Electrification rurale : six villages du Centre-Ouest éclairés

Le directeur de cabinet du ministre de l’Energie, Idrissa Konditamdé, a mis en service des installations électriques de six localités de la région du Centre-Ouest, à Balélédo dans la commune rurale de Ténado, le samedi 29 juin 2019. Il s’en est suivi un spectacle à Tio dans ladite commune pour magnifier le branchement de ces localités.

Les villages de Balélédo, Koualio, Tio, Tiogo (commune de Ténado), Kilsio (Réo) et Kamedji (Koudougou), dans la région du Centre-Ouest, avec, au total 33 524 habitants, sont désormais connectés au réseau de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL). La cérémonie officielle de mise sous tension de ces six localités a eu lieu, le samedi 29 juin 2019, à Balélédo, dans l’après-midi, en présence de quelques membres du gouvernement, des autorités locales et les populations. C’est le directeur de cabinet du ministre de l’Energie, Idrissa Konditamdé, qui a ainsi actionné symboliquement l’interrupteur du poteau électrique expérimental pour faire jaillir la lumière. Selon le chef de village de Balélédo, Bapio Bamouni, toutes les couches sociales de sa contrée sortent enfin d’une longue attente du «jus» de la nationale d’électricité. A cet effet, le porte-voix des habitants a traduit sa reconnaissance au ministère de l’Energie, et notamment à l’Agence burkinabè d’électrification rurale (ABER) qui a financé cette mise en service des installations électriques sur les ressources de la Taxe de développement de l’électricité (TDE) estimées à plus de 380 millions F CFA. L’action des partenaires saluée Pour ce faire, le représentant du ministre a appelé les bénéficiaires des localités électrifiées à plus de responsabilités dans l’acquittement des factures d’électricité, pour assurer la pérennité des ouvrages et en faire bénéficier d’autres villages.

Il a, en outre, loué les actions de la Banque mondiale (BM), de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Agence française de développement (AFD), Canada, du Conseil de l’entente, de la Coopération suédoise et du fonds d’Abu Dhabi en faveur de l’électrification rurale. Quant au directeur général de l’ABER, Ismaël Somlawendé Nacoulma, il a rappelé qu’à travers cette initiative, sa structure entend lutter contre l’obscurité, le coût élevé du Kilowatt heure (KWh) et la mauvaise accessibilité à l’électricité au Burkina Faso. Foi du directeur général de l’ABER, ce sont 430 branchements sur 18 kilomètres qui ont été réalisés concernant cette opération sur une prévision de 2 300 dans les prochaines années.

«D’ici à la fin de l’année 2019, ce sont plus de cent localités qui vont être électrifiées, portant à plus de 400 le nombre total de ménages ayant accès à l’électricité en milieu rural», a-t-il assuré. Pour le maire de la commune rurale de Ténado, Yoma Batiana, la mise sous tension est un satisfecit total, car sur les 18 villages que compte sa commune, 9 sont électrifiés. Aussi, a-t-il ajouté, le village de Batondo, avec près de quatre mille habitants, est dans l’attente de voir le projet d’électrification bouclé par la SONABEL. Certes, à entendre le maire Batiana, grâce à cette réalisation, la fracture numérique est réduite de 50% mais des efforts restent à faire pour sortir huit autres villages de l’obscurité afin de mieux apprécier l’impact de l’électricité à l’échelle d’une commune entière.

«Dans l’immédiat, les besoins d’électrification dus aux facilités que pourrait offrir le réseau, à cause de la proximité de la ligne de transport haute tension sont les localités de Bavila, Kaboro, Zindin, et Adadir», a-t-il déclaré. Le bourgmestre a, par ailleurs, salué l’œuvre de l’ABER et exprimé la joie des onze mille âmes de Ténado dont près de six mille femmes nouvellement intégrées au réseau SONABEL. Au cours de l’année 2019, selon les statistiques prévisionnelles, plus de cent villages vont bénéficier de minicentrales d’électricité avec plus de cent mille ménages dotés de «Solar Homs System». La contrepartie de l’ABER va servir entre 600 et 700 mille personnes. Dans le même registre, plus de 150 mégawatts en énergie solaire vont être développés avec le Partenariat public-privé (PPP) pour réduire le coût du KWh. Pour magnifier l’électricité, à la suite de la cérémonie de mise en service officielle des réseaux électriques des six localités, le public de Ténado a eu droit à un concert dans la nuit, sous des prestations d’artistes.

Boukary BONKOUNGOU

Sociétés d’Etat : les indicateurs sont au vert

La 27e session de l’assemblée générale des sociétés d’Etat et des deux établissements de prévoyance sociale s’est tenue, les 28 et 29 juin 2019, à Ouagadougou, sous la présidence du chef du gouvernement, Christophe Joseph Marie Dabiré.

D’un point de vue global, les indicateurs de performance des 19 sociétés d’Etat et des deux établissements de prévoyance sociale sont en croissance au titre de l’exercice 2018. Toutes unies, ces institutions ont contribué à hauteur de 332, 297 milliards FCFA au budget de l’Etat en 2018. Un montant en nette progression d’environ 55,038 milliards FCFA, comparé aux résultats de 2017, où elles avaient enregistré 277,259 milliards FCFA. Il ressort également dans le rapport général que 15 entreprises ont réalisé un bénéfice cumulé de 174,974 milliards FCFA, six sociétés sont déclarées déficitaires avec un déficit cumulé de 2,311 milliards FCFA. Pour le Premier ministre, Christophe Dabiré, malgré le contexte d’insécurité, les résultats sont reluisants.

Il a félicité les différents responsables de société qui ont compris qu’il s’agit d’un exercice obligatoire qui consiste à rendre compte de la gestion publique et de la bonne gouvernance. A l’endroit de La Poste Burkina Faso, l’assemblée générale a encouragé l’équipe directoriale à œuvrer davantage pour assurer une cohésion au sein de l’institution postale. En réponse, le directeur général de La Poste Burkina Faso, Nabi Issa Cloulibaly, a rassuré l’exécutif que des efforts sont déjà faits dans ce sens. Par ailleurs, il a annoncé la création d’une banque postale pour rendre l’entreprise plus opérationnelle.

«Pas question de tuer la poule aux œufs d’or»

Le chef du gouvernement a reconnu que les Maîtrises d’ouvrage déléguées publiques (MODP) méritent d’être renforcées pour plus de résultats. Selon lui, la contribution de ces entreprises au budget de l’Etat est importante et «il n’est pas question de tuer la poule aux œufs d’or».

«Les sociétés en difficulté doivent se mettre en ordre de marche. Mettez en application le code de bonnes pratiques de gouvernance ainsi que les recommandations des missions des corps de contrôle de l’Etat pour bâtir la performance», a déclaré M. Dabiré. Pour le ministre en charge de la fonction publique, Séni Mahamadou Ouédraogo, des efforts sont faits pour renflouer les caisses de l’Etat. Au niveau des ressources humaines, il a «exigé» que les plans de recrutement des sociétés d’Etat soient sous le contrôle de l’exécutif afin de maîtriser les carrières des agents. L’assemblée s’est achevée sous des notes de résolutions communes et individuelles.

Wanlé Gérard COULIBALY

Trois morts plusieurs blessés dans un conflit inter communautaire à Situina dans la Comoé

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Selon  des sources locales, un conflit inter communautaire  a fait trois morts,  plusieurs blessés, des disparus et des maisons détruites ce samedi 29 juin à Situina village  situé à environ 7 km de Banfora. Des familles du village de Situina  se sont installées à la frontière entre ce village  et un autre Dongolo. Ces familles se sont fait recensées par Dongolo  toute chose que les habitants de Situina « ont refusé parce qu’ils sont sur leur terre et ne peuvent pas se faire recenser » pour un autre village.

 

B.S

Lutte contre la désertification à Arbollé: Des femmes rurales redonnent vie à des terres arides

Au Burkina Faso, surtout dans sa partie nord, les terres se dégradent et deviennent  arides. Les producteurs ne font plus de bons rendements agricoles. Dans les villages de Ramesoum et Dakiégré, situés dans la commune rurale de Arbollé, à une centaine de km de Ouagadougou, des femmes résilientes refusent  d’être  inactives face  à la détérioration continue de leur principale source de subsistance : la terre. Depuis trois ans, elles s’investissent à redonner vie à des terres arides.

 Aguiratou Sawadogo vit à Ramessoum, un village située dans la commune rurale de Arbollé, province du Passoré. Ce 21 juin 2019, sous un soleil de plomb, cette veuve de 35 ans, et sa fille Wendkuni sont occupées à faire des zaï, une technique culturale de récupération des terres arides. Elle consiste à creuser des poquets de 20 à 30 cm de diamètre et de 15 à 20 cm de profondeur. Ces trous sont remplis de fumure organique. Le zaï favorise l’infiltration des eaux pluvieuses, fertilise le sol et améliore les rendements agricoles. Pour Aguiratou Sawadogo, cette technique l’aide à nourrir ses cinq gosses, grâce à l’accroissement de sa production.

A Ramessoum et Dakiégré, les femmes comprennent l’enjeu d’investir dans la récupération des terres dégradées, dans un contexte de changement climatique et de rareté des pluies. Marie Valéa est membre fondateur du groupement Nongtaaba qui réunit 20 ressortissants des deux villages voisins, dont 11 femmes. Nongtaaba  œuvre dans la vulgarisation des techniques de récupération des sols dégradés. Il dispose d’un site-témoin de paquets de technologies de récupération des terres arides à Ramessoum. Zaï, demi-lunes, cordons pierreux, régénération naturelle assistée (RNA), etc. sont des techniques agricoles expérimentées sur ce site de 2,5 hectares.

Les demi-lunes consistent à creuser des trous de 3 à 4 mètres d’envergure, pour former des cuvettes en demi-cercles ouverts. La Régénération naturelle assistée (RNA) est une technique d’agroforesterie visant à protéger et gérer les pousses naturelles que produisent les souches d’arbres et arbustes dans les champs. Ces techniques permettent de fertiliser et réhabiliter les terres dégradées, de reconstituer le couvert forestier.

Un impératif

La formatrice Marie Valéa s’investit dans la vulgarisation des techniques de récupération des terres arides.

Le site-école est établi sur un terrain jadis impropre à l’agriculture depuis plus d’une dizaine d’années, pour aridité avancée. Sa mise en valeur n’a pas été sans difficultés. «Nous avons mangé du couscous sans huile pour piocher ce sol dur, sous la canicule », se remémore Mme Valéa. Aujourd’hui, ce champ-école émerveille, retrouve peu à peu sa « virginité » perdue. L’agriculture y est de nouveau possible ; le couvert végétal s’y reconstitue.

 

Les membres de Nongtaaba appliquent les différentes technologies dans leurs exploitations. Le champ de Mme Valéa, est un exemple de reforestation et de récupération des terres arides. En trois ans, grâce aux demi-lunes et à la RNA, plusieurs dizaines de jeunes plantes jonchent son lopin d’environ un hectare. Marie Valéa,  formatrice communautaire,  partage son expertise aux femmes du village. Awa Ouédraogo et ses deux coépouses font des zaï, demi-lunes et RNA dans leurs exploitations, grâce aux enseignements de  Mme Valéa. «Face à la faiblesse des rendements agricoles, nous sommes obligés de nous engager dans ces techniques culturales. En même temps, nous sommes heureux de contribuer à la lutte contre la  désertification», argue Mme Ouédraogo.

Bébé au dos, sous le soleil ardent, Celine Konkobo s’empresse d’ensemencer sa centaine de demi-lunes qu’elle «a bavé» pour creuser pendant la saison sèche. Elle ne tarit pas d’éloges à l’égard de ces techniques de régénération des terres et d’adaptation à la variabilité climatique  qui  accroissent les rendements et les produits forestiers non ligneux.

Conscientes des avantages de la récupération des terres pauvres, ces amazones rurales, n’envisagent pas s’en départir de sitôt, en dépit de la pénibilité du travail. «Creuser ce sol dur est très pénible. Mais que faire quand tu as huit enfants à nourrir, à scolariser?», s’interroge, Lizèta Ouédraogo. Pour Aminata Simporé, le travail est harassant, mais les retombées des zaï, sont plus importantes que les souffrances qu’elle endure.

Des femmes engagées

Dans cette partie du pays, les femmes se sont engagées à vaincre l’aridité des sols. En trois ans, elles ont principalement contribué à réaliser 302 ha de zai et 141 ha de demi-lunes dans les deux bourgades. «L’implication des femmes dans la maîtrise et la diffusion de ces techniques est d’une grande portée. Nous sommes dans un milieu où les hommes sont peu sensibles à la dégradation des terres», analyse Kafando Boureima, le facilitateur du projet Drylands Development (DRYDEV) qui accompagne le groupement dans la récupération des terres. Selon l’agent d’agriculture de Arbollé, Bibata Kinda, les femmes n’ont pas souvent accès  aux bonnes terres, ni ne  disposent  de moyens modernes de production. Ainsi, ces techniques culturales constituent une alternative pour elles d’accroitre leurs rendements agricoles et améliorer leurs conditions de vie.

Un exemple de récupération des terres.

Sur la même parcelle, Ratnéré Sawadogo récolte aujourd’hui au moins deux charretées de sorgho, contre une auparavant. «L’accroissement des productions de l’ordre de 60 à 100 %, selon les spéculations, permettent de couvrir les besoins céréaliers des ménages. Les femmes utilisent les surplus pour mener des activités génératrices de revenus. Elles assurent les charges sanitaires et la scolarisation des enfants », soutient M. Kafando.

Au regard des avantages de ces techniques, le chef du Canton de Ramessoum, de son trône, appelle à leur appropriation massive. «Dans le contexte de rareté des pluies, il n’y a pas d’alternatives que de se lancer dans la récupération des terres dégradées, si l’on vise la sécurité alimentaire », conseille Naba Koom.

Cependant, le manque d’équipements adéquats (pioches, pelles, brouettes, triangles à pente) constitue un handicap pour ces femmes déterminées à redonner vie aux terres « mortes ».

Mahamadi SEBOGO

windmad76@gmail.com

Agence chinoise de coopération internationale: Une institution au service du développement

L’agence chinoise de coopération internationale est une institution mise en place en vue de formuler des orientations stratégiques, des plans et des politiques en matière d’aide étrangère.

Inaugurée le 18 avril 2018, l’agence chinoise de coopération internationale est une nouvelle institution dont l’objectif se résume à la mise en œuvre de la politique de développement et des aides internationales  de la Chine. 

A travers cette structure, les autorités chinoises veulent mieux coordonner les préoccupations inhérentes à l’aide étrangère et faire avancer les réformes en matière d’assistance technique et financière. La mission principale de l’agence consiste à identifier des programmes majeurs de développement, de les surveiller et d’évaluer leur mise en œuvre.  L’institution prend aussi en compte, de façon concertée,  des projets de développement formulés par les pays partenaires. Elle dispose de plusieurs services que sont les départements des affaires générales, des politiques et de la planification, de la supervision et de l’évaluation et de la coopération internationale. Il y a également deux départements dédiés à la coopération régionale. Dans son approche, l’agence chinoise de coopération internationale met un accent particulier sur la coopération Sud-sud afin de combattre la pauvreté. 

Pour le directeur général du département de la coopération internationale, Tian Lin, l’agence apporte de l’assistance technique et financière là où le besoin s’exprime, notamment dans les pays en voie de développement. « La Chine compte 60 millions de pauvres et travaille inlassablement à les sortir de ce cercle. En dépit de ses propres défis, le pays est disposé à soutenir les pays en voie de développement », a-t-il souligné. Pour  lutter efficacement contre la pauvreté et sécuriser la planète, indiqué M. Tian, l’agence  souscrit à l’agenda 2030 du développement durable. Dans cette dynamique, 500 projets sont financés par la Chine à travers le monde. 

Le  directeur général du département de la coopération internationale a précisé que l’agence fonctionne sur le principe de non-ingérence dans les Etats où elle intervient. « La Chine n’impose pas sa vision aux pays partenaires. L’essentiel est de privilégier la transparence dans la réalisation des projets de développement dans l’intérêt de tous. Nous œuvrons pour la connexion des pays en voie de développement pour bâtir un monde de paix  et de stabilité », a précisé Tian Lin. Dans sa conception de l’aide étrangère, l’agence, aux dires de M. Tian, s’inspire du principe « apprendre à un homme à pêcher que de lui donner du poisson ». Il s’agit de partager un savoir-faire pour aider les autres à transformer qualitativement leur quotidien. L’assistance apportée par l’agence chinoise de coopération internationale est diversifiée. Elle prend en compte, entre autres, le domaine agricole,  les infrastructures, la formation, le secteur de la santé, le développement de micro et macro projets. L’agence favorise par ailleurs des prêts à faible taux d’intérêt.

Karim BADOLO

(Depuis Pékin en Chine)

 

 

Changement climatique au Burkina Faso: Vers une prévalence accrue  des maladies climato-sensibles

La température a augmenté d’environ 0,85°C dans le monde au cours des 130 dernières années. Cette augmentation a fait accroitre de 3 à 11% les maladies diarrhéiques du fait de la contamination de l’eau et également de la recrudescence de certaines maladies à transmission vectoriel notamment le paludisme, la dengue. Au  Burkina  Faso à l’instar des autres pays   ces  conséquences sont  visibles. Reportage !

Le Burkina Faso, pays sahélien continental, est confronté depuis plusieurs décennies aux problématiques de l’environnement liées à la désertification. Selon les statistiques du ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique, de 2002 à 2013, 51 600 km² soit 19%  du territoire national ont été dégradés et 105 000ha de superficie de forets perdues par an. On assiste donc  avec impuissance à la disparition des forets, des terres  riches, une succession d’années de sécheresse, des pluies irrégulières et mal réparties, une perturbation des cycles agricoles, un tarissement précoce des cours d’eau et des sources ainsi que des difficultés d’approvisionnement en eau.  Les effets des changements climatiques  se font également ressentir sur la santé  des hommes et des animaux.

En effet, « Le risque  est  la pollution des eaux de surface, des puits et forages non protégés par les déjections animales et humaines, ainsi que par l’utilisation des engrais et pesticides » souligne l’ingénieur  en génie sanitaire à la direction de la promotion de la santé, Adama Nacoulma. Selon lui, les menaces sanitaires sont le plus souvent liées aux modifications d’écologies de vecteurs de maladies qu’elles soient infectieuses ou parasitaires,  la dégradation de la qualité de l’air, la sécurité alimentaire et les problèmes de logements. Il pointe aussi un doigt accusateur sur  le  développement de la maraicher culture dans la ville de Ouagadougou. Une large gamme des   maladies climato-sensibles affecte  de plus en plus  de monde. On distingue ainsi  les maladies à transmission vectorielle comme  le paludisme, la dengue, la filariose, la leishmaniose, l’onchocercose, celles à transmission hydrique et alimentaire (le choléra, la salmonellose, les shigelloses, les ankylostomoses). Il y a aussi  les pathologies à transmission aérienne à savoir la méningite, la rougeole, les infections respiratoires aigües (IRA), l’asthme, les conjonctivites, etc. « En plus de ces maladies, on retrouve des cas de malnutritions, de déshydratations, des troubles cardiovasculaires et la  drépanocytose » précise M. Nacoulma.

Un taux de prévalence à la hausse

Selon le spécialiste,  le Burkina Faso enregistre près de 250 000 décès supplémentaires  chaque année à  cause de cette augmentation de température. Comme dans le domaine de l’environnement et de l’agriculture, le secteur de la santé doit travailler à s’adapter et pour cela il faut un système intégrer de veille sanitaire. A cet effet, le ministère de la Santé met déjà en œuvre un plan d’action pour la lutte contre ces  maladies climato-sensibles. La campagne de  distribution gratuite et de masse tous les 3 ans des moustiquaires imprégnées d’insecticides à  longue durée d’action (MILDA) s’inscrit dans le cadre de ce plan  d’action.  Cette année les autorités sanitaire ont  débuté la  distribution le 29 juin en raison d’une moustiquaire pour deux personnes. « La distribution  en routine de MILDA chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, la pulvérisation intra domiciliaire (PID) d’insecticide, le traitement anti larvaire dans les villes, le diagnostic et  le traitement du paludisme dans les formations sanitaires  et en milieu communautaire (prise en charge du paludisme à domicile), le traitement préventif Intermittent du paludisme chez la femme enceinte (TPI), la chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) chez les enfants de moins de 5 ans et enfin la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) dans les formations sanitaires et dans la communauté en ce qui concerne les infections respiratoires aigües (IRA)  constituent autant d’actions  du plan national de lutte contre les maladies climato-sensibles », explique l’ingénieur  en génie sanitaire. En outre  selon l’expert, il faudrait à travers des séances de sensibilisation et des théâtres foras sensibiliser la population afin qu’elle adopte   des comportements éco citoyens. L’utilisation des moyens de transport en commun en lieu et place des véhicules ou motos individuels, la préservation des forets, l’arrêt de la coupe abusive du bois  sont autant de gestes éco citoyen qui feront reculer la prévalence des maladies climato-sensibles.

A ce sujet, le gouvernement a  déjà donné le ton en la matière. En effet  il a décrété depuis le 24 juillet 2018,  une journée nationale de l’arbre dont la 1re édition aura lieu le 3 août prochain à Tenkodogo dans la région du Centre-Est.

 

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

Un audit sur la gestion des cantines scolaires en vue

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou,  le jeudi 27 juin 2019, en séance ordinaire, de 09 H 30 mn à 14 H 00 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE HUIT (08) RAPPORTS.

I.1.1.  Pour le compte de la Présidence du Faso :

– un projet de loi portant régime juridique des archives au Burkina Faso. Ce projet de loi vise à assurer une meilleure gestion des archives par la prise en compte des archives électroniques, une meilleure protection des données à caractère personnel, une spécification des archives militaires et diplomatiques, l’obligation de transmission de l’intégralité des documents d’archives en cas de passation de service ou de charges et la prestation de serment des professionnels des archives. Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.

I.1.2.  Pour le compte du ministère de la Justice :

– un projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence au Burkina Faso. L’instauration de l’état d’urgence dans certaines régions du Burkina Faso a permis d’obtenir des résultats probants dans la lutte contre le terrorisme. Les efforts des forces de défense et de sécurité doivent continuer afin d’assurer un retour durable de la sécurité et de la paix dans les zones concernées. Ce projet de loi participe de la volonté du Gouvernement de maintenir et renforcer la lutte contre le terrorisme. Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.

I.1.3.   Pour le compte du ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales :

– un rapport relatif à la situation globale de la gestion des cantines scolaires, exercice 2018. Pour l’année 2018, dix-huit milliards huit cent quatre-vingt-deux millions huit cent quatre-vingt-treize mille (18 882 893 000) F CFA ont été transférés à 336 communes pour l’acquisition de 31 629 tonnes de riz, 7 194 tonnes de haricot et 3 246 tonnes d’huile au profit de 3 321 529 élèves du préscolaire et du primaire. A la date du 27 mai 2019, les vivres ont été acquis pour un coût total de dix-sept milliards cent quatre-vingt-quinze millions deux cent quatre-vingt-dix mille trente-quatre  (17 195 290 034) F CFA dont douze milliards cinq cent quatre millions sept cent neuf mille (12 504 709 000) F CFA, en vivres locaux. Sur les 336 communes bénéficiaires, 34 éprouvent des difficultés dans l’acquisition des denrées pour la cantine scolaire. Ces difficultés sont, entre autres, la défaillance de certains fournisseurs,  les rejets de denrées non-conformes, le fractionnement des lots et la complaisance dans le respect des normes en matière de commande publique. Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les mesures nécessaires pour le rapatriement des ressources non utilisées au MENAPLN pour l’exécution de son budget 2019. Une partie de ces ressources servira à l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de  lutte contre la corruption (ASCE-LC) pour la réalisation d’un audit général sur la gestion des cantines scolaires afin de prendre les mesures nécessaires à l’amélioration de leur fonctionnement.

– un rapport relatif à l’application des nouveaux taux de l’indemnité de logement et de l’indemnité spécifique prévus par le décret n°2018-0688 / PRES / PM / MINEFID / MFPTPS du 31 juillet 2018 au profit des personnels des Etablissements publics de l’Etat (EPE) sous tutelle du ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Le Conseil a instruit le ministre de l’Economie, des finances et du développement pour la relecture du décret portant régime indemnitaire applicable aux agents des Etablissements publics de l’Etat (EPE) afin de prendre en compte tous les cas en souffrance dans les différents EPE.

I.1.4.   Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :

– un rapport relatif à deux décrets portant respectivement régime financier et comptable des Etablissements publics de l’Etat (EPE) et nomenclature budgétaire des EPE du Burkina Faso. Ces décrets visent à prendre en compte les implications des changements apportés aux finances publiques de l’Etat sur la gestion financière des EPE. L’adoption de ces décrets dont l’entrée en vigueur est fixée au 1er janvier 2021, permettra de rendre les gestionnaires des finances des EPE plus comptables de leurs actions, de faciliter la détermination des responsabilités des différents acteurs et de rationaliser le circuit de la dépense publique.

I.1.5.  Pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation :

– un décret portant création d’un emploi de Chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST). L’adoption de ce décret permet la création d’un emploi de Chargé de recherche en Biologie appliquée au Centre national de la recherche scientifique et technologique.

I.1.6.  Pour le compte du ministère de la Jeunesse et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes :

– un rapport relatif à l’organisation de la 11ème Assemblée générale du Réseau africain des institutions et fonds de formation professionnelle (AGO/RAFPRO). Créé en 2006, le Réseau africain des institutions et fonds de formation professionnelle (RAFPRO), qui regroupe 12 institutions et fonds de formation de 11 pays, est un cadre de référence du dialogue entre acteurs économiques dans l’identification et la mise en œuvre d’actions fortes à même de relever les défis de l’employabilité des jeunes et d’améliorer la compétitivité des entreprises des pays membres. La 11ème Assemblée générale du RAFPRO se tiendra du 24 au 26 juillet 2019 à Ouagadougou, sous le thème : « la mise en place de la démarche qualité dans les institutions et fonds de formation professionnelle ». Elle sera précédée de la réunion des experts dudit réseau les 22 et 23 juillet 2019. Le Conseil a marqué son accord pour l’organisation de cette assemblée générale du RAFPRO à Ouagadougou et a instruit le ministre en charge du dossier de prendre toutes les dispositions pour sa réussite.

– un décret portant modification du décret n°2015-1020/PRES-TRANS/PM/MJFPE/MEF du 24 août 2015 portant approbation des statuts particuliers du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA). L’adoption de ce décret permet au FAFPA de bénéficier d’une forte implication du monde économique dans la rénovation de son dispositif de financement de la formation professionnelle et d’assurer convenablement ses missions, conformément au décret n°2014-610/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des fonds nationaux.

I.2. AU TITRE DU DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN, LE CONSEIL A ADOPTE  Pour le compte du ministère de la Sécurité :

– un rapport relatif à une demande d’autorisation de recrutements sur concours professionnels et directs de la Police nationale au titre de l’année 2019. Le Conseil a marqué son accord pour le recrutement de dix (10) élèves Commissaires de police et cent (100) élèves Officiers de police au  titre des concours professionnels et de quatre cent cinquante (450) élèves sous-officiers de police au titre des concours directs pour l’année 2019.

II. COMMUNICATION ORALE

II.1. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a fait au Conseil le bilan provisoire des résultats aux concours de la première promotion des classes préparatoires d’entrée dans les grandes écoles. Les 31 candidats présentés aux concours d’entrée dans les grandes écoles au niveau régional et international ont tous obtenu au moins une admission. Le Conseil félicite tous les candidats et le personnel d’encadrement. Il a instruit les ministres en charge du dossier, à titre exceptionnel, de prendre les mesures nécessaires pour l’accompagnement desdits étudiants dans la poursuite de leur cursus académique.

III. NOMINATIONS

III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES  A. AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO

– Monsieur Boalidioa SOUOBOU, Mle 247 255 W, Conservateur d’archives, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des archives administratives au Centre national des archives.

B. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION

– Monsieur Assane TAMBOURA, Mle 75 670 P, Ministre plénipotentiaire, 1ère classe, 9ème échelon, est nommé Ambassadeur, Directeur général de la coopération multilatérale. C.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU DEVELOPPEMENT

– Monsieur Célestin Santéré SANON, Mle 47 667 T, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 11ème échelon, est nommé Responsable du « Programme gestion des comptes publics et sauvegarde des intérêts financiers et du patrimoine de l’Etat », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général du trésor et de la comptabilité publique ;

– Madame Jacqueline Anne Marie Christiane LOMPO, Mle 47 672 J, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 11ème échelon, est nommée Responsable du « Programme Contrôle, audit des finances publiques et lutte contre la fraude et le faux », cumulativement avec ses fonctions de Directrice générale des finances à l’Inspection générale des finances ;

– Madame Aïssata SANE / CONGO, Mle 30 837 W, Ingénieur statisticien économiste, 1ère classe, 12ème échelon, est nommée Responsable du « Programme Pilotage et soutien », cumulativement avec ses fonctions de Directrice générale des études et des statistiques sectorielles ;

– Monsieur Larba Issa KOBYAGDA, Mle 245 750 S, Enseignant chercheur économiste, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Responsable du « Programme gestion macroéconomique et pilotage du développement », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général de l’économie et de la planification;

– Monsieur Adama Micaillou TAMBOURA, Mle 216 156 G, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de la formulation des politiques.

D. AU TITRE DU MINISTERE DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT

– Monsieur Bila KABORE, Mle 43 328 S, Professeur certifié des lycées et collèges, 1ère classe, 12ème échelon, est nommé Inspecteur général des services ;

– Monsieur Adolphe KAFANDO, Mle 223 227 Y, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur provincial de l’Eau et de l’assainissement du Zandoma ;

– Monsieur Christian PARE, Mle 248 048 L, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur provincial de l’Eau et de l’assainissement du Sanguié ;

– Monsieur Boukaré SABO, Mle 315 208 K, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur provincial de l’Eau et de l’assainissement du Passoré.

E. AU TITRE DU MINISTERE DES INFRASTRUCTURES

– Madame Kâ Josseline Sonia KABORE/OUEDRAOGO Mle 205 537 E, Ingénieur du génie civil, 1ère classe, 5ème échelon, est nommée Directrice générale des études et des statistiques sectorielles ;

– Monsieur Moumouni ILBOUDO, Mle 216 124 W, Ingénieur du génie civil, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur général de l’entretien routier ;

– Monsieur Jean Wenceslas Tewendé KYELEM, Mle 216 126 B, Ingénieur du génie civil, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur général des infrastructures routières ;

– Monsieur Michel KAFANDO, Mle 39 679 C, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Directeur des marchés publics ;

– Monsieur Ollo Franck Hervé KANSIE, Mle 85 495 H, Ingénieur du génie civil, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur régional des Infrastructures du Centre, cumulativement avec ses fonctions de Responsable du « Programme Infrastructures routières ».

F. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FEMME, DE LA SOLIDARITE NATIONALE ET DE L’ACTION HUMANITAIRE

– Monsieur Kiswendsida Vincent De Paul NIKIEMA, Mle 52 188 E, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Directeur de l’administration des finances.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION MINISTERE DE L’EAU ET DE L’ASSAINISEMENT

Le Conseil a adopté trois (03) décrets. Le premier décret  nomme Monsieur Désiré OUEDRAOGO, Inspecteur principal des Eaux et forêts, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique au Conseil d’administration de l’Office national de l’Eau et de l’assainissement (ONEA), pour un premier mandat de trois (03) ans. Le deuxième décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs représentant l’Etat au Conseil d’administration de l’Agence d’exécution des travaux eau et équipement rural (AGETEER), pour un premier mandat de trois (03) ans. Au titre du ministère des Ressources animales et halieutiques :

– Monsieur Abdoulaye OUEDRAOGO, Mle 33 712 T, Ingénieur de conception en vulgarisation agricole.

Au titre du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale :

– Madame Alizata DABIRE / SAWADOGO, Mle 59 707 Y, Administrateur civil. Le troisième décret renouvelle le mandat de Madame Seïmata OUBIAN/DERRA, Mle 212 652 H, Ingénieur du génie rural, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Eau et de l’assainissement au Conseil d’administration de l’Agence d’exécution des travaux eau et équipement rural (AGETEER), pour une dernière période de trois (03) ans.

Le Ministre de la Communication et  des Relations avec le Parlement,

Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU

Officier de l’ordre national

Normalisation, métrologie, conformité et accréditation : ABNORM sensibilise dans les Cascades

L’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) a organisé, le 25 juin 2019 à Banfora, un atelier d’information et de sensibilisation des acteurs à la normalisation, la certification, la métrologie, le contrôle de la qualité et leurs enjeux. Ce sont des actrices et acteurs du monde de la transformation, de la consommation et du commerce qui ont pris part à cet atelier.

L’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) a voulu faire connaître ses métiers phares, à travers l’organisation de l’atelier du 25 juin 2019 à Banfora, selon Issa Sawadogo, directeur de la métrologie, qui a représenté son DG. La rencontre se voulait un cadre, pour donner plus de visibilité à l’ABNORM et encourager les acteurs économiques à intégrer la normalisation, la fonction métrologique et l’autocontrôle dans leurs activités, en se faisant accompagner par les experts de l’Agence.

Les participants étaient composés de la Ligue des consommateurs, des transformateurs et autres acteurs économiques. Au cours des échanges, ils ont eu droit à plusieurs communications, notamment la promotion de la qualité, la normalisation et la certification et leurs enjeux, le contrôle qualité et ses enjeux, et le contrôle métrologique réalisé dans le cadre des activités de l’ABNORM.

On retiendra, entre autres, que la métrologie est la science des mesures et leurs applications. Il s’agit d’une science transversale qui s’applique dans tous les domaines où des mesures quantitatives sont effectuées. Selon Issa Sawadogo, directeur de la métrologie, il existe trois formes de métrologie, à savoir la métrologie scientifique, industrielle et légale. La dernière regroupe un ensemble de procédures de contrôle imposées par l’Etat pour garantir la fiabilité de certains instruments de mesure (balances, pompes à essence, taximètres …) afin d’assurer la protection du consommateur, la loyauté des échanges et la bonne application des lois et règlements.

C’est sur la base de ces exigences que se font les contrôles métrologiques. Faut-il le rappeler, le gouvernement burkinabè dispose d’une politique en matière de normalisation, de métrologie, d’évaluation de la conformité et d’accréditation. Cependant, force est de reconnaître qu’il y a une méconnaissance au niveau national de l’infrastructure qualité et de ses enjeux par la plupart des acteurs socio-économiques. C’est pour combler cette insuffisance que l’ABNORM a décidé d’entreprendre certaines actions, dont l’atelier régional d’information et de sensibilisation dans les Cascades.

Les acteurs des Cascades se sont appropriés les métiers phares de l’ABNORM.

Pour le directeur de la métrologie, l’ABNORM est une structure du ministère en charge du commerce qui «agit, contrôle, certifie et élabore des normes». L’un de ses objectifs clé est de couvrir tous les secteurs prioritaires du Burkina Faso en matière de normalisation, essentiellement dans les secteurs de l’alimentation, l’électrotechnique, l’environnement, du bâtiment et du génie civil. A en croire M. Sawadogo, la région des Cascades dispose d’un potentiel économique et de matières premières.

Ce faisant, a-t-il poursuivi, «qui parle de qualité, parle de norme, de métrologie et de certification». C’est pourquoi l’ABNORM a décidé d’aller dans les différentes régions du pays pour porter «l’information juste» aux consommateurs, aux transformateurs et aux opérateurs économiques, de son existence et de ses actions.

Mamadou YERE

Déplacés internes dans le Centre-Nord: Chemin de croix pour la survie

Les attaques terroristes au Burkina Faso ont occasionné des déplacés dans diverses localités. A Kaya, dans la province du Sanmatenga, plus de 6 000 personnes y ont trouvé refuge auprès des communautés hôtes ou sur des sites de fortune. Reportage !

Le jour vient de se lever au secteur n°4 de la ville de Kaya. Hamadé Ouédraogo a encore passé une nuit cauchemardesque, à la belle étoile. Sa petite cour d’à-peine 100 mètres carrés grouille de monde. Les gamins courent dans tous les sens. 20, 25, 30…, difficile de les dénombrer. Le regard interrogateur de Hamadé est braqué sur des femmes, assises à même le sol. Celles-ci scrutent une marmite fumante, à proximité des toilettes.

Les odeurs nauséabondes ne les dérangent guère. C’est, peut-être, le seul repas quotidien en préparation. L’air pensif, Hamadé ne se soucie pas des va-et-vient des bambins. «Je me demande comment je vais m’occuper de toutes ces personnes à ma charge», s’inquiète le quinquagénaire Ouédraogo à la barbichette blanche. Sous la menace terroriste, ce père de famille a été contraint de fuir avec les siens, Silmadjo, village de la commune de Bouroum, dans la province du Namentenga, sans bagage.

C’était le sauve-qui-peut ! Les forces terroristes y ont pris pour cible les populations civiles, brûlé leurs maisons et greniers. Le cheptel n’a pas été épargné. La famille Ouédraogo s’est réfugiée dans la brousse. Mais l’ombre de la mort plane encore sur eux. Après trois jours de marche, la nuit, à la merci des reptiles, des insectes, elle arrive à quitter Silmadjo. Grâce à un bienfaiteur, Ladji, M. Ouédraogo a trouvé un abri provisoire au secteur n°4 de Kaya avec sa femme et ses cinq enfants.

«Je me suis enfui aussi, avec les trois femmes de mes frères et leurs 30 enfants», explique-t-il, désespéré. Ladji a accepté de loger ce beau monde dans sa maisonnette en banco d’à-peine 40 mètres carrés, sans fenêtre. Dans ces conditions, il est difficile de préserver leur intimité. Une bicoque pour 40 personnes Dans la bicoque, les murs sont fissurés. Pas de places pour tous les 40 rescapés des tueries de Silmadjo. «Ici, tous ne peuvent pas dormir. Il n’y a pas de place», lance le vieux Ouédraogo. La nuit tombée, certains dorment à la belle étoile. «On n’a pas le choix», regrette le déplacé. De leur «cachette» à Kaya, ces déplacés essaient, tant bien que mal, de reconstruire leur vie.

Pour cette famille, le confort importe peu, l’essentiel étant d’avoir un toit et à manger.

Assurer la pitance quotidienne de sa ribambelle d’enfants est devenu une équation à multiples inconnues pour Hamadé. «C’est Ladji qui nous donne à manger. Nous ne savons pas comment le remercier», susurre-t-il. A Kaya, les jours se suivent et se ressemblent pour cette famille : compter sur le bon samaritain Ladji, pour manger à sa faim. Pas d’activités, pas le moindre kopeck ! Tous peinent à vivre. Les yeux rouges, la nuit a été difficile pour Issa Ouédraogo, un autre déplacé. Fatigué, il cherche à manger, mais il n’y a rien à se mettre sous la dent.

La faim l’a contraint à quitter sa couchette à un jet de pierre du refuge familial. «Nous sommes nombreux dans la cour. C’est pourquoi, je vais dormir dans la maison inachevée juste à côté», lance, le visage renfrognée, cet élève de 6e, qui n’a pas pu achever son année scolaire, à cause de la menace terroriste. Même si la faim le tenaille au quotidien, son vœu le plus cher est le retour de la paix au pays des Hommes intègres.

Les attaques terroristes ont poussé certaines personnes à se déplacer vers des endroits plus sécurisés. D’autres ont quitté leurs villages de façon préventive, de peur d’être attaqués. Safoura Kontogomdé, au teint d’ébène, a passé deux jours en brousse. Le foulard impeccablement noué à la tête, son garçonnet et elle doivent leur salut à leurs jambes. «Plusieurs personnes ont été assassinées sous nos yeux. Nous n’avons même pas pu les inhumer. On a tous fui», témoigne la jeune mère encore sous le choc.

Au secteur n°4, où elle vit avec ses cinq enfants, elle se demande de quoi demain sera fait. Elle est obligée de parcourir plus de deux kilomètres pour avoir de l’eau potable. Aïdara Ouédraogo, un enfant chétif de deux ans, pleure sans cesse. Asséta Ouédraogo, sa mère, a du mal à le calmer. Le corps chaud, le petit souffre de la diarrhée. La nourriture de fortune pour résister à la faim durant leur fuite a causé sa maladie.

Dans le brouhaha des gamins, nous prenons congé des Ouédraogo. Nous partons à la rencontre d’autres déplacés. Une porte béante attire notre attention, dans le secteur n°4. A l’intérieur, des adolescents s’affairent à dresser une hutte. Pleins de vie, les bambins courent dans tous les sens. Les femmes s’activent à laver le petit mil reçu de leur bienfaiteur, Amidou Zoré. Dans leur «camp» de déplacés, on dénombre plus de 25 enfants de 0 à 6 ans.

«Chacun apporte sa contribution pour construire cette demeure pour qu’on puisse tous s’abriter», explique Ado Sawadogo, le doyen, qui a fui Belhota, village situé à quelques encablures d’Arbinda, dans le Soum. 50 kg de riz en trois jours Après deux jours de marche, raconte-t-il, lui et les siens sont arrivés à Kaya, leur «terre promise», laissant derrière eux, tous leurs biens.

Le vieux Sawadogo a eu le gite et le couvert, grâce à son oncle enseignant qui a accepté de l’héberger avec ses quatre femmes, deux belles-filles, ses 23 enfants et 27 petits-fils. Depuis trois jours, ils ont intégré une maisonnette avec leurs bagages. Pas assez de nattes et de couvertures. «La maisonnette ne peut contenir que sept à huit personnes», dit-il, l’air dépité. Le quinquagénaire Sawadogo lâche : «Nous devons notre survie à mon oncle et à nos voisins. On avait des maisons, à manger, des habits, mais aujourd’hui, plus rien. Quatre de mes enfants sont tombés malades.

C’est mon oncle qui les a conduits à l’hôpital pour assurer leurs soins», confie-t-il. Amidou Zoré, enseignant à Nasseré, dans la commune de Boussouma, a décidé de ne pas fermer ses portes aux siens. Outre Ado Sawadogo, il a accueilli 47 autres déplacés, venus de Silmagué, Wapassi et Zinbéogo. Il a décidé de partager leurs souffrances. «J’ai sollicité la cour inoccupée de mon voisin pour les loger. Je ne peux pas renier mes parents», soutient l’enseignant. Assurer leur pitance quotidienne est un véritable casse-tête pour lui.

Dans ces huttes, les déplacés de Pampa ne sont pas à l’abri des dangers.

«Avec leur nombre, un sac de riz de 50 kg est consommé en trois jours», relate Zoré. Des lendemains incertains La récurrence des attaques terroristes dans le Sahel et le Centre-Nord a provoqué de nouveaux déplacés et des besoins humanitaires. Ce mardi 19 juin 2019, il est 11h20 mn. Le ciel nuageux commence à faire place aux rayons de soleil. Un attroupement de personnes autour de Luc Bamogo attire notre attention.

Stylo en main, celui-ci a le regard rivé sur sa fiche de recensement des déplacés internes de la commune de Kaya. Etudiant au centre universitaire polytechnique de Kaya et volontaire de circonstance, Luc est fils de déplacés. Il fait le même travail que le conseiller municipal Marc Baguian du secteur n°4, chargé de recenser les rescapés du Sahel et du Centre-Nord. «Par jour, je récence au moins 50 ménages. Souvent, des chefs de famille viennent déclarer 20 personnes, voire plus», relate le jeune bénévole.

A notre passage, la commune enregistrait 6799 déplacés internes. A Kaya, à défaut d’un camp de déplacés, des habitants accueillent des sans-abri. Sous la tutelle de parents, amis, connaissances ou d’un bon samaritain, les fuyards tentent de se refaire une nouvelle vie, loin des bruits des kalachnikovs. Julien Sawadogo, cultivateur de 25 ans, vient de se faire enrôler avec ses trois femmes et 13 enfants, même s’il dit ignorer à quoi cela servira. Arrivé, il y a à peine trois jours de Foubé-Bollé, dans le Namentenga, l’assassinat de Moussa Leré, son tuteur, l’a contraint à fuir.

«C’est grâce à lui, que j’ai eu la terre pour cultiver, mais il a été exécuté. Craignant d’être les prochaines victimes, nous avons quitté la zone», relate l’infortuné. Dans la «cité des brochettes au koura-koura», son logeur, le maçon Issa Sawadogo (nom d’emprunt), s’occupe d’eux. Mais pour combien de temps ? Il hausse la tête avant de confier : «Je ne sais vraiment pas. Quel que soit le métier, je suis prêt à l’exercer pour m’occuper des miens». Plus d’humanisme Comme plusieurs témoins des exactions des terroristes, Nazinigba Sawadogo a trouvé refuge, depuis le 16 juin dernier, au secteur n°4 de Kaya.

Traumatisé, il raconte : «les assaillants ont tué deux membres de ma famille et trois voisins. Pour ne pas subir le même sort, j’étais obligé de m’enfuir avec mes trois enfants et ma femme». Sans famille d’accueil, il a décidé de se déplacer vers un endroit plus sécurisé. «Je n’ai pas de famille ici. J’ai loué une maison qui coûte 7 000 F CFA le mois. Je ne travaille pas et ce n’est pas évident que je pourrais payer le loyer dans les mois à venir», déplore Nazinibga. Sa survie, dit-il, la famille de Sawadogo la doit aux déplacés de Tongomayel, qui les ont précédés dans le Sanmatenga.

«Les populations nous témoignent toute leur solidarité depuis notre arrivée. Ils partagent les dons qu’ils ont reçus avec nous. C’est ce qui nous permet de manger à notre faim», reconnaît-il. Ibrahim Saoto vit au secteur n°7 dans une maison «entrer-coucher». Epoux de deux femmes et père de quatre enfants, il n’est pas sûr de pouvoir assurer à l’avenir son loyer mensuel de 5000 F CFA. Il a abandonné ses biens et son métier pour se réfugier à Kaya, les poches vides. «J’ai même peur qu’on n’ait plus rien à manger dans les jours à venir, puisqu’on n’a rien emporté», se lamente-t-il.

A Kaya, plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants n’ont pas de familles d’accueil ni les moyens pour louer une maison. Fréquemment malades de paludisme, de diarrhée… ils vivent dans la précarité. La scolarité de leurs enfants a connu un coup d’arrêt. Démuni, Pousga Bamogo vit dans une hutte, à Pama, village situé à quelques encablures de Kaya. «Nous n’avons pas à manger. Par jour, nous recevons deux charrettes d’eau pour 80 personnes, cela est très insuffisant», regrette le rescapé de Gasseliki.

La commune de Kaya et ses partenaires ont manifesté leur solidarité à leur égard, selon Yobi Sawadogo, agent du ministère de l’Action sociale. «Les conseillers municipaux se sont cotisés pour apporter de la nourriture aux déplacés. Nous leur apportons notre soutien», confirme-t-il. Le ministère en charge de l’action humanitaire par le biais du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), a également fourni des vivres (maïs, petit mil, riz, huile, haricot…), poursuit-il.

Mais, il reconnaît que les déplacés rencontrent des difficultés liées au logement, à l’alimentation et aux soins de santé. «A Dondollé, au secteur n°6, la population s’est organisée pour leur donner plus de dix sacs de céréales», précise M.Sawadogo. Vivant dans la précarité, les déplacés n’ont qu’un rêve : le retour de la paix au Burkina Faso.

Abdel Aziz NABALOUM


« J’ai perdu ma grossesse… »

Dans le sauve-qui-peut, Mounira Ouédraogo, mère de trois enfants, a malheureusement fait une fausse couche. Sa grossesse de près de deux mois a coulé. rapporte-t-elle, toute émue. Prise en charge au Centre de santé et de promotion sociale de Barsalogho, elle est désormais hors de danger. Depuis lors, elle a trouvé « l’hospitalité » à Kaya.

A.A.N


Le plan d’urgence financé seulement à 35%

Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 170 000 personnes sont maintenant déplacées à l’intérieur du Burkina. Elles ont trouvé refuge dans des communautés hôtes ou sont regroupées sur des sites dans les régions du Nord, du Sahel, de l’Est et du Centre-Nord. Plusieurs personnes pourraient voir leur situation alimentaire et sanitaire se détériorer à l’approche de la période de soudure, selon la même source. Près de 357 écoles ont pu être rouvertes en mars dernier, mais 1088 autres restent encore fermées, privant d’accès à l’éducation, près de 146 000 enfants. Selon l’organisation, le plan d’urgence lancé en février pour un montant de 100 millions de dollars et visant à porter une assistance à 90 000 personnes dans le besoin n’est financé qu’à 35%.

A.A.N


Mendier pour survivre…

Selon certaines sources locales, le nombre de mendiants s’est accru dans la «cité des brochettes au Koura-koura». Parmi eux, on compte de nombreux déplacés du fait des violences terroristes. Sans ressources financières, certains n’hésitent pas à tendre la main dans les carrefours et dans les lieux publics pour avoir leur pitance quotidienne. Pour réduire leurs souffrances, il faudrait plus de solidarité de la part des uns et des autres pour leur permettre de vivre dans la dignité.

A.A.N