A quelques jours de la 33e édition de la Supercoupe de l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB), prévue le 22 août 2026 au stade Wobi de Bobo-Dioulasso, le président de l’AJSB fait le point sur les préparatifs. Organisation, innovations, recherche de partenaires, animation et l’affiche RAHIMO FC-Vitesse FC, Ibrahima Diallo dévoile les ambitions d’une édition qui veut dépasser le simple cadre d’un match de football.
Où en êtes-vous dans les préparatifs de la 33e édition de la Supercoupe AJSB, prévue le 22 août prochain à Bobo-Dioulasso ?
Nous sommes dans la dernière ligne droite. L’essentiel du dispositif est en place et nous sommes désormais dans les réglages opérationnels à savoir la logistique, la sécurité, le protocole, la communication, la mobilisation du public et la finalisation des partenariats. Le travail préparatoire a été mené avec les autorités locales, la Ligue régionale de football du Guiriko, les clubs et les différents services concernés. A présent, notre priorité est de faire converger tous ces efforts pour réussir l’événement.

Quelles sont les principales dispositions prises pour assurer une bonne organisation de cette édition ?
Nous avons beaucoup travaillé à partir des enseignements de l’édition précédente. Il fallait notamment améliorer la gestion des invitations, des accès au stade, des véhicules officiels, de la tribune officielle et réduire les mouvements inutiles aux abords de l’aire de jeu. Nous avons donc renforcé la coordination entre le comité d’organisation, la Ligue régionale, les protocoles, les services de sécurité et les autorités locales. Une attention particulière est aussi portée à l’assainissement du stade Wobi, à l’accueil du public et à une meilleure organisation du Village de la Supercoupe.
Depuis quelques éditions, Bobo-Dioulasso semble être la ville hôte de la Supercoupe. Quel intérêt particulier l’AJSB accorde-t-elle à cette ville ?
Bobo-Dioulasso est une terre de football et de culture. La ville possède un public passionné et une histoire sportive très forte. Elle offre donc un environnement naturel à la Supercoupe. Mais, il y a aussi une volonté de décentralisation. Nous estimons que les grands rendez-vous sportifs ne doivent pas être concentrés uniquement à Ouagadougou. A Bobo-Dioulasso, nous avons également trouvé des autorités, des structures sportives et des populations qui se sont progressivement approprié l’événement.
Peut-on s’attendre à une Supercoupe différente des éditions précédentes en termes d’organisation et d’animation ?
Oui. Cette édition marque une évolution importante. Nous voulons que la Supercoupe se vive pendant plusieurs jours et pas seulement durant les 90 minutes du match. Le programme commencera dès le jeudi 20 août avec un Cross populaire de la cohésion, en association avec les Forces de défense et de sécurité. Le vendredi 21 août, le Village accueillera un concert rétro avec Volta Jazz, un orchestre emblématique de Bobo-Dioulasso. Nous voulons ainsi donner davantage de contenu à l’événement et créer une véritable communion autour du sport.
L’AJSB fait face à un déficit de partenaires. Quelles sont les difficultés rencontrées dans la recherche de sponsors ?
Le contexte est difficile. Les entreprises sont fortement sollicitées et doivent arbitrer entre de nombreuses demandes. Dans le même temps, l’organisation d’un événement de cette ampleur nécessite des ressources importantes. Nous devons donc convaincre davantage, professionnaliser continuellement notre offre et montrer que soutenir la Supercoupe constitue aussi un investissement en visibilité, en image et en proximité avec le public.
Comment expliquez-vous cette situation alors que la Supercoupe est devenue un rendez-vous important du calendrier sportif national ?
La notoriété d’un événement ne garantit pas automatiquement son financement. Il faut constamment démontrer sa valeur et offrir aux entreprises des contreparties qui correspondent à leurs objectifs. La bonne nouvelle est que certains partenaires continuent de croire en notre projet. SUNU Assurances devient notamment un partenaire majeur de cette 33e édition. Nous enregistrons également la présence, pour la première fois, de la SODIBO au Village de la Supercoupe. Cela montre qu’en dépit des difficultés, le potentiel de l’événement est reconnu.
Quel impact ce manque de partenaires pourrait-il avoir sur l’organisation et les ambitions de l’AJSB ?
Il nous oblige à prioriser. Nous devons parfois adapter certaines ambitions aux ressources disponibles. Mais, il n’est pas question de transiger sur l’essentiel à savoir la sécurité, la qualité de l’organisation, l’accueil, la communication et le spectacle sportif. Notre objectif reste de faire progresser la Supercoupe, même avec des moyens contraints. C’est aussi pourquoi nous cherchons à diversifier les partenariats et à sortir progressivement d’une logique de soutien ponctuel pour aller vers des collaborations durables.
Quelles sont les principales innovations introduites pour cette 33e édition ?
Elles sont nombreuses. Il y aura d’abord le cross populaire de la cohésion avec les FDS, le 20 août. Le lendemain, le Village prendra une forte coloration culturelle avec Volta Jazz, auquel s’ajouteront les animations des meilleurs DJ du moment. Nous voulons également rendre le public beaucoup plus acteur. Les jeux s’invitent au Village avec des concours de jongles, des tirs au but et le Yiri Foot de Tovio. Nous allons aussi franchir un cap sur l’habillage visuel avec un branding renforcé au stade Wobi et au Village. Enfin, une visite du nouveau stade de Lêguéma est envisagée dans le programme, sous réserve de validation.
Ces innovations concernent-elles uniquement l’aspect sportif ?
Non, elles touchent toutes les dimensions de l’événement. Notre réflexion porte désormais sur l’expérience globale offerte au public. Nous travaillons donc sur le sport, mais aussi sur la culture, l’animation, le numérique, la visibilité des partenaires et la qualité de la production audiovisuelle. Pour la première fois, nous avons également voulu associer plus largement les journalistes culturels et les influenceurs à la communication autour de la Supercoupe. Cela doit nous permettre de toucher d’autres publics et de sortir des circuits habituels de la communication sportive.
L’AJSB entend-elle faire de la Supercoupe davantage qu’un simple match de football ?
C’est précisément l’ambition. La Supercoupe doit devenir un rendez-vous à la fois sportif, populaire, culturel, médiatique et économique. Le match en demeure le point culminant, mais autour de lui nous construisons progressivement un véritable événement : le Village, le Cross de la cohésion, la musique, les jeux, les animations et les espaces de visibilité pour les partenaires. Nous voulons que la Supercoupe fasse vivre Bobo-Dioulasso pendant plusieurs jours.
Quels sont vos objectifs en matière de mobilisation du public et de valorisation du sport burkinabè ?
Notre ambition est d’avoir une forte mobilisation au stade Wobi et au Village, mais aussi d’élargir considérablement l’audience au-delà de Bobo-Dioulasso. Le match sera retransmis en direct sur la RTB et nous prévoyons l’utilisation d’un drone dans la réalisation télévisuelle afin d’apporter de nouvelles perspectives d’images et de mieux valoriser le spectacle. En parallèle, la rencontre sera en streaming sur plusieurs plateformes numériques. Nous voulons ainsi permettre aux Burkinabè qui ne seront pas au stade, notamment ceux de la diaspora, de vivre cette Supercoupe. C’est aussi une manière de mieux exposer nos clubs et notre football.
Cette édition aura une particularité avec une finale entre deux clubs de Bobo-Dioulasso, RAHIMO FC et Vitesse FC. Quel regard portez-vous sur cette affiche ?
C’est une affiche exceptionnelle pour Bobo-Dioulasso. Nous avons d’un côté RAHIMO FC, champion national et tenant du trophée de la Supercoupe, et de l’autre Vitesse FC, vainqueur de la Coupe du Faso. Les deux principaux trophées de la saison sont donc revenus à des clubs de Bobo-Dioulasso. Leur confrontation en Supercoupe donne une dimension supplémentaire à cette édition. Ce sera à la fois une finale nationale et un grand derby bobolais.
Que représente pour l’AJSB le fait que les deux équipes finalistes soient issues de la même ville ?
C’est un symbole très fort de la vitalité du football à Bobo-Dioulasso. Une même ville qui place deux clubs au sommet des principales compétitions nationales mérite d’être saluée. Pour nous, c’est aussi une formidable opportunité de mobilisation. Il n’y aura pratiquement pas de terrain neutre dans les tribunes : chaque club aura ses supporters, ses couleurs et sa fierté à défendre. Cela promet une ambiance particulière au stade Wobi.
Cette opposition promet-elle une finale particulièrement disputée ?
Tous les ingrédients sont réunis. RAHIMO FC voudra conserver son trophée et confirmer sa domination, tandis que Vitesse FC voudra prolonger la dynamique de sa victoire en Coupe du Faso en inscrivant pour la première fois son nom au palmarès de la Supercoupe. A cela s’ajoute la rivalité sportive entre deux clubs de la même ville. Nous nous attendons donc à un match intense, mais nous souhaitons surtout qu’il se joue dans un excellent esprit de fair-play et qu’il soit à la hauteur de l’image du football burkinabè.
Cette finale peut-elle contribuer à renforcer l’engouement autour du football à Bobo-Dioulasso et dans la région du Guiriko ?
Certainement. Cette finale montre que Bobo-Dioulasso et le Guiriko disposent d’un potentiel sportif considérable. Elle peut susciter de nouvelles vocations chez les jeunes, renforcer la relation entre les clubs et leurs supporters et donner davantage envie aux entreprises d’investir dans le football. C’est pourquoi nous voulons que, le samedi 22 août 2026, le stade Wobi soit le point de convergence de tous les amoureux du football. L’objectif est de faire de cette 33e Supercoupe, non seulement le choc entre RAHIMO FC et Vitesse FC, mais surtout une grande célébration du sport burkinabè, de la cohésion et de la vitalité de Bobo-Dioulasso.
ITW réalisée par Ollo Aimé Césaire HIEN







