Micro finances en Afrique de l’Ouest: Plus de 4 millions d’adhérents en 2018

La Confédération des institutions financières d’Afrique de l’Ouest (CIF) a tenu sa 10e assemblée générale ordinaire, le vendredi 21 juin 2019, à Ouagadougou.

La Confédération des institutions financières d’Afrique de l’Ouest (CIF) est en «bonne santé». Au 31 décembre 2018, ses six réseaux membres comptaient 171 caisses de base affiliées. Les caisses ont rendu les services financiers accessibles à 4 796 179 membres dans 794 points de vente. Elles ont mobilisé, en fin 2018, un encours d’épargne de l’ordre de 373 849 milliards F CFA. Quant au plan de travail, son taux de réalisation a été établi à 91,12%. Ce bilan a été dressé par le Président du conseil d’administration (PCA) de la CIF, Moustapha Niang, lors de la 10e assemblée générale de l’institution, le 21 juin 2019 à Ouagadougou. Le taux de réalisation du plan de travail de la CIF en 2018 établi à 91,12% a été jugé satisfaisant par le président du conseil d’administration, Moustapha Niang. Pour le PCA, ces résultats sont l’aboutissement des efforts conjugués de tous les acteurs : dirigeants, personnel, partenaires techniques et financiers et la tutelle. «Au cours de 2018, la situation socioéconomique de la sous-région et partant du pays siège de la confédération était caractérisée par un contexte sécuritaire délétère. Mais dans cet environnement, les réseaux membres de la CIF ont fait preuve d’expérience et d’adaptation pour poursuivre résolument leurs objectifs individuel et collectif permettant l’évolution des indicateurs en 2018», s’est réjoui Moustapha Niang.
Malgré les succès, d’énormes défis restent à relever pour une confédération au service des réseaux de coopératives financières viables et responsables offrant des services de qualité, a-t-il souligné. A titre illustratif, le secteur de la micro finance de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a connu en 2018, un taux d’accroissement des épargnes de 13,2% et de l’encours des crédits de 18,2% contre des taux respectifs de 3% et 8,13% pour le réseau CIF, selon M. Niang.
«Ces données montrent à suffisance que les caisses de micro finance ne sont pas dans le rythme de la croissance de l’épargne et du crédit dans l’espace UMOA», a reconnu le PCA de la CIF.

Soutenir le réseau

Conscient de cela, il a exhorté les dirigeants et le personnel, à plus d’abnégation au travail. Quant aux partenaires techniques et financiers et à la tutelle, le PCA attend plus d’accompagnement pour permettre au réseau de combler cette marge de progression.
Depuis août 2018, la CIF est entrée dans une phase cruciale du processus de remplacement de son Système d’information et de gestion(SIG). Et M. Niang a convié tous les acteurs à travailler avec plus de professionnalisme pour la réussite de ce projet vital pour l’avenir du réseau. «Un SIG performant devrait nous permettre de diversifier nos offres de service, d’avoir des informations fiables et à temps réel indispensables pour les prises de décisions et la bonne gouvernance», a-t-il poursuivi.
Selon le représentant du ministre en charge de l’économie, Victor Guissou, le département, la tutelle, accorde une attention particulière à ce projet au regard des enjeux que revêt cette solution, mais aussi, de l’importance en terme d’investissement financier, humain et matériel que cela nécessite. «Je vous encourage à veiller à la réussite de ce noble chantier dans les délais raisonnables et surtout œuvrer fortement à minimiser les risques et écarts possibles», a déclaré le représentant du ministre en charge de l’économie.
Victor Guissou a rassuré la disponibilité du gouvernement à appuyer le réseau afin que ce projet débouche sur une croissance durable et aussi large que possible de leurs réseaux respectifs. Car, a-t-il confirmé, le souci permanent de la protection de l’épargne, la sécurité des opérations ainsi que l’obligation de rendre compte doivent guider leurs actions quotidiennes afin de protéger le capital de confiance entre eux et leurs sociétaires.
Mise en place en 2007 à Ouagadougou, la confédération des institutions financières d’Afrique de l’Ouest est composée de six faitières nationales de coopératives d’épargne et de crédit dans les pays de la zone UMOA. Il s’agit de la Faitière des caisses populaires du Burkina (FCPB), la Faitière des caisses d’épargne et de crédit agricole mutuel du Bénin (FECECAM-Bénin), la Faitière des unités coopératives d’épargne et de crédit du Togo (FUCEC-Togo), l’Union des caisses mutuelles d’épargne et de crédit du Mali (KafoJiginew), le Réseau des caisses d’épargne et de crédit du Mali (Nyesigiso) et l’Union des mutuelles du partenariat pour la mobilisation de l’épargne et le crédit au Sénégal (UM-PAMECAS).

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

Promotion de la cohésion sociale

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a rencontré les communautés pastorales de la région de la Boucle du Mouhoun, le mardi 25 juin 2019, à Tougan et à Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun. Il y a prôné la cohésion sociale.

La paix et la stabilité sociale sont menacées au Burkina à cause de l’insécurité. Pour promouvoir le vivre-ensemble, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a échangé, le 25 juin 2019, avec les communautés pastorales à Tougan et à Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun. Ces rencontres se sont tenues en marge de l’inauguration, par le président Roch Marc Christian Kaboré, le 26 juin, de la Route Nationale n°10 (RN10) Dédougou-Tougan (90 km), nouvellement bitumée. Alpha Barry y a rencontré les communautés pastorales qui, parce que nomades, sont particulièrement concernées par la question du vivre-ensemble. Avec elles, il a dépeint un contexte social caractérisé par la menace terroriste, le risque d’affrontements communautaires et les besoins de développement des populations. Le ministre leur a transmis le message rassembleur du chef de l’Etat, celui de sauvegarder le vivre-ensemble dans un Burkina où vit une soixantaine de communautés ethniques. La raison est que le pays appartient à tous, et que de sa stabilité, dépend l’épanouissement de chacun, a-t-il soutenu. Au-delà de porter le message de cohésion du président, Alpha Barry a surtout prêté une oreille attentive aux préoccupations de ses vis-à-vis. Beaucoup de voix se sont fait entendre pour évoquer pratiquement les mêmes soucis : l’accès à l’éducation, la nécessité de revoir la pratique du pastoralisme et essentiellement la question sécuritaire. «La communauté des éleveurs doit mieux s’organiser pour contribuer au développement de notre pays. Il faut aussi qu’elle éduque davantage ses fils et ses filles. Enfin, elle doit pouvoir apporter sa pierre pour que la sécurité puisse revenir afin que tous ensemble nous puissions vivre dans la paix et construire notre cher pays», a développé le chef de canton de Yaba, Soabou Diallo.

Eviter les dérapages

Les discussions ont ainsi relevé la nécessité pour les éleveurs de se sédentariser, afin de s’adapter au contexte socioéconomique marqué actuellement par la récurrence des conflits fonciers. A propos de la question sécuritaire, le point saillant a été le sentiment de stigmatisation à l’encontre des peuhls. Plusieurs intervenants ont dénoncé des cas de brimades et d’exactions du fait des Forces de défense et de sécurité (FDS). Mais selon certains, les communautés qui estiment être victimes d’abus ont le pouvoir de résoudre la question. «On doit aller au-delà de cela. Le Burkina reste un et indivisible. Même si nous sommes indexés, nous devons pouvoir cogiter pour apporter des solutions. Si à l’interne, il y a des mauvais grains, nous devons les dénoncer aux FDS. Si on nous fait de la force, nous devons dénoncer cela auprès des autorités locales et administratives», a réagi le chef de Yaba. Le ministre en charge des affaires étrangères a abondé dans le même sens : «il faut faire des efforts pour éviter les tracas. Le dérapage d’une seule personne peut conduire à des tueries et à des exactions massives. Il est nécessaire d’être en bonne intelligence avec les gens avec qui on partage le même terroir». Pour Alpha Barry, les peuhls ne doivent pas se mettre en marge de la république. Il leur a recommandé de «commencer par exister», faisant référence à la déclaration des naissances afin de figurer sur les registres d’état civil. Le ministre les a exhortés également à prioriser l’instruction de leurs enfants, seul gage pour leur permettre de comprendre les procédures administratives et, le cas échéant, de se démarquer des attitudes dangereuses. In fine, Alpha Barry a invité ses interlocuteurs à participer à la vie de la nation. En effet, a-t-il expliqué, lorsqu’on s’exprime (à travers les élections par exemple), sa voix est importante et les décideurs sont obligés d’en tenir compte. Dans le cadre de ces échanges, le périple d’Alpha Barry l’a conduit successivement auprès des différents leaders religieux et coutumiers de Dédougou à qui il a livré le même message de cohabitation pacifique entre communautés.

Fabé Mamadou OUATTARA

152e anniversaire du Canada

L’ambassade du Canada au Burkina Faso a offert une réception aux Canadiens résidant au pays des Hommes intègres, le mardi 25 juin 2019, à Ouagadougou, à l’occasion du 152e anniversaire du pays.

Les relations diplomatiques entre le Canada et le Burkina Faso, vieilles de 57 ans, sont «très solides et variées». C’est ce qu’a affirmé l’ambassadeur du Canada au Burkina Faso, Edmond Wega, lors de la réception qu’il a offerte, en compagnie de son épouse Arlette, et de l’ensemble du personnel de l’ambassade, aux Canadiens et amis du Canada, le mardi 25 juin 2019, à l’occasion de la célébration du 152e anniversaire de son pays. Célébré chaque 1er juillet, cet anniversaire a été anticipé au Burkina Faso, pour permettre à ceux qui veulent aller faire la fête au pays de voyager, selon l’ambassadeur. Pour sa 2e année de présence au Burkina Faso, M. Wega a précisé que du chemin a été parcouru. Il a rappelé que sous la présidence canadienne du G7, un financement a été initié en vue de permettre aux filles et femmes d’avoir accès à une éducation de qualité, des formations techniques, et ce, dans des environnements en conflit et dans les Etats «fragiles» comme le Burkina Faso. Il a poursuivi que dans le but d’apporter sa contribution aux pays en matière de développement du capital humain, le Canada a substantiellement contribué à la reconstitution du Mécanisme de financement mondial (GFF en anglais), du Fonds mondial pour la tuberculose, le VIH/Sida et le paludisme et du Partenariat mondial pour l’éducation. «Parce que le monde continue de souffrir des affres de la division, de l’extrémisme violent, du terrorisme et de la criminalité, le Canada reste engagé dans les efforts menés pour une région du Sahel plus apaisée», a fait savoir le diplomate. Ainsi a-t-il dit, en juillet 2018, son pays s’est joint à 56 autres, dont le Burkina Faso, pour contribuer à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).
Souhaitant une présidence réussie du G5 Sahel au Burkina Faso, Edmond Wega a eu une pensée pieuse pour les victimes des attaques terroristes au pays des Hommes intègres et particulièrement pour ses compatriotes, dont le géologue Kirk Wooden, assassiné et la disparition de Edith Blais et de son compagnon Italien. «La coopération entre Etats est un impératif pour lequel le Canada compte œuvrer s’il est élu pour un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Canada est fier d’être resté et de rester aux côtés du Burkina Faso dans un contexte difficile», a indiqué M. Wega. Déjà, a-t-il soutenu, son pays a porté à près de 2 milliards F CFA, son assistance humanitaire depuis le début de l’année 2018 et continue de soutenir le Burkina Faso pour fournir une éducation à tous, surtout aux jeunes filles avec près de 4,5 milliards F CFA. Le Canada compte renforcer cet appui par une assistance technique en vue d’accompagner le
gouvernement dans ses réformes de décentralisation et l’amélioration des services éducatifs sensibles au genre et à tous. La première visite en terre africaine de la Gouverneure générale du Canada au Burkina Faso, couronnée de l’inauguration du SIAO aux côtés du président du Faso, le 26 octobre 2018, et la participation de Canadiens à la 26e édition du FESPACO en début 2019, ont aussi été mises à l’actif du dynamisme de la coopération entre les deux pays.
Chef de la délégation gouvernementale à ce cocktail, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo, a remercié le peuple canadien pour cette «belle et fructueuse relation» entre les deux pays. Il a salué l’expertise mondialement reconnue du Canada dans l’industrie extractive faisant de lui, le premier investisseur privé au Burkina Faso avec actuellement des sociétés minières comme Orezone Bomboré, Roxgold Sanu, Iamgold/Essakane, Terang Gold, Endeavour mining et Sarama mining, en activité au Burkina Faso.

Jean-Marie TOE

Partenariat AJSB-RAHIMO

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En vue de faciliter ses déplacements et mener à bien ses activités, l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB) a noué un partenariat avec la société de transport Rahimo, le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou.

La société de transport Rahimo est le transporteur officiel des membres de l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB). Ce partenariat tant attendu par la corporation des journalistes sportifs a été noué avec la société de l’international Burkinabè, Rahim Ouédraogo, le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou. Cette union facilitera les déplacements des responsables et membres de l’association lors de leurs assemblées générales partout dans le pays. Ce sera le cas par exemple de la tenue de la super coupe AJSB, le 5 août prochain à Bobo-Dioulasso, la désignation des meilleurs sportifs AJSB en septembre à Koudougou et la nuit des champions le 18 octobre à Ouagadougou. La société Rahimo s’engage ainsi à accompagner toutes ces activités des journalistes sportifs afin qu’elles soient une réussite. Pour le secrétaire aux relations extérieures de l’AJSB, Lassina Sawadogo, les services de Rahimo concernant ces activités à venir sont gratuites. Et cette gratuité, selon lui, s’étend également aux athlètes qui quitteront les différentes régions du Burkina Faso pour participer aux activités de l’AJSB. En plus, en dehors des activités de l’association, tout membre ayant sa carte AJSB à jour peut voyager à demi-tarif sur toutes les lignes nationales de la société. En contrepartie, l’AJSB s’engage à offrir à la société de transport de la visibilité sur toutes ses plateformes de communication. Les clauses du partenariat durent sur une année et sont renouvelables. Les deux partenaires célébreront cette union lors de la semaine de la super coupe AJSB, du 3 au 5 août prochain à Bobo-Dioulasso. La rencontre mettra aux prises le Rahimo FC à l’AS-Sonabel. «Nos activités nécessitent un accompagnement. C’est en ce sens que nous avons trouvé bon de nouer un partenariat avec Rahimo», s’est félicité Lassina Sawadogo, après l’officialisation du partenariat. Pour le secrétaire aux relations extérieures de l’AJSB, un lien naturel existe entre l’association et Rahimo de par son propriétaire Rahim Ouédraogo qui est un ancien international Burkinabè. Il a, en outre, salué le dynamisme de Kader Ouédraogo, directeur administratif et financier de la société qui a contribué à l’effectivité de ce partenariat. «Désormais, les journalistes sportifs seront nombreux dans les stades de Bobo-Dioulasso grâce à ce tarif assez intéressant», s’est-il réjoui. Par ailleurs, l’AJSB est en train de renforcer son partenariat avec la Fédération burkinabè de football qui soutient déjà la super coupe. Elle prévoit des partenariats officiels dans le but d’avoir un assureur, une téléphonie et du carburant. Des coopérations avec les mairies de Nagréongo, de Bobo-Dioulasso sont en études. En ce qui concerne l’évènement le plus proche, la super coupe AJSB, il sera placé sous le parrainage du président de la délégation consulaire des Hauts-Bassins, Lassiné Diawara.

W. Jean SAWADOGO
(Stagiaire)

Contrôle de qualité des produits

Le Laboratoire national de santé publique (LNSP) et la direction générale des Douanes ont organisé un cadre d’échanges en vue de renforcer leur collaboration en matière de contrôle de qualité, le mardi 25 juin 2019, à Ouagadougou.

Dans le souci d’assurer la sécurité sanitaire de la population, le Laboratoire national de santé publique (LNSP) et la direction générale des Douanes ont initié un cadre d’échanges en vue de renforcer leur collaboration, le mardi 25 juin 2019 à Ouagadougou. Présentation des deux structures, discussions autour des points communs, visite des équipements du LNSP étaient à l’ordre du jour. Selon le Directeur général (DG) du LNSP, Pr Elie Kabré, l’objectif général de la rencontre était d’échanger sur les activités communes du LNSP et de la Douane en matière de contrôle de qualité. Il a ajouté comme objectifs spécifiques, la présentation des missions et des activités du LNSP et de la Douane, la connaissance des préoccupations et des contraintes des deux structures en matière de contrôle, etc. «Nous sommes chargés de préserver la santé des consommateurs. Un des partenaires privilégiés du LNSP se trouve être la douane. Dès la création du laboratoire, il y a une vingtaine d’années, nous avons travaillé étroitement avec la douane pour asseoir toute la nomenclature des aliments, de tout ce qui est contrôlé aujourd’hui au LNSP», a poursuivi le DG. Il a confié que la volonté est d’enraciner leur collaboration et de créer des cadres de concertations permanentes, afin de trouver des réponses idoines aux questions de sécurité sanitaire liées à l’importation de certains produits au Burkina Faso. «Il s’agit d’une collaboration fructueuse et nous pensons la pérenniser ; ce qui permettra à nos deux administrations de jouer les rôles d’avant-gardistes de la sécurité sanitaire de nos populations», a renchéri le Pr Kabré. Il a déploré le fait que beaucoup de produits sur le marché ne passent pas par le LNSP. Il a indiqué que tout citoyen peut soumettre un produit dont il doute de la qualité au contrôle du LNSP.
La chargée de mission auprès du directeur général des douanes, représentant son premier responsable, Micheline Ilboudo, a souligné que le LNSP est un partenaire qui permet de dédouaner certaines marchandises. «Dans le dédouanement des produits tels que les aliments, les médicaments, les produits cosmétiques, il faut un certificat du LNSP, et tant que cela ne figure pas parmi les documents qui ont été joints, le vérificateur ne peut pas dédouaner la marchandise», a-t-elle fait savoir.

Des missions de la Douane et du LNSP

Mme Ilboudo a également signifié que cette opération permet de gérer les risques alimentaires liés à l’importation de certains produits. Elle a dit être édifiée de tout le travail qui se fait au sein du LNSP et a apprécié le partenariat. Le DGA de la législation et de la réglementation douanière, Joseph Ouédraogo a expliqué que la douane a trois missions principales, à savoir la fiscalité, l’économie, l’assistance aux autres administrations. Deux types de services composent l’institution, a-t-il relevé. Il s’agit des services centraux et ceux déconcentrés. Quant au directeur régional du LNSP de Ouagadougou, Christian Kaboré, il a donné les missions principales du LNSP qui sont : effectuer des analyses de biologie médicale à la demande de personnes physiques ou morales, publiques ou privées, assurer la surveillance dosimétrique des personnes exposées aux rayonnements ionisants et tout autre activité de radioprotection nécessaire. Aussi, contrôler la qualité des aliments, des cosmétiques, des désinfectants, des antiseptiques, des tabacs et cigarettes, des pesticides, et autres consommables de toute nature et de toute provenance, etc. Il a mentionné que le laboratoire dispose d’équipements de haut niveau, mais des défis restent à relever tels que l’insuffisance de maintenances préventive, curative, etc. M. Kaboré a rappelé que  le LNSP a été créé en 1999 et le personnel travaille à obtenir le statut de centre de santé de référence sous régional d’études de ‘’bioéquivalence’’ en médicaments. «Ce qui va permettre de donner notre expertise dans la sous-région», a-t-il mentionné. Du point de vue institutionnel, le LNSP va évoluer pour s’appeler Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé, a-t-il souligné.

Dawara Sylvie SOU
(Stagiaire)

 

Etudiants burkinabè en Chine: entre apprentissage et découverte

La reprise de la coopération entre le Burkina Faso et la Chine a changé la trajectoire des étudiants burkinabè qui étudiaient à Taïwan. Ils ont été amenés à poursuivre, au même titre que de nouveaux boursiers, leurs cursus dans l’Empire du milieu.

Aïda Nadège Ouédraogo était en Taïwan depuis 2016. Elle fait partie des 49 étudiants burkinabè qui ont quitté l’île en juillet 2018 pour rejoindre la Chine continentale à l’occasion de la reprise des relations diplomatiques avec le Burkina Faso. Ingénieure en génie électrique et énergétique, diplômée de l’Institut 2iE, elle poursuit actuellement ses travaux de thèse en science des matériaux à la Beijing University of Technology, dans la capitale chinoise. C’est avec obligeance qu’elle nous accueille dans ce prestigieux temple du savoir, le samedi 4 mai 2019. Elle nous fait découvrir aux pas de course quelques facultés de l’université. A l’intérieur du campus, sur l’aire réservée aux activités sportives, des étudiants s’adonnent à des exercices physiques et à des jeux dans une atmosphère détendue. La visite s’achève devant le laboratoire où elle mène ses travaux de thèse, qui portent sur la fabrication des cellules photovoltaïques. Le dispositif à l’intérieur du laboratoire impressionne. Pour y avoir accès, il faut être un «initié» et disposer d’une combinaison particulière. Depuis bientôt un an, c’est l’endroit que Mlle Ouédraogo fréquente le plus assidûment au sein de l’université. Lorsque l’on s’attable au premier étage du bâtiment qui abrite le laboratoire, les échanges débutent autour des incertitudes qui l’animaient à la rupture des relations diplomatiques du Burkina avec Taïwan. Elle bénéficiait d’une bourse offerte par ce pays. «Allions-nous rester en Taïwan ou venir en république populaire de Chine ? Si oui, dans quelles conditions ? Est-ce que nos crédits allaient être pris en compte d’autant plus que nous avions débuté les cours de l’autre côté ?», se remémore l’ancienne secrétaire générale de l’Association des Burkinabè de Taïwan (ABT).

Arrivée paisible en Chine

Heureusement, une décision est prise en faveur des étudiants. Ils doivent regagner l’Empire du milieu pour poursuivre leurs cursus académiques. Diplomates burkinabè et chinois mettent en place un programme pour les convoyer à Pékin. D’autres devant rejoindre des universités dans des provinces chinoises. Trois dates sont retenues : début juillet, fin juillet et fin août 2018. Nadège Ouédraogo est de la première équipe qui quitte Taïwan en début juillet pour la Chine. Les étudiants concernés passent par Hong Kong pour l’établissement des visas. A Pékin, ils sont «chaleureusement» accueillis par leurs hôtes chinois. Des visites touristiques sont organisées à leur intention. Sur le plan académique, les choix des universités auxquelles ils ont postulés sont respectés. Ils peuvent poursuivre normalement leurs cursus d’autant plus que les crédits validés à Taïwan ont été pris en compte. «Dans mon cas, j’avais déjà fait ma première année de thèse à Taïwan et je poursuis la deuxième ici», confie la doctorante. Les nouveaux bénéficiaires de bourses taïwanaises au Burkina Faso sont bouleversés par la nouvelle de la rupture des relations diplomatiques. Ces derniers, au nombre de 15, qui s’apprêtaient à embarquer pour l’île de Formose, voient leurs rêves tomber à l’eau. Mais ils n’en restent pas là. Rencontrés à l’université de Pékin, ils ont encore à l’esprit les premiers moments du «divorce» diplomatique. Dès les premières heures de la nouvelle, ils créent un groupe Whatsapp pour mieux coordonner leurs actions. Ils se rendent au ministère des Affaires étrangères à Ouagadougou, afin de trouver des réponses à leurs interrogations. Une oreille attentive leur est prêtée. La République populaire de Chine rétablit leurs bourses à leur grand soulagement. L’espoir renait sur les visages. Entre temps, certains bénéficiaires de bourses pour la thèse abandonnent l’idée de venir en Chine. Dans le groupe, ceux du Bachelor (licence) et du master entament les préparatifs de leur voyage. Le 19 septembre 2018, ils arrivent à Pékin. Inscrits tous en année de langue, pour la plupart à la University of international business and economics de Beijing, ils s’appliquent avec abnégation pour obtenir le «sésame» qui leur ouvrira la porte de leurs filières d’études respectives. Il s’agit notamment de la communication d’entreprise, du génie civil, de l’informatique, des relations internationales, de l’aéronautique, du commerce, de l’économie internationale et des énergies renouvelables. En fonction de leur orientation, ils sont repartis en deux groupes : le premier consacré à ceux qui feront des études en rapport avec l’ingénierie et le second relatif à l’économie et les sciences humaines. En dépit de trois semaines de retard pour les cours, les étudiants burkinabè disent avoir comblé le gap et sont au même niveau que leurs camarades de classe.

Un rythme de travail soutenu

Qu’ils soient en année de langue, de Bachelor, de master ou de thèse, le quotidien des étudiants burkinabè en Chine est presque similaire. Ils ont un rythme de travail soutenu tout au long de la semaine. «Les études prennent assez de temps en fonction des niveaux. Plus vous êtes avancés, plus vous êtes très occupés. Les Chinois travaillent pratiquement du lundi au lundi et tant que vous avez la possibilité d’étudier, vous le faites», raconte Nadège Ouédraogo. Pour des conditions d’études très favorables, conjuguées à la disponibilité des enseignants, la soif d’apprendre est aiguisée à chaque instant. Natacha Aliini Goumbri, qui doit poursuivre ses études en génie civil à l’université de Hunan, dans une province chinoise, l’an prochain, soutient que son quotidien est exclusivement consacré aux études. «Nous ne faisons qu’apprendre, les weekends sont réservés pour traiter les nombreux exercices. Nous n’avons pratiquement pas le temps de nous relaxer», explique-t-elle. Débordée au début par le rythme de travail, elle s’y est habituée par la suite et en parle avec une pointe d’admiration. Cela est formateur et lui permettra de mieux affronter les défis futurs. A l’instar de sa grande sœur doctorante, Mlle Goumbri est émerveillée par l’engagement du corps professoral à leurs côtés. La voix tremblotante, elle raconte avoir vu une de ses enseignantes verser des larmes devant ses étudiants, parce qu’un devoir avait été catastrophique. C’est la première fois, dit-elle, qu’elle a été témoin d’un tel engagement de la part d’un enseignant.

«L’expérience compte
plus que l’argent»

L’amour du travail bien est un objectif capital dans l’enseignement en Chine. «Nous avons étudié beaucoup de textes en chinois. Et dans la plupart, les thèmes portent le plus souvent sur la valeur du travail. Pour les Chinois, l’expérience compte plus que l’argent», souligne la future ingénieure en génie civil. Dans cette découverte de l’autre, tous sont unanimes à reconnaître qu’ils ont beaucoup à apprendre de leurs hôtes en matière de discipline, de combativité et du sens du sacrifice. La discipline, soutient Lessi Olivier Coulibaly, en année de langue, existe, parce que la loi est scrupuleusement respectée en Chine. Et de préciser que le Chinois est prêt à se sacrifier pour les générations futures que pour son intérêt immédiat. «Des amis chinois m’ont confié qu’il y a eu des périodes dans l’histoire de leur pays où les fonctionnaires ont fait des mois sans salaire. Ils ont accepté cette situation par patriotisme», argue M. Coulibaly qui poursuivra l’an prochain ses études dans la filière énergies renouvelables. Son camarade Arnaud Kahoun, en année de langue aussi, se dit admiratif du modèle de gouvernance de la Chine où un accent particulier est mis sur la promotion de la jeunesse. Beaucoup de jeunes, appuie-t-il, occupent de grandes responsabilités dans l’administration, dans des entreprises et font correctement leur travail. Saluant également le patriotisme des Chinois et leur «profond» respect pour les personnes âgées, la doctorante Nadège Ouédraogo les décrit comme des personnes «apparemment timides et réservées», mais curieuses de connaître l’autre.

Hâte de servir le Burkina

L’Afrique, précise-t-elle, est une grande inconnue pour la plupart d’entre eux. Lorsque le contact est établi avec un Africain, il y a une volonté manifeste de mieux savoir sur le continent qui souffre encore de préjugés. «Certains ont tendance à penser que l’Africain, c’est le pauvre, celui qui vient des forêts», affirme celle qui qualifie l’Empire du milieu de «pays de tous les possibles» au regard des opportunités dont il regorge. C’est pourquoi, elle met un point d’honneur pour parler du visage positif de son pays et de l’Afrique à ses interlocuteurs, quand elle en
a l’occasion.
Dans cette admiration de la Chine pour ses valeurs de patriotisme, de discipline et d’amour du travail, pointe en filigrane dans les propos des étudiants burkinabè un amour pour leur pays, qu’ils ont hâte de servir. C’est dans ce sens, qu’ils souhaitent que les autorités burkinabè accordent plus d’attention à leurs étudiants à l’étranger. Déjà, au niveau de l’ambassade, ils sont satisfaits de la qualité de la collaboration. Mlle Ouédraogo plaide pour une politique de «valorisation des compétences burkinabè» auprès des Chinois lorsqu’ils désirent investir en Afrique. «S’ils sont informés qu’il y a des Africains formés chez eux et qui sont compétents, il n’y a pas de raison qu’ils ne fassent pas appel à ces derniers au besoin», précise celle qui rêve de devenir un entrepreneur. Un avis partagé par ses compatriotes qui souhaitent plus d’attention de la part des autorités. «Nous ne demandons pas forcément de l’argent, mais nous souhaitons qu’elles pensent à nous faciliter certaines démarches», suggère Franck Amos Sawadogo, futur informaticien. Il pense que l’Etat burkinabè peut au moins procurer des billets d’avion retour aux étudiants en fin d’études.

Karim BADOLO
(Depuis Pékin en Chine)

Affaire de charbon fin

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Dans ce communiqué, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou donne des précisions sur l’affaire dite de Ramata Diallo alias Rama la slameuse, entendue par la justice, le lundi 24 juin 2019 et placée sous mandat de dépôt, celle du charbon fin et bien d’autres.

Le 29 mai 2018, le parquet près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Ouagadougou saisissait la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) aux fins de diligenter une enquête sur des faits présumés de blanchiments de capitaux. C’est ainsi que le 25 octobre 2018 le parquet recevait le rapport de la CENTIF et saisissait le juge d’Instruction le 16 novembre 2018, aux fins d’ouverture d’une information contre DIALLO Rasmata alias Rama la Slameuse. Le 18 juin 2019, le Juge d’Instruction saisi émettait une convocation contre elle pour être entendue le 24 juin 2019. A la date indiquée, elle a été auditionnée et inculpée effectivement pour blanchiment de capitaux.
Une autre convocation avait été émise le 20 juin 2019 par le parquet à son encontre pour être entendue le 24 juin 2019 sur des faits à elle reprochés suite à la plainte du représentant de la Police Nationale et de cinq (05) autres agents de la Police Nationale et sur les publications de l’intéressée sur les réseaux sociaux. A cette même date, après son inculpation par le Juge d’Instruction, elle fut auditionnée par le parquet et poursuivie pour les faits de rébellion, d’atteinte à la vie privée, de menaces sous condition, de menace de mort, d’outrage à agent et de discrédit sur un acte judiciaire. Elle fut placée sous mandat de dépôt dans l’attente de son jugement suivant la procédure de flagrant délit.
S’agissant des affaires impliquant des membres du gouvernement, il convient de rappeler que, selon l’article 15 bis de la loi organique n°17-2015/CNT modifiant la loi organique n°20-95/ADP du 16 mai 1995 portant composition de la Haute Cour de Justice et procédure applicable devant elle, les plaintes et les dénonciations contre le Président du Faso et les membres du gouvernement sont, en principe, adressées au Président de l’Assemblée Nationale.
L’article 15 quinquiès de la même loi dispose que «le Procureur du Faso qui reçoit des plaintes et des dénonciations impliquant les personnalités visées dans la présente loi fait diligenter les enquêtes nécessaires et transmet sans délai au Procureur Général près la Cour de Cassation pour saisine de l’Assemblée nationale, tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs». En application de cette loi, nous avons reçu la plainte de monsieur DIABRE Zéphirin contre monsieur COMPAORE Simon. Une enquête a été diligentée et les procès-verbaux y relatifs ont été transmis au Procureur Général près la Cour de Cassation. De même, nous avons reçu une plainte du Réseau National de Lutte Anti-Corruption (RENLAC) contre le sieur BOUDA Jean Claude et une enquête est en cours.
Dans le dossier dit affaire de charbon fin, une enquête est toujours en cours dans notre parquet. Des auditions ont été effectuées et les responsabilités seront situées.
C’est donc dire que les poursuites contre les membres du gouvernement ne relèvent pas de la compétence du Procureur du Faso mais de l’Assemblée Nationale qui procède à la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice.
Nous tenons aussi à informer l’opinion publique que dans le dossier DABO Boukary, le doyen des Juges d’Instruction a rendu, depuis le 23 novembre 2018, une ordonnance de transmission de pièces au Procureur Général près la Cour d’Appel de Ouagadougou contre DIENDERE Gilbert, BAMBA Mamadou et YOUGBARE Magloire Victoire. Le dossier a été effectivement transmis au Procureur Général près la Cour d’Appel de Ouagadougou le 18 janvier 2019. En conséquence, le dossier est clos au TGI de Ouagadougou.
Nous tenons à remercier et à encourager tous ceux qui nous dénoncent certains faits soit directement à notre parquet soit par le biais de la police judiciaire soit encore par voie de presse. Certaines de ces dénonciations ont fait l’objet d’enquêtes et donné lieu à des poursuites judiciaires devant les juges d’instruction et les juridictions de jugement. Cependant, les dénonciations n’ayant pas de coloration pénale ne font pas l’objet de poursuites.
Il est vrai que nous ne pouvons pas toujours communiquer dans certains dossiers par souci d’efficacité des enquêtes, le secret de l’instruction et en raison de la présomption d’innocence. Mais nous pouvons rassurer la population de l’engagement du parquet pour la justice.

Le Procureur du Faso
Maïza SEREME

Planification familiale en Afrique de l’Ouest: Des journalistes s’imprègnent de l’approche du Sénégal

L’organisation Population référence bureau (PRB) a organisé, du 17 au 21 juin 2019 à Dakar au Sénégal, un atelier de formation sur le rôle des leaders religieux dans la promotion de la santé de la reproduction et du bien-être des femmes et de la famille au profit de 12 journalistes de l’Afrique de l’Ouest.

 L’organisation Population référence Bureau (PRB) a convié 12 femmes journalistes pour participer  au programme de formation dénommé : « women’s edition  2019 ». Il  porte sur le rôle des leaders religieux dans la promotion de la planification familiale. A cet effet, un premier atelier a été organisé, du 17 au 21 juin 2019, à Dakar au profit de ces journalistes. Venues du Burkina Faso, du Mali, du Togo, du Benin, de la Guinée, du Niger et du Sénégal, elles ont été outillées sur  la problématique de l’implication des religieux sur les questions de santé de la reproduction, notamment sur celles ayant trait à l’espacement des naissances pour le bien-être économique et social. Ainsi, à travers des échanges directs avec les leaders religieux, elles ont été imprégnées sur l’approche du Sénégal. Selon le chargé du suivi des partenariats à la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), Massamba Sall, les guides religieux constituent les moyens de communication les plus efficaces pour une compréhension commune de la problématique de la santé de la reproduction. « Pour l’atteinte des objectifs du ministère de la Santé, il était  nécessaire de leur impliquer en tant que référence dans la prise de décision des populations », a-t-il souligné. Ainsi, au cours de ces cinq jours de formation, les participantes ont pu échanger avec le président du Cadre des religieux pour la Santé et le développement (CRSD), Seringne Saliou Mbacké, le pasteur de l’église luthérienne du Sénégal, Adama Faye et une visite terrain à la clinique « Ya-Sin », de la  sage-femme d’Etat, Rokhaya Thiam, présidente d’une fédération d’associations religieuses. Pour le président du CRSD de la  campagne de sensibilisation, le discours est destiné aux couples mariés dans le respect des normes socio-culturelles. « Créé en  2014, le cadre  dispose d’un outil multimédia de plaidoyer intitulé « Le Sénégal s’engages, produit par les religieux et les agents de santé avec un argumentaire islamique ainsi que  des données techniques pour faire passer les messages en faveur de l’espacement des naissances », a-t-il expliqué.

Un taux à la hausse

A l’entendre, des prêches sont faits dans les mosquées  en plus des causeries organisées dans les  quartiers et les différentes localités. Pour mieux toucher la population, des agents communautaires appelés  communément les  marraines de quartier ( ou bajénou gokh en wolof) ont été formées. Aujourd’hui,  ce réseau communautaire, de façon bénévole, est très actif au Sénégal. Selon le président du CRSD,  à ce jour,  205 marraines ont été   formées. «  Cela a permis de  toucher près de 49 998 personnes », a-t-il ajouté. Et M. Sall de poursuivre que cela a permis de rehausser le taux de prévalence de l’utilisation des méthodes contraceptives qui était de 12% en 2012. « Il est passé  de  26% en 2019 », a-t-il précisé.  La sage-femme d’Etat, Rokhaya Thiam, par ailleurs, présidente d’une fédération d’associations religieuses et responsable d’une clinique privée, note que la demande en matière de planification familiale est devenue de plus en plus forte dans les centres de santé. « Auparavant, c’était surtout les femmes chrétiennes qui fréquentaient les centres. Mais aujourd’hui, la tendance est à la hausse chez les femmes musulmanes. Et la méthode la plus utilisée est l’implant qui coûte 3 000 F CFA en clinique et 1 000 au centre de santé public », a confié Mme Thiam. De son avis, malgré ces résultats jugés probants, il subsiste toujours des poches de résistance qui ne partagent pas toujours le message  sur le bien-fondé de l’espacement des naissances, d’où la volonté  de la direction d’impliquer en amont les religieux dans la conception des programmes et politiques pour mieux promouvoir ces questions auprès de leurs pairs. S’inspirant de  l’approche du Sénégal, la formatrice Victoria Ebin a invité les journalistes à faire des productions sur la thématique dans leur pays respectif. Première du genre dans les pays francophones, ce programme « women’s Edition 2019 » a été expérimenté en Afrique anglophone.

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

 

Communiqué du procureur : Affaire du  charbon fin, les responsabilités seront situées

Le 29 mai 2018, le parquet près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Ouagadougou saisissait la Cellule Nationale de Traitement des Information Financières (CENTIF) aux fins de diligenter une enquête sur des faits présumés de blanchiments de capitaux. C’est ainsi que le 25 octobre 2018 le parquet recevait le rapport de la CENTIF et saisissait le juge d’Instruction le 16 novembre 2018, aux fins d’ouverture d’une information contre DIALLO Rasmata alias Rama la Slameuse. Le 18 juin 2019, le Juge d’Instruction saisi émettait une convocation contre elle pour être entendue le 24 juin 2019. A la date indiquée, elle a été auditionnée et inculpée effectivement pour blanchiment de capitaux.

Une autre convocation avait été émise le 20 juin 2019 par le parquet à son encontre pour être entendue le 24 juin 2019 sur des faits à elle reprochés suite à la plainte du représentant de la Police Nationale et de cinq (05) autres agents de la Police Nationale et sur les publications de l’intéressée sur les réseaux sociaux. A cette même date, après son inculpation par le Juge d’Instruction, elle fut auditionnée par le parquet et poursuivie pour les faits de rébellion, d’atteinte à la vie privée, de menaces sous condition, de menace de mort, d’outrage à agent et de discrédit sur un acte judiciaire. Elle fut placée sous mandat de dépôt dans l’attente de son jugement suivant la procédure de flagrant délit.

S’agissant des affaires impliquant des membres du gouvernement, il convient de rappeler que, selon l’article 15 bis de la loi organique n°17-2015/CNT modifiant la loi organique n°20-95/ADP du 16 mai 1995 portant composition de la Haute Cour de Justice et procédure applicable devant elle, les plaintes et les dénonciations contre le Président du Faso et les membres du gouvernement sont, en principe, adressées au Président de l’Assemblée Nationale.

L’article 15 quinquiès de la même loi dispose que « le Procureur du Faso qui reçoit des plaintes et des dénonciations impliquant les personnalités visées dans la présente loi fait diligenter les enquêtes nécessaires et transmet sans délai au Procureur Général près la Cour de Cassation pour saisine de l’Assemblée nationale, tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ». En application de cette loi, nous avons reçu la plainte de monsieur DIABRE Zéphirin contre monsieur COMPAORE Simon. Une enquête a été diligentée et les procès-verbaux y relatifs ont été transmis au Procureur Général près la Cour de Cassation. De même, nous avons reçu une plainte du Réseau National de Lutte Anti-Corruption (RENLAC) contre le sieur BOUDA Jean Claude et une enquête est en cours.

Dans le dossier dit affaire de charbon fin, une enquête est toujours en cours dans notre parquet. Des auditions ont été effectuées et les responsabilités seront situées.

C’est donc dire que les poursuites contre les membres du gouvernement ne relèvent pas de la compétence du Procureur du Faso mais de l’Assemblée Nationale qui procède à la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice.

Nous tenons aussi à informer l’opinion publique que dans le dossier DABO Boukary, le doyen des Juges d’Instruction a rendu, depuis le 23 novembre 2018, une ordonnance de transmission de pièces au Procureur Général près la Cour d’Appel de Ouagadougou contre DIENDERE Gilbert, BAMBA Mamadou et YOUGBARE Magloire Victoire. Le dossier a été effectivement transmis au Procureur Général près la Cour d’Appel de Ouagadougou le 18 janvier 2019. En conséquence, le dossier est clos au TGI de Ouagadougou.

Nous tenons à remercier et à encourager tous ceux qui nous dénoncent certains faits soit directement à notre parquet soit par le biais de la police judiciaire soit encore par voie de presse. Certaines de ces dénonciations ont fait l’objet d’enquêtes et donné lieu à des poursuites judiciaires devant les juges d’instruction et les juridictions de jugement. Cependant, les dénonciations n’ayant pas de coloration pénale ne font pas l’objet de poursuites.

Il est vrai que nous ne pouvons pas toujours communiquer dans certains dossiers par souci d’efficacité des enquêtes, le secret de l’instruction et en raison de la présomption d’innocence.  Mais nous pouvons rassurer la population de l’engagement du parquet pour la justice.

Le Procureur du Faso

Maïza SEREME