Lutte contre les violences scolaires

Jasmin Roy Sophie Desmarais, une fondation canadienne de lutte contre les violences scolaires, et la Fédération Mafubo internationale, œuvrant à l’autonomisation financière des femmes, ont présenté aux autorités burkinabè, du 4 au 9 mars 2019 à Ouagadougou, un projet d’aide aux élèves.

Sécuriser le milieu scolaire pour garantir l’autonomisation des femmes est la vision de la Fondation Jasmin Roy et Sophie Desmarais et de la Fédération Mafubo internationale, deux organisations canadiennes, engagées dans la lutte contre les violences faites aux filles dans le cadre d’études. Les géniteurs de ces organisations, Jasmin Roy et Dr Hon Monique Mujawamariya, ont séjourné à Ouagadougou, au cours du mois de mars dédié aux droits des femmes, pour présenter leur projet aux autorités burkinabè. A cet effet, ils ont rencontré les ministres en charge de l’éducation nationale, et celle de la femme ainsi que les présidents des commissions parlementaires, des institutions onusiennes et des ONG. Les visiteurs ont expliqué que leur démarche consiste non seulement à s’allier aux acteurs déjà présents sur le terrain mais aussi à explorer d’autres voies après des recherches approfondies.

Il s’agit pour eux de mieux sensibiliser et impacter les traditions et autres agissements qui empêchent la jeune fille de mettre son potentiel au service du développement. M. Roy ayant lui-même déjà subi des violences scolaires durant son enfance, développe, à travers sa fondation, un programme de sensibilisation à l’endroit des élèves et des encadreurs. «Nous accompagnons le milieu scolaire à travers un programme d’aide et de formation des encadreurs  durant deux à trois ans», a-t-il précisé. Des formations au cours desquelles l’équipe d’encadrement apprendra à montrer aux enfants comment gérer leurs émotions et bien communiquer avec les autres dans le respect mutuel. Des aptitudes qui, de l’avis du fondateur Roy, s’acquièrent en classe comme les connaissances en mathématiques et en français. «Nous développons les compétences des enfants et nous apprenons surtout aux garçons à respecter les filles, car les compétences relationnelles s’apprennent également à l’école», a fait savoir Jasmin Roy. A l’issue des visites, les porteurs du projet ont estimé que les échanges ont été fructueux. «Sur le terrain, les acteurs étaient déjà préparés étant sans cesse à la recherche de solutions aux problèmes des filles à l’école», s’est réjoui M. Roy.

«Mafubo», un acteur-clé au Burkina

La Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais est venue au Burkina à la demande de la Fédération «Mafubo» internationale qui œuvre pour l’autonomisation financière de la femme. C’est au cours d’un colloque mondial sur les violences à l’école et les politiques publiques organisées au Québec, du 25 au 27 avril 2018, que Roy a rencontré deux chercheures africaines, dont une Burkinabè. Ayant été touché par la problématique des violences scolaires en Afrique, surtout l’exclusion scolaire et les violences sexuelles, il a décidé d’y intervenir. «Je ne connaissais pas l’Afrique, mais quelqu’un m’avait recommandé Dr Hon Monique Mujawamariya comme guide. Sa fédération est implantée dans 27 pays en Afrique et 45 sur les cinq continents», a relaté Jasmin Roy.
C’est ainsi que Roy et Mujawamariya se sont retrouvés quelques mois plus tard et ont décidé de faire chemin ensemble.

Mariam Ouedraogo
mesmira14@gmail.com

Bourse régionale des valeurs mobilières

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La Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso a organisé le 7 mars 2019 à Koudougou une conférence consulaire à l’intention des membres de la délégation consulaire régionale du Centre-Ouest. Cette conférence placée sous la présidence du directeur général de la Chambre de Commerce, Issaka Kargougou, avait pour thème : Le marché financier régional de l’UEMOA, l’investissement en bourse et le financement par le marché.

La conférence organisée à Koudougou avait pour objectif de développer des sujets qui intéressent le monde des affaires et particulièrement celui de la délégation consulaire du Centre-Ouest. Pour la conférence de Koudougou, le thème spécifique a porté sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Après avoir développé des sujets très importants dont celui portant sur la loi de finance 2019 et les implications fiscales pour le secteur privé, la Chambre de commerce, très soucieuse du bien-être des acteurs du secteur, a entamé un autre sujet sous forme de conférence à l’intérieur des régions. Et cette deuxième conférence organisée à Koudougou, a porté sur le marché financier régional. Un marché qui, selon le directeur général, offre des perspectives très intéressantes de mobilisation de ressources pour le financement des entreprises, mais aussi des perspectives très intéressantes en matière de profit lorsqu’on est investisseur ou toute personne qui cherche simplement à tirer profit des possibilités de placements.

Aussi, la direction générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso a estimé que cette conférence  permettra d’informer les opérateurs économiques de la région du Centre-Ouest ce que c’est que le marché financier régional a travers la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) qui possède plusieurs compartiments. La communication faite à l’intention des opérateurs économiques de la région du Centre-Ouest avait trois grands points ; le premier point était intitulé : qu’est-ce que la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM); le deuxième point : comment investir à la bourse régionale des valeurs mobilières et enfin la troisième partie a traité de comment mobiliser les capitaux sur le marché financier régional. La conférence a suscité une grande mobilisation des opérateurs économiques de la région. Au demeurant, a indiqué Issaka Kargougou, même de grands opérateurs économiques pensent que c’est simplement les grandes sociétés comme l’ONATEL, la BOA ou CORIS BANK, etc., qui peuvent être cotées à la BRVM. Pourtant dit-il, il existe aussi un compartiment pour tout les acteurs du commerce. Bien organisés, les acteurs de moyennes ou petites envergures peuvent décider de lever directement des ressources des actions ou en émettant des obligations et ils pourront récolter des ressources à des coûts très intéressants. Une opportunité qui peut permettre à chaque acteur de mener à bien ses activités. Et selon le directeur général de la Chambre de commerce, pour le faire, il ya naturellement un certain nombre de conditions qu’il faut réunir.

Tout acteur de l’économie peut souscrire à des actions à la BRVM.

C’est ce qui justifie l’organisation de la conférence qui, de toute évidence, a permis de connaître ces conditions préalables à la cotation en bourse. Le deuxième point en ce qui concerne les possibilités de réaliser de profits concerne un certain nombre d’entreprises cotées au niveau du Burkina et dans la sous-région et qui offrent des retours sur financement très intéressant des dividendes, et la CCI-BF encourage tous les Burkinabès à s’investir dans la bourse parce qu’il s’agit aussi de la question de l’inclusion financière. Il ne faudrait donc pas qu’on pense que la bourse n’est ouverte qu’aux riches, a rappelé le directeur général de la CCI-BF. Même avec 100 000 FCFA, un commerçant peut décider d’acheter des actions ou d’acheter des obligations en bourses car elles ont des rendements intéressants. C’est là un des points les plus importants de la conférence car si cela est bien compris, des commerçants pourront tirer profit de cette conférence de Koudougou pour davantage créer plus de richesses pour les opérateurs économiques, s’est réjoui le directeur général de l’institution.  Et là-dessus, Issaka Kargougou précise que c’est du concret car un opérateur économique qui prend son argent, il a la possibilité d’aller acheter des marchandises et vendre comme il a aussi une possibilité d’aller placer cet argent en banque, et une troisième possibilité qui est d’aller placer cet argent à la bourse en achetant des actions ou des obligations.

Pour ce qui concerne les entreprises, elles peuvent décider d’aller faire leur placement dans les titres de ces sociétés cotées en bourses telles que l’ONATEL, la BOA, CORIS BANK etc., et chaque année il ya des dividendes que l’on vous verse qui est de l’argent frais. Le souhait de la Chambre de commerce, en organisant cette conférence à Koudougou, est que cette activité de marché financier sous régional intéresse l’ensemble des Burkinabè et particulièrement les opérateurs de Koudougou. A noter qu’au niveau régional, c’est M. Malos François Yaméogo, secrétaire de la délégation consulaire régionale du Centre-Ouest qui a représenté le président de la délégation régionale et a traduit toute la satisfaction des opérateurs économiques de la région au directeur général de la CCI-BF.

François KABORE

Procès du putsch:les confidences de Chériff Sy

Le ministre d’Etat, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Moumina Chériff Sy a comparu, le mercredi 13 mars 2019, à la barre du Tribunal militaire, en qualité de témoin. L’ancien président du Conseil national de la Transition (CNT), symbole de la résistance contre le coup d’Etat de septembre 2015, a livré sa version des faits.

Tout de blanc vêtu, l’ancien président du Conseil national de la Transition (CNT), Chériff Sy a «déposé» ce qu’il a vu, entendu et fait les 16 septembre 2015 et jours suivants. Prévenu de l’arrestation des autorités, il a joint le Chef d’état-major général des armées (CEMGA) d’alors, le Gal Pingrenoma Zagré, sans succès. Puis, Mgr Paul Yemboado Ouédraogo, déjà en route pour la capitale, pour l’en informer. Ensuite, M. Sy a rappelé le Gal Zagré qui lui a fait savoir qu’il avait contacté Mgr et le président Jean Baptiste Ouédraogo, pour régler la situation. «J’ai dit qu’il n’y avait rien à régler, car c’était un coup d’Etat», a-t-il indiqué. Et Moumina Chériff Sy d’ajouter : «Nous avons commencé à nous organiser pour nous opposer à cette forfaiture». Il dit avoir d’abord élaboré une déclaration qu’il n’a pas pu livrer à la presse, du fait que des véhicules de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) se dirigeaient vers le CNT.

Aussi, des appels ont été lancés aux jeunes, notamment officiers, à travers la radio dite de la résistance. Le président du Parlement sous la Transition a précisé, à la demande du parquet, que la 108.0 FM a été mise en place par des activistes de la société civile, pour diffuser leurs messages. «L’émetteur de Savane Fm était piraté sans qu’elle-même ne sache», a souligné le témoin. A sa destruction, une deuxième station, utilisant la même fréquence, a été mise en place pour poursuivre la résistance. «Je n’étais ni l’artisan, ni le concepteur de quoi que ce soit. Ce serait une fausseté historique de penser que cette résistance est mon œuvre à moi seul. Chacun a développé des stratégies pour résister», a déclaré celui qui a prétendu être le président du Faso par intérim, après l’enlèvement de Michel Kafando. Interrogé sur les responsabilités politiques et militaires du putsch, l’ancien président du CNT a mis en cause certains partis politiques dont l’ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) ou leurs responsables. Il a cité, d’après ses informations, un activisme de Léonce Koné, Achille Tapsoba, René Emile Kaboré et le capitaine Abdoulaye Dao, qui auraient rencontré des acteurs politiques à la ZAD et à la Cité an III. Les co-accusés M. Koné et le capitaine Dao se sont inscrits en faux. «Les propos du ministre sont pour l’essentiel des rumeurs», a rétorqué Me Mathieu Somé, de la défense.

Entrevue avec Soro

Chériff Sy a révélé sa rencontre avec l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, en France, à l’occasion d’une réunion des Parlements francophones. Assis à sa droite, M. Soro aurait été le 1er à lui adresser la parole, après une trentaine de minutes de silence, pour lui demander une entrevue. A la fin de la rencontre, les deux hommes se sont brièvement entretenus. «Il (Soro) a dit qu’il m’avait envoyé son chargé de communication mais que je refusais de discuter. J’ai dit : discuter de quoi ? Il a parlé du contenu de la conversation téléphonique (avec Djibrill Bassolé, NDLR). Il m’a dit qu’au moment où il tenait ses propos (régler le cas de Salif Diallo et un Sy, NDLR), il ne me connaissait pas. Il a dit qu’il souhaitait en parler. Et je lui ai répondu que si vous voulez en parler, je serai heureux de vous accueillir au Burkina Faso», a expliqué Chériff Sy. Côté militaire, le témoin a dit n’avoir pas été surpris par le coup d’Etat. Au cours de son audition pour la désignation du président de la Transition en novembre 2014, celui-ci avait déjà attiré l’attention des uns et des autres. «J’ai dit lors de cette audition que la Transition n’arriverait pas à son terme si le RSP n’était pas dissous. Car, d’un moment à l’autre, il passerait à l’action», a dit le ministre en charge de la défense. «D’où vous vient cette idée ?», s’est interrogé Me Prosper Farama, de la partie civile. Outre l’exil et la torture qu’il dit avoir connus du fait de l’ex-RSP, le journaliste a confié qu’il doutait fort que des gens qui ont géré le pouvoir pendant 27 ans, puissent le perdre sans réagir. L’homme de droit est aussi revenu sur l’adoption de la loi sur le statut du personnel des Forces armées nationales qui a propulsé le lieutenant-colonel Yacouba Zida au grade de général de division.

La loi militaire à polémique

Après que le gouvernement ait apporté le projet de loi au Parlement, la Commission des affaires institutionnelles a auditionné tous les acteurs concernés par la loi dont la hiérarchie militaire. «J’ai été le seul à appeler les gens pour leur dire de faire attention à cette loi. Il y avait des points qui me posaient problème. J’ai appelé le président Kafando pour lui dire de faire retirer la loi. Ce qui a été fait», a déclaré l’ancien président du CNT. Ensuite, il s’est entretenu avec Michel Kafando qui lui a dit que les chefs militaires seront avisés. «La loi est revenue. Après l’adoption et la nomination de Zida, elle est revenue, de nouveau, à l’Assemblée pour être remise à sa posture originelle. Je l’ai mise à la poubelle», a soutenu le témoin. Au cours de son audition, le général Diendéré a affirmé qu’avant l’adoption de ladite loi en plénière, l’on aurait envoyé un message à Chériff Sy. «Je doute fort qu’on puisse venir glisser un bout de papier à qui que ce soit. Diendéré a dit cela pour détendre l’atmosphère», a-t-il fait savoir.

Les esprits se sont quelque peu surchauffés dans l’après-midi entre le témoin et les avocats de la défense, Me Dieudonné Bonkoungou, notamment. L’avocat a souhaité avoir des précisions sur la manière par laquelle Chériff Sy a pris contact avec la «radio de la résistance» ainsi que la date à laquelle il a eu accès aux écoutes téléphoniques. «Comment avez-vous été informé de la possibilité de communiquer par le canal de la radio pirate ?», a interrogé l’avocat. «Je ne comprends pas maître … Qui vous dit que ce n’est pas moi ? Je n’ai pas communiqué sur une radio pirate, mais clandestine. J’ai appris qu’une radio émettait sur internet, puis sur les fréquences normales, qu’elle cherchait à entrer en contact avec moi et moi avec elle», finit par lâcher le témoin. «Mais comment ?», a insisté l’avocat. «On utilise des téléphones, on s’appelle… Ce n’est pas un manque de respect à Me ou au tribunal. Si la réponse ne satisfait pas, je suis désolé», a rétorqué Chériff Sy. Telle était la nature des échanges entre l’avocat et le témoin, si bien que le président du tribunal est parfois intervenu pour amener le témoin à répondre aux questions. «Il semble que c’est vous et Sanfo Younoussa qui ont créé la radio. Le confirmez-vous ?», finit par lâcher l’avocat. Le témoin a déclaré ne pas connaître le monsieur en question. Me Bonkoungou s’est résigné «pour éviter un parjure au témoin». L’avocat a fait cas également de contradictions dans les déclarations de l’accusé sur la position de la hiérarchie militaire. Le ton est monté et le président du tribunal a décidé d’une pause de quelques minutes.

A la reprise, le témoin a été prié de préciser la date à laquelle il a eu accès aux bandes sonores des écoutes téléphoniques incriminant le général Djibrill Bassolé. Chériff Sy a dit ne pas se souvenir de la date mais a déclaré les avoir eues sur internet et par whatsapp. Faux, selon l’avocat. A la date où le témoin en fait cas (octobre 2015) les éléments n’étaient pas encore sur la toile.
Le témoin le laissera libre de «ses convictions». Ces derniers échanges ont mis fin à l’audition du témoin qui a été autorisé à retourner à ses occupations.

Djakaridia SIRIBIE
Fabé Mamadou OUATTARA

La vitrine de l’intégration régionale flotte sur le fleuve Chari

Le président tchadien, Idriss Deby Itno, a procédé à l’ouverture solennelle du Salon africain de l’agriculture (SAFAGRI), initié par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le mardi 12 mars 2019 à N’Djamena. Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles du Burkina Faso, Salifou OUEDRAOGO, par ailleurs ministre coordonnateur du CILSS, participe à cette vitrine des potentialités agricoles du continent, présentées comme le socle du développement économique de l’espace communautaire et de l’intégration africaine.

Le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) tient le premier Salon africain de l’agriculture (SAFAGRI), du 12 au 15 mars 2019 à N’Djamena au Tchad. A l’ouverture de «cette plateforme d’échange et de partage», le président tchadien, Idriss DEBY ITNO a indiqué que la tenue de ce Salon ouvrait des perspectives aux Etats africains pour le développement des marchés des produits agricoles. Il a souligné l’adéquation du thème «La transformation des chaînes de valeurs agricoles en Afrique face aux défis économiques, climatiques et sécuritaires», avec les grandes ambitions du continent. Pour M. DEBY ITNO, les politiques de transformation des chaînes de valeur agricoles constituent la meilleure réponse aux challenges actuels. Le SAFAGRI, de son avis, procède de la volonté des dirigeants africains et de leurs partenaires à mutualiser leurs énergies pour le développement du commerce intra-africain des produits agro-sylvo-pastoraux, halieutiques et fauniques. Le chef de l’Etat tchadien a appelé les différents acteurs à assumer «leur rôle de catalyseur pour inverser la courbe de notre vulnérabilité». Il a exhorté le secteur privé à jouer sa partition pour la transformation structurelle des économies agricoles.
Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles du Burkina Faso, Salifou OUEDRAOGO, par ailleurs ministre coordonnateur du CILSS a relevé la nécessité de formuler des politiques agricoles adéquates et porteuses de valeurs réelles. Pour lui, elles demeurent une condition essentielle de la valorisation des potentialités agricoles du continent. «L’Afrique a le potentiel d’accroître la valeur de son rendement agricole annuel de 280 milliards de dollars en 2010 à 500 milliards de dollars d’ici à 2020», a mentionné le ministre Salifou OUEDRAOGO. Dans le même registre, le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki MAHAMAT, a évoqué le défi de la valorisation des atouts du continent, riche de 600 millions d’hectares de terres arables non cultivées, de la diversité de son écosystème et de la jeunesse de sa population. Le diplomate panafricain a préconisé l’accroissement des investissements agricoles afin de promouvoir l’emploi des jeunes et de priver les groupes armés de base d’enrôlement. Un combat mené depuis de longues années par l’Union africaine avec l’adoption en 2003 du Plan détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique, encourageant les Etats à consacrer au moins 10% de leur budget au secteur agricole. Le président MAHAMAT a aussi énuméré, dans l’arsenal stratégique de l’UA, la Déclaration de Malabo de 2014 par laquelle les leaders africains se sont engagés, entre autres, à éliminer la faim d’ici à 2025, à réduire de moitié la pauvreté à la même échéance grâce à une transformation inclusive de l’agriculture et à stimuler le commerce intra-africain des produits et services agricoles. «Ces objectifs sont à notre portée», a dit, tout optimiste, M. MAHAMAT. Il a aussi annoncé que l’évènement de N’Djamena tombait à pic, en prélude à la mise en route prochaine des accords de libres échanges africains. «Le SAFAGRI marque un tournant décisif dans le développement des filières agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques», a soutenu la ministre tchadienne de la Production, de l’Irrigation et des Equipements agricoles, Mme Lydie BEASSEMDA. Quatre jours durant, des participants venus d’une quarantaine de pays animeront des stands d’exposition, des rencontres «B to B» et des ateliers thématiques. La délégation burkinabè compte des fonctionnaires agricoles et des exposants. D’ores et déjà, plusieurs voix appellent à la pérennisation de «ces prémices de la transformation de l’agriculture africaine». Le président Idriss DEBY ITNO a souhaité voir l’acronyme «SAFAGRI» intégrer les lexiques dans les autres pays du continent. Le Chari y contribuera.

Roger SANKARA
DCPM / MAAH

Sourire du 14 03 2019

Sourire du 14 03 2019

«146 terroristes neutralisés» à Kaïn-Ourou

Intrigué par le nombre élevé de terroristes que l’armée a dit avoir «neutralisés» dans les départements de Kaïn, Banh et Bomboro, le 4 février 2019, le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) a dépêché dans la zone, une équipe pour des enquêtes. Le rapport de la mission, présenté à la presse le mercredi 13 mars 2019 à Ouagadougou, fait état d’exécutions, d’atteintes à l’intégrité d’habitants des localités concernées et de destruction de biens privés.

Il y a 60 exécutions sommaires et extrajudiciaires parmi les 146 terroristes que l’armée burkinabè a dit, dans un communiqué, avoir «neutralisés» dans les départements de Kaïn, Banh et Bomboro le 4 février 2019. Tel est le principal résultat de l’enquête que le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) a livré le 13 mars 2019 au cours d’une conférence de presse à Ouagadougou.

Nombre de ces victimes, de la communauté peulhe, selon les conférenciers ont été «tirées de leur sommeil» et tuées devant leurs proches. Approchées par les enquêteurs du MBDHP entre février et début mars 2019, les proches des victimes ont nié tout lien entre leurs parents et les terroristes. «Les menaces n’ont pas permis à la mission de prendre le temps de savoir si les 86 autres personnes étaient des terroristes», a précisé le président du MBDHP, Chrisogone Zougmoré. Il a expliqué que les enquêteurs ont ramené près de 200 douilles de balles ramassées à proximité immédiate des domiciles des victimes. Les conférenciers ont signifié qu’il n’y a pas eu de combats au cours desquels l’armée a indiqué avoir tué des terroristes. Le président a martelé que les témoignages recueillis sont accablants sur les modes opératoires des forces de défense et de sécurité.

Et d’ajouter qu’actuellement, la lutte antiterroriste est devenue une source d’insécurité pour les populations des localités en question, en particulier pour les Peulhs qui se disent stigmatisés. Sur ce point, le responsable de l’ONG burkinabè de défense des droits humains a invité l’Etat à rectifier le tir afin de rétablir la confiance entre les populations et les FDS. Il a aussi fait savoir que le ministère de la Défense a été informé des conclusions des enquêteurs et a pris les dispositions pour une ouverture d’investigations judiciaires et administratives. Dans son rapport, le Mouvement a fait un certain nombre de recommandations qui vont de l’assistance aux parents des victimes au traitement judiciaire de la situation en passant par la formation des FDS aux droits de l’Homme et la prise de sanctions disciplinaires contre les militaires qui seraient auteurs des exécutions sommaires.

Jean Philibert SOME

Une centrale thermique de 50 MW en construction

Le Ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, a visité, le mardi 12 mars 2019 à Ouagadougou, le chantier de construction de la centrale thermique de Gounghin, dirigé par l’entreprise Aggreko. Elle permettra d’injecter 50 Mégawatts (MW) dans le réseau électrique pour réduire les délestages en période de canicule.

Bientôt c’est la période de canicule avec son corollaire de délestages intempestifs. Pour réduire la souffrance des populations, le ministère de l’Energie a entrepris plusieurs actions au nombre desquelles, la construction d’une centrale thermique à Gounghin. Ce 12 mars 2019, le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, est allé constater l’état d’avancement des travaux. «Nous avons entrepris d’ajouter 50 MW au niveau du réseau électrique de Gounghin. Je constate que le site est un peu en retard, mais tout a été mis en œuvre pour que certaines équipes travaillent 24h/24 pour rattraper ce retard et faire de telle sorte que le matériel arrive dans quelques jours. Nous sommes plus ou moins satisfaits de la situation», a-t-il expliqué. Selon le chef de projet, Francis Bessong Ayuk, les gros œuvres comme les génies civils sont finis, et les machines sont attendues dans quelques jours pour la construction de la centrale. «Nous ferons de notre mieux pour livrer l’ouvrage avant même le délai, qu’est fin avril», a-t-il soutenu. A entendre le ministre, le matériel utilisé est de bonne qualité. Cela certifie que les constructions et installations seront de meilleure qualité. «De ce fait, le consommateur peut être rassuré que nous allons avoir des produits de qualité et que très bientôt, d’ici le mois d’avril, la centrale va injecter sur le réseau de la SONABEL, une puissance de 50MW», a précisé M. Ouédraogo.

Il a, par ailleurs, rassuré que tout est mis en œuvre pour que la période de chaleur se passe très bien. En plus de cet apport, le gouvernement compte importer à travers l’interconnexion Bolgatanga-Ouagadougou, 150 MW. A cela s’ajoute le projet «dorsal-Nord» d’ici à 2022 qui vise l’interconnexion entre le Burkina Faso et le Nigeria pour un apport de 150 MW. «L’accord de partenariat a été signé le 12 mars 2019» a soutenu Bachir Ismaël Ouédraogo. Il a également cité les IPP solaires avec 25 MW, les projets yeleen de 43 MW, de la Banque islamique de développement (BID) à Kossodo qui devra fournir 50 MW. «Les travaux à ce niveau ont déjà commencé», a-t-il ajouté. L’entreprise KFW va également aider avec 20 MW et le projet de la Banque mondiale avec 30MW et le mécanisme IPP SONABEL-mine, qui compte injecter d’ici à 2020, 200 à 300 MW dans le réseau. Pour lui, l’un dans l’autre, c’est près de 500 MW d’énergie, qui seront ajoutés à la SONABEL et ce qui va «très certainement» réduire les coupures au Burkina Faso.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

Développement du système éducatif Des bailleurs de fonds en prospection

La directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), Alice Albright, a visité, le jeudi 7 mars 2019, l’école primaire de Laye «B» et le lycée Nelson Mandela.

La directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), Alice Albright, était accompagnée, dans sa tournée, de la ministre danoise de la Coopération et du Développement, Ulla Tornaes et le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Pr Stanislas Ouaro. A Laye, dans la province du Kourwéogo, elles ont échangé avec les autorités coutumières, les enseignants, les élèves et les parents d’élèves. Ce fut l’occasion pour la représentante des élèves, Alice Zongo, de remercier les bienfaitrices et plaider pour l’octroi de lampes solaires aux élèves pour leurs études. La directrice de l’école, Angèle Ouédraogo, a exprimé d’autres besoins parmi lesquelles la clôture de l’école, la réhabilitation des deux forages en panne, l’électrification et la construction d’une cuisine équipée.

Pour la directrice générale du PME, Alice Albright, le Burkina Faso est partenaire du PME et bénéficie de fonds pour la mise en œuvre du plan sectoriel de l’éducation (2017-2030), la formation des enseignants et la fourniture de matériel pédagogique. Elle a exprimé sa joie d’avoir pu échanger avec les différents acteurs sur les difficultés du système éducatif et celles qui empêchent les filles de poursuivre leur cursus scolaire. Un sentiment partagé par la ministre danoise de la Coopération et du Développement, Ulla Tornaes, qui a rappelé que l’éducation, et plus spécifiquement, celle des filles occupe une place de choix dans la politique de développement de son pays. Quant au ministre en charge de l’éducation nationale, Pr Stanislas Ouaro, il a indiqué que la visite des deux personnalités consiste pour elles, à s’imprégner des efforts du Burkina Faso en matière de développement du système éducatif burkinabè.

Pour lui, le PME œuvre pour l’atteinte de l’Education pour tous (EPT) d’ici à 2030 et mobilise les fonds pour aider les pays en voie de développement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). «A cette date, nous avons reçu 282 millions de dollars américains, soit plus de 140 milliards de francs CFA», a révélé le ministre Ouaro. Ces fonds, à l’écouter, sont essentiels pour le développement de notre système éducatif. Il a assuré que ses hôtes ont perçu l’engagement du gouvernement sur cette question et vu les efforts en matière de promotion de l’éducation des filles, de lutte contre les pratiques néfastes telles que le mariage des enfants.

Tielmè Innocent KAMBIRE

Centenaire du Burkina Faso: la commémoration dans les régions jusqu’en octobre

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, le Pr Alkassoum Maïga, a clos, le mardi 12 mars 2019 à Ouagadougou, les travaux du colloque sur le centenaire du Burina Faso.

Débuté le samedi 9 mars, les travaux du colloque sur le centenaire du Burkina Faso ont pris fin, le mardi 12 mars 2019 par le discours du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, le Pr Alkassoum Maïga, représentant le Premier ministre. Toutefois, les activités de la commémoration du centenaire se poursuivra jusqu’à la fin octobre 2019 à travers d’autres activités dans les régions, les écoles et universités. A la clôture du colloque, le ministre Maïga a soutenu que l’histoire du Burkina Faso n’a pas été écrite de la façon dont elle devait s’écrire, ce qui a fait que «la seule lecture que nous faisions de nous a été celle des Européens».

Pour lui, la tenue de ce colloque du centenaire du Burkina Faso est une chance, en ce sens qu’elle regroupe des chercheurs du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali et de la France. «Depuis le samedi 9 mars, ils ont planché sur la question de notre parcourt sur ce centenaire. Nous pensons aujourd’hui qu’ils ont des résultats très importants qui doivent être examinés de façon scientifique», a dit le ministre en charge de l’enseignement secondaire. Et la validation scientifique des différentes communications, à son avis, doit être suivie d’une publication. Ce processus, a poursuivi le Pr Alkassoum Maïga, permettra d’avoir une nouvelle écriture «avec de l’objectivité» dans la lecture du parcours de la Haute Volta de 1919 à 2019. A la suite du ministre Maïga, le président de la commission colloque et conférence, le Pr Magloire Somé, a indiqué qu’il faut d’abord décoloniser les concepts. L’histoire africaine, a-t-il dit, a été écrite sous la colonisation par des administrateurs coloniaux amateurs qui utilisaient des concepts dévalorisants de la nationalité africaine.

Il a cité comme exemple le terme «indigène» qu’il a défini par «celui qui est dominé, un homme à tout faire». De ce point de vue, a-t-il poursuivi, ce terme comme bien d’autres doivent être éradiqués du vocabulaire africain et remplacés par de nouveaux concepts valorisant. «L’historien de l’Afrique ne doit pas lire l’histoire de la même manière que l’historien de l’Europe», a ajouté le Pr Somé. Il a suggéré la prise en compte des acquis de la recherche dans l’enseignement de l’histoire au primaire, au secondaire et au supérieur. Et pour les cas spécifiques du primaire et du secondaire, un travail doit être fait, croit-il, pour que «le savoir savant produit dans les universités soit transformé en savoir pédagogique» pour une appropriation de l’histoire par les élèves et écoliers.

Tielmè Innocent
KAMBIRE

MINEFID : attention à l’effet boumerang !

Depuis quelques mois, les services du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), principalement les régies de recettes, fonctionnent au ralenti. Il suffit de se rendre aux différents guichets du Trésor public, aux Guichets uniques du foncier et autres pour en être convaincu. Pour les usagers qui, pour une raison ou une autre, décident de s’acquitter de leur devoir de contribuables, c’est la croix et la bannière. Le prétexte est tout trouvé pour les agents du ministère : «Il n’y pas de connexion». Pourtant, des sources bien introduites, au sein de l’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC) ayant en charge le réseau informatique de l’administration, clament haut et fort qu’il n’en est rien. Le comble c’est que depuis le début de la semaine, une note attribuée aux syndicats des finances circulent sur les réseaux sociaux, faisant état de leur décision de suspendre l’exécution d’une longue liste d’activités à tous les niveaux (services centraux et déconcentrés).

Cela, «vu le mouvement d’humeur entamé par les travailleurs du MINEFID depuis le vote de la Loi de finances initiale 2019 consacrant la suppression du Fonds commun». La note a d’autant plus fait réagir les Burkinabè, que cette prétendue suspension concerne également le traitement des salaires des fonctionnaires pour le mois d’avril prochain. Si telle est l’intention des travailleurs du MINEFID, le mouvement qu’ils envisageraient sera d’une extrême gravité. En effet, s’il venait à être confirmé, les syndicats refusant la paternité de la note, ce serait purement et simplement une asphyxie financière, étant donné que depuis quelques années, le gouvernement a opté de compter d’abord sur les ressources propres du pays pour conduire les actions de développement. A coup sûr, cette mesure, si elle venait à entrer en vigueur, impactera négativement la mobilisation des finances publiques et aura des répercussions sociales.

A l’image d’une personne qui scie la branche sur laquelle elle est assise, cette stratégie risque d’avoir un effet boumerang. En rapport avec les prêts adossés au Fonds commun, l’exécutif ayant demandé aux différentes banques de la place de ne faire aucune ponction sur les salaires pendant le premier semestre de l’année en cours «pour permettre que des dispositions nécessaires soient prises à l’issue des discussions avec les acteurs concernés», il convient d’attendre des propositions de solutions.

Ce d’autant plus que le gouvernement n’ignore pas le caractère spécifique et stratégique des emplois des agents du MINEFID. En s’ouvrant au dialogue, les deux partenaires pourront trouver un terrain d’entente, pour éviter au Burkina Faso, une crise financière qui en rajoutera à la crise sécuritaire. La mise en œuvre des réformes du système de rémunération des travailleurs n’étant pas encore appliquées aux fonctionnaires, il sied que les financiers fassent preuve de patience, car l’exécutif est sur plusieurs fronts. Il faut donner de la chance aux négociations et éviter de s’enfoncer dans le radicalisme, car personne ne gagne. A force d’acculer l’Etat, il finira par se «défendre». Sans oublier le risque que les syndicats du MINEFID courent le risque de ne pas se faire comprendre des Burkinabè. A bon entendeur … !

Jean-Marie TOE