Promotion de l’entrepreneuriat à Dédougou : des femmes reçoivent une unité de transformation de manioc

Le ministère de la Jeunesse et de la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes a fait don d’une unité économique de transformation de manioc aux femmes du Groupement Burkina journalier (GBJ), le lundi 17 juin 2019, à Dédougou. Cette remise s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le chômage des femmes et des jeunes. Le Programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE/JF), initié par le ministère de la Jeunesse et de la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes (MJPEJ) pour la résorption du chômage au Burkina Faso, est en marche. Grâce à ce projet, les femmes du Groupement Burkina journalier (GBJ) basé au secteur n°3 de Dédougou, ont vu leurs capacités de production renforcées le lundi 17 juin 2019. En effet, elles ont reçu, de la part du ministère, à travers le PSCE/JF, une unité économique de transformation du manioc. D’une valeur de près de 14 millions F CFA, le don comprend, en outre un local nouvellement construit au siège de l’Association. Selon le chef du département, Salifo Tiemtoré, qui a présidé la cérémonie de remise officielle, l’équipement remis va permettre d’améliorer les conditions de transformation du manioc en réduisant davantage, les conditions de travail des femmes. Pour le ministre Tiemtoré, le programme est en phase avec la vision du chef de l’Etat. «Le PSCE /JF vise la consolidation de l’investissement dans le capital humain, quintessence du programme du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré», a-t-il précisé. De son avis, ce projet entend faire des jeunes et des femmes, des leviers importants du développement économique et social du Burkina Faso. La présidente du groupement féminin, Christine Règma Yaméogo, a exprimé sa gratitude au gouvernement. «Cette initiative témoigne de l’attention portée par les autorités aux questions de chômage des jeunes et des femmes», a-t-elle dit. Rapatriée au Burkina Faso dans le cadre de l’opération «Bayiri» pendant la crise ivoirienne dans les années 2000, Christine Yaméogo a connu une traversée de «désert», avant de renouer avec la production de l’«attiéké», une activité qu’elle exerçait en terre d’éburnie. Avec une expérience de plus de 15 ans dans le domaine, le chiffre d’affaires du groupement qu’elle dirige a explosé depuis l’acquisition de l’unité économique. «La technologie moderne offerte par le ministère nous a permis d’accroitre notre capacité de production qui est d’une tonne par jour pour un chiffre d’affaires mensuel qui oscille entre 35 et 40 millions F CFA», a confié dame Yaméogo dont les souffrances endurées ne sont plus que de mauvais souvenirs. En plus de la transformation de manioc en «attieké», du jus, du vin et bien d’autres produits issus de la transformation locale sont commercialisés par les femmes de Dédougou. Les produits exportés dans la sous-région S’agissant des débouchés, les produits sont exportés dans les pays de la sous-région jusqu’au Nigéria. Ce qui permet à la vingtaine de membres de subvenir aux besoins de leur famille. Hormis les membres, les activités de l’association permettent à des employées journalières de gagner leur pain. Les bénéficiaires se sont engagées à faire un bon usage du matériel, afin de pérenniser les emplois. Le maire de Dégougou a embouché la même trompette à la suite des transformatrices, exprimant sa reconnaissance aux autorités du ministère donateur dont le geste va contribuer selon lui, à la réduction du taux de chômage dans sa commune. En plus de l’unité de transformation de manioc, la région de la Boucle du Mouhoun a bénéficié d’autres technologies modernes. Il s’agit d’une unité de transformation de beurre de karité installée à Toma, l’unité de fabrique d’aliment pour bétail et de volaille à Nouna et à Solenzo, l’unité de fabrique artisanale de soumbala à Boromo et une unité d’étuvage de riz à Tougan. A l’échelle nationale, 47 unités économiques ont été déjà installées dans 45 provinces pour un coût de plus 697 millions F CFA. En marge de la cérémonie, le ministre de la Jeunesse et de la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes a représenté le Premier ministre au lancement du recrutement de la 71e promotion des appelés du Service national pour le développement (SND) intervenu plus tôt dans la matinée à Dédougou. Salifo Tiemtoré a invité les candidats au SND à cultiver le civisme, le patriotisme dans ce contexte où l’autorité de l’Etat et l’unité de la nation sont mises à rudes épreuves. Il a également effectué des visites de terrain, notamment au Centre régional de formation du SND de la cité de Bankuy.

Beyon Romain NEBIE nbeyonromain@yahoo.fr

Prix international de poésie Jacques- Prosper-Bazié : le sacre du poète Parfait Dobi Maré

Le Centre international de recherches et de créations artistiques (CIRC’ART) a organisé, le samedi 15 juin 2019, à Ouagadougou, une cérémonie consacrée à la délibération des résultats du concours du prix international de la poésie Jacques- Prosper-Bazié. Lancé le 11 février 2019 par le Centre international de recherches et de créations artistiques (CIRC’ART), le concours du prix international de la poésie Jacques-Prosper-Bazié a connu son épilogue au cours d’une cérémonie, tenue dans la matinée du samedi 15 juin 2019 à Ouagadougou. Ce concours, selon les initiateurs, est destiné aux jeunes âgés de 17 à 30 ans, n’ayant encore aucune publication à leur actif en poésie, et ressortissants des pays tels le Burkina Faso, la Côte d’ivoire, le Niger, le Bénin, le Mali et le Togo. Et pour cette première édition, a expliqué le président de Jury, Fousséni Kindo, conformément au règlement intérieur du concours et les critères ci-après, à savoir la thématique, le champ rhétorique (figure de styles, densité, rythme, ponctuation) et l’originalité, 19 œuvres sur 20 postulées ont été examinées et évaluées par le jury. A l’issue de cela, le candidat burkinabè Dobi Parfait Maré a été sacré premier des lauréats avec la note de 14, 67 sur 20. «Les notes ont varié entre 09 à 14, 67 sur 20 avec respectivement 13, 67 sur 20 de moyenne pour le 3e et le 2e candidat, Arnaud Kuéla et Midour Sié Noé, donnant le 2e rang à Midour Sié Noé à raison de son âge moins élevé que son ex-aequo», a détaillé le président du jury. Pour lui et son équipe, certaines lacunes liées à la maîtrise des techniques de versification ont été constatées au niveau des candidats. Foi de quoi, il a en sa qualité de président de jury, formulé avec ses camarades membres, les recommandations relatives à la poursuite des ateliers d’écriture à l’endroit des nominés dans le but d’améliorer la qualité de leur production et l’encouragement de la participation internationale pour avoir plus d’adhésion et d’appropriation du concours. A écouter l’administrateur du concours, Justin Stanislas Drabo, l’ambition du prix Jacques-Prosper-Bazié est tridimensionnelle. Il s’agit de rendre hommage à l’artiste émérite Jacques Prosper Bazié dont le prix porte le nom, aider les débutants dans l’art poétique et offrir aux jeunes poètes un cadre de rencontre, de partage d’expériences, d’expressions et de saine émulation. «Au terme de ce baptême de feu, nous taisons les échos des difficultés rencontrées, pour entendre les clameurs de satisfactions enregistrées. Et la première des satisfactions, c’est que nous avons réussi à porter ce prix sur les fonts baptismaux», s’est réjoui le promoteur, Justin Stanislas Drabo. Administrateur du Carrefour international du théâtre de Ouagadougou (CITO) et parrain de cette première édition du prix international de la poésie Jacques-Prosper-Bazié, Martin Zongo a fait savoir que l’initiative est noble et qu’il fallait la créer. Il a traduit ses félicitations et encouragements aux différents participants et aux trois finalistes. «Nous sommes d’ailleurs prêts à encourager toujours les candidats à prendre part à ce concours et à soutenir également l’évènement qui, pour l’instant, est en quête de soutien. Pour ma part, je suis engagé auprès des initiateurs pour sa pérennisation», a rassuré le parrain Martin Zongo. Le sacré champion des lauréats de cette première édition de 2019, Dobi Parfait Maré, quant à lui, retourne à la maison, tout joyeux avec une enveloppe de 50 000F CFA, une attestation spéciale du prix, une attestation de participation et deux œuvres littéraires offertes par les promoteurs. «Ce prix vient une fois de plus me galvaniser et me réconforter en tant que jeune poète dans la production de mes futures œuvres», s’est réjoui le lauréat.

Mamourou BENAO (Collaborateur)

Women Deliver 2019: Chacun est  invité à mettre son pouvoir au profit de l’égalité des sexes

La conférence internationale Women Deliver  tenue  sur le thème « Pouvoir, progrès changement » a  clôturé ses travaux le  6 juin 2019 à Vancouver au Canada. Les défenseurs des droits des femmes invitent  tout un chacun à user de son pouvoir pour l’égalité des sexes dans le monde. Comment utiliserez-vous votre pouvoir individuel, le pouvoir structurel et le pouvoir collectif pour susciter le progrès et le changement chez les filles et les femmes? C’est la question  posée aux participants durant les quatre jours des travaux de Women Deliver 2019. Plus grande conférence consacrée à l’égalité des sexes,  près de 8 000 participants, dirigeants, militants, universitaires et journalistes venant de plus de 160 pays se sont penchés sur des thèmes visant à l’effectivité des droits des femmes dans le monde.  Aussi, environ 100 000 personnes de plus y ont participé virtuellement. Présidente-directrice générale de Women Deliver, Katja Iversen, et Mme Sophie Gregoire Trudeau, épouse du 1er ministre canadien ont toutes  indiqué  qu’hommes et femmes doivent s’efforcer d’user de leur pouvoir  de faire le bien.  C’est à cette condition que le monde  obtiendra l’égalité entre les sexes. Les défenseurs des droits des femmes sont convaincus que l’investissement au profit des filles et des femmes favorisera le progrès pour tous.  La clôture de Women  Deliver   s’est déroulée dans une ambiance musicale bien entretenue par l’artiste musicienne Angélique Kidjo. Rendez-vous a été donné en 2023 pour la prochaine conférence. Boureima SANGA De retour de Vancouver/Canada
Ils ont dit… Cécile Thiombiano/Yougbaré, coordonnatrice plaidoyer à Médecins du monde France au Burkina: « Je suis féministe et fière de l’être ». Women Deliver est  un cadre de partage d’expérience.  Dans le cadre  du renforcement des capacités de nos partenaires, je participe à cette conférence  avec deux membres de la société de gynécologie obstétricale du Burkina. Médecins du monde France fait   l’effort d’inviter ses partenaires. Le thème « Pouvoir, progrès, changement », m’a plu car il  tend à galvaniser, à booster les femmes et à augmenter le leadership des femmes avec un focus fait à la promotion des droits sexuels et reproductifs. Ce thème part du constat que la femme a besoin d’avoir des  capacités  surtout sur le volet leadership.   Mais cela ne veut dire qu’elle doit évoluer seule. La femme doit avoir le courage de montrer ce qu’elle veut et non se lamenter. C’est un appel au leadership, au courage et au dynamisme. Cette conférence nous a donné des rudiments pour changer notre façon de faire et on ne pourrait pas le faire sans l’homme. On revendique l’effectivité des droits de femmes mais on ne peut le faire sans l’homme. Donc il nous faut plus   de collaboration  hommes et femmes. Pour moi être féministe,  c’est travailler à ce qu’on ait l’égalité des sexes qui n’est pas mathématiques mais d’équité. C’est de travailler à ce qu’on prenne en compte dans nos différentes politiques et dans nos manières de faire la femme comme une personne égale à l’homme.  C’est ainsi que je dis je suis féministe et fière de l’être. Mme Garané Léa Pépin  sage-femme/ Jhipiego : « Nous devons nous mettre au travail pour l’égalité des sexes » La rencontre Women Deliver 2019 est très enrichissante.  Le thème central   « Pouvoir, progrès, changement » est très   pertinent.  J’ai aimé   la pré-conférence sur les sages-femmes où on a échangé sur l’environnement et les conditions de travail dans le monde et dans les pays les moins développés. Au sortir de cette conférence, nous devons nous mettre au travail pour l’égalité des sexes  car on est encore loin du compte. Nous savons que cette égalité ne viendra que par les femmes et nous devrons vraiment nous engager à cela. Célestin Compaoré, programme manager Burkina Faso/Pathfinder international : « Investir sur les femmes, c’est le meilleur investissement dans le monde »   Nous avons  beaucoup appris  et partagé nos expériences  dans le domaine de l’accès à la  santé sexuelle et reproductive des femmes,  du genre, de l’égalité, de renforcement des capacités des femmes. Nous repartons de cette conférence avec de nouveaux  savoirs que nous allons mettre en œuvre  pour accélérer  l’atteinte des objectifs en matière de droit sexuel et reproductif et contribuer à la réduction de la  mortalité maternelle et infantile au Burkina Faso. Il faut accroître l’autonomisation et  le pouvoir des femmes.   Nous croyons qu’investir sur les femmes, c’est le meilleur investissement dans le monde. Pr  Blandine Thiéba , gynécologue obstétricienne, chef de département de gynécologie obstétricale à l’Université Joseph Ki-Zerbo : « La femme est un pilier de la société qu’il ne faut pas négliger » C’est un congrès d’échange sur l’amélioration des conditions de la femme aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Les problèmes des femmes son universels. Et ces problèmes doivent être combattus pour que la femme retrouve sa santé et sa dignité. Quand on pense que la santé est un droit pour tous il faut travailler à cela. Investir dans une femme, c’est investir aussi bien dans le développement social  qu’économique. La femme est un pilier de la société qu’il ne faut pas négliger. On le sait en Afrique la place de la femme. Je pense que nous avons des cultures qu’il faut valoriser et ne pas remettre en cause. Il faut accompagner les femmes à tous les niveaux.  Nous avons reconnu que notre pays avance, et certains pays veulent s’inspirer.   B.S    

Médias et sécurité : « Nous nous intéressons à la lutte contre le terrorisme par devoir professionnel », dixit Mahamadi Tiégna (SG du GEPPAO)

Dans le cadre  du forum sur le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme prévu les 20 et 21 juin 2019 à Ouagadougou, notre confrère lefaso.net a rencontré, le secrétaire général de GEPPAO, Mahamadi Tiégna. Lisez l’intégralité de son entretien ci-dessous.
Les 20 et 21 juin, Ouagadougou va accueillir le forum de haut-niveau du Groupement des éditeurs de presse publique de l’Afrique de l’Ouest (GEPPAO), sur le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme. A quelques heures de ce rendez-vous, nous sommes allés à la rencontre du secrétaire général dudit groupement, par ailleurs directeur général des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiégna. Il nous présente le GEPPAO et donne  les grands axes de ce forum. LeFaso.net : Pouvez-vous nous présenter le GEPPAO ? Mahamadi Tiégna : Le Groupement des éditeurs de presse publique de l’Afrique de l’Ouest (GEPPAO), a été institué par les premiers responsables d’organes de presse écrite d’Etat de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) lors d’une Assemblée générale constitutive le 11 décembre 2014 à Abidjan. L’organisation a été portée sur les fonts baptismaux afin de fédérer les énergies au niveau des organes de presse d’Etat de la sous-région. La Côte d’Ivoire assure la présidence et le Burkina Faso, le secrétariat général. Alors, quel rôle jouent les autres pays au sein du GEPPAO ? Il faut dire que c’est un groupement qui est en train de prendre corps. Au lancement de l’initiative, l’ensemble des patrons des presses publiques n’étaient pas présents donc tous les postes n’ont pas été pourvus. Dans le bureau actuel du GEPPAO, la présidence est assurée par Fraternité Matin de Côte-d’Ivoire, le secrétariat général, par les Editions Sidwaya du Burkina Faso et  la trésorerie, par le Sahel du Niger. Ce sont donc ces membres fondateurs qui ont conduit l’organisation jusqu’au présent forum de Ouagadougou.  Les autres postes seront pourvus bientôt à l’issue de l’assemblée générale prévue pour le samedi 22 juin prochain à l’issue du forum de haut-niveau que nous avons à Ouagadougou les 20 et 21 juin 2019. Pour cette année, vous constaterez que quasiment tous les responsables d’organes de presses d’Etat de la sous-région sont là, à l’exception de notre homologue de la Société nationale des éditions du Togo (EDITOGO) qui imprime le quotidien national Togo-Presse. Pour des raisons de calendrier ne pourra pas être des nôtres à la date du forum. Aux cotés donc du DG de Fraternité Matin et des Editions Sidwaya, les premiers responsables de La Nation du Benin, Le Soleil de Dakar, L’Essor du Mali participeront à ce rendez-vous. De 2014 à 2019, quel bilan peut-on dresser du GEPPAO ? Après la réunion constitutive d’Abidjan en 2014, il y a eu un forum sur le rôle des medias dans l’émergence de nos pays et un autre sur « Election et cohésion sociale en Afrique » à Abidjan, des échanges d’articles entre les journaux, des assistances mutuelles au cours des reportages dans nos pays membres, surtout entre les deux quotidiens d’Etat de Côte-D’Ivoire et du Burkina Faso. Il était prévu qu’après ce salon, nous puissions enchainer avec une autre activité au Niger. Mais nous sommes malgré tout très loin de nos objectifs de départ.  Comme vous le savez, le turn-over à la tête des organes de presse d’Etat est souvent tellement rapide. Il suffit souvent d’un changement à la tête d’une de nos entreprises de presse qu’une initiative ne puisse pas prospérer dans les délais impartis. Donc c’est au gré de ces changements que depuis les deux forums d’Abidjan, nous n’avons  véritablement pu organiser un autre événement de la trempe du forum de Ouagadougou. « Le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest : entre contraintes sécuritaires et devoirs professionnels ». Qu’est-ce qui justifie ce thème ? Il faut dire que le « terrorisme moderne », si on peut le dire ainsi, est surtout médiatique. D’un côté, nous sommes attirés par la question par devoir d’information sur tout évènement majeur. De l’autre, nous sommes attirés par une certaine fascination des actes terroristes. L’entreprise terroriste exploite à fond cette dynamique en agissant pour attirer autant que possible l’attention du monde. Mais cela ne doit pas affecter l’importance de la liberté d’expression et d’information en tant que fondamentaux de la démocratie. Le public a bien le droit de savoir sur toute question d’intérêt général, actes et menaces terroristes ainsi que toutes les réponses données par les Etats et les organisations internationales. Fondamentalement, il ne faut pas que les terroristes se servent de la communication comme prolongement de la terreur. C’est pour cela que certains médias ont décidé librement, sans que la loi ne les enjoigne, de ne pas relayer les images et vidéos de propagande des organisations à but terroriste. Nous devons, nous journalistes, à notre tour, nous poser les bonnes questions au cours de ce forum. Sommes-nous coupable de trop parler, de trop montrer sur la question ? Devons-nous contribuer chacun à lutter contre le terrorisme ou participer à apaiser ? Le terroriste ne fait pas lui-même le bilan de ses actes. Lorsqu’il frappe, ce sont nous les journalistes qui allons sur le terrain, récoltons les informations sur le nombre de blessés, de morts et de déplacés. C’est ce qui fait que l’entreprise terroriste a toutes ces informations qui lui permettent de faire son bilan. Rien que pour cela, la thématique de ce forum se justifie amplement. L’idée du GEPPAO est de susciter la réflexion. Bien sûr, nous n’avons pas les réponses à ces questions, mais nous devons lever le lièvre. Les intervenants issus du monde politique, de la société civile, des médias, pourront apporter leur contribution sur ce qui devrait être notre travail au quotidien. Il ne s’agit pas d’orienter les contenus du traitement de l’information d’un organe. Ce serait prétentieux et même vain. Il s’agit surtout de se poser les bonnes questions. Dans l’exercice de vos devoirs professionnels en tant que presse publique, quelles sont les contraintes auxquelles vous faites face ? Il n’y a pas de contrainte particulière à Sidwaya comme à LeFaso.net, je peux le dire. C’est à nous de nous poser la question. Lorsque vous recevez par jour une dizaine de messages qui vous dit en même temps qu’il y a des attaques, vous êtes en face d’un flot d’informations qu’on ne peut pas faire passer systématiquement. Il faudra recouper. Il y a aussi l’urgence. Le temps de recouper, vous voyez que ça y est déjà sur un site internet, mais il faudra avoir cette pondération qui vous évite de faire la course de qui publiera le premier. Il faut que ce soit quelque chose de vérifiable et de vérifier, de crédible qui pourrait éventuellement aider les opérationnels et la population à se déterminer dans leur travail au quotidien. A quoi doit-on s’attendre à l’issue de ce forum ? Il y a des thématiques qui cadrent avec notre exercice quotidien et en tant qu’homme de terrain, cela nous permettra d’être outillés. Maintenant, qu’est-ce qui va en sortir, il sera difficile de le dire à l’avance. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice du G5-Sahel a bien voulu patronner ce forum. Son homologue de Côte-D’Ivoire Alassane Ouattara a aussi apporté son soutien au GEPPAO.  Nous avons la faiblesse de voir en cela la reconnaissance du rôle que les médias jouent dans la lutte contre le terrorisme. Le GEPPAO lui en est tout naturellement reconnaissant. La presse privée pourra-t-elle prendre part à ce forum ?  La suite  suivez le lien: https://lefaso.net/spip.php?article90308   Interview réalisée par Cryspin M. Laoundiki LeFaso.net

Franc CFA : l’espoir est encore permis

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Les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales des pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis, les 17 et 18 juin à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, pour discuter de l’instauration d’une monnaie unique. Ils ont examiné le rapport du comité d’expert portant, entre autres, sur les noms et symboles de la future monnaie, le régime de change ou le modèle de banque centrale. A l’occasion, les participants ont réaffirmé leur volonté de remplacer le franc CFA en 2020 conformément aux objectifs de la CEDEAO. Cette échéance sera-t-elle enfin la bonne, quand on sait que le lancement d’une nouvelle monnaie a été repoussé au moins quatre fois depuis 1983, la première date annoncée ? Il est logique de poser cette question, à moins d’un an de l’opérationnalisation du projet. Surtout que certaines voix penchent toujours pour le maintien du franc CFA. C’est le cas du directeur exécutif de la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises, Sylvain Kopoin, qui estime qu’il n’est pas possible d’avoir une monnaie unique dans l’espace CEDEAO en 2020. Même s’il reconnaît qu’une monnaie unique permettrait une ouverture du marché de près de 400 millions d’habitants, il reste convaincu qu’en raison des flux migratoires, il faut maintenir la parité avec l’Euro. Cette position ne semble pas être partagée par certains économistes et bon nombre de ressortissants de la zone. Si les partisans du maintien du franc CFA plaident pour son maintien parce qu’il est à leurs yeux un facteur de stabilité économique, ses détracteurs le voient plutôt comme un symbole colonial, freinant l’industrialisation de l’espace communautaire. Selon le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama Koné, la monnaie unique envisagée par les Etats n’est plus une utopie technocratique. Pour lui, l’échéance de 2020 est jouable, à condition que les acteurs concernés travaillent à lever toutes les barrières intérieures et les obstacles règlementaires à la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. Pour les adeptes de la nouvelle monnaie, le compte d’opérations créé par la France, qui oblige les Etats africains à maintenir 50% de leurs devises au Trésor français, n’existe nulle part ailleurs. Il s’agit à leurs avis, d’un moyen de pression de l’Hexagone sur ses anciennes colonies. Il peut bloquer les opérations financières avec l’extérieur au détriment de ces pays. Ce fut le cas en Côte d’Ivoire en 2011, pendant la crise postélectorale où l’Etat ivoirien ne pouvait plus commercer avec l’extérieur. Les partisans de l’abandon du franc CFA pointent aussi du doigt la « cherté artificielle » de cette monnaie, due à son arrimage à l’Euro, qui rend les économies africaines fortement dépendantes des importations et pas suffisamment compétitives pour les exportations. Une situation qui freine considérablement le développement de ces Etats. Pour ces raisons, le mouvement anti CFA ne cesse de prendre du galon avec les luttes et campagnes de sensibilisation menées par des activistes comme Kémi Séba et des organisations anti-impérialistes. Aussi, des économistes et des politiciens africains ou européens opposés à cette monnaie donnent-ils de plus en plus de la voix. Toute chose qui constitue un grain d’espoir pour ceux qui pensent qu’une monnaie unique bien négociée est toujours possible. Il suffit que les décideurs politiques aient le courage de pousser l’outrecuidance pour y arriver. Pour ce faire, ils doivent déjà commencer par la mise en œuvre, sans calculs politiciens, des conclusions qui découleront des travaux de la Lagune Ebrié. Abdoulaye BALBONE

L’opposition réclame la démission du ministre des Mines

L’opposition politique a tenu son traditionnel point de presse, le mardi 18 juin 2019 à Ouagadougou. Les conférenciers ont donné leur lecture sur des points tels que le «scandale» du charbon fin et la sortie médiatique du ministre en charge de la défense nationale dans un journal sud-africain. L’affaire du charbon fin saisi par la Brigade nationale anti-fraude de l’or depuis décembre 2018 continue de défrayer la chronique. La dernière réaction en date est celle de l’opposition politique qui, le mardi 18 juin 2019, dans le cadre de son traditionnel face à la presse, a exigé que le ministre des Mines et des Carrières, Oumarou Idani, rende sa démission et se mette à la disposition de la justice, «pour avoir gravement échoué dans sa mission». Les conférenciers du jour, le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumanli Lompo et le 4e vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda Dicko, ont reproché au ministre de s’être constitué avocat d’IAM Gold Essakane et d’avoir tenté de négocier avec la justice pour cacher certains pans de l’affaire. «On ne peut tolérer qu’en ces heures sombres où le Burkina Faso a besoin de ressources pour lutter contre ses ennemis, de hauts dignitaires du pays subtilisent des biens de la Nation», a accusé le président du PNDS. Le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Moumina Chériff Sy, a également fait les frais de la sortie médiatique des conférenciers. En cause, ses déclarations relatives, entre autres, aux actions du G5 Sahel et à l’engagement de la France dans la lutte antiterroriste au Sahel dans une interview accordée au journal sud-africain «The Guardian». L’opposition y voit les germes d’incidents diplomatiques. Pour elle, les propos du ministre sont aussi le reflet d’un manque de coordination dans la communication gouvernementale puisque le président du Faso, dans le même temps, louait les actions du G5 Sahel, tout le contraire de ce qu’a affirmé son ministre d’Etat en charge de la défense. Par ailleurs, les conférenciers ont dit prendre acte des résultats du sondage du Présimètre. Selon eux, le président du Faso «a échoué dans tous les domaines». Puis, revenant sur le dialogue politique initié par le chef de l’Etat, l’opposition politique a dit se démarquer des propos du président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), qui tend à restreindre le champ de ces concertations à l’organisation des élections. «Nous estimons que le pays est en danger et qu’il faut débattre de toutes les grandes questions touchant à la vie de la Nation», a insisté M. Lompo. Les animateurs de la conférence ont enfin dénoncé «les velléités» du gouvernement tendant à envoyer les déplacés à la suite des tueries à Tongomayel et Arbinda sur les sites pour réfugiés de Barsalgho et Foubè. A les entendre, l’exécutif doit prendre toutes les dispositions pour que chaque Burkinabè se sente chez lui partout sur le territoire national. Lors des échanges avec les journalistes, l’opposition politique a été interrogée sur son action concrète dans les situations qu’elle dénonce. Le 4e vice-président de l’UPC, Amadou Diemdioda, a soutenu que l’opposition reste dans son rôle qui est d’interpeller et de dénoncer. «Nous ne sommes pas aux affaires, nous ne pouvons donc pas jouer le rôle de l’autorité», a-t-il renchéri. Et à propos de dénonciation, les conférenciers ont rappelé «l’injustice toujours en cours» sur les tueries de Yirgou, promettant de toujours exiger la lumière tant que ces crimes resteront impunis. Pour eux, c’est d’ailleurs le silence de l’autorité qui a fait essaimer d’autres situations d’affrontements intercommunautaires à Arbinda, Nafona, Zoaga et récemment Banfora. Fabé Mamadou OUATTARA

Projet riz pluvial La Chine offre des intrants à des producteurs

La République populaire de Chine a offert, le mardi 18 juin 2019 à Ouagadougou, des intrants agricoles d’une valeur de 20 millions F CFA aux agriculteurs de Bama (Hauts-Bassins) et de Nariou (Centre-Ouest). L’amitié sino-burkinabè est en marche. En effet, dans le cadre du Projet riz pluvial (PRP) au Burkina Faso, l’ambassadeur de la Chine, Li Jian, a présidé, le mardi 18 juin 2019, à Ouagadougou, une cérémonie de remise d’intrants agricoles à des agriculteurs des Hauts-Bassins et du Centre-Ouest. D’une valeur de 20 millions F CFA et composé, entre autres, de l’engrais chimique (Urée et NPK), ce don est offert précisément par une équipe d’assistance technique de l’Empire du Milieu aux riziculteurs de Bama (région des Hauts-Bassins) et de Nariou (région du Centre-Ouest). Pour Li Jian, cette offre s’explique par le fait que le gouvernement chinois accorde un large crédit au développement agricole du pays des Hommes intègres. Pour cela, a-t-il assuré, la Chine est prête à partager sans réserve son expérience et son savoir-faire dans le domaine avec le Burkina Faso. «Elle fait de son mieux pour le soutenir davantage dans le domaine agricole afin de faire de la sécurité alimentaire une réalité dans un avenir proche», a indiqué Li Jian. A travers ce don d’intrants dont 10 tonnes d’Urée, 10 tonnes de NPK et 3 tonnes de semences pour Nariou et 12 tonnes de NPK, 11 tonnes d’Urée et 6 tonnes de semences pour Bama, la partie chinoise entend développer l’agriculture burkinabè en luttant contre l’insécurité alimentaire. Lutter contre la pauvreté et la faim L’ambassadeur Li Jian a également dit espérer que ce geste de son pays va aider à surmonter les difficultés dans ces zones agricoles pour parer aux urgences alimentaires des populations locales. Et cela, a-t-il expliqué, va passer par l’amélioration des semences de riz pour augmenter le rendement de la production rizicole à l’hectare (ha). Il en veut pour preuve la production de riz cultivé par des agriculteurs burkinabè à Bama et encadrée par des experts chinois qui a atteint 5,8 tonnes à l’hectare soit le double de celle de 2018. Selon le Directeur général des productions végétales, Pascal Soubeiga, l’aide apportée par la Chine s’inscrit dans une action de lutte contre la faim et la pauvreté. Elle matérialise, a-t-il précisé, la solidité des relations bilatérales sino-burkinabè et la solidarité à l’endroit du monde agricole burkinabè. L’initiative, a laissé entendre Pascal Soubeiga, intervient après la réception des sites aménagés de Bama, de Nariou et de Tintilou (Centre-Ouest). Il a, par ailleurs, salué l’Empire du Milieu pour cette intervention et celles déjà effectuées à travers des réalisations de canaux et d’infrastructures d’irrigation à Bama et à Nariou, l’octroi de repiqueuses de riz, etc. Auparavant, en juin 2018, l’exécutif chinois, a dit Li Jian, a envoyé une équipe d’assistance technique agricole au Burkina Faso. L’équipe a réalisé 37 enquêtes, formé 1 561 personnes en technologie agricole et octroyé des intrants et des équipements agricoles estimés à plusieurs milliards F CFA. Tout récemment, en 2019, la Chine a fait don de machines et d’équipements agricoles au pays des Hommes intègres d’une valeur de 114 millions F CFA, d’intrants agricoles de cinq millions F CFA à Bagrépôle et d’un site maraîcher goutte-à-goutte aux producteurs de Tintilou. La République populaire de Chine compte, aux dires de son représentant diplomatique également lutter contre le terrorisme pour concrétiser toutes ces entreprises en faveur du milieu agricole. Boukary BONKOUNGOU

Harcèlement sexuel au travail «Je ne voulais pas offrir mon corps…»

Le harcèlement sexuel est un mal pernicieux qui ronge le milieu du travail au Burkina Faso. Donner des faveurs sexuelles pour préserver son emploi ou obtenir un service est en passe de devenir un fait banal aussi bien dans l’administration publique que privée. Si de par le passé, les victimes se recensaient presqu’exclusivement parmi les femmes, de nos jours, des hommes aussi en payent le prix. Alimata Sawadogo (nom d’emprunt) travaillait dans une grande entreprise privée à Bobo-Dioulasso. D’une beauté remarquable, la trentenaire, aujourd’hui femme au foyer, elle y était embauchée comme secrétaire de direction. Après quelques mois dans la société, cette dame, à son corps défendant, a rendu sa démission, pour fuir son employeur qui tenait coûte que coûte à «découvrir ce qu’elle cache sous ses dessous». «Mon patron avait commencé à m’appeler en dehors du cadre du travail, les weekends, souvent très tard dans la nuit. Au début, j’avais un peu peur et je décrochais ses appels. Mais les coups de fil se multipliaient de jour en jour. Lasse de ces appels interminables et sans objet, j’ai décidé de ne plus répondre. C’était le début de mon calvaire. Il me demandait à la fois une chose et son contraire et c’en était trop pour moi. En fonction de ses humeurs, il disait ne m’avoir pas demandé de faire ceci ou cela», raconte-t-elle d’un air mélancolique. Son patron d’alors, qui voulait manifestement coucher avec elle, a fini par perdre patience en lui lançant : «depuis que tu travailles ici, est ce que j’ai une fois vu tes cuisses. Je ne sais pas si tu es une fille ou un garçon». Sidérée par de tels propos, elle a décidé de démissionner. «Je ne voulais pas offrir mon corps en contrepartie de quoi que ce soit», confie-t-elle. L’histoire de Alimata Sawadogo n’est pas isolée. Journaliste à Ouagadougou, Blandine Kafando (nom d’emprunt), reproche à ses collaborateurs d’avoir les mains trop baladeuses. «Je subis le harcèlement de façon récurrente. Chez nous au Burkina Faso, c’est un sujet banalisé. On me demande pourquoi je ne me laisse pas aller, car les autres n’en font pas un problème», dénonce-t-elle. Elle trouve les attouchements sans son consentement, insupportables. «On dit que c’est un bonjour, mais on en fait plus que le bonjour, d’autres même veulent t’embrasser de force», relate-t-elle. Pire, elle regrette que certains croient qu’en allant en mission avec une femme est une aubaine pour coucher avec elle. «Je ne sais pas d’où vient cette façon de réfléchir. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’a amenée à refuser les missions. Rarement, je suis allée en mission au compte de mon service pour éviter des situations pareilles. Actuellement, on me traite de femme insensible», a déclaré Mme Kafando.

Des hommes victimes !

Affi (nom d’emprunt) garde un mauvais souvenir de son stage pratique dans une maison de communication, il y a quelques mois. Quelques jours après son arrivée dans la structure, un sexagénaire s’est mis à lui promettre de l’embaucher contre des faveurs sexuelles.
«Il m’a proposé de m’intégrer comme assistante du directeur, à condition qu’il dispose de mon corps comme bon lui semble. Il m’a demandé quand est-ce qu’on fait l’amour. J’ai reçu de sa part, des tas d’images et de vidéos à caractère pornographique. Mais je n’ai pas voulu amener l’affaire devant les juridictions, car c’est un vieux qui a l’âge de mon papa»,
a-t-elle soutenu. Autre fait qui peut prêter à sourire mais tout aussi désolant : des hommes sont de plus en plus victimes du harcèlement sexuel au travail. Papou (nom d’emprunt), la trentaine révolue, est conducteur dans une ONG internationale à Ouagadougou. Il raconte comment il est devenu l’objet sexuel de sa patronne. «Quand je suis arrivé dans l’ONG, on m’a confié à la responsable de projets et programmes. Lorsqu’on part en mission, j’ai l’obligation de passer mes nuits avec elle. Ce n’est pas une relation consentante, mais que puis-je faire ?», se demande-t-il. Selon lui, il n’est pas question de refuser, car elle profère des menaces de licenciement à son encontre.
«J’ai fait un faux rapport sur ton prédécesseur et il a été remercié. Je peux faire la même chose avec toi»,
m’a-t-elle dit un jour. Pour autant Papou ne veut pas dénoncer sa patronne même si son comportement est à bannir. «Je ne souhaite pas retourner au chômage», s’est-il justifié.

Quid des textes ?

La situation vécue par les victimes suscitées n’est ni plus ni moins que du harcèlement sexuel. Mais à quoi renvoie juridiquement ce terme ? Selon la présidente du tribunal du travail de Ouagadougou, Valérie Bonkoungou/Saouadogo, le harcèlement sexuel d’après le Code du travail du 13 mai 2008, consiste à obtenir d’autrui par ordre, parole, intimidation, acte, geste, menace ou contrainte, des faveurs de nature sexuelle. Bien que très répandu dans le secteur privé, le harcèlement sexuel est également une réalité dans l’administration publique, selon Mme Bonkoungou. Dans ce milieu, le harcèlement sexuel se manifeste sous une autre forme et le contentieux est un peu moins compliqué à résoudre. «Au niveau du public, le harcèlement se fait soit entre collaborateurs, soit entre patrons et subalternes. Mais face à cette situation on peut demander facilement une affectation pour aller ailleurs. Alors que dans le privé, quelqu’un a ouvert son entreprise. Il demandait des travailleurs et vous avez postulé. En postulant, ce n’est pas évident qu’il y ait d’autres établissements ailleurs. Si vous quittez, c’est sûr que c’est en même temps la fin de votre emploi», a expliqué la femme de droit. Au Burkina Faso, l’article 36 du Code du travail interdit toutes violences physiques ou morales ou tout autre abus, notamment le harcèlement sexuel. Selon la présidente du tribunal du travail de Ouagadougou, le harcèlement sexuel constitue un délit, passible de peines de prison si les faits sont avérés. Si c’est l’employé qui commet la faute, l’employeur est autorisé à mettre fin, séance tenante, aux relations de travail sans avoir à payer des dommages et intérêts pour cette rupture. Du côté de l’employeur, si on constate ces faits, le travailleur est autorisé à cesser son activité. Néanmoins, le tribunal peut requalifier les faits en licenciement et condamner l’employeur coupable des faits au payement de dommages et intérêts. Mais lorsque le travailleur n’a pas cédé aux avances et que l’employeur prétexte du harcèlement pour le licencier, cela est considéré comme un licenciement abusif. Dans la même logique, selon l’avocat Oumarou Ouédraogo, si le harcèlement est le fait d’un employé de l’entreprise, ce dernier peut être sanctionné sur le plan disciplinaire. Mais si c’est le fait de l’employeur, le Code du travail n’est pas très opérant concernant le statut de stagiaire de la victime. Ce qui est conseillé à la victime dans ce genre de situation, c’est de saisir le procureur d’une plainte. Selon Me Ouédraogo, le harcèlement sexuel porte atteinte à l’honneur de la victime. Cela fait que les victimes se gardent de saisir le procureur. «Si vous saisissez le procureur pour fait de harcèlement contre votre employeur et que vous n’avez pas suffisamment de preuves, non seulement vous perdrez votre emploi et votre dignité, mais en plus, l’employeur peut se retourner contre vous pour dénonciation calomnieuse», a soutenu l’avocat. Pour lui, il est également difficile de dénoncer les cas de harcèlement sexuel, surtout pour les jeunes filles, car si vous annoncez publiquement que vous êtes victime de harcèlement, vous devenez subitement un objet de curiosité.
«Certaines personnes ne vont pas vous croire, d’autres vont rejeter la faute sur vous, vous accusant de faire du chantage à votre employeur»,
explique-t-il. Quand vous êtes une femme mariée, renchérit l’avocat, c’est encore plus compliqué, car vous ne saurez jamais la réaction du mari. Au-delà des questions de mœurs, l’Inspecteur du travail Hahandou Kaboré insiste sur les craintes des victimes à dénoncer leurs bourreaux. «N’oubliez pas que les chefs d’entreprises travaillent en réseautage. Quand on veut postuler à un emploi et on vous demande une lettre de recommandation, de justifier votre expérience professionnelle, alors il peut arriver que vous ayez besoin de la signature de votre ancien patron», a-t-il souligné. Les services de l’inspection générale du travail du Centre, dont relève M. Kaboré, reçoivent beaucoup de plaintes qui ne sont pas directement liées au harcèlement. «Au départ, la plainte concerne un licenciement. Et c’est lorsqu’on commence la procédure que l’on se rend compte que le fond du dossier, c’est le harcèlement», révèle-t-il. Il a expliqué que si la plainte n’incrimine pas explicitement le harcèlement sexuel, il est difficile, voire impossible, de requalifier les faits. Mais de l’avis de l’inspecteur, si le fond du dossier ramène au harcèlement et que la victime détient des preuves accablantes, l’employeur peut opter pour un règlement à l’amiable.

Tabous et peurs

L’inspection du travail du Centre dispose de prérogatives lui permettant, en cas de harcèlement avéré, d’envoyer le dossier au Parquet pour des poursuites pénales. Elle peut également transférer certains dossiers au Tribunal du travail, si le travailleur réclame des dommages et intérêts. De l’analyse de la présidente du tribunal du travail de Ouagadougou, les dossiers de licenciements reçus manquent généralement d’indices qui puissent permettre d’instruire sur des éléments de harcèlement.
«Je ne sais pas si c’est la pudeur ou la peur de se voir réprimer qui fait que les langues ne se délient pas aussi facilement sur le sujet»,
a déclaré Mme Bonkoungou. C’est pourquoi, selon elle, certains dossiers restent en l’état en raison du silence des victimes. Pourtant, Mme Bonkoungou estime que les textes sont favorables aux victimes, car on inverse la charge de la preuve. «Si vous êtes victimes et que vous arrivez à donner les indices au tribunal, il appartient à l’autre de prouver que les faits ne sont pas réels. Dans le Code du travail, la preuve peut être une photographie ou un enregistrement», a précisé la présidente. Me Oumarou Ouédraogo, a lui aussi évoqué la nécessité de disposer d’un certain nombre de preuves. «Dans une entreprise où plusieurs personnes sont victimes, les preuves sont beaucoup plus faciles à réunir, parce que si chacun de vous relate pratiquement les mêmes faits, dénonce la même personne, alors on peut considérer qu’il y a une présomption de vérité», a soutenu l’homme de droit. A cela, il ajoute que les SMS et les conversations téléphoniques contenant des propositions indécentes et des mots osés peuvent constituer des preuves. Il y a aussi, selon lui, les témoins qui peuvent apporter leur concours, mais il précise que le témoignage est difficile, car le travailleur qui n’a pas été licencié va être réticent à venir témoigner contre son employeur. «C’est pourquoi, le tribunal préfère ne pas recourir aux témoignages pour ne pas exposer ces personnes à la réprimande de l’employeur, sauf si elles décident de le faire librement», a noté Valérie Bonkoungou. Au-delà de toutes ces possibilités, la victime Blandine Kafando ne conçoit pas l’idée de porter plainte contre des collaborateurs avec lesquels, elle est obligée de faire carrière. Malgré les réticences de Blandine Kafando, Me Ouédraogo a invité les victimes à s’assumer et à dénoncer les faits de harcèlement. Il a indiqué que les audiences pour les dossiers de harcèlement se tiennent généralement à huis clos. Rabiatou SIMPORE rabysimpore@yahoo.fr

Le harceleur jaloux !

Un fait emblématique de harcèlement sexuel s’est retrouvé à l’Inspection général du travail du Centre. C’est le cas d’une demoiselle de 17 ans, recrutée comme secrétaire dans une entreprise à Ouagadougou. Elle s’est retrouvée face à un patron harceleur. De peur de perdre son travail, la secrétaire a fini par céder aux avances de ce dernier. Sa situation s’est compliquée, lorsqu’elle est tombée enceinte de son copain. Son patron, ayant eu vent de ce que sa secrétaire porte la grossesse d’un autre homme que lui, a piqué une colère noire. En représailles, il a rédigé une lettre de démission et a obligé la fille à la signer, sous peine de révéler leur aventure. De peur de perdre son foyer, la fille a signé la lettre de démission mais elle a déposé une plainte pour réclamer des droits légaux. L’Inspection du travail du Centre a requalifiée l’affaire, en un licenciement puisque la plaignante n’a pas choisi librement de démissionner. L’affaire suit son cours. RS

Programme d’urgence pour le Sahel

Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, en partenariat avec l’Agence des Etats- Unis pour le développement international (USAID), organise un atelier de concertation des Partenaires techniques et financiers (PTF) intervenant dans la zone d’intervention du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS), les 18 et 19 juin 2019 à Ouagadougou. Le gouvernement souhaite créer une synergie d’actions entre les différents Partenaires techniques et financiers (PTF) intervenant dans la zone du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) pour plus d’efficacité. Dans ce cadre, le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, en partenariat avec le projet Partenariats pour la paix de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), organise, les 18 et 19 juin 2019 à Ouagadougou, un atelier de concertation des PTF. Des représentants des collectivités territoriales et des ONG participent aussi à la rencontre. Selon la ministre déléguée chargée de l’Aménagement du territoire, Pauline Zouré, l’atelier va permettre de présenter la cartographie des interventions des partenaires et voir dans quel sens chacune des interventions peut être orientée pour avoir plus d’impact sur le territoire. «Cela aura l’avantage de permettre au gouvernement de savoir qui fait quoi et aussi amoindrir les chevauchements pour avoir plus d’efficacité», a-t-elle insisté. En effet, aux dires de la ministre, il y a plus de 60 projets et programmes qui sont exécutés dans la région du Sahel, dont la plupart porte sur le volet construction de la résilience des populations, alors que celui de la sécurité n’est pas couvert par les interventions. Il faut noter que le Programme d’urgence pour le Sahel est bâti autour de trois composantes dont la première vise à répondre aux besoins en infrastructures et équipements socioéconomiques, créer des emplois et appuyer les initiatives des jeunes et des femmes. La gouvernance administrative et locale et la composante sécurité et défense viennent compléter la liste. «Le gouvernement s’est également rendu compte qu’il y a des provinces qui sont largement couvertes avec pratiquement 20 projets alors que d’autres sont délaissées. Nous avons besoin d’avoir une répartition équilibrée et harmonieuse des projets et programmes de développement», a relevé la ministre déléguée en charge de l’Aménagement du territoire. Des partenaires engagés La stratégie d’extension du PUS aux quatre nouvelles régions identifiées par le gouvernement, adoptée en mars 2019, va être présentée aux partenaires au cours de la rencontre. Les doléances du gouvernement ont trouvé un écho favorable auprès des partenaires mobilisés pour l’atelier. En témoigne, les mots de la présidente de la troïka des PTF, Metsi Makhetha, par ailleurs représentante-résidente du système des Nations-unies au Burkina Faso. «Alors que nous sommes dans cette salle, il y a des familles qui sont éprouvées. Pour elles, l’espoir d’une vie meilleure dépend de nos actions. Nous, en tant que partenaires techniques et financiers du Burkina Faso, avons pris un engagement au niveau global, pour que le PUS soit le reflet d’un programme qui ne laisse personne de côté », a-t-elle affirmé. Pour elle, la communauté internationale, lors de la session de la commission pour la consolidation de la paix des Nations unies convoquée à l’initiative du pays des Hommes intègres, a été unanime sur le fait qu’il faut soutenir le Burkina Faso face aux défis sécuritaires et donc soutenir le PUS. L’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso, Andrew Young, pour sa part, a soutenu que le pays peut compter sur l’appui indéfectible du peuple américain pour gagner la bataille contre l’extrémisme violent. «Au cours de son histoire, le peuple burkinabè a traversé des moments difficiles qu’il a su relever avec brio en restant soudé et déterminé. Cette fois-ci, il le fera s’il fait preuve de détermination et d’engagement», a-t-il ajouté. Plusieurs acquis engrangés Le Programme d’urgence pour le Sahel a été mis en place en fin juin 2017 pour faire face aux défis sécuritaires que le pays rencontre. La ministre Zouré a estimé qu’après plus d’une année, il a produit des résultats probants en termes d’amélioration des conditions socioéconomiques des populations et de renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité. «Au titre des acquis, on peut citer l’approche territorialisée mettant en exergue la singularité d’une partie du territoire en apportant une réponse spécifique, l’appréhension du caractère multidimensionnelle de la problématique sécuritaire, la réduction des délais de contractualisation des marchés publics , le portage politique au plus haut niveau du programme», a-t-elle cité, entre autres. Nadège YE

Journée mondiale des réfugiés: l’autonomisation préférée au retour

La Journée mondiale des réfugiés a été commémorée à Dori, chef-lieu de la région du Sahel, le mardi 18 juin 2019. La célébration a été une opportunité pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, par ailleurs président de la Commission nationale des réfugiés (CONAREF), de demander aux réfugiés maliens d’être des acteurs de paix. C’est la ville de Dori, chef-lieu de la région du Sahel, qui a abrité la Journée mondiale des réfugiés, le mardi 18 juin 2019. Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, par ailleurs président de la Commission nationale des réfugiés (CONAREF), la journée est un hommage aux réfugiés qui sont des millions à travers le monde. Au Burkina Faso, a-t-il poursuivi, ils sont plus de 25 000, essentiellement des Maliens. Quant à la représentante-résidente des Nations unies du haut-commissariat pour les réfugiés (UNHCR) au Burkina Faso, Ioli Kimyaci, cette journée permet de saluer le courage et la résilience des populations qui ont fui leur pays d’origine pour vivre au Burkina Faso. A entendre le président de la CONAREF, certains réfugiés sont rentrés au Mali mais d’autres vivent toujours au pays des Hommes intègres, attendant que la paix et la sécurité reviennent dans leur pays pour y retourner. «C’est leur souhait et le nôtre également. C’est pourquoi le président du Faso dans le cadre du G5 Sahel, travaille aux côtés des autres chefs d’Etat de la région, à l’aboutissement des accords d’Alger qui soutiennent le processus de paix au Mali dont le Burkina Faso est partie prenante», a fait savoir le ministre Barry. Il a précisé que selon les estimations des Nations unies, le Burkina, en raison de l’insécurité qu’elle connaît, a également environ 15 000 réfugiés au Niger, Mali et au Ghana. A cet effet, il a souhaité que chacun soit un acteur de la paix. Il a demandé à chaque réfugié de travailler à ce que la paix règne au Burkina Faso, leur terre d’accueil mais aussi au Mali. Lors de son allocution, le représentant des réfugiés, Ag Mohamed Wanadine, a exprimé toute sa gratitude au gouvernement et au peuple burkinabè, au système des Nations unies et aux partenaires humanitaires pour les efforts consentis à leur égard depuis 2012. «Vu la durée de notre exil, les fonds diminuent considérablement, car notre détresse n’est plus une préoccupation pour les bailleurs de fonds. Mais la situation actuelle d’insécurité nous met dans un état d’urgence, ce, à cause de la limitation de nos déplacements, l’inaccessibilité des zones où se trouvent nos animaux», déplore-t-il. C’est dans cette optique qu’il a demandé au ministre des Affaires étrangères d’être leur ambassadeur auprès des bailleurs de fonds pour un financement conséquent de leurs activités d’autonomisation, consacrées à l’élevage, l’agriculture, le maraîchage, la microentreprise, l’artisanat, le commerce. 405 réfugiés rentrés au Mali A en croire Ioli Kimyaci, la meilleure option pour tout réfugié est de pouvoir retourner chez lui, de manière volontaire dans la sécurité et la dignité. Cependant, elle affirme que seulement 405 réfugiés ont pu rentrer au Mali depuis 2018. Pour elle, d’autres solutions sont possibles notamment l’intégration dans la communauté d’accueil ou la réinstallation dans un pays tiers. «Quelle que soit la situation des personnes réfugiées, l’endroit où elles se trouvent, il faut mettre l’accent sur la recherche de solutions et éliminer les obstacles qui empêchent ces personnes de trouver une solution durable à leur sort, afin qu’elles puissent reconstruire leurs vies», explique la représentante-résidente des UNHCR au Burkina Faso. Pour ce faire, elle préconise l’engagement de tous pour relever un défi qui est trop grand pour un seul pays. Dans ce sens, elle a demandé la mise en œuvre d’une approche globale où le gouvernement, le système des Nations unies, les agences de développement, les institutions financières, la société civile, les organisations confessionnelles, la communauté-hôte mais aussi les réfugiés eux-mêmes seront impliqués. Au cours de la cérémonie, les réfugiés ayant des microentreprises ont été encouragés et ont reçu des attestations de meilleure performance ainsi que des enveloppes de 50 000 F CFA. La cérémonie a pris fin par l’ouverture et la visite de stands d’exposition par les partenaires humanitaires et les réfugiés maliens du camp de Goudébou, situé à une quinzaine de km de Dori. Souaibou NOMBRE Snombre29@yahoo.fr