Ouagadougou accueille, du 2 au 6 septembre 2026, au palais des sports de Ouaga 2000, la première édition de l’Internationale handball fédération (IHF) Nations Trophy Zone 3 Seniors Dames. A la veille du coup d’envoi, la Fédération burkinabè de handball (FBHB) s’active pour relever le défi organisationnel, tout en nourrissant de grandes ambitions avec les Etalons dames. Dans cet entretien, le président de la FBHB, Boubakar Sanfo, revient sur les enjeux de la compétition, les préparatifs, les ambitions de la sélection nationale et les difficultés rencontrées. Pour lui, ce tournoi constitue une véritable passerelle vers la CAN et une importante vitrine pour le développement du handball burkinabè.
Rappelez-nous ce qu’est l’IHF Nations Trophy et ce que représente cette compétition pour les acteurs du handball burkinabè ?
L’IHF Nations Trophy est une compétition zonale créée par l’instance mondiale du handball pour permettre aux différentes zones de se développer, aussi bien en matière de pratique que d’organisation et de formation. Elle offre aux pays, l’occasion de participer à une compétition internationale, de se mesurer à d’autres nations et de progresser. C’est donc une compétition très importante pour le développement du handball. Au regard du contexte du handball national, participer à une compétition internationale n’est pas toujours évident. Le fait que cette compétition soit qualificative pour la CAN, mais également pour l’IHF Trophy continental et mondial, en fait un rendez-vous majeur pour notre fédération.

Le Burkina Faso accueille la première édition de l’IHF Trophy Zone 3 Seniors Dames. Où en êtes-vous avec les préparatifs ?
Il faut d’abord rappeler qu’il s’agit de la première édition de l’IHF Trophy seniors dames. Auparavant, cette compétition concernait essentiellement les catégories cadets et juniors. L’IHF a décidé de l’élargir aux seniors dames et nous avons eu l’honneur d’accueillir cette première édition. Les préparatifs avancent tant bien que mal, avec les moyens dont nous disposons. Nos joueuses sont regroupées depuis quelques semaines et les techniciens chargés de leur encadrement sont désignés. Le cahier des charges exigé par l’IHF est également en cours d’exécution, avec l’accompagnement du ministère en charge des sports à travers le Fonds Wassa Bondo.
Combien de pays sont attendus à ce rendez-vous de Ouagadougou ?
La zone 3 compte huit pays que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Niger, le Nigeria, le Liberia et le Burkina Faso. De ces huit nations, seul le Niger ne sera finalement pas au rendez-vous, en raison d’un désistement de dernière minute. A l’issue de la compétition, seul le vainqueur sera directement qualifié pour la CAN féminine. L’IHF prendra également en charge le voyage du pays vainqueur. Les autres équipes devront passer par les qualifications pour espérer se qualifier à leur tour. Mais l’enjeu ne s’arrête pas à la CAN. Le vainqueur aura également la possibilité de disputer l’IHF Trophy continental et, pourquoi pas, le niveau mondial. C’est donc une compétition à prendre très au sérieux, parce qu’elle ouvre plusieurs portes au handball burkinabè.
Quelles sont les principales dispositions prises pour assurer une bonne organisation et une bonne participation des Etalons dames ?
Pour l’équipe nationale, les choses se passent bien. Les athlètes sont à l’internat et les entraînements se déroulent normalement. Elles sont motivées et déterminées à défendre
les couleurs du Burkina Faso. Sur
le plan organisationnel, un comité d’organisation a été mis en place. Il est à pied d’œuvre pour assurer la réussite de la compétition. Globalement, nous pouvons dire que tout se passe bien.
Comment s’est faite la sélection des joueuses retenues pour défendre les couleurs du Burkina Faso ? Quels ont été les critères privilégiés ?
L’équipe a été mise en place depuis la saison dernière. Elle avait notamment remporté le tournoi de l’ACNOA. Il fallait cependant la renforcer avec de nouvelles joueuses, notamment pour pallier certains départs et blessures. Les principaux critères sont la discipline, l’engagement, la détermination et la foi. A cela s’ajoutent naturellement les choix techniques et tactiques des entraîneurs.
Quels sont les objectifs fixés aux Etalons dames ?
Nous n’avons pas besoin de fixer un autre objectif. Seule la victoire pourra nous ouvrir la porte de la CAN. Les filles et les entraîneurs se sont eux-mêmes fixé cet objectif. Nous adhérons pleinement à cette ambition.
Pensez-vous que l’équipe dispose des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif ?
Nous avons les forces et la volonté nécessaires. Sur les plans technique et collectif, l’équipe est au meilleur de sa forme. Mais nous ne pouvons pas dire à l’avance que nous avons les moyens de gagner, car, cela reste une compétition. Les autres équipes se préparent également et veulent le trophée autant que nous.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans la préparation ?
La principale difficulté reste la disponibilité d’un espace de travail régulier pour le handball. Nous essayons de faire au mieux afin que les joueuses puissent s’entraîner convenablement et être en forme. Il y a certainement d’autres difficultés, mais avec notre tutelle, notamment le ministère, nous travaillons à les réduire et à permettre aux athlètes d’être dans les meilleures conditions possibles.
L’Etat vous accompagne-t-il suffisamment dans l’organisation de cette compétition ?
Oui. L’Etat, à travers le ministère en charge des sports, nous accompagne. Il y a eu beaucoup de discussions et le ministère a véritablement pris cette compétition comme la sienne. Un comité a été mis en place afin de travailler à la réussite du tournoi. L’IHF nous accompagne également, notamment en facilitant la venue des différentes équipes. Cela nous permet de nous concentrer davantage sur l’organisation pratique de la compétition.
Au-delà de la compétition, quelles retombées attendez-vous de cet IHF Trophy ?
On ne peut parler de développement que lorsqu’on combine formation et évaluation. C’est donc une véritable occasion pour les jeunes, les encadreurs, les responsables de clubs et les centres de formation de vivre directement la réalité du handball international. Ils pourront voir évoluer d’autres pays, découvrir d’autres méthodes et s’inspirer de différents modèles. C’est une véritable aubaine en matière d’expérience. Nous invitons donc tous les acteurs à suivre cette compétition et à en tirer le maximum d’enseignements.
Quel message adressez-vous aux joueuses et aux supporters ?
Aux joueuses, je dirais que nous sommes et restons ensemble, engagés comme au début de notre projet. A chaque défi, il faut se battre pour prétendre à des défis encore plus grands.
Nous les remercions pour les sacrifices consentis et nous continuerons à les accompagner jusqu’au bout. Aux supporters, je demande simplement de jouer pleinement leur rôle. Ce n’est jamais facile de jouer à domicile, mais le soutien du public constitue une arme très forte. Lorsque les supporters poussent l’équipe, cela permet aux joueuses de donner le meilleur d’elles-mêmes. Nous leur demandons donc de nous accompagner et de comprendre que nous devons rester ensemble pour qu’au soir du 6 septembre, nous puissions brandir le trophée. Que leurs vœux de victoire nous accompagnent. Nous allons nous battre pour leur faire plaisir.
Interview réalisée par
Ollo Aimé Césaire HIEN







