Camps de déplacés de Barsalogho et Foubé

La ministre de la Santé, Léonie Lougué, accompagnée d’une délégation du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), s’est rendue, le jeudi 28 février 2019, aux camps de déplacés de Barsalogho et Foubé.

La ministre de la Santé, Léonie Lougué est soucieuse de l’état de santé des déplacés de Barsalogho et de Foubé. En accompagnie d’une délégation du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), elle a visité, le jeudi 28 février 2019, les camps des personnes déplacées à Barsalogho et Foubé. « Nous sommes venus apporter un message de félicitation et d’encouragement aux autorités administratives qui ont bien voulu accompagner le personnel de santé pour répondre promptement aux urgences sanitaires dues au psychodrame de Yirgou », a déclaré Léonie Lougué. Ainsi, la visite a débuté chez le chef coutumier de Foubé. Là, la patronne du département de la Santé a remercié le garant de la tradition pour son sens d’hospitalité. « Au nom du gouvernement burkinabé, nous vous traduisons notre reconnaissance pour vos œuvres en faveur de la cohésion sociale. Nous vous invitons à continuer de prier pour la paix », a-t-elle lancé. La délégation a, ensuite, mis le cap sur le centre de santé dudit village. Ce sont la maternité et la salle d’hospitalisation qui ont été visionnées. Après une brève présentation du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Foubé, des doléances ont été présentées par des agents de santé. « Erigé en CSPS en 1989, le centre reçoit, actuellement, en moyenne 100 consultations par jour avec six agents pour une population de 20 938 habitants et plus de 10 mille déplacés », a indiqué l’infirmier-chef de poste du CSPS de Foubé, Vincent de Paul Kalmogo.
En ce qui concerne les préoccupations, il a cité, entre autres, le manque de personnel, d’équipements, du carburant et des frais de communication. Mme Lougué a rassuré que ces pétitions seront prises en compte par son département et ses Partenaires techniques et financiers (PTF). De l’avis de Vincent de Paul Kalmogo, du 18 janvier au 28 février 2019, plus de 40 femmes déplacées ont accouché dans leur maternité. Cependant, il a déploré l’augmentation des cas de pneumonie, de paludisme et de diarrhée. C’est pourquoi, la ministre de la Santé fait un don composé d’antibiotiques et de Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA). La délégation ministérielle s’est déportée sur le site d’accueil de Barsalogho pour traduire le même message d’encouragement et de félicitation au personnel. Des lots de médicaments et de moustiquaires ont été remis aux premiers responsables du camp. La plupart des bénéficiaires ont traduit leur reconnaissance à la patronne du département de la Santé. Pour la représentante des déplacés de Barsalogho, Bibata Diandé, ce geste est salutaire, en ce sens qu’il contribuera à réduire le risque lié aux maladies. « Nous voulons une maternité sur place pour les femmes enceintes », a-t-elle souhaité. Le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Barsalogho n’a pas aussi échappé à la supervision du ministre. A l’issue de sa visite, Léonie Lougué s’est dite satisfaite des efforts consentis. Pour elle, la réponse d’urgence a été efficace, car, la prise en charge a été coordonnée avec l’ensemble des acteurs des actions humanitaires.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

Culture, sports et loisirs Le cadre sectoriel fait sa revue annuelle

0

Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme en collaboration avec celui en charge des sports a organisé, le mardi 5 mars 2019 à Ouagadougou, une rencontre de la revue annuelle du Cadre sectoriel de dialogue (CSD) : «Culture, sports et loisirs».

Conformément aux dispositifs de suivi du Plan national de développement économique et social (PNDES), les cadres du ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme et ceux du ministère des Sports et des Loisirs se sont réunis, le mardi 5 mars 2019 à Ouagadougou. L’objectif est de procéder à la revue annuelle du Cadre sectoriel de dialogue (CSD) «Culture, sports et loisirs».

Selon le ministre en charge de la culture, Abdoul Karim Sango, il s’agit de valider le rapport annuel de performance dudit cadre. «La mise en œuvre du PNDES en 2018 en ce qui concerne notre secteur, s’est traduite par la définition d’un certain nombre de résultats à atteindre en lien avec les indicateurs de performance identifiés au niveau de nos documents de politique sectorielle », a-t-il expliqué. Il s’agit, a-t-il précisé, de dresser le bilan de la mise en œuvre de cette matrice de performance à travers l’évaluation des résultats auxquels le secteur est parvenu au 31 décembre 2018. Aussi, à entendre M. Sango, c’est l’occasion de mesurer au bout de trois ans, la contribution véritable de ce cadre sectoriel de dialogue à l’atteinte de l’ »effet 3.2.2 du PNDES », qui s’énonce comme suit : «la contribution des industries culturelle, touristique et sportive à l’économie est améliorée», à travers le niveau d’atteinte des cibles des indicateurs d’impact et d’effets suivis par le secteur.  «Nous devons réorienter, si nécessaire, nos actions pour une meilleure participation du secteur à l’atteinte de cet effet du PNDES», a-t-il souligné.

Cependant, a-t-il mentionné, il faut reconnaître que la principale difficulté à laquelle fait face ce secteur demeure l’insuffisance des moyens financiers pour relever les éventuels défis. Le ministre Sango a réitéré sa gratitude aux partenaires techniques et financiers, aux organisations non gouvernementales, aux institutions, aux collectivités territoriales, au secteur privé et à la société civile pour les efforts de financement consentis au développement de ce secteur de planification.

Kowoma Marc DOH

UNESCO: Le mérite de Alimata Salambéré salué

L’UNESCO a rendu un hommage à Alimata Salambéré, présidente du comité d’organisation de la première édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). C’était le lundi 4 mars 2019 à Ouagadougou.

Membre fondatrice du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), et présidente du comité d’organisation de la première édition de la biennale en 1969, Alimata Salambéré a été honorée par l’UNESCO pour sa remarquable contribution au rayonnement international du cinéma et des industries culturelles en Afrique. La cérémonie de remise de distinction honorifique a eu lieu, le lundi 4 mars 2019 à Ouagadougou. Selon le directeur régional de l’Organisation des nations unies pour la science et la culture (UNESCO) pour l’Afrique de l’Ouest, Ydo Yao, Alimata Salembéré est une femme « courageuse », et l’une des pionnières du plus grand festival de cinéma de l’Afrique francophone. Pour lui, Mme Salambéré est une icône de l’audiovisuel, qui a travaillé de sorte à promouvoir la culture et les arts à travers les medias. Quant à la bénéficiaire, elle a dit être émue par cette distinction qui intervient à l’occasion du cinquantenaire du FESPACO. Tout en saluant la démarche de l’UNESCO, elle a invité les femmes africaines et burkinabè à travailler davantage, et, à « avancer » selon leur conviction. « Mon souhait est de voir ma vie servir d’exemple à l’autre moitié du ciel, et faire des émules au sein de la gent féminine. J’encourage nos filles à œuvrer sans relâche pour aller au-delà du travail accompli par leurs aînées », a-t-elle conclu.

Valentin KABORE (Collaborateur)

Résilience économique et climatique des populations

Dans le cadre de la mise en œuvre du «Programme d’appui à la résilience économique et climatique des populations du Burkina Faso à travers des innovations financières et digitales» United nations capital development fund (UNCDF) a organisé une rencontre “Tech’Konect’’ pour la cartographie des Fintech, le 5 mars 2019, à Ouagadougou.

Favoriser l’accès financier à des populations rurales mal desservies en adoptant des produits financiers, des modèles d’affaires, des technologies innovantes et le digital pour accroître l’inclusion financière est l’objectif que vise l’United nations capital development fund (UNCDF). Ce, à travers son programme d’appui à la résilience économique et climatique des populations du Burkina Faso à travers des innovations financières et digitales. Le mardi 5 mars 2019, une rencontre d’échanges a eu lieu à Ouagadougou entre promoteurs de compagnies de technologies.

Ces promoteurs étaient composés de responsables ou représentants d’institutions financières, des opérateurs de téléphonies mobiles, de partenaires techniques et financiers, des investisseurs sociaux… Cet atelier avait pour but de sélectionner une dizaine de compagnies dans le cadre de cette initiative. Sur la quarantaine de compagnies participantes, chacune a eu cinq minutes pour présenter un pitch, pour faire la synthèse de leur projet. Par la suite, un jury composé de cinq experts internationaux des questions de technologies numériques a évalué les ‘’candidats’’ sur la base d’un certain nombre de critères. Il s’est agi du domaine d’intervention, l’innovation majeure, les déterminants du modèle d’entreprise et le levier de rentabilité, la flexibilité et la polyvalence de la technologie, le calendrier et le coût de mise en œuvre pour le déploiement, les capacités techniques et antécédents des porteurs de solutions, le besoin en appui pour la mise à l’échelle de la solution et le potentiel d’impact sociétal. A l’issue de toutes ces présentations, une dizaine de compagnies de technologies ont été retenues par l’UNCDF. Elles vont bénéficier de subventions et de crédits, de renforcements de capacités (le coaching, le mentoring, l’assistance technique).

Les jeunes et les femmes en première ligne

Elles auront également l’occasion de s’associer avec des prestataires de services techniques ou financiers dans le cadre de la validation de leurs modèles d’affaires et la mise à l’échelle de leurs activités. Selon le coordonnateur du programme, Hermann Messan, cette rencontre dite Tech’Konect se veut à la fois une plateforme de réseautage et un cadre d’échanges de discussion sur les modèles et solutions des compagnies de technologie. «Les initiatives dignes d’intérêt, présentées vont contribuer à améliorer l’accès financier dans les zones rurales et comporter des innovations permettant l’inclusion socio-économique des populations rurales au bas de l’échelle et les ménages ruraux », a dit M. Messan. Il a précisé que parmi les populations rurales, ce sont les jeunes, les femmes, les agriculteurs qui seront pris en compte dans le cadre de ce programme.

Un programme soutenu par la coopération luxembourgeoise. Son représentant, Max Lamèche a déclaré que la coopération est engagée depuis les années 1990 à soutenir le développement de la microfinance inclusive axée sur les femmes, la finance rurale, le développement d’outils de financement et d’assurance dans le secteur du développement agricole et dans le domaine de la lutte contre la faim et la malnutrition.
L’UNCDF est une agence d’investissement pour 47 pays moins avancés du monde. Il crée de nouvelles opportunités pour les populations pauvres et leurs communautés en améliorant l’accès à la microfinance et aux investissements. Les programmes de l’UNCDF aident à autonomiser les femmes et visent à attirer des investissements plus importants du secteur privé, des gouvernements nationaux et les partenaires au développement en vue d’un impact maximum dans l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement.

Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Numérisation du territoire: Un schéma directeur pour interconnecter les régions

La Commission nationale d’aménagement et de développement durable du territoire a tenu sa première session extraordinaire de l’année, le mardi 5 mars 2019 à Ouagadougou. Il a été question de l’examen et de la validation du schéma directeur d’aménagement numérique.

Pour une meilleure planification spatiale à travers le numérique au Burkina Faso, les acteurs de l’aménagement du territoire ont élaboré un schéma directeur. L’examen et l’adoption de cet outil ont eu lieu au cours d’une session extraordinaire organisée le mardi 5 mars 2019 à Ouagadougou, par la Commission nationale d’aménagement et de développement durable du territoire. Plusieurs structures déconcentrées et décentralisées ont pris part à la rencontre afin de faire des amendements et de proposer un document de qualité en phase avec les aspirations des populations. Pour madame le ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Développement chargé de l’Aménagement du territoire, Pauline Zouré, le schéma directeur d’aménagement numérique entre en droite ligne de la stratégie nationale de développement de l’économie numérique.

Il permet selon elle, de réaliser des infrastructures de communication électronique parmi lesquelles la construction d’un réseau dorsal de télécommunication par fibre optique (réseau Backbone). Un projet qui, du point de vue de la ministre va permettre un accès ouvert et équitable aux acteurs, garantir le développement de la concurrence et de l’innovation dans la fourniture d’offres de services aux populations. «Le schéma directeur d’aménagement numérique est élaboré par le ministère en charge de l’économie numérique. A cette session nous allons l’amender et le valider afin d’obtenir un document qui va servir d’outil pratique et opérationnel à même de réduire la fracture numérique au Burkina Faso d’ici à l’horizon 2030» a indiqué Mme Zouré. Elle a, en outre, ajouté que la session va consister à vérifier les stratégies, la cartographie, la nature des infrastructures prévues (…) afin de s’assurer de leurs conformités vis-à-vis de la stratégie nationale de développement durable du territoire. Il s’agit également d’arrimer le schéma aux autres instruments sectoriels et communautaires de planification. Selon le ministre du Développement de l’Economie numérique et des Postes, Hadja Fatimata Ouattara, plusieurs ouvrages de télécommunications seront réalisés dans le cadre de la mise en œuvre du schéma directeur.

Elle a invité les participants à la session à s’impliquer résolument dans le toilettage du document afin qu’il soit validé en conseil des ministres et serve d’outil de base des investissements. «La technologie numérique est omniprésente dans la vie des populations. Dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation, de la santé (…) le recours au numérique est un impératif. De ce fait, l’économie numérique se veut un maillon sûr du développement durable», a dit Mme Ouattara. Le directeur général du développement territorial Martial Wilfried Bassolé a précisé que le schéma est un moyen à court et long terme dont l’objectif est de couvrir le territoire national d’un réseau numérique mobile et fixe à très haut débit. Il a rassuré que ces objectifs seront atteints et l’interconnexion des collectivités territoriales sera pour bientôt.

Wanlé Gérard COULIBALY

162ème Journée internationale de la femme

A l’instar de la communauté internationale, le Burkina Faso célèbre cette année la 162ème journée internationale de la femme, le 8 mars 2019 sous le thème : «contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale». C’est la ville de Koupéla qui aura l’honneur d’abriter la cérémonie officielle de cette journée placée sous le haut patronage de Madame Sika/KABORE, épouse de Son Excellence Monsieur le Président du Faso.
En rappel, c’est depuis 1977 que l’Organisation des Nations unies a adopté une résolution qui invite les pays à consacrer une journée à la célébration des droits de la femme et de la paix. Depuis lors, le 8 mars est ainsi consacré journée de reconnaissance des droits de la femme et se présente comme l’occasion idéale de marquer un temps d’arrêt en vue de réfléchir sur la situation et les conditions de vie des femmes.
Au Burkina Faso, cette commémoration est organisée sous l’égide du ministère en charge de la femme, à travers une thématique spécifique correspondant à une préoccupation nationale pour permettre un cadrage de la réflexion et de l’action.
Le choix du thème de cette année «Contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion» se justifie par le fait que le Burkina Faso, à l’instar d’autres pays de la sous-région, est en proie à des attaques terroristes qui ébranlent la stabilité du pays.
En tenant compte des conséquences négatives des crises sécuritaires sur les femmes, les différentes stratégies pour le Sahel ont mis l’accent sur le caractère essentiel de l’égalité des sexes. Aussi, ces stratégies prônent l’implication effective des femmes dans les processus de prévention et de lutte contre l’extrémisme.
Les femmes jouent le rôle d’intermédiaires dans des situations de conflits en facilitant la communication et les négociations.
Elles sont de véritables passerelles entre les communautés et représentent des artisanes de la paix au sein de la famille et de la société.
Elles jouent un rôle important dans la résolution des conflits et se présentent comme des actrices de premier plan pour détecter et corriger en leur sein les premiers signes de radicalisation et d’extrémisme dans leur cadre de vie et pour comprendre les facteurs susceptibles d’influencer les choix de leurs enfants.
A travers le choix du thème, le Gouvernement entend mettre en exergue le rôle et la place de la femme dans le processus de maintien de la paix dans notre pays.

Des réflexions seront donc menées dans le cadre d’un panel prévu le 7 mars 2019 à Tenkodogo sur le thème central de la commémoration avec trois (3) sous-thèmes :
– rôle des femmes dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au Burkina Faso ;
– contribution de la femme à la sauvegarde et à la promotion de la paix et de la cohésion sociale au Burkina Faso ;
– lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au Burkina Faso : quelle forme de collaboration entre les FDS et les populations.
En outre, plusieurs autres activités sont programmées au nombre desquelles :
– une rencontre de concertation entre Madame la Ministre et les organisations de femmes ;
– une formation des femmes retirées de la rue en gestion des entreprises et en entrepreneuriat ;
– un tournoi de football dénommé «Super coupe dames » ;
– une cérémonie officielle commémorative de la journée.

Ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et l’action Humanitaire

Grève de la Police nationale «C’est déplorable», selon l’opposition

Dans le cadre de son point de presse hebdomadaire, l’opposition politique a abordé quatre faits d’intérêt national, lors du rendez-vous du 5 mars 2019 que sont la visite supposée de terroristes au chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré à sa prise de fonction, la situation des personnes déplacées, le mouvement d’humeur de la police nationale et la «politisation» du 8-Mars et du FESPACO.

Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) ne veut pas lâcher du lest depuis l’interview accordée par le président Roch Marc Christian Kaboré au média allemand Deutsche Welle, lors de sa récente visite officielle en Allemagne. Les précédentes interpellations n’ayant pas reçu de réponse du chef de l’Etat, l’opposition politique est revenue à la charge, lors de son point de presse du 5 mars 2019, pour, cette fois, invité le président Kaboré à collaborer avec la justice pour dénoncer les supposés terroristes qui lui auraient rendu visite à Kosyam. Les conférenciers de ce jour étaient le président de l’Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), Me Gilbert Noël Ouédraogo et le 4e vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda Dicko. Ils se sont aussi appesantis sur le sort des dizaines de milliers de réfugiés internes du fait de la dégradation de la situation sécuritaire du pays.

Pour l’opposition, ces personnes ayant abandonné leurs richesses dans leur fuite (bétail, terres cultivables), des risques de famine se profilent à l’horizon avec la perspective de la saison des pluies. La meilleure action consiste, selon eux, à restaurer l’Etat et sa force publique dans les zones attaquées, à renforcer la résilience des populations et à les ramener sur leurs terres. «Pour accompagner tout ce processus, l’opposition propose au gouvernement de lancer une campagne nationale de solidarité à l’endroit des réfugiés internes», ont-ils argué. Par ailleurs, le CFOP a exprimé son inquiétude à propos du mouvement d’humeur au sein de la Police nationale, débuté le lundi 4 mars dernier. «Dans ce contexte sécuritaire grave, c’est déplorable que le gouvernement ait laissé la situation pourrir», ont regretté les conférenciers, avant d’appeler le chef du gouvernement à mettre les ressources adéquates à la disposition des Forces de défense et de sécurité (FDS). Les porte-parole du CFOP ont également dénoncé la «politisation» du FESPACO et du 8-Mars, en se référant à la présence de spectateurs «arborant» des t-shirts à l’effigie du président Kaboré, lors de la cérémonie de clôture de la biennale du cinéma ainsi que le pagne officiel du 8-Mars de cette année qui «porte» la couleur orange du parti au pouvoir.

Selon l’opposition, ce sont des manifestations d’intérêt national qui doivent dépasser le cadre clivant. Pendant les échanges, les hommes de média ont demandé l’avis des conférenciers sur l’action du nouveau ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Chérif Sy et du chef d’Etat-major général des armées, Moïse Miningou. Gilbert Ouédraogo et Amadou Dicko ont loué leurs actions à l’aune des victoires engrangées par les FDS. Les porte-parole du CFOP les ont encouragés, exprimant leur souhait de voir le pays totalement libéré.

Fabé Mamadou OUATTARA

Procès du putsch: la part de vérité du Col-major Pierre Sanou

Entendus pour la première fois depuis le début du procès du putsch manqué, les colonels-majors Pierre Sanou et Sié Toué ont témoigné hier, mardi 5 mars 2019 devant le tribunal militaire. Le 3e témoin auditionné a été le lieutenant-colonel, Paul Henri Damina.

Pour la première fois qu’il s’est exprimé devant la justice depuis les événements du 16 septembre 2015 et jours suivants, le colonel-major Pierre Sanou a dû «puiser dans ses souvenirs» pour témoigner devant le tribunal militaire. Ce qu’il sait desdits événements est que dans la nuit du 16 au 17 septembre 2015, il a participé, de 17h à 3h du matin à une longue réunion de la Commission de réflexion et d’aide à la décision (CRAD), entrecoupée de rencontres avec des éléments de l’ex-RSP. A ses dires, après avoir échoué à faire libérer les autorités de la Transition prises en otage, la hiérarchie militaire a demandé au général Gilbert Diendéré «d’assumer pour éviter le chaos». Mais assumer quoi exactement : les conséquences de la vacance du fauteuil présidentiel ou ce que les éléments de l’ex-RSP ont commencé ? «Assumer les conséquences de leurs actes», a répondu le témoin à un parquetier qui a dû relancer à maintes reprises la question. Le colonel-major Sanou a aussi fait savoir qu’il a pris part à la «réunion d’information» du 17 septembre dans la matinée. «Annoncé comme le président du CND par l’ex-CEMGA le général Pingrenooma Zagré, le général Gilbert Diendéré est entré. On s’est levé. Par la suite le général Zagré a introduit et a passé la parole à Diendéré qui a fait le point de la situation, déplorant déjà deux morts. Il a aussi annoncé des mesures sur le volet diplomatique ainsi que l’arrivée du président sénégalais Macky Sall», a révélé l’officier sans omettre les questions de maintien de l’ordre. Interrogé sur le sentiment du général Diendéré selon lequel l’accueil à lui réservé par la CRAD signifiait une allégeance, Pierre Sanou a indiqué qu’il n’a jamais été question d’allégeance.

«Merci pour ta franchise»

Invité à la barre après la déposition du témoin, l’accusé, le colonel-major Boureima Kiéré n’a rien dit. Pour sa part, le général Diendéré a, d’un ton ferme, remercié l’officier Sanou pour sa «franchise». C’est Me Awa Sawadogo de la partie civile qui a ouvert la phase de questions au témoin. Elle a surtout cherché à savoir pourquoi la réunion de la nuit du 16 septembre a duré autant. «Elle a duré parce que la CRAD tentait de trouver une solution de sortie de crise. Pour nous, le temps ne comptait pas. Il fallait trouver la solution», a répliqué le témoin. Il précisera à Me Olivier Yelkouni de la défense, que la sécurisation des populations impliquait les mesures pour parer tout débordement. Quant à Me Latif Dabo aussi de la défense, il s’est réjoui que les déclarations du témoin reflètent ce que le général Diendéré a dit.
Le deuxième témoin entendu à l’audience du mardi 5 mars est le colonel-major Sié Toué, ex-commandant du Groupement central des armées (GCA). On retiendra que le 16 septembre 2015, après 14h30, il a été appelé à l’Etat-major général des armées par le colonel-major Naba Palé. Là-bas, il apprendra que les membres du gouvernement d’alors étaient pris en otage par des éléments de l’ex-RSP. Passé la brève rencontre, il a rejoint son bureau où il a passé la nuit dans l’attente d’instructions. Rentré au petit matin se changer, il reviendra au service vers 7h30 où il suivra la déclaration du CND à la télévision. Après cela, il est convoqué à une réunion de la CRAD au ministère de la Défense. Rencontre au cours de laquelle Diendéré a donné un certain nombre d’informations. D’après l’officier Toué, ce qui s’était passé la veille était une saute d’humeur du RSP assumé par Diendéré, et à la suite de laquelle le CND a été mis en place. «A la rencontre du 17 septembre, avez-vous reçu le général Diendéré en sa qualité de président du CND ou d’officier supérieur de l’ex-RSP en médiation avec la hiérarchie, sachant qu’il y avait eu la déclaration du CND ?». A cette interrogation du parquet, le colonel-major Toué a répondu que pour lui c’était un compagnon d’arme, qui venait exposer la situation comme il l’a fait le 4 février 2015 lors d’une autre crise dudit régiment. La question de l’intervention d’éléments de l’ex-RSP dans la zone du GCA a aussi été abordée. «Ils y ont fait un bref passage. Ils ont tiré au milieu des logements de personnel derrière le lycée Marien N’Gouabi … Par la suite on m’a rapporté qu’un cadavre a été retrouvé devant le centre culturel des armées», a fait savoir l’ex-patron du GCA.

Korogo aurait songé à démissionner

Le lieutenant-colonel Sandaogo Paul Henri Damiba a été entendu dans l’après-midi. Son audition à propos des événements a mis en avant ses allers-retours entre Dori (où il officiait) et Ouagadougou pour s’entretenir avec le général Gilbert Diendéré ainsi que des conversations téléphoniques qu’il aurait eues avec le général Djibrill Bassolé et le commandant Abdoul Aziz Korogo. Le témoin a fait savoir qu’il était à Ouagadougou dans le cadre d’un atelier de sécurisation des élections, le 16 septembre 2015, lorsque les événements ayant conduit au putsch ont débuté. Le lieutenant-colonel a rejoint Dori le 17 septembre.

De là-bas, il est revenu dans la capitale pour répondre à l’appel du général Diendéré. Leur entretien a porté principalement sur les saccages de domiciles privés, puis le général lui aurait dit de rejoindre son poste pour ne pas prêter sujet à caution. Le lieutenant-colonel a confié avoir interagi également avec le commandant Korogo lors des événements. A ses dires, son promotionnaire était perçu par beaucoup de personnes comme étant à la base du coup de force, si bien que ses camarades chefs de corps des autres garnisons s’étaient en quelque sorte coalisés contre lui. Mais le témoin qui a dit s’être entretenu avec le mis-en-cause dès les premiers moments du mouvement, a assuré que c’était une mauvaise perception. «Il était complètement déçu et songeait même à démissionner de l’armée. C’est moi qui lui ai suggéré de se référer aux chefs», a rapporté le témoin qui a avoué au tribunal qu’il aurait peut-être participé au coup si le commandant Korogo en était l’initiateur.

Le lieutenant-colonel Damiba a reconnu avoir échangé également avec le colonel Zakaria Koné de la Côte d’Ivoire, soupçonné de sympathie envers les auteurs du coup de force eu égard à ses sentiments personnels vis-à-vis du Premier ministre d’alors, Yacouba Isaac Zida. Appelés en confrontation, le commandant Korogo et le général Diendéré n’ont pas contredit le témoin. En voulant en savoir davantage sur un échange téléphonique entre Damiba et le général Bassolé, l’avocat de la défense, Me Dieudonné Bonkoungou a mis en lumière des distorsions entre la conversation audio et la retranscription faite par les officiers de police judiciaire. Mais surtout, il est ressorti des propos de l’accusé que le juge d’instruction lui a fait écouter la bande sonore de l’entretien lorsqu’il l’a interrogé dès octobre 2015, alors que le procès-verbal d’interrogatoire fait mention plutôt d’une retranscription qui lui a été présentée. De quoi conforter l’avocat dans sa conviction que le dossier a subi des manipulations afin d’incriminer expressément leur client.

A la suite du lieutenant-colonel, c’est le responsable du service d’assignation des licences et autorisation de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Rabi Jérémie Ilboudo, qui a été appelé à la barre. Le tribunal poursuit son audition ce mercredi matin à la faveur d’une nouvelle pièce, le rapport des appels téléphoniques entre le général Diendéré et l’ex-président de l’ARCEP, Mathurin Bako, introduit par le parquet.

Jean Philibert SOME
& Fabé Mamadou OUATTARA

Résistance aux antimicrobiens: la FAO et l’OMS recherchent un antidote

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont organisé, un atelier régional sur la Résistance aux antimicrobiens (RAM) en Afrique de l’Ouest, du 4 au 5 mars 2019 à Ouagadougou.

700 000 personnes dans le monde meurent chaque année du fait de maladies liées à la Résistance aux antimicrobiens (RAM). Et, si rien n’est fait, ce nombre atteindra 10 millions en 2050 dont plus de 4 millions en Afrique. En vue donc de lutter efficacement contre ce phénomène qui constitue un véritable problème de santé publique, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré un plan d’actions (2016-2020). Dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan, elles organisent un atelier régional sur la RAM en Afrique de l’Ouest du 4 au 5 mars 2019 à Ouagadougou. L’objectif général de cette rencontre est, aux dires du représentant résident par intérim de la FAO au Burkina, Lofti Allal, d’examiner la situation actuelle dans la région ouest- africaine pour mieux identifier, hiérarchiser et harmoniser les initiatives et activités collaboratives pouvant contribuer à lutter efficacement contre la RAM et l’utilisation abusive d’antimicrobiens. Durant les deux jours de travaux, les participants venus de dix pays d’Afrique de l’Ouest s’évertueront à répondre à deux questions essentielles : comment générer des informations fiables et nécessaires pour adapter les activités aux besoins des pays de la sous-région en tenant compte des expériences spécifiques et comment améliorer la coordination et l’harmonisation des stratégies au niveau national et régional ? Pour M. Allal, trouver une réponse à la deuxième question est très important en ce sens que la lutte contre la RAM nécessite une approche multisectorielle.

Des conséquences sur l’économie

«Les efforts d’un seul pays ne peuvent ni empêcher ni éliminer le problème de façon efficace dans la mesure où un seul foyer épidémique impliquant un microorganisme résistant peut se propager rapidement au-delà des frontières et des régions et causer des dommages graves pouvant être irréversibles. Et ce, par le biais des échanges commerciaux et des mouvements de population», a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le partage d’expériences entre pays est important dans la mesure où les Etats sont à des niveaux différents dans la lutte contre la RAM, foi du représentant résident de la FAO. En effet, pendant que certains pays de l’Afrique de l’Ouest sont toujours au début de l’élaboration ou de la mise en œuvre de stratégies pour faire face au problème, d’autres comme le Ghana par contre sont des références en matière de lutte contre la RAM. Cette rencontre va donc permettre un partage des meilleures pratiques et des succès entre pays participants. La représentante résidente de l’OMS au Burkina, Alimata Diarra-Nama a salué la tenue d’un tel atelier qui va permettre de faire un pas de géant dans la lutte contre la RAM. Pour elle, le combat contre la résistance aux antimicrobiens est important en ce sens que le phénomène a des conséquences dommageables sur la santé des populations et sur l’économie des pays. «La RAM rend le traitement de certaines infections inefficace entrainant une mortalité accrue, des maladies plus graves ou prolongées ainsi que des problèmes de sécurité sanitaire des aliments», a-t-elle regretté. En sus, elle a noté que la RAM engendre des coûts plus élevés dans les traitements et les soins de santé. «Ce qui a un impact économique défavorable», a-t-elle déploré.

Nadège YAMEOGO

Amélioration des recettes douanières

0

L’Organisation mondiale des douanes (OMD), en collaboration avec la direction générale des douanes, organise un atelier régional d’accréditation de conseillers techniques et opérationnels francophones, spécialisés en dossier recettes, du 4 au 8 mars 2019 à Ouagadougou. Venus de huit pays, les 12 participants devront, à terme, conseiller les directeurs généraux des douanes pour l’amélioration des recettes douanières.

L’Organisation mondiale des douanes (OMD) veut renforcer sa réserve de Conseillers techniques opérationnels (CTO) spécialisés en «dossier recettes». Ce dossier comprend les différents outils de diagnostic, de gestion des risques, des contrôles en matière de classement tarifaire, d’évaluation, d’origine et de contrôle a posteriori. Pour ce faire, elle organise, du 4 au 8 mars 2019 à Ouagadougou, en collaboration avec la Direction générale des douanes (DGD), un atelier régional d’accréditation de 12 CTO venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de l’Ile Maurice, du Niger, du Sénégal et du Togo. A l’ouverture des travaux, le directeur du Centre régional de formation (CRF) de Ouagadougou, Casimir Sawadogo, s’est réjoui du choix de sa structure. Il a donc souhaité que les 12 participants réussissent à la formation afin de faire partie de «l’important» groupe d’experts et contribuer, à leur tour, au renforcement des activités de formation à la thématique à l’échelle internationale. Administrateur technique principal à l’OMD et formatrice à l’atelier, Mette Azzam, a rappelé que le dossier recettes est l’un des dossiers clés de l’Organisation. «Sans de bonnes connaissances dans les trois matières clés de ce dossier, nous ne savons pas calculer correctement les droits de douane, au risque de faire perdre de l’argent, qui aurait pu servir au développement de nos pays. Mais il ne suffit pas de connaître le côté technique de ce domaine. Il faut également qu’une infrastructure appropriée soit mise en place au sein de nos administrations», a-t-elle relevé.

Améliorer la performance
des administrations

C’est pourquoi, de son avis, les CTO, à l’issue de la formation, devraient contribuer à la modernisation de l’infrastructure liée au classement, à l’origine et à l’évaluation dans leurs administrations douanières respectives avec le soutien de l’OMD.
Pour Tatiana Terziyska, une autre formatrice, les travaux consisteront en une brève présentation des outils développés dans ces trois domaines d’activités. «Les experts ont été présélectionnés sur la base de leurs connaissances en matière de dossier recettes. On attend d’eux, de pouvoir montrer leur habileté à appliquer ces outils, leur capacité d’analyse, d’établir des plans de travail et de convaincre la haute direction des administrations douanières à suivre le processus de leur modernisation», a-t-elle détaillé.
Pour sa part, la Directrice générale adjointe (DGA) des douanes, Salamata Micheline Ilboudo, représentant le directeur général, a soutenu que l’atelier permettra d’augmenter la capacité des administrations douanières membres de l’OMD de contribuer de manière efficace aux objectifs de développement aux niveaux national et régional et à la stratégie de modernisation en développant davantage la réserve d’experts à la disposition des régions et des CRF. «Cet atelier offrira aux participants retenus, l’opportunité de conduire des missions de diagnostic et d’assistance technique en matière de dossier recettes, ce qui permettra à l’OMD de renforcer l’assistance dispensée aux membres», a-t-elle précisé. Le thème de la formation, a renchéri la DGA, est d’autant plus interpellateur, car il aborde un domaine qui reste encore et toujours crucial pour les économies de la région. Et pour cause, a-t-elle soutenu, l’indicateur clé de la performance des administrations est sans conteste le niveau de recouvrement des recettes. «Disposer d’experts accrédités spécialisés dans le dossier recettes constituera à n’en point douter, un atout important pour l’atteinte de nos objectifs de recettes douanières», a-t-elle fait savoir. Elle a donc félicité les participants, nominés à cet atelier en fonction de leur prérequis en termes de compétences, avant de les invités à être assidus pour qu’à travers leurs performances, ils puissent servir leurs pays respectifs.

Jean-Marie TOE