Le Burkina Faso, à l’ère de la Révolution progressiste populaire (RPP) franchit une étape charnière de son histoire contemporaine. Au lendemain de la célébration de l’An I de la proclamation de la RPP, la parole présidentielle résonne au-delà du message, comme une boussole idéologique. A l’occasion de l’An I, le capitaine Ibrahim Traoré a défini les contours de l’Homme nouveau : le révolutionnaire burkinabè. Loin d’être une étiquette superficielle qui se proclame, l’identité de révolutionnaire se forge dans l’acier des actes et la clarté des idées. Pour le chef de l’Etat, cette transformation radicale repose sur un triptyque de qualités cardinales : l’amour, la connaissance et la fermeté face à l’oppression.
La première pierre angulaire est l’amour de la Patrie. Mais le Président Traoré, nous rappelle une vérité fondamentale : on ne peut aimer sa Nation si l’on n’aime pas ses semblables. Le révolutionnaire n’est donc pas un être isolé. Il est celui qui, par son langage et ses comportements, prêche la solidarité et l’entraide au sein de sa communauté. Cet amour s’étend par-delà les frontières à tous les peuples épris de paix et de justice, faisant de la révolution une quête humaniste de dignité. Ensuite, l’engagement révolutionnaire est indissociable de la soif de savoir. « Un ignorant ne peut pas être révolutionnaire », a martelé le président du Faso.
Cette connaissance doit être multidimensionnelle : historique pour comprendre nos racines, scientifique pour innover, et politique pour analyser le présent sans émotion afin de mieux projeter le futur. C’est là que la révolution rejoint le concret. Etre révolutionnaire aujourd’hui, c’est refuser la fatalité de l’importation. Si vous portez des lunettes ou des souliers, votre esprit doit déjà être tourné vers leur fabrication locale. C’est cet « esprit de révolutionner » qui doit transformer chaque citoyen, du vendeur au soldat, en un artisan de la souveraineté nationale. Enfin, le révolutionnaire est celui qui reste de marbre face à l’oppresseur. Il s’oppose fermement à l’impérialisme, à la domination et, par-dessus tout, à la trahison. Cette opposition ne se fait pas dans l’agitation épidermique, mais par la force des arguments et des idées, puisées dans la connaissance acquise.
Ce portrait-robot n’est pas une utopie. Il s’incarne aujourd’hui dans l’héroïsme des Forces combattantes. En choisissant de combattre « en Burkinabè », en refusant l’aide étrangère au profit des valeurs intrinsèques, les boys ont prouvé que la révolution est le chemin le plus court vers la victoire et la reconquête du territoire national. Aujourd’hui, l’appel est lancé à l’administration et à chaque couche de la société pour suivre cet exemple. Le thème de la première phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de la participation citoyenne (JEPPC), édition 2026, « Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons », n’est que la déclinaison économique de cette mentalité. Nous devons être cette « flamme qui doit illuminer les esprits des autres Africains ». En cultivant ces qualités de cœur et d’esprit, le peuple burkinabè ne fait pas que changer de régime. Il change de destin. La révolution est une nécessité impérieuse, et son succès dépend de notre capacité collective à incarner, chaque jour, ce renouveau patriotique.
Kamélé FAYAMA






