CSPS de Vohogdhin: 12 ans «sans vie», des âmes en péril

Le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) du village de Vohogdhin, dans la province du Koulpélogo, construit depuis 12 ans, n’est toujours pas fonctionnel. Conséquence, l’accès aux soins est un casse-tête dans ce village de plus de 10 000 âmes.

Sakinatou Kombiyagda ne fêtera pas son cinquième anniversaire. Elle vient d’être arrachée à l’affection de ses parents. Prise d’un malaise dans la nuit du 30 mars 2019, elle était dans un état critique. Son cas nécessitait une prise en charge rapide. Malheureusement, le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Vohogdhin, son village, construit en 2007, n’est toujours pas fonctionnel. Paniquée, sa génitrice la conduit au CSPS de Comin-Yanga à 22 kilomètres. Prise en charge tardivement, la fillette perd la vie. Mariam Dialga, sa quadragénaire de mère, le regard hagard, ne s’est jamais remise de ce douloureux évènement. Sakinatou était pleine de vie, regrette-t-elle. Elle ne la verra plus sautiller sur la terre de Vohogdhin qui l’a vu naître. «Si, notre dispensaire était fonctionnel, ce drame ne se serait peut-être pas produit», déplore sa mère. Les yeux remplis de larmes, celle-ci ne comprend pas pourquoi, le CSPS n’est toujours pas en service, depuis 12 ans. Aminata Dialga, quant à elle, garde toujours en mémoire le décès brutal de son fils Bouri Gorgo, à l’âge de 5 ans. Le petit garçon n’a pas eu la chance d’arriver en vie au CSPS de Salambaoré, distant de 25 kilomètres de son village.

Atteint de méningite et inconscient, sa mère était obligée de braver les cours d’eau, les routes rocailleuses, à moto, pour l’amener au centre de santé de Salambaoré. Malheureusement, Bouri a perdu la vie en cours de route. Déboussolée, sa mère n’est pas prête à oublier cette page sombre de sa vie. «Pour accoucher, il faut aller au moins à 20 km. Lorsque l’enfant naît, il peut aussi mourir brutalement par manque de soins à proximité. C’est mieux d’arrêter d’enfanter», se lamente-t-elle. A Vohogdhin, la liste des infortunés est longue : femmes, enfants, vieillards, indigents…Le mercredi 3 avril 2019, désespérée, la population s’est réunie sur le site du CSPS abandonné. Chacun voulait raconter ses déboires.

Les bâtiments du CSPS dégradés

Plus d’une décennie après son érection, le CSPS de Vohogdhin n’a jamais reçu de patients. A force de rester sans être utilisés, les bâtiments sont dégradés. Le constat est alarmant. Les locaux sont infestés par les chauves-souris, les termites et des reptiles. Des odeurs nauséabondes s’y dégagent. On déplore la dégradation des enduits maçonnés aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments, la fissuration des murs, la détérioration de la chape jusqu’ à la dalle, de la plomberie sanitaire, la décomposition du plafond, entre autres. A la maternité et au dépôt des Médicaments essentiels génériques (MEG), construit en 2015, ce sont les mêmes réalités. Situé à 22 Kilomètres de la commune de Comin-Yanga, Vohogdhin est totalement enclavé.

La situation sanitaire se caractérise par la persistance du paludisme, des maladies respiratoires et diarrhéiques, des infections sexuellement transmissibles et de la peau, des parasitoses internes…selon des agents de santé. Pis, les décès dus à une prise en charge tardive font partie intégrante du lot de problèmes de santé. En 2016, la population de Vohogdhin était estimée à 10 032 habitants. Le ratio communal est de 16 891 personnes pour un CSPS, contre 5 000 personnes par CSPS, selon la norme nationale. Comin-Yanga présente un déficit de sept CSPS, affirme des autorités sanitaires. Quant à l’accessibilité géographique, 24,37% de la population communale habite à moins de 5 Km d’une formation sanitaire, 13,21% se situe entre 5 et 10 Km et 62,42% à plus de 10 Km, indiquent les mêmes sources. La majorité de la population communale est éloignée des centres de santé.

C’est pour atténuer les souffrances des populations que le CSPS de Vohogdhin a été construit par l’Etat. Les infrastructures étaient composées d’une maternité et d’un dispensaire sans équipements et de latrines à quatre postes pour les malades. Incomplètes et ne respectant pas les normes, elles n’ont jamais été mises en service. D’autres infrastructures composées de logements sans annexes ont été réalisés en 2015 par la mairie, l’association Yamlamiloum et les bonnes volontés.

Des soins au bout de plusieurs kilomètres

Le dépôt pharmaceutique est délabré.

Malgré la construction de ces nouvelles infrastructures, le CSPS n’a jamais fonctionné. «Après la construction, l’Etat n’a pas apporté le minimum d’équipements médicaux. C’est pour cela que le CSPS n’a pas été ouvert», confirme le maire de Comin-Yanga, Ponné Zong-Naba. Les populations sont ainsi obligées de parcourir de longues distances pour bénéficier de prise en charge sanitaire dans l’un des quatre CSPS de la commune (Kohogo, Tiougou-Kandara, Konzéogo, Comin-Yanga). Pire, les évacuations sanitaires se font grâce aux charrettes, à vélos, à dos d’ânes, etc. En conséquence, Vohogdhin est confronté à un faible taux de fréquentation des formations sanitaires, un taux élevé d’automédication, une faible couverture vaccinale des enfants et des femmes, un mauvais suivi de consultations prénatales, des accouchements à domicile ou en cours de route, voire des décès, surtout pendant l’hivernage, selon des agents de santé.

Mariam Daramkoum est devenue une adepte de la médecine traditionnelle depuis la disparition de son nourrisson de neuf mois. «Cela fait deux ans que ma fillette est décédée. Sa maladie a commencé dans la nuit. Faute d’agent de santé au village, nous avons patienté jusqu’au matin pour que la pluie cesse. Ensuite, nous avons marché pour rejoindre le fleuve Koulpélogo situé à 2 km du village. Avec mon époux, nous avons nagé avec l’enfant pour traverser le fleuve», témoigne-t-elle. Leur périple s’est achevé au centre médical de Ouargaye, où la fillette a rendu l’âme. Depuis ce drame, la famille Darankoum préfère recourir aux tradipraticiens pour ses problèmes de santé.

Les femmes et les enfants paient le plus lourd tribut dans cette situation. Agée de 22 ans, Aminata Zotbenman a perdu sa grossesse de six mois en se rendant au centre de santé pour une consultation prénatale. Faute de vélo, elle a tenté de rallier Salambaoré à pieds en compagnie de son époux. Arrivée au fleuve Koulpélogo, elle a vu un liquide rougeâtre dégouliné sur sa jambe. Elle a été peinée d’observer, impuissante, son fœtus couler. Aujourd’hui, enceinte de huit mois, la future mère ne veut plus risquer sa vie et celle de son bébé. Elle a décidé de n’effectuer aucune consultation prénatale. Mais Aminata compte sur un miracle pour accoucher sans complication. Nafissatou Zoungrana (10 mois) fait partie des miraculées, selon sa mère Mariam Daramkoum. Lors de sa deuxième grossesse, celle-ci n’a suivi aucune consultation prénatale. Les moyens d’évacuation faisant défaut, elle a préféré braver les voies accidentées au péril de sa vie pour accoucher.

«Lorsque le travail a commencé dans la nuit, nous avons désespérément tenté de rejoindre le CSPS de Comin-Yanga», se souvient-elle. Kilomètre après kilomètre, à moto, sous la pluie, la petite Nafissatou verra le jour en pleine brousse sans assistance médicale. Les parents ont été contraints de rebrousser chemin pour ne pas mettre en danger la vie de leur nouveau-né. L’enclavement du village crée des soucis au-delà des habitants de Vohogdhin. «Il y a des hameaux de culture qui sont situés à plus de 40 kilomètres de là. Chaque mois, nous sommes obligés d’aller consulter ces populations», témoigne l’Infirmier-chef de poste (ICP) du CSPS de Comin-Yanga, Abdoulaye Sawadogo.

Stopper l’«hémorragie»

Les femmes enceintes et les enfants souffrent le martyre.

Dans ces hameaux, la vaccination des enfants, les consultations, la supplémentation des vitamines A pour les enfants de moins de 5 ans…sont des missions périlleuses pour les agents de santé, dit-il. Pire, selon l’ICP, en saison hivernale, quand le niveau du fleuve Koulpélogo monte, les eaux coulent durant 2 à 3 jours, voire plus. «Les agents de santé sont obligés de tenter de contourner les eaux pour espérer passer par Fada N’Gourma (55 km) pour rejoindre les populations», relate M. Sawadogo. Pour éviter cette gymnastique, certains habitants convergent vers les CSPS de Natiaboani (52 km), Nagré (40 km) et Koala (55 km) qui relèvent du district sanitaire de Fada N’Gourma, la province voisine. La représentante des femmes de Vohogdhin, Zénabou Zong-Naba, a un pincement au cœur. Révoltée, cette quadragénaire estime que la recherche de la santé ne doit pas mettre en péril sa vie. Cédric Dah, major du CSPS de Kohogo, situé à 30 km de Vohogdhin est du même avis. Il reçoit en moyenne 700 malades par mois dont ceux de Vohogdhin. Il trouve inconcevable que des personnes soient obligées de parcourir 20 à 30 km pour se soigner. Or, déplore-t-il, l’accès aux centres de santé est un engagement fort du chef de l’Etat, inscrit dans l’axe 2 du Plan national de développement économique et social (PNDES). Pour le chef du village de Vohogdhin, Naaba Kogl-Boudou, les populations rêvent du fonctionnement du CSPS.

«A chaque saison pluvieuse, près de 50 enfants meurent de paludisme et environ 80 vieillards décèdent par manque de soins. Près de 100 grossesses n’arrivent pas à terme faute de suivi», se lamente-t-il. Les mains vers le ciel, il demande à l’Etat de les sauver de cette tragédie, surtout que leurs multiples démarches auprès des autorités locales sont restées vaines. Le maire de Comin-Yanga ne cache pas aussi son désespoir. En tant qu’humain, dit-il, c’est difficile de voir des personnes mourir, sans pouvoir leur apporter secours. A qui la faute ? «La plus grande responsabilité revient à l’Etat qui a pris l’engagement de construire le dispensaire et la maternité et devrait normalement l’équiper et affecter un infirmier», souligne le maire.

«Réanimer» le CSPS

Le DRS du Centre-Est, Souleymane Kaboré: « Si on réhabilite le CSPS, nous sommes prêts à affecter des agents».

Pour le directeur régional de la santé du Centre-Est, Souleymane Kaboré, lorsque le gouvernement décide de construire un centre de santé, c’est pour rapprocher les populations des soins. Pour mettre fin aux souffrances des populations, le conseil municipal de Comin-Yanga a appelé le Fonds d’investissement pour les collectivités décentralisées (FICOD) à la rescousse. Après évaluation, la réhabilitation nécessite 55 115 249 FCFA. Au terme de la convention de financement n°003/2017/FICOD signée, le 23 mars 2017, le FICOD a donné 52 359 486 F CFA et la mairie 2 755 763 F CFA (avec une contribution des habitants d’environ 750 000 FCFA). Mais sur le terrain, pas de travaux pour donner vie au CSPS. «On espérait qu’au plus tard en 2018, on recevrait notre CSPS puisque le forage a déjà été réalisé», explique le maire. Le coordonnateur du FICOD, Abdoulaye Zongo, rassure: «A la limite, il fallait tout casser et reconstruire parce que la situation était assez mauvaise.

Les rapports d’analyses sont arrivés. D’ici à juin, l’entreprise sélectionnée sera connue, son contrat signé pour le démarrage des travaux de réhabilitation de la maternité, du dispensaire, des deux logements d’infirmiers, la construction de latrines-douches, de cuisines et d’un incinérateur». A cela, s’ajoute la réalisation d’un système d’éclairage par panneaux solaires et un apport en équipements médicotechniques.  «A la fin 2019 ou début 2020, la réhabilitation sera achevée», confie M. Zongo. Pour le conseiller municipal, Saïdou Salambéré, l’ouverture du CSPS sera la fin de 12 ans de calvaire pour de milliers d’habitants. En entendant le démarrage effectif des travaux, 10 032 âmes sont en peine.

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

Labélisation du pagne «Faso dan fani» : Le ministre Arouna Kaboré dévoile le logo

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a dévoilé, le mardi 30 avril 2019 lors d’une cérémonie à Ouagadougou, le logotype du pagne «Faso dan fani».

Le pagne «Faso dans Fani» a désormais une marque d’identification. En effet, lors d’une cérémonie, le mardi 30 avril 2019 au pavillon de la créativité du SIAO à Ouagadougou, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré a divulgué le logo d’identification du pagne du Burkina Faso. Selon le ministre Harouna Kaboré, un jury de 12 membres a été mis en place pour le choix du logo. Sur 19 offres reçues, le jury a choisi les trois meilleurs logos. A l’entendre, les critères du choix du logotype ont été, entre autres : «la créativité et l’originalité, la qualité esthétique du logo, l’harmonie des couleurs et la facilité de manipulation».

Pour M. Kaboré, la labélisation permet de donner au pagne «Faso dan fani» une identité. «On n’était pas capable de savoir si le pagne vient d’ailleurs ou du Burkina Faso», a-t-il relevé ; et d’ajouter que le label permet également de lutter contre la contrefaçon. Car, souligne le ministre en charge du commerce, il est important, dans le volet commercial, de pouvoir distinguer le bon produit du mauvais. Le label est un outil commercial et marketing, poursuit-il : «on sait désormais comment on valorise ce made in Burkina à travers l’exportation et les marchés internationaux». Au dire du ministre Kaboré le «Faso dan fani» sera protégé jusqu’aux motifs. Il a donc indiqué qu’un catalogue avec les différents motifs sera mis en place. Il a donc remercié les différents acteurs impliqués dans le processus de valorisation des produits locaux avant de préciser que d’autres produits tels que le chapeau de Saponé, le beurre de karité et les produits de cuirs et peaux de Kaya sont concernés par le projet de labélisation.

Pour la présidente de la fédération nationale des tisseuses du Burkina Faso, Justine Kafando, la labélisation va marquer la qualité. Car, dit-elle, à l’étranger, il y a des pagnes «Faso dan fani» qui déteignent et les gens pensent que c’est le Burkina Faso qui les fabrique. «Maintenant c’est clair, nous allons pouvoir identifier les pagnes Faso dan fani fabriqués au Burkina», a-t-elle signalé. En terme économique, Mme Kafando pense que leurs gains vont augmenter. Si tout le monde est convaincu qu’il y a la qualité et un cahier de charges qu’il faut respecter, poursuit Justine Kafando, je pense que tout le monde sera fier du pagne «Faso dan fani».

En marge de la cérémonie de dévoilement du logo, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré a remis 450 métiers à tisser à 24 associations ou groupe de femmes tisseuses.

Lassina BADOLO

Actu vert : les forêts classées menacées

Au Burkina Faso, les forêts classées font l’objet de toutes formes de menaces, du fait de la pression démographique. La dernière en date est la forêt classée de Kua, située dans la commune de Bobo-Dioulasso. Une partie de cette niche écologique a failli être déclassée, n’eût été la vigilance du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique et de certaines organisations de la société civile.

La forêt classée de Kua est située à l’entrée de la ville de Bobo-Dioulasso au bord de la route nationale N°1. Elle a une superficie de 350 hectares et a été classée suivant l’arrêté 891/SE du 27 avril 1936 par l’administration coloniale. Cette niche écologique joue un grand rôle dans l’écosystème dans la cité de Sya. En plus de réguler le climat, la forêt compte des centaines d’espèces herbacées et ligneuses.

En outre, la forêt offre un grand service écosystémique spécifique, car en son sein, se trouvent quatre sources d’eau dont trois sont malheureusement menacées de disparition. Aussi, le bassin versant du Kou avec une superficie de 1 821 km2 qui intègre entre autres, les forêts classées de Dindéresso, du Kou, de Kua et de Kuinima, est reconnu comme périmètre de protection des ressources en eau potable de la ville de Bobo-Dioulasso. Il constitue également l’espace géographique qui contient le système d’eau associé à la rivière Kou, à ses affluents et aux sources de Nasso, selon les résultats de nombreuses recherches.

C’est la rivière Kou qui alimente principalement la vallée du même nom qui souffre déjà de l’ensablement et du manque d’eau. C’est au sein de cette forêt très stratégique pour la ville de Bobo-Dioulasso, qu’il a été proposé de déclasser une partie (16 hectares) pour construire un centre hospitalier universitaire.

Les forêts subissent une pression

Une situation qui a vu l’opposition de certaines organisations en l’occurrence, le Syndicat national des travailleurs de l’environnement, du tourisme et de l’hôtellerie (SYNTETH).
Au-delà de la question du déclassement, se pose la question de la menace des forêts classées au Burkina Faso de façon générale.

En effet, ces forêts subissent une pression liée à l’action des populations notamment, l’exploitation anarchique des ressources ligneuses. De nos jours, le principal produit exploité dans les forêts classées aménagées est le bois de chauffe. Certes, la loi N°003-2011/AN portant Code forestier au Burkina Faso, stipule que dans les forêts classées, les droits d’usage traditionnels reconnus au profit des populations riveraines portent sur le ramassage du bois mort gisant, la cueillette des fruits et la récolte des plantes médicinales, toutefois la pression humaine dans ces forêts est très forte. Selon l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), le domaine forestier de l’Etat couvre une superficie totale estimée à 3,9 millions d’hectares (77aires classées dont 65 forêts classées) soit 14% de la superficie du territoire national alors qu’elle était de 15 millions d’hectares en 1978.

La surveillance et le contrôle de ces forêts classées du pays requièrent des moyens humains et logistiques importants en raison de leur nombre relativement élevé et dans certains cas, de la superficie à couvrir. Malgré les efforts déployés par l’Etat en collaboration avec différents partenaires au développement, le taux de couverture en ressources adéquates à la surveillance et au contrôle des aires classées du pays reste insuffisant. La plupart des postes forestiers en charge de la surveillance et du contrôle des aires classées ne disposent pas de locaux adéquats pour l’exercice de leurs missions. Le matériel technique de terrain, notamment les cartes topographiques, les boussoles, les appareils de positionnement par satellites (GPS) n’est pas disponible dans la plupart des postes forestiers.

Le matériel roulant de service lorsqu’il existe dans un poste forestier, est le plus souvent vétuste et son fonctionnement pose des problèmes, ce qui affecte le rythme des sorties en forêt, l’efficacité du contrôle et de la surveillance des aires classées.
Toute chose qui ne facilite pas la protection des forêts classées.

Adaman DRABO

La Poste Burkina Faso : le personnel en sit-in de 72 heures

Les travailleurs de La Poste Burkina Faso observent un sit-in de 72 heures, depuis hier lundi 6 mai 2019 à Ouagadougou, pour protester contre la lenteur dans la mise en œuvre du nouveau statut du personnel.

Les agents de La Poste Burkina Faso sont en sit-in de 72 heures, de 7h à 12h, depuis hier lundi 5 mai 2019 à Ouagadougou. Ce mouvement d’humeur, selon le secrétaire général du syndicat des travailleurs de la poste, Gilbert Goh, vise à interpeller les responsables de l’entreprise sur la lenteur constatée dans le cadre de la relecture du statut du personnel de l’institution dont l’adoption était prévue pour février 2019.

«Depuis le mois de septembre 2018, la commission a déposé les conclusions de ses travaux. Malheureusement depuis lors, le Directeur général (DG) traîne avec le dossier», a-t-il soutenu. Pour lui, au lieu de s’attaquer à des problèmes sérieux, le DG s’accroche à des projets de moindre importance comme le changement du nom de la société et le nouvel organigramme qui divise tant les travailleurs. Il a, en outre, relevé que les travailleurs ont pris beaucoup de patience à attendre et que cela dénote, soit d’une mauvaise volonté quelque part de faire aboutir leur projet, soit de l’incompétence de la part des dirigeants de la «boîte».

Pour le Secrétaire général (SG) de La Poste Burkina Faso, Oumarou Ouédraogo, le comité bipartite mis en place en 2018 pour se pencher sur la question a remis les conclusions de ses travaux au Conseil d’administration qui les a rejetées à deux reprises. Ce qui l’a obligé, a-t-il poursuivi, à prendre en compte les amendements faits par le conseil et à fournir également des informations complémentaires avant de lui soumettre à nouveau le document le 30 avril 2019. «Le conseil d’administration a estimé qu’il fallait encore prolonger la projection de l’évolution de l’activité de l’entreprise jusqu’à au moins 5 ans, au lieu de 3, au regard de ses états financiers», a souligné Oumarou Ouédraogo. A l’entendre, tout dépend de la décision du Conseil d’administration.

«La direction générale est une étape de la gestion de l’entreprise, elle n’est pas propriétaire de l’entreprise, elle n’est que gestionnaire», a-t-il expliqué. A l’écouter, la direction a fait ce qu’elle peut pour dénouer la crise. D’ailleurs, a-t-il fait comprendre, elle est en phase avec ce que le mouvement syndical demande et n’attend que la réponse du Conseil d’administration. Afin d’apaiser les esprits et renouer le fil du dialogue, Oumarou Ouédraogo a indiqué que la direction reste ouverte au dialogue et s’apprête à recevoir les délégués du personnel pour des discussions. Dans le même temps, elle veut relancer le Conseil d’administration, de sorte qu’il accélère les choses de son côté. En attendant, les protestataires demeurent fermes sur leur position et menacent d’organiser 48 heures de grève à l’issue du sit-in au cas où ils n’auront pas gain de cause. Et si, après la grève, rien n’est fait, ils comptent durcir le ton à travers d’autres formes de lutte qu’ils se refusent de dévoiler pour l’instant.

Ouamtinga Michel ILBOUDO
Omichel20@gmail.com

Drame de Yirgou : le HCRUN et la CNDH recommandent des enquêtes judiciaires

Le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) et la Commission nationale des droits humains (CNDH), ont animé conjointement une conférence de presse, le lundi 6 mai 2019 à Ouagadougou. Il s’est agi de restituer aux journalistes la teneur du rapport issu de leur mission d’enquêtes qu’ils ont effectué ensemble à Yirgou du 15 au 22 février 2019.

Après le drame de Yirgou dans le Sanmatenga, le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) et la Commission nationale des droits humains (CNDH) ont fait une immersion au sein des populations affectées à travers une mission conjointe du 15 au 22 février 2019. La teneur de leur rapport d’enquêtes a été livrée aux journalistes, le lundi 6 mai 2019 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. Selon le président du HCRUN, Léandre Bassolé, cette mission avait pour objectif principal, de faire l’état des lieux et prendre des initiatives aptes à apporter des réponses aux besoins des populations dans la détresse.

Il s’agissait également, a-t-il soutenu, de formuler, après analyse de la situation, des recommandations de nature à prévenir d’autres drames de ce type et dans l’urgence, dégager des pistes permettant de retisser progressivement les liens sociaux altérés par autant de violences indues. Ainsi, après avoir séjourné durant cinq jours parmi les protagonistes du drame dans sept localités (Yirgou, Bangrin, Biguélé, Barsalogho, Korko, Foubè et Kaya) où 150 personnes ont été interrogées à travers des guides spécifiques en fonction de l’échantillonnage, la mission de 16 membres est parvenue a relevé de nombreux points d’intérêt, a souligné M. Bassolé.

Ce sont, entre autres, l’origine des victimes, la typologie des victimes, celle des atteintes aux droits humains (les atteintes aux droits à la vie, à l’éducation, à l’intégrité physique et morale, à la liberté de circuler, les violences faites aux femmes et aux enfants, les disparitions…), les auteurs présumés des transgressions et la responsabilité de l’Etat. A cet effet, dans le rapport, a poursuivi le président du HCRUN, des actions urgentes sont formulées sous forme de recommandations pour panser les blessures physiques et psychologiques infligées aux victimes et pour éviter la répétition d’un tel drame.

Justice classique ou transitionnelle ?

A l’endroit du gouvernement, a-t-il cité, les deux organisations recommandent de diligenter des enquêtes judiciaires pour la manifestation de la vérité sur ces événements afin que justice soit rendue. Par ailleurs, elles suggèrent de prévoir un mécanisme d’assistance judiciaire au profit des victimes ainsi qu’un mécanisme de protection des témoins et des victimes et, recenser et prendre en charge les personnes ayant un besoin de prise en charge psychologique.

Il s’agit également pour le gouvernement, a-t-il ajouté, d’améliorer l’aménagement des camps en prévision de la saison des pluies imminentes, faciliter le retour des personnes déplacées dans leur village d’origine, prendre des mesures pour la réouverture immédiate des écoles de la zone, engager une réflexion générale au niveau de l’Etat sur la question des groupes d’autodéfense, renforcer le maillage sécuritaire dans toute la zone, etc. Avez-vous des chiffres en termes de victimes ? Dans quelles conditions la mission a été accueillie ? Dans le cas précis de Yirgou, préférez-vous la justice classique ou celle transitionnelle prônée par le HCRUN ? Ce sont, entre autres, des questions des journalistes à l’endroit des conférenciers. «L’objectif de la mission n’était pas d’aller chiffrer les victimes parce qu’en matière de droits humains, lorsqu’il y a eu une seule victime dans une affaire, c’est déjà grave.

Mais, ce qu’il faut relever, il y a des gens déclarés morts et qui ont réapparu par la suite ; ceci peut déjouer les chiffres avancés entre temps. Par rapport à l’accueil sur le terrain, nous n’avons pas été rejetés par les populations, au contraire nous étions édifiés par la disponibilité des enquêtés», a répondu le président du CNDH, Rodrigue Namoano.

Et le président du HCRUN de rebondir sur la dernière question, en rassurant que les deux justices ne sont pas exclues dans le cas du drame de Yirgou. «Il s’agit pour la justice transitionnelle de proposer des fenêtres, des approches de résolution des conflits, surtout là où la cohésion sociale a été mise à mal par les différents types de violation des droits humains. La justice classique doit jouer son rôle en établissant les faits et poursuivre le processus de façon normale », a-t-il expliqué.

Kowoma Marc DOH

Secteur bancaire : une convention collective pour de meilleures conditions de travail

L’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina, la Confédération syndicale burkinabè, la Confédération générale de travail du Burkina et l’administration du travail, ont signé la première convention collective dans le secteur des banques, le lundi 6 mai 2019 à Ouagadougou.

Après 21 ans de négociation, les organisations syndicales et les patrons des banques sont, enfin parvenus à un accord relatif aux conditions de travail dans le secteur bancaire.
Cet accord a été matérialisé par la signature d’une convention collective sectorielle, le lundi 6 mai 2019, sous l’égide du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale. Les signataires, à savoir l’Association professionnelle des banques et établissement financiers du Burkina (APBEF-B), la Confédération syndicale burkinabè (CSB), la Confédération générale de travail du Burkina (CGT-B) et l’administration du travail, s’engagent ainsi à harmoniser les pratiques dans les banques en fixant le plancher minimum de droits et obligation qui doit être observé pour préserver les bonnes conditions de travail et de vie, ainsi que la paix sociale dans ce secteur d’activité. «Pour la profession bancaire c’est une avancée majeure.

C’est une convention équilibrée car elle consacre l’ascension sociale, la formation et de meilleures conditions matérielles de travail de nos collaborateurs», a déclaré le président de l’APBEF-B, Martial Goeh-Akue. Selon lui, grâce à cette convention, les salaires des agents vont être réévalués, de plus chaque agent va avoir une vision claire de son plan de carrière, s’il travaille correctement. M.Goeh-Akue a par ailleurs invité les directeurs généraux des banques à s’approprier la convention et à l’appliquer pour le bien-être de leurs collaborateurs et l’essor de l’économie burkinabè. De son avis, la production bancaire dépend du bien-être des collaborateurs alors que si les banques se portent bien, il sera de même pour l’économie.

Le porte-parole des membres de la commission de négociation de la convention collective au titre des syndicats, Dominique Yaméogo, a estimé pour sa part que l’accord consacre un minimum. «Le plus important c’est qu’il y a une commission paritaire qui va étudier les possibilités de réviser les grilles salariales et indemnitaires après trois ans d’application», a-t-il soutenu. Quant au Secrétaire général (SG) du ministère en charge de la fonction publique qui a présidé la signature, Souleymane Lengané, le parafe du document est une contribution remarquable des partenaires sociaux du monde bancaire à la cohésion sociale prônée par le président du Faso dans son discours à la nation, prononcé en décembre 2018.

Il a salué les sacrifices consentis par les acteurs. «La cérémonie de signature de la convention collective marque aussi le début des procédures administrative et judiciaire qui permettront d’aboutir à la version officielle et je ne doute pas que vous en ferez diligence», a conclu le SG du ministère en charge de la fonction publique.

Nadège YE

Lutte contre le terrorisme : l’opposition réclame des stratégies «plus élaborées»

L’hebdomadaire conférence de presse de l’opposition politique s’est tenue, le mardi 7 mai 2019 au siège du Chef de file de l’opposition politique (CFOP). Les nouvelles stratégies des groupes terroristes, la remise à plat des rémunérations et la fronde sociale étaient menu.

Les nouvelles stratégies et modes opératoires des groupes terroristes qui s’attaquent de plus en plus aux lieux de culte, font peser de graves menaces d’une guerre religieuse sur le Burkina Faso. Telle est l’inquiétude exprimée par l’opposition politique au Burkina Faso, lors de sa traditionnelle conférence de presse tenue, le mardi 7 mai 2019 au siège du Chef de file de l’opposition politique (CFOP-BF). Selon le président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF), Adama Séré, principal animateur de la rencontre avec la presse, avec l’opération «Otapuanu», les Burkinabè espéraient une certaine accalmie sur le front de la lutte contre le terrorisme, mais les récentes attaques prouvent que le «serpent» n’est pas mort. Réaffirmant son soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS), le CFOP a interpellé le gouvernement sur la nécessité d’imaginer des stratégies plus élaborées à mettre en œuvre afin de contrer les actions terroristes. Le front social en ébullition sans cesse, depuis ces derniers mois, s’est invité dans les échanges avec les journalistes.

Pour les opposants, c’est la gestion «approximative» de la crise sociale et le manque de vision qui sont à l’origine de la situation actuelle. «Il revient de façon répétitive au sein des syndicats, que le gouvernement ne respecte pas ses propres engagements. Il lui appartient de prouver sa bonne foi et de négocier avec sincérité plutôt que de chercher à diviser les travailleurs», a déploré M. Séré qui avait à ses côtés, le président du Mouvement panafricain du Faso (MPF), Achille Rawa Ouédraogo. Toujours sur les conditions de vie et de travail des fonctionnaires, les représentants du CFOP sont revenus sur la conférence nationale sur le système de rémunérations des agents publics de l’Etat, tenue en juin 2018.

«L’opposition avait relevé le fait que cette conférence n’avait pas pris en compte les observations formulées par plusieurs syndicats importants et le fait que l’instance réunissait des gens qui n’avaient aucune légitimité ou connaissance pour statuer sur les salaires des fonctionnaires», a rappelé Adama Séré. Il a aussi fustigé l’attitude du gouvernement à qui il reproche de continuer à traiter les dossiers des revendications au cas par cas. Les drames des accidents de la circulation provoqués par les véhicules poids lourds en violation des textes sur les heures de fréquentation de la voie ont également retenu l’attention du CFOP. «Les autorités municipales font preuve de laxisme dans la gestion de cette affaire.

Entre 5 h du matin et 20 h, il ne devrait pas avoir de gros porteurs en circulation sur les artères de la capitale», a indiqué le principal conférencier. Le CFOP a donc demandé aux autorités compétentes de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour le respect strict des textes en vigueur sur la circulation routière. Les journalistes ont profité de cette sortie pour poser des questions liées à l’actualité nationale. Dans un rapport conjoint, le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) et la Commission nationale des droits humains (CNDH) ont pointé du doigt la responsabilité des Koglwéogo dans le drame de Yirgou. Quel est l’avis du CFOP sur l’existence des groupes d’autodéfense ? Réagissant à cette interrogation, le président du RDEBF s’est voulu clair : «Le CFOP est une institution républicaine.

Toute milice ou bande organisée contraire aux lois ne doit pas exister dans une république et il appartient à l’Etat de prendre ses responsabilités». S’agissant du dialogue politique qui peine à démarrer, le conférencier a laissé entendre que le CFOP est toujours dans l’attente après avoir transmis au chef de l’Etat, les points sur lesquels il souhaite avoir des débats avec la majorité.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Vote de la diaspora : les Burkinabè de Chine s’en imprègnent

L’ambassade du Burkina Faso en République populaire de Chine, est allée à la rencontre des Burkinabè installés à Yiwu et à Guangzhou, du 2 au 5 mai 2019. La sortie a été, entre autres, axée sur les missions de l’ambassade et le vote des Burkinabè de l’extérieur.

Les Burkinabè résidant en Chine méritent de connaître les missions de la représentation diplomatique de leur pays à Pékin et leur place dans les défis de développement de leur pays. C’est dans cette perspective que le chargé d’affaires de l’ambassade, Issa Joseph Paré et ses proches collaborateurs, ont entrepris une sortie du 2 au 5 mai 2019 dans les localités de Yiwu et Guangzhou. La ville de Yiwu où sont installés une vingtaine de Burkinabè, a été la première étape de cette visite d’explication. En premier lieu, le chargé d’affaires a fait le point sur le vote des Burkinabè de l’extérieur. Il a informé ses compatriotes que le vote aura lieu dans des lieux où au moins 500 électeurs auront été enregistrés auprès des ambassades. Toute personne désirant prendre part au vote devra avoir la nationalité burkinabè, jouir de ses droits civiques et politiques et être inscrit sur la liste électorale.

En plus, l’accomplissement du devoir civique requiert la présence physique de l’électeur dans le bureau de vote. Aux dires de M. Paré, les premières autorités ont pris l’engagement d’intégrer les Burkinabè de l’extérieur dans les enjeux du développement du pays. Et cela devrait commencer par leur donner la possibilité de s’exprimer sur le choix des hommes qui doivent représenter le peuple dans les organes électifs de l’Etat. «La diaspora burkinabè constitue la 14e région du pays des Hommes intègres. A terme, il y aura des députés qui vont représenter la communauté burkinabè de l’extérieur. A ce titre, vous devez vous distinguer ici pour mieux investir dans votre pays d’origine», a souligné le chargé d’affaires à l’endroit de ses compatriotes. Le deuxième point a consisté en la présentation des missions diplomatiques que sont l’ambassade, le consulat général et celui honoraire. A la communauté, Issa Joseph Paré a indiqué que l’ambassade a la responsabilité d’œuvrer au renforcement des relations diplomatiques et politiques entre les deux pays. Le consulat général s’occupe de la protection des ressortissants burkinabè à l’étranger et de leurs biens.

Un consulat général à Guangzhou

Il délivre des actes consulaires comme la légalisation, la procuration, le laissez-passer, l’attestation de visa, les actes de naissance et porte assistance à la communauté. Quant au consulat honoraire, il est effectif par le fait d’une personne qui, intéressée par un pays, exprime la demande auprès des autorités de ce dernier, pour le représenter auprès de son propre Etat. «Par exemple, un Chinois qui souhaite représenter le Burkina Faso peut faire la demande auprès des autorités burkinabè. S’il jouit d’une bonne réputation, sa demande peut être accordée. Un ressortissant burkinabè résidant en Chine peut également postuler pour le consulat honoraire», a expliqué M. Paré.

Il a évoqué le projet d’ouverture d’un consulat général dans la ville de Guangzhou où réside la plus forte communauté avec plus d’une centaine de Burkinabè. Toutefois, il a relevé que cette initiative ne sera pas effective dans un proche futur pour des raisons financières. Le troisième point abordé a porté sur le respect de la législation chinoise. Le chargé d’affaires a invité ses compatriotes à se conformer aux lois de leur pays d’accueil et à exercer leurs activités dans la légalité. «Gardez-vous de porter un regard sur la politique de la Chine. Vous êtes des ambassadeurs de votre pays dans l’empire du Milieu et vous devez être des identités remarquables ici», a-t-il conseillé. Le quatrième point des échanges a porté sur l’organisation de la communauté. Issa Joseph Paré a exhorté ses concitoyens à profiter des technologies de communications pour créer un réseau solide entre eux. En divers, il a salué le dynamisme de la coopération bilatérale et parlé de la situation sécuritaire au pays. Sur cette lancée, il a informé que la Chine a accordé une aide de quatre milliards de F CFA sur quatre ans dans le cadre de la lutte contre l’insécurité.

Le point focal de la communauté burkinabè à Yiwu, Moussa Sawadogo, a remercié l’ambassade pour l’initiative en venant à leur rencontre. Il a confié que les Burkinabè sont en bon terme avec les autorités locales à Yiwu. «Quand les responsables de la mairie ont appris votre venue, elles ont mis un véhicule à notre disposition pour l’accueil. C’est un acte qui traduit notre parfaite collaboration», a rappelé M. Sawadogo. A Guangzhou, ce sont les mêmes points qui ont été exposés à la communauté qui y réside.

Karim BADOLO
(Depuis Pékin en Chine)

Boromo: Faire de la culture un «vaccin» contre les conflits inter communautaires

La 2e édition des journées culturelles de la commune de Boromo se sont déroulées, du 2 au 4 mai 2019 dans ladite commune. Cette édition a été parrainée par le Président-directeur général (P-DG) du groupe «Immobilier de A à Z» (IMAZ), Souleymane Guira.

La ville de Boromo a vibré, du 2 au 4 mai 2019, au rythme de la culture locale. C’était à l’occasion de la deuxième édition des journées culturelles de la commune, organisées par le conseil municipal, avec l’appui de la Direction provinciale de la culture, des arts, et du tourisme. Cette année, le thème choisi est «Rôle de la culture dans la prévention des conflits intercommunautaires».

Un thème qui, à écouter le maire de Boromo, Adama Yao, est d’actualité, vue les conflits entre communautés qui se vivent ça et là à travers le pays. Dans son discours d’ouverture, le maire a dit être convaincu que la culture est la base du développement d’un pays. C’est donc conscient de ce fait, a-t-il poursuivi, que l’autorité communale a fait de la valorisation de la culture, une priorité à travers l’organisation de ces journées. Adama Yao a en outre confié que la présente édition a connu d’importantes innovations. Il a cité, entre autres, l’instauration d’un thème, l’érection d’un village communautaire, l’organisation d’un concours de lutte traditionnelle, et d’un plateau musical.

Le président du comité d’organisation, le Directeur provincial de la culture des arts et du tourisme, Ayouba Zongo, a quant à lui, déroulé le programme de l’évènement. A l’écouter, il y est inscrit des prestations de masques, une compétition de lutte, une compétition en art culinaire, un village communautaire. A ces activités s’est ajouté un plateau musical animé chaque soir par des artistes de Boromo et des troupes traditionnelles.

Une «mini-ville moderne» pour Boromo

La cérémonie d’ouverture a été parrainée par le Président-directeur général (P-DG) de l’agence «Immobilier de A à Z» (IMAZ), Souleymane Guira, qui s’est fait représenter par la secrétaire générale du groupe, Korotimi Loué. Pour Mme Loué, en plus d’être une grande richesse pour le pays, la culture peux être le socle d’une cohésion sociale. Elle a alors salué l’initiative de ces journées par le conseil municipal.

La représentante du PDG a profité de l’occasion pour rappeler que IMAZ a un projet de «mini-ville moderne» pour Boromo. A travers ce projet immobilier, a laissé entendre Korotimi Loué, IMAZ «veut redorer l’image de cette ville-carrefour qui commence à sombrer». «IMAZ a besoin de votre soutien pour faire rayonner cette ville», a-t-elle lancé. Le groupe a par ailleurs, en marge des journées culturelles, visité son nouveau site situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Boromo. La visite a été conduite par le directeur des opérations de l’agence, Gaoussou Sow. A en croire M. Sow, 180 hectares (ha) ont été acquis sur ce site. A ce jour, 100 ha sont en train d’être aménagés, et l’heure est au terrassement et déblaiement des lieux.

Selon le directeur des opérations, le choix de s’installer à Boromo est parti du constat que le problème d’accès au logement s’y pose avec acuité, notamment pour la diaspora. Gaoussou Sow a en outre indiqué que dès à présent, la souscription est ouverte à toutes les couches sociales. IMAZ, en rappel, a aussi des sites à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Alpha Sékou BARRY