Analyse des accidents de la circulation routière

L’Office national de la sécurité routière (ONASER) a organisé, les 27 et 28 septembre 2018 à Ouagadougou, un atelier de formation de 135 policiers et gendarmes au Bulletin d’analyse des accidents de la circulation (BAAC).
L’Office national de la sécurité routière (ONASER) veut impliquer les forces de sécurité dans l’analyse des accidents de la circulation. A cet effet, il a organisé les 27 et 28 septembre 2018 à Ouagadougou, un atelier de formation au profit de 135 policiers et gendarmes au Bulletin d’analyse des accidents de la circulation (BAAC).Selon le représentant du ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Emmanuel Kouela, le but recherché à travers cette formation est de permettre à ces hommes de tenue de prendre connaissance du formulaire BAAC, d’identifier les informations dudit formulaire, de connaître le cadre institutionnel et réglementaire de la sécurité routière et de contribuer à l’opérationnalisation du système national d’information sur les accidents de la circulation routière.
 Pour y parvenir, le représentant du ministre a indiqué que les participants ont été formés durant 48 heures à des thématiques parmi lesquelles le cadre institutionnel et réglementaire de la sécurité routière, le système BAAC, la fiche du bulletin, l’utilisation du « GPS Garmin 78 et 62 secondes »et les bases de données d’accidents. Il a rappelé que d’autres sessions de formation du même genre avaient été dispensées dans les années antérieures, à l’endroit des sous-unités des deux corps de sécurité. M. Kouela a justifié le choix de ces deux corps pour la présente formation par le fait  que ces derniers sont chargés de constater les accidents de la circulation.

« Les accidents routiers, première cause de la mortalité d’ici 2020 »

A ses dires, le rapport annuel 2015 de l’Organisation mondiale de la santé(OMS) révèle que depuis 2007, le nombre de décès causés par les accidents de la route dans le monde s’est stabilisé à un peu plus d’un million. « D’ici 2020, les accidents routiers seront la première cause de la mortalité dans le monde devant le VIH, la tuberculose et loin devant le paludisme », a mentionné Emmanuel Kouela. Il a relevé qu’au Burkina Faso sur 100 000 habitants, 30 personnes meurent d’accidents de la circulation. Et cela a-t-il regretté, a un impact économique estimé à environ 1 à 3% de perte du Produit intérieur brut (PIB) dans les pays de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine(UEMOA). Emmanuel Kouela a noté que si les données sur les accidents de la route sont connues, c’est parce que le phénomène est suffisamment  documenté.
A l’en croire, le pays des Hommes intègres a intégré le BAAC, en 1994 avant de suspendre son exploitation en 2000. A la suite de la création de l’ONASER, a poursuivi le représentant du ministre, le Burkina Faso a repris l’exploitation du BAAC, qui permet d’avoir une idée sur le nombre d’accidents liés à la circulation routière et leurs causes, afin de proposer des solutions efficaces au phénomène. Au regard de l’apport du bulletin dans la lutte contre l’insécurité routière, le  directeur général de l’ONASER, Mamadou Ouattara a soutenu que la formation  donnera l’opportunité aux participants d’exprimer leurs préoccupations pour faire du BAAC, un dispositif consensuel.
Lassina BADOLO  (Stagiaire)

Interconnexion Bolgatanga-Ouagadougou : 225 kV disponible

La ligne d’interconnexion électrique Bolgatanga(Ghana)-Ouagadougou a inauguré, le vendredi 5 octobre 2018. La cérémonie de mise sous tension a eu lieu en présence des chefs d’Etat burkinabè, Roch Kaboré et son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo.  
La ligne d’interconnexion électrique 225 kV entre le Ghana(Bolgatanga) et le Burkina Faso(Ouagadougou) est désormais fonctionnelle. Longue de 188 Km, elle a été inaugurée au poste de Zagtouli, à la périphérie de Ouagadougou, le vendredi 5 octobre 2018. Cette cérémonie solennelle a été placée sous le très haut patronage des présidents burkinabè, Roch Kaboré et ghanéen, Nana Akoufo-Addo. Le cout du projet est estimé à 55,5 milliards de F CFA dont 19,4 milliards de  F CFA pour le Ghana et 36,1 milliards pour le Burkina.Le financement au Burkina a été assuré par la Banque mondiale à travers IDA avec 8 milliards de F CFA pour la supervision des travaux du projet, l’électrification de 25 localités rurales, la sécurisation du parc national Tembi Kaboré et un appui à l’unité d’exécution du projet.
L’agence française de développement avec 11,1 milliards de F CFA pour l’exécution des postes à Ouagadougou. La banque européenne d’investissement et l’Union européenne avec 15,3 milliards de F CFA pour la réalisation du tronçon de ligne au Burkina, la SONABEL avec 1,7 milliards de F CFA pour les sauvegardes environnementales et sociales. Selon le directeur général de la SONABEL, François De Salles Ouédraogo, l’interconnexion permettra de diversifier les sources d’importations d’énergie vers le Burkina. Aussi, a-t-il expliqué, elle aura un impact majeur sur la qualité de service de la Sonabel, car permettra de réduire les délestages causés par le déficit énergétique.
Au Burkina Faso, l’électricité reste inaccessible à la grande majorité de la population, notamment celle vivant dans les zones péri-urbaines et rurales, qui concentrent plus de 73% de la population totale du pays contre 23% en zone urbaine, a indiqué le ministre de l’énergie, Bachir Ouédraogo. C’est pourquoi, l’idée de construire une ligne de transport d’énergie électrique entre Bolgatanga-Ouagadougou remonte à 1975. Ce projet qui est une réalité ce jour, présente plusieurs avantages. Il a cité, l’augmentation de l’offre d’électricité, la réduction de la subvention de l’Etat burkinabè sur les combustibles des centrales thermiques locales, la maitrise des couts de revient de l’électricité, l’augmentation de l’accès des populations à l’électricité.

Couvrir 35% de la demande en électricité

Ce projet d’interconnexion haute tension permet le développement du marché régional de l’électricité, qui concourt à un développement à moindre coût du service électrique à l’échelle sous-régionale, a affirmé le représentant-résident de la Banque mondiale, chef de file des Partenaires techniques et financiers(PTF) dans le secteur de l’énergie,  Cheick Kanté. Grâce à ce projet transformateur, est-il convaincu, le Burkina Faso pourra importer jusqu’à 100 mégawatts d’électricité en provenance du Ghana. Toute chose qui contribuera à réduire le déficit énergétique du pays, étendre le service électrique et, améliorer la qualité du service, tout en diversifiant le mix énergétique vers les sources les moins onéreuses.
« Le projet a également financé la connexion de plus de 3 500 ménages représentant un accès direct à l’électricité pour 21 000 habitants. Il permet de couvrir 35% de la demande actuelle en électricité du Burkina Faso », a soutenu M. Kanté.  En tant que PTF, a avoué le chef de file des PTF : « nous sommes très heureux d’avoir accompagné les gouvernements et sociétés d’électricités de vos pays respectifs, afin de rendre possible ces échanges transfrontaliers d’électricité, qui permettront d’améliorer le niveau de vie socio-économique des populations ». Le prochain espoir du Burkina porte sur le projet dit « Dorsale Nord » d’interconnexion Nigéria-Niger-Bénin/Togo-Burkina et aussi plusieurs projets de centrales solaires pour renforcer d’électricité, a expliqué le ministre Bachir Ouédraogo.
Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr 

Consortium RESA : Une première année satisfaisante

Contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle  dans la province du Yagha (Sahel), plusieurs organisations humanitaires ont mis en place un projet multisectoriel baptisé «  Consortium RESA ». Après une année d’activités, l’heure est au bilan. 
Lancé en 2017, le projet RESA a porté assistance à 3700  familles vulnérables dans la province du Yagha en renforçant leur capacité contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour les organisations porteuses du programme, à savoir  Médecins du monde Espagne, la Croix Rouge espagnole / burkinabè, Vétérinaires Sans Frontières Belgique et Humanité & Inclusion, l’objectif  est « à court terme de répondre aux besoins alimentaires de base, à moyen-terme d’améliorer durablement la qualité et l’accès aux services de base ainsi que le renforcement des moyens d’existence». A long terme, ont-ils ajouté, il s’agira de solidifier la gouvernance locale, améliorer la gestion des ressources naturelles et la cohésion sociale entre agriculteurs et éleveurs.
Lors d’une rencontre, tenue du 26 au 28 septembre 2018 à Ouagadougou, les acquis du Consortium RESA ont été soulignés. Ces résultats  sont, entre autres, l’accès des populations vulnérables aux services de base, les actions préventives contre la malnutrition qui ont favorisé une amélioration de la qualité de la prise en charge (matériel technique, accueil, formations), les  activités de prévention des maladies et la promotion de la santé (santé des adolescents, santé de la femme et de l’enfant). Les organismes ont mis  l’accent sur l’autonomie des bénéficiaires. Sur le terrain, un soutien financier a été apporté aux personnes ciblées(les transferts monétaires inconditionnels), afin d’acquérir des vivres en période de pré-soudure, de reconstituer le cheptel vendu pour acheter des vivres; d’améliorer la santé animale.
Cet appui s’est également matérialisé par la distribution des semences et des intrants agricoles, la réhabilitation des terres dégradées (cash for work). « Il était nécessaire de faire une halte pour analyser notre intervention afin de tirer les leçons et avancer avec les défis qui se présentent à nous », a expliqué le coordonnateur adjoint du projet RESA, Midièba Fabrice Yonli. Ces challenges sont l’amélioration durable de la situation des ménages, à travers l’épargne et l’accompagnement personnalisé (coaching social, technique et financier), la poursuite des activités dans le domaine de la santé, de l’hygiène, de l’assainissement, de la gouvernance, etc.
Pour le représentant de l’Union européenne, principal bailleur de fonds à travers le Fond Fiduciaire d’Urgence (FFU), le Consortium RESA est un succès au regard des 200 000 personnes assistées sur le terrain dont 25 000  directement dans la province du Yagha. Et de souhaiter, pour la deuxième année, une capacité chez les populations bénéficiaires  à se prendre en charge.
Alassane KERE

Energie verte : s’approprier les technologies du biodigesteur

Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a présidé la IIe édition de la conférence internationale sur la technologie du biodigesteur, le jeudi 4 octobre 2018 à Ouagadougou. La rencontre a permis aux acteurs de réfléchir à la mise en œuvre accélérée des mécanismes du biodigesteur, afin d’assurer la sécurité alimentaire et contribuer à l’économie verte.

Dans le contexte de changement climatique et de dégradation continue de l’écosystème, la technologie du biodigesteur est vue comme une alternative à la préservation et la sauvegarde de l’environnement. Mieux, cette technologie, selon les acteurs, favorise un mieux-être au niveau des populations rurales en offrant à celles-ci des avantages sur le plan énergétique surtout. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la conférence internationale sur la technologie du biodigesteur, le jeudi 4 octobre 2018 à Ouagadougou. A la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a appelé les participants à fédérer les efforts en vue de faire du biodigesteur, un outil du développement local durable. Pour le chef du gouvernement, il s’agit d’une technologie dont les avantages sur le plan énergétique, sécuritaire, climatique et agricole ne sont plus à démontrer. Selon Paul Kaba Thiéba, depuis la première édition de la conférence en 2017, plusieurs avancées significatives ont été constatées.

Il s’agit de la concrétisation des recommandations, notamment la mise en place des programmes nationaux du biodigesteur dans les pays d’ici au 31 décembre 2019, la conduite par le Burkina Faso du processus de mise en place d’un organe régional de promotion de la technologie du biodigesteur, la sollicitation du président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, pour faire un plaidoyer auprès de ses pairs et des partenaires techniques et financiers en vue de vulgariser cette technologie dans les différents pays. Au cours des travaux de la deuxième édition, les 200 participants venus de plus d’une dizaine de pays africains ont examiné les progrès réalisés par les pays concernés pour la mise en place des programmes nationaux ainsi que les soutiens nécessaires à son accélération.
Il a également été question d’un projet de texte relatif à la création de l’organe régional et de l’institutionnalisation de la conférence internationale. De l’avis du chef du gouvernement, les conclusions de cette conférence internationale devraient servir de levier à la mise à l’échelle de l’exploitation des avantages de la technologie du biodigesteur, dans la sous-région. En ce qui concerne le cas précis du Burkina Faso, le Premier ministre a indiqué que l’Etat et les utilisateurs de la technologie ont la conviction que le biodigesteur est une véritable solution pour l’atteinte de la sécurité alimentaire et énergétique. « Nous sommes convaincus que c’est en conjuguant nos efforts que les populations pourront vivre dignement dans un contexte de changement climatique », a déclaré Paul Kaba Thiéba.
Pour l’ambassadeur des Pays-Bas, Jolke Oppenwal, parrain de la conférence, son pays va toujours accompagner l’opérationnalisation des technologies à travers le programme africain de biogaz. Pour lui, il s’agit d’un programme qui améliore les moyens de subsistance des ménages ruraux et participe à la résilience face au changement climatique. De ce fait, il a exhorté les parties prenantes à inscrire les programmes nationaux de biodigesteur dans leurs plans de développement .

Wanlé Gérard
COULIBALY

François Compaoré devrait savoir le 5 décembre s’il est extradé au Burkina Faso

François Compaoré, le frère de l’ex-président Blaise Compaoré, devra encore patienter avant de savoir si la justice française accepte son extradition, réclamée par le Burkina Faso. En juin, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris avait demandé à la justice du Burkina Faso de lui fournir des éléments matériels et précis prouvant l’implication de François Compaoré. Le pays s’est plié à cette demande, ce qui a conduit finalement à un nouveau report.

Les juges veulent prendre le temps d’examiner les éléments complémentaires apportés par Ouagadougou, qui souhaite poursuivre François Compaoré pour « incitation à l’assassinat » du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons, en 1998. Il s’agit d’éléments sur les armes utilisées, sur des membres du régiment de sécurité présidentielle, mais surtout de très nombreux témoignages comme l’a souligné une juge en début d’audience.

Dans ses réquisitions, en tout cas, l’avocat général a pour sa part émis un avis favorable à l’extradition de François Compaoré. Même si la « chambre d’instruction n’est pas obligée de suivre les réquisitions », maitre Anta Guissé, l’une des avocates de l’Etat burkinabè est « ravie » du déroulé de cette première étape. Elle se réjouit que les réquisitions aient « été extrêmement fouillées […], extrêmement circonstanciées, extrêmement motivées ».

De son côté, maitre Pierre Olivier Sur, l’avocat de François Compaoré a dénoncé ce qu’il juge être un faux en écriture de la part d’un juge d’instruction burkinabè, mais surtout un « procès politique » et des manœuvres pour que la France accepte l’extradition.

Il affirme que si le prévenu était « un personnage lambda », le Burkina n’aurait pas « aboli la peine de mort, tenté de ratifier un nouveau traité de coopération judiciaire avec la France, modifié son code pénal, modifié le code de procédure pénale » pendant l’année qu’a duré la procédure d’extradition.

Dernier à s’exprimer devant les juges, François Compaoré a lui aussi évoqué des motivations politiques, affirmant avoir été choqué comme tous par l’assassinat de Norbert Zongo, mais n’avoir incité personne à le faire.

Source: RFI

Centre-Sud : De bonnes récoltes en perspectives

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Le gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Ségueda en compagnie des services techniques d’agriculture de la localité a sillonné quelques champs relevant de son ressort territorial, le jeudi 27 septembre 2018. L’équipe s’est réjouie de la physionomie des champs.

Les techniciens d’agriculture de  la région du Centre-Sud ont la conviction que les greniers feront le plein, si les pluies ne se montrent pas capricieuses jusqu’à la deuxième décade du mois d’octobre. C’est la promesse faite au gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Ségueda, au cours de sa tournée de suivi de la campagne agricole, le jeudi 27 septembre 2018 dans ladite région. L’itinéraire de Casimir Ségueda avec les services techniques d’agriculture de la région a d’abord débuté par la visite du périmètre d’exploitation de Amadou Maïga, un producteur dans la commune rurale de Dakola, province du Nahouri.

Sur une superficie d’une dizaine d’hectares, Amadou Maïga pratique une polyculture composée de maïs, de sorgho et de riz. Il a confié aux visiteurs qu’il a mis l’accent sur l’utilisation de la fumure organique et l’irrigation de complément. Le producteur dit avoir a eu quelques difficultés liées à la disponibilité des intrants et l’insuffisance d’encadrement. Qu’à cela ne tienne, le gouverneur et sa délégation ont traduit leur satisfaction de l’évolution des plantes.

M. Maïga a également reçu les félicitations du gouverneur pour ses actions orientées vers le social. En effet, il emploie dans son exploitation entre autres travailleurs, des veuves démunies qu’il accompagne quotidiennement. L’appui financier aux familles de ses employés, la construction de trois écoles au profit des enfants et le soutien pour la réfection du collège de la localité sont à mettre à l’actif de Amadou.

Différentes espèces de niébé

Après l’exploitation de M. Maïga, les visiteurs ont mis le cap sur le Centre de transfert de technologie agricole (CTTA) à Katcheli à quelques encablures de la ville de Pô. Les perspectives d’une bonne récolte des différentes espèces de haricots développées à ce niveau sont aussi prometteuses de l’avis des services techniques d’agriculture. Au cours des échanges entre la délégation et les exploitants, la représentante de l’union des productrices de niébé du Nahouri Adissa Wetta, a saisi l’occasion pour solliciter le soutien des autorités afin de renforcer les connaissances des membres de la structure sur les techniques et les meilleures options culturales.

Le champ de sorgho de Henri Zoungrana, à Nassamba dans la province du Zoundwéogo a été la dernière étape de la tournée de Casimir Ségueda. M. Zoungrana a diversifié sa production. Cependant, la portion de champ consacrée à la culture du sorgho fait l’objet d’attaque de chenilles et les pertes de la récolte peuvent atteindre 80%, si des traitements diligents ne sont pas opérés selon les techniciens.

Séance tenante, le producteur a reçu du matériel de protection et des produits pour la désinfection de son champ. A l’issue des différentes étapes, le gouverneur, en plus des félicitations, a exhorté les agents agricoles à accompagner davantage les producteurs, malgré la modestie des moyens  pour éliminer la faim et la paupérisation dans la région.

Mamady ZANGO

Madame, donnez le sein au vrai bébé !

Selon les spécialistes, le lait maternel est le premier breuvage du nouveau-né. Et il est même conseillé de donner exclusivement ce lait au bébé jusqu’au sevrage. Rien ne sert donc de donner de l’eau au bébé, parce que le lait maternel en contient déjà suffisamment. Il y a déjà tout dans le lait maternel. Le lait maternel est même le premier médicament du nourrisson, parce que riche en anticorps.
A l’école primaire, on nous enseignait que le lait est un aliment complet ; celui de la mère est un philtre aux vertus immenses. Mais malgré les messages de sensibilisation à l’allaitement maternel, il y a des femmes qui préfèrent tendre le biberon plutôt que le mamelon. Elles refusent de téter le bébé et lui embouche la tétine au lieu du téton. Ma voisine vient d’accoucher mais le bébé traverse le désert dans un giron maternel sans contact charnel. Que de biberon pour un nourrisson qui s’étouffe sous le poids des seins gorgés de sa mère. Ah oui, un seul sein de ma voisine vaut ça !
Et la pression des seins pleins fait gicler le liquide précieux sur son entourage. Malheureusement, les juteux organes chôment en état de captivité dans des soutiens-gorge sous- scellés. L’embargo est parfois total, le véto est sans appel. Comment peut-on priver son enfant du lait qui nourrit et guérit ? Pourquoi une telle douce cruauté à l’égard d’un bébé sans défense ?
J’ai vu des femmes aux mini seins, bomber et pomper leur poitrine jusqu’à la dernière goutte pour le bonheur de leur bébé. J’ai vu des femmes occupées, se traire tôt le matin pour remplir la gourde du nouveau venu avant de partir au service. J’ai même vu des fonctionnaires descendre avant l’heure pour rentrer étancher la soif de l’innocent locataire du berceau. Cela fait froid au dos de voir des femmes décliner l’offre malgré la demande. C’est inacceptable de voir que l’artificiel prend le pas sur le naturel. Malgré l’état douteux de certains laits importés pour enfant, des femmes continuent de goinfrer leur rejeton avec des bombes à retardement. Selon des indiscrétions, ma tendre voisine veut préserver son physique de rêve et garder son « balcon » intact.
Mais peut-on faire des omelettes sans casser les œufs ? Peut-on enfanter et garder ses seins droits et drus ? Non, la beauté n’est pas une fin en soi et nulle ne peut sacrifier la santé de son bébé pour des caprices esthétiques. Le sein appartient au bébé et c’est son droit d’en user à satiété. Le sein fait partie des premiers compagnons de l’enfant ; il ne faut pas l’en priver.
Une confidence de dernière minute note que le sein n’est pas un organe comme les autres. Le sein est si précieux pour servir de coussin à un bambin. On ne peut pas laisser les seins entre les mains profanes d’un enfant. Pour les défenseurs de ces concepts et perceptions, il faut surtout éloigner le bébé de la tétée et rendre à César ce qui est à César ; point barre ! Et quand on parle de bébé, on ne fait pas toujours référence au plaintif geignard qui vagit plus qu’il n’agit. Quand on parle de bébé, on ne pense pas forcément à l’imberbe nabot sans défaut.
On fait référence au barbu usurpateur et pêcheur en eau trouble qui joue un double jeu entre la mère et l’enfant. Sinon, à qui profite la beauté d’une mère allaitante aux seins dressés ? Dans la guerre des seins qui oppose le bébé à la maman, il y a un troisième larron qui jette l’huile sur le feu. L’homme est vraiment un loup pour l’homme. En espérant que cette chronique fera tomber les seins des mères coquettes, tétons à la santé des tous les bébés aigris au biberon. Parce qu’on ne peut vraiment aimer sans téter.
Parce qu’on ne peut vraiment s’aimer sans s’entêter à téter ! Dommage que ceux à qui sont réellement destinés les seins soient évincés dans leur faim à dessein, à des fins personnelles et égoïstes. S’il vous plait madame, donnez le sein au vrai bébé !
Clément ZONGO 
clmentzongo@yahoo.fr

Eliminatoires de la CAN 2019 : Les Etalons prêts à contrer les Zèbres de Botswana

L’entraîneur des Etalons du Burkina Faso, Paulo Duarte, a dévoilé, le vendredi 28 octobre à Ouagadougou, une liste de 24 Etalons dont Cheick Djibril Ouattara (ASFB) pour la double confrontation des 13 et 16 octobre 2018 contre les Zèbres du Botswana, comptant pour les 3èmes et 4èmes journées des éliminatoires de la CAN Cameroun 2019.

L’attaquant des Fonctionnaires de Bobo-Dioulasso Cheick Djibril Ouattara est le seul joueur local dans cette liste des Etalons de Paulo Duarte. C’est la seconde fois que le meilleur joueur de la saison 2017-2018 du championnat national burkinabè est convoqué par le maître à penser des Etalons. Paulo Duarte lui fait confiance tenant compte de son adresse devant les buts et de son sens du placement sur le terrain.

Les frères Traoré (Alain et Bertrand) forfaits lors du match contre la Mauritanie, sont également présents dans  cette liste . L’attaquant de l’ASEC Mimosa d’Abidjan (Côte d’Ivoire) Ahmed Touré Simba et le défenseur du même club ivoirien Patrick Malo effectuent également leur retour en sélection. Jonathan Pitroipa (Paris FC), crédité d’une bonne prestation contre le leader de la Ligue 2 française Metz (0-0) le week-end écoulé sera du rendez-vous .

« On doit jouer ce match avec le maximum de force et de qualité. Nous devons être mieux que le match contre la Mauritanie. Mais on doit faire la rotation et rester fort pour gérer la fatigue dans cette double confrontation »,

a déclaré Paulo Duarte. Les Etalons effectueront un stage à Ouagadougou qui débute le 8 octobre 2018 pour faire quelques réglages afin d’affûter les armes avant le match. L’équipe burkinabè jouera le 13 octobre prochain à 18h au stade du 4 -Août de Ouagadougou contre les Zèbres pour immédiatement jouer le match retour le 16 octobre à Francistown de Botswana. Le Burkina Faso (3 pts) est 2e dans le groupe I après la Mauritanie (6 pts+3). L’Angola (3 pts – 1) est 3e suivi du Botswana (0 pt – 2).

Adama SALAMBERE


Listes des joueurs convoqués

Gardiens : Hervé Kouakou Koffi (Lille, France), Germain Sanou (Beauvais, France), Aboubacar Sawadogo (Alnajoom FC, Arabie Saoudite)
Défenseurs : Issoufou Dayo (Berkane, Maroc), Bakary Koné (Ankaragucu, Turquie), Edmond Tapsoba (Guimaraès B, Portugal), Steeve Farid Yao (Toulouse FC, France), Jean Noël Lingani (Horoya AC, Guiné Conakry), Yacouba Coulibaly (Le Havre, France), Patrick Malo (ASEC d’Abidjan, Côte d’Ivoire)
Milieux : Charles Kaboré (Krasnodar, Russie), Blati Touré (AFC Eskilstuna, Suède), Abdou Razack Traoré (Konyaspor, Turquie), Alain Traoré (Berkane, Maroc), Bryan Dabo (Fiorentina, Italie)
Attaquants : Bertrand Isidore Traoré (Lyon, France), Zakaria Sanogo (Hartberg, Australie), Cyrille Barros Bayala (RC Lens, France), Abou Qadir Ouattara (Michelen, Belgique), Banou Diawara (Tubize FC, Belgique) Bassirou Compaoré (Sivas Sport, Turquie), Jonathan Pitroipa (Paris FC, France), Ahmed Touré (ASEC d’Abidjan, Côte d’Ivoire), Cheick Djibril Ouattara (ASFB, Burkina Faso).

Adama SALAMBERE

Sana Bob, artiste musicien : Le champion de la bonne gouvernance

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Véritable battant, le reggae-man burkinabè Sana Bob est, aujourd’hui, plébiscité par les mélomanes qui voient désormais en lui un fervent défenseur de la bonne gouvernance et des questions de développement. Portrait d’un destin hors du commun.

Personnage atypique, sa guitare en bandoulière, la forme longiligne, Sana Bob, à l’état civil Sana Salif, force aujourd’hui l’admiration de bon nombre de burkinabè.

Consacré Meilleur artiste burkinabè de l’année, il remporte le Kundé d’Or (cérémonie annuelle de récompense des artistes du Burkina Faso) en 2015. Moins d’un mois après, il est à nouveau sous le feu des projecteurs avec un autre sacre, le Marley d’Or, le baromètre de la musique reggae au Burkina Faso.

Des distinctions qui lui valent, entre autres, une participation au Festival Africa Fête en Belgique…Né dans une famille de musiciens, le petit Salif Sana Bob a toujours eu la musique dans le sang. C’est aux côtés de sa tante, la célèbre cantatrice Hado Léontine Gorgho, ancienne griotte de feu le Larlé Naba Abga, que le petit Salifapprend les rudiments de la chanson traditionnelle.

En âge d’être scolarisé, il est « affecté » à la garde des animaux et aux travaux champêtres.

« Je ne regrette pas de n’avoir pas été sur les bancs de l’école. Je ne sais ni lire, ni écrire, mais je me fais parfaitement comprendre en français dans mon pays comme à l’extérieur »,

confie-t-il, décomplexé.

A la fin des années 70, il émigre au Ghana, puis en République de Côte d’ivoire en compagnie de son oncle, manœuvre dans les plantations (de cacao, café, banane) ivoiriennes. Il passera ainsi trois années à manier la daba et la machette dans des champs successifs à Aboisso, Adzopé, à Dabou, etc.

En quête d’une vie meilleure et moins fatigante, il décide de déposer ses pénates à Abidjan, la capitale économique du pays de Félix Houphouët Boigny. Employé comme domestique, le jeune homme voit peu à peu, sa fibre musicale latente, vibrer.

Il se laisse pousser les cheveux (dreadlocks) et la barbe comme son idole Bob Marley. Son employeur n’entendant pas les choses de cette oreille, il se retrouve à la rue. Il (apprend et) enchaine boulot après boulot (gérant de kiosque, aide-maçon, apprenti-plombier, etc.). Grâce à ses petites économies, il s’offre sa première guitare.

De la formation Asikongo (Lauréat de podium 1987, célèbre émission musicale ivoirienne) au Ki-Yi M’Bock (de la camerounaise Wère Wère Liking) en passant par l’Ecole de Danse de Rose Marie Guiraud (réputée chorégraphe ivoirienne), Sana Bob aguerri sort son premier album « Gloire » en 1997. Mais, la gloire n’est pas au rendez-vous. En 2000, toujours sur les bords de la lagune Ebrié, il rebelote avec une 2e œuvre, « Réconciliation ».

De retour au Burkina Faso, en 2001, après plus de deux décennies d’absence, pour la promotion de son nouveau-né, il est cependant « contraint » de rester dans son pays natal, en raison de la crise politique naissante dans sa seconde patrie.

Sana Bob, l’incompris

Incompris, hué, Sana Bob Africa (devenu plus tard Sana Bob) connait des débuts difficiles sur sa terre natale. Et en l’absence des scènes dans la capitale, il est obligé, pour pouvoir joindre les deux bouts, de parcourir le pays pour monnayer sa musique dans les villages et les petites villes pour des cachets dérisoires.

Dans la foulée, il sort son troisième album, « Dernière chance » en 2006. Il y jette un regard critique sur la gestion de la chose publique. Faites-vous de la politique? « Non. Mais, j’aime les politiciens véritablement dévoués à leur peuple », répond-t-il, sans hésiter. Etes-vous un artiste engagé? Répondant par l’affirmative, il ajoute: « Je suis engagé pour le développement et la cohésion sociale ». Marié depuis 25 ans et père de 5 enfants, Sana Bob dit vivre uniquement de la musique « Ne me demandez pas si la musique nourrit son homme. Une chose est sûre. Je jouis décemment des fruits de mon travail avec ma famille », nous prévient-il.

Côté carrière, il conquiert définitivement le cœur des burkinabè avec la sortie de son nouvel album « Beog Yiinga ». Flanqué désormais d’un mégaphone, le porte-voix des sans-voix est acclamé par une foule en délire à chacune de ses apparitions.

Les festivals à l’étranger se succèdent (FEMUA, ABJ-Reggae, Esperanza,etc.) pour celui qui est à présent surnommé « le crieur public ». Sa cinquième œuvre discographique, baptisée « Notre temps », comme une sorte de prémonition, sort en 2014, à quelques mois de l’insurrection populaire d’octobre.

Et pour cause. La gestion du pouvoir et des ressources naturelles constituent les principaux thèmes abordés dans ce nouveau bijou. En juin 2017, un incident vient pourtant ternir l’image de « l’artiste du peuple ». En compagnie des membres de la Coalition pour la renaissance artistique au Burkina Faso (CORA-BF), il fait, en effet, irruption dans une radio de la place pour y déloger un animateur en pleine émission. Son crime? Ne pas promouvoir assez la musique burkinabè. Visiblement gêné, le chanteur préfère parler d’une « mauvaise expérience, mais pleine d’enseignements ».

De l’avis d’une certaine opinion, sa cote de popularité aurait pris un coup depuis cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Il nous brandit alors au visage une clé USB de 4 Gigas, griffé (s’il vous plait!) « Sana Bob ». Celle-ci contient son prochain album, un clip-vidéo, un documentaire sur sa carrière, et une biographie. « J’ai écoulé plusieurs centaines de ces clés à 5000 F CFA l’unité en l’espace d’un mois. Comment aurais-je pu le faire si j’étais devenu impopulaire? »,interroge-t-il, l’air contrarié.

Qu’à cela ne tienne, l’artiste pourra, sans doute, jauger sa notoriété auprès du public à l’occasion de la sortie de son 6e opus, « Ensemble » sur le marché discographique. Un album qui marque 17 ans d’engagement et de parcours musical.

Aubin W. NANA