Crise au ministère des Finances : «Une tentative d’asphyxie de l’économie nationale», selon le MPP

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La direction du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a animé une conférence de presse, le jeudi 11 avril 2019 à Ouagadougou. Au menu des échanges, les drames de Zoaga et d’Arbinda, la fronde sociale et la question de la réconciliation nationale.

La situation nationale inquiète le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Le 11 avril 2019, il s’est exprimé sur la question, lors d’une conférence de presse. Selon le président par intérim du MPP, Simon Compaoré, le pays est toujours sous le choc des tueries que « des mains coupables engendrent » entre des communautés. « En témoignent, les évènements survenus les 31 mars et 1er avril à Zoaga et à Arbinda », a-t-il souligné.

Pour le MPP, des «artisans de la déstabilisation» cherchent à semer les graines de la division dans le pays et opposer les communautés entre-elles. Une situation qui interpelle tous les acteurs politiques et sociaux. « C’est pourquoi, le parti et ses alliés s’élèvent contre cette nouvelle forme de terrorisme social aussi désastreux que la guerre asymétrique à laquelle font face les forces de défense et de sécurité. A cet effet, le gouvernement est invité à prendre des mesures pour traquer les auteurs afin de les soumettre à la justice », a soutenu le président par intérim. L’autre sujet débattu est la question de la fronde sociale.

De l’avis de Simon Compaoré, malgré la trêve sociale souhaitée par le président du Faso en cette année 2019, des organisations de travailleurs brandissent l’épouvantail des grèves. « La crise qui se déroule au ministère de l’Economie, des Finances et du Développement est une opération de sabotage, de tentative d’asphyxie de l’économie nationale par un groupe de travailleurs plus portés sur leurs intérêts personnels », a-t-il dénoncé.

Et de se demander comment peut-on ainsi empêcher des citoyens d’accomplir leur devoir civique (payer les impôts) parce qu’on défend un fonds commun. « Nous sommes contre le fait de prendre le peuple en otage et qu’on assèche les caisses de l’Etat », a indiqué le responsable par intérim du MPP. Pour lui, l’arrêt de travail auquel se livrent ces travailleurs appelle à une fermeté des pouvoirs publics.

A cela s’ajoutent les menaces des syndicats de l’enseignement sur les activités scolaires en annonçant un arrêt de travail de 24h et la grève annoncée par le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA). « Le MPP juge la situation inacceptable. L’Etat sait lâcher du lest, les syndicats devraient faire preuve de responsabilité pour la sauvegarde de l’intérêt national », a-t-il indiqué.

La réconciliation vraie

Le parti au pouvoir s’est également prononcé sur la question de la réconciliation nationale et le retour des exilés tant souhaité par la CODER. A ce sujet, le MPP a fait savoir qu’il n’y a pas eu de guillotine au Burkina Faso. C’est de leur plein gré, a-t-il noté, qu’ils ont quitté le pays et ils peuvent librement revenir. « Alors, pourquoi parler d’exilés ? », s’est-il interrogé. En outre, le parti est favorable à une réconciliation nationale vraie qui ne sacrifie pas la vérité et la justice sur les actes graves commis. « Mais, le MPP se démarque de l’amalgame faite à dessein par les chantres de la réconciliation politicienne au détriment de l’Etat de droit », a ajouté Simon Compaoré.

Face à tout ce remue-ménage, que fait l’Etat pour restaurer son autorité ? Et le président par intérim de répondre que la restauration de l’autorité de l’Etat est une affaire de tous les Burkinabè. « Et cela commence par l’adoption de civisme », a-t-il expliqué. Au cours de ce face-à-face, le MPP a invité la presse, le 20 avril prochain, à l’inauguration de son nouveau siège.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

Massacres inter-communautaires au Burkina : Le Tocsin condamne des « tueries fratricides »

Après les événements de Yirgou, d’autres massacres inter-communautaires se sont produits à Aribinda avec plus d’une soixantaine de morts. Dans la déclaration qui suit, le Tocsin exprime son indignation face à cette furie mortifère à répétition et exhorte les Burkinabè à consolider leur vivre ensemble séculaire.

 Après Yirgou, voici Aribinda, le TOCSIN sonne à nouveau pour exprimer l’indignation générale des Burkinabè. Dans les deux cas, les massacres inter-communautaires font suite à des crimes odieux commis par des individus non identifiés, probablement, des terroristes aux visages hideux. Ils ont massacré des leaders d’opinion et des membres de leurs familles, d’un côté, un chef coutumier, de l’autre, un guide religieux musulman. Même, leurs âges avancés, donc leur statut de grand-père ou de père, n’ont pas dissuadé leurs bourreaux.

La réplique des populations locales, s’est traduite par des tentatives malheureuses et inacceptables de se rendre justice. Pire, leur furie mortifère a conduit à la mort de paisibles citoyens dont le seul « tort » a été d’appartenir au groupe ethnique des agresseurs présumés. Ainsi, à un mal innommable, s’est superposé un mal plus immonde ; comme si « pendant que la pluie nous bat, nous adoptons la fâcheuse attitude de nous battre entre nous ».

Par ces réactions morbides, à Yirgou hier, comme à Aribinda aujourd’hui, le pseudo remède a aggravé le mal. Le jeu des terroristes a été accompli. Les ennemis communs, que sont les terroristes, en plus d’avoir ôté des vies de leurs propres mains, sont arrivés à nous manipuler afin que nous nous exterminions et fragilisions notre vivre ensemble séculaire.

Le TOCSIN sonne pour condamner une fois de plus le terrorisme et rappeler les grands principes moraux, gages de paix, qui ont toujours sous-tendu notre Etat nation en continuelle construction.

Ne nous trompons pas d’ennemis ou d’adversaires. Refusons l’autoflagellation, les tueries fratricides. Arrêtons le cycle de violences inter-communautaires.

Renforçons notre appropriation de la laïcité. Soutenons le fait que la diversité culturelle et religieuse soit une grande richesse.

Prônons la cohésion nationale et le brassage des communautés de toutes natures. Ayons pour boussole, les grandes valeurs traditionnelles et religieuses de fraternité, d’unité, de tolérance et de solidarité. N’oublions pas que « la valeur humaine est la plus précieuse des richesses » et que le droit à la vie est le premier des droits.

Soutenons les actions hautement patriotiques et républicaines des Forces de Défense et de Sécurité visant à nous débarrasser de l’ogre terroriste.

Vive l’harmonie entre les communautés burkinabè. Vive notre chère patrie.

 

TOCSIN : Tous pour le Combat de la Solidarité et de l’Intégration.

 Ouagadougou, le 05 avril 2019

Pour le Bureau Exécutif, le Président et P/D le Vice-président

 

 

  Pr. Moussa Willy BANTENGA

  Chevalier de l’ordre des Palmes Académiques

 

Projet Alliance Jeunes et Parlementaires : Le Balai citoyen dresse un bilan à mi-parcours

Le Balai citoyen a organisé une conférence de presse, ce jeudi 11 avril 2019 à Ouagadougou pour présenter le bilan à mi-parcours de son projet dénommé ‘’Alliance Jeunes et Parlementaires’’ (AJP).

Pendant longtemps, l’Assemblée nationale (AN) du Burkina Faso est restée une institution fermée à la participation citoyenne des jeunes. Pour stimuler une meilleure prise en compte des intérêts socio-économiques et politiques des jeunes dans les travaux parlementaires, le projet ‘’Alliance Jeunes et Parlementaires’’ (AJP) pilotée par le mouvement, Le Balai citoyen en partenariat avec l’ONG Oxfam a été initié. Ainsi, pour partager le bilan à mi-parcours du projet, le Balai citoyen a convié les hommes de médias ce jeudi à une conférence de presse.

Le chargé de projet Alliance Jeunes et Parlementaires, Kiswendsida Jean Alphonse Yambré a affirmé que depuis la mise en route du projet en Avril 2018, l’AJP a renforcé les capacités d’influence de plus de 200 jeunes participants avec un quota genre de 40 %. Il également a indiqué que le projet a appuyé la mobilisation, l’organisation et la mise en réseau des jeunes de chaque localité, en vue d’élaborer un agenda commun de plaidoyer à l’endroit des députés.

Pour M. Yambré, le but final de ces formations est d’outiller les jeunes sur la connaissance du système parlementaire, de faciliter l’accès des jeunes du projet aux espaces formels et informels de prise de décision et à des plateformes d’interactions entre les jeunes et les députés. Il a fait savoir que les jeunes du projet ont retenu trois thèmes de plaidoyer à mener pour une meilleure prise en compte de leurs intérêts socio-économique dans les travaux parlementaires. Il s’agit de l’instauration d’un « quota jeunes » sur la liste électorale nationale pour les élections législatives, une extension de la  couverture au plan national de la radio parlementaire, et un recrutement de 127 jeunes assistants parlementaires à l’assemblée nationale.

S’agissant de l’instauration du quota jeune sur la liste électorale, Kiswendsida Yambré a indiqué que cela répond à un besoin de représentativité de la jeunesse au sein de l’hémicycle. Pour ce qui est de l’extension de la couverture au plan national de la radio du Parlement, il est ressorti  que le problème principal est sa faible couverture. Elle est actuellement accessible sur un rayon de 70 km autour de Ouagadougou. M.Yambré a noté que le recrutement de 127 jeunes assistants émane du constat fait de l’insuffisance des ressources humaines jeunes pour accompagner les députés dans leurs missions. « L’adoption de ce thème comme loi contribuera à améliorer l’efficacité des députés, ainsi que la qualité du travail parlementaire dans son ensemble », a-t-il souligné.

Le projet AJP de deux ans est mis en œuvre dans six localités du Burkina Faso que sont Ouagadougou, Dori, Po, Bogandé, Tenkodogo et Koudougou.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

Crise au ministère des Finances : « Une tentative d’asphyxie de l’économie nationale », selon le MPP

La direction du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a animé une conférence de presse, le jeudi 11 avril 2019 à Ouagadougou. Au menu des échanges, les drames de Zoaga et d’Arbinda, la fronde sociale et la question de la réconciliation nationale.

 La situation nationale inquiète le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple  pour  le progrès (MPP). Le 11 avril 2019, il s’est exprimé sur la question, lors d’une conférence de presse. Selon le président par intérim du MPP, Simon Compaoré, le pays est toujours sous le choc des tueries que « des mains coupables engendrent » entre des communautés. « En témoignent, les évènements survenus les 31 mars  et 1er avril à  Zoaga et à Arbinda », a-t-il souligné.

Pour le MPP, des « artisans de la déstabilisation »  cherchent à semer les graines de la division dans le pays et opposer les communautés entre-elles. Une situation  qui  interpelle  tous les acteurs politiques et sociaux. « C’est pourquoi, le parti et ses alliés s’élèvent contre cette nouvelle forme de terrorisme social aussi désastreuse que la guerre asymétrique à laquelle font face les forces de défense et de sécurité. A cet effet, le gouvernement est invité à prendre des mesures pour traquer les auteurs afin de les soumettre à la justice », a soutenu le président par intérim. L’autre sujet débattu est la question de la fronde sociale.

De l’avis de Simon Compaoré, malgré la trêve sociale souhaitée par le président du Faso en cette année 2019, les organisations de travailleurs brandissent l’épouvantail des grèves. « La crise qui se déroule au ministère de l’Economie, des Finances et du Développement est une opération de sabotage, de tentative d’asphyxie de l’économie nationale par un groupe de travailleurs plus portés sur leurs intérêts personnels », a-t-il dénoncé. Et de se demander comment peut-on ainsi empêcher des citoyens d’accomplir leur devoir civique (payer les impôts) parce qu’on défend un fonds commun. « Nous sommes contre le fait de prendre le peuple en otage et qu’on assèche les caisses de l’Etat », a indiqué le responsable par intérim du MPP. Pour lui, l’arrêt de travail auquel se livrent ces travailleurs appelle à une fermeté des pouvoirs publics…

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

 

Encadré

L’appel du Premier Ministre aux travailleurs du secteur public

« Ceux qui veulent détruire ce pays n’y parviendront pas », Christophe Dabiré

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a été interpellé sur le contraste entre son appel au civisme alors que certains agents publics refusent apparemment le travail. Voici sa réponse :

« Ceux qui veulent détruire ce pays n’y parviendront pas. La résilience du Burkinabè est extraordinaire. De par le passé, nous avons connu beaucoup de difficultés. Des gens ont pensé que le pays allait sombrer dans le néant, mais nous avons pu nous donner la main pour émerger et continuer d’avancer. Il y a quelques-uns qui, pour des raisons que nous ignorons, veulent détruire les finances du pays, mais nous leur disons qu’il faut qu’ils reviennent à la raison parce que ce sont tous les Burkinabè qui vivent les difficultés et l’insécurité au niveau national. Nous devons nous donner la main. Il n’y a pas de problème sans solution. Refuser de discuter revient à dire que nous allons vers une confrontation violente et nous ne souhaitons pas qu’il en soit ainsi. Je les invite à faire en sorte qu’avec le gouvernement, on puisse trouver la meilleure solution qui serve l’intérêt national plutôt que les intérêts individuels ».

 Propos recueillis par F.M.O.

 

Le président du Faso en Turquie : Rencontre avec Tayyip Erdogan ce jeudi

Accueilli par le ministre de l’agriculture et des forets, Bekis Pakdemirh,  le chef de l’Etat Burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, est arrivé à Ankara, le mercredi 10 avril 2019 dans la capitale de Turquie en provenance d’Istanbul la 2e ville où il y a séjourné la veille.

 Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, poursuit sa visite d’amitié et de travail en Turquie, entamée, le 9 avril 2019  à Istanbul la capitale économique du pays. Dans ladite ville, il a échangé avec la communauté burkinabè vivant sur place, estimé à 500 personnes, accordé une audience au président du Conseil d’affaires Turquie-Burkina, Ahmet Dal et  présidé le forum économique sur les potentialités du Burkina Faso.

Ce forum  est organisé en collaboration avec le Conseil d’affaires économiques étrangères (DIEK) de Turquie. Selon les différents acteurs, cette rencontre du monde des affaires des deux pays, entend inciter plus d’investissements turcs au Burkina Faso et renforcer les relations économiques des deux partenaires qui connaissent une évolution d’année en année.

En exemple, les échanges commerciaux se chiffraient à 50 millions de dollars en 2014 contre 90 millions de dollars en 2017. Toute chose qui ne comble pas les attentes. « Ces échanges restent en deçà de nos potentialités respectives », a indiqué le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina, Mahamadi Sawadogo.

Quant aux hommes d’affaires turcs, le ministre de l’industrie et de l’artisanat, Harouna Kaboré les invite à investir au  pays des hommes intègres. «Le Burkina Faso dispose d’énormes potentialités économiques faiblement exploitées et d’un environnement des affaires attractif que le gouvernement ne cesse d’améliorer », a-t-il soutenu.

S’agissant du  président du Conseil d’affaires Turquie-Burkina Faso, il a nourri l’espoir que ce forum puisse renforcer les bases de développement des relations économiques entre les hommes d’affaires des deux pays.

Le chef de l’Etat burkinabè a signifié que son séjour en Turquie va être mis à profit pour établir des balises solides, avec son homologue Recep Tayyip Erdogan. Juste après la cloture des travaux, Roch Marc Christian Kaboré, a mis le cap sur Ankara où il  est arrivé à l’aéroport Esenboga  aux environs de 16h30 mn, heure locale. Il a été accueilli à son arrivée par le ministre turc de l’Agriculture et des Forets, Bekis Pakdemirh, en présence d’une forte délégation des ambassadeurs des pays africains à Ankara. Et c’est sous une pluie battante que le président du Faso a regagné son pied à terre.

 

Le programme  de sa visite, prévoit ce jeudi 11 avril, des entretiens en tête-à-tête avec le président de la Grande Assemblée de Turquie, Mustafa Sentop, et son homologue  turc.

 

Boureima Sanga

bsanga2003@yahoo.fr

Ankara/Turquie

Après Bouteflika, El-Béchir ?

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«Au suivant, au suivant» ; c’est le titre d’une chanson du célèbre artiste français Jacques Brel, parue en 1964. Au regard de l’évolution des situations politiques en Afrique ces dernières années, cette chanson semble plus que d’actualité. En effet, certains chefs d’Etat africains, qui ont battu les records de longévité au pouvoir, ont été «vomis» par leur peuple. Après Mamadou Tandja au Niger en 2010, Ben Ali de la Tunisie et Hosni Moubarak de l’Egypte en 2011, Blaise Compaoré du Burkina Faso en 2014, Robert Mugabe du Zimbabwe et Yahya Djammeh de la Gambie en 2017, Joseph Kabila de la RDC et Abdelaziz Bouteflika en 2019, le ciel s’est assombri sur Omar El-Béchir.

Et pour cause, le pouvoir soudanais est confronté en ce moment à un vaste mouvement de défiance à Khartoum. Consécutive à une hausse du prix du pain en décembre 2018, la contestation a pris une tournure inquiétante pour le régime, parce qu’elle s’est vite transformée en un mouvement réclamant le départ du président, qui tient le pays d’une main de fer depuis 1989. Dans la nuit de vendredi 22 à samedi 23 février 2019, El-Béchir a fini par limoger le gouvernement et décréter l’état d’urgence dans tout le pays, avec à la manœuvre le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) qui a arrêté des centaines de manifestants, notamment des leaders de l’opposition et des journalistes. Alors qu’il espérait faire baisser la température en cassant le thermomètre, le président soudanais a été surpris depuis maintenant une semaine par la taille que prend la contestation.

Depuis plusieurs jours, des milliers de manifestants campent devant le quartier général de l’armée, appelant le chef de l’Etat à démissionner et demandant aux militaires de les rejoindre. Désormais, la pression sur le président Omar el-Béchir est forte et la mobilisation ne faiblit pas. Comme en Algérie, il y a quelques semaines, les manifestants sont vent debout contre l’homme fort du Soudan. En faisant ainsi la cour à l’armée, les manifestants veulent enlever au chef de l’Etat, l’un de ses soutiens les plus sûrs. Et contre toute attente, les forces de l’ordre, qui ont mené la répression jusqu’à présent, n’ont pas tenté de disperser les manifestants. A y voir de près, l’armée «s’adoucit» progressivement, ces derniers jours, avec des scènes de fraternisation entre certains soldats et manifestants. Cerise sur le gâteau, le chef de la police a demandé à ses forces, selon les médias, de ne pas intervenir contre les manifestants. Au plan international, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège, via leur ambassade à Khartoum, ont fait part de leur inquiétude et appelé à un «transfert pacifique du pouvoir». C’est dire donc, que l’étau se resserre autour de El-Béchir qui est en train de perdre son «bras armé».

En Algérie, le chef de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, a demandé de déclarer le président Bouteflika «inapte», en application de l’article 102 de la Constitution. Cette sortie des bidasses a précipité la chute du président Abdelaziz Bouteflika et la suite est connue de tous. Il n’est donc pas exclu qu’avec l’évolution de la situation, le président soudanais se retrouve lui aussi orphelin de son armée et contraint à démissionner. Ce serait du pain béni pour la Cour pénale internationale (CPI) qui a émis contre lui, en 2009, des mandats d’arrêt internationaux pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide en lien avec les atrocités commises au Darfour.

Jean-Marie TOE

Lutte contre la prolifération des armes à feu

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La Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL) organise, les 10 et 11 avril 2019 à Ouagadougou, une formation sur la procédure d’exemption de la Convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre, au profit des acteurs nationaux en charge de la question.

Le Burkina Faso veut repenser le système de sécurisation de son espace et de gestion des stocks d’armes. A cet effet, la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL) organise, les 10 et 11 avril, dans la capitale burkinabè, une formation sur la procédure d’exemption de la Convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre à l’intention des points focaux nationaux en charge de la problématique. Durant 48 heures, les acteurs étatiques et non, intervenant dans le transfert des armes à feu auront à se familiariser avec les principes-clés de la règlementation sous régionale. Cet atelier sera aussi l’occasion de partager les expériences nationales des services de défense et de sécurité au Burkina Faso que sont les forces armées, la police et les douanes. Le Secrétaire permanent (SP) du CNLPAL, le Colonel-major Christophe Raoul Tapsoba, a insisté sur la nécessité de contrôler le transfert des armes à feu. Pour lui, le grand banditisme, la criminalité transnationale organisée et le terrorisme sont entretenus par la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre. D’où l’intérêt de maîtriser la politique de la CEDEAO sur la procédure d’exemption des armes à feu. A ce propos, le colonel-major a salué l’institution communautaire, qui a permis l’organisation de ladite séance de formation. Le représentant de la CEDEAO au Burkina Faso, Mohamed Diakité, a expliqué que l’un des objectifs de cette rencontre est de parvenir à plus de célérité dans le traitement des demandes de certificat d’exemption des Etats-membres. De son avis, la CEDEAO est sur le point d’acquérir du matériel, grâce au soutien de l’Union européenne, pour développer une base de données nationales et régionales sur les armes légères et de petit calibre. M. Diakité a, en outre, exhorté les Etats-membres à se conformer aux instruments de contrôle régionaux, continentaux et internationaux des armes afin que l’espace CEDEAO soit un havre de paix. Cette invite semble être entendue par le gouvernement. En effet, le conseiller spécial du Premier ministre, Pr Magloire Somé, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à réduire la prolifération et la circulation illicite des armes légères au pays des Hommes intègres dont les conséquences sur les plans humain, matériel et social sont énormes. C’est dans ce cadre, a-t-il indiqué, que le Burkina Faso a mis en place la CNLPAL pour répondre à ses engagements au niveau communautaire, en avril 2001.

Abdoulaye BALBONE

Contrôle des finances publiques

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu en audience, une délégation de la Cour des comptes, le mardi 9 avril 2019 à Ouagadougou. Les missions et défis de l’institution de contrôle de la gestion des finances publiques ont été au menu des échanges.

La Cour des comptes vit une période où elle est confrontée à des défis qui impliquent des réformes d’ordre organisationnel, selon les premiers responsables de la structure. Une délégation conduite par le Premier président de l’institution, Jean Emile Somda, a été reçue, le mardi 9 avril 2019 à la primature pour discuter de ces changements. De l’avis du Premier président de la Cour des comptes, les réformes envisagées sont imposées par de nouvelles réglementations à l’échelle nationale (passage au budget- programme) et sous régionale (nouvelles directives de l’UEMOA). «Cela va entraîner beaucoup de changements dans les méthodes de travail et demander toute une autre organisation avec des ressources nouvelles en termes de personnel, de logistique et de réformes des textes qui règlementent l’institution», a indiqué M. Somda. Il a laissé entendre que la Cour a accumulé un stock de dossiers à traiter puisque, depuis sa création en 2002, elle ne dispose que d’une équipe de 22 juges avec une dizaine de vérificateurs alors que son champ de compétence s’est étendu à de nouvelles missions. Il s’agit du contrôle de la légalité, de l’évaluation des performances, de celle des politiques publiques et de la certification des comptes. «Ces missions demandent plus de ressources humaines, un renforcement des capacités et de nouvelles compétences», a relevé M. Somda. A l’entendre, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a souhaité, à l’instar du président du Faso, qu’il y ait une communication beaucoup plus soutenue entre la Cour des comptes et le gouvernement. A ce titre, l’idée d’un séminaire entre la Cour et l’Exécutif a été évoquée pour permettre aux deux parties de se mettre au même niveau d’information et savoir ce qui doit changer désormais dans les méthodes de travail. A propos des acquis, Jean Emile Somda a reconnu que l’organe contrôle des finances publiques a «des méthodes qui demandent à être revues pour donner plus de visibilité à son action». Et à ce titre, a-t-il annoncé, la Cour des comptes jugera bientôt les comptables publics fautifs.

– Fabé Mamadou
OUATTARA

Procès du putsch Les plaidoiries à partir du 18 avril

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Au deuxième jour d’audition des victimes du coup d’Etat manqué, le mercredi 10 avril 2019, le tribunal militaire a entendu d’autres personnes ayant subi des coups et blessures mais aussi des pertes de biens.

Les victimes qui ont comparu, le mercredi 10 avril 2019, devant le tribunal militaire ont déclaré avoir été violentées par des éléments de l’ex-RSP, soit au cours de manifestations anti-putsch soit pendant qu’elles étaient en ville. Parti prendre le pouls de la cité après une nuit sans sommeil, à la suite de l’arrestation des autorités de la Transition, le blanchisseur, Boukary Sawadogo, a dit avoir rencontré au matin du 17 septembre 2015, des militaires entre la place de la Nation et celle des Cinéastes. Ceux-ci l’ont mis violemment à terre et l’ont battu malgré ses supplications. Ensanglanté, il se réveillera difficilement une fois abandonné par ses agresseurs et rentrera chez lui. A la fin de son récit, M. Sawadogo, constitué partie civile, a appelé les Burkinabè à rester intègres et véridiques. Demandant aussi réparation du préjudice corporel subi, Ernest Lingani a déclaré qu’au matin du 17 septembre, alors qu’il ralliait la place de la Nation pour manifester, il a marqué un arrêt à la Place de la bataille du rail où des gens étaient rassemblés. Peu de temps après, un véhicule Land Cruiser noir est arrivé, d’où un militaire est descendu, s’est saisi de lui et lui a indiqué qu’il allait «rendre témoignage». Deux autres frères d’armes l’ont rejoint et tous les trois, à l’aide de gourdins et de cordelettes, ont bastonné M. Lingani jusqu’à lui fracturer l’avant-bras gauche avant de l’abandonner. Quant à Christophe Lompo, il se fera frapper le 17 septembre par des éléments de l’ex-RSP au stade municipal. C’est côté Ouest de l’enceinte sportive, qu’il trouvera refuge. Le responsable à la sécurité du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Ousséni Ouerma, a aussi été auditionné. A l’appel de feu Salifou Diallo le 18 septembre vers 10 heures, il dit être allé renforcer la sécurité au domicile de l’ex-président du Parlement. Vers 17h, lui et des jeunes ont été pris à partie sur place par des civils et soldats tirant sur la maison. Un des assaillants aurait même tenté de «fracturer la tête» de Ouerma avec un caillou, que celui-ci a bloqué avec le coude. C’est alors que les civils, dont Faïçal Nanéma, l’ont dépouillé de ses téléphones. Appelé à la barre, celui-ci a nié avoir été chez le défunt Salifou le 18 septembre. Ont par ailleurs été roués de coups, Ramoaga Sawadogo, sur la route de Larlé en partant du rond-point du 2-Octobre le 17 septembre, Kiswensida Kiemdé dans les environs de la cité Azimo vers Ouaga 2000, le 20 septembre, tout comme Madi Compaoré le même jour et Arouna Ganamé, un leader du Collectif anti-référendum (CAR), au rond-point de la Patte d’oie, le 16 septembre. Didier Kiéma lui, a vu sa moto incendiée le 20 septembre au feu de la cité Azimo. Pour sa part, Jean Firmin Nacoulma a expliqué au tribunal qu’il a été frappé et dépouillé de son téléphone et de sa tablette, le 20 septembre 2015 près de l’hôtel Laïco. Il a confié que le téléphone est doté d’une application qui envoie les photos du nouvel utilisateur dans sa boîte. C’est ainsi qu’il a reçu les photos du soldat Seydou Soulama, dont certaines ont été prises en Côte d’Ivoire, région des Savanes. Appelé à la barre, l’accusé niera, arguant qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on peut avoir ses photos facilement. Pour son conseil, Me Mahamadi Sawadogo, son client n’est pas poursuivi pour vol ou recel. De son côté, Me Prosper Farama, a soutenu que les photos laissent présumer que c’est le soldat Soulama qui a frappé la victime et récupéré son téléphone. Un mineur de 19 ans, l’élève Michel Igor Bagbila, voulait aussi se constituer partie civile, mais le tribunal ne l’a pas admis en l’absence d’un de ses parents. Après lui, le sapeur-pompier, Ousmane Paré a relaté avoir reçu une balle d’un frère d’arme de l’ex-RSP, alors qu’il faisait partie d’une équipe partie porter secours à un blessé par balle à la place de la Nation.

Une balle dans le ventre

Le policier en poste chez Salifou Diallo au moment du putsch, l’assistant de police Yacouba Manli, s’est également constitué partie civile au procès. Il a déclaré avoir été battu et désarmé par des militaires de l’ex-RSP qui l’ont ensuite emmené au camp Naaba Koom II. Des jeunes dont Abdoul Karim Bagagna dit Lota avaient accompagné les soldats. Parmi les militaires qui l’ont frappé, le flic a reconnu Adama Kaboré et Soumaïla Diessongo. Le colonel-major, Boureima Kiéré et le sergent-chef Ardjouma Kambou ont tous les deux reconnus avoir vu l’accusé mal en point lorsqu’il a été emmené au camp. Le colonel-major a confirmé avoir donné des instructions pour qu’il soit pris en charge à l’infirmerie de la caserne. Mais le soldat Adama Kaboré et le caporal Soumaïla Diessongo ont nié avoir porté des coups à la victime. Ils ont aussi soutenu n’avoir pas remarqué qu’il souffrait de blessures. Le caporal demandera au tribunal de ne pas reconnaître le policier comme une victime, arguant qu’il doit être comptable au même titre que ceux qui ont tiré pendant les événements du coup d’Etat, parce qu’il a «tiré» sur des personnes. Le caporal Diessongo a ainsi expliqué qu’ils l’ont emmené au camp, parce qu’ils l’ont pris pour un terroriste. L’ancien ministre en charge de l’administration territoriale, Issouf Ouattara, s’est aussi constitué partie civile et a décrit les circonstances dans lesquelles ses collègues et lui ont été surpris en plein Conseil des ministres, menacés et maintenus pendant toute une nuit au hall de la Présidence. Ses autres collègues n’étant pas présents à l’audience, le tribunal a autorisé une nouvelle liste de huit victimes qui, elles aussi, ont relaté leurs calvaires. C’est le cas par exemple de Nicolas Kaboré, l’ancien garde du corps du président du MPP à l’époque, Roch Marc Christian Kaboré (qu’il désigne comme étant son oncle). Il dit avoir été violenté à l’hôtel Laïco, lorsque les émissaires de la CEDEAO étaient venus rencontrer les leaders de partis politiques. «Quand je suis tombé, c’est les Lota-là qui ont commencé à m’attaquer», a clamé la victime. Appelé à la barre, Abdoul-Bagagna dit Lota a «très humblement» présenté ses excuses. «Aujourd’hui, je me demande ce qui m’a conduit à être parmi ceux qui ont porté des coups. J’ai honte», a regretté Lota. Le photographe-reporter à la retraite des Editions Sidwaya, Jean Jacques Conombo a également subi la furie des militaires de l’ex-RSP. Mal lui a pris d’avoir «osé» faire son travail, tellement les coups de pieds et de ceinturons des «milos» lui ont fait perdre connaissance ; ses appareils ont également été endommagés. Une autre victime, Safiétou Ouédraogo, enceinte pendant les événements, a reçu une balle alors qu’elle était à son domicile et a dû subir une césarienne. C’est dans les selles de son bébé que la balle sera retrouvée. Le même bébé, 4 ans plus tard était auprès de sa maman à la barre pour faire cette déposition. Son avocat, Me Farama Prosper, dans son interrogatoire, a fait remarquer que dame Ouédraogo, coiffeuse, ne connaît rien des affaires politiques et n’a participé à aucune manifestation lors des faits. Elle a été la dernière victime à être entendue, laissant la place désormais aux plaidoiries. Le tribunal a octroyé une semaine aux avocats pour préparer leurs speechs. Rendez-vous a donc été pris pour le jeudi 18 avril prochain.

Jean Philibert
SOME & Fabé Mamadou
OUATTARA

Championnat national junior de taekwondo 2019

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La Fédération burkinabè de taekwondo a organisé, le samedi 6 avril 2019 à Ouagadougou, les finales du championnat national junior de la discipline. Pour le président de ladite fédération, Timbo Zongo, la relève est assurée au vu des performances.

69 combattants venus des districts de Koudougou, Ouahigouya, Bobo-Dioulasso, Banfora, Ouagadougou et du Club autonome de Dédougou/Tougan étaient sur les starting-blocks du championnat national junior 2019 de taekwondo, le 6 avril dernier à Ouagadougou. A l’arrivée, la 1re place a été occupée par la Ligue du Centre avec 8 médailles d’or, 5 en argent, 2 en bronze. Le district de Bobo-Dioulasso est arrivé 2e avec 6 médailles d’or, 6 en argent, 6 en bronze. 3e, le district de Koudougou a engrangé 4 médailles d’or, 1 en argent, 3 en bronze. Le district de Banfora est arrivé en 4e position avec 2 médailles d’or, 4 en argent. Le Club autonome Dédougou/Tougan est 5e avec 1 médaille d’argent, 2 en bronze. Enfin, le district de Ouahigouya est 6e avec 1 médaille d’argent et 1 en bronze.  Pour Le président de la Fédération de taekwondo, Timbo Zongo, ce sont des motifs de satisfaction qui se dégagent à l’issue des compétitions. «Nous avons assisté à de très beaux combats, empreints d’engagement et d’engouement mais surtout nous avons constaté que les jeunes sont très intéressés et c’est ce qui nous réjouit», a-t-il indiqué. Selon lui, ce championnat junior est une occasion pour détecter de nouveaux talents en vue de la montée en catégorie sénior. «Nous avons constaté qu’il y a de nombreux jeunes que nous pouvons récupérer pour les échéances futures», a affirmé M. Zongo. Quant au directeur technique national, Jean Baptiste Zongo, beaucoup reste à faire pour atteindre ce haut niveau tant souhaité. «Certes, le niveau était élevé pour certaines catégories et c’est pourquoi nous devons continuer de travailler à avoir un niveau acceptable dans toutes les catégories», a souligné Jean Baptiste Zongo. Et d’ajouter que la fédération a un challenge entre fin 2019 et début 2020, qui va permettre à ces combattants de mesurer leur niveau. «Nous nous préparons pour les compétitions internationales et les opens sur le plan international», a-t-il rassuré. Revenant sur la relève, le directeur technique national a insisté dans ses propos, que pour assurer une bonne relève, l’accent doit être mis sur la formation des formateurs et celle des pratiquants dans les clubs. Et puisque chacun vient dans la discipline avec un objectif, M. Zongo a avoué que la qualité de l’arbitrage dans ces genres de compétition est importante pour l’image de la discipline. «Malheureusement, nous n’avons pas assez de compétitions dans la discipline sur le plan national et nous sommes obligés de composer avec les arbitres que nous pensons être à mesure d’apporter leur contribution à l’amélioration de la discipline», a-t-il rappelé. Claudisia Zerbo, une combattante du district du Centre a, pour sa part, avoué que même si l’essentiel est de gagner, le plus important est d’acquérir plus d’expérience à travers les combats. «Je veux rester dans la catégorie junior pour avoir plus d’expérience avant de monter en sénior. Et comme c’est mon premier combat national, je voudrais acquérir plus de techniques avant de changer de catégorie», a soutenu la jeune Zerbo.

Donald Wendpouiré NIKIEMA
tousunis.do@gmail.com