBOGO

windmad76@gmail.com

Un enseignant-violeur au gnouf

0

Le 6 juin 2019, Kantigui informait ses lecteurs qu’un enseignant dans la commune de Koti dans les Hauts-Bassins, a tenté de violer son élève de CP2, âgée de 8 ans. Mais le « ravisseur », gardé à vue dans les locaux du commissariat de Founzan, avait finalement été libéré sans poursuite. Suivant de près le dossier, Kantigui a appris aux dernières nouvelles que le violeur aurait été arrêté et déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Boromo, le 27 juin 2019. En attendant la suite du dossier, Kantigui tient à remercier l’ensemble des acteurs qui ont œuvré à ce que justice soit rendue à la fillette victime de cet acte ignoble.


Un présumé voleur à la délibération du BAC

Kantigui n’a de cesse d’inviter ses concitoyens à la prudence. Et pour cause, profitant généralement de leur inattention, des voleurs leur soutirent portefeuilles, téléphones portables et autres objets précieux. Le 1er juillet 2019, aux environs de 13h, Kantigui a été témoin d’une « opération » qui a mal tourné pour un voleur au Lycée Philippe- Zinda- Kaboré, lors de la proclamation des résultats du Baccalauréat. En effet, pendant qu’un candidat se débattait pour voir le tableau d’affichage, il s’est vu dérober son téléphone portable dans la poche arrière de son pantalon. Une fille qui a suivi l’action, lui a soufflé de suivre le présumé voleur. Se sentant suivi, celui-ci, qui n’est pas un élève, s’est précipité vers la porte de sortie du lycée. Malheureusement, a remarqué Kantigui, il sera très vite rattrapé par la police, alertée par le propriétaire du portable. Seulement, l’appareil n’a pas été retrouvé sur lui. Interrogé, le supposé voleur a nié les faits. Toutefois, l’individu a été conduit au commissariat pour de plus amples explications.


Conseil municipal de Gourcy : la hache de guerre enterrée ?

Le conseil municipal de Gourcy a tenu sa deuxième session ordinaire de l’année, le mardi 25 juin 2019. Et comme d’habitude, Kantigui, en bon citoyen, a été témoin des débats sur la gestion des affaires de cette collectivité. Il a été agréablement surpris de constater que 83 conseillers sur 94 ont répondu présents. Mieux, c’est le bourgmestre qui a présidé la session, entouré de ses deux adjoints, chose que l’on n’avait plus vu depuis la suspension du maire à la suite d’ une crise. Kantigui se rappelle que le même conseil peinait à réunir le quorum pour délibérer. A l’ouverture de la session portant essentiellement sur l’adoption du compte administratif, du compte de gestion 2018 et du budget supplémentaire, Kantigui était septique sur l’issue de la rencontre. Mais contre toute attente, les débats se sont déroulés dans la sérénité et la courtoisie. Cela signifie-t-il la fin des hostilités ? Cette question de Kantigui n’a pas eu de réponse auprès du maire et de ses deux adjoints. «Nous sommes de retour pour reprendre le travail et si la compréhension et le respect mutuel sont au rendez-vous, tant mieux», a cependant confié un conseiller frondeur. Kantigui ose croire que c’est la fin des inimitiés entre camarades politiques dans la cité de Naaba Yadéga.


Bittou et ses interminables coupures de courant

Il a fallu que Kantigui fasse récemment un séjour de 48 heures à Bittou pour comprendre la douleur des habitants de cette ville. En effet, lors de son passage, il a comptabilisé en 24 heures, cinq coupures de courant qui ont duré parfois plus de 2 heures chacune. Pire, une coupure intervenue à 22 heures a duré jusqu’au lendemain dans la matinée. Le tuteur de Kantigui lui a signifié que ces délestages durent depuis près de quatre mois. « Chaque fois qu’on approche la SONABEL, elle nous dit que le problème vient du Ghana voisin (interconnexion), alors que dans les villages ghanéens frontaliers avec Bittou, il y a le courant », a lâché l’interlocuteur de Kantigui. Selon une autre source, le problème serait dû à « des installations moins performantes qui n’arrivent plus à satisfaire la demande locale ».


La Caisse des dépôts et consignations se met en place

C’est avec joie que Kantigui a appris que la Caisse des dépôts et consignations du Burkina Faso (CDC-BF) prendra bientôt son envol. Selon des sources dignes de foi, la commission de surveillance de la structure sera installée, le vendredi 5 juillet 2019. Kantigui se rappelle que deux mois après son départ de la Primature, Paul Kaba Thiéba, s’est vu confier la direction générale de la CDC-BF. Il se réjouit, d’autant plus que des projets structurants attendent cet établissement public à statut spécial. En effet, avec une dotation initiale de 20 milliards de francs CFA, la CDC est l’alternative la plus crédible et la plus sérieuse pour apporter des solutions efficaces aux investissements massifs, selon les économistes. Après le cérémonial d’installation de la commission de surveillance, tous les regards seront braqués sur l’ancien chef de gouvernement. Kantigui espère qu’en fin connaisseur du monde des finances et en tant qu’un des initiateurs de cette Caisse, Paul Kaba Thiéba saura mettre à contribution son expertise pour réussir sa mission.


Koudougou : les jeunes du MPP sonnent la mobilisation

Kantigui a ouï dire qu’après Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, Koudougou accueille, le samedi 6 juillet 2019, l’assemblée générale régionale des jeunes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) du Centre-Ouest. La rencontre se tiendra autour du thème : « Mise en œuvre du Programme présidentiel et défi sécuritaire : quelle contribution de la jeunesse MPP du Centre-Ouest ? ». L’informateur de Kantigui a également précisé que l’activité sera parrainée par El Hadj Seydou Zagré, directeur de cabinet du président du Faso. Le comité d’organisation dirigé par le secrétaire national chargé des jeunes du MPP, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, est à pied d’œuvre pour la réussite de cet évènement. A l’occasion, a noté Kantigui, un hommage sera rendu aux militants, Joseph Gildas Bakyono et Joseph Bruno Bapina, décédés suite à un accident de la circulation en territoire ivoirien le 24 juin dernier.

Kantigui

kantigui2000@gmail.com (00226) 25 31 22 89

Affaire concours CNSS: Épilogue du procès intente contre la CGT-B

Le 26 octobre 2018, le secrétaire général de la Coordination des comités CGT-B de la CNSS et la CGT-B ont été convoqués à la barre du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou, suite à une plainte introduite par 32 candidats déclarés admis au concours de recrutement d’agents organisé en juin 2018 par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

Depuis la première audience tenue le 26 octobre 2018 jusqu’à celle du 21 juin, la CGT-B a été présente à toutes les dix audiences qui jusqu’au mardi 21 juin 2019 aboutissaient à des renvois pour diverses raisons dont l’absence des plaignants, les renvois demandés par les plaignants ou leurs avocats. A noter que la citation a été renouvelée en janvier avec comme changement notable le retrait de la liste des témoins de M. SOUBEIGA Gaston.

A l’entame du procès le mardi 21 juin 2019, le conseil de la CGT-B, tout en indiquant qu’il est prêt pour aller au fond du dossier, a soumis au tribunal le problème de la prescription. En effet, la citation ayant été servi depuis 2018 (c’est-à-dire depuis 8 mois), le dossier est en principe frappé par la prescription puisqu’en matière de délit de diffamation, le délai est de trois mois. Interrogé sur la question, le conseil des plaignants a indiqué que la citation a été renouvelée en janvier 2019 mais que malgré tout la prescription vaut toujours car le délai reste largement dépassé.

Sur ce, après l’intervention du parquet, le tribunal a prononcé l’extinction de l’affaire pour raison de prescription. Ainsi prenait fin une affaire commencée avec beaucoup de vacarme et que ses initiateurs ont vite fait d’abandonner, ne se donnant même plus la peine de répondre aux convocations.

Quelques observations sur ce procès :

  • La CGT-B était accusée de complicité avec le journal qui a publié la liste des candidats et avec qui un règlement à l’amiable avait été conclu. Curieusement, ce journal n’était même pas cité comme témoin !
  • Dès le début des convocations, ceux qui ont convoqué la CGT-B, ne semblaient plus intéressés par le procès. Et pour cause ! Entre temps, les enquêtes engagées par l’ASCE et surtout par la gendarmerie ont conduit à l’arrestation de trois agents de la CNSS dont le DRH.
  • Dès le début de l’affaire, il s’est trouvé des structures et malheureusement des syndicats pour vilipender la CGT-B estimant qu’elle avait fait des accusations gratuites ;
  • Le dossier de la fraude reste pendant au niveau de la justice avec près de trois arrestations.

 

Au vu de ce qui précède la CGT-B tient à :

  1. remercier toutes celles et tous ceux qui l’ont soutenue à l’occasion de ce procès ;
  2. signifier aux candidats, une fois de plus, que les dénonciations faites par la coordination CGT-B de la CNSS étaient guidées par le seul souci de la justice et de la transparence ; les demandeurs d’emploi pourront toujours compter sur la détermination de la CGT-B à lutter pour que la justice prévale dans l’organisation des concours ;
  3. Signifier à son Conseil, Maître Prosper FARAMA, sa reconnaissance pour son dévouement à la cause de la justice et des faibles ;
  4. signifier au Chef de File de l’Opposition sa reconnaissance pour la présence constante d’un représentant de son institution aux différentes audiences ;
  5. remercier les Secrétaires Généraux des Organisations Syndicales membres de l’Unité d’Action Syndicale (UAS), du Collectif Syndical CGT-B, de toutes les autres structures syndicales, aux Présidents des autres structures partenaires de la CCVC (MBDHP, CDAIP, UGEB, ODJ, ASAB, AJB, Association KEBAYINA, AESO, etc.) pour leur disponibilité, leur soutien ferme et constant ;
  6. féliciter les militant(e)s, les travailleuses et travailleurs, toutes les couches socio-professionnelles pour leur solidarité exemplaire ;
  7. féliciter et encourager toute la presse nationale et internationale pour son sens élevé d’engagement dans la bataille pour le renforcement de la démocratie, pour la sauvegarde, la protection et la promotion des valeurs morales.

La CGT-B renouvelle son engagement à défendre de façon ferme, avec un esprit de suite les acquis historiques de libertés, de dignité et d’intégrité pour lesquelles nos devanciers ont versé tant de sueur, de larmes et de sang.

Cette lutte s’impose plus que jamais dans un contexte marqué par le pillage de nos ressources (or, chemins de fer, foncier), la culture de la division, les menaces et crimes organisés, les menaces et atteintes contre les libertés démocratiques et syndicales. A cet égard, la récente révision du code pénal constitue une grave menace à la liberté de presse et au droit à l’information qui interpelle tout démocrate.

 

Conformément à l’esprit des grandes luttes menées par notre peuple ( soulèvement populaire du 3 janvier 1966,  grève générale des 17 et 18 décembre 1975, lutte du CODMPP suite à l’holocauste du dimanche 13 décembre 1998, insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014,  résistance au putsch du 16 septembre 2015, …),  elle appelle les honnêtes gens, les démocrates et révolutionnaires à renforcer leur détermination et leur solidarité en vue de lutter résolument contre la mal gouvernance, l’impunité et les restrictions des libertés.

Vive la CGT-B !

Vive la Collectif Syndical CGT-B !

Vive l’UAS !

Vive la CCVC !

Vive la solidarité et l’unité dans la défense des acquis démocratiques !

 

 

Bassolma BAZIE

Secrétaire Général Confédéral

 

Exposition économique sino-africaine

La première édition de l’exposition économique et commerciale sino-africaine se tient, du 27 au 29 juin 2019, à Changsha, chef-lieu de la province de Hunan, au centre de la Chine. Plus de 10 000 personnes sont attendues.

Parmi les huit initiatives prises lors du forum de septembre 2018 sur la coopération sino-africaine, figure l’organisation d’une exposition économique et commerciale sino-africaine. Elle vient d’être une réalité puisque la première édition de l’évènement s’est ouverte le jeudi 27 juin 2019, à Changsha, chef-lieu de la province de Hunan, au centre de la Chine, pour s’achever le 29 juin. 53 pays africains prennent part à ce rendez-vous qui se présente comme une autre plate-forme pour promouvoir davantage les liens de coopération entre le continent noir et l’Empire du milieu. Sur une aire de 40 000 m², Chinois et Africains vont dérouler, pendant trois jours, leurs potentialités et leur savoir-faire, en vue de renforcer la coopération économique et commerciale. Dans son adresse, le vice-ministre du Commerce chinois, Qian Keming, a indiqué que l’exposition économique et commerciale est la traduction du succès de la coopération sino-africaine. Pour lui, depuis le premier Forum de coopération sino-africaine (FCSA) en 2000, l’on a enregistré des résultats tangibles en termes de développement des échanges commerciaux entre les deux parties. Et de rappeler que le volume des échanges commerciaux en 2018 a été estimé à 204 milliards de dollars. Pour Qian Keming, la Chine et l’Afrique doivent se rapprocher davantage pour sortir leurs peuples de la pauvreté. Pour y parvenir, il est essentiel de trouver les points de convergence pour asseoir la relation, dans une dynamique de modernisation de l’agriculture et de l’industrialisation dans les pays en voie de de développement. Dans son partenariat avec l’Afrique, a-t-il indiqué, la Chine entend rester fidèle à son objectif de bâtir une coopération gagnant-gagnant. De ce fait, le vice-ministre du Commerce a exhorté les dirigeants africains à élargir la coopération à divers niveaux, notamment aux collectivités locales, afin qu’elles soient bénéfiques à tous. «Ensemble, nous devons trouver les mécanismes qui nous permettent de multiplier les initiatives qui visent à renforcer les capacités endogènes de chaque pays. C’est dans cette perspective que la construction d’une communauté de destin partagé et de prospérité sera effective », a souligné M. Keming. Le secrétaire général du comité du Parti communiste chinois (PCC) de la province de Hunan, Du Jiahao, s’est réjoui que Changsha abrite cet important évènement. La Province, a-t-il précisé, entretient déjà des partenariats de développement avec de nombreux Etats africains dans le secteur de l’agriculture et des énergies renouvelables. Dans une lettre de félicitations adressée aux participants, le président chinois, Xi Jinping, a indiqué que les deux parties ont su, au fil du temps, mener «une coopération pragmatique sur la base de l’égalité et des bénéfices mutuels, apportant des résultats remarquables aux peuples».

Une opportunité pour le Burkina Faso

Il a encouragé les gouvernements, les groupes de réflexion, les entreprises et les institutions financières de la Chine et de l’Afrique présents à Changsha à formuler des propositions adéquates, qui vont permettre une mise en œuvre cohérente des initiatives du Forum de coopération sino-africaine (FCSA). Invité d’honneur, le chef de l’Etat ougandais, Yuweri Museveni, a émis le souhait que le dialogue soit toujours privilégié entre les deux parties pour préserver les intérêts mutuels.
Le Burkina Faso fait partie des pays exposants avec une forte délégation issue de la présidence du Faso, des mi-nistères en charge de l’agriculture, du commerce, des Infrastructures et de structures privées. Pour un pays qui vient de reprendre les relations diplomatiques avec Pékin, il y a un peu plus d’un an, c’est une occasion pour explorer d’autres pistes en termes de coopération économique. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, qui conduit la délégation burkinabè, a salué l’initiative et la qualité de l’organisation. «C’est un grand rendez-vous qui est donné à l’Afrique et à la Chine de discuter en profondeur des relations économiques et commerciales. Au moment où nous sommes en train de construire un marché de libre échange continental en Afrique, cette exposition nous offre la plénitude de nous inspirer de l’expérience de ce grand pays qui a su interconnecter ses provinces sur le plan économique», a-t-il déclaré. Selon lui, au-delà des frontières entre les pays africains, il y a beaucoup de similitudes dans la façon de vivre et de faire qui pourraient être exploitées pour réussir l’intégration économique du continent. En exposant à Changsha, il s’agit pour le ministre Kaboré, d’attirer les investisseurs au pays des Hommes intègres, afin d’es-pérer une transformation des produits locaux sur place. «Nous sommes venus à cette exposition avec des participants spécialisés dans l’exportation et l’importation, des structures privées comme l’Agence pour la promotion des exportations (APEX), l’Agence burkinabè d’investissements. Nous avons un stand où nous allons montrer les produits issus de la transformation industrielle et artisanale et ce que nous avons comme matières premières », a expliqué Harouna Kaboré.

Karim BADOLO
(Depuis Changsha
en Chine)

Lac de Tengrela Sous la menace d’une dégradation irréversible

Situé dans la région des Cascades, le lac de Tengrela est un étang qui abrite une importante population d’hippopotames, de poissons et d’oiseaux. Il fait partie des attractions touristiques du Burkina Faso. Cependant, cette étendue d’eau est sous l’emprise de plusieurs menaces majeures, si bien qu’il a perdu environ la moitié
de sa surface.

D’une superficie de 1500 ha, le lac de Tengrela se situe à sept kilomètres à la sortie de Banfora en direction de Sindou dans la province de la Comoé, région des Cascades. La localité a un climat de type soudanien. C’est la zone la plus humide du pays, avec une saison des pluies qui dure six mois et des maxima pouvant aller jusqu’à 1 300 mm par an.
Sur les bords de la mare, on observe entre autres, la présence d’une forêt-galerie, une prairie aquatique et des cultures allant sur les berges. La faune présente une diversité d’espèces (hippopotames, poissons, canards …). En ce qui concerne les hippopotames, le lac héberge une douzaine de familles qui a scellé une alliance sacrée avec les ancêtres du village. Quant aux sols, ils sont de types ferrugineux tropicaux, lessivés par suite d’une pluviométrie abondante. Le lac de Tengrela est un site sur lequel s’exercent diverses pressions intenses pouvant conduire à sa dégradation irréversible. De par son intérêt touristique et sa diversité biologique élevée, il mérite d’être conservé. Cependant, les résultats d’une étude menée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ont relevé des menaces pour le lac si des mesures ne sont pas prises à temps pour la protection de cette niche écologique. En effet, les pratiques culturales sur les berges comme le maraîchage favorisent l’ensablement progressif du lac avec à la clé, le risque de pollution de cette étendue d’eau par les engrais chimiques. Faute d’une surveillance rigoureuse, les animaux sauvages (hippopotames) font souvent l’objet de braconnage. De plus, la présence de bétail sur les bords de la mare tout le long de l’année à cause de l’étendue d’eau, a un impact sur la flore. Ces facteurs et menaces engendrent indéniablement des conséquences fâcheuses sur la vie du lac ainsi que les espèces aquatiques qui s’y trouvent.

Des actions pour sauver ce site

Des actions doivent être menées pour sauver ce site à la fois naturel et touristique. Si la présence des guides touristiques permet d’encadrer les visites, il est impérieux de recycler ces derniers dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement dans le sens de développer l’écotourisme en le contrôlant. Il faut stabiliser le pourtour en protégeant et en restaurant les bords de la mare. Transformer la mare en une réserve partielle ou totale serait un apport inestimable à la science et au tourisme. Pour ce faire, la population locale doit être sensibilisée et responsabilisée. Cela demande la mise en place d’une gestion rationnelle qui aboutira, à la création ou à la restauration du milieu de reproduction et de refuge nécessaire à la survie des espèces.
De façon concrète, il va s’agir d’élaborer un mode de gestion efficace qui satisfait la demande des populations, de sorte qu’elles se soucient de la durabilité de l’utilisation. Par exemple, des activités génératrices de ressources au niveau du lac, compatibles avec les impératifs de la conservation (pêche, tourisme de vision, promenades en pirogues sur le lac, sports nautiques) pourront être identifiées à cet effet. Il ne faut pas perdre de vue, le développement du potentiel faunique (piscicole) à travers des lois, règlements et conventions ratifiées par le Burkina Faso notamment la convention de Ramsar sur les zones humides.
Aussi, il faut accroître la surveillance contre le braconnage en utilisant la population locale que l’on aura sensibilisée auparavant. Certes, de bonnes volontés comme des Organisations de la société civile interviennent par moment pour débarrasser le lac des plantes envahissantes (la jacinthe d’eau), mais ces actions sont de courtes durées.
Il va falloir que l’Agence de l’eau des Cascades, le ministère de l’Eau et de l’Assainissement et les services du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique mettent les bouchées doubles pour assurer la protection de cet écosystème naturel.

Paténéma Oumar
OUEDRAOGO
pathnema@gmail.com

Centre Jean-Bosco de Koudougou: un refuge pour personnes abandonnées

Le centre sociosanitaire Jean-Bosco de Koudougou, communément appelé «Lafi ziiga» accueille des personnes vulnérables : orphelins, enfants de la rue, veuves et femmes victimes de violences de toutes sortes. Sidwaya est allé à la rencontre des responsables et des pensionnaires de cet établissement social.

Il est 10 heures, ce mardi 16 avril 2019 à Koudougou. Les Koudougoulais vaquent à leurs occupations habituelles, sous un soleil de plomb. Assise sur une terrasse au Centre sociosanitaire Jean-Bosco de Koudougou, communément appelé «Lafi ziiga» (havre de paix en langue nationale mooré), la soixantaine révolue, Lalé Zoma se rappelle comme si c’était hier, l’histoire qui a fait d’elle aujourd’hui, une «sorcière». Pour cette pensionnaire, se rappeler les faits, c’est revivre ce passé douloureux. Le cauchemar de Lalé Zoma commence en 2007, lorsqu’elle perd son troisième fils. «Ma belle-famille m’a accusée de l’avoir tué. J’étais assise dans ma case en train de faire mon deuil, quand une foule de personnes est venue s’en prendre à moi. J’ai été traitée de mangeuse d’âmes et rouée de coups. Ma case a été incendiée», se souvient-elle. Dans la course-poursuite qui s’en est suivie, elle trouve refuge dans la brousse, le corps couvert de blessures, sans avoir eu le temps de prendre des vêtements. Humiliée, la sexagénaire a dû quitter le village, sans destination précise. «Je ne savais pas où aller. J’ai marché dans la brousse pendant quatre jours sans manger, ni boire. J’ai même pensé à un moment donné, mettre un terme à ma vie», relate-t-elle, les yeux embués de larmes. «Au quatrième jour de ma fuite, un jeune homme m’a aperçue, assise à l’ombre d’un arbre. Il m’a approchée et a échangé avec moi. Ayant eu pitié de moi, il m’a conduite au centre oasis Jean- Bosco de Koudougou. J’y vis maintenant depuis une douzaine d’années, sans nouvelles de mes enfants et de ma famille», rapporte-t-elle. Selon la directrice du centre, Clarisse Mussoni, la vieille Zoma est arrivée malade, le corps recouvert de nombreuses blessures. «Elle était toute affaiblie, avec le corps recouvert de nombreuses blessures. Notre première réaction a été de la prendre immédiatement en charge, de lui donner une douche, des vêtements et de la nourriture», soutient Mme Mussoni. Yyerega Luigi Bertrand Bama, un autre pensionnaire, est originaire du village de Pouni dans la province du Sanguié. Il est arrivé, au centre en 2018, après le décès de sa mère. Nourrisson de 15 mois à l’époque, très malade, il est abandonné par les siens. «Vu les circonstances, j’ai immédiatement entamé les démarches nécessaires auprès des services de l’Action sociale afin que celui-ci soit interné au Centre de récupération des enfants (CREN)), car il était mal en point. Aujourd’hui âgé de 3 ans, le petit va très bien», raconte Mme Mussoni.

« Décédés du SIDA »

En classe de CP2, I.K a 10 ans. Orpheline de père et de mère, elle a été abandonnée par ses proches. «Lorsque nous l’avons accueillie, elle était très mal en point», se souvient la responsable du centre. Tes parents viennent-ils souvent te voir ? A cette question, elle éclate en sanglots. Selon la directrice du centre, aucun des membres de sa famille, pourtant résidant à Koudougou, n’a daigné prendre de ses nouvelles. Au lieu d’être soignée, la « petite » a été rejetée par sa famille et déposée au «refuge», parce que ses géniteurs sont décédés du SIDA, regrette la patronne du centre. «Heureusement, grâce au centre, j’ai un toit où dormir, je pars à l’école et j’ai même des amis avec qui jouer», témoigne I.K, tout émue. Elle est actuellement, sous traitement antirétroviral, d’après Mussoni.

Sauvée de justesse

Le centre Jean-Bosco de Koudougou héberge actuellement quatre vieilles femmes. «Elles étaient auparavant au nombre de 18. Malheureusement, treize d’entre elles sont décédées. Et une autre a été récupérée par son fils qui vit en Côte d’Ivoire. Lors des décès, certaines familles ont refusé de prendre les dépouilles», fait savoir la directrice. En plus des femmes du 3e âge, l’établissement accueille des orphelins, des malnutris, des malades du SIDA, des femmes ayant fui le lévirat et des filles excisées. C’est le cas de Marie Zio, âgée aujourd’hui de 18 ans. Orpheline de père et de mère, elle est arrivée au centre à l’âge de 6 ans, en 2001, à la suite d’une excision qui a failli lui coûter la vie. Après avoir subi cette pratique, elle a été sauvée de justesse par un inconnu qui l’a laissée à la porte du centre. «Elle est arrivée dénuée de toute force. Nous l’avons conduit sur-le-champ à la clinique pour des soins», se souvient dame Mussoni. Après s’être rétablie, elle subira plusieurs interventions réparatrices. «Ces interventions m’ont permis de retrouver ma santé», soutient la jeune fille. Aujourd’hui spécialiste du tissage et de la teinture, Marie Zio transmet à présent son savoir aux autres pensionnaires. «C’est elle qui forme les nouvelles venues en technique de teinture du pagne tissé», souligne Mme Mussoni. A l’image de ces pensionnaires, ils sont environ 4 000 au Centre Jean-Bosco de Koudougou. « Nous recevons par an près de 400 personnes avec des cas différents », précise la responsable. Il existe au sein du centre une école primaire de neuf classes, réduite à six par manque de moyens, et un Collège d’enseignement général (CEG) au profit des pensionnaires. «Nous prenons en charge 220 élèves sans compter ceux qui sont parrainés mais fréquentent d’autres établissements», indique la directrice. C’est le cas d’Ernest Bationo. Il est inscrit en première année de Mathématiques et physique-Chimie à l’université Norbert-Zongo de Koudougou. Il affirme être à la charge du centre depuis ses premiers pas à l’école. «J’ai un vélo et chaque deux semaines, j’ai droit à une demi-tine de mil pour mon alimentation», confie-t-il.

Formées à l’autoemploi

Au centre Jean-Bosco, les femmes victimes de violences basées sur le genre (lévirat, mariage forcé, excision, refus de paternité) s’adonnent au tissage, et à la fabrication du beurre de karité. «Les articles qu’elles confectionnent sont envoyés en Italie pour des expositions- ventes. Les sommes engrangées récoltées leur permettront de s’installer à leurs propres comptes», affirme Clarisse Mussoni. Ces femmes sont autorisées à rester un bout de temps au centre. «Après leur départ du centre, nous continuons à les suivre pour voir si l’activité menée leur permet de vivre», renchérit-elle. Mamounata Ouédraogo, pensionnaire du centre, est aujourd’hui une tisseuse accomplie. Elle est devenue une formatrice. Elle est arrivée au centre avec ses gosses sous les bras, après la mort de son mari. «J’ai perdu mon mari. Avec cinq enfants sous les bras, je ne savais pas à quel saint se vouer. Mais, grâce au centre, j’arrive à prendre soin de mes enfants et à subvenir à leurs besoins», assure-t-elle. «Quand je vois toutes ces personnes joyeuses, je suis heureuse de savoir que j’ai fait œuvre utile dans ma vie», se réjouit Clarisse Mussoni.

Un travail reconnu

Malgré la noblesse de la mission du centre, des difficultés existent. En effet, à sa création, Jean-Bosco comprenait une clinique, une pharmacie et un centre de couture. Mais faute de moyens financiers depuis 2009, ses structures sont fermées. La directrice souhaite avoir un appui en personnel en vue de la réouverture de la clinique, étant donné que le matériel est disponible. «Cela va beaucoup nous soulager et éviter d’aller à l’hôpital pour des soins, sauf les cas très graves», estime-t-elle.
Aussi, le centre, fait-elle savoir, manque cruellement de fonds spécifiques pour sa gestion. «Nous vivons grâce aux dons de nos amis en Italie. Cette aide est parfois insuffisante. Depuis sa création, le centre n’a jamais reçu d’appui financier de l’Etat», déplore la directrice. Pourtant, l’établissement reçoit souvent, confie-t-elle, des cas référés par la direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire. Cela est effectivement confirmé par le directeur provincial du ministère en charge de l’action humanitaire, Jules Zongo. «Notre département reconnaît à sa juste valeur le travail abattu par le centre. Car, il contribue énormément au soutien des personnes vulnérables de la région du Centre-Ouest. Il nous arrive effectivement de référer des cas à la structure», relève-t-il. C’est pourquoi, la direction provinciale de l’action humanitaire, explique M. Zongo, suit les activités de Jean Bosco. Mieux, elle apporte des appuis-conseils dans la gestion des pensionnaires.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

……………………………………………………………………………………………………………….

L’histoire du centre Oasis
Le centre oasis «Lafi Ziiga» de Koudougou a vu le jour en 1994, grâce à la bonne volonté de l’Italien, Mussoni. Celui-ci était venu au Burkina Faso, précisément dans le village de Goundi, à quelques kilomètres de Koudougou, pour servir comme un volontaire chez le frère Sylvestre, un religieux. Après un mois de séjour, Mussoni est reparti dans son pays natal. Par amour et par solidarité pour les populations de ce village, il est revenu vivre à Goundi pendant huit ans. «Ce que son père adoptif faisait l’a motivé à vouloir apporter son aide aux personnes vulnérables. Il l’a ainsi aidé à acquérir le terrain à Koudougou, pour construire le centre», explique son épouse, Clarisse Mussoni. Il fut baptisé centre socio-sanitaire oasis Jean-Bosco. La structure a été reconnue par l’Etat en 1996. Aujourd’hui, le centre emploie 17 personnes.

F.B.