Pour sa première saison à la tête du Rail club du Kadiogo, le président Bassibri Simporé n’a certes pas réussi à atteindre son objectif, qui était de jouer le haut du tableau, mais est parvenu à maintenir le club parmi l’élite du football national. Il avoue avoir beaucoup appris et promet un bon envol des Faucons pour le marathon à venir.
Pour votre première année de présidence du RCK, quel bilan tirez-vous à l’issue de la saison écoulée ?
Un bilan positif, je dirais. Comme vous l’avez si bien suivi, le championnat, cette saison, a été plus qu’indécis, surtout vers le bas du tableau. Malgré tout, nous avons réussi à assurer notre maintien en première division. Rien que cela, je considère que le bilan est positif.

En début de saison, l’objectif était-il de jouer le haut du tableau ? Qu’est-ce qui a empêché cela ?
Je ne vous apprends rien en disant que l’objectif d’un président et d’un club comme le RCK est toujours de viser le titre. Et à défaut de remporter le championnat, il faut au moins assurer le maintien. J’étais à ma première expérience à la tête d’un club. Vous comprenez que beaucoup de choses peuvent m’échapper. Ensuite, le RCK est un grand club, comme l’EFO, l’ASFA-Y, etc. Gérer un tel club demande beaucoup d’organisation, et c’est ce qui nous a un peu fait défaut.
A vous écouter, il parait difficile de gérer un club au Burkina Faso ?
Je l’affirme. Il est très difficile de diriger un club au Burkina Faso. Il y a d’abord l’aspect financier, puis l’aspect humain. Pour gérer ces deux volets, il faut vraiment de l’expérience et une très bonne connaissance du milieu.
Si c’était à refaire, accepteriez-vous de prendre la présidence ?
Affirmatif, et avec plaisir. J’ai pris la bonne décision en acceptant de diriger le RCK. C’est une expérience qui sert dans la vie.
Vers la fin du championnat, le RCK était menacé de relégation. Avez-vous eu peur ?
Non, je n’ai pas eu peur. Je savais que nous allions rester en première division. Nous avons continué à nous battre avec courage.
Votre deuxième saison s’annonce. Qu’est-ce qui sera différent ?
Pour ma deuxième année, j’ai acquis de l’expérience. Je pressens que la saison sera difficile, car les autres clubs se renforcent. Nous aussi, nous travaillons dans ce sens. Déjà, nous avons un nouveau staff dirigé par Amadou Sampo. Nous sommes en train de préparer les choses sérieusement. Le RCK a un style de jeu particulier et nous allons le conserver, tout en renforçant certains postes.
Le titre sera-t-il jouable la saison prochaine ?
Oui, remporter le titre est notre objectif.
Quelle place occupe la relève au RCK ?
Une place très importante. Vous constaterez que plusieurs jeunes sont en train d’être formés au club.
Qu’est-ce qui vous a le plus déçu durant la saison écoulée ?
Le manque d’engouement autour du championnat m’a le plus déçu. On voit les stades pleins dans d’autres pays, alors qu’ici, les supporters semblent se désintéresser. Pourtant, ils suivent avec passion les championnats étrangers.
Et ce qui vous a le plus plu ?
Ce qui m’a le plus plu, c’est que le football m’a permis de faire beaucoup de nouvelles connaissances. Le football apporte énormément.
Quelle équipe vous a le plus marqué cette saison ?
Je dirais, sans conteste, le CEFFEB. Elle venait d’accéder à la première division et a montré qu’elle était compétitive. Elle a réalisé une très bonne saison.
Cette saison a été marquée par la relégation de l’EFO et du RCB. Avez-vous ressenti un pincement au cœur ?
Ah oui, surtout pour l’EFO. Nous avons tous supporté l’EFO vers la fin, mais malheureusement, Dieu en a décidé autrement. Mais je suis convaincu que l’EFO, tout comme le RCB, reviendra rapidement en première division. Ce sont de grands clubs qui doivent être présents pour donner davantage d’intérêt à notre championnat.
Les sponsors se font rares dans le football burkinabè. Comment le RCK fait-il face à cette situation ?
Pour le moment, le seul sponsor du RCK est ma société. Nous bénéficions également de la subvention de la Fédération burkinabè de football, subvention dont nous n’avons pas bénéficié cette année. C’est pourquoi je vais en profiter pour lancer un appel à nos supporters afin qu’ils continuent à soutenir le club. Une Assemblée générale est prévue prochainement. Nous sommes en train de rencontrer les anciens et de convaincre de nouveaux partenaires afin qu’ils adhèrent au projet.
Allez-vous poursuivre l’aventure après cette Assemblée générale ?
Oui, cette Assemblée générale s’inscrit dans la continuité de notre projet. J’ai été élu pour un mandat de quatre ans. Il me reste encore trois ans, et je compte poursuivre le travail. Je voudrais encore lancer un appel à tous les amoureux du football burkinabè. Intéressez-vous davantage à notre championnat et remplissez les stades. C’est cela qui donne de l’ambition aux joueurs et qui fait grandir notre football. C’est mon plus grand souhait.
Interview réalisée par Yves OUEDRAOGO







