Un séminaire gouvernemental élargi aux secrétaires généraux des ministères et des institutions, s’est tenu le lundi 11 mars 2019 à Ouagadougou. La rencontre a porté sur l’organisation du travail gouvernemental et les relations de l’exécutif et le parlement.
L’exécutif burkinabè veut insuffler une nouvelle dynamique pour le succès du Plan national de développement économique et social (PNDES). A cet effet, sous le leadership du Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré, il a doté ses membres d’outils nécessaires à l’atteinte de cette mission, hier à Ouagadougou, lors d’un séminaire gouvernemental. A l’issue de la rencontre, le secrétaire général du gouvernement, Stéphane Sanou, a indiqué qu’elle a porté sur deux grandes thématiques.
Il s’agit de l’organisation du travail gouvernemental et des relations entre l’exécutif et le Parlement. «Nous avons communiqué sur la diplomatie, la coopération sur le gouvernement dans ses relations avec les institutions et un certain nombre d’aspects sur la communication gouvernementale», a-t-il précisé. M. Sanou s’est réjoui du fait que le cadre convivial ait permis de recycler les anciens ministres et de mettre les nouveaux dans le bain de l’action gouvernementale. Et pour donner un coup d’accélérateur au PNDES, les secrétaires généraux des ministères et de certaines institutions ont été associés à l’exercice.
Il s’agit, entre autres, du Conseil constitutionnel, du Conseil d’Etat, de la Cour des comptes et de l’Autorité de régulation de la commande publique de l’Etat (ARCOP). Le séminaire a été une occasion pour harmoniser la manière de produire les rapports des conseils des ministres et de cabinet, afin de limiter les disparités dans le fond et la forme. A écouter le SG du gouvernement, cette rencontre a aussi permis «d’aplanir quelques incompréhensions» lorsqu’un ministre est appelé à répondre aux questions orales et d’actualité à l’Assemblée nationale. «Avant, lorsqu’un ministre est absent, nous ne savons pas s’il pouvait être remplacé.
Tout cela a été clarifié et cela est désormais possible», a-t-il expliqué. Autre aspect abordé à cette rencontre, la communication gouvernementale. A ce propos, Stéphane Sanou a confié qu’une place de choix est donnée au ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement. Toutefois, il a précisé que chaque ministre doit rendre visible son département, à travers les actions menées avec l’accompagnement du ministère en charge de la communication.
L’ancien Président du Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo, a été entendu au tribunal militaire, le lundi 11 mars 2019 en sa qualité de témoin dans le cadre du procès du putsch de septembre 2015. Il a plaidé la clémence du tribunal à l’endroit des accusés, gage d’une véritable réconciliation entre Burkinabè.
Le passage de l’ancien Président du Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo, était l’un des plus attendus parmi les témoins du procès du putsch. Le lundi 11 mars 2019, il a lu une déclaration liminaire à l’adresse du tribunal avant de donner son témoignage sur les évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants. Son message est un appel au patriotisme et à la promotion du vivre-ensemble. «Laissons le passé au passé. Nous ne pouvons pas tout juger. Notre nation a besoin de tous ceux qui se sont détournés du droit chemin. J’en appelle à la clémence exceptionnelle du tribunal car certains ont agi par omerta. Et l’essentiel est de savoir les donneurs d’ordre», a-t-il déclaré. En ces termes, le témoin a interpellé le peuple à se concentrer sur le développement du pays. «Pour ce faire, chacun d’entre nous doit contribuer à la paix et à la cohésion nationale. Pour y arriver, les auteurs du putsch doivent confesser leurs péchés afin d’avoir l’absolution», a expliqué Jean-Baptiste Ouédraogo. Après ce cri du cœur, il est revenu sur les faits.
Selon lui, il a reçu l’information de l’arrestation des autorités aux environs de 16 h du Chef d’état-major général des armées (CEMGA) de l’époque, le général Pingrenoma Zagré, qui l’a invité à se joindre à une réunion de la Commission de réflexion et d’aide à la décision (CRAD) au ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants (MDNAC). A la rencontre, le général Gilbert Diendéré a informé les participants de l’arrestation des autorités par des éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et a demandé à la hiérarchie militaire d’assumer la situation. Aux dires du témoin, le désaveu de l’armée était clair et net. «A toutes les réunions auxquelles j’ai participées, le refus était net», a soutenu le président Jean-Baptiste Ouédraogo.
Lorsque les tractations n’ont pas abouti, le général Diendéré a fait lire un communiqué portant la date du 16 septembre qui a donné au président Ouédraogo, l’impression d’être une proclamation d’un coup d’Etat ; le témoin a expliqué qu’il a demandé à se retirer. Il a aussi démenti avoir fait un quelconque amendement au texte du communiqué. «J’ai juste fait une remarque sur la date pour faire noter qu’au petit matin (3h), ce n’était plus le 16 mais le 17 septembre 2015.
Passé la longue nuit de négociation infructueuse, je n’ai été associé qu’aux négociations du 21 septembre», a-t-il indiqué. Il s’est agi de faire lire une déclaration au général Diendéré par laquelle celui-ci reconnaîtrait se soumettre, de même que l’ex-RSP, au commandement de l’armée. Mais le texte lu était différent de ce qu’ils ont présenté. «Le général a volontairement tronqué les parties qui ne leur étaient pas favorables», a souligné le témoin. Leurs actions à ce moment, a confié le médecin-commandant, visaient à éviter un affrontement fratricide entre militaires en plein cœur de Ouagadougou.
Avouer les péchés
Puis vint l’épisode du 29 septembre. L’ancien président a relaté au tribunal l’épisode des appels téléphoniques entre lui, le CEMGA Zagré, l’ancien ambassadeur américain, Tulinabo Mushingi, le nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) au Burkina Faso, Piergiorgio Pertoldi et le général Diendéré. Il a détaillé qu’il a été sollicité par le CEMGA pour faire entendre raison au général Diendéré afin d’éviter l’affrontement en appelant ses hommes à rendre les armes. Après échanges, le général Diendéré a voulu se rendre à l’ambassade des USA pour appeler, par voie de presse, ses hommes à la reddition. Seulement, l’ambassadeur Tulinabo a refusé d’ouvrir les portes de l’ambassade au général car n’ayant pas eu l’autorisation de Washington. Mushingi aurait suggéré de se référer au nonce apostolique, plus proche du camp Naaba Koom II. Ce dernier ayant donné son accord, le message du général a finalement été livré sur les ondes de la radio Oméga et celui-ci s’est rendu chez l’émissaire du Vatican, lieu d’où il sera arrêté plus tard par les services de gendarmerie.
En réaction, le prévenu Diendéré a soutenu que le CEMGA ne l’a jamais appelé pourquoi que ce soit. D’ailleurs, pour ce qui est de sa présence à l’Ambassade des USA, il s’agissait d’une réunion qui, finalement, n’a pas eu lieu. «J’ai même rendu compte au président du non-lieu de la rencontre», a-t-il ajouté. Aux interrogations du parquet sur certains aspects des événements, le président Jean-Baptiste Ouédraogo a dit ne pas vouloir accorder de l’importance aux détails. Pour lui, l’essentiel se résume à la réponse à ces questions : «qui a été le donneur d’ordre ? L’acte a-t-il été prémédité ? Qui endosse la responsabilité ?». Le témoin a insisté que «seul quelqu’un de responsable peut répondre à ces questions et libérer beaucoup de consciences car c’est en raison de l’omerta que bon nombre d’accusés ont agi. Il est donc temps que les brebis égarées avouent leur péché afin d’avoir l’absolution».
Pour lui, seuls ceux qui ont opéré les arrestations peuvent donner le nom du donneur d’ordre. Jean-Baptiste Ouédraogo a beaucoup invoqué la réconciliation nationale, exhortant exceptionnellement le tribunal à faire preuve de clémence pour éviter d’exacerber des rancœurs et des désirs de vengeance et surtout tenir compte de la situation de certaines personnes qui, par devoir militaire et légitime conscience de représailles, ont été amenés à exécuter des ordres. «La clémence ouvrira la voie à la cohésion et la réconciliation nationales que tous appellent de leurs vœux. Ce procès doit offrir au tribunal l’opportunité de donner des leçons d’éducation civique et politique pour marquer la limite entre les milieux politique et militaire», a plaidé l’ancien président burkinabè. Et Me Prospère Farma d’espérer que cet appel sera entendu mais pour l’heure, il faut que la responsabilité soit assumée. Sinon, «on parlera d’un coup d’Etat orphelin de père et mère». L’audition de Jean-Baptiste Ouédraogo se poursuit ce mardi 12 mars 2019 toujours avec les questions des avocats de la partie civile.
Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a reçu en audience, le jeudi 7 mars 2019 à Ouagadougou, une délégation du département international du Parti communiste chinois (PCC) conduite par son vice-ministre, Yezhou Guo.
En visite à Ouagadougou au Burkina Faso le weekend dernier, une délégation du département international du Parti communiste chinois (PCC) a, dans l’après-midi du jeudi 7 mars 2019, rendu visite au Président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé. A sa sortie d’audience, le chef de la délégation, vice-ministre du département international du PCC, Yezhou Guo, a déclaré que depuis la reprise des liens diplomatiques entre les deux pays, les institutions à l’image des deux Parlements fonctionnent à plein régime en matière de coopération bilatérale.
«Avec le président de l’Assemblée nationale, nous avons convenu du raffermissement des relations d’échange et de collaboration fructueuse entre les deux représentations nationales», a-t-il indiqué. Dans le même sens, a soutenu Yezhou Guo, lui et son hôte ont convenu de faire de ces institutions, de véritables instruments de dialogue, de soutien des peuples burkinabè et chinois et de développement durable. «Aussi, les différentes commissions au sein des deux assemblées nationales doivent dialoguer», a-t-il proposé. Les échanges entre les commissions parlementaires spécialisées, a expliqué le vice-ministre chinois, ont pour objectif de gagner le soutien du peuple.
Il a par ailleurs invité le président de l’Assemblée nationale à une visite prochaine d’amitié et de travail en République populaire de Chine. «La visite du président de l’Assemblée nationale va être un évènement déterminant dans les relations parlementaires entre le Burkina Faso et la Chine», s’est-il convaincu.
A l’occasion des deux sessions de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre des Affaires étrangères, Conseiller d’Etat, Wang Yi, a animé une conférence de presse, le vendredi 8 mars 2019 à Pékin, sur la politique étrangère de la République populaire de Chine (RPC).
La Chine demeure fidèle à sa volonté de promouvoir une coopération gagnant-gagnant et de développement partagé avec l’Afrique. Le ministre des Affaires étrangères, Conseiller d’Etat, Wang Yi, a réaffirmé cette position au cours d’une conférence de presse animée dans la matinée du vendredi 8 mars 2019 à Pékin, devant plusieurs centaines de journalistes de Chine et du monde entier. «Grâce à nos efforts inlassables déployés depuis des dizaines d’années, la coopération sino-africaine est devenue aujourd’hui un grand arbre que personne ne saurait ébranler», a déclaré le chef de la diplomatie chinoise.
Pour lui, la relation sino-africaine ira de l’avant dans une dynamique de confiance mutuelle. Les rumeurs qui soutiennent que la Chine est en train d’entraîner les pays africains dans «le piège de la dette» à travers l’initiative de coopération internationale «la Ceinture et la Route», ont été battues en brèche par M. Wang. «La coopération sino-africaine remporte de plus en plus de succès et s’attire aussi des accusations et des calomnies. Mais la Chine et l’Afrique ont une haute confiance mutuelle et sont liées par une amitié à toute épreuve, et les fruits de cette coopération sont palpables sur l’ensemble du continent africain. Les propos infondés ne trouvent aucun écho en Afrique», a-t-il clarifié. Aux dires du conférencier, l’initiative «la Ceinture et la Route», loin d’être un piège de dettes, est un projet qui contribue au bien-être des populations et ne saurait être «un outil de géopolitique».
Elle est fidèle aux principes d’or de consultations, de coopération et de bénéfices pour tous et apporte plein d’opportunités de développement aux différentes parties. La relation sino-africaine, a-t-il dit, se développe davantage et les deux entités ont la volonté de travailler ensemble. A titre illustratif, l’empire du milieu a investi en une décennie, plus de 100 milliards de dollars en Afrique.
«La Chine gagnera en puissance…»
Le ministre des Affaires étrangères chinois a rappelé que son pays est disposé à promouvoir la paix dans le monde et se dit disposé à prôner le dialogue que la confrontation. «La Chine gagnera en puissance mais pas en dureté. Elle restera attachée à son indépendance, mais n’agira pas de manière arbitraire. Elle défendra résolument ses droits, mais ne cherchera pas l’hégémonie», a indiqué Wang Yi. A l’ère de la mondialisation, a conseillé M. Wang, il faut favoriser l’esprit de solidarité et de la concorde. Comment entendez-vous apaiser les relations entre la Chine et les Etats-Unis d’Amérique ? «Nous avons toujours des prévisions positives quant à l’avenir des relations sino-américaines.
La Chine et les Etats-Unis n’iront pas et ne devront pas aller vers la confrontation», a répondu le ministre des Affaires étrangères. Et de préciser que la reprise de la «vieille logique de la guerre froide» est contreproductive et contraire au courant de l’époque et à la volonté des peuples. «Au cours des 40 ans écoulés, les relations sino-américaines ont fait des progrès historiques en résistant à toutes les épreuves. Elles font face à de nouveaux défis et les enseignements se résument en un point : on a tout à gagner en coopérant et tout à perdre en se battant», a argué le communicateur. Le président Xi Jinping va-t-il participer au Sommet du G20 qui se tient au Japon en juin 2019 ? L’amélioration des relations sino-japonaises, a précisé le ministre Wang Yi, n’est qu’à ses débuts et il faut œuvrer à joindre l’acte à la parole. «Il faut considérer l’histoire de façon honnête, voir la réalité de manière objective, bâtir activement l’avenir et prendre des actions concrètes pour avancer résolument dans la bonne direction», a-t-il souligné. Sur la coopération entre la Chine et l’Inde, le conférencier a relevé que les deux pays sont de «grandes civilisations» avec 2,7 milliards d’habitants qui doivent être des partenaires l’un pour l’autre dans la poursuite de leurs rêves. Quid de l’axe Pékin-Moscou ? «Quand la Chine et la Russie se tiendront ensemble, il y aura plus de sécurité et de stabilité dans le monde», a conclu Wang Yi.
En duo ou en association, des centaines de femmes enlèvent au quotidien, les ordures dans les ménages de Ouagadougou. Zoom sur les reines de la propreté de Marcoussis qui se tuent au labeur, mais qui sont souvent payées en monnaie de singe.
Pour le maire de l’Arrondissement n°9, Albert Bamogo, jeter les ordures sur les espaces verts et les parcelles non viabilisées constitue de l’incivisme.
«Le travail est certes difficile, certains nous insultent comme des enfants, d’autres nous dénigrent lorsque nous partons ramasser les ordures chez eux mais c’est un gagne-pain pour moi ainsi que toute ma famille. Mon mari ne travaille pas et je suis la seule à subvenir aux besoins de toute la famille. Pour cette raison, plus les années passent, plus je ressens la fatigue mais je continue de me battre pour le bien de ma famille et de la population», relate Poko Sawadogo, un matin de janvier, le visage résigné. La cinquantaine, Mme Sawadogo, travaille depuis trois ans pour le compte de l’Association Kogl-Voisin, à l’enlèvement des ordures au quartier Marcoussis dans l’arrondissement n°9, secteur n°37 de Ouagadougou.
Tout comme Poko Sawadogo, sa collègue Rosalie Zongo relève les difficultés de son métier d’assainissement. «Dans le cadre de notre travail, nous rencontrons des familles qui, à la limite, se foutent de nous. Figurez- vous que dans certaines familles, on nous fait attendre pour d’abord balayer, ensuite réunir les ordures avant de nous les remettre», se plaint-elle. Ces plaintes n’entament en rien la détermination de ces dames et de leurs quatre collègues, toutes membres de l’Association Kogl-Voisin. Chaque jour, elles sillonnent le quartier Marcoussis avec leurs charrettes à traction asine pour débarrasser les ménages de leurs ordures. Leur slogan, rendre l’environnement propre pour le bien-être de tous. Pour le président de l’Association Koglo-voisin, Raphaël Maxime Ky, initiateur de l’activité, l’idée du ramassage d’ordures ménagères est partie d’un constat : les ménages déversaient les ordures dans les espaces verts et dans les parcelles non encore viabilisées. Selon ses explications, le quartier avait l’allure d’un dépotoir. «Les sachets plastiques pullulaient de partout et c’était trop vilain à voir.
Pour ce faire, nous avons créé un service de nettoyage et notre objectif est de travailler à réduire au maximum la proportion des déchets plastiques», a-t-il expliqué. Pour réussir ce pari, l’’association Kogl-voisin a recruté six femmes pour assurer le travail. Ces femmes dont l’âge varie entre 30 et 55 ans, considérées comme les «reines de la propreté» sont constituées en équipe de deux et interviennent dans près de 400 ménages dans le quartier. En contrepartie, chaque ménage est assujetti à payer la somme de 500 FCFA par mois pour le travail. «Pour rationaliser le travail, nous avons formé une équipe de deux personnes et chaque équipe intervient dans un certain nombre de ménages. La première équipe s’occupe de 188 ménages, le 2ème groupe de 80 et le 3ème groupe de 140», a indiqué Raphaël Maxime Ky. Pour lui, le salaire est ainsi fonction du nombre de ménages où chaque équipe intervient. C’est ce qui explique que les salaires vont de 7500 à 16500 FCFA par mois. Salaire que les femmes trouvent unanimement dérisoires, au regard de l’énormité du travail qu’elles abattent sur le terrain.
Pour le secrétaire chargé des questions économiques et socioculturelles de l’Association, Issaka Derra, la demande d’augmentation de salaire, formulée à maintes reprises par les dames est justifiée. «Le traitement salarial suscite des plaintes de la part des employées. Ces plaintes sont justifiées au regard des efforts que le travail demande, les risques que les femmes prennent pour assurer le travail, nous estimons que le traitement devrait être mieux et nous en avons conscience», a reconnu Issaka Derra avant d’ajouter :
En attendant la réception de ce local
«le soucis majeur actuellement, c’est que sur les 400 ménages dans lesquels nous intervenons, nous n’arrivons à faire le recouvrement que de 2/3 du montant, soit 140 000 FCFA environ par mois. Avec cette somme, nous payons prioritairement les salaires et nous payons le fourrage pour les ânes», s’est-il justifié. Mais, il a rassuré que l’association ambitionne de couvrir dans un bref délais, près de 600 ménages. Cela leur permettra de prendre en charge de façon conséquente leurs employées qui, de son avis, sont engagées et font du très bon travail. Outre les difficultés qu’elle a soulevées plus haut, Poko Sawadogo s’est réjouie de pouvoir contribuer au bien-être de la population. Madame Sawadogo a confié qu’avec son salaire de 16500 FCFA, elle paye la scolarité de ses enfants et les vivres pour toute la famille. «Après le décès de mon mari, il y a de cela cinq ans, ce travail me permet de nourrir une famille de 12 personnes», explique encore Rosalie Zongo, veuve, issue d’une famille polygame.
Elle se dit insatisfaite de son salaire de 7500 FCFA par mois mais c’est sa seule source de revenu. Quant à Zalissa Bonkoungou, elle relate leurs difficultés pendant le recouvrement : «C’est nous qui faisons en même temps le recouvrement dans les familles. Mais à la fin du mois, c’est la bagarre car certaines familles ne veulent pas payer», a-t-elle soutenu avant de renchérir : «On a à faire souvent à des clientes qui rentrent s’enfermer pendant des heures et nous font attendre juste pour ne pas payer les 500 FCFA. D’autres nous infantilisent et d’autres nous insultent mais nous assumons». A côté des familles qui refusent de payer la somme, figurent d’autres qui refusent même d’adhérer à l’idée.
Le président de l’association Kogl-Voisin a laissé entendre que pour 500 FCFA par mois, il y a de ces gens qui préfèrent déverser leurs ordures dans les parcelles vides ou dans les espaces verts au lieu de laisser les dames ramasser. Pourtant poursuit-il, c’est dans le but de permettre à tous d’y adhérer que la somme de 500 FCFA a été convenue et instaurée. Son constat est clair : «Ce sont des familles aisées qui s’adonnent à de tels comportements et nous estimons que c’est simplement de la mauvaise foi», a-t-il soutenu. Pour remédier à cette situation, Mr Ky dit avoir entrepris la sensibilisation à travers le porte-à-porte. Mais «après sensibilisation, certains acceptent le principe d’adhésion et lorsque vient le moment de payer, ils refusent catégoriquement», a-t-il déploré. Le secrétaire chargé des affaires économiques et socioculturelles de l’association, Issaka Derra, a estimé que l’état d’esprit qui consiste à aller déverser les ordures n’importe où, est une question de mentalité.
De l’incivisme !
«Les gens préfèrent aller jeter dans les parcelles vides que de payer 500 FCFA par mois. Il faut que tous admettent que c’est un quartier aménagé, même si l’urbanisation n’est pas encore totale», a insisté M. Derra. Soutenant que l’Association ne dispose pas de mécanismes pour contraindre les contrevenants, M. Derra a sollicité l’accompagnement de la mairie de l’Arrondissement n°9 à leur venir en appui avec une police d’assainissement pour venir à bout de ce phénomène. De son avis, seule une police d’assainissement est en mesure d’exercer une certaine pression sur les contrevenants afin de les amener à adhérer, à travers l’imposition d’amendes. «Il y a des gens qui n’ont pas encore compris que quand on vit dans une ville, il y a des exigences», a-t-il déclaré. Et pour le maire de l’arrondissement N°9, Albert Bamogo, les espaces verts ont été réservés à d’autres fins et n’ont pour servir de dépotoir pour certains. Selon le maire, ce comportement qui constitue de l’incivisme pur et simple se doit d’être banni dans nos différents quartiers pour le bien-être de tous :
«Un exemple palpable ; au marché de Kamboinsin, les populations, à défaut d’une décharge, ont entreposé et entassé des ordures dans la cour d’un particulier. Alerté, j’étais obligé de contacter la direction générale de la propreté afin qu’elle puisse évacuer les ordures pour que le propriétaire puisse avoir accès à sa cour. Ces genres de comportement sont légion un peu partout», a déploré M. Bamogo. Dans la perspective de mettre fin à de tels comportements, le maire a promis, qu’une police d’hygiène est en gestation. Selon lui, cette police d’hygiène, initiée par le conseil de l’arrondissement, doit débuter la formation dans deux ans. «Nous avons la volonté, mais malheureusement nous manquons de ressources», a-t-il dit.
Du manque de décharge pour entreposer les ordures !
Si l’association Kogl-voisin est en train de réussir le pari de faire de Marcoussis un quartier propre, le problème de décharge se pose tout de même selon les dires de son président.
Pour Raphaël Maxime Ki, à la suite de leur partenariat avec la mairie de l’arrondissement, leur structure a obtenu un terrain qui est aménagé et disponible depuis deux ans. Mais jusqu’à nos jours, a-t-il regretté, la réception se fait toujours attendre. Toute chose que M. Ki dit ne pas comprendre. Il a ajouté qu’en attendant, les femmes déversent les ordures dans les grands trous de granites autrefois utilisés par feu Oumarou Kanazoé, situés entre la réserve de Yagma et de Marcoussis. Pour ce qui est de cette décharge, le maire a rassuré qu’il est bien prêt et qu’il reste la réception technique.
Il a pour ce faire promis d’accélérer le processus afin de disponibiliser le local dans de très brefs délais au profit de l’association courant 2019. Monsieur Ki a toutefois souhaité l’accompagnement de la mairie pour l’acquisition de tricycles afin de faciliter le travail des dames qui rencontrent des difficultés, surtout en période hivernale. «Nous sommes dans une zone qui manque de canalisation. Donc en saison pluvieuse, il est fréquent que nos charrettes s’embourbent pendant plusieurs heures», a souligné le président. Sur la question, le maire Albert Bamogo a insisté sur le fait que l’arrondissement ne dispose pas de budget propre à lui pour accompagner les associations.
«Tout est concentré au niveau des communes et nous sommes en train de travailler pour la décentralisation des ressources afin que nous puissions travailler de façon autonome. Mais on pourra les accompagner en besoin ponctuel. On a des tricycles. Quand ils ont des activités ponctuelles, ils peuvent venir faire la demande du matériels (tricycles, pelles râteaux) qu’on pourra mettre à leur disposition mais pas de façon définitive car la mairie gère plus de 400 associations qui œuvrent également sur l’hygiène», a conclu Monsieur Bamogo.
L’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, a offert une ambulance et du matériel médical aux Forces armées nationales (FAN), le mercredi 6 mars 2019 à Ouagadougou.
Pour faciliter l’évacuation sanitaire des blessés lors des attaques terroristes, l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, a offert aux Forces armées nationales (FAN), une ambulance et du matériel médical d’une valeur de 20 millions F CFA. Ce véhicule, selon la donatrice va renforcer le matériel roulant médical des Forces de défense et de sécurité (FDS) et aider à sauver des vies.
«En tant qu’épouse et mère, la situation socio-sécuritaire ne m’a pas laissée indifférente», a affirmé Sika Kaboré pour justifier son acte. Elle a ajouté que c’est le thème national de la 162e Journée internationale de la femme : «Contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale» qui l’a également interpellée. Mme Kaboré a alors invité les autres femmes et les bonnes volontés à apporter, chacun, sa pierre pour contribuer à relever les nombreux défis sécuritaires. «Je voudrais réaffirmer mon soutien total à nos vaillantes forces armées nationales auxquelles je souhaite beaucoup de courage», a conclu Mme Kaboré. Le Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA), Moïse Miningou, dit être venu avec toute la hiérarchie militaire pour recevoir ce don «très significatif».
Il a rappelé que face à l’insécurité qui règne au Burkina Faso, des hommes ont été engagés sur les différents fronts au péril de leurs vies. Malheureusement, a-t-il poursuivi, ils ne disposent pas du matériel nécessaire pour minimiser les pertes en évacuant les blessés. «Cette ambulance va sûrement sauver des vies, parce que je sais que plus l’évacuation du blessé est rapide, mieux cela vaut pour le récupérer», s’est réjoui le CEMGA.
Il a souhaité que l’appel de la Première dame soit entendu et que d’autres donateurs lui emboîtent le pas pour que les FDS aient à leur disposition, les moyens pour combattre et vaincre les forces du mal. Tout en appréciant à sa juste valeur ce don, le CEMGA a signifié que les besoins sont énormes, et qu’il compte déjà envoyer, dans les prochains jours, l’ambulance reçue dans la région de l’Est.
Le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) a organisé une rencontre d’échanges avec les présidents des conseils régionaux, le mercredi 6 mars 2019 à Ouagadougou. La rencontre a servi de cadre à la signature d’une convention de financement entre les deux parties.
Le Burkina Faso est entré dans le 3e cycle de son processus de décentralisation avec l’adoption de nouveaux référentiels dont la vision prospective en 2040 est de permettre aux collectivités de délivrer des services sociaux de qualité aux populations à la base.
C’est ainsi que, le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) a été mis en place pour accompagner l’ensemble des 13 régions. Dans le cadre de ses activités, la direction du FPDCT a tenu une rencontre d’échanges avec les présidents des collectivités de régions, le mercredi 6 mars 2019, au siège de l’Association des régions du Burkina Faso (ARBF) à Ouagadougou pour appréhender les besoins des collectivités, afin de mieux structurer son intervention sur le terrain. Selon le Directeur général (DG) du FPDCT, Bruno Dipama, le fonds ne se contentera plus que de financer les investissements des Collectivités territoriales (CT). Il entend devenir entre autres, un instrument de financement, d’accompagnement et de renforcement des capacités et des autres acteurs, en matière de maîtrise d’ouvrage, de planification, de suivi des projets, et de développement économique et local, a-t-il expliqué.
Pour Bruno Dipama, la création, la vocation et la finalité du FPDCT sont d’être l’instrument national unique de financement des investissements des CT à travers divers guichets (lire encadré).
« Deux guichets fonctionnels »
« Au niveau du fonds permanent, il n’y a que deux guichets fonctionnels. Il s’agit des guichets fonds fongibles c’est-à-dire la subvention de l’Etat avec l’appui d’un partenaire qui est la coopération suisse. Il y a également les guichets spécifiques qui sont la coopération allemande et l’Agence française de développement (AFD) qui choisissent d’intervenir délibérément dans les régions », a-t-il détaillé. A ce titre, il a rassuré les présidents des conseils régionaux que son institution va travailler à mobiliser des ressources financières et techniques. Car a-t-il affirmé, c’est un devoir pour le FPDCT de travailler main dans la main avec la faitière des régions pour l’émergence d’un nouveau modèle de société équilibrée et basée sur le partage, l’équité, la tolérance, la solidarité et l’entraide.
«Nous ferons de notre pays un exemple en Afrique et de par le monde», s’est-t-il enorgueilli. De l’avis du président de l’ARBF, Eric Tiemtoré, l’accompagnement des CT par le FPDCT constitue une première au regard de l’énormité des défis à relever. Il a rappelé que le fonds a pour mission principale de concourir au financement des programmes prioritaires de développement des collectivités locales et de contribuer au renforcement de leurs capacités opérationnelles.
Pour donner un cachet juridique aux interventions de cette institution à l’endroit des CT, les deux parties ont signé la convention-cadre de financement des conseils régionaux au titre de l’année 2019.
La Commission de l’informatique et des libertés (CIL) a organisé le jeudi 7 mars 2019 à Ouagadougou, un séminaire de sensibilisation au profit de six associations féminines, sur la protection de leurs données à caractère personnel.
Dans le cadre de la commémoration de la fête du 8-Mars, Journée internationale de la femme, la Commission de l’informatique et des libertés a organisé un séminaire visant à sensibiliser les femmes de six associations féminines à la protection de leurs données à caractère personnel. Placé sous le thème : « La protection par la femme de ses données personnelles et de sa vie privée à l’ère du numérique », le séminaire s’est tenu le jeudi 7 mars 2019 à Ouagadougou.
D’emblée, la présidente du CIL, Margueritte Ouédraogo, a signifié aux participantes que la loi portant protection des données à caractère personnel a été adoptée en vue de garantir les droits des personnes en matière de traitement de données personnelles, quels qu’en soient la nature, le mode d’exécution ou les responsables. Elle a indiqué qu’une donnée personnelle constitue toute information qui permet, sous quelle que forme que ce soit, directement ou non, l’identification des personnes physiques, notamment par préférence à un numéro d’identification ou à plusieurs éléments spécifiques propres à leur identité dite physique, psychologique, psychique, culturelle ou sociale.
Le séminaire organisé à la faveur du la Journée internationale de la femme vise donc, selon Mme Ouédraogo, à sensibiliser les femmes à une meilleure protection de leur vie privée, leur image, pour éviter que soient divulguées un jour sur les réseaux sociaux, des images compromettantes.
A l’entendre, la journée de sensibilisation permettra aux participantes de connaître les voies et moyens pour mieux utiliser un téléphone portable et exploiter leurs propres données à travers les réseaux sociaux.
Marguerite Ouédraogo a aussi indiqué que les travaux ont montré aux femmes comment protéger leur appareil à l’aide d’un code afin d’éviter d’exposer leur vie personnelle. Amélie Traoré de l’association des juristes du Burkina Faso s’est réjouie de l’organisation du séminaire. En effet, a-t-elle dit, elle permettra à l’assistance d’approfondir ses connaissances en matière de données personnelles. Du reste, elle a espéré qu’au terme du séminaire, toutes les femmes formées soient en mesure de sensibiliser leurs sœurs n’ayant pas pu bénéficier de la formation sur la protection des données à caractère personnel.