Wendingoundi Félix Kalkoundo accède au grade de docteur

L’impétrant, Wendingoundi Félix Kalkoundo a soutenu, le vendredi 22 mai 2026, à l’université Norbert-Zongo, sa thèse sur le thème : « Politiques éducatives et gouvernance des établissements privés post-primaire et secondaire : problématique de la qualité de l’éducation au Burkina Faso ». Le jury l’a déclaré admis avec la mention « Très honorable ».

Wendingoundi Félix Kalkoundo est désormais docteur en sciences de l’éducation. Il a défendu sa thèse portant sur : « Politiques éducatives et gouvernance des établissements privés post-primaire et secondaire : problématique de la qualité de l’éducation au Burkina Faso », le vendredi 22 mai 2026, à l’université Norbert-Zongo. Les travaux ont été menés sous la conduite du Dr Joseph Béogo, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’école normale supérieure. Il a été jugé digne du grade de docteur avec la mention « Très honorable » du jury présidé par François Sawadogo, professeur titulaire en psychologie cognitive des apprentissages à l’université Norbert-Zongo. Il était assisté du Dr Ibrahima Traoré de l’université Yambo-Ouologuem, du Dr Sibiri Luc Kaboré de l’Institut des sciences des sociétés et du Dr Adama Kéré de l’école normale supérieure, tous spécialistes en sciences de l’éducation.

Les parents, amis et collègues sont venus soutenir l’impétrant.

Dans ses recherches, Dr Kalkoundo a montré qu’en réponse à l’appel de l’Etat, les établissements privés ont contribué à l’augmentation de l’offre éducative. Malheureusement, a-t-il fait savoir, la qualité de l’éducation n’est pas allée de pair avec cette croissance, si bien que la qualité de l’enseignement dispensé dans les établissements privés est remise en cause par certains auteurs. Cela semble être lié à la manière dont ces établissements sont gérés. C’est ce qui l’a amené à entreprendre des recherches sur le rôle des administrateurs des établissements privés et les conséquences de leurs actes sur la qualité de l’éducation. Les résultats obtenus ont permis de conclure que les gouvernances administrative, pédagogique et financière des établissements privés post-primaire et secondaire influencent négativement la qualité de l’éducation au Burkina. Le président du jury a indiqué que la problématique développée dans cette thèse présente une pertinence certaine au regard des enjeux éducatifs contemporains du Burkina Faso, en particulier dans un contexte marqué par l’expansion soutenue de l’enseignement privé et les interrogations croissantes relatives à la qualité de l’éducation. « Elle met en lumière une tension structurante entre les dynamiques de développement du secteur privé, les modalités de sa régulation et les exigences de performance du système », a-t-il précisé.

Beyon Romain NEBIE

Sénégal : l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko a pris la tête de l’Assemblée nationale

Au Sénégal, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a été élu ce mardi 26 mai 2026, président de l’Assemblée nationale. Il a obtenu 132 voix sur les 133 suffrages exprimés, avec une abstention et aucun vote contre. Cette élection s’est déroulée en l’absence d’une partie des députés de l’opposition, qui contestent la légalité de son retour à l’Assemblée en tant que député après son limogeage du poste de Premier ministre le 22 mai dernier.

Dans ses premiers mots en tant que président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a laissé entendre : « Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles. Ce serait trahir notre propre combat. Mais je le dis avec la même clarté, l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle contrôlera l’action gouvernementale. (…) Elle usera, de manière responsable mais tout aussi ferme, tous les leviers de contre-pouvoir constitués, selon la gravité des faits et des circonstances. (…) Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans haine, sans violence et sans effondrement institutionnel ».

Ousmane Sonko succède à El Hadj Malick Ndiaye, qui avait présenté sa démission deux jours plus tôt, et prend immédiatement ses fonctions. Cette nomination marque une nouvelle étape dans la réorganisation des institutions sénégalaises, après la désignation dans la nuit de ce lundi 25 mai d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô au poste de chef du gouvernement.

Coopération bilatérale: huit années de coopération féconde, une nouvelle page s’ouvre pour la Chine et le Burkina Faso

Cela fait huit ans que le Burkina Faso et la République populaire de Chine ont rétabli leurs relations diplomatiques. Dans cette tribune que nous vous proposons, l’ambassadeur de Chine au Burkina, Deyong Zhao, revient sur les acquis de cette coopération bilatérale qui se veut mutuellement bénéfique.

Le 26 mai 2026 marque le 8e anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso. Au cours des huit dernières années, sous la conduite stratégique des dirigeants des deux pays, les relations sino-burkinabè se sont développées de manière constante, la confiance politique s’est renforcée, les résultats de la coopération s’accumulent et les échanges culturels s’intensifient, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de solidarité, de coopération et de bénéfice mutuel entre la Chine et le Burkina Faso.

Les relations bilatérales revêtent une importance stratégique accrue

Au cours de ces huit années, malgré les bouleversements de la situation internationale et les défis rencontrés par chacun dans son propre développement, les deux pays ont toujours préservé l’esprit initial du rétablissement des relations, avançant côte à côte dans la solidarité. La Chine apprécie hautement l’attachement du Burkina Faso au principe d’une seule Chine, ainsi que le soutien ferme apporté à la Chine sur les questions touchant à ses intérêts fondamentaux et à ses préoccupations majeures, notamment celles liées à Taïwan.

La Chine continue, comme toujours, de soutenir le peuple burkinabè dans l’exploration indépendante d’une voie de développement adaptée à ses réalités nationales, ainsi que les efforts du gouvernement burkinabè pour préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale et réaliser un développement autonome. En tant que pays en développement et membres importants du Sud global, la Chine et le Burkina Faso partagent des positions similaires et des intérêts communs sur de nombreuses questions relatives à la paix et à la sécurité internationales et régionales ; ils maintiennent une communication et une coordination étroites et œuvrent conjointement à la mise en œuvre des quatre grandes Initiatives mondiales sur le développement, la sécurité, la civilisation et la gouvernance afin de sauvegarder les droits légitimes du Sud global.

En septembre 2024, à l’occasion du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, les deux parties ont annoncé l’établissement d’un partenariat stratégique, ouvrant ainsi une nouvelle page dans les relations entre la Chine et le Burkina Faso. La Chine est disposée à être un ami sincère et un partenaire fiable sur la voie de la modernisation du Burkina Faso, à renforcer l’articulation entre le 15e Plan quinquennal (2026-2030) pour le développement économique et social de la Chine et le « Plan national de développement (PND) 2026-2030: RELANCE » du Burkina Faso, à approfondir les échanges d’expériences en matière de gouvernance, à promouvoir une coopération de haute qualité dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », à mettre en œuvre les résultats du Sommet de Beijing du FOCAC, et à partager les opportunités ainsi qu’à rechercher un développement commun avec la partie burkinabè.

Les résultats de la coopération pragmatique sont remarquables

Le volume des échanges commerciaux entre la Chine et le Burkina Faso n’a cessé de croître, la Chine étant désormais le premier fournisseur d’importations du Burkina Faso ainsi qu’un partenaire commercial majeur. En décembre 2024, l’accès en franchise de droits pour 100 % des produits burkinabè exportés vers la Chine est entré en vigueur. En 2025, le volume total des échanges bilatéraux a dépassé 1 milliard de dollars américains, enregistrant une croissance de 47,7 % en glissement annuel, soit plus de trois fois le niveau de 2018.

A la fin de l’année dernière, l’hôpital de Bobo-Dioulasso, construit grâce à l’aide chinoise, a été achevé et officiellement remis. En tant que plus grand hôpital général du Burkina Faso, voire de toute l’Afrique, il est devenu un nouveau symbole fort de l’amitié entre la Chine et le Burkina Faso. Au cours des huit dernières années, la Chine a continué de fournir des dons au Burkina Faso, réalisant notamment le projet de construction de 100 complexes scolaire équipés, les quatre phases du projet des engagements nationaux ainsi que l’Initiative présidentielle pour la production agricole. La Chine a également financé, par des prêts préférentiels, plusieurs projets au Burkina Faso tels que le projet « Smart Burkina », la centrale solaire photovoltaïque de 27 MW et le projet de renforcement du système d’adduction d’eau potable dans quatre villes.

Elle a en outre envoyé des équipes d’experts en technologie agricole et en culture du mil, et fourni des aides alimentaires d’urgence, contribuant de manière concrète à la sécurité alimentaire du pays. En mars de l’année dernière, la cimenterie sino-burkinabè, construite par le groupe chinois Wangkang avec un investissement de 50 millions de dollars et une capacité annuelle de 600 000 tonnes, a été achevée et mise en production, la cérémonie d’inauguration ayant été présidée personnellement par le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso. Avec l’amélioration progressive de la situation sécuritaire, il est permis de croire que de plus en plus de projets d’investissement chinois verront le jour au Burkina Faso, créant davantage d’emplois et d’opportunités de développement pour la population locale.

Le 1er mai, le Président Xi Jinping a annoncé l’entrée en vigueur officielle de l’initiative chinoise d’exemption totale de droits de douane pour les 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine. La partie chinoise est disposée à travailler avec la partie burkinabè pour conclure dans les meilleurs délais l’Accord de partenariat économique pour le développement partagé (CADEPA), afin de promouvoir la mise en œuvre de davantage de mesures facilitant le commerce et l’investissement, et de permettre au vaste marché chinois d’offrir davantage d’opportunités au Burkina Faso pour accroître ses exportations et renforcer son niveau d’industrialisation.

Les échanges humains et culturels ne cessent de s’intensifier

Depuis le rétablissement des relations diplomatiques, les interactions entre les peuples des deux pays ont connu une reprise exponentielle. En 2025, le nombre de visas délivrés aux citoyens burkinabè pour se rendre en Chine a dépassé 8 000. La coopération éducative bilatérale n’a cessé de se développer, la Chine devenant une destination d’études de plus en plus prisée : plus de 200 étudiants burkinabè ont bénéficié de bourses du gouvernement chinois pour poursuivre leurs études en Chine, et près de 800 personnes se sont rendues en Chine l’année dernière pour participer à diverses sessions de formation. L’Institut Confucius de l’université Nazi-Boni a ouvert cinq centres d’enseignement du Chinois au Burkina Faso.

Depuis le rétablissement des relations, la Chine a envoyé huit missions médicales au Burkina Faso, offrant des consultations médicales à près de 30 000 personnes et fournissant régulièrement des services médicaux gratuits aux orphelinats et aux villages reculés. La quatrième Semaine du cinéma chinois de Ouagadougou a été inscrite au programme officiel de l’« Année sino-africaine des échanges humains et culturels ». A ce jour, l’ambassade de Chine a organisé ou participé à près de vingt événements d’échanges culturels entre les deux pays. L’amitié entre les nations repose sur la proximité entre les peuples. Nous sommes convaincus que le rapprochement entre les peuples, en particulier entre les jeunes des deux pays, et une meilleure compréhension mutuelle insuffleront une dynamique durable au développement des relations sino-burkinabè et à la coopération dans tous les domaines.

Le 8e anniversaire constitue à la fois une étape importante et un nouveau point de départ. Bien que la Chine et le Burkina Faso soient séparés par des milliers de kilomètres, nos deux pays ont connu des épreuves historiques similaires, partagent les mêmes aspirations au développement et sont portés par des peuples tout aussi travailleurs, intelligents, résilients et déterminés. Rien ne saurait donc entraver la compréhension mutuelle, la confiance réciproque et le soutien solidaire entre nos deux nations. En regardant le chemin parcouru, nous mesurons toute la valeur de notre amitié. En nous tournant vers l’avenir, la Chine est disposée à avancer côte à côte avec le Burkina Faso, dans un esprit de sincérité et de loyauté, à approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle, à élargir et approfondir la coopération pragmatique, à consolider la dynamique vigoureuse du développement des relations bilatérales, afin d’apporter davantage de bien-être aux deux peuples.

ZHAO Deyong Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République populaire de Chine au Burkina Faso

 

Microfinance dans l’espace UEMOA: les caisses populaires se conforment aux nouvelles règlementations

La Faitière des caisses populaires du Burkina Faso (FCPB) a tenu, ses assemblées générales extraordinaire et ordinaire, vendredi 22 mai 2026, à Ouagadougou. La rencontre a été présidée par le chargé de missions du ministère de l’Economie et des Finances, Ernest Kaboré.

La Faitière des caisses populaires du Burkina Faso (FCPB) veut se conformer à la nouvelle loi n°001-2025/ALT du 13 février 2025, règlementant la micro finance dans l’espace UEMOA. C’est pourquoi, elle a tenu, sa 2e assemblée générale extraordinaire et sa 13e assemblée ordinaire, vendredi 22 mai 2026, à Ouagadougou, pour non seulement valider et adopter les innovations apportées aux règlements intérieur et financier de la caisse populaire du Burkina, mais aussi faire le bilan des activités réalisées.

C’est le chargé de missions du ministère de l’Economie et des Finances, Ernest Kaboré, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la rencontre. Au cours de l’assemblée générale extraordinaire, le secrétaire général du comité national de révision des textes, Oumarou Yaro, a fait une communication sur le contexte et les objectifs des textes internes, tout en relevant les innovations et mo-difications apportées aux textes. Ensuite, les participants ont validé et adopté, à l’unanimité, les nouveaux règlements intérieurs et financiers de la caisse populaire du Burkina. Ils ont, aussi, adopté le procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire.

Un résultat positif de 59% engrangé

Le président du conseil d’administration de la FCPB, Adama Kaboré, a félicité les acteurs pour l’adoption des textes. Il a confié que l’assemblée générale ordinaire a permis aux

Les membres de la FCPB ont adopté les différents textes soumis à l’ordre du jour.

coopérateurs d’exa-miner et d’adopter la gestion de l’exercice 2025, les états financiers du RCPB au 31 décembre 2025 ainsi que la planification des actions et budget de l’année 2026. En termes de bilan, il a noté une satisfaction. « Nous avons obtenu un taux de réalisation positif de 59%.

Nous avons fait un bond en avant par rapport aux années précédentes », a-t-il expliqué. Il a ajouté que le crédit octroyé aux coopérateurs est de 130 millions F CFA. Selon lui, il a connu une nette croissance par rapport aux années antérieures. M. Kaboré a félicité tous les acteurs pour cette performance et les a invités à maintenir la même dynamique, au cours de l’exercice 2026. Le chargé de missions, Ernest Kaboré, a mentionné que depuis plus de 50 ans, le réseau des caisses populaires du Burkina s’impose comme un partenaire stratégique du développement économique et social du Burkina. A l’entendre, le RCPB a contribué à révolutionner l’accès au service financier, à travers son maillage territorial, sa proximité avec les populations et sa philosophie coopé-rative fondée sur l’entraide et la solidarité.

Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs, il a confié que le rôle de la microfinance devient plus déterminant. Pour lui, elle doit être un instrument de résilience, un levier de relance économique et facteur de cohésion sociale. « C’est dans cette dynamique que s’inscrit la mise en œuvre de la nouvelle loi marquant une avancée importante dans le renforcement de la gouvernance, de la sécurité de l’épargne et de la stabilité du système financier national », a-t-il dit. Le renouvellement des membres des organes dirigeants a mis fin à l’assemblée générale couplée extraordinaire et ordinaire de la FCPB.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE

Carnet santé: que faire pour remonter la tension ?

Une chute de tension ou hypotension correspond à une baisse de la pression artérielle pouvant provoquer étourdissements, voire malaise et vision trouble. Fréquente lors de la déshydratation, ou lors d’un changement de position, la chute de tension est le plus souvent bénigne mais demande une consultation médicale, surtout si elle récidive.

On parle d’hypotension lorsque la tension est en dessous de 9 cm de mercure selon les spécialistes. En pratique, cela correspond généralement à une pression artérielle inférieure à 90/60 mmHg. Chez l’adulte, une tension artérielle considérée comme normale se situe autour de 12/8, soit environ 120/80 mmHg. Le premier chiffre correspond à la pression exercée dans les artères lorsque le cœur se contracte (pression systolique) et le second à celle mesurée lorsque le cœur se relâche entre deux battements (pression diastolique). Cependant, le chiffre en dessous de 9 cm de mercure reste relatif et pour parler d’hypotension, il faut aussi tenir compte de la tension artérielle habituelle de la personne. Certaines personnes ont naturellement une tension artérielle à 9 et se portent très bien, sans aucun symptôme !

D’autres se sentent mal avec 10/6 de tension, car leur tension habituelle est habituellement plus élevée. On parle de chute de tension ou hypotension aiguë, lorsque la pression artérielle baisse soudainement. Les principaux symptômes de l’hypotension sont, des étourdissements ou des vertiges, une vision trouble ou embrouillée, un malaise, voire un évanouissement ou une syncope lorsque le cerveau manque momentanément d’oxygène. Ces symptômes ne peuvent pas être liés à un simple coup de fatigue. De l’avis des spécialistes, cette chute de tension peut être suspectée sur des symptômes mais il faut l’objectiver par la mesure de la tension artérielle.

Les causes

La cause la plus fréquente de la chute de tension est l’hypotension orthostatique. Elle correspond à une baisse de la tension artérielle qui survient lors du passage de la position couchée ou assise à la position debout. L’hypotension artérielle orthostatique touche beaucoup la personne âgée. Elle touche en effet environ 15 à 20 % des plus de 65 ans et sa fréquence augmente avec l’âge. Une hypotension aiguë, ou chute de tension brutale, peut également survenir en cas de déshydratation. Celle-ci est favorisée par de fortes chaleurs, une fièvre, des vomissements, une diarrhée ou un manque d’apports hydriques. La déshydratation est particulièrement fréquente lors des épisodes de canicule. Des médicaments récemment introduits peuvent aussi entraîner des chutes de tension.

C’est le cas par exemple des médicaments anti-hypertenseurs donnés à des personnes qui présentent une hypertension artérielle mais qui sont trop efficaces et entraînent alors une hypotension ou de certains anti-dépresseurs. Les chutes de tension sont aussi fréquentes pendant la grossesse. En effet, chez les femmes enceintes, le débit sanguin augmente, le cœur bat plus vite et les vaisseaux se dilatent. Ce qui peut favoriser une baisse de la tension artérielle. Si vous présentez des signes de chute de tension, les agents de santé conseillent en premier lieu de vous asseoir ou, encore mieux, de vous allonger. Il est également recommandé de surélever les jambes.

Le débit sanguin va alors être dirigé de façon préférentielle vers le haut du corps. Si la chute de tension est liée à une déshydratation, il est important de boire de l’eau régulièrement, par petites gorgées, afin de réhydrater l’organisme et de favoriser la remontée de la tension. La chute de tension étant un phénomène transitoire, le fait de manger ne présente pas d’intérêt. En revanche, boire suffi-samment est la mesure la plus simple et la plus efficace. L’eau aide à augmenter temporairement la pression artérielle en améliorant le volume sanguin circulant.

Si une tension basse chronique ne s’associe pas à une hypertension on peut proposer un régime plus salé, car le sel retient l’eau. Le sodium favorise la rétention d’eau et contribue ainsi à maintenir une pression artérielle plus stable. Cependant, ne consommez pas plus de sel sans avis médical ! Il n’existe pas de remède de grand-mère en cas de chute de la tension. Certaines plantes sont parfois citées dans les remèdes naturels pour aider en cas de tension basse, notamment la réglisse.

Elle contient de la glycyrrhizine, qui peut entraîner une rétention de sodium et d’eau, ce qui peut contribuer à faire légèrement augmenter la tension artérielle. Toutefois, son usage doit être encadré, car elle peut aussi provoquer des effets indésirables comme le déséquilibre en potassium, l’hypertension excessive ou des troubles cardiaques en cas de surconsommation.

Abdoulaye BALBONE

Source : https://www.femmeactuelle.fr/sante

VIIIe Journées d’anesthésie réanimation et de la médecine d’urgence: des professionnels de santé consolident et actualisent leurs connaissances

Le ministre de la Santé, Lucien Robert Jean-Claude Kargougou, a présidé la cérémonie d’ouverture de la VIIIe édition des journées d’anesthésie réanimation et de la médecine d’urgence du Burkina Faso, jeudi 21 mai 2026, à Ouagadougou.

Du 21 au 23 mai 2026 à Ouaga- dougou, la Société d’anesthésie réanimation et de la médecine d’urgence du Burkina Faso (SARMUB) organise pour la VIIIe fois son congrès sur le thème : « Les défis du développement de l’anesthésie réanimation et de la médecine d’urgence au Burkina Faso ». Durant 3 jours, d’éminents experts nationaux et internationaux, des professionnels de santé, étudiants et partenaires, ont eu droit à des ateliers de renforcement de capacités sur la gestion des voies respiratoires, la réanimation cardio-pulmonaire, l’Electrocardiographie (ECG) pour les urgences et les cas cliniques.

Ils ont bénéficié également de partages d’expériences, des tables rondes et communications autour de plusieurs thématiques. Le président du comité d’organisation, Pr Ibrahim Alain Traoré, par ailleurs, président de la SARMUB, a confié que ces journées sont une plateforme de partage d’expériences, de consolidation et d’actualisation des connaissances. « Les anesthésies réanimations et médecines dentistes sont une discipline qui sauve des vies humaines à la fois au bloc opératoire, en anesthésie, en réanimation, aux urgences et dans les services qui gèrent la douleur » a-t-il soutenu.

Dans un contexte où les besoins sanitaires sont en hausse de façon exponentielle et de défis sécuritaires, humanitaires et sociaux économiques, les anesthésistes réanimateurs et médecins dentistes sont au centre de plusieurs défis. Il a relevé le manque de ressources humaines, de matériel et de produits. Il a appelé le gouvernement à former de nouveaux anesthésistes réanimateurs pour soulager les patients, en plus de tous les efforts déjà consentis. Pour la présidente du comité scientifique, Pr Bertille Ki, ce congrès traduit une volonté collective de réfléchir aux solutions concrètes, permettant d’améliorer la qualité, la sécurité et l’accessibilité des soins d’anesthésies au Burkina Faso.

Elle a noté que le programme scientifique du congrès se veut à la fois pratique, multidisciplinaire et adapté aux réalités du contexte burkinabè. « Face aux défis actuels, nous devons continuer à développer la formation initiale et continue, la recherche locale, les protocoles adaptés aux réalités et la collaboration interdisciplinaire », a-t-elle souhaité. Dans le cadre de la mise en œuvre du plan 1000X5 de l’Initiative présidentielle pour la santé, le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a signifié que les anesthésistes réanimateurs doivent saisir l’opportunité du développement des ressources humaines qualifiées.

Pour cela, il a noté qu’ils doivent relever les défis du secteur pour l’opérationnalisation du Service d’aide médicale urgente (SAMU) sur le territoire national, la consolidation et la mise en œuvre des différents plans d’urgence. Pour lui, la tenue de ces journées est un symbole de résilience, d’engagement et de détermination à œuvrer pour le bien-être de la population burkinabè. le ministre de la Santé a renchéri que cette résilience a été prouvée à chaque fois que des Burkinabè ont été confrontés à des situations de détresse vitale.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE

(Collaborateur)

Tabaski 2026: Le chameau, vedette à Lanoag-Yiri

A l’orée de la Tabaski, les marchés à bétail de Ouagadougou connaissent une forte animation, ce lundi 25 mai 2026. Dans celui de Lanoag-Yiri, en particulier, un animal vole la vedette aux moutons, chèvres et bœufs. Bien que son coût soit inaccessible au Burkinabè moyen, le chameau suscite la curiosité de quelques fidèles musulmans en quête d’un animal de sacrifice.

Il est un peu plus de 10 heures, ce lundi 25 mai 2026. Un temps clément enveloppe le marché à bétail de Lanoag-Yiri, sis dans l’arrondissement 11 de Ouaga-dougou. L’ambiance y est déjà effervescente. Entre les bêlements des moutons, les chevrotements des boucs, les meuglements des bœufs, les vrombissements des taxis-motos et les cris des vendeurs, des silhouettes géantes attirent les regards. A l’extrémité ouest de ce parc animalier à ciel ouvert, de grands chameaux dominent la foule de leur taille imposante. Curieux, commerçants, acheteurs et enfants se regroupent autour des animaux, certains avec des smartphones en main. Ici, les « rois du désert » sont devenus la principale attraction. En tunique bleue, Abdoul Aziz Congo, vendeur, se réjouit de l’intérêt suscité par ses animaux. « Les gens viennent beaucoup pour regarder. Certains prennent des photos, d’autres demandent les prix. Même si tout le monde ne peut pas acheter un chameau, cela attire la clientèle », dit-il, le sourire aux lèvres. Parmi ces curieux, Moussa Sawadogo. Il observe attentivement le troupeau de chameaux. Le père de famille dit être venu « par curiosité ». « Je suis venu acheter un mouton pour la Tabaski. Mais comme j’en ai entendu parler, je voulais voir de mes propres yeux », lance-t-il en souriant. Selon M. Congo, ces animaux sont recherchés par des clients disposant d’un pouvoir d’achat élevé. « Nous avons commencé ce commerce depuis 2016. Avant, nous amenions juste quelques têtes sur commande. Mais cette année, nous en avons amené beaucoup. Les gens en ont déjà pris, mais il nous reste toujours une cinquantaine de têtes », explique le commerçant. Les chameaux sont proposés entre 400 000 FCFA et plus d’un million de FCFA, selon leur taille et leur état.

« Il n’y a pas de marché »

Si les chameaux attirent l’attention, les moutons demeurent toutefois les rois incontestés du marché de Lanoag-Yiri. Dans ce parc boueux, sous des hangars de fortune, des béliers sont disposés à perte de vue. Revendeur, Sayouba Ouédraogo promène un bélier de race balami pie noire, à la rencontre du premier venu. A Harouna Sinaré, administrateur civil, il vante son `« colosse ». « C’est le mouton qu’il vous faut pour la fête. Il est bien en forme, géant, avec de longues cornes. C’est l’idéal pour le sacrifice. Avec ça, même vos voisins vous respectent. Il est à 180 000 FCFA », indique le jeune vendeur, qui dit pouvoir le céder à 160 000 FCFA. Mais M. Sinaré inspecte les cornes, les dents et l’embonpoint avant d’entamer les discussions avec le commerçant. « Je le trouve très cher. Mais je peux le prendre à 125 000 FCFA », propose-t-il. Finalement, aucun accord n’est trouvé entre les deux hommes. Pour les commerçants, la conjoncture reste difficile. « Cette année, les prix sont un peu élevés, mais il y a des animaux pour toutes les bourses », assure Moumouni Ouédraogo, éleveur venu de Dori avec plusieurs dizaines de moutons et de boucs. Ses prix varient entre 40 000 et 350 000 FCFA, selon la race et la taille des bêtes. Le commerçant, d’une quarantaine d’années, affirme n’en avoir écoulé que trois jusque-là. « Il n’y a pas de marché », lâche-t-il, avec amertume. Selon lui, les coûts de transport, l’alimentation du bétail et la location de l’emplacement au marché augmentent fortement le prix de vente des bêtes.

Protéger le consommateur

Cette année, le marché du bétail évolue également dans un contexte particulier. Afin de préserver l’approvisionnement national avant la Tabaski, le gouvernement a suspendu temporairement l’exportation du bétail. Membre de la Société coopérative des commerçants de bétail de Lanoag-Yiri, Bernard Compaoré estime que la décision de l’exécutif contribue à renforcer l’offre disponible pour les consommateurs burkinabè à l’approche de la fête. « Les animaux sont plus nombreux sur le marché, parce qu’ils ne partent pas vers l’extérieur comme avant », affirme-t-il.

Habitué à vendre ses bœufs hors des frontières du pays à l’approche de la Tabaski, Aboubacar Compaoré parle d’un « mal nécessaire ». « La mesure permet de protéger le consommateur et le marché local, parce qu’on a beaucoup d’animaux sur place. Mais beaucoup se sont endettés pour payer les animaux. La décision nous a surpris », indique-t-il. Devant son enclos de fortune, les taureaux se disputent un mélange de coques de haricot et de son de maïs. Les prix se négocient entre 250 000 FCFA et 950 000 FCFA.

Selon lui, la décision du gouvernement n’a pas eu d’incidence sur les prix des animaux, parce que le coût de l’aliment reste élevé. « Le sac de tourteau est passé de 9 000 à 14 000 FCFA. L’emballage de haricots, qui coûtait 3 000 FCFA, est maintenant à 7 000 FCFA », détaille-t-il, avec regret. Malgré ces difficultés, l’effervescence reste palpable au marché à bétail de Lanoag-Yiri. Les acheteurs continuent leur défilé. Si Moussa Sawadogo s’est offert deux béliers pour 450 000 FCFA, Harouna Sinaré veut tenter sa chance dans un autre marché.

Djakaridia SIRIBIE

 

Forces armées nationales: le général de division Honoré Nabéré Traoré a passé l’arme à gauche

L’ancien chef d’Etat-major général des armées, le général de division Honoré Nabéré Traoré, est décédé, lundi 24 mai 2026, à Ouagadougou.

Figure majeure de l’institution militaire burkinabè, l’ancien Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA) du Burkina Faso, le général de division Honoré Nabéré Traoré, n’est plus. Il est décédé, lundi 24 mai 2026, à Ouagadougou, des suites d’un malaise. Né le 28 septembre 1957, à Dédougou, le général de division Honoré Nabéré Traoré a consacré une grande partie de sa vie au service des Forces armées nationales.

Officier de carrière, il a occupé plusieurs postes stratégiques avant d’être nommé chef d’Etat-major général des armées entre 2011 et 2014. Après la démission de Blaise Compaoré, à la suite de l’insurrection populaire le 31 octobre 2014, il s’est autoproclamé chef de l’Etat par intérim, pour une durée de 12 mois. Mais dès le 1er novembre 2024, l’armée a publié un communiqué qui affirme son soutien au lieutenant-colonel Isaac Zida comme chef de l’Etat de Transition, mettant ainsi fin à sa présidence juste après quelques heures.

Son nom demeure particulièrement associé aux événements d’octobre 2014, une période qui a marqué un tournant majeur dans la vie politique du Burkina Faso. Tout au long de sa carrière, le général de division Honoré Nabéré Traoré aura été un acteur important de la vie militaire nationale. Sa disparition referme une page importante de l’histoire récente du Burkina Faso, laissant le souvenir d’un officier ayant traversé des périodes décisives de la Nation.

Soumaïla BONKOUNGOU

Kassoum Sanfo, imam au CERFI: « Le sacrifice du mouton n’est pas une obligation mais une recommandation de forte intensité »

Les fidèles musulmans du Burkina Faso célèbrent, ce mercredi 27 mai 2026, l’Aïd El-Kébir, communément appelée la fête du mouton. Dans cette interview, Kassoum Sanfo, imam au Cercle d’études, de recherches et de formation islamique (CERFI) revient sur l’origine de cette grande fête. Il décrit quelques comportements que tout musulman doit observer.

Sidwaya (S) : Quelle est la signification de la Tabaski ou Aïd-El Kébir dans l’islam ?

Kassoum Sanfo (KS) : La Tabaski, encore appelée Aïd El-Kébir ou Aïd al- Adha signifie la grande fête, la fête donc des sacrifices. Elle est la grande fête à l’opposition à la fête de Ramadan qui est la petite fête. Il s’agit d’une fête constituée d’une prière spécifique, d’un sacrifice et de réjouissances. Par ailleurs, c’est une commémoration également de l’exemple d’Abraham, le père du monothéisme. A l’origine, il faut dire que notre père Abraham a été éprouvé.

C’est Dieu lui-même qui l’a mis à l’épreuve en lui demandant de sacrifier son fils Ismaïl. Alors, il s’est soumis en acceptant donc la volonté de Dieu. C’est pendant qu’il était sur le point de mettre en exécution que Dieu a remplacé son fils par un bélier qu’il a sacrifié pour obéir.

S : Cette fête est appelée fête du mouton. Pourquoi, le mouton occupe une place importante dans la célébration ?

K.S : C’est un enseignement de la religion. Sinon à la place du mouton, il y a des animaux qui peuvent être immolés. On peut sacrifier la chèvre, le bœuf mais également le chameau.

On peut les sacrifier de façon individuelle ou collective. Si on n’a pas suffisamment de moyens, 7 personnes peuvent s’associer pour sacrifier un bœuf et 10 personnes peuvent s’associer pour sacrifier un chameau. Il faut d’abord préciser qu’il faut choisir le bon animal parce qu’il y a des critères d’âge. Le bélier doit avoir six mois au minimum. Quand c’est une chèvre, elle doit avoir au minimum un an, le bœuf est de deux ans. Le chameau à sacrifier doit avoir un âge d’au moins cinq ans.

S : Est-ce une obligation pour tout musulman de faire le sacrifice du mouton ?

K.S : Ce n’est pas une obligation, mais plutôt une recommandation de forte intensité. Donc pour toute personne qui a les moyens, il lui est fortement recommandé de pratiquer cet acte d’adoration qui est le sacrifice. D’ailleurs, il y a un hadith qui dit que celui qui a les moyens et qui refuse de sacrifier, que la personne ne se présente pas à nos lieux de prière. Celui qui le fait, il a vraiment beaucoup de bienfaits. Mais si on n’arrive pas à le faire, ce n’est pas non plus un problème.

S : Qui est habilité à faire le sacrifice du mouton lors de la Tabaski ?

K.S : Généralement, conformément aux règles de la religion, tout musulman qui a l’âge de la majorité et qui a les moyens doit le faire. Mais en réalité, le chef de famille, quand il sacrifie c’est pour lui et sa famille. Donc, ce n’est pas nécessaire que dans une même famille, on ait plusieurs personnes qui le font. Mais le chef de famille peut sacrifier plusieurs animaux et c’est à la fois pour lui et pour sa famille. La personne qui n’est pas mariée, si elle a les moyens peut sacrifier un animal.

S : Quel est le sens du partage de la viande du mouton avec les proches et les personnes démunies, lors de la fête ?

K.S : Il s’agit d’abord d’une adoration, d’une acceptation de la prescription divine, puisqu’il est dit par rapport à ces sacrifices, qu’il faut partager une partie de la viande avec ceux qui sont dans le besoin. Et le Prophète Muhammad (PSL) a montré qu’il faut utiliser une partie de la viande pour sa famille, une partie pour les voisins et les proches et une partie pour ceux qui sont dans le besoin. Il s’agit d’une sorte d’entraide et de solidarité. Le sacrifice est non seulement une action d’adoration, mais socialement, il va profiter à la famille, aux proches et surtout à ceux qui sont dans le besoin, car la fête n’est pas destinée seulement à ceux qui ont les moyens, mais concerne tout le monde. Il faut donc partager pour que tout le monde soit dans des conditions qui permettent de fêter et de répandre de la joie autour de soi.

S : Quelles sont les règles qu’il faut obéir lors de la célébration de la Tabaski ?

K.S : C’est après le sacrifice de l’imam que les fidèles doivent procéder à leur sacrifice. Il faut aussi obéir aux recommandations de la religion qui veulent qu’on partage la viande avec les voisins, les proches et les personnes qui sont dans le besoin. La fête constitue une occasion de répandre la joie autour de soi et une occasion pour les uns et les autres de se rapprocher. Il faut cultiver la solidarité. Egalement, il y a cet aspect social qui veut que cette fête permette de cultiver un bon climat au niveau du voisinage et de la famille. Le jour de la fête, il faut se rendre visite mutuellement et partager ensemble le repas. Il faut éviter les excès aussi. Il faut enfin se distraire mais dans la limite de ce qui est permis dans la religion musulmane.

Adama SEDGO

Bobo-Dioulasso: le prix du mouton en baisse suite à l’interdiction d’exportation

A quelques heures de la fête de la Tabaski, le marché à bétail de Bobo-Dioulasso connaît une forte mobilisation. Entre négociations serrées des vendeurs et acheteurs, l’ambiance est au summum des affaires. Chacun tente de trouver sa part sur le marché pour le bon déroulement de la fête. Sidwaya est allé à leur rencontre.

Sous les hangars et autour des enclos du marché à bétail de Kiri à Bobo-Dioulasso, les échanges se multiplient entre acheteurs et vendeurs, à la mi-journée du lundi 25 mai 2026, avant-veille de la Tabaski. Les clients tentent des négociations pour se procurer un bélier afin d’assurer sa fête. Selon le vendeur de bétail, Alidou Soré, les prix des moutons ont connu une baisse remarquable et le bétail est disponible sur le marché de Bobo-Dioulasso. « Les prix ont baissé et nous avons des animaux pour tout un chacun en fonction de sa bourse. Ce que nous remarquons sur le marché, c’est qu’un mouton qui coûtait auparavant 75 000 F CFA, peut être obtenu aujourd’hui à 50 000 F CFA ou tout au plus à 55 000 F CFA », informe-t-il.

Pour son collègue Moussa Sawadogo, la baisse des prix est certes perceptible, mais des difficultés persistent au niveau de l’approvisionnement. Selon lui, plusieurs fournisseurs qui ravitaillaient autrefois les marchés sont désormais indisponibles en raison de la situation sécuritaire, ce qui entraîne une hausse des prix chez certains vendeurs. « Le problème actuel qui se pose est que ceux qui se procuraient régulièrement les animaux en brousse n’y sont plus pour la majorité. Donc, il y a deux enjeux : d’abord acheter les animaux et ensuite s’approvisionner en fourrage », martèle-t-il. A l’en croire, disposer d’animaux aujourd’hui nécessite d’importants efforts.

Toute chose qui pousse certains vendeurs à revoir leurs prix à la hausse. « La plupart des animaux actuels ont été achetés très jeunes puis élevés. Pour la vente, il faut donc fixer un prix afin de ne pas perdre », a-t-il indiqué. Une réduction de 20 000 à 25 000 FCFA De l’avis du revendeur de bétail, Ibrahim Dicko, certaines personnes se basent sur la décision gouvernementale du 8 mai 2026 interdisant l’exportation du bétail pour se faire de fausses idées sur les prix. Selon lui, hors mis cette décision, les prix restent abordables et toutes les catégories de moutons sont disponibles sur le marché.

« Actuellement, chacun peut avoir sa part sur le marché selon ses moyens. Il y a une réduction de 20 000 à 25 000 FCFA et une forte disponibilité par rapport à l’année dernière. Mais certains s’appuient seulement sur l’interdiction de l’exportation et pensent qu’ils pourront obtenir les animaux presque gratuitement », indique-t-il. Le même constat de baisse est partagé par le client Abdoul Aziz Ouédraogo, venu acheter un mouton pour la Tabaski. Selon lui, le changement est visible cette année. « Cette fois-ci, les prix des moutons sont abordables. Je viens de m’en procurer à 135 000 F CFA alors que l’année dernière, dans cette même catégorie, les moins chers coûtaient entre 175 000 FCFA et 250 000 F CFA, voire 300 000 F CFA », a-t-il fait savoir.

Du côté des bouchers, le constat reste presque le même. Pour le commerçant de viande Sylvestre Nikiéma, les prix n’ont pas connu de variation majeure ces derniers jours à Bobo-Dioulasso. Toutefois, avec l’entrée en vigueur de l’interdiction de l’exportation du bétail depuis le 8 mai dernier, il espère une baisse progressive des prix afin de soulager les consommateurs pendant la Tabaski. « Le prix du kilogramme de la viande dépend surtout du lieu où chacun s’approvisionne en bétail avant l’abattage. Nous vendons actuellement la viande sans os à 4 000 F CFA le kilogramme et celle avec os à 3 500 F CFA le kilogramme. Ce que je peux dire, c’est que l’entrée en vigueur de la mesure a favorisé la disponibilité du bétail sur le marché », explique-t-il. Sylvestre Nikiéma à saisi l’occasion pour inviter la population de Bobo-Dioulasso à saisir cette opportunité pour se procurer de la viande ou de l’animal à un prix bas.

Amadou OUEDRAOGO (Stagiaire)