À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), célébrée le 30 janvier 2026, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), présent à Cotonou pour son forum les 29 et 30 janvier 2026, a effectué une visite de terrain au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè, dans le sud-est du Bénin, à environ 80 km de Cotonou.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre du forum des médias du REMAPSEN, placé sous le thème : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ». Le Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè, infrastructure sanitaire de référence, est soutenu par la Fondation Raoul Follereau, organisation reconnue d’utilité publique, et dirigé par Oswald Attolou.
Accueillant les journalistes, le responsable du centre a présenté les missions, les capacités et les résultats de cette structure spécialisée. Le CDTLUB dispose de 86 lits, avec un taux d’occupation de 82 %. En 2025, 298 nouveaux patients y ont été admis, pour une durée moyenne d’hospitalisation de 79 jours, pouvant s’étendre sur plusieurs mois dans les cas les plus graves.

Les prises en charge comprennent les soins locaux des plaies, les transfusions sanguines, l’oxygénothérapie, la psychothérapie, l’administration des traitements et un suivi clinique permanent. Le centre s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire composée, entre autres, d’un chirurgien plasticien spécialisé dans les MTN, de trois médecins, de 14 infirmiers, de 15 aides-soignants, ainsi que d’un psychologue et d’une assistante sociale.
Au-delà des soins, le CDTLUB joue également un rôle dans la recherche clinique. Il participe à plusieurs essais internationaux visant à réduire la durée des traitements de la lèpre et de l’ulcère de Buruli.
Devant une quarantaine de journalistes, Alice Toussaint, représentante de la Fondation Raoul Follereau au Bénin, a rappelé l’engagement de la Fondation aux côtés de l’État béninois depuis plusieurs décennies. D’abord centrée sur la lutte contre la lèpre, cette collaboration s’est élargie à une approche intégrée des MTN à manifestation cutanée, qui touchent principalement des populations vivant loin des structures sanitaires.

La prise en charge ne se limite pas à l’aspect médical. Le centre met un accent particulier sur la réinsertion sociale des patients, la lutte contre la stigmatisation et l’accompagnement des personnes indigentes. Une école non formelle y est également implantée, permettant à 47 enfants du primaire et à 18 élèves du secondaire de poursuivre leur scolarité malgré de longues périodes d’hospitalisation.
B.S






