Très habile de la droite, Le Percuteur est réputé vaincre ses adversaires par K.O techniques.

En s’adjugeant la ceinture WBA Afrique des poids moyens ce 3 juillet 2026, Hamed Abel Nikiéma surnommé Le Percuteur a confirmé son statut de porte-étendard du renouveau de la boxe burkinabè qui peine depuis plus d’une décennie à retrouver une place sur la scène internationale. Couronnement de 19 combats professionnels livrés et gagnés jusque-là, pour le sergent-chef de Police, dont le parcours entamé, il y a 13 ans au club « Marcel Cerdan de Ouahigouya », a été jalonné de défis relevés au prix de la passion, de la discipline et d’un dévouement exceptionnel au travail. Portrait.

Depuis son plus jeune âge, alors que ses camarades étaient sans doute passionnés par le football, lui a toujours voulu pratiquer un sport de combat. En visionnant des films sur la vie et la carrière de la légende de boxe, Mohamed Ali, le petit Hamed Abel « tombe amoureux » du noble art. Son choix de sport de combat est fait. Cependant, la réticence des parents et la méconnaissance des circuits seront les premiers obstacles à surmonter. Il y parvient et en 2008 alors élève en classe de seconde, il intègre, à 16 ans, le club de boxe « Marcel Cerdan de Ouahigouya ».

« C’était juste pour pratiquer un sport de combat sans ambition pour une carrière », se souvient-il. Mais, sous l’aile du coach Boureima Béleme, Hamed Abel va se révéler un apprenant assidu, doté d’aptitudes prometteuses parmi lesquelles, sa taille (1,84m actuellement). Sa License élaborée un an plus tard, ses encadreurs le lancent dans le championnat novice où il fera sensation en remportant son tout premier combat de compétition. Pendant trois ans, il progresse et passe en catégorie amateur à partir de 2012. Il s’impose dans le registre des 75 kg avec des titres de champion national.

Il commence surtout à se faire remarquer comme celui qui a la fâcheuse tendance à contraindre ses adversaires à l’abandon avant terme. Puis, vient son admission au concours de recrutement à la Police nationale en 2013 suivie du temps de formation. Il ne renfilera les gants qu’en 2017. Cette fois-ci sous les ordres du coach Yassia Ouédraogo de l’Amical Boxing Club (ABC) de Ouagadougou. Le jeune pugiliste n’a rien perdu de son talent et renoue rapidement avec le succès.

Sa grande mobilité sur le ring, ses jeux de jambes à l’image de son idole Mohamed Ali combinés à la force de sa droite lui valent le surnom de Percuteur donné par ses supporters au détour d’un combat de championnat à Bobo-Dioulasso. « Comme les uppercuts sont une de mes forces, le public en redemandait à tout moment et c’est à force de clamer uppercuts !! uppercuts !!, que certains ont fini par déformer cela et ont commencé à m’interpeller par le terme percuteur », explique le boxeur. Encore champion en 2018, meilleur boxeur de l’année, lauréat du prix AJSB ; de nombreux contrats de sponsoring… c’est le déclic. La fédération propose de le faire passer un cap et de le lancer en néo-professionnel avec un combat au Mali.

« Combat perdu malheureusement à la 4e reprise contre un Sénégalais. Après cela j’ai mesuré toute l’importance de bien me former si je veux me faire une place dans cet univers. J’ai alors suggéré aux dirigeants de mon club de voir s’il y avait une possibilité de faire des stages. Heureusement, au Mali, j’ai noué des contacts qui m’ont aidé à en obtenir au Ghana et au Nigeria que j’ai pu faire avec l’aide du CNOSB », se rappelle-t-il. Entre 2018 et 2020, il multiplie les formations dans ces deux pays tout en enchainant les combats en néo-professionnel après chaque stage.

Un palmarès « Pro » sans faute

Après cinq autres combats couronnés de succès, il fait son entrée chez les professionnels dans la catégorie des moyens (72,500kg) en fin d’année 2020 avec un premier combat remporté dès le second round par K.O. Depuis lors, Le Percuteur a livré et gagné jusqu’au 3 juillet passé 18 combats professionnels dont 17 par K.O. Le 19e succès lui offre en prime le titre de champion WBA Afrique de la catégorie. « Cette nouvelle ceinture c’est comme un rêve qui se réalise car j’ai décroché la qualification pour cette ceinture depuis décembre 2025 lorsque j’ai été classé en tête de la version WBA Afrique des poids moyens.

Il restait à pouvoir organiser le combat et parvenir à l’obtenir pour le Burkina. Donc, toute mon énergie depuis lors a été focalisée là-dessus. C’est un sentiment de fierté d’avoir pu atteindre ce niveau en dépit des difficultés », se réjouit-il. Ce sacre marque surtout le début d’une nouvelle étape dans la carrière de l’athlète de 34 ans qui a le regard désormais tourné vers un titre mondial. Un défi à grand enjeu pour l’homme. « Depuis que je me suis mis en tête de relever le défi de contribuer à faire renaître la boxe au Burkina, j’ai mis de côté tout ce qui est passe-temps. C’est salle de gym et domicile.

Mais peut-être qu’avec ce nouveau succès, on va souffler un peu et repartir rapidement », confie-t-il. Au regard de ses qualités d’homme et de sportif, ils sont nombreux à être confiants quant à la bonne suite de son aventure. Anasse Koanda est son manager. « C’est un jeune respectueux, courageux qui aime les défis, assidu et très sociable. Il est très calme et observe beaucoup. Un calme qui, par moment, m’inquiète lorsqu’il ne me parle pas, mais c’est sa manière de se maîtriser. Nous appellerons cela un calme olympien qui ne s’obtient qu’après beaucoup de pratique sur soi », fait savoir camarade Koanda.

Le coach du club de boxe de l’USFA, Saïdou Bandé, dont les protégés ont affronté Le Percuteur à plusieurs reprises quand il évoluait en amateur retient de l’homme, un sportif pétri de talent qui aime son travail. « Il est toujours à l’écoute de son coach. Sur le plan technique, il a une bonne taille, donc doté de rallonges qui lui donnent un avantage sur ses adversaires qui pèsent mais qui n’ont pas la même taille. Il se déplace très souvent en diagonal pour donner ses coups, ce qui fait aussi sa force car cela perturbe beaucoup ses adversaires », témoigne le technicien.

Le prochain challenge c’est la défense de la ceinture au plus tard dans six mois. Du côté de la fédération, l’on s’active pour que ce rendez-vous soit un succès. « C’est quelqu’un qui est discipliné sportivement. Sa carrière promet. Déjà, nous avons des contacts dans la sous-région qui le demandent pour des combats et cela augure de lendemains meilleurs pour lui », indique le directeur technique national de la fédération burkinabè de boxe, Wendgouda Pierre Bouda.

Voro KORAHIRE

Laisser un commentaire