Grève supposée des financiers «Des rumeurs», selon le gouvernement

Le traditionnel conseil des ministres, tenu le mercredi 13 mars 2019 au palais présidentiel de Kosyam, a statué sur plusieurs dossiers, dont les rumeurs annonçant une grève des agents du Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID).

Le gouvernement a démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux, selon lesquelles les travailleurs du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), en particulier ceux des régies de recettes, s’apprêteraient à un boycott des activités. Selon le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, il n’en est rien du tout. «Le gouvernement s’attelle à l’application des mesures prises lors de la conférence nationale sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat. Concernant le fonds commun, le gouvernement a demandé aux différentes banques de la place de ne faire aucune ponction sur les salaires pendant le premier semestre de l’année en cours pour permettre que des dispositions nécessaires soient prises à l’issue des discussions avec les acteurs concernés», a-t-il indiqué. Il a également précisé que l’objectif est de trouver des solutions pour les agents qui avaient des crédits adossés à ce fonds.

S’agissant du mouvement d’humeur qui a paralysé les services de la Police nationale la semaine dernière, le porte-parole du gouvernement a laissé entendre qu’il s’agit d’une incompréhension entre l’Union police nationale (UNAPOL) et l’exécutif. «Nous nous sommes compris», a-t-il confié. Le conseil a également examiné d’autres dossiers. Au ministère de la Justice et des Droits humains, trois projets de lois ont été adoptés. Le premier est relatif au statut des notaires, le deuxième, à l’organisation judiciaire du Burkina Faso et le troisième porte code de procédures pénales. «Après amendement, le conseil a marqué son accord pour que les différents projets de lois soient transmis à l’Assemblée nationale», a fait savoir le ministre Dandjinou. Au titre du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, un décret portant organisation du département a été adopté en vue de prendre en compte ses missions en lien avec la cohésion sociale.

De l’avis du ministre en charge de la communication, une nouvelle direction générale dédiée à la promotion de la cohésion sociale verra le jour dans ce département et aura sous sa coupe, trois directions chargées de la prévention et la gestion des conflits, de la promotion du dialogue social et la lutte contre l’exclusion et de la prévention de l’extrémisme violent. Au titre du ministère de l’Energie, ce sont les résultats d’un appel d’offres relatif à la fourniture, à l’installation et à la mise en service de systèmes solaires photovoltaïques dans les infrastructures sociocommunautaires de l’Etat qui ont été approuvés par le conseil. «Ce projet va permettre à environ 270 écoles primaires dans 224 villages, 98 collèges d’enseignement général (CEG) et 15 lycées, de bénéficier d’électricité.

A cela s’ajoutent des préfectures, des Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) et des commissariats de police, pour un coût global de plus de 7 milliards de francs CFA», a détaillé M. Dandjinou. Le différend qui opposait l’Etat burkinabè au groupe Panafrican minéral a fait l’objet d’une communication orale lors du conseil. «Le conseil a été informé que le 8 mars 2019, la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce international de Paris a rendu sa décision sur l’affaire. La société minière qui réclamait le paiement de plus de 2 milliards de dollars soit 1 000 milliards F CFA par le gouvernement du Burkina Faso au titre de dommages et intérêts pour résiliation de contrat a été déboutée», a expliqué le ministre de la communication.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Du solaire pour des écoles, CSPS, gendarmeries…

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 13 mars 2019, en séance ordinaire, de 09 H 30 mn à 14 H 45 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME
DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE SIX (06) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale :
– un décret portant organisation du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale.

L’adoption de ce décret permet à ce ministère de prendre en charge la dimension «cohésion sociale» dans ses nouvelles attributions et ce, conformément aux dispositions des décrets n°2016-027/PRES/PM/SGG-CM du 18 février 2016 portant organisation-type des départements ministériels et n°2019-0139/PRES/PM/SGG-CM du 18 février 2019 portant attributions des membres du Gouvernement.

I.1.2. Pour le compte du ministère des Affaires étrangères et de la coopération :
– un projet de loi portant autorisation de ratification de la Convention portant création de l’Alliance mondiale des terres arides (GDA), adoptée à Doha, le 15 octobre 2017.
L’Alliance mondiale des terres arides ou Global dry land alliance (GDA) est une plateforme créée à Doha au Qatar en 2015 pour permettre aux Etats membres de mettre en commun leurs efforts de recherches et d’innovations technologiques, en vue de renforcer la sécurité alimentaire dans les pays arides.
La ratification de cette convention permettra à notre pays de promouvoir la gestion durable des ressources naturelles et de faire face aux effets des changements climatiques.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.

I.1.3. Pour le compte du ministère de la Justice:
– un projet de loi portant statut des notaires.

Ce projet de loi vise à actualiser le cadre législatif du statut des notaires en vigueur dans notre pays pour répondre aux besoins liés aux exigences de l’évolution de la profession notariale.

Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.
– un projet de loi portant organisation judiciaire au Burkina Faso.

Ce projet de loi vise à rapprocher davantage la justice des justiciables, à améliorer le fonctionnement de l’appareil judiciaire et à permettre à l’Etat burkinabè de se conformer aux exigences de certaines conventions communautaires et internationales.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.

– un projet de loi portant Code de procédure pénale.

Ce projet de loi vise à mettre à la disposition des praticiens du droit et des justiciables, un Code de procédure pénale actualisé et moderne pour une justice crédible, équitable, accessible et plus efficace dans la lutte contre toutes les formes de délinquance.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.

I.1.4. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– un rapport relatif à la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2018 au 31 décembre 2018.

Au 31 décembre 2018, le niveau global de mobilisation des recettes du budget de l’Etat, exercice 2018 s’établissait à 1 760,15 milliards de F CFA, soit un taux global de réalisation de 98, 01%. Comparé à 2017, il ressort un accroissement du niveau de mobilisation des recettes de 169,22 milliards de F CFA.
A la même date, le budget de l’Etat, exercice 2018 a été exécuté à hauteur de 1 760,69 milliards de F CFA en recettes et de 2 074,26 milliards de F CFA en dépenses pour des prévisions définitives respectives de 1 795,92 milliards de F CFA et de 2 191,93 milliards de F CFA. Ces niveaux d’exécution correspondent à des taux d’exécution de 98,04% et de 94,63% respectivement pour les recettes et les dépenses. Comparés à ceux de la même période en 2017 qui étaient de 87,87% et de 92,07%, ces taux sont en nette amélioration.
Au titre de la gestion de la trésorerie, au 31 décembre 2018, au total 2 052,06 milliards de F CFA ont été encaissés sur l’ensemble du réseau du trésor public, contre 1 723,45 milliards de F CFA au 31 décembre 2017, soit un taux de progression annuelle de 19,07%.
La configuration définitive du budget 2018 a dégagé une épargne budgétaire de 90,19 milliards de F CFA et un besoin de financement de 396,01 milliards de F CFA.
Le Conseil se félicite du niveau d’exécution du budget 2018. Il invite le ministre de l’économie, des finances et du développement à être attentif à l’évolution du ratio dépenses courantes rapportées aux ressources ordinaires afin de dégager une épargne budgétaire conséquente à même d’assurer le financement des investissements structurants.

I.2. AU TITRE DU DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN, LE CONSEIL A ADOPTE
Pour le compte du ministère de l’Energie :
– un rapport relatif aux résultats de l’appel d’offres ouvert n°2018-009/ME/SG/DMP du 06 août 2018 relatif à la fourniture, l’installation et la mise en service de systèmes solaires photovoltaïques au profit des infrastructures sociocommunautaires de l’Etat. Ces infrastructures sociocommunautaires sont constituées d’écoles primaires, de préfectures, de commissariats de police, de brigades de gendarmerie, de centres de santé et de promotion sociale, de lycées et collèges et de l’éclairage public.

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution du marché aux entreprises suivantes :

Lot 1 : GROUPEMENT WATAM – TF
pour l’électrification d’infrastructures sociocommunautaires dans les régions du Sahel et du Nord, pour un montant de un milliard quatre cent seize millions neuf cent treize mille quatre cent cinquante-six (1 416 913 456) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de la tranche de l’année 2018 de cent vingt (120) jours.

Lot 2 : GROUPEMENT ALLIANCE-CO/SHENZHEN FARAD pour l’électrification d’infrastructures sociocommunautaires dans les régions de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Ouest, pour un montant de un milliard deux cent seize millions six cent soixante-quatorze mille quatre cents (1 216 674 400) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de la tranche de l’année 2018 de cent vingt (120) jours.

Lot 3 : GROUPEMENT SOLTECH BURKINA/SYSCOM pour l’électrification d’infrastructures sociocommunautaires dans les régions des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest, pour un montant de un milliard trois cent cinquante-deux millions neuf cent cinquante-deux mille quatre cent quatre-vingt-huit (1 352 952 488) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de la tranche de l’année 2018 de cent vingt (120) jours.

Lot 4 : COGEA INTERNATIONAL
pour l’électrification d’infrastructures sociocommunautaires dans les régions du Centre-Sud, du Centre-Est et de l’Est, pour un montant de un milliard huit cent cinquante un millions deux cent cinquante-huit mille trois cent quarante (1 851 258 340) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de la tranche de l’année 2018 de cent vingt (120) jours.

Lot 5 : GROUPEMENT GESEB SA/COGEA INTERNATIONAL pour l’électrification d’infrastructures sociocommunautaires dans les régions du Centre, du Plateau-Central et du Centre-Nord, pour un montant de un milliard trois cent huit millions trois cent seize mille sept cent quarante (1 308 316 740) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de la tranche de l’année 2018 de cent vingt (120) jours.
Le montant total des attributions s’élève à sept milliards cent quarante-six millions cent quinze mille quatre cent vingt-quatre (7 146 115 424) F CFA TTC.
L’ensemble de ces installations concerne 224 localités réparties sur le territoire national.
Le financement est assuré par le budget de l’Etat, exercice 2018, 2019 et 2020.

II. NOMINATIONS

III.1.NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A. AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO
– Monsieur Abdel-Aziz Wend-Panga ZONGA, Mle 329 045 X, Attaché en études et analyse, est nommé Chargé d’études ;
– Monsieur Aly-Sabry CONGO, est nommé Directeur de l’intendance de la Présidence du Faso ;
– Monsieur Aristide Apollinaire NIKIEMA, Mle 96 946 T, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur de l’administration et des finances de l’Académie nationale des sciences, des arts et des lettres du Burkina Faso.

B. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE
– Monsieur Abdou Karim OUEDRAOGO, Mle 118 975 U, Inspecteur du travail, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur de la sécurité et santé au travail ;
– Monsieur Jude Yamgânegré OUEDRAOGO, Mle 105 245 P, Inspecteur du travail, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur régional du travail et de la protection sociale du Centre-Ouest ;
– Monsieur Fatogoma SANON, Mle 216 828 X, Inspecteur du travail, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur régional du travail et de la protection sociale du Nord;
– Monsieur Oumarou SAWADOGO, Mle 105 951 H, Inspecteur du travail, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de la sécurité sociale.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DES AMENAGEMENTS HYDRO-AGRICOLES

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Wendpagnangdé Ousmane KABORE, Mle 207 972 L, Ingénieur d’agriculture, Administrateur représentant le personnel au Conseil d’Administration du Centre agricole Polyvalent de Matourkou (CAP-M) pour un premier mandat de trois (03) ans.

Le Ministre de la Communication
et des Relations avec le Parlement,
Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national

Nagoya: la nouvelle vie de Masato Futaishi

Ambassadeur du Japon au Burkina Faso de 2013 à 2017, Masato Futaishi est le consul honoraire du Burkina Faso dans la ville de Nagoya à 300 kilomètres de Tokyo, la capitale. Il se consacre désormais à la promotion de la destination Burkina Faso.

Au siège local de la coopération japonaise de Nagoya, Masato Futaishi passerait pour un Japonais ordinaire. Discrètement attablé dans un coin d’un restaurant de service, il gère ses rendez-vous, tout en préparant sa prochaine intervention sur le Burkina Faso dans une université de la ville industrielle. En retraite de toute fonction officielle, après des décennies de bons et loyaux services au Japon et à l’extérieur, le diplomate mène une paisible mais studieuse retraite à Nagoya dans le berceau de l’industrie automobile japonaise à une heure de TGV de la capitale. Sa carrière diplomatique au pays des Hommes intègres semble lui avoir laissé des souvenirs intarissables et une ferme conviction qu’il faudra continuer à «travailler pour consolider les très bonnes relations diplomatiques, commerciales et d’échanges culturels» que le Japon entretient avec le Burkina. C’est ainsi qu’avant même d’être désigné officiellement en juin 2018 comme consul honoraire du Burkina Faso à Nagoya, il s’était déjà pleinement investi auprès de ses compatriotes dans la promotion de la destination Burkina Faso.

«Je suis une exception, parce que les consuls honoraires sont des chefs d’entreprises et des hommes d’affaires comme les Toyota. Moi je ne suis qu’un diplomate», fait-il remarquer. Mais, il dit être engagé à fond dans la mission qui lui a été confiée avec les moyens de bord car, le Burkina «n’est pas très bien connu au japon et à Nagoya». Cela, par exemple, à travers des conférences, des séminaires dans les universités du pays et parfois des tribunes dans la Revue Africa dont le promoteur n’est autre que l’ancien directeur général de l’UNESCO, Koichiro Marsuura, entre autres initiatives développées au sein d’une association de bénévoles.

Construction de Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) et d’écoles, désenclavement du Burkina, interconnexion des systèmes douaniers, financement des infrastructures routières, programmes de volontariat, lutte contre l’insécurité, de tous les dossiers qu’il a pilotés au Burkina Faso, l’ambassadeur Futaishi est particulièrement satisfait de la gestion du Fonds de contrepartie japonais par les autorités burkinabè. «J’ai de l’admiration pour le taux de collecte de ce fonds qui avoisine les 100% alors qu’il n’est que de 30% dans d’autres pays bénéficiaires», rappelle-t-il. A propos du défi sécuritaire, il se réjouit de «la franche collaboration» de son pays et de son successeur Tamatsu Ikezaki avec les autorités burkinabè dans la quête de la paix et de la stabilité. M. Futaishi a insisté par ailleurs sur la nécessité de mettre en œuvre le concept d’amélioration continue, «Kaizen», qu’il a lancé au Burkina Faso avec le Larlé Naaba Tigré.

Ce concept s’appuie sur cinq principes fondamentaux développés dans les ateliers du constructeur TOYOTA et qui est au fondement du miracle économique du Japon d’après-guerre. «Le Kaizen induit un changement de mentalité. Il permettra au Burkina Faso d’améliorer la qualité de l’offre de service et des produits dans les domaines de la transformation, du service public de la santé, de l’éducation ….Cela peut sembler hors de portée. Mais il faut l’avoir dans le viseur. C’est une lutte quotidienne. Si on y parvient, ce sera un grand espoir pour l’avenir du pays», suggère l’ambassadeur Futaishi.

 

Mahamadi TIEGNA
à Nagoya (Japon)

Paludisme: le combat du Pr Kanuka 

Depuis une douzaine d’années, le Pr Hirotaka Kanuka s’investit dans la recherche sur le paludisme, en étroite collaboration avec ses collègues burkinabè. Chef du département de médecine tropicale à l’université de Jikei à Tokyo au Japon, l’universitaire est à la tête d’une équipe surmotivée, décidée à trouver un remède efficace d’ici à 2020.

 Dans ses bureaux du Centre de recherche en entomologie médicale, tapissés de souvenirs de ses nombreuses visites au Burkina Faso,  le Pr Hirotaka Kanuka ne rate pas une seconde l’actualité du Pays des Hommes intègres. Ce « rescapé » du café Cappuccino de Ouagadougou a la tête au Burkina Faso où il se rend tous les deux mois.   Son histoire, il l’a racontée au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, lors de la visite d’Etat qu’il a effectuée en fin octobre 2018 au Japon. « Le 15 janvier 2016 au matin, jetais au café Cappuccino. Dans la soirée j’étais à une invitation de l’ambassade du japon au Burkina Faso lorsque j’ai appris le drame : 28 morts. Si on m’avait proposé un dîner en ces lieux, je ne serais pas là », rappelle l’universitaire. Depuis lors, ce grand lecteur du journal Sidwaya est à l’affût de tout ce qui se passe dans son pays de cœur.  Il le fait avec une pointe de compassion pour les victimes du pays dont il s’est amouraché, presque par hasard, par l’entremise de ses travaux de recherches et pour une raison très personnelle. « Le Burkinabè et le Japonais se ressemblent. Ils sont exigeants, modestes, travailleurs et respectueux », apprécie-t-il.

C’est avec l’apparition de la dingue au Japon en 2014, explique-t-il, que tout est parti. Le gouvernement japonais a alloué des ressources financières  conséquentes à la recherche pour maitriser, voire éradiquer les moustiques vecteurs  aussi bien de la dingue que du paludisme. Cette dernière maladie constitue un épineux problème de santé publique pour la plupart des pays du continent africain et pour le Burkina en particulier.

Le Pr Kanuka travaille sur deux projets qui visent d’une part à diminuer le nombre de moustiques, donc le risque d’attraper le paludisme, et de l’autre, transformer le type de moustique. « Il est possible de modifier le couple vecteur-parasite de sorte à faire passer le moustique vecteur de maladie à vecteur de vaccin », par la méthode dite de la symbiose, a indiqué M. Kanuka. Dans deux ans, promet-il, les résultats de ses recherches pourraient être testés sur le continent qui enregistre  88% des cas de paludisme et 90% des décès liés à la maladie. Le chercheur japonais s’est aussi prudemment prononcé sur la question des moustiques génétiquement modifiés.

Selon lui, la méthode de symbiose est une alternative aux moustiques génétiquement modifiés qui restent une technologie de pointe, nonobstant les problèmes environnementaux et bioéthiques. « La question ne se pose pas de la même façon au Burkina qu’au Japon. Au Burkina, il s’agit de sauver des vies. La question est donc de savoir combien de personnes pourront être sauvées par les moustiques OGM tout en œuvrant à minimiser l’impact environnemental », préconise M. Kanuka. Pour le chercheur, les efforts du Burkina Faso ont permis de réduire conséquemment la prévalence du paludisme, l’idéal est, cependant, selon lui, d’envisager le combat à l’échelle du continent car « les moustiques ne connaissent pas de frontières »

Mahamadi TIEGNA

Centenaire du Burkina Faso : Vers un «ouvrage de référence» sur l’histoire du pays

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience hier lundi 11 mars 2019 à Kosyam, une délégation d’historiens et de chercheurs en sciences sociales, burkinabè et d’ailleurs, conduite par Dr Pierre Claver Hien. Les hôtes l’ont remercié pour, entre autres, son soutien à l’écriture de l’histoire.

En plus d’avoir présidé l’ouverture du colloque sur le centenaire du Burkina Faso le samedi 9 mars 2019, le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, est engagé à appuyer l’écriture de l’histoire du pays. Une délégation d’historiens burkinabè, d’Afrique et d’ailleurs reçue en audience le lundi 11 mars 2019 l’en a remercié.

La délégation qui a été conduite par le président de l’Association des historiens burkinabè, Dr Pierre Claver Hien, a dit avoir recueilli les conseils et suggestions du locataire du palais de Kosyam sur les problématiques que les spécialistes de l’histoire peuvent prendre en charge dans la perspective de la construction de l’Etat-nation. Construction qui doit, selon Dr Hien, se faire sur des socles de mémoire assumée et de façon plurielle. Au sujet de la suite à donner aux actes du colloque, Pierre Claver Hien, a indiqué qu’ils seront édictés sous forme d’ouvrage de référence.

En outre, aux dires du chef de la délégation, il y aura des recherches sur l’histoire précoloniale, coloniale et postcoloniale de l’actuel pays des Hommes intègres, recherches que le président du Faso s’est résolu à appuyer et dont les résultats seront synthétisées dans un document et vulgarisés afin que les Burkinabè connaissent mieux leur histoire pour aller de l’avant.

Jean Philibert SOME

Appui du FMI au Burkina : La 2e revue du programme prévue pour mai prochain

Le premier ministre, Christophe Dabiré, a accordé des audiences au représentant résident du département Afrique du Fonds monétaire international, Guy Jenkinson et au bureau du comité interparlementaire de l’UEMOA, le mardi 12 mars 2019.

Le programme du Fonds monétaire international (FMI) au Burkina Faso se déroule bien. C’est la déclaration faite par le représentant résident du département Afrique de l’institution, Guy Jenkinson à sa sortie d’audience avec le chef du gouvernement Christophe Dabiré, le mardi 12 mars 2019.

Selon lui, les discussions fructueuses avec le Premier ministre a permis d’aborder les perspectives de la coopération entre son institution et le Burkina Faso. Guy Jenkinson a par ailleurs annoncé qu’une équipe venant de Washington va réaliser la 2e revue du programme du FMI au pays des Hommes intègres en mai prochain et la participation du ministre de l’Economie, des finances et du développement, Lassané Kaboré aux assemblées de printemps du FMI et de la Banque Mondiale.

Le programme du FMI au Burkina Faso a pour objectif de créer l’espace budgétaire nécessaire pour les dépenses prioritaires, en renforçant la mobilisation des recettes, en maîtrisant les dépenses courantes et en améliorant l’efficience de l’investissement public. Le 21 décembre 2018, son conseil d’administration a approuvé le décaissement de 25,1 millions de dollars au profit du pays.

Le bureau du comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (CIP UEMOA) a été le second hôte de Christophe Dabiré. Pour le vice- président de CIP UEMOA, Janvier Yahouedeou, il va de soi que le bureau, présent à Ouagadougou dans le cadre de sa première session de l’année, présente ses félicitations au premier ministre pour son investiture. « En tant que commissaire de l’UEMOA, le premier ministre a fait de par le passé des communications intéressantes au profit du comité et nous sommes venus lui témoigner notre reconnaissance », a-t-il ajouté. Le CIP UEMOA, regroupe 16 parlementaires à raison de deux par pays.

Nadège YE

Financement du développement : BNP PARIBAS promet travailler pour le Burkina

Le nouveau responsable pour l’Afrique sub-saharienne du groupe Banque nationale de Paris (BNP PARIBAS), par Patrick Pitton, a été reçu en audience le lundi 11 mars 2019 à Ouagadougou, par le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré.

Patrick Pitton est désormais le nouveau responsable pour l’Afrique sub-saharienne au sein groupe de la Banque nationale de Paris (BNP PARIBAS). Le lundi 11 mars 2019, il est allé « se présenter » au Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré en compagnie de l’administrateur directeur général (DG) du groupe, Yao Kouassi, appelé à prendre la direction de la filiale en Côte d’Ivoire, la BICIS.

« Nous avons eu le privilège de rencontrer le chef du gouvernement pour nous présenter en vue d’échanges stratégiques sur la banque », a précisé M. Pitton, à sa sortie d’audience. Pour lui, la responsabilité de son institution bancaire est de travailler pour l’Etat et avec lui, en apportant une part non négligeable de la dette publique émise.

En termes d’apports pour le Burkina Faso, l’administrateur directeur général du groupe, Yao Kouassi, a fait comprendre que BNP PARIBAS a accompagné le trésor burkinabè par les émissions de titres. Il a également ajouté que son établissement a soutenu le Pays des hommes intègres en tant qu’arrangeur de Fonds spécial routier pour le financement des infrastructures routières.

Récemment, a-t-il poursuivi, la banque a lancé ses activités de crédit-bail qui a permis, selon lui, de consentir un financement « important et inédit pour l’une des plus grosses mines du pays ». «Nous avons été actifs au cours de ces trois dernières années aux côtés de l’économie burkinabè et nous considérons que c’est notre vocation », a conclu M. Yao.

Elélé KANTORO

Conventions AFD-Burkina Faso : 38 milliards de F CFA pour l’énergie et l’agriculture

Le gouvernement burkinabè et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, le mardi 12 mars 2019 à Ouagadougou, trois conventions de financement. D’un montant global de 58 millions d’euros soit environ 38 milliards de francs CFA, cette enveloppe permettra de financer les secteurs de l’énergie et de l’agriculture.

L’Agence française de développement (AFD) finance deux projets avec une enveloppe globale de 58 millions d’euros, soit environ 38 milliards de francs CFA. Le financement a fait l’objet d’une signature de conventions entre le gouvernement burkinabè à travers le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré et le directeur de l’AFD, Tanguy Denieul. La première est relative au projet régional d’interconnexion électrique « Projet dorsale nord ».

Elle concerne un engagement financier sous forme de prêt, de 45 millions d’euros soit près de 30 milliards de francs CFA, de la France et de l’Union européenne. D’autre part, il s’agit d’une subvention de 15 millions d’euros, soit 9,84 milliards de francs CFA. Le projet prévoit la construction de 381 km de ligne de très haute tension (330kV) et 24 km de ligne 225 kV reliant la frontière nigérienne au poste de transformation de Ouaga-Est et assurant la liaison Ouaga-est, Ouaga Sud-Est et le raccordement à la ligne Ouaga-Bolgatanga.

Au nom du gouvernement, le ministre de l’Energie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, a traduit sa reconnaissance à la France et à l’Union européenne pour cet appui. A l’écouter, ces réalisations permettront d’importer 150 MW en sus de la production, dès 2022 à un prix estimé très inférieur au coût de production local actuel.

« La dorsale Nord va permettre d’une part de réduire significativement la subvention de l’Etat dans le secteur de l’énergie et d’autre part, au Burkina Faso de bénéficier d’une énergie moins chère avec le solaire mais aussi de compter sur les voisins pour importer », a soutenu le ministre Ouédraogo. En sus, il a indiqué qu’un volet électrification rurale contribuera à électrifier des villages traversés et augmenter l’accessibilité en milieu rural.

La deuxième convention relative au projet d’agriculture contractuelle et transition écologique, est une subvention d’un montant de 13 millions d’euros soit 8,56 milliards de francs CFA issu d’une délégation de fonds octroyée par l’Union européenne à l’AFD.

Ce projet vise à promouvoir la croissance et la diversification de l’offre de produits transformés de qualité, de la part des opérateurs des filières agricoles. Selon Bachir Ismaël Ouédraogo, cette initiative s’inscrit dans l’objectif stratégique « Développer un secteur agro-sylvo-pastorale, faunique et halieutique productif et résilient davantage orienté vers le marché » du PNDES (NDRL : Plan national de développement économique et social).

Pour lui, le projet contribuera à la sécurité alimentaire, à l’emploi décent, à l’approvisionnement de l’agro-industrie nationale, respectueux des principes de développement durable. De manière spécifique, a-t-il dit, il s’agira de développer l’accès des coopératives professionnels aux marchés institutionnels, de moderniser les filières à valeur ajoutée locale et de professionnaliser le secteur de l’agriculture tout en accompagnant le gouvernement dans le développement d’une politique agricole contractuelle appliquée aux filières.

« La portée de ces appuis financiers permettront d’effectuer des investissements structurants dans les deux secteurs afin d’offrir in fine de services essentiels aux populations burkinabè », a laissé le ministre. Par ailleurs, il a promis au nom du gouvernement une transparence dans l’utilisation de ces ressources. Pour sa part, l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier Lapeyre De Cabanes, s’est félicité que son pays accompagne la nation burkinabè dans les projets de développement.

Joseph HARO