Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales, le commandant Ismaël Sombié, accompagné de celui de l’Economie et des Finances et du ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques, a ouvert officiellement les vannes d’irrigation du périmètre de Loumbila, au sein de la ferme semencière, mercredi 3 juin 2026.
Après 18 ans d’inter-ruption, en raison de la vétusté du réseau d’irrigation, la plaine irriguée de Loumbila, située dans la province de Bassitenga, région de Oubri, est maintenant en service. Les vannes d’irrigation du périmètre d’une superficie de 60 hectares (ha) ont été ouvertes par le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales, le commandant Ismaël Sombié. Il était accompagné du chef de département de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, du ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques, Amadou Dicko et d’autorités de la région.
Réhabilitée par le Projet d’urgence de développement territorial et de résilience (PUDTR), une initiative portée par le ministère en charge des finances, la plaine irriguée est alimentée par le barrage de Loumbila d’une capacité de 42 millions de mètres cubes (m³) d’eau. Le site est équipé d’une station de pompage munie de trois motopompes d’un débit de 265 mètres cubes par heure (m³/h) chacune avec une conduite de refoulement jusqu’au périmètre d’environ 2,2 kilomètres (km).
Le réseau d’irrigation est essentiellement composé de deux canaux primaires de 1 800 mètres (m), de huit canaux secondaires d’une longueur avoisinant 2800 m et 124 canaux tertiaires d’une longueur de plus de 6 km ainsi que des réseaux de drainage et de circulation. 240 parcelles d’une superficie moyenne de 0,25 ha ont été dégagées pour les exploitants sur le site. La ferme semencière va produire maintenant trois fois par an avec une production attendue de plus de 48,5 tonnes (t) par saison, toutes spéculations confondues.
Le ministre d’Etat Sombié a instruit les structures chargées du suivi du périmètre d’organiser les exploitants pour que le site puisse contribuer à la sécurité alimentaire et génèrer assez de ressources pour permettre de l’entretenir si besoin.
Exploiter avec sérieux
La délégation ministérielle a visité les différents canaux du réseau d’irrigation.
Il a témoigné sa recon-naissance au ministère en charge des finances à travers le PUDTR pour ses actions dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, notamment le plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables et les efforts sur le terrain à travers les investissements structurants.
« Nous deman-dons à l’ensemble des acteurs qui vont intervenir sur le périmètre de s’engager à l’exploiter avec sérieux afin de le maintenir le plus longtemps possible », a-t-il appelé. Il a fait comprendre que l’incivisme sur le site sera réprimandé. « Tout ceux qui sont dans la zone de servitude du barrage sont à déguerpir. Il s’agit de protéger ce joyau », a-t-il averti. Le ministre chargé des Finances, Aboubakar Nacanabo, a apprécié les résultats sur le terrain qui encouragent davantage à mobiliser les ressources pour accompagner la dynamique. « Aujourd’hui, ce périmètre va nous permettre de produire assez de semences pour satisfaire les besoins des producteurs.
« Si nous n’avons pas de semences de qualité, nous ne pouvons pas produire pour avoir de bons rendements », a notifié M. Nacanabo. Il a signifié que la croissance repose sur le secteur agricole et des actions, notamment la maitrise de l’eau sont en cours pour que l’agriculture se pratique tout au long des 12 mois. Pour lui, cette dynamique offre l’opportunité de travailler à plein temps et crée des emplois ruraux. Le ministre chargé de l’Economie a félicité les acteurs du ministère en charge de l’agriculture pour leur travail formidable sur le terrain.
« Nous sommes fiers des résultats réalisés qui permettent de créer de la richesse pour les Burkinabè », s’est-il réjoui. Producteur semencier à la ferme de Loumbila, Yacouba Tiendrébeogo de la coopérative « Yaolom-nere » a remercié le gouvernement pour la réhabilitation du périmètre. Il a promis de travailler avec les autres producteurs pour répondre aux attentes du gouvernement. Selon lui, les exploitants ont eu une réponse à leurs préoccupations parce qu’ils pourront travailler trois fois l’année.
B.B, manœuvre domicilié à Bobo-Dioulasso, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de la même ville, le mardi 19 mai 2026, pour répondre des faits de vol. En effet, le 14 avril dernier, il s’est introduit nuitamment dans une cour appartenant à la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) pour y soustraire frauduleusement des compteurs usagers. Malheureusement pour lui, il a été aperçu par le gardien des lieux et interpellé. A la barre, il reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Dans ses explications, il a évoqué les circonstances aggravantes du vol. « Ce n’était pas ma première fois. J’avais tenté une (…)
Petit à petit, la libre circulation des personnes et des biens, sur le continent africain, devient une réalité. Les décisions prises dans ce sens, ces dernières années, en disent long. A juste titre, cela est à l’honneur de tout panafricain qui fait de l’unité des peuples africains son cheval de bataille, ainsi que l’avaient rêvé les pères des indépendances africaines. Le Rwanda, dans sa politique migratoire, fait figure de pionnier de la libre circulation tant souhaitée en Afrique, avec une exemption totale de visa pour tous les citoyens africains depuis 2023.
La Gambie a également impulsé une politique d’accès sans visa depuis 2020, tandis que les Seychelles maintiennent, depuis plusieurs années, un régime de libre entrée pour les Africains. On le sait, la question de la libre circulation revient à plusieurs reprises au cœur des politiques d’intégration africaine, du fait de sa place dans le développement du continent. Les mesures prises dans ce sens par certains pays sont donc plus que réconfortantes. Ils sont aujourd’hui près d’une dizaine de pays africains à supprimer le visa d’entrée sur leur territoire. L’on retient particulièrement la Gambie, le Bénin, le Rwanda, le Ghana, le Burkina Faso et très récemment le Togo et le Congo.
Pour le dernier pays cité, l’annonce a été faite le 25 mai 2026, à Brazzaville par le Président Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci a indiqué, à l’occasion de la célébration de la 63e journée de l’Afrique, tenue en amont des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), qu’à compter du 1er janvier 2027, les ressortissants africains pourront entrer en République du Congo pays sans visa. Ces réformes s’inscrivent dans la logique de l’intégration africaine, défendue depuis les indépendances par les dirigeants panafricanistes, puis reprise par l’Union africaine, à travers l’Agenda 2063 et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
L’on se rappelle que l’Union africaine avait d’ailleurs présenté, en 2016, son projet de passeport africain destiné à favoriser la libre circulation sur le continent. Dix ans plus tard, cette ambition peine encore à se concrétiser à grande échelle. Mais, au regard des actions posées par certains chefs d’Etat, dans la dynamique d’ouverture des frontières africaines et de renforcement de la libre circulation sur le continent, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, on peut s’en féliciter. Parce que, comme le souhaitent beaucoup d’Africains, cela peut accélérer l’intégration économique, la mobilité régionale et les échanges intra-africains.
Cette nouvelle vision intégratrice intervient également dans un contexte de réduction annoncée d’environ 40 % du coût des billets d’avion dans l’espace ouest-africain, afin de favoriser les déplacements sur le continent. Toute chose qu’il faut saluer, ce d’autant plus que la combinaison entre baisse des coûts de transport et suppression des visas pourrait renforcer la fréquentation des aéroports africains et soutenir le développement des services liés au tourisme, à l’hôtellerie, à la culture et aux loisirs.
En effet, il faut dire que la Zone de libre-échange continentale africaine constitue un levier d’industrialisation du continent à travers la transformation locale des matières premières, la création d’emplois et le renforcement de la compétitivité des économies africaines. C’est pourquoi, il convient d’encourager la dynamique de promotion de la libre circulation entre Etats pour stimuler les échanges économiques, le tourisme et les investissements intra-africains. Ainsi, plutôt que de se livrer à des bisbilles inopportunes, les dirigeants africains à la traine de la nouvelle dynamique doivent se raviser et comprendre que seule une meilleure intégration des peuples peut être le gage incontournable du développement socioéconomique du continent.
Les forces armées nationales pleurent l’un de leur plus valeureux fils. Le général de division, Honoré Nabéré Traoré a tiré sa révérence, le 25 mai 2026, laissant derrière lui le souvenir impérissable d’un officier qui a entièrement consacré sa vie au service de la Nation.
Ancien chef d’Etat-major général des armées d’avril 2011 à septembre 2014, il a marqué de son empreinte l’histoire des forces armées nationales par son sens élevé du devoir, sa rigueur, son professionnalisme et son attachement indéfectible à la patrie. Son leadership et sa vision ont marqué son temps de commandement.
…ont marqué son temps de commandement.
Attaché aux valeurs cardinales de l’institution militaire et toujours soucieux du bien-être de ses subordonnés, il a été un homme d’honneur pendant les périodes décisives de l’histoire du Burkina Faso, s’affirmant avec courage et sens de la responsabilité.
Son parcours demeurera une source d’inspiration pour les générations présentes et futures, particulièrement les officiers de la 18e promotion de l’académie militaire Georges-Namoano. Reposez en paix, mon général. “Aux grands hommes, la mort enlève la présence, mais jamais la memoire”.
La peur du Burkinabè d’acheter et de consommer des produits périmés, avariés ou prohibés sans le savoir se dissipe de plus en plus. Les saisies régulières de ces produits grâce aux actions conjuguées de lutte contre la fraude de la douane, de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) et de la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) en disent long. Comment se mène cette bataille acharnée sur le terrain pour préserver la santé des Burkinabè et assainir l’économie nationale ? Immersion dans les opérations de controles et de saisies.
Sur l’axe Tenkodogo-Cinkansé, à la sortie Est de la ville de Tenkodogo, le flux permanent des véhicules gros porteurs est perceptible. Nous sommes dans l’après-midi du lundi 23 mars 2026. Il est environ 15h, lorsque nous arpentions l’axe en direction de la cité de Rialé. En ce mois de mars, la chaleur est accablante. A environ 15 km de la ville, des citernes, des cars, des minicars et des remorques sont stationnés en file indienne.
L’on se croirait sur une aire de stationnement. Ces véhicules sont immobilisés pour les formalités douanières au poste de contrôle de la brigade mobile des douanes de Tenkodogo. Les gabelous, sans répit, sont à la tâche : contrôle des documents de transport, des déclarations douanières, des factures commerciales, des pièces d’identité des conducteurs, etc. Tous les véhicules passent au « scanneur » des douaniers afin de détecter la présence d’éventuelles marchandises frauduleuses, prohibées, non déclarés ou des objets de contrebande.
Baquette en fer à la main, un agent contrôleur, l’air serein, transperce des sacs pour s’assurer qu’il n’y a pas d’autres produits dissimulés à l’intérieur. « Que ce soient des camions en partance pour le Togo ou qui en reviennent, ils sont tous fouillés », confie le chef d’escouade du poste de contrôle de la brigade mobile des douanes de Tenkodogo, Constant Bazié. Toutefois, indique- t-il, il arrive que les fraudeurs forcent la barrière. « Immédiatement, le siège est alerté de la situation et des agents interceptent ledit véhicule. Souvent, cela se fait à travers des courses-poursuite », fait savoir le chef de la brigade mobile des douanes de Tenkodogo, Kalifassoro Sanou.
De jour comme de nuit, ces actions se mènent en vue de réduire considérablement la fraude en mettant la main sur les contrevenants. A la direction générale des douanes à Ouagadougou, l’importance des marchandises saisies et entreposées, à l’arrière du bâtiment principal, témoigne de l’ampleur du phénomène. Le 24 février 2026, 19 tonnes de sucre, 6 449 cartons d’huile de moteur, 313 amphétamines, 3 744 cartons de biscuits, 24 kg de chanvres indien y étaient entassés.
A cela, s’ajoute un véhicule rempli de 5 000 plaquettes d’œufs et un autre contenant du cyanure dissimulé dans du clinker, 5 295 bâtons d’explosifs, 1366 cartons de boissons alcoolisées et énergisantes et bien d’autres produits prohibés. La valeur de l’ensemble de la saisie est estimée à 1,062 milliard F CFA. Le constat est le même à la direction régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat du Nakambé ce lundi 23 mars 2026. Là encore, sont entreposés des produits contrefaits et interdits de commercialisation.
…que les agents de la douane détectent les cas de fraude.
Il s’agit de la cigarette, de la boisson alcoolisée, des pagnes contrefaits, des produits pharmaceutiques, des amandes de karité, des cartons de fil de coton importés, des sachets plastiques. « Ces saisies ont été opérées lors des sorties de terrain sur les axes et dans les marchés », informe le chef de service contrôle par intérim à la direction régionale, Zakaria Badjelle. Le 8 mai 2026 à Koudougou, dans deux entrepôts d’une entreprise, plus de 1 000 tonnes de sel périmé et reconditionné sont saisies par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF).
Déclenchée à la suite d’une dénonciation, l’enquête conduite par le coordinateur national de la CNLF révèle que l’entreprise reconditionne du sel périmé, depuis deux ans, dans de nouveaux emballages, avec des dates de péremption falsifiées qu’elle introduit sur le marché. Ce sel impropre à la consommation servait également de matière première dans la fabrication d’autres épices pour être commercialisées. Il ressort également qu’à l’aide des machines, le sel est broyé et mélangé à d’autres substances chimiques pour en sortir du cube Maggie blanc. Et cela, dans des conditions d’hygiène précaires préjudiciables à la santé des consommateurs.
Le premier contrôle à la frontière
Ces exemples sont légions, témoignant de l’engagement de la douane, la CNLF et la BMCRF dans leur combat contre la fraude pour la protection de la santé des consommateurs et l’amélioration du climat des affaires et de la mobilisation des recettes nationales. En effet, la lutte contre la fraude commence depuis les frontières. Du poste juxtaposé de Cinkansé au bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, il ressort que les contrebandiers dissimulent de diverses manières les produits prohibés ou avariés dans des contenants des marchandises.
Autre stratégie, ils empruntent des pistes détournées pour traverser les frontières par des moyens divers. « Les frontières sont un peu poreuses. On ne peut pas sécuriser toute la bande », confie le chef de bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, Laurent Marie Gansoré. Selon lui, lorsque les marchandises arrivent du Ghana, la prise en charge commence par l’identification. Elle consiste à connaitre la quantité et le poids.
« Avec ces éléments, on enclenche le processus de contrôle documentaire pour s’assurer que ladite marchandise répond aux papiers qui vont avec. Ensuite, nous faisons le contrôle physique et les documents sont transmis à un transitaire pour faire la déclaration. On peut avoir une déclaration pour le transit ou une mise à la consommation pour tout ce qui est du produit communautaire.
Ces camions attendent d’être contrôlés au poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé.
Une fois la déclaration faite, un vérificateur est chargé d’étudier le dossier dans le fond avec les documents joints afin de s’assurer de la qualité de la marchandise », explique-t-il. Ainsi, munis de techniques et de savoir-faire, doublé d’un flair, le vérificateur inspecte les coins et recoins du moyen de transport en vue de s’assurer qu’il n’y a pas de produits de fraude. Passer toutes ces étapes, le camion est mis sous balise. Ce dispositif, fait-il savoir, est satellitaire et permet de suivre la marchandise pendant son transit.
« On peut le suivre en temps réel pour connaître sa position et savoir s’il y a de la manipulation en cours de route ou pas », renchérit M. Gansoré. Ainsi, les marchandises peuvent être dédouanées à Dakola ou à Cinkansé. Il explique que le dédouanement dans les bureaux frontaliers concerne les produits de grande consommation, notamment le riz, l’huile d’une certaine quantité. En ce qui concerne les marchandises venant de la Chine, des Etats-Unis ou de l’Europe, les droits sont payés dans les bureaux intérieurs comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
Pour le directeur de la surveillance du territoire, Tégawendé André Zagré, le suivi satellitaire fait que toutes les marchandises respectent la réglementation douanière. Cependant, lorsque la main est mise sur des produits frauduleux, un procès-verbal de saisie est rédigé et les produits sont stockés en attendant de faire suivre la procédure. « Si on a l’occasion de mettre la main sur le contrevenant, on le transfert à la police pour la suite de la procédure », confirme le chef de bureau adjoint du poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé, Lucien Valéa.
Et, lorsque les documents ne correspondent pas à ce qui est présenté comme marchandise, celle-ci est bloquée jusqu’à ce que lesdits documents soient appropriés. Mais, il peut arriver que des produits fraudés traversent la frontière sans qu’on le sache du fait du flux important. « Par jour, c’est plus de 700 véhicules qui sont contrôlés. Il est donc difficile de tout fouiller », reconnait M. Valéa. C’est le cas au poste de contrôle de Dakola.
« Vu l’importance du trafic, on ne peut pas tout contrôler, mais l’on fait la gestion et l’analyse des risques pour cibler les marchandises qui peuvent être à risque », explique le directeur de la surveillance du territoire, Tégawendé André Zagré.
Sur la plateforme, en moyenne 300 camions par jour qui sont contrôlés. « Mais, on peut atteindre 500 voire 600 camions par jour selon l’affluence », témoigne le chef de bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, Laurent Marie Gansoré. Toutefois, poursuit-il, si quelque chose leur échappe, le long de la voie, la brigade de ligne et la brigade mobile des douanes font également des contrôles.
En effet, dans un rayon de 10 km d’un poste frontalier, existe une brigade de ligne, en arrière-plan qui veille à sécuriser tout ce qui sort du bureau. Passer cette étape, la brigade mobile prend la relève.
Toujours en alerte
A la brigade mobile des douanes de Tenkodogo, plus de place pour stocker les marchandises saisies. Les trois magasins de la brigade sont pleins. Des centaines de cartons de boissons, des tonnes de sucre, des dizaines de bidons d’huile, des tonnes de sachets plastiques y sont entassés. Des camions toujours chargés de marchandises sont visibles.
C’est le même décor à la brigade mobile des douanes de Manga, dans le Nazinon. Là, en plus des milliers de cartons de boissons alcoolisées stockés dans des magasins, des dizaines de « véhicules kamikazes » sont stationnés. Ce résultat est à mettre à l’actif du renseignement, selon le responsable de la brigade Raymond Bagré. « Nous fonctionnons sur la base des renseignements.
Avec ces centaines de camions qui passent sur l’axe, la fraude peut nous passer sous les yeux. Ainsi, quand on reçoit l’alerte, on fait l’analyse du risque et si des éléments ne concordent pas avec la déclaration, le véhicule est convoyé à la brigade mobile pour des contrôles plus approfondis », détaille Kalifassoro Sanou. Au-delà des principaux axes routiers, les fraudeurs se frayent un passage sur des pistes détournées. « Nous menons la lutte sur ces voies. Il nous arrive de mettre la main sur certains.
Ainsi, de janvier en mars 2026, nous sommes à 13 affaires contentieuses d’un montant d’environ 1,7 milliard F CFA. Ce sont des éléments qui confortent notre position quant à lutter efficacement contre la fraude », rassure Laurent Marie Gansoré. Il explique que
« Déjà, en ce premier trimestre de cette année 2026, plus de 2 milliards FCFA ont été mobilisés », indique le chef de bureau adjoint du poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé, Lucien Valéa.
lorsqu’une une saisie est faite, l’amende est fonction du type d’infraction. Cependant, quand il s’agit de la drogue, des armes, des explosifs, des médicaments, le procès-verbal est fait et le contrevenant est remis à la justice pour suite à donner.
« La fraude est réelle du fait de notre proximité avec le Ghana, car il y a des produits prohibés au Burkina Faso qui ne le sont pas au Ghana. Vu le brassage entre les populations, certaines s’adonnent au trafic de ces produits. Pour la plupart des cas d’embuscade que nous menons, c’est sur renseignement. Le seul bémol est que les fraudeurs ont aussi des informateurs qui leur donnent la position des agents lorsqu’ils sont en mouvement.
Qu’à cela ne tienne, au premier trimestre de l’année 2026, il y a eu une saisie importante de 5 295 bâtons d’explosifs et environ 120 kg de chanvre indien », confie le chef de la brigade mobile des douanes de Manga, Raymond Bagré, ajoutant que l’espace de surveillance de cette brigade va de la zone de Zabré à Sapouy, en passant par Zécco, Dakola, Guiaro et Léo et s’étend sur toute la bande sud du pays.
« Nous demandons l’accompagnement et le soutien constant des populations pour réussir la lutte contre la fraude », souhaite le chef de la Brigade mobile des douanes de Tenkodogo, Kalifassoro Sanou.
Des équipes sont donc reparties sur les différents axes. Pour un bilan d’étape, le directeur de la surveillance du territoire, Tégawendé André Zagré souligne qu’au premier trimestre de l’année 2026, la douane a fait un excédent de 11 milliards F CFA. Cela, soutient-il, grâce à la lutte acharnée contre la fraude pour assainir le marché pour que le commerce légal se porte mieux. Malgré cette lutte, la fraude persiste. Des produits fraudés et impropres à la consommation se retrouvent toujours dans les grandes villes.
La CNLF et la BMCRF dans la danse
A côté de la douane, la CNLF et la BMCRF poursuivent la traque des contrebandiers. Dans les entrepôts, les magasins, les boutiques, les marchés et les yaars, elles dénichent des produits ne respectant pas le prix du marché, ceux périmés ou interdits à la commercialisation.
La CNLF, selon son coordonnateur national, Mohamadi Compaoré, s’investit dans la lutte contre la tromperie des consommateurs, contre l’incivisme fiscal et les produits périmés ou avariés. « Des opérateurs économiques tentent toujours de passer entre les mailles du filet pour ne pas se conformer », relève-t-il. De ce fait, sur la base de renseignements, la CNLF mène des investigations jusqu’à la saisie des marchandises. Les amendes sont fixées en fonction du degré d’infraction.
Elles tiennent compte des dommages que pourraient causer la merchandise sur le plan environnemental, commercial, des taxes douanières et fiscales. « Si le contrebandier reconnait sa faute, le règlement transactionnel peut se faire. Au cas où l’incriminé conteste, le règlement passe à la phase contentieuse. Il est donc remis à la justice pour la suite de la procédure », souligne le coordonnateur national du CNLF. Le combat au premier trimestre de l’année 2026, affirme-t-il, a permis d’encaisser 561 millions F CFA au profit du budget de l’Etat.
Quant à la BMCRF, son combat concerne la veille des prix des produits sur le marché. Dans cette dynamique, les agents des directions régionales en charge du commerce sillonnent les marchés des villages pour le constat. « Nous effectuons des sorties inopinées en vue de veiller à la fragmentation économique, à la lutte contre la fraude, la commercialisation des produits périmés, le contrôle des prix des produits de grande consommation », renchérit le chef de service de contrôle économique et de la répression des fraudes de Manga, Soumaila Lonfo.
Il relate qu’au cours des sorties, les commerçants véreux prennent la poudre d’escampette. Seule la marchandise est saisie. « On n’a même pas l’occasion de connaitre son identité »,
« Les aliments périmés perdent leur valeur nutritionnelle » , précise la diététicienne, Yasmine Zerbo.
regrette M. Lonfo. Par contre, dans les boutiques, le fraudeur est convoqué pour s’expliquer et est amendé. « On l’informe que ladite marchandise est saisie », poursuit le chef de service contrôle par intérim de la direction régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat du Nakambé, Zakaria Badjelle.
En plus de la croisade de la douane, la CNLF et la BMCRF contre le phénomène, il y a la Ligue des consommateurs du Burkina Faso (LCB) qui travaille à l’éveil des consciences des consommateurs. Pour son président (NDLR : au moment de l’entretien, le 2 avril 2026, Dasmané Traoré, pour réussir la lutte, il faut être exigeant. « On doit avoir cette volonté de vérifier la date de péremption pour s’assurer de la validité du produit.
Aussi, à vue d’œil, on peut détecter un produit sain d’un produit qui ne l’est pas », soutient-il. En cas de produit suspect, informe-t-il, le consommateur appelle sur le numéro vert de la Ligue. Et après vérification, la douane, la police, la gendarmerie, la BMCRF ou la CNLF est saisie sur la présence du produits contrefait sur le marché. « Il revient à l’autorité de faire la saisie ou de le retirer du marché au grand bonheur des consommateurs », rassure le président.
La santé publique en danger
Toutefois, selon M. Traoré, aujourd’hui, la digitalisation vient compliquer la situation du consommateur, tout lui est vendu moins cher sur les plateformes. « Tant qu’il n’y a pas eu une vérification de la qualité de ces produits, nous ne pouvons pas d’emblée dire que le produit n’est pas de bonne qualité. Nous sommes donc obligés, après des plaintes, d’acheter ces produits pour les faire analyser. C’est à l’issue de cela que nous pouvons informer les autorités sur la qualité et celle-ci agit », explique Dasmané Traoré.
Malheureusement, la consommation de ces produits périmés, avariés ou prohibés représente un risque sanitaire majeur. En effet, selon la diététicienne Yasmine Zerbo, les produits périmés peuvent engendrer une intoxication alimentaire avec des allergies chez certaines personnes. « La consommation d’huiles périmées peut entraîner des lésions hépatiques et augmenter le risque de maladie cardiaque et peuvent provoquer des symptômes allergiques », indique-t-elle.
Pour elle, les aliments qui vieillissent perdent leur valeur nutritionnelle, et leur consommation peut également entraîner une carence en certains nutriments, avec des effets à long terme sur la santé. « Manger des aliments moisis peut provoquer des réactions allergiques, des problèmes respiratoires, des dommages neurologiques et produire des substances toxiques pouvant provoquer des maladies graves », poursuit-elle.
Selon le chef de Bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, Laurent Marie Gansoré, c’est en moyenne 300 camions par jour qui sont contrôlés au poste.
Au regard de tout cela, le directeur général de l’agence nationale pour la sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé, Elie Kabré, estime que les pratiques frauduleuses mettent en échec tous les efforts déployés par les autorités en charge de la santé. « Je suis heureux de voir de quelle catastrophe notre pays est de plus en plus soustrait grâce aux saisies de part et d’autre », apprécie -t-il.
A cet effet, il salue les efforts qui sont faits pour pouvoir mettre hors d’état de nuire ces personnes qui jettent en pâture la santé publique pour le gain. « Nous devons nous mobiliser autour de toutes les forces qui se battent pour notre sécurité physique, mais aussi pour notre sécurité sanitaire », fait comprendre M. Kabré. Estimant que la fraude est en recul au regard des actions menées, il invite à être toujours vigilants, au regard de l’ingéniosité de ses pratiquants.
« Nous devons nous adapter pour pouvoir toujours déceler les irrégularités », conseille pour sa part, Dasmané Traoré. Face à cette gangrène qui persiste, désormais, la douane, la CNLF et la BMCRF présentent les contrevenants à la presse et confisquent les moyens de déplacements en plus de la saisie des marchandises. Une manière pour eux de dissuader d’éventuels fraudeurs à ne pas mener cette activité.
C’est du moins l’appel lancé par un fraudeur de médicaments contrefaits, arrêté le 5 mars 2026 lors d’un contrôle des gabelous à Zorgho. Il a été présenté à la presse le 6 mars 2026. Celui-ci reconnait son tort et demande pardon à la population. « C’était pour moi une occasion pour me faire de l’argent. J’ignorais que cette activité est dangereuse pour la
« Nous faisons régulièrement des saisies et elles concernent principalement les bâtons d’explosifs », confie le chef de la Brigade mobile des douanes de Manga, Raymond Bagré. milliards FCFA ont été mobilisés », indique le chef de bureau adjoint du poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé, Lucien Valéa.
santé des populations. Je promets changer de métier », témoigne-t-il. A cet effet, il lance également un appel à ses coéquipiers de changer de métier qui leur permettra de gagner dignement leur vie en digne Burkinabè.
Même son de cloche pour Boureima Soré, interpelé lors d’un contrôle de prix de la BMCRF, le 13 mai 2026. Pour non-respect des prix du ciment, ce grossiste a été convoqué au siège. Il promet de respecter la règlementation en vigueur et invite ces collègues à arrêter la spéculation autour du ciment. Du reste, la population est aussi invitée à accompagner les acteurs de lutte contre la fraude par des dénonciations de mauvaises pratiques.
Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com
Ce que dit la loi en matière de fraude
La loi n°016 du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso, régit la liberté des prix, la saine concurrence et la protection du consommateur. Elle a pour objet de préserver et de favoriser la concurrence et de protéger le consommateur. A son article 41, elle stipule que tout vendeur de biens, tout prestataire de service doit, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur les prix, les limitations éventuelles de la responsabilité contractuelle et les conditions particulières de la vente. L’article 52 interdit à l’importation ou à l’exportation des produits contrefaisants destinés au commerce. Les infractions de la présente loi relatives aux tromperies et falsifications et à la sécurité du consommateur sont punies d’une amende de 500 000 à 500 000 000 F CFA et d’un emprisonnement d’un an à cinq ans ou de l’une de ces deux peines seulement.
F.B.
Un scanner pour renforcer la lutte
En vue de renforcer l’efficacité dans la lutte contre la fraude, il ressort que la mise à la disposition d’un scanner dans les postes de contrôle des douanes serait d’une grande importance. Dans ce sens, le ministère de l’Economie et des Finances, avec l’appui de la Chambre de commerce et d’industrie, prévoit d’installer un scanner au bureau des douanes de 2e catégorie de Dakola, mais qui se fait toujours attendre. Vivement l’installation de cet appareil qui devra faciliter le contrôle des marchandises, contribuer à réduire considérablement la fraude.
F.B.
Un groupe WhatsApp pour stimuler les agents dans la lutte contre la fraude
Un gabelou a créé un groupe WhatsApp en vue de motiver ses collègues à accentuer la lutte contre la fraude. Chaque jour, il diffuse les saisies qui sont opérées. Dans ces publications, il présente les techniques d’opération, stimulant ainsi tous les agents et renforçant leur vigilance. Une manière pour lui d’appeler ses collègues à ne pas baisser la garde dans la traque des contrebandiers qui produit des résultats probants.
Le Président de l’Assemblée législative du peuple, Ousmane Bougouma, a reçu, en audience une délégation du parlement serbe, conduite par le député Slavenko Ristic, président directeur général de Tehnicki Remont Bratunac.
En visite de travail au Burkina Faso, depuis le 1er juin 2026, une délégation serbe, conduite par Slavenko Ristic, député et président directeur général de la société Tehnicki Remont Bratunac, a échangé avec le Président de l’Assemblée législative du peuple (ALP), Ousmane Bougouma. C’était au cours d’une audience qui a eu lieu, dans l’après-midi du mercredi 3 juin 2026, au Parlement. Cette visite de courtoisie, a fait savoir Slavenko Ristic, à sa sortie d’audience, a porté sur une possibilité d’établir une coopération parlementaire entre le Burkina Faso et la République de Serbie.
« Nous sommes là dans le cadre d’une coopération internationale. Nous croyons au Burkina Faso et le capitaine Ibrahim Traoré est très connu dans mon pays. Nous croyons en la capacité du Burkina Faso », a-t-il déclaré. En perspectives, l’hôte du Président de l’ALP, Ousmane Bougouma, a ajouté que les échanges ont aussi porté sur les domaines de la défense, de la sécurité. Cela, a-t-il souligné, dans la mesure où il n’y a pas de développement économique sans la paix et la sécurité.
« Nous prévoyons également collaborer dans le domaine de l’agriculture, de la formation, de l’éducation et des transferts de compétences », a souligné le chef de la délégation serbe, Slavenko Ristic. Notons que la société Tehnicki Remont Bratunac qu’il dirige évolue dans le domaine des technologies de la défense.
Le Secrétariat permanent de la commission nationale pour les réfugiés (SP-CONAREF), en collaboration avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a ouvert ce mardi 2 juin 2026 à Ouagadougou, un atelier de formation sur la Détermination du statut de réfugié (DSR) au profit du personnel et des membres des comités d’éligibilité et de recours.
Présidant la cérémonie d’ouverture, l’ambassadeur Vlé Fulbert Traoré, secrétaire permanent de la CONAREF, a souligné l’importance de cette session. Elle vise à renforcer les capacités des acteurs impliqués dans la détermination du statut de réfugié, afin de garantir des procédures conformes aux normes nationales et internationales de protection au Burkina Faso.
« Cet atelier constitue une opportunité de partage d’expériences, d’acquisition de compétences et de consolidation des connaissances nécessaires à l’exercice de vos responsabilités dans le respect du droit d’asile au Burkina Faso », a-t-il déclaré.
Il a également indiqué que cette initiative s’inscrit dans la vision de solidarité, de justice sociale et d’inclusion portée par la Révolution progressiste populaire, tout en saluant l’accompagnement constant du HCR aux côtés du gouvernement burkinabè. Pour sa part, l’administrateur principal chargé de la protection au HCR, monsieur Paul Dime, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir le Burkina Faso dans le renforcement du système national d’asile.
Le HCR se tient et se tiendra toujours aux côtés des autorités burkinabè pour renforcer le mécanisme de détermination du statut de réfugié et garantir une protection internationale efficace aux personnes qui en ont besoin », a-t-il assuré. Pendant deux jours, les participants échangeront sur des thématiques essentielles liées à la protection internationale, au processus de détermination du statut de réfugié, aux critères d’inclusion et à l’analyse de crédibilité des demandes.
Dans le cadre de leur visite dans la ville de Tianjin, les participants au programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine ont séjourné à la Tour « Tianta » et dans la vieille ville de Yangliuqing.
Si la ville de Tianjin est riche en culture, elle est aussi riche en hauteur. Et lorsqu’on évoque la hauteur de cette ville, on pense immédiatement à la Tour de Tianjin, ou « Tianta » qui mesure 415,2 mètres. Allongée, elle dépasserait la tour Eiffel de près de 100 mètres. Inaugurée en 1991, elle était l’un des premiers équipements intelligents de la Chine post-réforme. Jadis reconnue comme la plus haute d’Asie elle reste la 6e d’Asie et la 3e de Chine, membre de la Fédération mondiale des grandes tours. La tour de Tianjin possède une caractéristique unique au monde. C’est en effet la seule tour construite au milieu de l’eau. Autour d’elle se trouve le lac Tianta.
La tour de Tianjin est la seule au monde construite au milieu de l’eau
Les architectes ont creusé ce lac après la construction pour que la tour semble pousser directement hors de l’eau. La forme de la tour évoque une soucoupe volante suspendue. Des équipes venues de Wuhan, Xi’an, Pékin ont travaillé trois ans et quatre mois, bravant le vent et la neige, pour ériger cette tour de 100 000 tonnes. Au niveau du belvédère de la tour située à 253 mètres se dégage une vue panoramique à 360° sur toute la région de Tianjin.
La vieille ville de Yangliuqing abrite la résidence Shi, un ensemble architectural résidentiel de la fin de la dynastie Qing
L’un des sites d’attractions de la tour est la « Bibliothèque Tianta Xian», situé à 257 mètres et constituant la plus haute librairie du monde, avec près de 10 000 livres. Si la tour constitue un site touristique très attractif attirant de nombreux visiteurs, elle sert aussi de centre névralgique pour la diffusion de la télévision, couvrant plus de cent kilomètres.
Ce qui fait le charme de la ville de Tianjin est qu’elle allie modernité et traditions. Et on ne peut pas parler de tradition à Tianjin sans évoquer la vieille ville de Yangliuqing. Labà, pas de gratte-ciel mais une tradition millénaire où chaque famille sait peindre et colorier, décrivant ainsi les scènes de vie les plus chaleureuses et l’univers spirituel le plus vivant de la Chine populaire.
Le pavillon d’opéra situé au sein de la résidence est le théâtre privé résidentiel fermé le mieux conservé et le plus vaste de Chine
Situé au bord du Grand Canal Beijing-Hangzhou, la ville de Yangliuqing est réputée pour ses estampes sur bois. En effet, les estampes de Nouvel An chinois de Yangliuqing sont à la fois un symbole de la culture du Nouvel An chinois et un trésor de l’art traditionnel.
Un patrimoine culturel immatériel
La résidence Shi qui date de la dynastie Qing est vieille de plus de 150 ans.
Le bourg ancien abrite également d’autres éléments culturels caractéristiques, tels que la résidence Shi, ensemble architectural résidentiel de la fin de la dynastie Qing surnommé « la première grande demeure du nord de la Chine », ainsi que les découpages teintés de la famille Hao, considérés comme un art unique de Tianjin. La résidence Shi constitue une vaste demeure traditionnelle datant de la dynastie Qing et vieille de plus de 150 ans. Elle couvre une superficie de 6 900 mètres carrés, pour plus de 3 850 mètres carrés de surface bâtie, et comprend 18 cours intérieures.
Les participants au programme CIPCC 2026 ont pris plaisir à tester l’art du découpage de papier de la famille Hao.
Son architecture présente un agencement typique de cours quadrangulaires imbriquées, avec des cours à l’intérieur des cours, un axe central clairement défini et un style majestueux. Le pavillon d’opéra situé au sein de la résidence est le théâtre privé résidentiel fermé le mieux conservé et le plus vaste de Chine. L’atelier d’estampes de Nouvel An chinois Yuchenghao, fondé en 1926, constitue l’atelier central de transmission du patrimoine culturel immatériel des estampes de Nouvel An chinois sur bois de Yangliuqing et représente l’un des rares lieux de l’ancien bourg à avoir conservé intégralement les techniques artisanales traditionnelles. L’atelier perpétue une fabrication entièrement manuelle suivant les étapes traditionnelles de « dessin, gravure, impression, mise en couleur et montage ». Dirigé par la maître Zhang Hong, héritière du patrimoine culturel immatériel, elle veille à préserver les savoir-faire anciens tout en ouvrant ses portes aux visiteurs pour des visites et des expériences pratiques. En séjour d’une journée sur le site, les participants au programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine ont pris plaisir à tester l’art du découpage de papier de la famille Hao.
Lors de leur séjour, les journalistes africains ont apprécié le charme de Yangliuqing.
En tant que projet du patrimoine culturel immatériel de la municipalité de Tianjin, Hao Guifen, héritière de cinquième génération de cet art, a créé de manière originale la technique du « découpage teinté ». Elle a également développé des produits culturels et créatifs appréciés des jeunes générations, tels que de petits ornements décoratifs et des veilleuses.
Aujourd’hui, l’ancien bourg de Yangliuqing, guidé par le concept de « revitalisation des estampes de Nouvel An chinois », transforme les images traditionnelles bidimensionnelles en scènes dynamiques tridimensionnelles grâce à l’amélioration des espaces, à la mise en valeur lumineuse et à l’innovation artistique, réalisant ainsi une transformation remarquable, du « patrimoine culturel » vers une véritable « esthétique de vie ».
Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a reçu en audience, le mardi 2 juin 2026, Ardiouma Soma, lauréat du prix 2026 de la Fédération internationale des archives du film (FIAF), décerné lors du congrès international de l’organisation tenu cette année à Rabat, au Maroc.
Premier Africain à recevoir cette prestigieuse distinction depuis sa création en 2001, Ardiouma Soma est venu présenter son prix au ministre de tutelle afin d’exprimer sa reconnaissance aux plus hautes autorités du Burkina Faso pour l’accompagnement dont il a bénéficié tout au long de son parcours professionnel. Ardiouma Soma a dédié son prix au peuple burkinabè en guise de reconnaissance à l’Etat burkinabè qui a contribué à travers une bourse pour sa formation dans le domaine du cinéma et ses différentes ascensions dans sa carrière professionnelle.
«Ce prix appartient à l’ensemble du peuple burkinabè qui a toujours montré son engagement auprès de la culture, notamment dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel », a-t-il affirmé. Il a rappelé que le cinéma est une œuvre collective qui se construit grâce à l’engagement et au soutien de nombreux acteurs. Il a également souligné que cette reconnaissance internationale consacre les efforts déployés par le Burkina Faso en faveur du développement du cinéma depuis les premières années des indépendances. Selon lui, le pays s’est très tôt engagé dans la production cinématographique et audiovisuelle, faisant du cinéma un outil d’information, de sensibilisation et d’accompagnement des politiques de développement.
Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a chaleureusement félicité le récipiendaire pour cette distinction qui honore le Burkina Faso à travers l’un de ses fils. Il s’est réjoui de cette distinction qui témoigne de la place importante qu’occupe le pays dans l’histoire du cinéma africain. Le MCCAT a également encouragé Ardjouma Soma à poursuivre son engagement en mettant son expérience et son expertise au service de la jeune génération afin de contribuer davantage au développement du cinéma et de l’audiovisuel burkinabè. Figure emblématique du secteur culturel, Ardiouma Soma a occupé plusieurs fonctions de premier plan, notamment celles de délégué général du FESPACO et de directeur général du cinéma et de l’audiovisuel. En rappel, la FIAF regroupe près de 200 institutions dans plus de 80 pays engagés dans la conservation, la restauration et la valorisation du patrimoine cinématographique mondial.