CEP 2019 : 419 260 écoliers frappent aux portes des lycées

Le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Stanislas Ouaro, a lancé, hier mardi 11 juin 2019 à l’école Tangsèga de Koubri dans la région du Centre, la session 2019 du Certificat d’études primaires (CEP). 419 260 candidats subiront les épreuves jusqu’au 13 du mois courant, à commencer par celle de rédaction dont le sujet est : «Tu as déjà fait une promenade. Raconte». C’est par le récit d’une promenade qu’ils ont faite (épreuve de rédaction) que près de 419 260 candidats ont débuté les épreuves de la session 2019 du Certificat d’études primaires (CEP). Le sujet de la rédaction est libellé ainsi : «Tu as déjà fait une promenade. Raconte». L’administration des épreuves de l’examen a été lancée, hier mardi 11 juin 2019 à l’école Tangsèga de Koubri dans la région du Centre par le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Pr Stanislas Ouaro. Peu avant 7 heures, celui-ci est passé dans quatre classes pour encourager les élèves, les conseiller de rester sereins et d’éviter de frauder afin de «réussir fièrement» à l’examen. Les candidats se sont dit prêts à affronter les différentes compositions et ont promis un succès à 100% dans leur salle. Dans la deuxième classe visitée où se trouvait la candidate la plus âgée du centre, 32 ans, le chef du département de l’éducation nationale a demandé aux jeunes postulants de tout faire pour que leur «maman ou tantie ne réussisse pas seule». Pour Stanislas Ouaro, la situation de cette femme montre aux enfants qu’à tout âge on continue d’apprendre. La quatrième classe visitée a servi au lancement officiel des épreuves par l’ouverture de l’enveloppe du sujet de la rédaction libellé : «Tu as déjà fait une promenade. Raconte», sujet dont la simplicité, selon le Pr Ouaro, indique qu’il n’y a pas lieu pour les postulants de paniquer. Dans le centre de Tangsèga, il y a, aux dires du président Seydou Kiendrébeogo, 298 candidats inscrits.

Pas d’examen à Gasseliki

Près de 419 260 candidats subiront les épreuves du CEP.
En l’absence de six personnes, ce sont des garçons et des filles à parité égale de 146 qui composeront, le plus jeune d’eux étant âgé de 10 ans. «Il n’y a pas de difficulté particulière», a rassuré le responsable du centre. Concernant l’ensemble du pays, le patron de l’éducation nationale a fait savoir que sur les 419 260 candidats (dont 53,31% de filles et 46,68 de garçons), il y a 29 751 de plus qu’à la session 2018, soit un taux d’accroissement de 7,6%. Les postulants, répartis dans 1907 centres et 8781 salles, subiront les épreuves jusqu’au 13 juin et sauront leur sort à l’issue de la correction, les 20 et 21 de ce mois. Ce ne sera pas le cas pour 68 élèves de Gasseliki dans la commune d’Arbinda, dont les compositions sont annulées en raison des récentes attaques terroristes ayant occasionné des déplacements de populations. Pour eux, Stanislas Ouaro a promis une session spéciale d’examen en septembre prochain. Le sort des apprenants des six régions en proie au terrorisme est lié à la décision (année blanche ou session spéciale d’examen) d’un conseil de cabinet qui aura lieu, le vendredi 14 juin, après évaluation de l’exécution des volumes horaires.

Jean Philibert SOME

Relations Burkina Faso-Mali : Des « pinceaux » pour peindre l’intégration culturelle

Les responsables du projet «Les pinceaux de l’intégration» ont animé, le lundi 3 juin 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse pour présenter ladite initiative, implémentée au Burkina Faso et au Mali. La peinture peut être un exemple d’intégration entre les pays de la sous-région. C’est la conviction des responsables du Centre soleil d’Afrique (Burkina Faso) et de la Galerie Médina (Mali). Les deux structures ont, à cet effet, initié un projet commun dénommé «les pinceaux de l’intégration». L’objectif de cette initiative est de renforcer l’éducation artistique et culturelle de la jeunesse africaine et particulièrement celle de la femme à travers l’art visuel. Ces informations ont été données aux journalistes, le lundi 3 juin 2019 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. La principale animatrice de la rencontre, Ahoua Yaméogo, a indiqué en outre, que «Les pinceaux de l’intégration» visent la prévention et la résolution des conflits entre les communautés du Mali et celles du Burkina Faso, par l’art visuel en particulier et à travers la culture en général. «La culture peut apporter sa contribution dans les difficultés que traversent les deux pays sur les plans socioculturel, économique et sécuritaire», a soutenu Mme Yaméogo. Les initiateurs entendent également, par le biais de ce projet, donner un élan commun aux artistes-plasticiens Maliens et Burkinabè par le canal de leurs créations. Selon elle, celles-ci seront axées sur le thème «consolidation sous régionale et genre par l’art visuel». Par ailleurs, à l’entendre, le projet « Les pinceaux de l’intégration » qui s’étalera de juin à novembre 2019 comportera trois phases. La première, à ses dires, consistera à l’organisation, du 10 au 20 juin, d’une résidence d’artistes à l’espace culturel Gambidi de Ouagadougou et du 17 au 27 juin à la Galerie Médina au Mali à Bamako. «Ces deux rendez-vous seront animés par des artistes burkinabè et maliens à l’endroit des participants en général et principalement des enfants défavorisés et des élèves» a-t-elle précisé avant d’ajouter qu’ils prendront fin par un vernissage les 21 et 29 juin respectivement à Ouagadougou et à Bamako. La deuxième phase du projet, a-t-elle poursuivi, va se traduire par la tenue d’une caravane de l’intégration qui regroupera des acteurs culturels, des professeurs, des bloggeurs et des experts de l’art plastique du pays des Hommes intègres et de son voisin malien, du 15 octobre au 2 novembre 2019. Elle a souligné que cette étape sera marquée par des expositions-ventes, des animations dans les villes de Ouagdougou, Koudougou, Bobo-Dioulasso, Sikasso, Bougouni et Bamako. A l’occasion, les caravaniers, a-t-elle ajouté, vont également échanger avec les populations dans les marchés, les quartiers et autres lieux publics sur le thème de la promotion de la paix et de l’acceptation interculturelle. Un symposium atelier prévu en novembre 2019 à Bamako au Mali, va marquer la dernière phase du projet, a annoncé Mme Yaméogo. Elle a affirmé que ce conclave réunira sur un même plateau, des artistes de «renom» du Burkina Faso et du Mali autour de la thématique de l’intégration culturelle en Afrique. En rappel, le projet «Les pinceaux de l’intégration» a été retenu par Culture At Work Africa et l’Union européenne dans le cadre d’un appel à projet qui a concerné toute l’Afrique.

Arnaud Fidèle YAMEOGO (Stagiaire)

«Nuit des talents de la diaspora burkinabè» : Rendez-vous le 19 octobre 2019 à Munich en Allemagne

0
Le comité national d’organisation de la «Nuit des talents de la diaspora burkinabè» (NTDB) a annoncé, au cours d’une conférence de presse, le vendredi 7 juin dernier à Ouagadougou, la tenue de l’évènement, le 19 octobre 2019 à Munich en Allemagne. La première édition de la «Nuit des talents de la diaspora burkinabè» (NTDB) se tiendra, le 19 octobre 2019 à Munich en Allemagne, sous le thème : «La diaspora au cœur de la coopération Nord-Sud». L’information a été livrée aux hommes de médias au cours d’une conférence de presse animée par le comité national d’organisation de l’évènement dans la soirée du vendredi 7 juin 2019, à Ouagadougou. Selon la représentante nationale du projet, Aminata Balima, l’objectif de la «Nuit des talents de la diaspora burkinabè», c’est de consolider le sentiment d’attachement des Burkinabè de la diaspora à leur mère patrie, le Burkina Faso, en vue d’optimiser leur contribution au développement du pays. «Nous attendons à travers cet évènement, faire découvrir et promouvoir sans exception les talents de divers domaines au sein de la diaspora burkinabè active dans les pays hôtes et celle qui s’est distinguée par un retour réussi au pays», a-t-elle expliqué. Aux dires des conférenciers, l’initiative vise, entre autres, à raviver l’attachement de la diaspora à la mère patrie, promouvoir le patrimoine culturel et artistique du Burkinabè auprès de la diaspora et dans leur pays d’accueil, susciter l’esprit de la réussite et consolider la solidarité au sein de cette diaspora. Pour Mme Balima et son équipe, quatre grands axes animeront cette 1ère édition de l’évènement en octobre prochain, en terre allemande. Il s’agit d’un panel, d’une émission télévisée, un podium d’animation artistique et d’une soirée-gala dénommée la nuit des récompenses. «La NTDB n’est pas un évènement pour distribuer de l’argent à des individus. Mais pour favoriser la visibilité des différents talents en vue de favoriser leur promotion», a laissé entendre le chargé de communication, Belélé Jérôme William Bationo. Les organisateurs ont, par ailleurs, lancé un appel aux personnes de bonne volonté pour un soutien conséquent à cet évènement. En rappel, le NTDB est un projet de Alfred Ouoba, un promoteur culturel burkinabè, depuis plus de 20 ans et délégué au Conseil supérieur des Burkinabè de l’extérieur (CSBE), qui a, à son actif, l’organisation de plusieurs évènements culturels dont le plus illustratif est le festival Dilemu au Gourma (FESDIG).

Mamourou BENAO (Collaborateur)

Apurement des impayés des producteurs : L’UNPCB, reconnaissante au gouvernement

L’Union nationale des producteurs du Burkina (UNPCB) a tenu, le lundi 10 juin 2019, à son siège à Bobo-Dioulasso, une assemblée générale d’information et de sensibilisation des producteurs à la subvention du gouvernement à l’apurement des impayés internes et externes. La faîtière des producteurs de coton s’est engagée à mettre tous les cotonculteurs au même niveau d’information en ce qui concerne l’actualité cotonnière et l’organisation pratique de la campagne 2019-2020. Pour cela, une assemblée générale a été organisée, le lundi 10 juin 2019 à Bobo-Dioulasso par l’Union nationale des producteurs du Burkina (UNPCB), afin d’informer les producteurs du soutien financier du gouvernement en vue d’absorber les impayés qui pèsent sur certains producteurs. Il s’est agi, au cours de cette rencontre, qui a regroupé des délégations venues de différentes zones cotonnières (SOFITEX SOCOMA et FASO COTON), d’échanger autour de divers points en lien avec la production en cours. La qualité des intrants, le relèvement du prix plancher du coton graine, la répartition de l’aide accordée par le gouvernement, ont, entre autres, été au cœur des débats. De façon globale, les producteurs ont salué l’implication effective de l’exécutif dans la relance de la production cotonnière. Pour le président de l’UNPCB, Bambou Bihoun, l’Etat a joué sa partition, reste à ce que les producteurs relèvent le défi de la production massive. Face aux présidents provinciaux, M. Bihoun a rassuré que des dispositions sont mises en place pour «sauver» la filière coton et les cotonculteurs.

Le devoir de rendre compte

Les présidents provinciaux se sont engagés à produire en quantité.
«Mon équipe et moi ne sommes que des envoyés que vous avez mandatés pour piloter l’union. Ainsi, nous avons le devoir de vous rendre compte du travail qui est fait dans le cadre du partenariat avec le gouvernement, les sociétés cotonnières et les institutions financières», a déclaré le président de l’UNPCB. Dans la même dynamique, le coordonnateur de l’UNPCB Kalou Millogo a fait savoir que plusieurs rencontres ont été organisées avec les sociétés cotonnières et le gouvernement, en vue d’apporter des réponses aux préoccupations des producteurs. Toute chose qui, selon lui, s’est soldée par l’organisation de l’atelier national de relance de la production, la mise en place d’un comité de haut niveau composé des ministères en charge du commerce ; de l’agriculture ; de l’économie et de celui de l’environnement. A côté de cette instance, il y a le conseil des sages qui réunit les anciens patrons de la SOFITEX et de l’UNPCB, dirigé par Célestin Tiendrebéogo. Aussi le coordonnateur Millogo a indiqué que pour décharger les producteurs, le gouvernement a consacré plus de 11 milliards pour éponger définitivement les dettes de 2017 à 2019. Pendant ce temps, les sociétés cotonnières ont octroyé plus de deux milliards pour subventionner le prix de cession des insecticides et que l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) a œuvré à la hausse du prix du coton graine. Les producteurs qui ont pris part à la rencontre ont salué les efforts du gouvernement et ont souhaité une bonne répartition des aides octroyées.

Wanlé Gérard COULIBALY

Congé de paternité:   Le père moins occupé que la mère

Selon le rapport State of the World’s Fathers, si 85 % des pères affirment qu’ils seraient prêts à tout pour participer très activement aux soins prodigués à leur nouveau-né, leur part de la tâche demeure bien inférieure à celle de la mère. Publication d’un rapport mondial en parallèle avec la création d’un nouveau groupe de travail axé sur le congé de paternité et l’engagement de MenCare 5 juin 2019 – Vancouver, Canada : 50 minutes par jour. Telle est la période de temps additionnelle que les hommes devraient consacrer chaque jour à s’occuper des enfants et du foyer pour que puissent être accomplis de nets progrès sur le plan de l’égalité des sexes au niveau des soins non rémunérés, révèle le troisième rapport State of the World’s Fathers, publié  par Promundo, avec la collaboration de Dove Men+Care d’Unilever dans le cadre de la conférence Women Deliver 2019, avant que la fête des Pères ne soit célébrée dans de nombreux pays du monde. Une nouvelle étude menée dans sept pays (Argentine, Brésil, Canada, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et États-Unis) révèle que 85 %  des pères affirment qu’ils seraient prêts à tout pour participer très activement aux premières semaines et aux premiers mois de soins prodigués à leur nouveau-né ou à un enfant adopté. Qu’est-ce qui les en empêche donc, alors? Le rapport relève trois obstacles principaux : (1) l’absence de congés de paternité rémunérés adéquats et la faible mesure dans laquelle les pères se prévalent de cette option lorsqu’un tel congé est disponible; (2) des normes sexospécifiques restrictives qui présentent les soins comme relevant de la responsabilité des femmes, en parallèle avec l’idée selon laquelle les femmes sont plus aptes à dispenser des soins que ne le sont les hommes; et (3) un manque de sécurité économique et de soutien gouvernemental pour l’ensemble des parents et des dispensateurs de soins. Le rapport State of the World’s Fathers est produit par Promundo, coordonnateur de la campagne MenCare: A Global Fatherhood Campaign, qui se déroule dans plus de 50 pays. Il révèle de nouvelles conclusions des travaux de recherche menés avec Dove Men+Care d’Unilever dans sept pays et Plan International Canada dans quatre pays, en s’appuyant sur des entrevues et des sondages réalisés auprès de près de 12 000 personnes. Il comprend également une analyse des données transnationales de plus de 30 pays et propose des recommandations en vue de combler le fossé des soins non rémunérés afin de favoriser l’égalité des sexes. Aucun pays au monde n’a encore atteint l’égalité en matière de travail non rémunéré – ou d’égalité de rémunération – entre les hommes et les femmes. Les progrès sont incroyablement lents. L’analyse des données sur l’utilisation du temps montre que si les hommes consacraient au moins 50 minutes de plus aux soins par jour (et les femmes 50 minutes de moins), nous ferions pencher la balance en faveur de l’égalité. « Nous devons accélérer les engagements nationaux visant à aider tous les enfants, les parents et les familles à s’épanouir et à faire en sorte que les hommes assument la moitié des activités quotidiennes liées aux enfants et au foyer. Point final », déclare Gary Barker, président et chef de la direction de Promundo. « Tout ce qui se situe en-deçà de cet objectif continuera de perpétuer les inégalités auxquelles les femmes et les filles sont confrontées sur une base quotidienne. » Lors de la conférence, Dove Men+Care d’Unilever et Promundo ont aussi lancé un groupe de travail mondial axé sur le congé de paternité, une alliance dirigée par ses membres et appartenant à ceux-ci qui a pour objectif d’identifier, de promouvoir, d’accélérer et de faire évoluer des solutions durables sur les plans commercial et social afin d’améliorer l’accès aux congés de paternité pour tous les hommes et la mesure dans laquelle ceux-ci s’en prévalent. Women Deliver est membre du nouveau groupe de travail axé sur le congé de paternité. « Il existe des inégalités marquées en matière de soins et les femmes continuent d’assumer une part disproportionnée des soins non rémunérés. En tant qu’intervenant, Women Deliver se réjouit d’avoir accès à de nouvelles données factuelles à titre d’outil puissant permettant de susciter l’action et le changement », a déclaré Susan Papp, directrice générale des politiques et de la défense des droits chez Women Deliver. « Le rapport State of the World’s Fathers nous fournit les informations dont nous avons besoin pour promouvoir un monde plus égalitaire. » Le rapport mondial appelle les pays, les employeurs et la société civile à s’engager à accélérer les actions et à soutenir la participation accrue des hommes à la dispensation non rémunérée des soins. Le rapport a été lancé en même temps que l’engagement MenCare Commitment, qui vise à instaurer un environnement favorable permettant aux hommes d’assumer 50 % des soins non rémunérés d’ici 2030. Il incite également les pères à mettre leurs intentions en matière de dispensation de soins en application en prenant à leur charge – à tout le moins – 50 minutes de plus par jour.   Communiqué de presse/Women Deliver  

Diplomatie : L’ambassadeur Benoit Kambou n’est plus

Diplomatie : L’actuel ambassadeur du Burkina Faso au Tchad, Benoit Kambou est décède ce mardi matin à Ouagadougou. Selon notre confrère de LeFaso.net, le diplomate avait été admis au CHU-Blaise Compaoré « des suites d’un AVC ». Enseignant chercheur, il est le tout premier président du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN). M. Kambou a été nommé ambassadeur au Tchad le 17 janvier 2018.
  1. S.

Côte d’Ivoire Attention, Blé Goudé arrive !

Acquitté en janvier dernier par la Cour pénale internationale (CPI), après plusieurs années de détention aux côtés de son mentor, l’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo, l’ex-leader des Jeunes patriotes, Blé Goudé, prépare activement son retour en Côte d’Ivoire. Les années de prison n’ont entamé en rien l’ambition politique de l’ex-ministre de la Jeunesse, qui ne cache pas sa volonté de renouer avec les activités politiques. Depuis son acquittement pour crime contre l’humanité prononcé par la CPI, Blé Goudé ne cesse de multiplier les sorties sur les medias internationaux affirmant haut et fort que son pays, la Côte d’Ivoire, doit compter avec lui. D’ores et déjà, il prépare depuis la Haye, un congrès de son mouvement, le Congrès des jeunes patriotes (COJEP) qui se tiendra dans les prochains mois à Abidjan, en vue de sa transformation en un parti politique « ambitieux ». Une manière spectaculaire pour lui de revenir sur la scène politique ivoirienne, qu’il a quittée depuis des années pour la prison. Surnommé le « général de la rue » sous le règne du président Gbagbo, en raison de sa capacité à mobiliser les jeunes patriotes, Blé Goudé a été pendant longtemps l’une des figures les plus controversées du clan présidentiel pendant les années de crise. A la tête des Jeunes patriotes, mouvement pro-Gbagbo extrêmement violent, il aurait été à l’origine de l’exacerbation de la tension entre la Côte d’Ivoire et la France, accusée à tort ou à raison par le pouvoir d’alors, de soutenir Alassane Ouattara encore dans l’opposition. En novembre 2004, avec son slogan « à chacun son blanc », Blé Goudé avait lancé ses partisans à l’assaut des hommes de peau blanche, vivant à Abidjan, principalement les Français, provoquant ainsi la fuite de milliers d’entre eux, évacués dans la précipitation par Paris. Ce sentiment anti-français a été pour beaucoup, dans l’assassinat, en 2003, du correspondant de RFI, Jean Hélène, tué par un policier et de la disparition de Guy-André Kieffer, un autre journaliste. Au total, plus de 3000 personnes, des Ivoiriens en majorité, ont été tuées pendant cette crise post-électorale, entre décembre 2010 et avril 2011. En attendant un éventuel appel du procureur, Blé Goudé vit aujourd’hui en retrait, dans une chambre d’hôtel située à quelques kilomètres de la prison de Scheveningen avec interdiction d’invoquer son dossier à la CPI. Le jeune leader, qui se fait passer pour un « homme d’Etat », veut incarner une nouvelle façon de faire de la politique. Dans son offre politique, il promet aux Ivoiriens, un projet de société dans lequel la réconciliation sera au cœur des priorités. Mais pour autant Blé Goudé n’envisage pas une candidature à l’élection présidentielle ivoirienne de 2020, un scrutin pour lequel il est pessimiste. « Nous allons droit dans le mur. Les facteurs qui ont conduit à la crise post-électorale en 2010 sont deux fois plus réunis. Le bloc qui est arrivé au pouvoir est aujourd’hui divisé en trois. L’aile militaire avec Guillaume Soro et l’aile politique avec Henri Konan Bédié. Alassane Ouattara est isolé ». Resté proche de Laurent Gbagbo, Blé Goudé continu de lui jurer fidélité. Vantant les mérites de ce dernier, il a qualifié le « fils de Mama » de rassembleur dont le retour en Côte d’Ivoire pourrait être salvateur pour la paix sociale. Cela, en raison du rôle majeur qu’il aura à jouer dans le processus de réconciliation et l’apaisement des cœurs. Mais malgré ses bonnes intentions pour la mère-patrie, l’attitude de Blé Goudé étonne dans la mesure où il est encore dans les liens de la « détention » à la Haye. Pire, son gout pour l’activisme politique, qui le pousse à vouloir regagner la Côte d’Ivoire, pourrait même retarder sa libération définitive et totale à la CPI. Beyon Romain NEBIE nbeyonromain@yahou.fr

Mali: une centaine de morts dans l’attaque d’un village

Des hommes armés ont tué au moins 95 personnes et 19 autres sont portées disparues, au Centre du Mali, dans le village dogon de Sobame Da, près de la ville de Sangha (région de Mopti), dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 juin 2019. Même si l’attaque n’a pas encore été revendiquée, un communiqué du gouvernement malien évoque l’œuvre d’hommes armés « soupçonnés d’être des terroristes ». «Le gouvernement de la République du Mali informe qu’une tragique attaque armée a été perpétrée lundi, vers 3 heures du matin, dans le village de Sobame Da, dans la commune de Sangha, dans la région de Mopti. Des hommes armés, soupçonnés d’être des terroristes, ont lancé un assaut meurtrier contre ce paisible village», a informé le gouvernement malien dans un communiqué, hier lundi 10 juin 2019. Le bilan provisoire s’établit à 95 morts d’après le communiqué et 19 personnes sont portées disparues. Plusieurs animaux ont été abattus et des maisons incendiées, précise le gouvernement qui a ajouté que les recherches de victimes se poursuivent dans le village qui abrite environ 300 personnes. Au moment où nous tracions ces lignes, à peine 50 habitants avaient répondu présent. « Des renforts, déployés dans le secteur, mènent un large ratissage pour traquer les auteurs », a précisé le gouvernement qui a assuré que « toutes les mesures seront prises pour arrêter et punir les auteurs du carnage». Les violences dans le centre du Mali sont régulières. Le 23 mars dernier, le massacre d’Ogossagou avait provoqué une onde de choc. Le gouvernement avait alors annoncé le démantèlement des milices d’auto-défense et le démarrage d’un vaste programme de désarmement. La milice dogon Dan Na Ambassagou, dissoute par le gouvernement, «a constaté avec beaucoup d’indignation l’attaque barbare et ignoble», et «condamne avec la dernière énergie cet acte terroriste et génocidaire intolérable ». Synthèse de Jean-Marie TOE

Réajustement du code pénal : L’aval des députés attendu

La première session extraordinaire de l’Assemblée nationale s’est ouverte, le lundi 10 juin 2019, à Ouagadougou. Trois projets de loi seront examinés par les députés au cours de cette session qui court jusqu’au 24 juin 2019. Une semaine après la clôture de la première session ordinaire de l’année, les députés sont de retour à l’hémicycle. Convoqués par le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, pour une session extraordinaire jusqu’au 24 juin 2019, les députés vont examiner trois dossiers qui viennent d’être transmis par le gouvernement. Ce sont le projet de loi portant modification de la loi du 31 mai 2018 sur le Code pénal, le projet de loi sur la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) au Burkina Faso et enfin le débat d’orientation budgétaire sur le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2020-2022. Adoptée en Conseil des ministres, le jeudi 6 juin 2019, la modification du Code pénal vise, selon le gouvernement, à actualiser les textes en vue de renforcer la lutte contre le grand banditisme et les moyens d’action des Forces de défense et de sécurité (FDS) contre certaines publications qui peuvent être de nature à saper l’effica-cité de leurs interventions ou de leurs opérations. Cette loi a également pour ambition de protéger l’honneur et la dignité des victimes. Le président de l’Assemblée nationale, qui a dirigé l’ouverture de la session extraordinaire, a invité les parlementaires membres des commissions affectataires des dossiers à se mettre immédiatement au travail, afin d’épuiser l’ordre du jour dans le délai de deux semaines imparti. La première séance plénière de la nouvelle session aura lieu, le mardi 18 juin 2019 et sera consacrée à l’examen du dossier relatif à l’ITIE au Burkina Faso. Beyon Romain NEBIE nbeyonromain@yahoo.fr