Zone cotonnière de N’Dorola : le «OK des fétiches» pour la reprise de la production

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, par ailleurs président du comité de haut niveau du suivi de la relance de la production cotonnière du Burkina Faso, a échangé, le 11 mai 2019 à Kourouma, avec les cotonculteurs de la région cotonnière de N’Dorola. Les leaders coutumiers ont, à l’occasion, rassuré les autorités que les interdits (invocations des fétiches) à la suite de la crise de la campagne écoulée, ont été levés afin de reprendre la culture du coton dans ladite zone.

La culture du coton est désormais de retour dans la zone cotonnière de N’Dorola. Les coutumiers ont, le 11 mai 2019, rassuré le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, par ailleurs président du comité de haut niveau du suivi de la relance de la production cotonnière du Burkina Faso, de la levée des interdits à la suite de la crise de la campagne écoulée.

«La réunion d’aujourd’hui nous a beaucoup encouragés. Ils ont été chez les coutumiers qui leur ont donné leur faveur. (…). Nous sommes prêts à produire, car, nous avons tué des poulets sur les fétiches et tout s’est bien passé», a laissé entendre le délégué des coutumiers de Kourouma, Gnagnara Pascal Traoré, à l’issue de la rencontre. Avant d’échanger avec les producteurs, le ministre s’est rendu chez les leaders religieux et coutumiers de N’Dorola et de Kourama.

Après la tournée, place a été faite aux échanges, dans un esprit bon enfant. Sans détour, les intervenants ont énuméré des griefs aux autorités, à la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) et à l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton du Burkina (UNPCB). Ils se résument, entre autres, à la mauvaise qualité des semences, au classement du coton lors de son achat, aux prix jugés élevés de l’engrais et des insecticides ainsi que leur mauvaise qualité.

Le DG SOFITEX salue le retour à la culture du coton

Le mauvais état de la route s’est aussi invité aux échanges. Pour planter le décor, le ministre est revenu sur les mesures prises, en ce début de campagne. Les sociétés cotonnières avaient décidé d’acheter le kilogramme de coton graine à 260 F CFA lieu de 250 F CFA, a-t-il dit. Mais, a poursuivi M. Kaboré, le gouvernement a mobilisé 3 milliards 500 mille F CFA afin de fixer à 265 F CFA le prix d’achat du kilogramme. Concernant la qualité des semences, a-t-il souligné, des mesures ont été prises pour que le taux de germination atteigne 60 %. «Sur le prix de cession des intrants, un effort de 13 milliards 600 millions F CFA, a été fait afin que le sac de 50 kg de NPK et d’urée, passe de 15 000 à 14 000 F CFA. Aussi, le gouvernement a décidé d’accompagner certains producteurs dans l’apurement de leur dette. Nous avons demandé à la SOFITEX, à Faso Coton et SOCOMA de nous évaluer la dette. Mais nous allons demander aux producteurs de faire un effort également», a indiqué le ministre.

A l’issue des échanges, il a laissé entendre que le gouvernement s’est engagé à analyser l’ensemble des préoccupations pour qu’au fur et à mesure «nous puissions juguler l’ensemble des problèmes qui ont été soulevés». Le directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo a salué le fait que les producteurs se sont engagés au retour de la culture du coton sur la base du dialogue. «Nous partons satisfaits de cette première approche qui consacre le retour des producteurs à la culture du coton. Il est aussi important de relever que nous avons pris des engagements (…), de travailler à ce que la qualité de ce partenariat raffermisse la confiance», a souligné le directeur général.

Boubié Gérard BAYALA

Patrimoine mondial de l’UNESCO `: les fourneaux de Tiwèga en compétition

Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a célébré en différé, le jeudi 9 mai 2019 à Kaya, la IVe édition de la Journée mondiale du patrimoine africain.

Le Site des fourneaux de Tiwèga (SFT), situé dans la commune de Kaya, est candidat pour l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). C’est pourquoi, le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT) a porté son choix sur ce site pour la célébration en différé de la IVe édition de la Journée mondiale du patrimoine africain (JMPA), placée sous le thème : «Patrimoine et innovations». C’était le jeudi 9 mai 2019, à Kaya. L’objectif est d’attirer l’attention de la jeunesse burkinabè sur l’utilité de protéger le SFT, en vue de le léguer aux générations futures, selon le Secrétaire général (SG) du MCAT, Dr Lassina Simporé. «Les élèves sont des ambassadeurs du patrimoine burkinabè, à travers leurs téléphones portables.

Etant donné qu’ils sont la relève de demain, cela est un message important que nous lançons afin que chaque parent transmette le patrimoine à son enfant », a-t-il souhaité. Dans le même ordre d’idées, la chargée de mission au département en charge de la culture Mariam Ouédraogo a indiqué que la JMPA constitue un cadre privilégié pour la valorisation du SFT, dans le but de susciter une prise de conscience et une appropriation des enjeux de l’inscription d’un bien au patrimoine mondial. De ce fait, elle a invité les collectivités territoriales à œuvrer à son entretien.

«L’inscription d’un site au patrimoine mondial consacre la valeur universelle de ces biens qui font désormais partie des sites du patrimoine de l’humanité et des principales attractions touristiques du pays», a-t-elle souligné. Depuis l’érection des ruines de Loropéni au rang des biens du patrimoine de l’humanité en 2009 et du parc W en 2017, le MCAT s’est engagé, de l’avis de Mme Ouédraogo, dans un processus d’élaboration de nouvelles propositions d’inscription des biens. Pour le chef du village de Tiwèga, Naaba Sikiri, les trois fourneaux de son village datent du XVe siècle. A l’entendre, il s’agit des aériens à tirage naturel. Après le SFT, le cap a été mis sur le site du festival Wedbindé où sont érigés des fourneaux du Burkina Faso et ceux des pays voisins.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

Mine d’or de Sanbrado : 50 tonnes de métal jaune attendues

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a lancé, le vendredi 10 mai 2019, dans la commune de Boudry, la construction de la mine d’or de Sanbrado, dans la région du Plateau central. Prévue pour durer 11 ans, l’exploitation de cette mine, dont le premier lingot est attendu en juillet 2020, va produire 50 tonnes d’or durant la période.

En juillet en 2020, la mine d’or de Sanbrado, dans la province du Ganzourgou, région du Plateau central, va couler son premier lingot. En effet, le lancement des travaux de construction de la 14e mine industrielle du Burkina Faso, est intervenu, le vendredi 10 mai 2019, en présence du Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré. Au cours de ses six premières années, elle va produire 7,3 tonnes par an et à terme, au minimum 50 tonnes d’or. Le ministre des Mines et des carrières, Oumarou Idani, a indiqué que le lancement des travaux s’inscrit dans une dynamique d’accorder une importance à tous les secteurs stratégiques pouvant permettre de transformer structurellement l’économie burkinabè pour une croissance forte. «Les ambitions fixées par le Plan national de développement économique et social ont placé les mines et les carrières en pôle position, en leur confiant des missions exaltantes et de choix.

En effet, en plus de la contribution des industries extractives dans le PIB, il s’agit d’augmenter la proportion des achats locaux dans les consommations alimentaires des industries minières et d’accroître le montant moyen des investissements locaux réalisés», a-t-il laissé entendre. En outre, M. Idani a confié que ce projet porté par la Société des mines de Sanbrado (SOMISA) est un processus vieux de plus de 30 ans dont l’aboutissement réjouit le gouvernement. A écouter le ministre, les retombées socio-économiques de la mine justifient l’intérêt que l’exécutif burkinabè lui accorde, car les contributions directes au budget de l’Etat sont estimées à 156,5 milliards francs CFA sur la durée de son fonctionnement.

«Au titre des emplois, la mine et ses sous-traitants vont employer dans ses phases de construction et de production respectivement plus de 800 personnes et créer 700 emplois permanents, avec une forte prédominance des compétences locales», a fait savoir le ministre Idani. Pour le chef du gouvernement, la multiplication des mines industrielles est la preuve que le Burkina Faso est un pays minier.

Une contribution de 11,275 milliards au budget de l’Etat

Afin de permettre aux populations locales de profiter de ces mines, a dit Christophe Joseph Marie Dabiré, la loi sur le Fonds minier de développement local (FMDL) a adoptée pour qu’il y ait des retombées directes pour les habitants des localités où elles sont installées, à travers des infrastructures socio-économiques de base et des emplois. «Les populations sont toujours impatientes, mais il faut du temps pour que les efforts que nous faisons puissent renforcer les capacités d’intervention de l’Etat», a soutenu le chef du gouvernement. Il a précisé que l’orientation du chef de l’Etat est que les mines participent, de façon effective, au développement économique du pays. Selon le ministre des Mines, au titre du FMDL, la SOMISA contribuera à hauteur de 11,275 milliards francs et 2,2 milliards FCFA au Fonds de réhabilitation environnementale. Le Président directeur général de la SOMISA, Richard Hyde a, pour sa part, fait savoir que l’installation de la mine a affecté 613 personnes dont le coût de réhabilitation s’élève à environ 3 milliards de francs CFA.

«La mise en œuvre du plan d’actions de réinstallation est en cours et la société s’emploie à ce que toute famille déplacée soit réinstallée dans sa nouvelle résidence, munie de tous ses droits avant mai 2020», a-t-il rassuré. Au-delà, a-t-il dit, son entreprise est animée d’une ferme volonté de contribuer à poser les bases locales d’un développement durable et à dresser un plan de restauration des moyens de subsistance en matière d’agriculture, d’élevage et d’activités génératrices de revenus pour les personnes déplacées. Du reste, il s’est engagé à respecter les délais et a confié qu’au stade de production, la mine accordera la priorité aux ressortissants de la commune de Boudry pour les emplois non qualifiés ou nécessitant une formation de courte durée. «SOMISA ne foulera aux pieds aucune des obligations auxquelles la convention minière l’assujettit. Mais, pour cela, il lui faudra impérativement bénéficier d’un climat social apaisé et d’un accompagnement encore plus soutenu des autorités centrales et déconcentrées ainsi que coutumières locales», a lancé le PDG.

Joseph HARO

Sanmatenga: l’Eglise de Dablo attaquée, 6 personnes tuées

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Des individus armés ont attaqué, ce dimanche 12 mai, à Dablo dans la province de Sanmatenga, l’église catholique, peu avant le début du culte.    Selon une  source locale, les assaillants  ont tué 6 fidèles  dont un prêtre;  deux véhicules ont été également  incendiés à l’église et au CSPS.

 

Les otages libérés reçus par le président du Faso

 

Trois des quatre otages libérés dans la nuit du  9 au 10 mai dans la Région du Nord, ont été reçus en audience, le samedi 11 mai 2019 par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Enlevés dans le nord du Bénin, dans le parc de la Pendjari, situé à la frontière avec le Burkina Faso, les deux touristes français Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne, Kisoon Jang  ont été libérés, dans la nuit du  9 au 10 mai dernier, dans la Région du Nord, grâce à une opération militaire conjointe menée par les forces spéciales françaises en collaboration avec les services de renseignements américains et les forces de défense burkinabè.  Quelques heures avant leur départ pour la France, trois des quatre otages, exceptée l’ex-otage américaine, se sont entretenus avec le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

C’était au cours d’une audience tenue le samedi 11 mai 2019 au Palais de Kosyam. Une trentaine de minutes après leur arrivée, ils sont réapparus sur les marches du perron, en compagnie d’une délégation française et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry. « Le président Kaboré  a exprimé sa compassion pour les deux morts enregistrés côté français dans cette opération. Il a, par ailleurs, dit être soulagé après la libération des quatre otages, dont les deux français et la coréenne. L’américaine a été récupérée par les autorités américaines« , a indiqué le chef de la diplomatie burkinabè. Le président du Faso a également témoigné, aux dires du ministre Barry, sa solidarité au peuple français et à son homologue Emmanuel Macron. « Il a, en outre, exprimé tout l’intérêt de la coopération entre le Burkina Faso et la France, notamment pour la question sécuritaire au Sahel. Cette collaboration entre les deux pays, a-t-il relevé, est excellente. Et la réussite de cette opération militaire en est la preuve« , a-t-il ajouté. A l’entendre, cette coopération est régie par un accord de défense signé en décembre dernier à Paris.  Il a indiqué que les forces françaises qui sont des « forces alliées« , sont, selon les termes de l’accord, autorisées à mener des incursions sur le territoire burkinabè avec le concours des forces de défense et de sécurité du Burkina Faso. Nous allons continuer, a-t-il conclu, à intensifier nos relations dans le domaine de la défense et de la sécurité de sorte à enrayer la menace terroriste au Sahel. Laurent Lassimouillas, l’un des otages libérés, a rendu, pour sa part, un hommage aux Maitres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les deux militaires, membres du commando Hubert tués lors de l’opération de sauvetage. « Nous avons une pensée pour les familles de ces soldats qui ont perdu la vie pour nous sortir de cet enfer. Nous leur adressons toutes nos condoléances. Nos pensées vont également à notre chauffeur guide béninois, Fiacre Gbédji assassiné avant notre enlèvement. Nous remercions enfin les autorités françaises et burkinabè d’avoir œuvré à notre libération pour que nous soyons loin de tout cet enfer que nous avons vécu« , a-t-il confié, la voix empreinte d’émotion.

Le cortège des hôtes du président Roch Marc Christian Kaboré a pris, quelques minutes plus tard, la direction de l’Aéroport de Ouagadougou. A leur arrivée en France, ils ont  été accueillis sur la base aérienne de Villacoublay, en région parisienne, par Emmanuel Macron et les ministres des Armées et des Affaires étrangères, Florence Parly et Jean-Yves Le Drian.

Aubin NANA

Zone de libre échange continentale africaine: Le Ghana souhaite abriter le secrétariat

Le ministre du développement  des chemins de fer, Joe Ghartey  a transmis   au chef de l’Etat,  Roch Marc Christian Kaboré, un message de son homologue Nana Akufo Addo, le 10 mai 2019. Il porte  sur le vœu du Ghana d’accueillir le secrétariat de la zone de libre échange continentale africaine  Grâce à l’appui du Burkina Faso.

Le Ghana compte sur le soutien du Burkina Faso dans  son plaidoyer pour abriter le  secrétariat de la  zone de libre échange continentale africaine.  Ce message a été communiqué par l’émissaire spécial du président Ghanéen, le ministre du développement des chemins de fers, Joe Ghartey lors d’une audience  avec le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, vendredi 10 mai 2019. « Le Ghana est  stable  sur les plans politique et économique  et  dispose des infrastructures nécessaires en terme de santé d’éducation  pour accueillir un tel  organe. Plus encore, le Ghana  est très engagé  depuis le début pour  la mise en place de la zone», a-t-il  argumenté à la fin de l’entretien. Le  secrétariat de la  zone de libre  échange continentale va  permettre de faciliter son  processus  d’implémentation et veiller à ce que tous les pays travaillent à la mise en place de l’union  tant rêvé.

La zone de libre échange continentale africaine  dont l’accord a été signé en mars 2018 à Kigali au Rwanda,  va permettre, de l’avis de Joe Ghartey  de réaliser enfin  l’indépendance économique des Etats africains. « Les états africains ont acquis  l’indépendance politique mais je me demande s’ils ont vraiment  l’acquis l’indépendance économique. Celle-ci ne saurait se réaliser tant que tous les pays ne seront pas intégrés pour constituer une union », a-t-il poursuivi.  Cette  zone est perçue comme essentiel au développement économique de l’Afrique, par le biais d’une hausse du commerce intra-africain, car elle permettra  de réunir 1,2 milliards de consommateurs  avec un PIB cumulé d’environ 2 500 milliards de dollars US, si elle est effectivement mise en place.  Sur les 22 pays  qui doivent ratifier le traité pour son entrée en vigueur, 15 l’ont déjà fait et les autres ont  transmis leurs instruments de ratification, a affirmé M. Ghartey.

Nadège YE

Promotion de l’agriculture familiale : Un nouveau programme en vue

Une délégation de SOS Sahel international Burkina Faso et France a présenté au président du Faso, l’initiative verte pour le sahel, le 10 mai 2019  à Ouagadougou.

En amont  de la préparation du sommet du G7, réunissant les  pays réputés être les plus grandes puissances avancées du monde, le  délégué  général  de SOS sahel international France, Rémi Hémerick,  à la tête d’une délégation  composée du représentant  du parrain de l’ONG et du président du conseil d’administration de SOS Sahel international Burkina Faso,  est venu présenter, au chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, un programme qu’il compte défendre lors de cette rencontre. C’était au cours d’une audience le vendredi 10 mai 2019 à Ouagadougou. A l’entendre, il s’agit de l’initiative  verte pour le sahel   développée en partenariat avec l’ONG allemande Welthungerhilffe.  « Elle vise à porter à grande échelle  les solutions  concrètes et éprouvées  pour l’agriculture  familiale sahélienne et  apporter une contribution significative  à la réalisation  de la grande muraille verte », a expliqué  Rémi Hémerick à sa sortie d’audience.  Selon lui, ce programme repose sur 4 leviers principaux  à savoir la gouvernance locale; la restauration des terres, des forêts et promotion de l’irrigation;  la création  de 90 centres  de services  et de 6 académies de formation sur l’énergie solaire  enfin l’appui à 6 filières de production dont le sésame, la gomme arabique. L’initiative verte pour l’Afrique va être mise en œuvre  dans   6 pays: le Burkina Faso,  la Mauritanie,  le Mali, le Niger, le Sénégal et le Tchad.    « Il vise  la création  et la pérennisation de 573000 emplois durables  dans le secteur rural et l’insertion de 7000 emplois jeunes qualifiés »,a-t-il poursuivi.

SOS Sahel  est une ONG internationale africaine  fondée au Sénégal  en 1976. Elle œuvre dans 11 pays de  la bande sahélienne  du Sénégal à Djibouti. Ses actions visent à établir des  systèmes agraires performants  adaptés  aux contextes  locaux et aux changements  climatiques.

Nadège YE

Transport de viande à Ouagadougou: Un attentat à l’hygiène alimentaire

Dans la capitale burkinabè, le transport de carcasses de viande sur des motocyclettes et sans protection est devenu monnaie courante. Ces pratiques qui foulent aux pieds les règles élémentaires d’hygiène mettent, cependant, en danger la vie du consommateur, et ce, en dépit de l’existence d’un abattoir frigorifique et des efforts de la police municipale.

La viande est un aliment très prisé par les Burkinabè, et les Ouagalais en particulier. Malheureusement, les conditions d’hygiène et de transport (mobylettes, tricycles, voitures non frigorifiées, etc.) qui précèdent sa commercialisation sont parfois répugnantes. Boucher au marché de Arb-yaar, Saïdou Sawadogo,  avoue, sourire aux lèvres, qu’il trimballe quotidiennement sa viande sur sa mobylette. En ce début de matinée du samedi 16 mars 2019, il enfourche sa moto, pour rejoindre son lieu de travail, les jambes posées sur la viande pour la maintenir en équilibre. Les bras solidement accrochés au guidon, il slalome entre les voitures et les motocyclettes. «Regardez, mes pieds n’atteignent plus les freins, je sais que je suis exposé aux accidents de la route. Mais je n’ai pas le choix, si je veux assurer ma pitance quotidienne», explique-t-il. En direction du centre-ville, aux environs du quartier Larlé, un autre transporteur de viande s’attire le courroux des usagers de la route. Après moult acrobaties, il parvient à immobiliser de justesse sa moto au niveau des feux tricolores. La viande fourrée entre la selle et le guidon, il se faufile entre les véhicules, réussit à se frayer un passage et disparaît dans la circulation. «Ils sont à l’origine de nombreux accidents de la route et sont régulièrement traqués par les policiers», affirme Halidou Kaboré, boucher de son état. Le transport de la viande à l’aide de moyens inadaptés n’est pas observable uniquement dans les abattoirs de fortune.  Le phénomène est également perceptible à l’abattoir frigorifique de Ouagadougou où la viande est manipulée sans aucune mesure appropriée. Les aides-bouchers (agents chargés de ramasser la viande dans les chambres froides pour les placer sur les crochets et tables du boucher) et les mandataires (les agents chargés de décrocher les carcasses pour les charger dans les véhicules) portent allègrement la viande qui sur la tête, qui sur le dos ou les épaules. «La viande doit être transportée dans des chariots ou des paniers pour sortir de la chambre froide et non sur la tête ou le dos », rappelle Mamoudou Ouédraogo, le directeur de la société de gestion de l’abattoir frigorifique de Ouagadougou (SOGEAO). Selon les textes qui régissent la profession de boucher,  les aides-bouchers doivent, par exemple, porter une blouse et un chapeau rose et des bottes. En outre, ces vêtements doivent être régulièrement désinfectés.  Les mandataires sont soumis aux mêmes règles, mais doivent porter une blouse et un chapeau bleus et des bottes. L’application des textes en vigueur connait cependant des difficultés. La manipulation et le transport de la viande à Ouagadougou ne suivent aucune règle. Pire, ces mauvais comportements ont lieu au nez et à la barbe des responsables de l’abattoir et des autorités municipales. « Heureusement que c’est un aliment qui se consomme après cuisson », estime Dramane Traoré, président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB).

Un outil de production vétuste

Le patron de l’abattoir frigorifique de Ouagadougou, Mamoudou Ouédraogo le reconnait en ces termes: «Dans un abattoir qui se respecte, la viande ne doit pas être transportée sur la tête ou sur les épaules parce qu’il y a des équipements qui sont prévus pour cela. Malheureusement, ces textes indiquant le comportement à adopter ne sont pas respectés». A ce jour, l’abattoir ne dispose que de deux vieux véhicules commis à cette tâche dont l’un est en panne. «L’autre camion fait des livraisons sur commande, exclusivement pour les grandes boucheries et les alimentations», fait remarquer M. Kaboré. De même, les chariots et les paniers qui servent au transport de la viande à l’intérieur sont en nombre insuffisant et de mauvaise qualité, déplore M. Ouédraogo. Sur ces entrefaites, un véhicule communément appelé « Peugeot bâchée » fait son entrée au sein de l’abattoir et se gare au milieu des tables garnies de carcasses. Après avoir fait le plein de viande, le conducteur démarre en trombe et se dirige vers la sortie. «Nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont la viande est traitée à Ouaga. Mais que pouvons-nous y faire? », s’interroge, impuissant, Mamoudou Ouédraogo. L’abattoir a été réhabilité en 2004 à près de 3 milliards FCFA pour répondre aux exigences hygiénique et sanitaire de la production de viande. 15 ans après, l’outil de production reste vétuste et tourne au ralenti. L’objectif affiché au départ est loin d’être atteint. C’est du moins le sentiment du directeur général de la SOGEAO: « On ne peut pas avoir de la viande produite dans les conditions hygiéniques et techniques requises». Ces pratiques, admettent nos interlocuteurs, nuisent à la santé du consommateur. Les uns et les autres se rejettent cependant la balle. Chez les bouchers, les arguments pour se justifier ne manquent pas. «Nous n’avons pas de camions réfrigérés à notre disposition. C’est pourquoi, nous sommes obligés de transporter la viande avec nos motocyclettes», se défend le porte-parole des bouchers de l’abattoir frigorifique, Halidou Kaboré. M. Ouédraogo estime, pour sa part,  que les autorités doivent davantage sévir. Il soutient qu’il ne lui appartient pas de donner un coup de pied dans la fourmilière. «Ce n’est pas de notre rôle de lutter contre cette pratique», prévient-il. C’est aux autorités municipales, clame-t-il, de prendre leurs responsabilités. «Cette mission revient à la commune de Ouagadougou qui doit, à travers la police municipale, assurer la discipline dans le transport de la viande», affirme-t-il. Le chef de service communication et relations publiques de la police municipale de Ouagadougou, Adama Pamtaaba exhorte, quant à lui, les acteurs du domaine à adopter de bonnes attitudes. «La responsabilité de toute personne qui commercialise une denrée alimentaire est suffisamment engagée. Car elle détient la vie de plusieurs citoyens », relève-t-il.

Créer des abattoirs secondaires

M.Pamtaba assure que le problème a été pris à bras-le-corps par les autorités burkinabè à travers l’adoption, depuis 2010, de l’arrêté conjoint (n° 2010 -101 MCPEA /MRA/MATD/SECU/MEF) des ministres en charge du Commerce, des Ressources animales, de l‘Administration territoriale, de la Sécurité et de l’Economie. Toutefois, la police municipale, soutient-il, à travers la Brigade de lutte contre les abattages clandestins, traque sans relâche, les transporteurs de viande qui violent les textes en la matière. A ses dires, un boucher pris en flagrant délit de transport de viande non couverte, peut se voir retirer sa marchandise pour contrôle. « Si elle est saine, elle est offerte en don. Dans le cas contraire, elle est incinérée », dévoile-t-il. A l’entendre, tout le problème se situe au niveau des abattoirs satellites qui ne disposent pas de camions réfrigérés. Il demande, pour ce faire, aux bouchers une protection plus accrue de la viande lors de son transport. « Elle doit être mise à l’abri de tout ce qui peut porter atteinte à sa qualité », conseille-t-il.  Pour le porte-parole des bouchers, les premiers responsables de l’abattoir défendent tout sauf les intérêts de ses pairs. « Le directeur général de la SOGEAO ne fait pas de plaidoyer concernant le transport de la viande, il plaide pour le matériel et l’équipement », souligne-t-il, du haut de ses quarante années d’expérience. Qu’à cela ne tienne,  la police et la SOGEAO prônent la sensibilisation des acteurs de la filière viande autour des thématiques qui ont trait à l’hygiène alimentaire et à la salubrité. A l’abattoir frigorifique, des actions allant dans ce sens sont déjà en cours, foi de Mamoudou Ouédraogo. Ceux qui s’illustrent positivement, mentionne-t-il, seront primés. « On va récompenser les meilleurs abattants par des tenues recommandées par l’arrêté relatif à la profession de boucher », atteste-t-il. En maniant la carotte et le bâton, la police municipale s’inscrit aussi dans cette logique.  Mais, elle plaide également pour une relecture des textes. « L’arrêté conjoint de 2010 doit être remis sur la table. Et il y a nécessité de développer des abattoirs frigorifiques secondaires », souhaite-t-il. Mamoudou Ouédraogo, de son côté, n’épouse pas l’idée de création d’abattoirs secondaires.  Sa conviction est que l’abattoir est un établissement spécifique dont l’implantation doit obéir à des conditions rigoureuses.

« Les abattoirs ne peuvent pas être multipliés comme des boutiques de cartons ou de bonbons. Parce que les conditions d’exploitation sont extrêmement difficiles », clame le DG de la SOGEAO. Le président de la LCB, Dramane Traoré, encourage les bouchers à offrir des services de qualité à leurs clients. C’est à ce prix, martèle-t-il, qu’ils pourront faire prospérer leurs affaires.

 

Ouamtinga Michel ILBOUDO

Omichel20@gmail.com

Terrorisme : libération des quatre otages dont deux Français enlevés au Bénin

Dans un communiqué, l’Elysée a annoncé la libération des deux Français enlevés au Bénin et de deux autres otages, une Américaine et une Sud-coréenne, au cours d’une opération des forces spéciales. Voici le communiqué en intégralité.

« Le Président de la République se félicite de la libération de quatre otages au Sahel, dont nos deux compatriotes, M. Patrick Picque et M. Laurent Lassimouillas, enlevés le 1er mai dernier au Bénin. Il s’associe au soulagement de leurs familles à l’occasion de leur prochain retour en France. Outre les deux otages français, une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne ont également été libérées.

Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso. Au cours de celle-ci, deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales.

Le Président de la République tient à féliciter les armées françaises pour la libération de ces otages, et y associe tous ceux qui ont œuvré avec elles. Il s’incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens. Il adresse ses sincères condoléances à leurs familles, à leurs amis, ainsi qu’à leurs frères d’armes, et leur témoigne de toute la solidarité de la Nation dans ces moments difficiles.

Le Président de la République remercie également les autorités béninoises et burkinabè pour leur parfaite coopération. Il les assure de l’entière volonté de la France à les aider dans leur lutte contre le terrorisme au Sahel. »

 

Kadré Desiré Ouédraogo encourage les Editions Sidwaya

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