Décès du député Tibila Kaboré : les derniers hommages de la Représentation nationale

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Décédé le 12 mars 2019, le député Tibila Kaboré a reçu les derniers hommages de l’Assemblée nationale, le samedi 16 mars à Ouagadougou. Lors de la cérémonie de recueillement, l’illustre disparu a été élevé, à titre posthume, au rang de commandeur de l’Ordre de l’Etalon.

L’Assemblée nationale (AN) du Burkina Faso a rendu un dernier hommage, le samedi 16 mars 2019 à Ouagadougou, au député Tibila Kaboré, décédé le 12 mars dernier. C’est porté par des députés, que le corps du regretté a accédé au hall du principal bâtiment de la représentation nationale aux environs de 9 heures où l’attendaient ses pairs parlementaires, avec à leur tête le président Alassane Bala Sankandé, pour un hommage des représentants du peuple, en présence de sa famille, des amis et connaissances, des membres du gouvernement, ainsi que de personnel de l’administration parlementaire. Distinction de la nation, recueillement, témoignages sur sa carrière professionnelle et parlementaire ont constitué les temps forts de la cérémonie d’hommage de l’AN à Tibila Kaboré parti pour le repos des justes à l’âge de 61 ans.

Le premier acte de ce rituel d’hommage a été son élévation à titre posthume, au rang de commandeur de l’Ordre de l’Etalon, par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo. Tour à tour, les représentants des différents groupes parlementaires composant l’Assemblée ont salué la mémoire d’un travailleur hors pair, d’un rassembleur, d’un sage, de l’homme de la critique objective, aux compétences inégalées, de l’expert des finances publiques, d’un homme de convictions et d’actions. De son passage à la tête de la commission finances et à la commission affaires générales de l’Assemblée nationale, celui que la représentation nationale pleure aujourd’hui a marqué les esprits de ses collègues parlementaires par ses capacités managériales et ses contributions posées et pertinentes aux débats en commissions comme en plénières, ont souligné les intervenants. Pour le député de l’UPC, Moussa Zerbo, la mort de Tibila Kaboré constitue une grosse perte. «Il était un homme ouvert, qui aimait ce qu’il faisait et savait donner le meilleur de lui-même. Il savait détendre quand on était triste. Sa mort est une perte pour le monde des finances et l’administration publique de façon générale», a-t-il indiqué.

Le président de l’Assemblé nationale, lui, a estimé que le Burkina Faso a perdu un «digne fils». «Tu as passé 33 ans de ta vie à servir avec dévouement, loyauté et intégrité la nation burkinabè. Ton professionnalisme, tes compétences et ton expertise dans le domaine des finances publiques t’ont valu de la part de tes collègues le surnom de l’homme des dossiers techniques », a souligné Alassane Bala Sakandé. Avant que le député Kaboré regagne sa dernière demeure à Pouytenga où il a été inhumé le samedi 16 mars 2019, les députés, les membres du gouvernement, ses parents, amis et connaissances se sont inclinés sur sa dépouille pour un dernier hommage. Les représentants du peuple ont imploré Dieu pour qu’il accueille dans son royaume leur collègue dont la disparition a suscité tristesse et consternation.

En rappel, Tibila Kaboré est un élu du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) de la province du Kourittenga, dans la région du Centre-Est. Il laisse derrière lui, une veuve et quatre enfants.

Mahamadi SEBOGO

Foire internationale de Bobo-Dioulasso : la 7e édition se tient du 30 mars au 6 avril 2019

La 7e édition de la Foire internationale de Bobo-Dioulasso (FIBO) se déroulera, du 30 mars au 6 avril 2019 à Bobo-Dioulasso. C’est l’information que le comité d’organisation a donnée, le 15 mars 2019 au cours d’une conférence de presse.

Le comité d’organisation de la Foire internationale de Bobo-Dioulasso (FIBO) en partenariat avec la commune, organise la 7e édition de la Foire internationale de Bobo-Dioulasso (FIBO). Elle se tiendra du 30 mars au 06 avril 2019 au siège de la Semaine nationale de la culture (SNC), sous le thème : « Synergie d’actions pour l’émergence d’une industrie agro-alimentaire prospère et dynamique ».

Le comité d’organisation a tenu, le 15 mars 2019, une conférence de presse pour annoncer la date effective de l’évènement. Selon son président, l’abbé andré Ouattara, la FIBO vise la valorisation des différents produits agro-alimentaires et industriels. Plusieurs activités meubleront la manifestation. Il s’agit d’une foire pour découvrir les richesses de l’agro-alimentaire, des visites, des journées portes ouvertes des industries agro-alimentaires, des écoles professionnelles de l’agroalimentaire et de la recherche scientifique et technologique. Un atelier de formation sur les normes de qualité sera également organisé au cours de la présente FIBO. Plus de 100 000 visiteurs burkinabè et étrangers sont attendus à cette foire. Le budget nécessaire pour l’organisation de la 7e édition de la FIBO est estimé à 66 millions F CFA.

Des réflexions seront menées pendant la foire pour mettre sur place une structure qui sera chargée de pérenniser la manifestation qui se déroule chaque deux ans. En attendant, les membres du comité d’organisation ont rassuré les futurs festivaliers que des dispositions sécuritaires sont prises pour un bon déroulement de ladite foire. Elle sera présidée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré. Le président de la chambre de commerce de Bobo-Dioulasso, Lanciné Diawara et le maire de la commune de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou en sont respectivement parrain et co-parrain.

Adaman DRABO
Barkissa BONKOUNGOU
(Stagiaire)

Salon africain de l’agriculture : le président Roch KABORE satisfait de la mobilisation des acteurs

Le Chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian KABORE, a pris part à la cérémonie de clôture du Salon africain de l’agriculture (SAFAGRI), organisé sous l’égide du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le 15 mars 2019 à N’Djamena au Tchad. En sa qualité de président en exercice du CILSS, il a, aux côtés de son homologue tchadien, Idriss DEBY ITNO, marqué sa satisfaction pour la tenue réussie, du 12 au 15 mars 2019, de ce cadre d’échanges et de partage d’expériences.

Ouvert le mardi 12 mars 2019 à N’Djamena au Tchad, le Salon africain de l’agriculture (SAFAGRI), organisé sous la houlette du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), a refermé ses portes, le vendredi 15 mars 2019. Le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian KABORE, par ailleurs, président en exercice du CILSS, s’est réjoui des excellents résultats enregistrés et des effets positifs produits. Pour le président du Faso, le SAFAGRI a tracé les sillons de l’essor des agricultures africaines appelées à intégrer l’industrialisation et la labélisation des produits agricoles à l’effet de satisfaire les besoins domestiques et de conquérir le marché international.

« La mobilisation autour de ce salon constitue pour nous un motif de satisfaction », a affirmé le président Roch Marc Christian KABORE. Il a aussi relevé que les expositions-ventes ont montré la diversité des produits agricoles africains, apportant la preuve que « l’Afrique peut nourrir l’Afrique » et créer de la richesse et des emplois au profit des jeunes et des femmes. Selon le président KABORE, les ateliers thématiques sur les politiques et stratégies du concept de chaînes de valeur ont abouti à des conclusions susceptibles d’aider à l’articulation de stratégies et projets de développement. En effet, lors du panel de haut niveau sur les politiques relatives aux chaînes de valeur agricoles, tenu le jeudi 14 mars 2019, le ministre de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles, Salifou OUEDRAOGO, a préconisé la mise en place de fonds de développement agricole, l’organisation des producteurs et le développement des filières résilientes et protectrices de l’environnement. Le ministre coordonnateur du CILSS a insisté sur l’intérêt de promouvoir une agriculture contractuelle en vue d’ouvrir aux produits et services agricoles un marché rentable et d’améliorer les revenus des producteurs.

Les participants à la première édition du SAFAGRI ont recommandé la poursuite des réflexions sur son institutionnalisation, sous les auspices de l’Union africaine. En outre, ils ont prôné l’accélération de la mise en place de la zone de libre-échange africaine, l’adoption d’une vision commune du développement des chaînes de valeur agricoles et la facilitation de leur financement par les banques régionales de développement.

Les parties prenantes ont demandé d’accorder la priorité à la lutte contre la faim dans le projet africain de construction des chaînes de valeur. Dans « la Déclaration de N’Djamena » rendue publique par son ministre en charge des mines, Ahmat Mahamat BACHIR, le Tchad a réaffirmé son engagement à apporter son appui à l’érection du SAFAGRI en un cadre permanent de concertation et d’échange sur la promotion des filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques africaines. En sus, M. BACHIR a annoncé la disponibilité des épouses des présidents du Tchad, Hinda DEBY ITNO et du Niger, Lalla Malika ISSOUFOU, à assumer le rôle de championnes de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique.

Au terme de son discours de clôture du SAFAGRI, le président du Faso, Roch Marc Christian KABORE, a donné rendez-vous aux acteurs du développement rural à la 2e édition prévue en 2020 à N’Djamena. Il a visité plusieurs stands d’exposition, en compagnie de son homologue tchadien, Idriss DEBY ITNO. Des exposants burkinabè ont participé à la rencontre de N’Djamena, suscitant l’engouement des visiteurs pour les produits agricoles transformés au Faso.

Roger SANKARA
DCPM/MAAH

Clôture des sessions politiques chinoises : la loi sur les investissements étrangers adoptée

Les deux sessions politiques annuelles de la République populaire de Chine (RPC) ont pris fin, le vendredi 15 mars à Pékin, avec la clôture des travaux de l’Assemblée populaire nationale, l’organe législatif. A l’issue de la cérémonie de clôture, le Premier ministre, Li Keqiang, a animé une conférence de presse au cours de laquelle il s’est appesanti sur les questions économiques.

L’une des décisions majeures issues des travaux des deux sessions politiques de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et de l’Assemblée populaire nationale (APN) a été l’adoption de la loi sur les investissements étrangers. Les 3 000 députés de l’APN l’ont examinée et adoptée, en présence du président Xi Jinping et des membres du gouvernement chinois, à la clôture, le vendredi 15 mars 2019, au Grand palais du peuple, à Pékin. Le décret présidentiel promulguant la loi sur les investissements étrangers a été aussitôt signé par le chef de l’Etat chinois. Elle entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2020. Avec cette loi, c’est une égalité de chance qui est offerte aux entreprises étrangères au même titre que celles de l’Empire du milieu d’avoir accès aux marchés de la deuxième puissance économique du monde.

Toutefois les investisseurs étrangers ne sont pas autorisés à postuler à des marchés dans des secteurs précis indiqués dans la loi. Cette décision, qui vise l’amélioration du climat des affaires en Chine, s’inscrit en droite ligne de la politique d’ouverture que la Chine entend approfondir. Le président du comité permanent de l’APN, Li Zhanshu, a rappelé que l’examen des différents projets de lois s’est déroulé dans le respect des principes démocratiques, de solidarité et de progrès, chers à l’institution. « Nous devons apprendre de façon approfondie et mettre intégralement en œuvre cette loi pour favoriser un développement de qualité supérieure de notre économie. La Chine a entrepris une nouvelle ère du socialisme à la chinoise et de nouvelles exigences s’imposent au travail de l’APN. Nous devons nous approprier la pensée de Xi Jinping pour porter haut le drapeau du socialisme à la chinoise », a-t-il déclaré. C’est à ce prix, a-t-il souligné, que l’objectif de bâtir une société de moyenne aisance sera atteint.

6,5% de croissance attendue en 2019

En plus de cette loi, les membres de l’APN ont approuvé les résolutions sur le rapport d’’activités du gouvernement et celui du comité permanent de l’institution parlementaire. Les résolutions sur les rapports des plans de développement économique et social national ont été également agréées par les parlementaires.

Au terme des travaux des parlementaires, le Premier ministre, Li Keqiang, est revenu sur certaines questions inhérentes à l’économie et à la problématique de l’emploi en Chine. « Nous devons garantir l’emploi dans certaines catégories sociales telles que les diplômés, les anciens militaires et les employés mutés. Cette année le nombre de diplômés universitaires a atteint 8,34 millions, un chiffre record par rapport à l’année dernière. Nous devons assurer qu’il n’y ait aucune famille dont tous les membres sont au chômage … », a-t-il laissé entendre. Pour lui, il faut promouvoir l’innovation, encourager la création d’entreprises en utilisant judicieusement la plateforme publique d’entrepreneuriat. En 2019, a indiqué Li Keqiang, 11 millions de nouveaux postes seront créés dans les zones urbaines. Sur le plan économique, le conférencier a soutenu que son pays mettra tout en œuvre pour maintenir la stabilité.

« Quelle que soit la nouvelle situation, nous nous baserons sur celle actuelle en tenant compte du développement à long terme pour maintenir la stabilité économique de la Chine. L’économie chinoise sera toujours un point d’ancrage crucial pour l’équilibre de l’économie internationale », a argué M. Li. A l’entendre, il faut stimuler la vitalité du marché chinois qui compte actuellement 100 millions d’acteurs. Cela passe par des mesures telles que la réduction des taxes et des frais et l’allègement des démarches administratives. L’année dernière, a-t-il relevé, la Chine a atteint un taux de croissance de 6,6%, avec un PIB de 90 000 milliards de yuans. « Nous n’avons pas réalisé ce résultat facilement, du fait de la réforme structurelle du côté de l’offre et de la poussée du protectionnisme international. Sur cette base, le taux de croissance espéré pour 2019 se situe entre 6 et 6,5% », a informé Li Keqiang.

Sur le plan social, le Premier ministre a souligné la nécessité d’innover pour répondre efficacement aux besoins des masses en mettant l’accent sur le rôle que devront jouer tous les secteurs de la société et sur le soutien des autorités publiques aux personnes du 3e âge. « Nous pouvons également réduire les charges concernant l’eau et l’électricité, et appliquer une déduction, voire une exemption de taxes », a dit Li Keqiang. Lors de la clôture des travaux de la CCPPC, intervenue plus tôt le 13 mars, les conseillers politiques ont, entre autres, voté un projet de résolution sur le rapport d’activités du comité permanent de l’organe consultatif et un autre sur l’examen des propositions. Sur la même lancée, un projet de résolution politique a également été plébiscité.

Karim BADOLO
(Depuis Pékin, en Chine)

Programme d’appui à la décentralisation : 30 collectivités prises en compte dans la 2e phase

Le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale (MATDC) et la Coopération suisse ont lancé la deuxième phase du programme d’appui à la Décentralisation et à la participation citoyenne (DEPAC 2), le 14 mars 2019, à Ouagadougou.

La phase 2 du programme d’appui à la Décentralisation et à la participation citoyenne (DEPAC 2) a démarré, depuis le 1er mars 2018. Il a été officiellement lancé, le 14 mars 2019 à Ouagadougou par le minis-tère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale (MATDC) et la Coopération suisse. Il est financé à environ 11,6 milliards F CFA et concerne 30 collectivités de quatre régions que sont l’Est, le Centre-Ouest, le Nord et le Sahel. Pour cette deuxième phase, un accent particulier sera mis sur certains aspects. Il s’agit de la prise en compte systématique de la jeunesse à travers des appuis spécifiques aux organisations de jeunesse, la gestion sensible aux conflits, l’entretien et la maintenance des infrastructures et la promotion du partenariat public-privé comme gage d’un développement économique durable. Par ailleurs, le programme accorde une place de choix à la question des ressources extractives. Car, selon les porteurs du DEPAC 2, la contribution des mines au développement des collectivités demeure très faible tandis que ce secteur constitue dans certains cas, des menaces pour l’environnement, la sécurité, l’accès à l’eau et à l’éducation.

Prévu pour se dérouler jusqu’au 28 février 2022, le DEPAC 2 vise quelques résultats clés. Il s’agit essentiellement de l’augmentation des recettes propres des collectivités territoriales à travers les impôts, taxes et d’une culture du civisme fiscal. Cette augmentation, précise le programme, est estimée à 50% pour les communes rurales et 25% pour les communes urbaines. En outre, il est attendu un accroissement d’au moins 15% des revenus des acteurs économiques en lien avec les investis-sements. «La 2e phase du DEPAC matérialise la contribution de la Suisse à la mise en œuvre du cycle 3 de la décentralisation au Burkina Faso, lancée en 2018», a dit la représentante de la direction du bureau de la Coopération suisse, Alice Thonanu.

Des acquis de la première phase

Et pour le Secrétaire général (SG) du MATDC, Pierre Bicaba, cet appui tombe à point nommé parce qu’il contribuera à rendre les régions et les communes en mesure de fournir de meilleurs services publics en améliorant l’accès équitable aux services sociaux de base pour les populations cibles. «La décentralisation est une réponse donnée par les autorités locales aux attentes des populations qui souhaitent plus de services de base», a soutenu M. Bicaba. Il a fait comprendre que l’année 2019 marque la phase d’amorçage d’un troisième cycle de la décentralisation. Un cycle qui se matérialise par l’adoption d’un nouveau référentiel avec de nombreux défis. Ces défis, a-t-il dit, sont, entre autres, la néces-sité de placer les collectivités territoriales au cœur de la décentralisation, de renforcer leur autonomie financière, de leur assurer l’effectivité du transfert des ressources financières dans tous les domaines de compétences transférées et de rendre total et efficace, l’exercice de la maîtrise d’ouvrage local par ces mêmes collectivités territoriales. C’est pourquoi, il fonde l’espoir que la phase 2 soit une réussite. A ce propos, la représentante du bureau de la Coopération suisse n’a aucun doute. Car, de son avis, la première phase du programme DEPAC a permis d’engranger des acquis notoires dans les 29 collectivités couvertes.

Pour preuve, elle a cité le développement d’une culture de la redevabilité dans la gestion des affaires locales, grâce à une plus grande sensibilité et à une participation active de la société civile et des radios locales. Elle a évoqué également l’amélioration des services socioéconomiques de base avec la réalisation de près de 700 infrastructures éducatives, sanitaires, la capacité de désenclavement de nombreuses populations grâce à la réalisation et à l’entretien par la méthodologie Haute intensité de main d’œuvre (HIMO). «La Suisse s’est engagée aux côtés du Burkina Faso dans le processus de la décentralisation depuis son inscription dans la Constitution burkinabè en 1991. Le DEPAC est le fruit de trois décennies d’expertise et de coopération entre les deux pays», a rappelé Mme Thonanu.

Gaspard BAYALA

Procès du putsch : des témoins à décharge de deux accusés

A la barre du tribunal militaire de Ouagadougou, le vendredi 15 mars 2019, six personnes citées par deux accusés, le sergent Nobila Sawadogo et le sergent-chef Médard Boué, ont témoigné sur le calendrier de ces derniers aux premiers moments du putsch de 2015.

Au titre des témoignages à la barre du tribunal militaire de Ouagadougou, on retiendra pour l’audience du vendredi 15 mars 2019, l’entrée en scène des témoins cités par des accusés.

Pour convaincre le tribunal qu’il n’était ni du commando qui a pris les autorités en otage, ni des éléments qui, après cela, sont allés chercher le général Gilbert Diendéré chez lui, le sergent Nobila Sawadogo a fait venir son cousin, Konsaamyouré Sawadogo dit Salam, 62 ans. Admis, en raison du lien de parenté avec l’accusé, à ne pas prêter serment, Salam a relaté que le 16 septembre 2015, son cousin est venu chez lui entre 10h et 12h pour des échanges au sujet des préparatifs de funérailles devant se tenir dans leur village. A la fin de l’entrevue, l’accusé aurait fait part au témoin de son besoin de fournitures scolaires au profit d’élèves au village. Le témoin lui a alors recommandé dame Rufine Sawadogo qui en vend au secteur n°21 de Ouagadougou et dont le mari est de la même localité que Nobila Sawadogo. Citée également comme témoin, l’employée de commerce qui appelle le sergent Nobila son « mari », a confié avoir reçu le prévenu à son lieu de travail. « Il est arrivé vers 12 h et on s’est séparé vers 15 h après que je suis allée au Dix-yaar chercher un complément de fournitures pour lui. Il y a ajouté des pneus et m’a dit qu’il allait de ce pas expédier le tout au village », a ajouté dame Sawadogo.

Témoin et « supporter »

Mais pour le parquet, le témoignage de Rufine est à prendre avec des pincettes car, elle n’intervient qu’en supporter de son « mari ». Les deux témoins ont indiqué n’avoir pas connu le programme de Nobila après leur rencontre, sauf Salam qui a dit avoir appris plus tard que son cousin était dans l’escorte du général Diendéré. Le troisième témoin à la décharge de Nobila Sawadogo est le sergent Jean Yonli. Selon son récit, le 16 septembre 2015, pendant qu’il était à son poste, il a reçu vers 15h un appel de son collègue à qui il a répercuté une instruction donnée par le major Badiel à des militaires de l’ex-RSP, à savoir dire à tout élément du corps qui appellerait de rejoindre la présidence du Faso. Sur ce, a ajouté le sous-officier, son collègue l’a rejoint à 17h. Aux questions du parquet et de la partie civile de savoir pourquoi il a transmis des instructions dont il n’était pas destinataire, le témoin a argué que Nobila pourrait lui en vouloir s’il ne le faisait pas et que du reste, en tant que militaire, quand il y a un problème, il faut se rendre à son corps. Me Pierre Yanogo de la partie civile s’est montré intrigué par les deux heures mises par le sergent Sawadogo pour arriver à Kosyam. Quant à son confrère, Me Ali Neya, il est resté dubitatif sur l’heure d’arrivée du sergent Nobila à Kosyam.

« Sur quoi vous fondez-vous pour dire qu’il est venu précisément à 17 h ?», a questionné l’avocat. «J’ai regardé mon téléphone. Il était 17h mais je ne me rappelle pas les minutes », a lâché le témoin. De ces trois témoignages et de la rectification apportée par le sergent-chef Moussa Nébié et le caporal Sami Da, le conseil du sergent Nobila Sawadogo, Me Flore Toé, a conclu que son client n’a pris part ni à l’assaut sur le Conseil des ministres ni à l’expédition qui a conduit le général Diendéré à Kosyam.
Après Nobila, c’est le sergent-chef Médard Boué qui a voulu se faire décharger avec le témoignage de trois personnes également.

L’adjudant-chef major Issouf Guiré (gendarme), a témoigné avoir conseillé Boué, le 17 septembre 2015 de ne pas se mêler des événements alors en cours à la demande de sa collègue. « Le 22 septembre, quand il a pu s’échapper du camp Naba Koom II, il est venu de lui-même dans notre service, l’Etat-major de la 3e région de gendarmerie, vers 12h. Puis, il a continué au Groupement central des armées (GCA) se faire enregistrer comme le demandait l’Etat-major général des armées », a dévoilé le major. Invité à apporter des précisions, l’accusé Boué révèlera qu’il pouvait se soustraire aux faits du putsch le 20 septembre, avant 13 heures. « J’ai tenté d’amener des jeunes avec moi. Ils ont refusé et en ont informé le major Eloi Badiel. Dès lors on me marquait à la culotte», a détaillé le sergent-chef Boué.

Descente musclée chez Boué

Un autre témoin, le capitaine Moussa Moïse Wend-penga Kaboré, aide-de-camp du président sénégalais Macky Sall pendant son séjour à Ouagadougou, signalera la présence de Boué parmi les éléments de la sécurité rapprochée du visiteur. Quant à Arsène Bouyo, petit-frère du sergent-chef Médard, il a relaté au tribunal qu’il a passé toute la journée du 16 septembre 2015 avec son frère à la maison. « Vers 16h, mon frère a reçu un appel de son épouse l’alertant de ce qui se passait à la présidence du Faso. Un second appel vint, celui d’un de ses chefs qui lui aurait dit de ne pas se foutre de lui … Le lendemain 17, il est allé au ser-vice à 7h, me chargeant d’évacuer sa femme et ses enfants en belle-famille. Il est revenu vers 12h pour ressortir à 15h. A son retour le soir, il m’a informé qu’il est désigné pour la sécurité du président sénégalais qui venait à Ouagadougou », a fait savoir l’étudiant de 24 ans. A ses dires, Boué est sorti très tôt le 18 septembre et il ne l’a revu que le 20 septembre après 21h.

Le 21 septembre, le prévenu serait encore sorti, chargeant son frère cadet de tout déménager. C’est dans l’attente d’un camion à cet effet que Arsène Bouyo a reçu la visite de cinq éléments de l’ex-RSP, « hyper menaçants » et « très furieux », recherchant leur frère d’arme qualifié de « faux-type et de traitre ». Au regard des trois témoignages, le conseil de sergent-chef Boué, Me Babou Bama, a déclaré que son client est une mouche prise dans une toile.

« Il n’a rien fait sauf le fait d’assurer la sécurité de Macky Sall et tout mettre en œuvre pour s’extirper par la suite», s’est convaincu l’avocat. A noter que trois témoins ne se sont pas présentés à l’audience, le colonel-major Ernest Yelemou et le capitaine Stéphane Sessouma pour raison de stage et le colonel-major Honoré Nombré, malade.
Sur accord de toutes les parties, le tribunal a décidé de passer outre leurs témoignages pour la poursuite des débats ce lundi 18 mars à partir de 9h.

Jean Philibert SOME

Une polémique utile

Le résultat est palpable. L’image du chef d’état-major général des armées, le général de brigade, Moïse Miningou, regardant sa montre, le 31 janvier dernier, à son installation, comme pour signifier qu’il a hâte d’en découdre avec les forces du mal, prend tout son sens. Quelques semaines après, en effet, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont signalé leur présence au Nord dans les localités de Kain-Ouro, Bahn et Bomboro, par la «neutralisation de 146 terroristes». Les 19 et 20 février, une première opération de sécurisation à l’Est a mis hors d’état de nuire 29 terroristes et permis la saisie de nombreux matériels de guerre. Le fait récent le plus marquant est la supposée arrestation, la semaine dernière, du chef terroriste de l’Est lors de l’opération «Otapuanu» (foudre en français), information à confirmer par la hiérarchie militaire. Du nom de Oumarou Diallo, alias Diaw Oumarou, ce dernier aurait été arrêté alors qu’il tentait de franchir la frontière togolaise. Mais au-delà de son arrestation, un aspect a certainement retenu l’attention de plus d’un Burkinabè : l’homme serait originaire de la commune de Matiacoali, à une centaine de kilomètres à l’Est de Fada N’Gourma. Alors, tout comme Ibrahim Malam Dicko, tué en fin avril 2018 lors d’une manœuvre conjointe FDS-Barkhane, ce chef terroriste qui sème la terreur dans le Gulmu depuis quelques mois est aussi un Burkinabè.

Un autre compatriote qui se retourne contre ses frères sans état d’âme, sommes-nous tentés d’affirmer. Ce détail, loin d’être anodin, révèle encore une fois, la complexité de la lutte car, nul besoin d’aller dans une école de guerre pour savoir qu’il est difficile de combattre l’ennemi sur un terrain qu’il maîtrise mieux que soi. Par ailleurs, cette promiscuité entre terroristes et populations, en plus de ne pas faciliter la tâche aux FDS, peut être source de polémiques et d’incompréhensions, parce que dans certaines conditions, il est parfois difficile de faire la part entre l’ivraie et le bon grain. Autrement dit, comment atteindre la cible sans toucher ses ramifications nichées au sein de la population ? C’est d’ailleurs ce qui est à la base de la récente polémique, causée par un rapport d’enquête du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) sur la «neutralisation des 146 terroristes» évoquée plus haut.

Ce qui a amené l’Etat burkinabè à réagir. Le MBDHP a estimé qu’il y a eu des exécutions sommaires et extrajudiciaires d’innocentes personnes. Constat à propos duquel l’exécutif a émis des réserves, en attendant les résultats de l’enquête ouverte à cet effet. Cette polémique, bien que ne pouvant pas briser l’élan amorcé par nos FDS, n’est pas négative sur tous les plans. Elle est, dans une certaine mesure, la preuve d’une vitalité démocratique au Burkina Faso et d’une liberté d’expression. Sous d’autres cieux, il n’est pas question de telles investigations, à plus forte raison les résultats portés à la connaissance de l’opinion. Cette controverse a aussi le mérite d’alerter sur les possibilités de dérapages dans un combat auquel les soldats burkinabè n’étaient pas assez préparés. Ils vont apprendre à réagir en fonction des nouvelles menaces au fil du temps. Il nous paraît important que chacun joue son rôle afin qu’on évite, comme le dit l’adage, de «se battre quand la pluie nous bat déjà».

Les populations doivent surtout continuer à coopérer franchement avec les FDS. L’espoir de venir à bout de l’hydre terroriste est permis. Ce, d’autant plus que nous sommes persuadés que nous circulons, mangeons et dormons avec notre adversaire. Il ne reste qu’à continuer à garantir la protection des patriotes qui osent dénoncer dans l’intérêt supérieur de la nation.

Par Mahamadi TIEGNA

Accès à l’eau dans la région du Centre-Sud : les barrages de Guidissi et de Ipelcé dans six mois

Le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Ambroise Niouga Ouédraogo a lancé officiellement, le jeudi 14 mars 2019, les travaux de construction des barrages de Guidissi dans la commune rurale de Doulougou et de la commune rurale de Iplecé, dans la région du Centre-Sud.

Le rêve des populations de Guidissi dans la commune rurale de Doulougou et celles de la commune rurale de Ipelcé de disposer d’un barrage est en passe de devenir une réalité. En effet, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Ambroise Niouga Ouédraogo a lancé officiellement les travaux de construction de ces barrages, le 14 mars 2019, dans la région du Centre-Sud. Ces ouvrages auront une capacité de retenue d’eau respectivement de 1 300 000 m3 et de 1 200 000 m3. La réalisation de ces infrastructures va coûter près de 2 900 000 000 F CFA soit 1 440 000 000 FCFA pour Guidissi et 1 460 000 000 F CFA pour Ipelcé, financée par le budget de l’Etat pour des délais d’exécution de six mois. D’une longueur de plus de 1000 m avec une hauteur, hors fondation, de 8 m chacun, ces infrastructures sont à la charge du groupement d’entreprises JOC-ER/GESEBB avec pour bureau de contrôle des travaux, les groupements GERTEC/IGIP et le cabinet SERAT. A entendre le représentant du groupement d’entreprises JOC-ER/GESEBB, David Zoungrana, le chantier a déjà démarré pour la réalisation desdits barrages dans les deux localités afin de pouvoir les livrer à bonne date. «La tranchée du barrage de Guidissi est presque terminée.

Le nettoyage des cuvettes et la construction des digues sont déjà réalisés», a-t-il indiqué. Ces ouvrages, a expliqué David Zoungrana, sont à usage multiple, car sur les rives de ces retenues d’eau, le maraîchage en contre-saison, l’irrigation d’appoint, la pisciculture et des activités pastorales seront menés. «Ce sont plus de 80 exploitants qui travailleront sur ces sites. Ce qui va générer des revenus en milieu rural pour les jeunes et les femmes et aussi fixer la main-d’œuvre», a souligné le ministre Ambroise Niouga Ouédraogo. Il a ajouté que la construction de ces barrages va aussi recharger la nappe phréatique des localités pour permettre aux populations d’avoir facilement accès à l’eau quand elles voudront construire des puits. Pour le chef du département de l’Eau et de l’Assainissement, ces retenues d’eau étaient très attendues par les populations, car elles leur avaient été promises depuis plus de quatre décennies. «Et aujourd’hui c’est chose faite», s’est-il enorgueilli.

Des pourvoyeurs d’emplois

Selon lui, les études ont été réactualisées en ce sens que les premières datent de 2003 et 2005. «Nous sommes satisfaits que la promesse du président du Faso, faite lors de sa tournée de campagne se concrétise. Cette action montre l’engagement du gouvernement à développer le pays», a-t-il rappelé. Ambroise Niouga Ouédraogo a toutefois insisté sur le respect des délais des travaux. Il a par ailleurs invité la population à prendre soin de ces joyaux une fois finis pour leur bien-être. Pour le 1er adjoint au maire de la commune rurale de Doulougou, Léonard Compaoré et celui de Ipelcé, Herman Kabré, ces retenues vont offrir des emplois à la jeunesse et aux femmes. Ce qui va contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire. A cet effet, les premiers responsables des communes ont promis mettre en place un comité de
gestion pour assurer la survie des barrages.

Fleur BIBRA
fleurbirba@gmail.com

Vie de la Nation : Roch Marc Christian Kaboré échange avec ses compatriotes du Tchad

Malgré son emploi du temps extrêmement chargé, le président du Faso a sacrifié à l’obligation d’échanger avec ses compatriotes de la diaspora, à l’occasion de ses séjours à l’étranger. Dans la matinée du samedi 16 mars 2019, au pays d’Idriss Deby, il a rencontré la communauté burkinabè vivant au Tchad.

Ils sont estimés à 3000 personnes, exerçant dans divers domaines, dont le secteur informel principalement. On compte aussi des personnels d’expertise, dans le domaine de la médecine, de l’entreprise et de la fonction publique internationale, et des professions libérales. Avec eux, Roch Marc Christian Kaboré a fait le point de la situation nationale, abordant les questions politiques, sociales, sécuritaires… Sur le passage à la cinquième République, la voie référendaire sera le mode d’adoption de la Constitution. Le vote des Burkinabè de l’extérieur sera une réalité en 2020, et les dispositions seront prises pour que les Burkinabè vivant dans la juridiction prennent part aux consultations électorales à venir. Sur le plan économique, le président du Faso a dressé le tableau de la situation, avec une exécution satisfaisante du PNDES, tout en soulignant néanmoins combien les efforts sont plombés, par des revendications sociales tous azimuts, dont les plus handicapantes sont celles des travailleurs du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, qui sont dans une logique de grève qui ne dit pas son nom, autour du fonds commun. Mais, rassure le chef de l’Etat, des solutions ne sauraient manquer. Sur le plan sécuritaire, Roch Marc Christian Kaboré a informé ses compatriotes de la montée en puissance des forces de défense et de sécurité, dans la lutte contre le terrorisme. Pour lui, «nous devons avoir l’initiative. Nous ne devons pas être passifs, mais plutôt offensifs, afin que la peur change de camp». D’ailleurs, affirme-t-il, «au fur et à mesure que la sécurisation va se faire, nous allons procéder à la réouverture des écoles fermées». Après avoir fait son exposé sur la vie de la Nation, Roch Marc Christian Kaboré s’est prêté aux questions, afin de recueillir les préoccupations de ses compatriotes.

On retient, entre autres sujets évoqués, les difficultés liées à la carte de séjour, le besoin d’une maison du Burkina Faso, la nationalité burkinabè pour les couples mixtes, … De l’avis du délégué CSBE, les Burkinabè du Tchad vivent en harmonie. Roch Marc Christian Kaboré les a exhortés à être de vaillants ambassadeurs de l’image de leur pays. «Nous avons bon espoir que nous allons pouvoir relever le défi en matière de développement, en matière de sécurité et en matière de cohésion sociale», a-t-il conclu la séance.

Direction de la communication
de la Présidence du Faso