Vive la Révolution !

La proclamation de la Révolution progressiste et populaire par le capitaine Ibrahim Traoré a un an ! Cette révolution est en marche malgré les obstacles du parcours. Elle était d’ailleurs en marche depuis la prise de pouvoir du capitaine. Il suffit de se rappeler les décisions fortes prises à l’endroit des ex-puissances coloniales et des institutions à leur solde pour se rendre compte que le pouvoir n’était pas en balade de santé.

En effet, depuis son arrivée au pouvoir, le capitaine et ses compagnons de lutte ont fait des concepts de dignité et de souveraineté, le leitmotiv d’un combat aux allures de course à la montre. « Tout est urgent ! », cette exclamation à elle seule résume avec résonance le malaise perçant d’une société en agonie mais presque stoïque face aux enjeux suicidaires de sa faillite certaine.

« Tout est urgent » dénote de l’ampleur des défis à relever dans un pays longtemps gouverné à main levée dans une impréparation au pire et à l’innocence d’un enfant de cœur. C’est presque le couteau à la gorge et au milieu du précipice que le capitaine affronta les vents de face. Ça passe ou ça casse ! De l’assainissement des mentalités récidivistes au changement des comportements attentistes en passant par les ballets macabres du terrorisme, la priorité n’était plus dans le respect des convenances de la démocratie des libertés.

Elle était aux forceps dans l’efficacité de l’action politique. Si en droit, la forme tient le fond en l’état, en situation de crise sécurité aiguë, seul le fond donne du sens à la forme, parce que la survie n’a de prix que la vie ! Il a donc fallu proclamer la Révolution progressiste et populaire pour lever tout équivoque sur la tendance idéologique de la gouvernance nouvelle. « Nous ne sommes pas en démocratie ! », avait martelé le capitaine comme pour couper court aux doutes des uns et aux tergiversations des autres. Parce que la révolution ne commence pas avec des airs libertaires ; elle se déploie dans l’austérité pour se terminer avec la liberté.

La révolution est une mission contraignante pour le révolutionnaire lui-même. Plus qu’un sacerdoce, c’est un sacrifice qu’il consent à supporter avec l’espoir que l’abandon de soi à la cause aura un dénouement heureux pour tous, même pour ceux qui n’aiment pas la révolution. La révolution est une lutte impersonnelle menée pour une cause collective. C’est une lutte ingrate qui suscite des remous malgré la noblesse de l’idéal convoité. Les grands motifs de satisfaction d’une révolution sont l’éveil des consciences, le refus de la soumission à l’impérialisme sous toutes ses formes et la liberté de décider des choix légitimes de sa destinée.

Il suffit d’imaginer le Burkina Faso avant cette saillie révolutionnaire pour vite se pincer, sursauter et toucher du bois pour conjurer le mauvais œil. Il suffit de penser à Thomas Sankara et à ses quatre ans de Révolution démocratique et populaire pour se raviser que la seule source de développement est un triptyque : la vision, la volonté et le courage. Ces trois valeurs ne hantent que ceux qui veulent vraiment changer le monde même au prix de leur vie. Voilà pourquoi, certains héros restent gravés dans le temps au point d’inspirer toute l’humanité.

Personne ne peut rien contre un homme qui vit de ses idées et croit à ses actions comme on croirait en un dieu. Alors à quoi, cela sert-il de critiquer avec du venin le héros au point de lui attribuer tous les péchés d’Israël, si sa vision va au-delà de la hauteur d’une critique de mauvais aloi ? A quoi cela vaut-il si ses priorités volent plus haut que les tempêtes de verre pour retomber sur ses deux pieds avec la même vision ? Cette fois-ci, une bonne frange de l’opinion a compris que le Burkina Faso vise la lune et c’est tant pis pour ceux qui pataugent encore dans la fange de l’inertie.

Le Burkinabè conscient ne se contente plus de happer à la sauvette les menus fretins fétides des bas de page oubliés ; il ne se laisse plus berner par l’angle asocial des réseaux sociaux. Il y en a qui sont prêts à brûler ce pays pour éteindre les flammes de leur rancœur dans le brasier de la haine et de l’intolérance. Mais chaque Burkinabè doit regarder les hauts faits du terrain avant de se laisser emporter par des verres à moitié-vides dont la somme ne vaut même pas une gorgée de vérité. Vive la Révolution !

Clément ZONGO

Clmentzongo@yahoo.fr

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