Célébration du 8-mars : « Les hommes doivent s’impliquer », Laurence Ilboudo, ministre de la Femme

A l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la femme, la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, Marie Laurence Ilboudo/Marchal, aborde dans cet entretien, réalisé le mardi 5 mars 2019, les réalités de l’ « autre moitié du ciel ».

Sidwaya (S.) : Sous quel signe placez-vous la célébration du 8 mars 2019 ?

Marie Laurence Ilboudo (M. L.I.) : La journée internationale de la femme est commémorée à travers une thématique spécifique correspondant à la situation nationale du pays en général et au vécu quotidien des femmes en particulier. Ainsi, au regard de la situation sécuritaire que vit le Burkina Faso et ses conséquences sur la population, notamment les femmes, cette journée se tient autour du thème : «Contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale».

A travers ce thème, le Burkina Faso entend mettre en exergue le rôle et la place des femmes dans le processus de développement et de maintien de la paix dans notre pays ; mobiliser et fédérer les énergies pour réfléchir à la contribution de tous les acteurs, singulièrement de la femme à la recherche de solutions adéquates et pérennes à la crise sécuritaire.

S : L’année dernière, vous avez supprimé la parade entrant dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme pour des raisons budgétaires. Cette décision est-elle maintenue ?

M.L.I. : Tout comme en 2018, il n’y aura pas de parade pour la célébration de la Journée internationale de la femme en 2019. La suppression de la parade est maintenue, car ce n’est pas seulement une question financière, mais elle se justifie aussi par le fait qu’elle n’apporte pas une plus-value à la situation de la femme.

S.: Quelle est de façon globale, la situation de la femme burkinabè ?

M.L.I. : Des efforts sont consentis par le gouvernement, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers pour l’amélioration des conditions de vie des femmes. Cependant, force est de constater que les femmes et les filles demeurent dans une conjoncture sociale, économique, juridique peu favorable. Cela s’explique par le fait que les violences et les inégalités perdurent et engendrent l’accroissement de la vulnérabilité de cette frange de la population.

S.: Des phénomènes comme le rapt des filles, l’excision, le lévirat ont toujours la peau dure et contribuent à dégrader l’image de l’autre moitié du ciel au Burkina. Quelles solutions envisagez-vous ?

M.L.I. : Nous devons redoubler d’efforts dans les actions de sensibilisation et de conscientisation à l’endroit de la population sur les conséquences de ces phénomènes. Mais aussi veiller à une application effective des lois qui répriment ces pratiques dégradantes.

S. : Les mutilations génitales féminines sont des pratiques persistantes malgré les efforts de sensibilisation. Que faites-vous pour changer la donne ?

MLI : Je me pose aussi cette question, car il faut reconnaitre que l’Etat a mis beaucoup de ressources et d’énergie mais la pratique des mutilations génitales féminines a la peau dure. Comment une femme qui a été elle-même victime de l’excision, qui a subi ce traumatisme ou qui vit avec les séquelles peut donner sa fille pour qu’on lui inflige le même sort ? Il y a donc nécessité d‘impliquer les hommes et de les sensibiliser sur l’importance d’arrêter cette pratique. Il y a aussi lieu de veiller à ce que les femmes soient indépendantes et puissent faire leurs propres choix. Au sein du ministère, nous sommes heureux de savoir que le nouveau Code pénal prévoit un alourdissement des peines pour ceux qui vont exciser leurs filles, ainsi que des peines pour complicité.

S. : Il y a également le mariage des enfants qui a toujours cours dans certaines régions tel le Sahel…

M.L.I. : Les raisons évoquées pour justifier le mariage des enfants, dont entre autres, la précarité et les grossesses précoces, ne tiennent pas. Le mariage est trop sérieux pour qu’on y embarque des enfants. D’où le combat mené aujourd’hui par le ministère pour amener l’âge légal du mariage à 18 ans pour les femmes et les hommes.

S. : L’éducation de la jeune fille, qui reste un défi, peut-elle être une solution à ces différents fléaux ?

M.L.I. : L’éducation est un moteur du développement humain durable. Elle permet de développer chez l’individu des potentialités physiques, intellectuelles, morales, spirituelles, psychologiques et sociales, en vue d’assurer sa socialisation, son autonomie, son épanouissement et sa participation au développement économique, social et culturel. Par conséquent, elle permet de développer ses compétences et contribue à la réduction des inégalités.

S. : La problématique de la faible représentativité des femmes dans les sphères de décision est toujours d’actualité. Que faut-il faire pour inverser la tendance ?

M.L.I. : Avec la relecture de la loi quota genre, on pourra atteindre les objectifs en termes de représentativité car la nouvelle loi prévoit une liste de candidature alternée homme/femme et femme/homme. Et tous les partis politiques ont l’obligation de se conformer à cette disposition au risque de voir leurs listes rejetées.

S. : Il est difficile pour une femme d’entreprendre ou d’émerger en politique. Que faut-il faire ?

M.L.I. : Il faut tout un mécanisme pour aider les femmes à entreprendre et pérenniser leurs activités, d’où la nécessité de mettre en place des fonds afin de financer les entreprises des femmes et des dispositifs de formations. Aujourd’hui, force est de constater que l’autonomisation des femmes est une expression très à la mode, mais pour en faire une réalité il faut que la femme soit éduquée et formée. Il aussi qu’elle ait accès à des ressources et bénéficie d’un accompagnement. Tout cela dépend de la volonté des femmes à s’inscrire dans cette logique. En effet, elles sont encore nombreuses les femmes qui baissent les bras dès le premier obstacle, alors que l’autonomisation nécessite beaucoup de courage et une confiance en soi.

Dans mon département, la direction de l’autonomisation économique des femmes, à travers des formations, des équipements, un soutien pour la formalisation des entreprises, l’accompagnement pour l’accès aux crédits et le suivi des entreprises sur une certaine période, s’emploie à l’implantation d’entreprises viables par les femmes. Il y a par ailleurs des techniciens-conseils qui accompagnent les femmes disposant déjà d’une entreprise afin de les aider à les consolider.

Nous sommes particulièrement fières de cette jeune femme, que le ministère a aidé à écouler son stock de tomates transformées. Cette entrepreneure a aussi reçu le prix de la Banque Of Africa du meilleur stand pendant le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Voir prospérer les entreprises créées par des femmes est notre plus grande récompense.

S. : Le récent forum sur l’autonomisation des femmes de l’Assemblée nationale a recommandé que la période 2020-2030 soit la décennie de la femme burkinabè. Que faut-il comprendre par ce concept ?

M.L.I. : Il m’est difficile de me prononcer sur une activité du Parlement du fait de la séparation des pouvoirs. Il faut cependant retenir qu’en tant que membre du gouvernement, nous exécutons le programme du président du Faso en matière de femmes et de genre. Il faut plutôt focaliser notre attention sur l’approche genre, qui consiste à aider les couches les plus vulnérables afin de les hisser à un niveau où elles peuvent s’épanouir. Il s’agit d’établir une équité sociale entre les femmes et les hommes. Il est important que les hommes et les femmes se respectent et soient en complémentarité. Il y a aussi la question des personnes vivant avec un handicap que l’on doit promouvoir à un niveau où elles peuvent faire des choix et participer au développement du pays.

S. : Quel appel avez-vous à l’occasion de ce 8 mars ?

M.L.I. : La perversion et la débauche à l’occasion de cette journée dénoncées ne sont pas le fait du ministère. Ce n’est pas sa vocation de faire la morale ou de combattre des actes jugés immoraux. La journée internationale de la femme a été instaurée pour permettre aux femmes et aux hommes de réfléchir sur la situation des femmes et d’en faire un tremplin pour aller de l’avant. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le ministère avec la suppression de la parade. Le 8 mars n’est pas seulement une affaire de femmes, les hommes doivent s’impliquer pour en faire une célébration conviviale et familiale.

Propos recueillis par Nadège YE

Procès du putsch : « Diendéré avait dit le vin est tiré, il faut le boire », Mgr Paul Ouédraogo

A la barre du tribunal militaire, le mercredi 6 mars 2019, monseigneur, Paul Ouédraogo, l’Archevêque de Bobo–Dioulasso, a donné son témoignage sur les faits du putsch manqué.

A son deuxième jour d’audition, face aux accusés Hamidou Pagbelem, Mahamadou Bouda et Roger Koussoubé, le témoin Jérémie Ilboudo a réaffirmé, le mercredi 6 mars 2019 que c’est le sergent-chef, Bouda qui aurait arraché et ramassé le matériel à la radio savane FM. « D’ailleurs, ils ont tenu des propos discourtois à l’endroit du promoteur Zida », a-t- il indiqué. Mais l’accusé a dit s’abstenir de tout commentaire, car il ne se reconnait pas dans ces faits et il s’en tient à ses déclarations. « Je n’ai rien arraché », a-t-il soutenu.

Contrairement, le sergent Koussoubé, lui, a confirmé les dires du témoin. « Ce sont les militaires qui ont non seulement forcé la maisonnette où se trouvait le dispositif, mais aussi ramassé le matériel sous l’ordre du colonel Deka Mahamadi. Les techniciens de l’ARCEP ont retiré la clé USB qui émettait » a-t-il renchéri. Pour l’avocat de la défense, Me Timothée Zongo, le témoin a peur de dire la vérité, sinon ce sont eux (les techniciens) qui avaient les compétences nécessaires pour faire ce travail, autrement leur présence ne serait d’aucune utilité en ces lieux.

Et M. Ilboudo de rétorquer qu’il n’a aucune raison de mentir. « J’ai dit ce que j’ai vu et fait » a-t-il précisé. Et comme par pur coïncidence, ce 6 mars 2019, jour qui marque le début du carême chrétien, l’homme de Dieu, Monseigneur Paul Ouédraogo est passé à la barre pour donner sa version des faits au moment du putsch. L’archevêque de Bobo-Dioulasso était en route pour Ouagadougou, pour assister à une réunion de la conférence épiscopale Burkina-Niger, lorsqu’il a reçu un appel du directeur de cabinet de la Présidence du Faso, l’informant de l’arrestation des autorités de la Transition.

Peu après, c’est le CEMGA, Pingrenoma Zagré qui l’a appelé pour lui rendre compte de la situation et souhaité entrer en contact avec le cardinal. « Le cardinal est en mission aux USA. Il m’a donc demandé de venir participer à la résolution de la énième crise des soldats du RSP. Je suis arrivé au ministère de la Défense vers 21h15mn. Lorsque je suis rentré dans la salle, le général Diendéré faisait un compte rendu d’une mission qu’on lui avait confiée. Le général Zagré l’a coupé pour me présenter et après le Diendere a poursuivi son récit », a expliqué Mgr Paul Ouédraogo. Il a précisé que c’est l’ex-CEMGA, le Gal Zagré qui l’a dit que Diendéré rendait compte d’une mission avec les soldats.

De ce que l’archevêque a entendu, il est ressorti que les éléments de l‘ex-RSP ne voulaient plus faire marche arrière et que Diendéré souhaitait que l’assistance entérine l’arrestation des autorités. Ensuite, il a été question d’aller rencontrer les soldats au camp Naaba Koom II. « Pendant qu’on se préparait pour y aller, le général Diendéré a suggéré devancer la délégation en vue de préparer les soldats et faire venir une escorte pour nous », a raconté l’archevêque de Bobo-Dioulasso.

Des sages menacés par des soldats

Une fois au camp, les éléments de l’ex-RSP ont opposé un refus catégorique et tenu des propos discourtois à l’endroit des médiateurs. « Ça suffit ! On ne veut plus de négociation. Il suffit qu’on lance deux grenades et ce n’est pas sûr que vous sortiez d’ici en vie. Il faut dire à vos jeunes, de ne pas s’approcher car même s’ils viennent à 700, ils seront tous descendus », a relaté Mgr Ouédraogo, au sujet des menaces proférées à leur encontre.

A entendre les putschistes, foi de l’homme de Dieu, le problème fondamental était l’exclusion. Pourquoi ne les avoir pas rappelés à l’ordre?, a interrogé le parquet. « Nous étions dans une situation anormale. Et chaque soldat à chercher à donner son avis de la situation », a répondu le général Diendéré. Face à cette attitude, l’ex-président, Jean Baptiste Ouédraogo, leur a donc demandé si le coup de force était consommé. Ceux-ci ont répondu « oui ».

Alors la délégation a pris congé d’eux. De retour au ministère de la Défense, l’ex-CEMGA a déclaré qu’il n’est pas question de faire un coup d’Etat, car il a été nommé pour travailler à l’unité de l’armée, à la ramener à sa fonction républicaine. Et le général Diendéré de solliciter et d’insister sur l’accompagnement de l’armée, car, pour lui, il n’était pas question de laisser les jeunes soldats assumer cette situation. « Il y aurait des dérapages », a-t-il soutenu.

C’est en ce moment que le colonel major, Mamadou Traoré, a cherché à mieux comprendre la requête du général. Celui-ci a indiqué qu’une déclaration est en rédaction au camp. « Nous l’avons donc suggéré de la faire venir pour lecture. Le capitaine Dao a été envoyé avec ledit papier. Après sa lecture, j’ai fait constater qu’il s’agissait d’une proclamation et l’ex–président de préciser qu’il manque seulement la continuité des services par les SG de ministères et le signataire. J’ai fait comprendre à Diendéré qu’un coup d’Etat ne passera pas ni au niveau national ni international », a martelé le témoin.

Et le principal accusé de répliquer : «  Le vin est tiré, il faut le boire. J’assume », a témoigné l’homme d’église. C’est dans la journée du 17 septembre que Mgr a su qu’en réalité, Diendéré est le signataire de la proclamation. Face à ce témoignage, le général a signé et persisté qu’il a assumé le coup de force avec le soutien de l’armée. « La situation était électrique, un coup de feu pouvait conduire à un carnage et mettre la vie des otages en danger », a fait observer l’archevêque.

De l’avis du parquet militaire, il aurait été plus facile pour l’accusé de rétablir la normalité en exigeant la libération des otages, si tant est qu’il n’a pas ordonné leur arrestation. « Cette solution a été envisagée, mais a fait face à un échec cuisant de la part des soldats», a répondu Diendéré. Pour Me Dieudonné Boukoungou de la défense, les déclarations du témoin sur les va-et-vient du général avant son arrivée au ministère de la Défense ne peuvent être retenues dans la mesure où Mgr a ouïe dire.

Si le Gal avait demandé aux soldats de résister, cela ressortirait dans les témoignages, a estimé Me Bonkoungou. Me Yelkouni, toujours de la défense, a surtout révélé trois versions différentes sur les rencontres entre Diendéré et la troupe, pour préparer la venue des sages. « En réalité, cette mission n’a jamais existé », a-t-il affirmé. Mgr Paul Ouédraogo, qui a participé à la résolution des crises précédentes du RSP, avait-il des appréhensions ?

L’homme de Dieu a répondu par la négative. Il a dit comprendre les frustrations au sein du corps, mais que cela ne légitimait pas l’acte posé. Et Me Mamadou Sombié de l’implorer, afin qu’il « prie pour la brebis qui souffre dans sa chair ».

Fleur BIRB
Djakaridia SIRIBIE

Pauline Ouoba: La pionnière du « Faso danfani » à Manga

Pauline Ouoba, plus connue sous le sobriquet « Madame Ouoba », est une figure de proue du pagne tissé traditionnel Faso Danfani, dans la ville de Manga, province du Zoundwéogo. Mère attentionnée et patronne adulée, la quadragénaire s’est fait une réputation dans la confection et la valorisation du tissu « made in Burkina ».

Pauline Ouoba est une épouse et une entrepreneuse au parcours singulier. Connue sous le surnom de Mme Ouoba à Manga, cette quadragénaire est mère de quatre enfants. Ni l’âge ni la maternité n’ont altéré sa juvénilité et son entrain. De stature moyenne, le teint noir et éclatant, elle arbore presque toujours un sourire qui crée très vite l’empathie avec ceux qu’elle rencontre. Malgré son apparence d’une femme de bonne condition sociale, elle est portée sur la simplicité avec ses cheveux soigneusement peignés vers l’arrière, deux petites boucles assorties d’un bracelet en guise de parure et pour vêtement, un haut blanc en harmonie avec son pagne traditionnel.

En bonne mère, Mme Ouoba se montre attentive aux faits et gestes de ses enfants. Au sein de la famille, la complicité est entretenue entre tous les membres et les échanges sont toujours emprunts de respect. Même les cris plaintifs sporadiques et le grognement du petit dernier, âgé seulement de quelques mois, ne troublent la convivialité de la cour.
Dans la vie extraconjugale également, dame Ouoba a gardé son amabilité, son sens de responsabilité et une détermination à toute épreuve. Des qualités qui lui ont permis de se constituer, au fil du temps, une fortune avec le fil. Dans le secteur du pagne tissé traditionnel communément appelé « Faso Danfani », Pauline Ouoba est aujourd’hui un modèle de réussite et de persévérance.

Un héritage maternel

L’histoire entre Mme Ouoba et le Faso Dafani remonte à sa tendre enfance à Mahadaga dans la province de la Tapoa, région de l’Est. Petite, raconte-t-elle, elle aidait sa mère tisseuse dans ses nombreuses tâches. A force de répétition, elle finit par maîtriser toutes les étapes de la confection du pagne. A l’âge de 12 ans, la teinturerie, le tissage, le tricotage étaient, entre autres, techniques du métier qui n’avaient plus de secret pour elle. Cet apprentissage a pourtant failli lui coûter son inscription à l’école classique.

En effet, relate-t-elle, ce n’est que tardivement à 15 ans qu’elle rejoint les bancs. « J’ai tellement insisté que l’on a eu recours au suspend d’âge pour m’inscrire au CP1. Mais comme j’étais d’un âge avancé, on ne donnait pas cher pour mon séjour prolongé à l’école », confie-t-elle. Déjouant les pronostics, elle est resté à l’école jusqu’à la classe de 3e avant son mariage qui l’a conduit, par la suite, dans la « la cité de l’épervier ».

Et c’est à Manga, que dame Ouoba s’est penchée sur l’option de faire du tissage son gagne-pain quotidien. « En 2006, quand nous sommes arrivés, il n’y avait pas de tisseuses dans la ville. J’ai décidé de me lancer dans le métier, mais je n’avais pas de moyens non plus. En 2009, j’ai bénéficié d’une formation en entreprenariat et un financement à hauteur de 600 000 F CFA du FAIJ (Fonds d’appui à l’initiative des jeunes, NDLR) », raconte-t-elle. Avec cette modique somme et une dose de persévérance doublée du soutien de son mari, Pauline Ouoba est passée de simple tisseuse à une patronne d’une petite entreprise dynamique.

A ce jour, ses ateliers consomment, par semaine, huit balles de fils de coton contre une seule balle quand elle était à ses débuts, il y’a dix ans. Environ 160 pagnes sont produits, hebdomadairement, dans ses sites où travaillent une quarantaine de personnes venues de plusieurs provinces du pays. Le personnel de Mme Ouoba est mixte et constitué de diplômés au chômage, de jeunes filles et garçons et de femmes désireux de se former au métier.

Certains sont aussi des apprentis qui ont payé pour un perfectionnement. Un monde dont la prise en charge mensuelle coûte à la patronne plus de 300 000 F CFA, à ses dires. Nonobstant ce poids qu’elle supporte souvent difficilement, Mme Ouoba se dit fière d’apporter son aide aux autres et de partager son savoir-faire avec des jeunes et femmes désœuvrés. « Ce qui me fait le plus plaisir, c’est de savoir que certaines personnes qui ont appris le métier avec moi s’en sortent très bien dans la vie maintenant », informe-t-elle.

Une notoriété nationale et internationale

La qualité de ses pagnes et la beauté des motifs ont ouvert à Mme Ouoba des marchés en dehors des frontières nationales. « Le gens commandent mes pagnes d’un peu partout, en Afrique, en Europe et même aux Etats Unis d’Amérique », informe-t-elle. Des échantillons de sa production sont même retenus actuellement au Maroc dans le cadre d’une compétition internationale. Et les nouvelles du côté du Royaume chérifien, assure Mme Ouoba, augurent de belles perspectives d’affaires.

Les pagnes, produits selon le motif souhaité du client, s’écoulent à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Le professionnalisme de Mme Ouoba est loué à souhait par ses apprentis et employés. Mais ces derniers restent autant prolixes sur son altruisme, sa pondération et sa façon d’enseigner. Reine Inès Kéré est presqu’en fin de stage et attend de se lancer à son propre compte grâce à un financement de l’Etat qu’elle a obtenu sous le parrainage de M. Ouoba. Comme tout le monde, elle ne tarit pas d’éloges à l’égard de sa patronne qu’elle décrit comme une « femme exceptionnelle » et « sans défaut majeur ». « Elle est extraordinaire et très sympathique. Jamais je n’ai vu Mme Ouoba élever le ton sur ses apprentis. Quand elle veut te corriger elle prend tout son temps pour le faire et c’est ce que j’apprécie le plus chez elle », confie-t-elle.

Grâce aux efforts de nombreux promoteurs, le Faso Danfani a aujourd’hui est prisé sur le plan national. Mme Ouoba s’en félicite et remercie le gouvernement pour avoir été en avant-garde de la valorisation de ce patrimoine culturel. Elle est, du reste, de ceux qui pensent que le  »pagne made in Burkina » peut gagner encore en notoriété si les élèves et les forces de défense et de sécurité en font leur tenue. Une mesure qu’elle estime aussi salutaire pour des milliers de tisseuses et cotonculteurs qui pourront améliorer conséquemment leurs conditions de vie et accompagner l’Etat dans ses efforts de développement.

Mamady ZANGO
mzango18@gmail.com

Procès du Putsch manque, extrait du  témoignage de Mgr Paul Ouédraogo

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Les paroles déplacées venaient surtout du côté des sous-officiers. Nous avons dit à ces officiers que la communauté nationale et  internationale, n’allaient jamais acceptent cette action. Ils nous ont répondu que si la communauté internationale était si forte, Boko Haram et le djihadisme  n’allaient pas progresses. Ils  nous ont dit  que si on s’amuse, on allait même  pas sortir du camp vivant. Qu’il suffit juste de 2 grenades.

  Chloé Aicha Boro, réalisatrice: « Le métier du cinéaste est d’avoir un regard et de l’assumer » 

Film mal programmé, absence de cinéphiles et pleurs de la réalisatrice… Chloé Aicha Boro est passée par toutes les émotions à la 26e édition du FESPACO avec son documentaire « Le loup d’or de Balolé » qui a remporté l’Etalon d’or de Yennenga. Dans cet entretien, elle nous présente son film.

 S.: Pourquoi as-tu titré  ton film Le Loup d’or de Balolé ?

Chloé Aicha Boro (C.A.B.) : Le Loup d’or de Balolé parce qu’il y a un personnage assez singulier dans la carrière de Balolé qui s’appelle Ablassé. Au lendemain de l’insurrection, il a été porteur du vent d’émancipation qui a soufflé sur la carrière. Il a créé une association pour défendre les casseurs de granit de la carrière contre les intermédiaires qui les pillent. Par son combat, il est reconnu par les femmes, les casseurs. Ce sont eux qui l’ont surnommé le Loup d’or. J’ai trouvé que cette appellation pouvait faire le titre d’un film.

S.: La carrière de Balolé a été le sujet de plusieurs reportages et de productions cinématographiques, pourquoi as-tu fixé ta caméra sur ce gros trou au cœur de Ouagadougou ?

C.A.B.: La carrière de Balolé est un univers incroyable et époustouflant. On ne s’entend pas à voir au cœur d’une  capitale ce genre d’univers. J’ai fait mon école primaire à côté de la carrière, j’ignorais qu’un tel trou existait avec autant de personnes. Selon eux, ils sont environ 2500 personnes qui s’enfoncent  tous les jours pour casser du caillou à main d’homme. L’endroit est à environ 5 km du siège du FESPACO. Ce qui m’a intéressé est que ce truc énorme existe et que certains riverains l’ignorent. Comme ils le disent dans le film, ils sont entourés par des bâtiments administratifs. Quand j’ai découvert la carrière, j’ai juste allusionné. Au départ, je voulais que la carrière soit un personnage du film, finalement dans le traitement, la carrière n’est pas tout à fait un personnage ; mais un trou béant qui engloutit la vie des gens, l’avenir des gens, le bénéfice de leur labeur. Un trou qui engloutit aussi leur existence puisque officiellement ils n’existent pas. Mais la carrière existe officiellement.

S.: Les images du film font penser à l’esclavage 

C.A.B.:Exactement c’est l’impression que j’ai eue. J’ai pensé à l’ancienne Egypte. Celle des pyramides. Je n’ai pas voulu faire un traitement misérabiliste du film. Mais je montre des gens  debout, une résilience incroyable. Au-delà de la résilience, je montre cette immense tendresse des gens de Balolé. Ce sont des hommes qui ont une profondeur d’âme incroyable. Et le personnage Adama prend la parole, c’est époustouflant. Quand je le traite de philosophe ou de poète, il me répond non, je n’ai pas fait l’école. Ces gens sont la preuve que ce n’est pas l’école qui fait des gens des intellectuels. Ils sont dans ce contexte avec une âpreté incroyable mais à la fois ils sont debout surtout solidaires les uns pour les autres. Cette condition de dureté extrême, d’indigence extrême dévoilent des humanités profondes dans le sens positif du terme. J’ai pris un parti, je l’assume, de montrer la tendresse, la résilience qu’il y avait et de ne pas trop m’intéresser à tout ce qu’il y avait de moins beau. Le métier du cinéaste est d’avoir un regard et de l’assumer.

S.:Dans ton film, les casseurs de granite revendiquent leur participation à l’Insurrection populaire. As-tu été surprise par leur revendication ?

C.A.B.: Ces gens m’ont surprise à tous les égards et positivement à chaque fois. Ce sont les grands oubliés de l’Insurrection. Ils savent que leur participation à l’Insurrection a joué un rôle. Vu leur nombre, cela a forcément joué un rôle. Ils le disent en plus. Important ou pas, je n’en sais rien. Après l’Insurrection, ils se sont dit si on a pu se défaire d’un régime, on peut se défaire du joug des courtiers sur la carrière. Alors, ils ont entamé une lutte contre les intermédiaires et c’est cette lutte qui est belle à voir.

S.:Quel est ton vœu pour  ce film ?

C.A.B.:Qu’il soit vu au maximum. Cet univers est hors champ social. Il fallait qu’il rentre dans le champ de la caméra pour qu’il ne soit plus un hors champ social. Pour qu’on sache que cet endroit existe. Je ne sais pas si cela va changer quelque chose. Je n’ai pas la prétention de changer quelque chose. J’ai la prétention de montrer de ma façon parce que toutes les histoires peuvent et doivent être racontées. C’est notre boulot, cinéaste, de trouver la forme pour raconter les histoires et pour faire exister les personnages forts. C’est ce que je fais. Après les choses changent ou pas. Si elles changent tant mieux. Si ces personnes peuvent être aidées, elles peuvent sortir de la carrière. Si ce film y contribue, je serai vraiment ravie, mais ce n’est pas dans ma démarche première de cinéaste. Ma démarche première de cinéaste est de montrer. Je n’aime pas les hors champs sociaux.

S.:Quelles sont tes précédentes productions ?

C.A.B.:Avant « Le Loup d’or de Balolé », j’ai réalisé un documentaire intitulé France au revoir, le nouveau commerce triangulaire qui traitait du circuit du coton. Le film a remporté le prix du meilleur documentaire à Montréal. Bien avant, j’avais fait Farafinko à Bobo-Dioulasso où  je filmais la vie des habitants d’une cour, je montrais le vivre-ensemble à l’africaine. Ce film a énormément tourné. Il a été traduit en Espagnol, en Italien. Il est passé sur TV5. Il a eu sept prix à l’international dont un prix au Togo.

Alassane KERE

Promotion de la paix et de la cohésion sociale

Le projet dialogue inclusif pour un «mieux vivre-ensemble», porté par le consortium «Solidar Suisse» et l’Union fraternelle des croyants (UFC) section de Dori, a été officiellement lancé, le jeudi 28 février 2019, dans le Sahel.

Changer durablement et qualitativement les rapports sociaux, renforcer les réflexes de dialogue, consolider la cohésion sociale en véhiculant les valeurs de paix, de tolérance d’entraide (…) sont entre autres les objectifs recherchés par le projet dialogue inclusif pour un «mieux vivre-ensemble». Lancée le jeudi 28 février dernier à Dori dans la région du Sahel, l’initiative portée par plusieurs acteurs de divers bords confessionnels a été financée par l’Union européenne à environ 500 millions francs CFA. Pour le coordonnateur du projet, François Paul Ramdé, «dialogue inclusif pour un mieux vivre-ensemble» va s’étaler sur 30 mois. Il est, selon lui, doté d’une approche inclusive, communale et communautaire. Une série d’activités sont prévues dans le cadre de la mise en œuvre du projet et va consister à la promotion du dialogue, l’insertion de la jeunesse dans des emplois décents afin de renforcer la dynamique sociale dans les zones d’intervention du projet. « Deux axes principaux sont élaborés dont le premier se rapporte à la concertation et au dialogue multi acteurs. Le second sur la plaidoirie pour influencer les politiques et décisions en matière de paix et de cohésion », a-t-il dit.

Contribuer
aux politiques
de pacification

Pour le représentant pays de Solidar consortium, Dieudonné Zongo, sa structure vise à apporter sa contribution aux politiques de pacification et de sécurisation dans la région du Sahel. Pour lui, Solidar Suisse a un programme d’appui aux structures burkinabè dans les domaines de l’éducation de base multilingue formelle, la sécurité alimentaire, la formation et l’insertion socioprofessionnelle. Selon lui, le projet va concerner directement les communes de Dori, Sebba, Gorom-Gorom, Markoye, Bani etc. De l’explication du répondant de Solidar Suisse, les acquis du projet vont être acheminés au niveau national notamment à l’Assemblée nationale, à l’Observatoire national des faits religieux (ONAFAR), à la Direction générale des libertés publiques et des affaires politiques (DGLPAP) en vue d’influencer les politiques. Une initiative que le représentant du gouverneur de la région du Sahel, René Nana, conseiller technique au gouvernorat, a apprécié positivement. Selon lui, le projet offre des réponses appropriées à la situation sécuritaire actuelle dans la région. Il s’inscrit en droite ligne des objectifs recherchés par le Programme d’urgence pour le Sahel (PUS). « C’est un projet qui vient renforcer les outils locaux et les institutions mises en place par le gouvernement pour promouvoir la paix et la tolérance », a indiqué M. Nana. Il a affirmé que l’exécutif régional mettra les moyens qu’il faut pour permettre un bon déroulement du calendrier d’activités des acteurs du projet sur l’ensemble des provinces et communes de la région.

Wanlé Gérard COULIBALY

La plateforme pour les récriminations des usagers des services publics

Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale a officiellement lancé, le mardi 5 mars 2019 à Ouagadougou, un dispositif d’enregistrement et de traitement des plaintes et suggestions des usagers des ministères.

Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, dans sa dynamique d’améliorer la qualité des prestations et la performance des services publics, a mis en place un dispositif d’enregistrement et de traitement des plaintes des usagers au sein des ministères et institutions. Ledit dispositif a été officiellement lancé, le mardi 5 mars 2019 à Ouagadougou. Il concerne trois domaines, à savoir l’accueil et l’accessibilité, la prestation de service et la satisfaction de l’usager. «La plainte de l’usager peut porter, entre autres, sur la qualité des prestations, les délais de traitement et le non-respect des textes juridiques notamment les questions de manquement liés à la transparence, à l’impartialité, à la neutralité, à l’équité et à la continuité du service public».

Le dépôt peut se faire par soi-même, par personne interposée, par courrier au niveau des services d’accueil ou par courriel (email) à travers la plateforme : www.plaintes.gov.bf où l’intéressé va remplir un formulaire. Selon le chef de service du département modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance, Sidi Barry, la première opération dans la gestion des plaintes/suggestions est l’enregistrement qui consiste à reporter sur un support physique ou numérique les informations relatives à la plainte ou suggestions. «Il s’agit notamment d’affecter un numéro à la plainte ou suggestion, d’enregistrer la date de la plainte/suggestion, l’identité et l’adresse de l’usager (possibilité de masquer), l’objet, la structure à qui elle est adressée, le descriptif de la plainte/suggestion et, dans la mesure du possible, la cause ou les raisons de celle-ci», a détaillé M. Barry. Le service d’accueil chargé de réceptionner et de centraliser ces plaintes/suggestions à l’obligation de délivrer un accusé de réception rédigé et signé. Il transmettra ensuite le dossier au secrétaire général pour interpellation de la structure incriminée dont les services techniques concernés disposent d’un délai de 10 jours calendaire pour apporter une réponse à la plainte déposée. «Les services techniques apportent des réponses aux plaintes par courrier électronique aux plaignants dont les mails sont disponibles.

Pour celles enregistrées manuellement, les auteurs seront invités à passer récupérer la réponse à leur plainte au niveau du service d’accueil», a précisé le technicien Cheick Oumar Tamboula, du secrétariat permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance. Le ministre en charge de la communication, porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou, a salué la mise en place de ce dispositif en ce sens qu’il permettra d’améliorer, d’une part, le dialogue entre l’administration et les citoyens à travers l’opportunité qui leur est offerte d’exprimer une requête ou un avis, et, d’autre part, la qualité des services publics. Car, a-t-il dit, les difficultés d’accès aux services publics, le mauvais accueil, les dysfonctionnements dans le circuit d’enregistrement et de traitement des plaintes sont sources de multiples griefs et de récriminations de la part des usagers à l’endroit de l’administration publique. Ainsi, il a invité les ministères à rendre opérationnels les services d’accueil et d’information qui ont un rôle majeur dans la réussite du projet. Le dispositif d’enregistrement et de traitement des plaintes et suggestions a été adopté en conseil des ministres le 6 février 2019.

Kadi RABO

Dédougou : trois mois de prison pour le préfet 

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Dédougou : trois mois de prison pour le préfet
Entendus par le juge, le lundi 25 février 2019 sur les faits de détournement de biens publics, d’enrichissement illicite et d’incitation à la commission d’infraction à eux reprochés, le préfet et les neuf autres accusés ont été situés sur leur sort, le 4 mars 2019 au Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou en présence de Kantigui. Contrairement aux réquisitions du procureur du Faso qui souhaitait la condamnation du commis de l’Etat à 15 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 2 000 000 F CFA, la cour a prononcé une peine de trois mois de prison assortis de sursis et d’une amende ferme de 300 000 F CFA à l’encontre du commis de l’Etat. Sept des neuf autres accusés ont pris chacun une sanction de deux mois avec sursis et une amende ferme de 250 000 F CFA. Les deux autres ont seulement écopé chacun d’une peine d’amende ferme de 250 000 F CFA. En plus de ces différentes peines, les fautifs devraient restituer les animaux de trait dans les délais requis par la loi. « Les biens publics doivent être gérés dans l’intérêt général. Ça ne doit pas être une source d’enrichissement personnel », leur a lancé le procureur.

Recalé pour port d’armes au FESPACO
Kantigui dans ses balades est tombé sur une chaude discussion entre un expatrié et les éléments de sécurité, le 2 mars dernier au palais des sports, lors de la clôture de l’édition cinquantenaire du FESPACO. L’objet de ces échanges quelque peu houleux est que les forces de l’ordre lui ont refusé l’accès au palais des sports. Face à son insistance, les agents de sécurité l’ont conduit chez leurs supérieurs. C’est là que Kantigui comprendra que l’accès au lieu lui a été refusé, parce qu’il portait sur lui une arme. Et les éléments de la sécurité ont été fermes à l’égard de l’intéressé. «Avec votre arme, vous ne pouvez pas accéder à l’intérieur du palais où se trouve le Chef de l’Etat ; c’est assez clair, nous ne tergiversons pas là-dessus. La seule possibilité qui vous reste c’est d’aller laisser l’arme dans votre voiture», lui a-t-on signifié. Proposition que l’expatrié a rejetée, prétextant qu’il ne peut pas confier son arme à un civil (son chauffeur). Pire, lorsque le «chef» de faction lui a demandé les papiers d’autorisation de port d’arme, le concerné, membre de la garde rapprochée d’une personnalité, n’en possédait pas. Mais où était-il et c’est maintenant qu’il veut rentrer dans la cuvette du palais des sports avec son arme ? A cette question de la sécurité, il dira qu’il était à l’intérieur et qu’il est ressorti pour organiser les véhicules du cortège de sa délégation. Les éléments de la sécurité sont tombés des nus ! « C’est une erreur monumentale si vous avez pu accéder à l’intérieur avec votre arme », lui a lancé l’un d’eux. Kantigui, qui a suivi l’affaire de bout en bout s’est rendu compte que l’expatrié n’a pas obtenu gain de cause.

Kantigui
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