Lutte contre le terrorisme : «Il faut repenser le rôle des médias», Aïchata Mindaoudou

Après la cérémonie d’ouverture, les participants ont eu droit à plusieurs panels en rapport avec le thème à savoir : «Le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest : entre contraintes sécuritaires et devoirs professionnels». Première à livrer sa communication, Aïchata Mindaoudou, directrice générale de IPITI Niger, a indiqué que les journalistes doivent éviter d’inciter à la haine et à la division. En plus de cela, la panéliste a jugé nécessaire de repenser le rôle des médias en vue de s’adapter à la nouvelle donne. Selon elle, les terroristes disposent de moyens modernes de communication à profusion pour semer la terreur. Pour les contrer et les empêcher de recruter au sein de la population, conseille-t-elle, il faut gagner la bataille de la communication. Aïchata Mindaoudou estime que les menaces et actes terroristes sont des questions d’intérêt général. De ce point de vue, pense-t-elle, le journaliste n’a pas le droit de tout dire, tout écrire et tout diffuser. Pour des raisons évidentes de sécurité, la presse doit respecter certains impératifs, a insisté la communicatrice. A l’écouter, le journaliste doit se départir de l’émotion. De son avis, il doit en outre travailler à une prise de conscience de la population et éviter de tomber dans le piège des terroristes. C’est pourquoi, elle a demandé aux uns et aux autres de ne pas faire l’apologie du terrorisme. «Les médias doivent pouvoir exercer leurs fonctions en préservant l’intérêt général, leur propre sécurité et celle de la population», a-t-elle dit. Celle-ci a expliqué qu’une relation de confiance entre médias et forces de défense et de sécurité doit être établie, dans le cadre d’une collaboration. Pour Mme Mindaoudou, la situation sécuritaire au Burkina Faso impose une nouvelle façon de communiquer. Pour l’un des participants, Serges Daniel, correspondant de radio France internationale (RFI) la montée du terrorisme pose la problématique de la bonne gouvernance dans les Etats d’Afrique de l’Ouest et surtout l’impérieuse nécessité de déradicaliser les jeunes endoctrinés. Il a invité les gouvernants à communiquer dès que survient un acte terroriste car, quand les terroristes planifient une attaque, ils informent dès lors qu’ils passent à l’assaut.

Ouamtinga Michel ILBOUDO

Lutte contre l’insécurité en Afrique de l’Ouest : la presse met sa plume à contribution

Le Président du Faso, Roch Kaboré, a présidé, hier jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, la cérémonie d’ouverture du forum du Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’Ouest (GEPPAO), sur le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme. «Affectés, interpellés au quotidien» par le terrorisme devenu «l’un des plus grands défis auxquels les Etats sont confrontés», les éditeurs de presse publique d’Afrique de l’Ouest veulent définir et jouer leur rôle dans la lutte contre le phénomène. A travers leur faîtière, le Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’Ouest (GEPPAO), ils organisent, les 20 et 21 juin 2019, à Ouagadougou, un forum sur la sécurité dans la sous-région ouest-africaine, sous le thème : «Le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest : entre contraintes sécuritaires et devoirs professionnels». A la cérémonie d’ouverture, hier 20 juin, le président du GEPPAO, le directeur général du quotidien d’Etat ivoirien «Fraternité Matin», Venance Konan, a indiqué qu’il s’agira, au cours du forum, de réfléchir, à travers des panels sur comment les journalistes pourront assurer la couverture médiatique des actes terroristes sans faire l’apologie du terrorisme. A cela, s’ajoutent la question relative à la liberté d’informer sur le terrorisme sans entraver le travail des services de sécurité et de secours dans le respect des victimes, mais aussi l’entretien des rapports entre hommes de médias et autorités politico-administratives. Pour le patron du forum, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, cette rencontre prouve à souhait l’importance des actions concertées, notamment dans le cadre du G5 Sahel, pour venir à bout du terrorisme. Selon lui, les médias émergents élargissent le cercle de la parole et offrent plus de liberté à l’utilisateur qui est en même temps un générateur de contenus. «Face à cette donne, il devient plus que jamais nécessaire pour les médias traditionnels de redoubler d’efforts pour relever les défis de la crédibilité, du professionnalisme et de la responsabilité», a soutenu le chef de l’Etat. Priorité à la lutte contre le terrorisme Il a, par ailleurs, rendu hommage aux «acteurs du 4e quatrième pouvoir» et les a encouragés à envisager toutes les possibilités pour l’essor d’une presse qui construit et pérennise la cohésion sociale dans le contexte difficile actuel. «Nous continuerons à favoriser une presse libre, responsable et transparente, car la liberté d’expression est une valeur fondamentale qui ne doit jamais être mise en péril», a-t-il déclaré. Quant au Pr Filiga Michel Sawadogo, représentant du président de la commission de l’UEMOA, coparrain du forum, il a confié que le thème de la rencontre témoigne de la place stratégique des médias dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme. D’après lui, l’initiative du GEPPAO est à encourager et perpétuer dans la mesure où, elle permettra de dégager des solutions sur le plan sécuritaire sous forme de projets ou programmes. Tout en saluant les efforts du G5 Sahel, le commissaire de l’UEMOA s’est réjoui de la mise en œuvre de la politique commune de l’union en matière de paix et de sécurité. Il a souligné que l’organisation doit accorder un ordre de priorité à la lutte contre le terrorisme et aux menaces de toutes sortes dans les Etats affectés. Pour sa part, le directeur adjoint du journal d’Etat sénégalais, «Le Soleil», Sidi Diop, trouve que le forum crée un espace commun de travail entre professionnels de l’information et experts de la sécurité. De son côté, l’étudiant à l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication, Ifzou Kiemdé, se félicite que ce soit une structure de médias qui organise une rencontre sur la question de la sécurité, actuellement au cœur des politiques des Etats. Il espère une meilleure relation entre la presse et les forces de défense et de sécurité à l’issue du forum.

Jean Philibert SOME &

Michel ILBOUDO

Ancêtres, ancêtres où êtes-vous ?

Mais où sont donc passés nos ancêtres tant vénérés et tant craints ? Que sont devenues nos traditions et nos coutumes ? Qu’en est-il de l’intégrité qui s’effrite au gré du vent ? L’héritage de nos enfants ne tient plus qu’à un fil érodé. Quand la sagesse se frotte la barbe à la bassesse, il ne faut plus rien attendre du sérail des âges. Quand la quête du pouvoir passe par le sang, il faut bien craindre que la fin de l’histoire donne raison aux déboires. Si pour un fauteuil, il faut passer par le deuil pour s’asseoir avec des écueils, il faut reconnaȋtre qu’il y a problème. Si par le sacrifice suprême on s’oppose à l’autre, coûte que coûte, alors, il faut avoir peur du pouvoir. C’est à se demander si l’on peut vraiment côtoyer le pouvoir et garder la foi. Parce que le pouvoir, celui des hommes est pour ou contre, contesté ou adulé et selon que l’on est de l’un ou de l’autre camp, on est bien ou mauvais, bon ou méchant, adversaire ou partenaire, ami ou ennemi. Si le pouvoir des hommes venait d’un certain dieu, ce ne doit pas forcément être le locataire du ciel. Regardez ce que les hommes font du pouvoir ou plutôt ce que le pouvoir fait d’eux. Désormais, les plus belles bévues ne se manifestent pas qu’en démocratie. Même dans le cercle traditionnel, le péché s’avère originel ; «le chapeau du chef flotte dans l’air » ! Ceux auxquels on faisait recours pour éteindre les flammes des profanes ont perdu leur rang d’initiés dans les flots de l’égoïsme. Ceux dont la simple parole avait valeur de serment profèrent du venin de serpent. Ceux qui pouvaient nous bénir se sont fait bannir par les dieux rescapés. Oui, parfois l’on peut se demander sans blasphémer si nos ancêtres ne sont pas passés de trépas à trépas. On peut se demander s’ils veillent toujours sur nous. On peut parfois s’inquiéter de leur silence. Sinon, comment comprendre que le fauteuil sacré soit convoité par deux prétendants ? Qui est le prétendu et qui est le légitime ? Il y a toujours un usurpateur, mais à l’époque où les morts n’étaient pas encore morts, il suffisait d’égorger un poulet, assorti de libations aux mânes. Malheureusement aujourd’hui, le poulet peut faire toute une chorégraphie avant de tomber sur le dos ou sur le côté ; les ancêtres s’en foutent ! Il peut saigner comme un bœuf avant de trépasser, les pères se moquent de l’impair. Parce que, autant il y a de faux prophètes, autant il y a de vrais fossoyeurs de nos traditions. Très souvent, la maison des pères a tellement été profanée qu’elle n’est plus habitée par l’esprit des dignes. Très souvent, le sacré tant invoqué n’est rien d’autre qu’un trophée de guerre sans honneur. Peut-on égorger un poulet au nom des aïeux et faire couler le sang de son prochain au nom des mêmes aïeux ? Non, la tradition repose sur l’intégrité secrétée par des savoirs et des croyances. Mais dans un monde de plus en plus sans foi ni loi, l’incivisme n’est pas qu’une tare de la République ; elle est aussi un tort et un sacrilège irréparable. Et dire qu’avec ça on veut voir l’ennemi venir ! Avec ça on veut parler pour agir quand les formules et les incantations ne sont plus rien d’autres que de simples phrases. Nous avons déjà brisé la chaîne des interdits ; nous avons profané le caveau familial contre notre appétit vénal. Le siège de la tradition ne se dispute pas, à moins qu’il ne soit pas issu de la tradition. Le trône dans la tradition n’est pas qu’un simple piédestal, élevé par arrogance et par complaisance. Le palais ou la cour du chef dans la tradition est un sanctuaire mieux qu’un simple édifice bâti en briques et en bois. Dommage que nous avons nous-mêmes travaillé à faire de nos traditions, des chambres vides hantées par des intérêts plus alimentaires que spirituels. Dommage que le faux se soit emparé du sacré au point de lui faire bâcler sa mission. Dommage que nous ne sommes plus nombreux à savoir jurer sur la terre de nos ancêtres pour laver l’affront. Dommage que nous mangeons à tous les râteliers au point d’oublier nos attributs de chef sur les lieux des ripailles. La politique a fait de nos traditions, un terrain de campagne et de meeting où les «dieux punissent ceux qui ne votent pas utile». Depuis que la politique a fait son irruption dans la case sacrée, nous invoquons les mânes mais en vain. Nous organisons même de mondaines campagnes de prières de gala pour rien, parce que l’homme noir a oublié d’où il vient. Il ne saura jamais où il va s’il continue à se renier. Hommage à tous ces garants dignes de nos traditions qui vivent dans l’humilité et la discrétion et agissent pour le bien de la communauté sans tapage ni boucan. Etre chef, c’est d’abord savoir pour pouvoir.

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr

Lutte contre l’insécurité : «Nous tenons le bon bout», Jean-Baptiste Ky du MPP

Le Bureau politique national (BPN) du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) organise demain, samedi 22 juin 2019, sa 2e session. Dans cette interview, le secrétaire national adjoint chargé des secteurs structurés, Jean-Baptiste Ky, situe les enjeux de la rencontre et évoque aussi des sujets d’actualité. Sidwaya (S.) : Le MPP organise demain samedi 22 juin, la 2e session de son Bureau politique national (BPN). Quels sont les enjeux majeurs de cette rencontre ? Jean-Baptiste Ky (J-B.K.) : Cette rencontre est une session statutaire du parti, censée faire un point des activités entrant dans la cadre de sa vie, partager les informations avec les membres du Bureau politique national et statuer sur les tâches urgentes du moment. Précisément, à cette étape, il s’agira de faire le point du parachèvement du renouvellement des structures. Ce renouvellement, qui a commencé après le dernier congrès, s’est assez bien déroulé et cette session sera l’occasion de faire le point et de donner des mots d’ordre pour la reprise véritable de la lutte politique sur le terrain. S. : Cette session se tient dans un contexte de renouvellement des structures du parti, marqué par des difficultés dans certaines sections et sous-sections. S’agit-il de guerres de positionnement ou de cas d’indiscipline ? J-B. K. : Le MPP est un grand parti qui regorge de potentialités et d’hommes de qualité. C’est un parti, qui gère le pouvoir d’Etat en collaboration avec les partis alliés si bien que les militants sont intéressés à occuper des responsabilités au sein du parti à un certain niveau pour mieux apporter leur contribution. Nous ne voyons donc pas cela d’un mauvais œil, au contraire, nous pensons que c’est un signe de démocratie interne, de dynamisme du parti lui-même et de la qualité des hommes qui le composent. S. : Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a publié les résultats de son sondage d’opinion qui attribue la note de 4,72/10 au chef de l’Etat. Les Burkinabè sont-ils de plus en plus déçus de leur président ? J-B. K. : Certes, des Burkinabè peuvent avoir des attentes qui ne sont pas encore comblées, mais nous pensons que c’est un processus. Le président du Faso a été élu pour un mandat de cinq ans et nous ne sommes pas encore au bout de ce mandat. Le constat est que beaucoup de choses ont déjà été faites dans les domaines de la santé, de la construction des infrastructures éducatives et routières et des adductions d’eau potable. Malheureusement, la situation sécuritaire qui endeuille les populations fait que les citoyens souffrent dans leurs chairs, si bien que cela peut entacher ce bilan largement positif du chef de l’Etat. Mais ce n’est pas pour autant que beaucoup de choses ne sont pas faites sur le terrain. En très peu de temps, de nombreuses réalisations ont été faites. A entendre, les bilans des maires des communes sur les réalisations dans leurs localités, et les constats faits sur le terrain, on se rend compte que beaucoup d’efforts sont faits pour améliorer les conditions de vie des populations et développer le pays. Ainsi, dans bien de domaines, le bilan engrangé en moins de cinq ans toute proportion respectée, dépasse largement ce qui a été fait en 27 ans. On peut citer, entre autres secteurs, l’électrification, les routes, les infrastructures éducatives et l’offre des soins de santé. S. : A un an des élections de 2020, les résultats de ce sondage n’inquiètent-ils pas le camp présidentiel ? J-B. K. : Nous ne sommes pas du tout inquiets, parce qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. L’insécurité actuelle est une situation que personne n’a ni voulue, ni prévue au Burkina Faso. Nous la subissons tous. Le Président, Roch Marc Christian Kaboré, a été élu sur la base d’un programme. Initialement, en venant au pouvoir, il n’avait pas imaginé des difficultés d’une telle ampleur liées à la question sécuritaire. Si elles faisaient partie de la donne, des dispositions auraient été prises pour l’affronter convenablement. Néanmoins, le gouvernement s’est engagé à y faire face et cela nécessite des moyens humains, matériels et financiers. Nous ne doutons pas un seul instant que le citoyen sait apprécier les efforts faits dans la gouvernance et les imprévus qui s’y sont greffés. Les terroristes sont des ennemis de la nation et non du MPP uniquement. Lorsqu’ils tuent, ils ne ciblent pas seulement nos militants. S. : Le front social est actuellement en ébullition. Comment cela peut-il s’expliquer ? J-B. K. : A mon avis, le front social actuel est l’expression de la liberté des Burkinabè de façon générale dans un contexte particulier qui a précédé la venue de notre parti au pouvoir à ne pas ignorer. Qu’à cela ne tienne, le MPP est un parti social-démocrate et il ne saurait s’opposer aux grèves et aux manifestations des travailleurs, parce que par essence, nous faisons la promotion de la liberté, de la justice sociale et de l’équité. Nous pensons donc que certains travailleurs sont dans leur droit de réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. Mais il ne faut pas perdre de vue que le Burkina Faso est un tout avec des paysans, des commerçants et bien d’autres corps de métiers et couches sociales. Chacun doit donc comprendre que le fruit du travail de tous doit profiter à l’ensemble des fils de ce pays. Par conséquent, les revendications doivent se faire de façon responsable en pensant à l’intérêt général. C’est pour cela, qu’on a l’impression que certains ne sont pas forcément sincères dans leurs revendications et que d’autres font de la surenchère. A notre avis, la façon d’aborder la fronde sociale du gouvernement est responsable, parce qu’il privilégie le dialogue et la concertation, si bien que les mouvements et revendications finissent par trouver des solutions consensuelles. S. : Certains syndicats brandissent la gestion au cas par cas des revendications pour durcir le ton. Ne faut-il pas simplement opérationnaliser la remise à plat des salaires des fonctionnaires ? J-B. K. : La remise à plat du salaire des fonctionnaires est une solution judicieuse. Elle a été faite en concertation avec l’ensemble des acteurs, aussi bien les syndicats que les autorités coutumières, les leaders d’opinion et d’Organisations de la société civile (OSC). Mais le gouvernement a son calendrier et je suppose que les concertations ne sont pas totalement achevées. C’est la raison pour laquelle elle n’est pas encore mise en œuvre. Nous pensons que dans le souci de bien faire, il faut prendre le temps qu’il faut et s’entourer de toutes les précautions, au risque de se retrouver au point de départ. S. : Le front social peut-il avoir des répercussions sur les élections de 2020 ? J-B. K. : De tout temps, il y a eu des revendications de divers ordres. Mais les grèves n’ont pas encore empêché les citoyens d’aller voter, ce d’autant plus qu’il n’y a pas que les fonctionnaires qui participent aux élections. Dans tous les cas, aller voter, c’est nous donner la possibilité de choisir la personne qui peut prendre en compte nos aspirations. Les revendications syndicales ne devraient pas empêcher la poursuite du processus démocratique. S. : La situation sécuritaire est préoccupante. Y a-t-il un espoir que le Burkina retrouve sa quiétude d’antan ? J-B. K. : Au-delà de nos appartenances politiques, c’est notre souhait à tous. C’est dans l’intérêt commun que le Burkina retrouve sa quiétude d’antan. Nous pensons que nous tenons le bon bout et que nos Forces de défense et de sécurité (FDS) sont en train d’engranger des victoires. Avec l’accompagnement de la population et la collaboration de tous, nous allons y arriver. Nous voyons également que de part et d’autre, des initiatives conjointes avec nos partenaires étrangers et des pays de la sous-région pour faire face à ce défi. En activant tous les ressorts de notre société, le courage de nos hommes et la collaboration de tous les Burkinabè, nous arriverons à bout du terrorisme. La nouvelle dynamique engagée en travaillant en étroite collaboration avec les populations et en faisant des actions de proximité à leur profit, contribue à donner plus de confiance aux populations pour une franche collaboration avec les FDS et pourrait aider à remporter la bataille sur le terrain. S. : Cette situation n’a-t-elle pas des répercussions sur la destination Burkina Faso en termes de tourisme et d’investissements extérieurs ? J-B. K. : Jusque-là, pour les citoyens que nous sommes, nous n’avons pas constaté un recul des investissements étrangers au Burkina Faso, parce que malgré le fait qu’on colore notre pays en rouge, de nouvelles mines d’or s’ouvrent. Aucune entreprise étrangère n’a encore fermé du fait de la situation sécuritaire. De plus, il ne s’agit pas d’un phénomène typiquement burkinabè, c’est un phénomène mondial que connaissent même les grandes puissances comme la France et les USA. Les citoyens doivent donc être conséquents, pour savoir que le terrorisme ne doit pas nous empêcher d’avancer. S. : Avec cette insécurité, les prochaines élections pourront-elles se tenir ? J-B. K. : A notre avis, les élections de 2020 vont se tenir parce que jusque-là, les institutions de la république fonctionnent normalement. Certes, il y a des difficultés liées à la question sécuritaire, mais nous avons des réponses. Bien vrai que ces réponses peuvent paraître insatisfaisantes, du point de vue de certaines personnes, mais le pays continue sa marche. Les activités économiques se mènent, les citoyens vont et viennent, il y a la liberté d’expression, les partis politiques s’expriment … Nous ne pensons pas que nous sommes dans une situation de non droit qui puisse empêcher d’aller aux élections de façon régulière. C’est vrai que dans certaines parties du territoire, nous faisons face à l’insécurité, mais malgré cette situation, des initiatives dans le domaine de l’éducation notamment, ont permis aux élèves d’aller à l’école et de passer leurs examens. De la même manière, des solutions seront trouvées pour que la majorité des Burkinabè puissent voter. Avec la progression de nos FDS sur le terrain, nous espérons que d’ici à 2020, les élections pourront s’organiser sur l’ensemble du territoire national. S. : Le dialogue politique voulu par le président du Faso est toujours attendu. Qu’est-ce qui coince ? J-B. K. : Il faudra plutôt poser cette question à l’opposition, parce que le président du Faso a eu la bonne volonté d’initier ce dialogue et cela est à saluer. Le Premier ministre a fait des démarches en recevant un certain nombre de personnalités. Si ce dialogue est bloqué, il faut peut-être aller chercher les causes de l’autre côté. Sinon, quand on gouverne un pays, on le fait pour et avec tout le monde. Et c’est ce que le président Kaboré fait depuis son arrivée au pouvoir. Certains estiment qu’il n’utilise pas assez le bâton. Mais nous pensons qu’il gouverne le pays en bon père de famille. Si tout le monde veut de ce dialogue politique, il aura lieu et c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver, puisqu’avec le dialogue, on trouve toujours des solutions. Concernant le vœu de l’opposition qui souhaite que ce dialogue soit une sorte de forum national, nous avons des appréhensions. Nous estimons que si c’est en rapport avec la situation sécuritaire, un forum a déjà été organisé et a réuni la totalité des composantes de la société burkinabè. Le dialogue doit être permanent et pour cela, dans le dernier remaniement gouvernemental, le portefeuille de la cohésion sociale a été ajouté au ministère en charge de l’administration territoriale avec en plus un ministère délégué. Il s’agit d’un travail permanent et non d’organiser des forums et des réunions qui parfois, s’apparentent à des foires. Il y a déjà le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) et le Haut conseil du dialogue social (HCDS) qui ont aussi été mis en place dans le but de favoriser le dialogue et la réconciliation nationale. Nous souhaitons que l’ensemble des acteurs soit de bonne foi pour que les choses puissent aller dans la bonne direction. Nous avons un pays à construire ensemble. Il faut éviter le dilatoire et se mettre au travail, au lieu de passer tout le temps à revendiquer et à critiquer même ce qui est bon. On ne peut pas être tous du même bord politique, mais nous avons un pays qui nous appartient à tous et pour lequel aucun sacrifice n’est de trop.

Interview réalisée par Jean-Marie TOE &

Antoinette Panson BENON (Stagiaire)

32e Coupe d’Afrique des Nations de football : qui sera le nouveau roi du contient ?

Les lampions de la 32e Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football s’allument cette nuit au Caire, en Egypte. Vingt-quatre formations montent à l’abordage avec la ferme volonté de succéder aux Lions indomptables du Cameroun. Le match d’ouverture prévu sous le coup de 20h mettra aux prises le pays-hôte au Zimbabwe. La succession du Cameroun, vainqueur de la dernière CAN, s’ouvre ce soir au Caire, en Egypte. Le moins que l’on puisse dire est que cette Coupe d’Afrique des Nations (CAN) fait peau neuve. Pour la première fois de son histoire, elle se disputera en été, du 21 juin au 19 juillet en Egypte. Auparavant, la biennale du foot africain se jouait en janvier et février. Aussi, cette édition, 32e du genre, mettra aux prises 24 nations, contre 16 lors des 12 épreuves précédentes. Enfin, l’assistance à l’arbitrage vidéo (VAR), qui avait pourtant fait polémique lors de la finale retour de la league des champions africaine, sera utilisée à partir des quarts. Bref ! Comme à l’accoutumée, les équipes en lice abordent la CAN avec des objectifs divers. Si certaines vont avec pour ambition de dépasser au moins le premier tour ou d’aller le plus loin possible, d’autres, par contre, n’ont d’yeux que sur dame coupe. Sont de cette dernière catégorie, l’Egypte. Sans victoire depuis 2010, les Pharaons rêvent d’un 8e sacre continental, deux ans après le succès du Cameroun qui les avait battus en finale. A domicile, les Pharaons seront les adversaires à abattre. Ils pourront s’appuyer sur leur feu follet, Mohamed Salah, au sommet de son art depuis deux saisons avec son équipe Liverpool. Aussi, les statistiques parlent en faveur des Pharaons. En quatre éditions de CAN organisées sur son sol, ils en ont remporté trois. Aux côtés de l’Egypte, il faudra sans doute compter avec les tenants du titre. De grands talents sur les pelouses Vainqueurs courageux en 2017, les Lions Indomptables ne pourront plus avancer masqués désormais. Dirigés par le Néerlandais, Clarence Seedorf et son adjoint Patrick Kluivert, ils peuvent s’appuyer sur un groupe combatif et solidaire. Derrière l’Egypte et le Cameroun, le Sénégal fait peur. Les Lions de la Téranga ont faim. Eux, à chaque fois qu’ils ont participé à une CAN, partent avec les faveurs des pronostics mais ne gagnent rien à l’arrivée. Leurs illustres aînées, Aliou Cissé (actuel sélectionneur), Pape Bouba Diop, Khalilou Fadiga, Henry Camara et El Hadj Diouf ont échoué de peu en finale (défaits aux tirs au but 3-2) face au Cameroun en 2002. Pour la présente édition, le Sénégal pourra compter encore sur un sacré effectif bien fourni à toutes les lignes. Edouard Mendy dans les buts, Kalidou Koulibaly en défense, Idrissa Gueye au milieu ou encore Ismaïla Sarr, Mbaye Niang et Balde Keïta en attaque, sans oublier l’excellent Sadio Mané, bien décidé à se mêler cette année dans la course pour le Ballon d’Or. Le Maroc d’Hervé Renard, ou encore l’Algérie, emmenée par Riyad Mahrez et Yacine Brahimi, la Côte d’Ivoire du Lillois Nicolas Pépé, et le Ghana, qui comptera une nouvelle fois sur le talent des frères Ayew et d’Asamoah Gyan, pourront jouer les troubles-fêtes. Cette CAN du renouveau sera marquée par la présence de trois néophytes. Ce sont notamment Madagascar, la Mauritanie et le Burundi. Aussi, elle enregistre les retours de plusieurs pays après de longues années d’absence comme le Bénin, le Kenyan, l’Angola, la Tanzanie, la Namibie. Une conséquence logique du passage de seize à vingt-quatre équipes.

Yves OUEDRAOGO

Journée mondiale des réfugiés : près de 26 000 personnes sous assistance au Burkina

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), en collaboration avec le Secrétariat permanent de la Commission nationale pour les réfugiés, a animé le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse, à l’occasion de la 19e Journée mondiale du réfugié. L’Etat burkinabè et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés mutualisent leurs efforts pour assurer le droit d’asile aux personnes ayant trouvé refuge au pays des Hommes intègres. Le jeudi 20 juin 2019, date marquant la 19e Journée mondiale des réfugiés, les deux parties ont concomitamment animé une conférence de presse à Ouagadougou, pour faire le point de la situation dans le monde et au niveau national. La représentante du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burkina Faso, Loli Kimyaci a indiqué qu’à la fin de l’année 2018, le monde a enregistré près de 71 millions de personnes déplacées. «Au Burkina Faso, à la date du 30 avril 2019, près de 26 000 personnes majoritairement maliennes (25 171) bénéficient de l’asile, de l’assistance et de la protection de l’Etat burkinabè et du HCR», a-t-elle soutenu. Puis de poursuivre qu’en raison de la crise qui perdure, de nouveaux arrivants fuyant leurs localités à la suite des violences intercommunautaires continuent d’être enregistrés. D’où ses remerciements renouvelés au gouvernement et au peuple burkinabè pour leur hospitalité. Et le secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés, Flavien Imah William Nézien, d’expliquer que cette hospitalité, en plus de la solidarité vis-à-vis des réfugiés, repose sur le savoir-vivre des Burkinabè. Toutefois, il a indiqué que la gestion des réfugiés demeure une problématique à résoudre face à la raréfaction des ressources financières, l’austérité des politiques migratoires, la lutte contre le terrorisme et les conséquences du changement climatique. M. Niézien a salué le rôle principal des agences du système des Nations unies à travers le bureau du HCR au Burkina Faso. En 2019, la commémoration de la Journée des réfugiés se déroule dans une atmosphère de discorde avec le mécontentement de l’Association des réfugiés résidant au Burkina Faso (ARBF). Réfugiés mécontents Elle a manifesté publiquement hier jeudi 20 juin pour dénoncer le détournement par l’UNHCR, d’un fonds destiné à ses membres et la falsification des dossiers des réfugiés par les organisations partenaires. Sur ces griefs rapportés par les hommes de médias, la représentante du HCR au Burkina Faso a expliqué que l’ARBF n’est pas à ses premières déclarations concernant un détournement de fonds qui aurait lieu dans le cadre du projet-pilote de réinsertion au Burkina Faso en 1998. «Le HCR et ses partenaires ont entendu à plusieurs reprises les responsables de l’association qui n’ont pas été en mesure d’apporter de preuve de leurs allégations. Dans ces circonstances, il nous est difficile d’y accorder foi», a justifié Loli Kimyaci. Puis de préciser que le HCR et ses partenaires sont tenus par des procédures «extrêmement strictes» avec des projets clos après des contrôles financiers dûment menés. Quand en est-il de la réinstallation de tous les réfugiés urbains souhaitée par l‘ARBF? A cette question, le Secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés a laissé entendre que chaque pays a ses propres critères de réinstallation. «Le principal critère est celui du besoin actuel de protection. Les personnes éligibles doivent ensuite répondre à certains critères de vulnérabilité déterminés par les pays qui reçoivent les réfugiés», a relevé M. Nézien. Pour ce qui est des personnes non éligibles à la réinsertion, le HCR a prévu trois solutions durables pour les réfugiés. Il s’agit du rapatriement volontaire dans le pays d’origine, l’intégration locale dans le pays d’asile et la réinstallation dans un pays tiers. «De ces trois solutions, seul le rapatriement volontaire qui demeure la plus souhaitée, constitue un droit pour le réfugié», a fait savoir madame Kimyaci.

Abdoulaye BALBONE

Lutte contre la désertification : les efforts du Burkina Faso salués par les Nations unies

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu, le jeudi 20 juin 2019, à Kosyam, le secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), Ibrahim Thiaw. Le leadership du Burkina Faso dans le domaine de la lutte contre la désertification s’affirme à l’international. En séjour à Ouagadougou pour prendre part à un sommet sur la question, le secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), Ibrahim Thiaw, l’a reconnue au terme d’une audience le 20 juin 2019 au palais de Kosyam. «Nous avons été reçus par le chef de l’Etat pour échanger sur la question de la désertification. Depuis les années 1970, le Burkina Faso qui a toujours fait des efforts s’est distingué dans ce domaine. Le prix alternatif remporté par Yacouba Sawadogo en 2018 et celui attribué à Mathieu Ouédraogo, un autre Burkinabè qui recevra sa récompense en juillet prochain en Chine, en sont des exemples parfaits», a-t-il déclaré. Pour lui, la lutte contre la désertification est une question bien comprise par les Burkinabè qui doivent exporter leur savoir-faire dans le domaine et impacter les autres pays du Sahel, l’objectif étant d’assurer une production agricole dans des zones particulièrement hostiles. «La lutte contre la désertification comprend plusieurs volets, à savoir accéder à l’énergie solaire pour faciliter la production agricole, réduire les pertes après les récoltes, conserver les aliments, accroitre la chaine de valeur, assurer le bien-être des populations, fixer les jeunes sur leur territoire et promouvoir l’entrepreneuriat des femmes et leur accès à la terre», a fait savoir M. Thiaw. La délégation a mis à profit sa visite pour inviter le président du Faso à la conférence des parties à la convention, la Coop 2019 qui se tiendra en septembre prochain à New Dehli en Inde. «Les liens entre changement climatique, lutte contre la désertification et biodiversité ainsi que des sujets divers comme le droit foncier, les relations entre zones rurales et celles urbaines pour la production agricole, l’économie du milieu rural seront au cœur des réflexions lors de ce rendez-vous mondial», a indiqué le secrétaire exécutif de la CNULCD. De l’avis de ce dernier, le président du Faso qui préside le G5-Sahel et le CILSS, doit user de son influence pour que le Sahel soit au cœur de l’action climatique et le sommet prévu dans quelques mois au siège de l’ONU à New York sur le sujet constitue une opportunité. A écouter l’émissaire onusien, les différents Etats entrent dans les dix dernières années de l’échéance des Objectifs du développement durables (ODD) ainsi que de la décennie décrétée par l’Assemblée générale de l’ONU sur la restauration des écosystèmes. «Le Sahel à travers des actions de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel, doit continuer à déployer ses efforts pour le respect des engagements», a souhaité Ibrahim Thiaw, ajoutant que le Burkina, grâce à son expérience dans le domaine de la désertification, peut jouer un rôle important dans la restauration des terres à l’horizon 2030.

Beyon Romain NEBIE

nbeyonromain@yahoo.fr

Crise au CDP : des cadres demandent la démission du président Eddie Komboïgo

Des «mécontents» du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ont organisé, le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse pour demander la démission du président du parti, Eddie Komboïgo. «Nous pensons que le président Eddie Komboïgo est dans un deal dans le but de déstabiliser le CDP et l’empêcher d’accéder au pouvoir en 2020», c’est la conclusion à laquelle, le député Yahaya Zoungrana est arrivé, concernant la crise actuelle qui secoue l’ex-parti au pouvoir. Se considérant comme des mécontents de la gestion du parti, le député Yahaya Zoungrana et Salam Dermé ont animé une conférence de presse, le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, en présence de Zambendé Théodore Sawadogo, Ambroise Tapsoba Gnama Paco Drabo et des chefs coutumiers, pour demander la démission de Eddie Komboïgo. «Caporalisation des structures du parti,  instrumentalisation, hold-up, auto-adoubement, offre publique d’achat du parti, passage aux forceps, clientélisme, chantage, trafic d’influence, gestion prévaricatrice, dérives autocratiques», tels sont les mots utilisés pour dépeindre la gestion du président Komboïgo. Pour les animateurs de la conférence de presse, l’actuel patron du CDP doit simplement rendre le tablier, au regard du «chaos» instauré à l’occasion de son élection en mai 2015 et à la suite de la décision de justice suspendant la tenue du congrès extraordinaire du parti. Ils dénoncent ainsi des «dysfonctionnements graves» dans la conduite des affaires du CDP, allant des manquements au non-respect des dispositions du militantisme, à la non relecture du programme du parti, en passant par la non-édition et la non-diffusion des actes finaux du congrès de 2018, entre autres. Les conférenciers accusent Eddie Komboïgo d’opérer un décrochage d’avec le président d’honneur et fondateur du parti, Blaise Compaoré, et dénoncent aussi, «l’instrumentalisation» des organes et militants pour s’imposer comme candidat du CDP à l’élection présidentielle de 2020. A entendre Yahaya Zoungrana, les frondeurs, ayant constaté ces «dérives autocratiques» au mépris des textes du parti, «se font le devoir de les dénoncer, en engageant les actions qu’ils jugent appropriées pour y mettre un terme».  Le recours en annulation du congrès extraordinaire, a-t-il dit, participe de ces actions, alors que le président aurait promis de les sanctionner. «Non seulement, aucun texte du parti n’interdit à un militant de porter sa cause devant un juge, mais pire, selon la gouvernance de Komboïgo, ester en justice est un acte d’indiscipline qui mérite exclusion du parti», a-t-il relevé. Estimant que le président du CDP n’a pas respecté les textes du parti, d’où la décision de justice, les animateurs de la conférence de presse demandent sa démission conformément aux articles 103 et 104 des statuts du parti qui prescrivent, ont-ils cité, la dissolution de l’organe fautif en cas de non-respect des statuts et règlement intérieur. «… Eddie Kombïgo et ses hommes en sont arrivés à, juridiquement, perdre la légitimité, la légalité de direction. Dignement, ils doivent en tirer les conséquences», a fait savoir M. Zoungrana. Les frondeurs exigent également la mise en place d’une commission consensuelle et inclusive pour le traitement des dysfonctionnements et souhaitent l’implication du président d’honneur, fondateur du parti dans la résolution de la crise et pour un choix consensuel du candidat du parti à la présidentielle de 2020. Interrogé sur leur décision de soutenir la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo (KDO), Salam Dermé s’est voulu clair : «le CDP n’a pas encore de candidat, mais il a des cadres dont KDO  qui affichent leur candidature». Et Yahaya Zoungrana de renchérir que KDO a l’étoffe pour la fonction. «Nous estimons que s’il est candidat, il allait réunir la totalité des militants du CDP, en plus des nombreux autres soutiens dont il bénéficie de l’extérieur du parti», a-t-il soutenu. Pour lui, la candidature de KDO n’est pas une candidature indépendante, mais portée par des associations et partis qui pourront se joindre au CDP pour la soutenir. Et de préciser que si Eddie Komboïgo veut être candidat, il doit démissionner de la tête du parti «parce qu’il ne peut pas être juge et parti».

Jean-Marie TOE

Projet de révision du Code pénal : des journalistes dénoncent un attentat à la liberté de presse

Des organisations professionnelles des médias ont animé une conférence de presse, le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, pour dénoncer les «restrictions à la liberté des médias et des citoyens contenues dans le projet de relecture du Code pénal». Le projet de révision du nouveau Code pénal adopté en Conseil des ministres le 6 juin 2019 et transmis à l’Assemblée nationale, pour débat et adoption aujourd’hui 21 juin, est remis en cause par des organisations professionnelles des médias. Elles ont manifesté leur désapprobation, hier jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, lors d’une conférence de presse. En effet, le projet de révision du Code pénal est, selon les professionnels des médias, une opération qui vise à introduire des dispositions «attentatoires» à la liberté d’expression dans le chapitre consacré aux infractions liées au terrorisme et les communications relatives aux actes terroristes, par quel- que support ou moyen de communication que ce soit. Aussi, ont-ils dénoncé, dans le projet de texte, des notions «vagues» comme «temps voisin», «quiconque», etc. Cela prouve la volonté des autorités de ratisser large et de museler la presse et les citoyens, a estimé le président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), Guézouma Sanogo. Il a cité en exemple le projet d’article 312-15 qui dispose : «est puni d’une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende d’un million à dix millions F CFA, quiconque publie ou relaie en direct ou dans un temps voisin, par un moyen de communication, quel qu’en soit le support, des informations, images ou sons de nature à compromettre le déroulement d’une opération ou d’une intervention des forces de défense et de sécurité en cas de commission d’acte terroriste». De telles dispositions constituent un recul «grave», selon les conférenciers qui disent déplorer la remise en cause de leurs acquis par le pouvoir en place, «malgré la présence remarquée de journalistes dans le gouvernement». Aux dires des responsables des organisations faîtières des médias, les journalistes, principales cibles, selon eux, n’ont pas été associés lors des discussions. «Le processus de révision du Code pénal n’a aucunement été participatif et ne peut revêtir le sceau d’un quelconque consensus», a déclaré M. Sanogo. «L’exécutif et le parlement, en parfaite complicité, ont ignoré les organisations professionnelles des médias dans leur majorité à l’occasion des séances des auditions pour amender le projet de texte à l’Assemblée nationale. La Commission des affaires institutionnelles et des droits humains (CAGIDH) a bouclé son rapport sans qu’aucune organisation professionnelle des médias n’ait pu être entendue», a-t-il regretté. A la question de savoir pourquoi, c’est maintenant qu’ils dénoncent ces manquements, le président de la Société des éditeurs de presse (SEP), Boureima Ouédraogo, a répondu que c’est recemment qu’ils ont eu le projet de loi et d’ajouter que toutes les portes ont été fermées aux organisations des médias. Néanmoins, ils se disent disposés à se battre pour la défense de la liberté des journalistes à informer les citoyens.

Arnaud Fidèle YAMEOGO

(Stagiaire)