Coopération sino-burkinabè Les hommes d’affaires jouent leur partition

L’ambassade de Chine au Burkina Faso, en collaboration avec la banque Société générale Burkina Faso, a organisé une table ronde le 2 avril 2019, à Ouagadougou autour du thème : «Les entreprises chinoises et Société générale Burkina Faso au service du développement économique et social au Burkina Faso».

Une trentaine de chefs d’entreprises chinoises ont discuté avec leurs homologues burkinabè sur la dynamisation de la coopération économique entre les deux pays, à la faveur d’un business forum sous le thème «Les entreprises chinoises et société générale Burkina Faso au service du développement économique et social du Burkina Faso». La rencontre s’est tenue le 2 avril 2019 à Ouagadougou. Organisée conjointement par l’ambassade de la Chine et la banque Société générale Burkina Faso (SGBF), les échanges ont permis de mener la réflexion autour de 2 sous-thèmes notamment «Comment valoriser l’expertise technique et financière chinoise pour le meilleur financement des BTP au BF?» et «Que devrait entreprendre la Société générale BF pour faciliter l’intégration des entreprises chinoises au Burkina Faso?».
L’ambassadeur de la Chine, Li Jian, a dit avoir l’ambition de réunir tous les acteurs pour examiner les possibilités et les opportunités pour le développement et la paix sociale du Burkina Faso. Il a ajouté qu’il y a toujours l’idée de coopération en trois parties à savoir le gouvernement, les entreprises et les institutions financières qui travailleront en synergie avec la contribution de tous. L’ambassadeur a aussi souligné que «cette rencontre devrait permettre d’exploiter toutes les opportunités d’affaires afin de construire les bases d’un partenariat efficace pour une meilleure contribution des entreprises chinoises au développement économique et social de nos deux pays».

Une opportunité pour le PNDES

Pour l’ambassadeur chinois, cette plateforme est dans le cadre de l’initiative chinoise «la ceinture et la route». Selon M. Jian, la table ronde est le lieu de répertorier toutes les opportunités d’affaires et de construire les bases d’un partenariat efficace pour une meilleure contribution des entreprises. Selon le Directeur général de la SGBF, Harold Coffi, cette relation devrait accélérer des projets dans un certain nombre de domaines tels que l’énergie, les infrastructures, la santé… Elle devrait permettre de mieux cerner les besoins de l’Etat burkinabè tant technique que financier, de mieux comprendre ce que les entreprises chinoises ont à apporter en termes d’expertise et de solution mais aussi de démontrer pourquoi la SGBF est un partenaire de choix dans ce contexte. La ministre déléguée en charge de l’aménagement du territoire, Pauline Zouré, a signifié que les différents acteurs vont discuter autour des priorités du Plan national
de développement économique et social (PNDES), des opportunités d’affaires, d’investissement au Burkina Faso. Elle a enfin noté que c’est une occasion pour eux de trouver d’éventuels financements pour le développement.

Dawara Sylvie SOU (Stagiaire)

Soutien aux PME: la Chambre de commerce lance un appel à projet

La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina a lancé un Projet d’appui à la transformation industrielle et artisanale (PATIA), le mardi 9 avril 2019 à Ouagadougou.

La valorisation et l’écoulement des produits artisanaux et industriels sont une grande problématique au Burkina Faso. C’est consciente de cette situation que la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), en collaboration avec ses partenaires, a procédé, le 9 avril 2019 à Ouagadougou, au lancement officiel du Projet d’appui à la transformation industrielle et artisanale (PATIA). Sur les raisons qui ont prévalu à la mise en place de ce projet, le 1er vice-président de la CCI-BF, Mahamady Sanoh, a dépeint l’industrie burkinabè, caractérisée par une prédominance des Petites et moyennes entreprises (PME) évoluant majoritairement dans le domaine de l’agroalimentaire qui regorge 43,53% des unités économiques, selon les statistiques de la CCI-BF. Ce sont les difficultés qui minent ces unités industrielles qui ont justifié la mise en place du PATIA, a soutenu M. Sanoh. De façon pratique, le projet mettra l’accent sur des entreprises transformatrices focalisées sur l’accélération de la transformation agro-sylvo-pastorale et artisanale à forte potentialité de croissance de sorte à leur apporter un accompagnement susceptible de renforcer la qualité, la visibilité, et la compétitivité de leurs productions.
«Le PATIA que nous lançons se veut être une compétition de projets de développement d’entreprises, qui permettra aux lauréats de bénéficier d’un accompagnement de la CCI-BF pour la protection, la mise aux normes et la labellisation de leurs produits par des structures spécialisées en la matière», a précisé le vice-président de la CCI-BF. Ainsi, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement de l’institution consulaire pour une participation à des foires et salons internationaux ainsi que pour la distribution de leurs produits dans des magasins et grandes surfaces, a-t-il ajouté. Selon Mahamady Sanoh, douze entreprises seront primées dans ce cadre, dont 5 micros, 5 petites et 2 moyennes pour une valeur globale de 70.000.000 FCFA sous forme de paquet de services déterminés en fonction
du projet de développement de l’entreprise. En clair, «ce n’est pas de l’argent qui sera distribué, c’est un accompagnement qui consiste à financer les actions qu’elles auront à mener», a-t-il renchéri. Il a, par ailleurs, affirmé sa conviction que le PATIA permettra «d’accélérer de manière significative la transformation structurelle de l’économie burkinabè». La directrice adjointe de la CCI-BF, Patricia Badolo, a assuré qu’un comité technique de sélection pluridisciplinaire sera mis en place pour assurer la qualité et la transparence du processus de sélection des lauréats dont les dossiers seront reçus jusqu’au 9 mai 2019.

Dawara Sylvie SOU
(stagiaire)

Réconciliation nationale: le CDP encourage le HCRUN

A sa demande, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a été reçu, le 10 avril 2019 dans la soirée, par avec le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN).

Conduite par son président, Eddie Komboïgo, la délégation du CDP, forte de 7 membres, est allée comprendre la démarche du HCRUN dans l’objectif de l’atteinte de sa mission. Elle a voulu également savoir le niveau auquel se trouve certains dossiers ouverts, comme ceux de l’insurrection d’octobre 2014 et du coup d’Etat manqué de 2015. Le CDP voulait également avoir une claire compréhension de la justice transitionnelle, l’une des voies adoptées par le HCRUN, sans exclusion de la justice classique. Le président du HCRUN, Léandre Bassolé, entouré de trois autres conseillers, a clairement situé la délégation du CDP sur le travail mené au sein de l’institution et ceci avec forts détails. Edifié par les réponses apportées par le président du HCRUN, le président du CDP avoue : «Après ces échanges, nous apprécions positivement l’engagement qui est celui du HCRUN pour que nous allions à l’unité nationale. Nous pensons que nous sommes sur la bonne voie. Nous ne pouvons qu’encourager et féliciler Léandre Bassolé et son équipe», a ajouté Eddie Komboïgo qui reconnaît : «Ce n’est pas une tâche facile. Déjà des journalistes ont été sensibilisés et formés, tout comme les OSC, les victimes elles-mêmes, il y a eu des tournées de sensibilisation et d’informations dans 9 régions du pays, des dossiers sont ouverts, il y a un séminaire gouvernemental le 18 de ce mois, un séminaire parlementaire le 24 avril, il reste à réunir les partis politiques pour qu’ensemble nous parlions le même langage dans l’intérêt de notre pays et de son vivre ensemble. Pour tout cela, nous encourageons et félicitons le HCRUN.
Le CDP prend l’engagement d’accompagner cette institution dans son effort de tous les jours pour l’atteinte de ses objectifs», a promis Eddie Komboïgo; pour lui, le HCRUN «nous aidera tous à assumer notre histoire. Nous sortons satisfaits de ces échanges». Le président du HCRUN, Léandre Bassolé, a tenu à remercier le CDP car, dira-t-il, «c’est la première fois qu’un parti politique prend sur lui de venir échanger avec le HCRUN pour mieux comprendre son fonctionnement». Pour l’ambassadeur Bassolé, «il est plus facile de se bagarrer que de se réconcilier. Et, pour réussir la mission, nous devons partager dans la sagesse et la franchise; ainsi nous pourrons arriver à une plage où chacun se retrouve» a conclu le président Bassolé.Avant de quitter le président Léandre Bassolé, Eddie Komboïgo a invité les partis politiques à venir au HCRUN se faire instruire.

Direction de la communication
du HCRUN

Lutte contre l’extrémisme violent : La coopération civilo-militaire, un remède

L’Union fraternelle des croyants (UFC) de Dori  a organisé avec le soutien financier de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique(USA) au Burkina Faso, le jeudi 4 avril 2019 à Dori, chef-lieu de la région du Sahel un symposium sur la sécurité.

 C’est dans le cadre du projet agir ensemble pour une coexistence pacifique au Sahel que l’Union fraternelle des croyants (UFC) de Dori  a organisé avec le soutien financier de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique au Burkina Faso le jeudi 4 avril 2019 un symposium sur la sécurité sous le thème « la participation citoyenne à la sécurité, une condition indispensable pour réussir la lutte contre l’extrémisme violent au Sahel ». Selon son coordonnateur, François Paul Ramdé, le symposium a visé la mobilisation des acteurs civils ainsi que des Forces de défense et de sécurité (FDS) à une plus grande participation dans la lutte contre l’extrémisme violent au Sahel.

De manière spécifique, a-t-il ajouté, les femmes et les jeunes ont été invités à agir en faveur de la coexistence pacifique au Sahel. « Ce qui touche à la paix, concerne l’UFC. Il est important de mobiliser les différentes parties de la population à mieux participer afin que la sécurité soit une réalité », a –t-il justifié.

Pour ce faire, la quatre vingtaine de participants a eu droit à deux communications. D’abord, la première qui a porté sur « les déterminants  de la radicalisation chez les jeunes et les femmes et quelles pourraient être leurs contributions à la prévention et la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Sahel ? » a été animée par l’ancien diplomate Ismaël Diallo. De son avis, le radicalisme a mis des décennies à se construire et ce n’est en quelques mois ou en deux ou trois que l’on pourra le combattre. Il faudra beaucoup de temps, a suggéré le communicateur.

A son avis, a-t-il déploré, il y a deux erreurs fondamentales commises. « Premièrement, nous n’avons pas eu le souci de faire ce qu’il faut pour nous rapprocher entre ce que nous appelons les ethnies. Nous continuons de vivre dans une société avec des ethnies qui cohabitent, mais sont juxtaposées. Nous n’avons pas fait l’effort de réduire les aprioris, les préjugés et les idées reçues », explique Ismaël Diallo. Deuxièmement, il a estimé que le Burkina Faso  n’a pas travaillé dans la bonne gouvernance au niveau central et local et ce depuis une trentaine années.

En guise de remèdes, il a dit que les solutions sont individuelles, collectives et multiformes. « Nous devons nous départir de cette complicité passive par le comportement et les mots et de tout ce qui maintient la division entre nous », a préconisé le diplomate à la retraite.

Accompagner les FDS

Pour sa part, le chef de corps du 11e Régiment d’infanterie commando (RIC) de Dori, Evariste Somé, a échangé avec les participants sur le thème : «  Que revêt la notion de coopération civilo-militaire dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent au Sahel et quelles synergies avec les forces de défense et de sécurité ? » Selon lui, le concept de coopération civilo-militaire est l’accompagnement des FDS et la participation de la population à sa propre sécurité.  A cet effet, il a insisté sur le caractère impératif d’une collaboration entre FDS et population. « S’il est difficile d’assurer la sécurité d’une personne sans son consentement, il est utopique de vouloir assurer celle d’une population sans sa participation », a indiqué le commandant Somé. C’est pourquoi, il a dit espérer de ce symposium que les participants aient une meilleure connaissance des actions des FDS sur le terrain. En plus, il a souhaité que chaque participant et partant toute la population soit sensibilisée sur l’accompagnement individuel de la sécurité.

A la fin du symposium, M. Ramdé a précisé que les perspectives consisteront à mener des actions civilo-militaires en vue de renforcer la confiance entre les FDS et les populations. Le conseiller technique du gouverneur de la région du Sahel, Réné Nana, a rappelé que l’insécurité grandissante affecte le Burkina Faso.

Mais particulièrement le Sahel, plongeant ainsi les populations dans un état de psychose généralisée et mettant à mal les efforts de développement par l’Etat et ses partenaires. C’est pourquoi, il a exprimé toute sa gratitude à l’UFC/Dori.  Quant au président du conseil régional de la jeunesse du Sahel, Ali Bokoum, il a salué l’initiative en ce qu’elle contribue à sensibiliser la population, mais également à consolider les liens entre celle-ci et les FDS.

Souaibou NOMBRE

snombre29@yahoo.fr

Légende

Coopération multilatérale : L’institut Chine-Afrique voit le jour

L’Académie des sciences sociales de Chine  a inauguré le mardi 9 avril 2019, à Pékin, l’Institut Chine-Afrique (ICA). Cet instrument de coopération est la concrétisation d’une promesse du président chinois Xi Jinping faite à l’occasion du sommet de Pékin sur la coopération sino-africaine en 2018.

La connaissance des civilisations africaines et chinoises est une étape essentielle dans l’approfondissement des relations entre le continent noir et l’Empire du milieu. C’est tout l’esprit qui sous-tend la création de l’institut Chine-Afrique (ICA). L’inauguration de la plate-forme de recherche est intervenue dans la matinée du mardi 9 avril 2019, à Pékin, la capitale chinoise en présence d’autorités chinoises, d’une quarantaine de diplomates africains et de chercheurs  venus de plusieurs pays d’Afrique.

L’ancien président du Mozambique,  Joachin Chissano, a également pris part à la cérémonie. Le président de l’Académie  des sciences sociales de Chine, Xie Fuzhan, a, à l’entame de son discours, livré un message de félicitations du président chinois, Xi Jinping, pour la création de l’institut.  En substance, le chef de l’Etat  chinois a exhorté  la Chine et l’Afrique à renforcer « l’apprentissage mutuel » des civilisations respectives pour mieux rapprocher les deux peuples et  contribuer à la paix mondiale et au développement.

Et d’ajouter que l’ICA apportera une plus-value dans la promotion des relations sino-africaines. Aux dires du président de l’Académie des sciences sociales de Chine, l’Empire du milieu et l’Afrique ont connu de « brillantes civilisations » qui ont beaucoup apporté à l’humanité.

Pour lui, la naissance de cette plate-forme offre de nouveaux espoirs et perspectives aux chercheurs des deux parties d’œuvrer à bâtir des ponts entre les peuples. « L’institut proposera des études conjointes en vue de promouvoir le développement. Il se veut une force de propositions pour favoriser les échanges culturels, humains et créer des énergies  positives pour un nouveau palier dans la coopération Chine-Afrique », a souligné Xie Fuzhan.

 

Déconstruire les  « interprétations tendancieuses »

 

Pour l’ancien président mozambicain, Joachim Chissano, l’ICA est un repère « extrêmement important » d’autant plus qu’il va aider à asseoir davantage les bases d’un respect mutuel et d’une coopération plus axée sur le développement humain, la paix, la sécurité, le commerce et les infrastructures. « Nos actions doivent inclure la participation des peuples dans la coopération. L’histoire montre que la solidarité a toujours été forte entre l’Afrique et la Chine et nous devons hisser les relations à un niveau plus élevé. A ce titre, la création de l’institut trouve toute sa portée et son symbole », a-t-il déclaré.

L’ICA, a précisé M. Chissano, par le biais des études qui y seront menées va participer à déconstruire les  « interprétations tendancieuses » de certains Etats sur les relations sino-africaines.  D’où son invite aux chercheurs africains à s’approprier la plate-forme pour une meilleure contribution intellectuelle et pour hisser les échanges culturels et humains au niveau que ceux politiques. Sur la même lancée, la commissaire de l’Union Africaine chargée des ressources humaines, de la science et de la technologie, Pr Sarah Mbi Enow Anyang Agbor, a soutenu que l’ICA va promouvoir « la connectivité sociale » entre les peuples chinois et africains. « L’Institut Chine-Afrique est notre conviction unique que l’union fait la force.

Nous sommes convaincus que notre succès repose sur une éthique de travail d’équipe dans laquelle nous pouvons tous deux travailler ensemble pour atteindre un objectif commun. Après tout, en tant qu’Africains, nous croyons en la volonté collective et à la responsabilité collective. Henry Ford a dit un jour: ‘’Se réunir est un début. Rester ensemble est un progrès. Travailler ensemble est un succès’’ », a-t-elle relevé.

 

Un secrétariat permanent de l’ICA

 

L’ICA, a poursuivi Pr Anyang AGbor, va permettre d’améliorer conjointement les mécanismes de partage d’informations et de renforcement des capacités dans divers domaines.

Selon le chargé d’affaires de l’ambassade du Burkina Faso en Chine, Issa Joseph Paré, l’ICA est  un instrument d’échanges culturels, de recherches et promotion de la paix et de la sécurité qui mérite une attention particulière dans la coopération Sud-Sud.  « C’est un institut au service de l’intérêt des deux peuples. Autant la Chine a à apprendre de l’Afrique, autant l’Afrique a à apprendre d’elle. Il faut que le Burkina Faso prenne conscience de l’existence de cette plate-forme », a-t-il souhaité.

Il a proposé qu’au plan politique, un secrétariat permanent  pour l’ICA soit créé au ministère des affaires étrangères à l’instar de ceux dédiés à la Francophonie et à la Commission nationale pour les refugiés (CONAREF). « Si une telle initiative venait à être concrétisée,  les autorités chinoises vont la soutenir dans le souci de renforcer la coopération bilatérale », a conclu M. Paré.

Karim BADOLO

(Depuis Pékin en Chine)

Turquie : Le coup d’accélérateur du président Kaboré

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré est arrivé le mardi 9 avril 2019, dabs l’après-midi, à Istanbul pour une visite d’amitié et de travail de 72 heures en République de Turquie.

Le chef de l’Etat a été accueilli à sa descente d’avion par les autorités turques et des représentants de la communauté burkinabè vivant en Turquie, à l’aéroport Atatürk d’Istanbul.

Dans la capitale économique de la Turquie, Roch Marc Christian Kaboré va présider le forum économique sur les potentialités du Burkina Faso, et rencontrer la communauté burkinabè de cette zone. On estime à environ 500 personnes, les Burkinabè établis sur l’ensemble de la Turquie. Ils sont étudiants, travailleurs dans des fabriques, agents de commerce…

Après Istanbul, Roch Marc Christian Kaboré rejoindra demain Ankara, la capitale, où il aura des entretiens en tête-à-tête avec le président de la Grande Assemblée de Turquie, Mustafa Sentop, et son homologue, le président Recep Tayyip Erdogan.

Direction de la communication de la présidence du Faso

Climat des affaires : Les préoccupations du secteur privé exposées au Premier ministre

Les préoccupations du secteur privé burkinabè étaient au centre des échanges entre le chef du gouvernement Christophe Joseph Marie Dabiré et le bureau de la Chambre du commerce et d’industrie du Burkina Faso, le lundi 8 avril 2019, à Ouagadougou.

Le bureau de la Chambre du commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), conduit par son président, Mahamadi Savadogo, a rendu visite au Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le lundi 8 avril 2019, à Ouagadougou. «Nous sommes venus féliciter le Premier ministre pour sa nomination à la tête du gouvernement. Nous avons également profité de l’occasion pour lui soumettre quelques doléances que nous avons au niveau du secteur privé », a indiqué le président Sawadogo, à sa sortie d’audience.

Les préoccupations exposées au chef du gouvernement sont, entre autres, l’amélioration continue du climat des affaires et la prise d’un certain nombre de textes règlementaires pour un meilleur encadrement du secteur du commerce et de l’industrie, y compris la facilitation des échanges économiques avec la Chine. « Nous venons de reprendre nos relations avec la Chine. Il y a un certain nombre de textes à prendre pour nous permettre d’exercer librement le commerce entre le Burkina Faso et la Chine, à travers notamment des certificats de reconnaissance de nos produits d’exportation (les produits de crue et autres) vers ce pays », a-t-il précisé.

A toutes ces préoccupations du monde des affaires, le chef du gouvernement a accordé une oreille attentive, à en croire le premier responsable de la CCI-BF. «Le Chef du gouvernement a promis de nous revenir dans un bref délai pour que nous fassions un travail technique sur ces questions et prenions les décisions qu’il faut», a-t-il ajouté.

La situation de « léthargie » qui prévaut au ministère de l’Economie et des Finances a été abordée au cours du tête-à-tête. Là encore, le bureau consulaire sort optimisme. « Sur cette question aussi, le Premier ministre nous a rassuré que son gouvernement travaille pour qu’une meilleure solution soit trouvée dans les jours à venir », a fait savoir le chef de la délégation de la chambre du commerce.

Sur la question de l’importation du riz de mauvaise qualité, M. Savadogo a condamné les commerçants qui s’adonnent à de telles opérations. «Les commerçants qui importent des produits impropres à la consommation peuvent être qualifiés de malfrats, car ils empoisonnent leurs propres familles, leurs personnels », a-t-il dénoncé. En tout état de cause, la CCI-BF travaille en tandem avec les différentes brigades pour réprimer de telles pratiques, a rassuré le président Savadogo.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr

Procès du putsch : Des victimes racontent l’horreur

L’audition des victimes du putsch manqué a débuté, le mardi 9 avril 2019 au tribunal militaire, sis à Ouaga 2000. Sur un total de 306 victimes, c’est une soixantaine qui a finalement été retenue par le tribunal à l’issue de la conférence entre le parquet, les avocats de la partie civile et la défense.

C’est parti pour l’audition des victimes du coup d’Etat manqué de 2015. Sur un total de près de 306, une soixantaine a été retenue pour l’interrogatoire à la barre. Certaines sont des blessés par balles et d’autres ont vu leurs biens détruits.

C’est pourquoi, elles réclament réparation pour le préjudice causé. Le 9 avril 2019, c’est plus d’une dizaine de victimes qui ont été entendues. Il s’agit de Abdou Ata, Gildas Yoda, Paul Ouédraogo, Bewendtoré Larar Kaboré, Amadé Zonou, Nestor Abourabou, Boureima Ouédraogo, Mohamed Lamine Kéré, Adama Compaoré et Patrice Sanogo. Tous ont reçu des balles lors des évènements des 16 septembre et jours suivants.

A les entendre, les tirs ont eu lieu vers le stade municipal et le palais du Moogho Naaba, à la cité An III et au centre-ville. Pour Gildas Yoda, alors qu’il revenait du marché le 17 septembre 2015, des individus armés dans une voiture (pick-up) ont ouvert le feu sur des manifestants. « J’ai pris la fuite et deux motards m’ont pourchassé. Ils m’ont bastonné tout en me répétant que j’étais un membre du mouvement Le balai citoyen. Ensuite, ils m’ont balancé dans un fossé et sont partis avec ma moto et une somme de 50 000 F CFA », a-t-il expliqué.

Comme lui, chacun d’eux a vécu des moments cauchemardesques pendant le putsch. Malheureusement, il est impossible pour ces victimes d’identifier les auteurs, car ils étaient tous cagoulés et habillés en tenue militaire (léopard). « Je ne peux pas les identifier, car ils portaient des cagoules. Mais ils étaient habillés en tenue de l’ex-RSP », ont-ils tous décrit. Siaka Diallo, un militaire, dont l’oncle a été tué par balle, a signifié qu’il connait très bien les différentes tenues de l’armée. Il a même précisé que les éléments portaient des armes AK 47, des PA (pistolet automatique) et des kalachnikovs.

Le fait marquant est qu’ils ont tous reçu des balles à bout portant contrairement à ce que veulent faire croire les accusés comme étant des tirs de sommation dont les balles perdues les auraient touchés. Adama Compaoré, victime d’une balle à la cuisse-gauche l’a démontré. C’était le 17 septembre 2015, alors qu’il était allé rendre visite à un ami vers le marché du 10 yaar. « C’est là que des militaires sont venus nous menacer avec des armes. Dans leurs menaces, c’était des mots tels que c’est fini de vos propos sur toutes les antennes des radios à propos du pouvoir déchu.

Aujourd’hui, le général Diendéré a pris le pouvoir. C’est en ce moment qu’ils ont tiré sur moi », a précisé M. Compaoré. Et une autre victime, Patrice Yanogo de soutenir qu’il a été poursuivi par un pick-up, de la Place de la nation jusqu’aux encablures du lycée Zinda. « Ils m’ont mis à genou et un a tiré à bout portant sur mon avant-bras gauche », a-t-il confirmé à la barre. Pour l’avocat de la partie civile, Me Prospère Farama, tous ces témoignages montrent que les accusés n’ont pas fait des tirs de sommation comme ils l’ont indiqué.

Ils ont simplement tiré sur les manifestants qui s’opposaient à l’arrestation des autorités de la Transition. Et des victimes en gardent toujours des séquelles, à l’image de l’étudiant Amadé Zonou, atteint par deux balles et présentement handicapé moteur. « Ce n’est qu’en 2018 que j’ai pu extraire la balle au niveau de ma cheville grâce à une intervention chirurgicale », a confié une autre victime, Lamine Kéré.

La défense muette

Dans la soirée, le tribunal a poursuivi l’audition des victimes par lots de dix. Dans la deuxième liste, du fait de l’émotion, certaines victimes ou leurs ayant droits n’ont pas pu retenir leurs larmes ou aller jusqu’au terme de leurs narrations. Parmi ceux-ci, Boukari Yelnogo, dont le frère a été tué par balle, le 17 septembre 2015, alors qu’il était dans son garage aux environs de l’Ecole nationale des douanes. Relatant les circonstances douloureuses de cette perte, il a fondu en larmes.

Même son avocat, Me Prosper Farama a avoué qu’il n’a pas assez de force pour expliquer cette « horreur ». Jean Sédogo, résidant à Yagma, a aussi perdu son unique fils, Richard, le 17 septembre. « C’est le lendemain, à la morgue de l’hôpital Yalgado que j’ai retrouvé son corps touché par une balle », a déclaré le sexagénaire. Etienne Kologo, lui, a expliqué que son neveu, Apollinaire, a trouvé la mort le 18 septembre. Selon lui, des témoins ont rapporté que le défunt a été abattu par des militaires de l’ex-RSP devant l’ENAREF.

« Il a reçu 4 balles dans le corps. Il était l’unique fils de son père », a précisé le cultivateur Kologo. Et le parquet d’ajouter que dans la déposition de M. Kologo à la gendarmerie, il a indiqué que le père de la victime n’a plus retrouvé ses esprits depuis les événements et est même décédé un mois après. « Le RSP a tiré sur Apollinaire en pensant que c’était un membre du Balai citoyen, parce qu’il portait un T-shirt noir », a révélé le procureur avant d’inviter le tribunal à penser à cette victime quand il va entrer en délibération.

Quant au couturier Soumaïla Ouédraogo, il a témoigné que Angèle Kaboré, la femme de son frère, a reçu une balle au sein gauche, le 17 septembre et le 20, elle en est décédée, laissant derrière elle, un bébé de quatre mois. Hamidou Sawadogo, lui, n’est pas mort mais a trainé une balle dans le corps pendant plus de trois mois avant qu’on ne puisse l’extraire en 2018. Un autre « chanceux » est le jeune Abdoul Kader Nikiéma a rapporté qu’une balle a traversé son dos alors qu’il était vers le palais du Mogho Naaba.

Après 3 mois dans le coma, il s’entendra dire que ce sont des éléments motorisés de l’ex-RSP qui ont tiré sur lui. Le parquet a rappelé qu’il s’agit de ce jeune que les vidéos ont montré, gisant dans le sang vers le palais du Mogho Naaba. « Quand j’ai vu la vidéo, je pensais que cette victime était décédée », a souligné Me Farama.

A la suite, le tribunal a encore convoqué une liste de 11 victimes mais 5 ont été entendues. La défense n’a fait aucun commentaire après leur passage. Toutes les victimes ont soutenu qu’elles se constituaient partie civile, convaincus pour la plupart que les militaires qui ont tiré provenaient de l’ex-RSP. L’audience se poursuit ce mercredi 10 avril, toujours avec les parties civiles.

Fleur BIRBA
Mady KABRE

11e édition du tournoi de lutte de Pankélé : 200 lutteurs attendus

La 11e édition du tournoi de lutte de Pankélé aura lieu les 12 et 13 avril 2019, sous le thème « Lutteur Professionnel et Gestion de sa Carrière ». L’information a été donnée par les organisateurs au cours d’une conférence de presse organisée le 4 avril 2019 à Ouagadougou.

Environ 200 lutteurs sont annoncés cette année au tournoi de lutte de Pankélé, dans la commune de Toma, les 12 et 13 avril 2019. Ils viendront du Mouhoun, du Houet, du Sanguié, de la Kossi, du Kadiogo, du Boulkiemdé, du Sourou et du Nayala. Cette annonce a été faite le 4 avril dernier lors d’un point de presse des organisateurs.

Ce tournoi de lutte, initié par l’association Konwoma des jeunes lutteurs de Pankélé et qui est à sa 11e édition se déroulera cette année sous le thème « Lutteur Professionnel et Gestion de sa Carrière ». Selon le président du comité d’organisation, Ruffin Paré, la compétition est ouverte aux dames et aux hommes. Chez les hommes, il y aura trois catégories : les moins de 70kg, 71 à 80kg et les plus de 81kg. Chez les dames, deux catégories, à savoir les moins de 50kg et les 51kg et plus seront aux prises.

Tous les lutteurs sont attendus le 11 avril 2019 pour participer à la séance des pesées. C_est véritablement le 12 avril que les phases éliminatoires débuteront, suivies des finales le 13 avril dans la soirée. Il est à noter qu_en plus des compétitions par catégories, il y aura également du open, qui consiste en une confrontation toutes catégories confondues en dames et en messieurs.

Chez les dames, la championne recevra le prix Aimé_services constitué d’une moto dame, d’un trophée et un lot de gadgets. Chez les hommes, le vainqueur repartira avec le prix de l_entreprise ERIF composé d’un tricycle, d’un trophée et un lot de gadgets. Il faut aussi rappeler que les trois premiers de chaque catégorie, de même qu_en open, recevront des médailles.

Selon le président du comité d’organisation, Ruffin Paré, Pankélé est un village qui a la particularité de regorger d’anciennes gloires de la lutte burkinabè. Les plus célèbres d’entre eux sont Issa Ki (l_actuel président de l_association Konwoma), champion d_Afrique dans la catégorie des 66kg en 2000, Denis Charles Bayané, six fois successivement champion des 86kg à la Semaine nationale de la culture (SNC), Gérard Ki, Lawapan Bakouan…

Ainsi, l’objectif de ces anciens en portant sur des font baptismaux le tournoi, est de faire en sorte que leur village garde sa renommée de terroir de grands lutteurs.

W. Jean Sawadogo
(Stagiaire)