14e sommet des Etats de l’OCI

Le Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a successivement reçu en audience, le lundi 13 mai 2019 à Kosyam, le président de la commission de la CEDEAO, Jean Claude Kassi Brou et l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite au Burkina Faso, Dr Waleed Ben Abdulrahaman Al Hamudi.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est solidaire du Burkina Faso dans sa lutte contre le terrorisme. Le président de la commission de la CEDEAO, Jean Claude Kassi Brou l’a indiqué, hier lundi 13 mai 2019, à l’issue d’une audience avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à Kosyam. «Nous avons présenté nos condoléances aux autorités et au peuple burkinabè à la suite de l’attaque du 12 mai qui a causé la mort de six personnes dont un prête. Ce fut aussi une occasion pour nous de manifester notre compassion à l’égard du Burkina qui subit beaucoup de pressions et de marquer notre engagement à travailler avec le pays dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme», a-t-il expliqué. La rencontre a été mise à profit par les deux personnalités pour échanger sur la question sécuritaire, une condition nécessaire pour le développement. Les préoccupations d’ordre économique, commercial ou celles liées à la libre circulation des biens ainsi que les questions humanitaires ont également retenu l’attention du président du Faso et son hôte. Concernant la question de la monnaie unique, Jean Claude Kassi Brou a soutenu qu’elle demeure un chantier important pour la CEDEAO. «Nous sommes dans ce processus. Le dernier sommet tenu à Abuja l’a confirmée. Il doit se poursuivre avec les banques centrales qui doivent être en première ligne. Des travaux sont en cours actuellement et un point de l’évolution de ce processus sera fait à la conférence des chefs d’Etat en juin 2019», a-t-il rassuré. A la suite du président de la commission de la CEDEAO, Roch Marc Christian Kaboré a reçu l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite au Burkina Faso, Dr Waleed Ben Abdulrahaman Al-Hamudi. Le diplomate saoudien dit être venu transmettre une lettre d’invitation du roi d’Arabie Saoudite, Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud au chef de l’Etat burkinabè pour participer à la 14e session du Sommet des Etats de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui aura lieu, les 31 mai et 1er juin prochain, en Arabie Saoudite. Selon lui, le président du Faso a marqué son accord.
Il a précisé que la présence du président Kaboré aura un impact positif sur la réussite du sommet, car il est respecté par les serviteurs des 250 mosquées et par le prince héritier saoudien.

Abdoulaye BALBONE

G5 Sahel: Bilan et remobilisation aujourd’hui à Bruxelles

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays membres du G5 Sahel et ceux de l’Union européenne se rencontrent à Bruxelles, en Belgique, aujourd’hui 14 mai 2019 pour faire le bilan des engagements avec l’Union européenne et envisager des perspectives.

Le président en exercice du G5 Sahel, le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a demandé une réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de cette institution et ceux des pays membres de l’Union européenne (UE). Cette rencontre se tient dans la capitale belge, Bruxelles, aujourd’hui 14 mai 2019. Elle a été précédée hier 13 mai d’une concertation des délégations du G5 Sahel qui ont harmonisé leurs points de vue sur les aspects qui seront discutés au cours de cette réunion. La délégation burkinabè est conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, qui coprésidera les travaux avec la haute représentante et vice-présidente de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Selon Alpha Barry, avant même sa prise de fonction, le président du Faso avait demandé à l’UE d’organiser cette rencontre afin d’informer l’ensemble de ses Etats membres de la situation réelle au Sahel et sur l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel ainsi que les actions de développement entreprises dans le cadre du Programme d’investissement prioritaire (PIP). « La réunion va faire le point afin de nous permettre de remobiliser l’UE autour de la cause du G5 Sahel. Beaucoup de pays se sont engagés lors de la conférence de Bruxelles en février 2018. Il y a eu des annonces qui n’ont pas été concrétisées. Nous pensons qu’avec cette réunion, les Etats vont faire des efforts », a-t-il expliqué. Il a ajouté que le G5 Sahel compte sur l’UE pour un lobbying auprès des Nations unies afin d’obtenir d’elle un soutien conséquent. La réunion permettra alors de faire le bilan des avancées réalisées sur le terrain, d’identifier les besoins et encourager de nouveaux progrès sur la base des priorités de la présidence du Burkina Faso. En outre, selon des sources documentaires, il est attendu une «mise en valeur» de l’engagement intégré de l’UE en matière politique, de sécurité, de défense et de développement. Il s’agit notamment du soutien bilatéral, de la sécurisation des zones périphériques et frontalières ainsi que du Programme d’investissement prioritaire. Ces mêmes sources indiquent que face à l’insécurité, combinée au terrorisme et aux violences intercommunautaires, l’UE et le G5 Sahel devraient s’accorder sur les priorités dans ce domaine. Et celles-ci concernent, entre autres, l’opérationnalisation de la force conjointe dans le respect des droits de l’homme, la lutte contre l’impunité en matière d’exaction des Forces de défense et de sécurité (FDS), la gouvernance des zones périphériques et frontalières, le maintien de l’engagement de l’ONU et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Ce conclave de Bruxelles se tient en marge du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, organisé dans la même ville. Il sera suivi de l’examen du rapport du Secrétaire général de l’ONU sur l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel prévu le jeudi 16 mai à New York.

Daniel ZONGO
(à Bruxelles, Belgique)

«Il faut une certaine rigueur alimentaire», Léonce Zoungrana

Depuis le 6 mai, les musulmans ont entamé le jeûne. C’est une période où les jeûneurs ne prêtent pas attention à leur alimentation. Pour en savoir plus, nous avons interrogé le Dr Steve Léonce Zoungrana, hépato-gastroentérologue-nutritionniste, enseignant hospitalo-universitaire à l’université de Ouahigouya et président de l’ONG Promouvoir la nutrition et l’hygiène en Afrique (PNHA).

Sidwaya (S) : Quels sont les impacts du jeûne sur l’organisme ?

Léonce Zoungrana : Un jeûne comme celui pratiqué par les musulmans ne devrait pas poser des problèmes de santé si l’alimentation est bien conduite. En effet, il s’agit d’un jeûne court qui ne se fait que sur une demi-journée (environ 13h). C’est à partir de 18 à 20 heures que le jeûne devient dangereux pour la santé. Une alimentation bien conduite suppose la consommation de tous les nutriments indispensables au bon fonctionnement de l’organisme y compris l’eau. La déshydratation peut survenir si l’apport en eau n’a pas été suffisant pendant la phase précédant le jeûne. On peut effectivement ressentir de la fatigue et une baisse des performances physiques et intellectuelles, de l’attention dans la journée.

S : Quels types d’aliments sont adaptés aux heures de début du jeûne et à la rupture ?

L.Z. : Au début du jeûne le matin, il s’agira de consommer le premier repas de la journée. Il est le plus important des trois repas que nous conseillons dans la journée. C’est celui qui précède le jeûne et c’est pour cela qu’il ne faut pas le négliger. Il doit être consistant. C’est de ce repas que l’organisme va tirer toute l’énergie dont il aura besoin jusqu’à la rupture du jeûne. C’est en ce moment qu’il faudra boire suffisamment d’eau pour se constituer des réserves afin d’éviter la déshydratation. Le repas devra être équilibré en quantité et en qualité. Il va comporter des sucres complexes ou lents : céréales (riz, tô, bouillie de céréales, pain), tubercules (igname, pomme de terre etc.), qui seront disponibles pour l’organisme toute la journée. On pourra également consommer des protéines animales tels la viande, le lait, ainsi que des fruits. Bien entendu ce régime sera adapté à la disponibilité alimentaire, aux goûts et habitudes de chacun. Ce type de régime est équilibré et apporte tous les macronutriments (sucres, protéines, un peu de graisses) et micronutriments indispensables (vitamines et sels minéraux). A la rupture du jeûne, il faut doubler la prise alimentaire. La première prise alimentaire qui correspond au deuxième repas de la journée est celui de la rupture du jeûne qui a lieu au coucher du soleil (18h et 18h30mn). Il faut manger des aliments un peu sucrés et bien s’hydrater pour nourrir rapidement l’organisme et lui permettre de récupérer de la journée. Les aliments sucrés peuvent provenir de la bouillie de céréales (petit mil, riz, maïs), traditionnellement consommées avec d’autres boissons sucrées comme le «bissap», le «zom-kom». On peut également consommer des dattes et des boissons chaudes sucrées (thé, tisanes). Ces sucres dits simples ou rapides passent vite dans le sang, permettant de soulager rapidement la sensation de faim. Il permettra au jeûneur d’aller prier sereinement. Ce repas doit être léger pour permettre d’apaiser les sensations de soif et de faim résultant de la journée. La consommation des aliments sucrés doit être modérée, car ils sont très riches en énergie et palatables. Pour 100 g de sucres soit 20 carreaux équivalent à 420 calories, 100 g de dattes à 555 calories en sachant qu’une femme adulte n’a besoin que de 2400 calories environ par jour. S’ils sont trop consommés, ils peuvent occasionner une prise de poids liée à la forte sécrétion d’insuline.
La deuxième prise alimentaire qui correspond au troisième repas de la journée est pris environ 1h30 mn à 2 h après le second. Il doit respecter la satiété sans pour autant être lourd et trop copieux. Il faudra éviter de manger en ce moment des aliments énergétiques, trop gras, surtout les graisses animales (viandes grasses, abats, beurre, etc.), qui augmentent le taux de cholestérol dans le sang et favorisent la survenue des maladies cardio-vasculaires. Il en est de même des féculents surtout sous forme de fritures (100 g de pomme de terre frites délivrent 400 calories). Il ne sert à rien de manger beaucoup avant de dormir puisque tout ce qui est mangé sera stocké pendant la nuit. L’assimilation des aliments est optimale avant l’effort, pas avant le repos. Si le repas est trop lourd, la sensation de faim ne se fera pas sentir au matin et pourrait faire sauter le petit déjeuner précédent le début du jeûne. Par exemple, on pourra commencer le repas par une soupe, par des crudités avec une vinaigrette allégée. On pourra également consommer des viandes et poissons maigres, accompagnés d’un peu de féculents et terminer le repas par des fruits ou des produits laitiers. En somme, ce repas doit être léger mais rassasiant, n’apportant pas trop d’énergie. Il met l’accent sur les protéines avec très peu de féculents (riz, tô, etc.). Il ne faut pas oublier également de boire suffisamment d’eau toute la soirée après la rupture afin d’obtenir un bon état d’hydratation le lendemain.

S : Comment bien prendre ses repas pour éviter les indigestions ou d’autres problèmes à la fin du Ramadan ?

L.Z. : Il y a des risques sur la santé si le jeûne n’est pas bien conduit. Il faut suivre une certaine rigueur alimentaire. Certaines personnes peuvent prendre jusqu’à 10 Kg durant cette période de jeûne. Il ne faut justement pas trop manger au moment de la rupture du jeûne et surtout ne pas exagérer dans la consommation des aliments gras et sucrés. Après une période de jeûne de 12 heures, l’organisme risque de se rattraper en faisant des réserves si on lui donne trop d’énergie : c’est le phénomène de compensation bien connu en nutrition. Il ne faut pas se mettre à grignoter à la tombée de la nuit après la rupture du jeûne. Le repas pris avant le début du jeûne est très important. En le négligeant, on donne l’occasion à l’organisme de se rattraper plus. Il arrive que des diabétiques soient hospitalisés après le Ramadan non pas à cause des restrictions alimentaires, mais à cause de ces repas trop copieux. Les mélanges de plusieurs aliments peuvent également être à l‘origine de problèmes d’intolérances alimentaires (ballonnement, diarrhée, douleurs abdominales) et même d’allergies alimentaires.
Sur le plan de l’hygiène, le jeûne favorise l’essor de la restauration collective. La problématique de la qualité hygiénique des aliments de la rue est connue et se pose avec encore plus d’acuité en cette période de jeûne. En effet, la rupture du jeûne se fait en famille ou en collectivité (y compris dans la rue, les mosquées). Ce qui suppose la préparation de rations alimentaires plus importantes souvent par plusieurs personnes. On peut assister à des cas de Toxi infections alimentaires collectives (TIAC), dont le choléra et bien d’autres, avec une morbidité importante. Ces intoxications alimentaires peuvent être en rapport avec les aliments eux-mêmes : en cas de rupture de la chaîne de froid (cas du poisson qui va connaître une putréfaction et le développement de microbes), des aliments souillés avant leur préparation et de la cuisson insuffisante. Le personnel impliqué dans la préparation des mets est aussi incriminé : non-respect des règles élémentaires comme le lavage des mains pouvant aboutir à une contamination des aliments par des parasites ou des bactéries porteurs de germes non contrôlés, panaris, etc. Lorsqu’un aliment est contaminé et qu’il est partagé par beaucoup de gens, ils vont présenter les mêmes symptômes d’intoxication (diarrhée, vomissements, déshydratation, pertes de connaissance). Cela peut compromettre le bon déroulement du jeûne surtout chez les personnes âgées. Au moment de la rupture et avant de préparer le repas, il faut se laver les mains avec du savon. Il faut bien recouvrir les aliments pour éviter leur contamination par certains vecteurs comme les mouches qui peuvent se déposer sur les selles et ensuite sur les aliments. Les ustensiles de cuisine et les plats doivent être lavés au savon. Il faut aussi boire une eau saine, et au cas échéant, surtout en zone rurale, faire bouillir l’eau ou la désinfecter en y mettant quelques gouttes d’eau de javel (1 goutte/litre d’eau).

S : Quelles sont les précautions pour les personnes âgées qui tiennent à jeûner ?

L.Z. : Le jeûne est vivement déconseillé aux personnes souffrant de maladies chroniques, surtout les personnes âgées. Pourtant, certains tiennent à jeûner, malgré les risques pour leur santé. Ces patients devraient consulter d’abord leur médecin traitant qui pourra faire un bilan et décider. Pendant le jeûne, la surveillance devra se poursuivre et même en fin de jeûne une évaluation finale de l’état de santé du patient jeûneur.
Les maladies chroniques requièrent une prise quotidienne et parfois fréquente de médicaments (2 à 3 prises par jour). Changer les horaires de prise des médicaments ou en sauter quelques-unes et exposer son corps à plus de 12 heures de jeûne, n’est pas sans conséquences pour certains malades chroniques notamment les hypertendus ou les diabétiques. Elles concernent les patients diabétiques traités à l’insuline ou avec les comprimés (antidiabétiques oraux) et qui ne sont pas équilibrés, les défaillances d’organe en général (insuffisance rénale, insuffisance cardiaque…) et toutes les maladies qui ne peuvent pas supporter un jeûne même court. Les diurétiques, à titre d’exemple, sont des médicaments utilisés pour abaisser la tension artérielle en faisant beaucoup uriner le patient, ils peuvent favoriser une déshydratation puis la survenue d’une insuffisance rénale aiguë. Les patients ulcéreux quant à eux vont voir l’intensité de la douleur de l’estomac augmenter avec le jeûne avec le risque de survenues de complications (saignement, perforation).

S : Avec ces fortes températures, quels conseils aux jeûneurs ?

L.Z. : Le problème du jeûne surtout cette année concerne, le risque de déshydratation plus accentué chez les personnes âgées. Il faut s’hydrater. L’eau est l’élément le plus indispensable de tous. A température modérée, la suppression de l’apport en eau provoque la mort en 2 à 3 jours. Chaque jour, nous perdons environ 3 litres d’eau et il faut les remplacer. Cette eau sera répartie entre le lever du soleil et le coucher. C’est pourquoi, il ne faut pas oublier de bien s’hydrater en buvant suffisamment d’eau le soir et le matin avant de débuter le jeûne.

Entretien réalisé par
Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Attaque de l’église de Dablo

Dans un communiqué de presse, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, María Fernanda Espinosa Garcés, ont fermement condamné l’attaque contre l’église du village de Dablo, situé à 90 kilomètres de la ville de Kaya, dans la région du Centre-Nord, du Burkina Faso.

Par la voix de Fernanda Espinosa, son porte-parole adjoint, M. Guterres a rappelé le caractère sacré de tous les lieux de culte et exhorté tous les citoyens burkinabè à travers toutes les communautés «à s’unir pour ne pas succomber aux efforts visant à semer la discorde et engendrer de nouvelles violences». «Nous ne pouvons tolérer la haine. Le droit fondamental de la liberté de religion doit être respecté partout», a, pour sa part, souligné Fernanda Espinosa qui vient d’achever une visite en Afrique de l’Ouest et du Centre (Nigéria, Tchad et Ghana).
La coordinatrice résidente des Nations unies au Burkina Faso, Metsi Makhetha, a également condamné «l’attaque odieuse» contre l’église de Dablo. «Aucun peuple ne devrait subir ce que le Burkina Faso traverse actuellement», a dit Mme Makhetha. «Même les guerres ont des règles. Les civils ne devraient jamais être une cible», a souligné la coordinatrice résidente. Le secrétaire général de l’ONU et la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies ont demandé à ce que les auteurs de cette attaque soient traduits en justice pour répondre de leur crime. M. Guterres et Mme Makhetha ont adressé leurs sincères condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. «Nos pensées vont également aux familles des personnes enlevées et à toutes les personnes qui ont perdu la vie lors des récentes attaques», a ajouté la coordinatrice résidente des Nations Unies au Burkina Faso.
Le Secrétaire général a exprimé la solidarité des Nations unies avec le gouvernement et le peuple du Burkina Faso en cette période difficile pour la nation. «Les Nations unies restent disposées à appuyer ses efforts de la manière la plus appropriée», a souligné son porte-parole adjoint.
De même, le représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), Mohamed Ibn Chambas a condamné l’attaque et présenté ses plus profondes condoléances aux familles des victimes, au peuple et au gouvernement burkinabé. Il a encouragé les autorités à prendre les mesures indispensables pour éradiquer cette violence qui meurtrit le pays. Mohamed Ibn Chambas a enfin réitéré la détermination du système des Nations unies et de la communauté internationale à continuer d’apporter le soutien nécessaire au Burkina Faso.

Synthèse de
Jean-Marie TOE

Respect des droits humains en milieu carcéral

Le Groupe de recherche et d’action sur le pénitentiaire (GRAP) a procédé, le samedi 11 mai 2019 à Ouagadougou, au lancement de ses activités de défense et de promotion des droits humains en milieu carcéral.

Les membres du Groupe de recherche et d’action sur le pénitentiaire (GRAP) veulent relever le défi du respect des droits humains dans les centres de détention. Au cours d’une cérémonie de lancement des travaux du groupe, suivi d’un panel, le samedi 11 mai dernier à Ouagadougou, les acteurs ont expliqué que les objectifs du groupe s’articulent autour de la promotion, de la protection et de la défense des droits des détenus. Pour le ministre des Droits humains et de la Promotion civique, Maminata Ouattara, marraine de la cérémonie, le GRAP vient combler un vide associatif dans le secteur de la sécurité et des droits humains. Les recherches et les productions scientifiques que prône le Groupe en vue de renforcer les droits humains sont, selon elle, d’une utilité publique. «Les questions de sécurité, de droits humains et de prison sont des problématiques majeures auxquelles mon département attache du prix», a précisé Mme le ministre. Elle a donc exhorté les acteurs à maintenir le cap et les participants du panel à suivre avec attention les exposés et à faire des recommandations au sortir des travaux. Pour le secrétaire exécutif du GRAP, Bob Zié Wilfrid Meda, sa structure est une initiative de professionnels qui interviennent dans les secteurs de la criminalité, des droits humains et de la sécurité.

Orienter les politiques publiques

Selon lui, il s’agit, à travers le GRAP, de «s’aventurer» dans le domaine de la recherche afin de faire des propositions, allant dans le sens de l’amélioration du niveau de respect des droits humains au Burkina Faso. Et d’ajouter que les actions du Groupe pourront orienter les politiques publiques dans la lutte contre l’insécurité dans les prisons.
Le panel de lancement du GRAP a été organisé autour du thème : «Adoption du nouveau code pénal au Burkina Faso : quelle contribution au respect des droits humains en milieu carcéral»? Autour de ce thème central, des thématiques secondaires relatives aux innovations contenues dans le nouveau code pénal et l’impact de la politique pénale sur celle pénitentiaire ont été développées. Une série d’exposés des praticiens du droit et des responsables de l’administration pénitentiaire qui devait permettre aux panélistes de dégager des stratégies pour assainir la société et promouvoir les droits humains en milieu carcéral.
Le GRAP, selon ses initiateurs, est ouvert à toute personne engagée dans la promotion des droits humains et la lutte contre la criminalité. Il se compose actuellement de magistrats, journalistes, personnels pénitentiaires, médecins, commissaires de polices, etc.

Wanlé Gérard COULIBALY

Programme élargi de vaccination

Le Comité de coordination inter-agence (CCIA) sur la vaccination a tenu sa première session de l’année, le mardi 16 avril 2019 à Ouagadougou. Cette rencontre a été consacrée à l’analyse de la situation du Programme élargi de vaccination (PEV), afin de développer de nouvelles stratégies de couverture pour atteindre tous les enfants du Burkina Faso.

Les membres du Comité de coordination inter-agence (CCIA) sur la vaccination se sont retrouvés, le mardi 16 avril 2019 à Ouagadougou. C’était lors de leur première session de l’année. Une rencontre au cours de laquelle, le comité s’est penché sur les activités réalisées en 2018 dans le domaine de la vaccination. Ainsi, ils ont passé en revue la situation du Programme élargi de vaccination (PEV), notamment celles des vaccins, des équipements de froid et du matériel roulant. Aussi, ils ont analysé les résultats de l’évaluation de la Gestion efficace des vaccins (GEV) et celui de vaccination et surveillance. Pour le directeur général de la santé publique, Dr Isaïe Meda, les objectifs de couverture de 2018 ont été atteints. Des performances saluées par la représentante-résidente de l’UNICEF au Burkina Faso, Dr Anne Vincent. Elle a soutenu qu’il est clairement établi que de toutes les interventions de santé publique, la vaccination est la plus rentable du point de vue coût/efficacité après l’eau potable. Et pour preuve, elle a indiqué que la vaccination permet d’éviter la perte de plus de 2, 5 millions de vies par an à travers le monde. C’est pourquoi, de l’avis de Dr Anne Vincent, le président du Faso, Roch Kaboré, a fait du renforcement de la couverture vaccinale par tous les vaccins protégeant les femmes en âge de procréer, les nouveau-nés et les enfants, un des principes de base du pacte pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et infantile et pour la promotion de la santé des adolescents. Le montant du budget de l’Etat consacré aux vaccins et à la vaccination est passé de 1 milliard 200 millions F C FA en 2016 à 4 milliards 400 millions en 2019. Et Dr Meda de confier que dans la sous-région, le Burkina Faso est le pays qui a les plus belles performances en matière de vaccination. Il a ensuite expliqué que le PEV, depuis sa création en 1920, est passé de quatre antigènes à 14 de nos jours. Des efforts qui ont fait du président du Faso en 2018, le champion mondial de la vaccination. En termes de perspectives, le directeur général de santé publique a souligné qu’il faut travailler à ce que le pays des Hommes intègres demeure toujours leader dans la sous-région et faire en sorte que tous les enfants bénéficient des vaccins qu’il leur faut. «Il y a toujours des enfants qui échappent à la vaccination», a relevé Dr Meda. Donc, a-t-il dit, il faut aller chercher les enfants, même dans les zones difficile d’accès.

Mariam OUEDRAOGO

Mutilations génitales féminines

L’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, s’est rendue à l’école primaire de Nakamtenga, village situé à une dizaine de kilomètres de Ziniaré, le vendredi 10 mai 2019. Dans cet établissement où l’on expérimente l’enseignement des Mutilations génitales féminines (MGF), la Première dame a exprimé sa satisfaction après avoir suivi un cours sur la thématique dans la classe de CP2.

Coordonnatrice du Groupe d’action, de lobbying et de plaidoyer (GALOP) sur les Mutilations génitales féminines (MGF), les mariages d’enfants et la Santé sexuelle et reproductive (SSR), la Première dame, Sika Kaboré, accompagnée des épouses de membres du gouvernement, a visité, le vendredi 10 mai 2019, l’école primaire de Nakamtenga. Et pour cause, ladite école est l’un des 36 établissements pilotes dans lesquels sont enseignés des modules sur les MGF. Pour la chargée du cours du CP2 de l’école, Mamounata Kaboré, c’est en avril dernier qu’elle a commencé par un cours de langage sur les différentes parties du corps. «Au regard du caractère tabou du sujet, il y avait un sentiment de gêne au début chez les élèves. Avec le temps, les enfants ont réussi, de façon progressive, à participer aux cours», a-t-elle confié «C’est une séance de 30 minutes comme les autres matières, insérée soit en morale soit en exercice d’observation. Les enfants ne s’exprimant pas en français, de temps à autre, nous avons recours à la langue mooré pour leur faire comprendre la leçon», a expliqué l’enseignante. Pour elle, il leur faut former et doter de moyens les enseignants de manière conséquente afin qu’ils poursuivent la sensibilisation. En présence de la délégation de Sika Kaboré et des autorités du Plateau central, les élèves, assis en quatre groupes de six, ont animé, sans gêne, un cours sur l’excision, répondant avec enthousiasme aux questions. Certains d’entre eux ont échangé avec l’épouse du chef de l’Etat sur leurs préoccupations.

Le danger de l’excision

Composée de six classes, l’école de Nakamtenga compte 99 garçons et 91 filles pour 11 enseignants. Dans le cadre de l’expérimentation de l’enseignement des MGF, de la SSR et du mariage d’enfants, le directeur de l’école, Marcel Sawadogo, a confié qu’un calendrier d’activités a été élaboré pour permettre aux enfants de mener la sensibilisation avec leurs camarades dans le village. M. Sawadogo s’est réjoui de l’introduction de ces thèmes au cours de l’enseignement-apprentissage dans les classes. Selon ses témoignages, les enfants ont pris conscience du danger du phénomène de l’excision et se sont engagés pour l’abandon de cette pratique néfaste.
L’épouse du chef de l’Etat a dit être allée pour se rendre compte de la réalité de l’enseignement des MGF, du mariage des enfants et de la SSR. «Je suis satisfaite de ce que j’ai vu, notamment la façon dont l’enseignante fait ses cours, la réactivité des enfants qui prennent conscience de ce que ces pratiques sont néfastes pour la santé des femmes», a-t-elle affirmé à l’issue des cours. Quant au gouverneur du Plateau central, Nana Fatoumata Benon, elle a exprimé sa joie de recevoir la Première dame et sa délégation mais aussi de compter une école de sa région dans la phase pilote de l’enseignement des MGF à l’école primaire. «Nous souhaitons, a-t-elle dit, que le plaidoyer puisse se faire afin d’élargir cet enseignement à l’ensemble des écoles de la région où le phénomène est récurrent à cause du poids des traditions». Mme Benon a aussi confié qu’agir sur les enfants, c’est agir sur l’avenir parce qu’ils pourront faire le plaidoyer au sein des communautés avec les autres enfants et auprès des parents.

Tielmè Innocent KAMBIRE

Mutilations génitales féminines

L’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, s’est rendue à l’école primaire de Nakamtenga, village situé à une dizaine de kilomètres de Ziniaré, le vendredi 10 mai 2019. Dans cet établissement où l’on expérimente l’enseignement des Mutilations génitales féminines (MGF), la Première dame a exprimé sa satisfaction après avoir suivi un cours sur la thématique dans la classe de CP2.

Coordonnatrice du Groupe d’action, de lobbying et de plaidoyer (GALOP) sur les Mutilations génitales féminines (MGF), les mariages d’enfants et la Santé sexuelle et reproductive (SSR), la Première dame, Sika Kaboré, accompagnée des épouses de membres du gouvernement, a visité, le vendredi 10 mai 2019, l’école primaire de Nakamtenga. Et pour cause, ladite école est l’un des 36 établissements pilotes dans lesquels sont enseignés des modules sur les MGF. Pour la chargée du cours du CP2 de l’école, Mamounata Kaboré, c’est en avril dernier qu’elle a commencé par un cours de langage sur les différentes parties du corps. «Au regard du caractère tabou du sujet, il y avait un sentiment de gêne au début chez les élèves. Avec le temps, les enfants ont réussi, de façon progressive, à participer aux cours», a-t-elle confié «C’est une séance de 30 minutes comme les autres matières, insérée soit en morale soit en exercice d’observation. Les enfants ne s’exprimant pas en français, de temps à autre, nous avons recours à la langue mooré pour leur faire comprendre la leçon», a expliqué l’enseignante. Pour elle, il leur faut former et doter de moyens les enseignants de manière conséquente afin qu’ils poursuivent la sensibilisation. En présence de la délégation de Sika Kaboré et des autorités du Plateau central, les élèves, assis en quatre groupes de six, ont animé, sans gêne, un cours sur l’excision, répondant avec enthousiasme aux questions. Certains d’entre eux ont échangé avec l’épouse du chef de l’Etat sur leurs préoccupations.

Le danger de l’excision

Composée de six classes, l’école de Nakamtenga compte 99 garçons et 91 filles pour 11 enseignants. Dans le cadre de l’expérimentation de l’enseignement des MGF, de la SSR et du mariage d’enfants, le directeur de l’école, Marcel Sawadogo, a confié qu’un calendrier d’activités a été élaboré pour permettre aux enfants de mener la sensibilisation avec leurs camarades dans le village. M. Sawadogo s’est réjoui de l’introduction de ces thèmes au cours de l’enseignement-apprentissage dans les classes. Selon ses témoignages, les enfants ont pris conscience du danger du phénomène de l’excision et se sont engagés pour l’abandon de cette pratique néfaste.
L’épouse du chef de l’Etat a dit être allée pour se rendre compte de la réalité de l’enseignement des MGF, du mariage des enfants et de la SSR. «Je suis satisfaite de ce que j’ai vu, notamment la façon dont l’enseignante fait ses cours, la réactivité des enfants qui prennent conscience de ce que ces pratiques sont néfastes pour la santé des femmes», a-t-elle affirmé à l’issue des cours. Quant au gouverneur du Plateau central, Nana Fatoumata Benon, elle a exprimé sa joie de recevoir la Première dame et sa délégation mais aussi de compter une école de sa région dans la phase pilote de l’enseignement des MGF à l’école primaire. «Nous souhaitons, a-t-elle dit, que le plaidoyer puisse se faire afin d’élargir cet enseignement à l’ensemble des écoles de la région où le phénomène est récurrent à cause du poids des traditions». Mme Benon a aussi confié qu’agir sur les enfants, c’est agir sur l’avenir parce qu’ils pourront faire le plaidoyer au sein des communautés avec les autres enfants et auprès des parents.

Tielmè Innocent KAMBIRE