SEERA 2019 : le président du Faso, félicité pour son implication
En marge de la IIIe édition de la Semaine des énergies et des énergies renouvelables d’Afrique (SEERA), le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le vendredi 5 avril 2019 à Kosyam, une délégation des participants à cette rencontre.
Le ministre de l’Energie, Ismaël Bachir Ouédraogo, a fait le point du déroulement des activités de la IIIe édition de la Semaine des énergies et des énergies renouvelables d’Afrique (SEERA) au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le vendredi 5 avril 2019, au cours d’une audience, à Kosyam.
Pour le ministre Ouédraogo, le chef de l’Etat burkinabè est le leader en matière d’énergies renouvelables dans la sous-région. Le ministre de l’Energie a remercié le président Kaboré, pour son implication dans l’édition 2019. En plus des partenaires du Niger, d’Egypte, du Maroc et des représentants d’institutions internationales, le ministre de l’Energie avait à ses côtés, le parrain de la SEERA, Lassina Zerbo qui s’est dit émerveillé de voir que l’énergie solaire soit vulgarisée dans les villes et campagnes. Le parrain de la SEERA a indiqué qu’avec la signature de convention de 155 mégawatts intervenue un peu plus tôt dans la matinée, cela va permettre non seulement d’améliorer la capacité énergétique du Burkina Faso, mais surtout de réduire le coût du kilowattheure.
«Nous sommes dans le solaire»
Lassina Zerbo a insisté sur l’utilisation de la mixte énergétique. «La transition énergétique a commencé depuis le 19e siècle avec le charbon, puis le pétrole et le nucléaire dans les années 1970. Aujourd’hui, nous sommes dans le solaire pour l’énergie renouvelable. Quand on a du vent, on fait l’éolien. Quand on a de l’uranium, on pense aussi à faire du nucléaire comme le Niger», a-t-il expliqué. Un peu plus tôt, le président du Faso reçu en audience, une délégation de la Société ouest-africaine de chimie (SOACHIM). Le président de la structure, Dominique C. K. Sohounhloué, à sa sortie d’audience, a confié à la presse qu’il est venu échanger avec le président du Faso sur la vie de la SOACHIM.
A en croire M. Sohounhloué, le chef de l’Etat a promis d’accompagner la société savante en entrant en contact avec les différents chefs d’Etat de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Guinée Conakry, de sorte à permettre aux pays membres d’avoir des relations d’osmose avec les présidents de ces pays. Il a rappelé que la SOACHIM regroupe les enseignants, les chercheurs, les chimistes, les biochimistes et les biotechnologues des pays de l’Afrique de l’Ouest notamment le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, le Mali, le Sénégal et le Togo. «Cette société savante se réunit tous les ans en congrès pour discuter des résultats de recherche des différents laboratoires constitutifs et associés à l’organisation.
Nous avons une revue qu’on appelle le journal de la SOACHIM à travers lequel les différents chercheurs, surtout les doctorants de nos différentes universités, publient leurs différents résultats de recherche», a étayé le président de la structure. Il a ajouté que le journal est un bimensuel qui a permis de publier plus de 435 articles.
Paténéma Oumar OUEDRAOGO
Fonds vert climat : le Burkina, favorable à la mise en œuvre des éco-villages
Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu en audience le Directeur général (DG) de l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI), Mahamadou Tounkara, le vendredi 5 avril 2019 à la primature, à Ouagadougou.
Traduire les défis environnementaux en opportunités de croissance économique, tel est l’objectif de l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI). En compagnie du ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, le Directeur général (DG) du GGGI, Mahamadou Tounkara, a échangé avec le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le vendredi 5 avril 2019 à Ouagadougou. Selon le ministre Bassière, l’objectif de la rencontre était de présenter au chef du gouvernement, les actions menées par l’institut.
Il s’agit, entre autres, de l’accompagnement pour la mise en œuvre des éco-villages, l’accréditation d’une entité nationale dédiée au Fonds vert climat, la transformation énergétique, le renforcement des capacités pour permettre au Burkina Faso d’avoir des techniciens capables d’élaborer des projets en vue de l’opérationnalisation de leur financement, a-t-il énuméré. Et d’ajouter que le pays des hommes intègres a adhéré au GGGI depuis octobre 2018. Le DG de l’Institut mondial pour la croissance verte, Mahamadou Tounkara, a, pour sa part, indiqué que sa structure est une organisation intergouvernementale qui a pour rôle, de promouvoir et d’accompagner l’ensemble des pays en voie de développement dans la mise en œuvre d’un développement durable. A l’entendre, le Premier ministre a insisté à ce que le Burkina Faso puisse bénéficier du «financement vert».
M. Tounkara est également venu transmettre au chef du gouvernement, un message du président du conseil et de l’Assemblée du GGGI, Ban Ki-moon invitant le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à la Semaine mondiale pour la croissance verte qui aura lieu au mois d’octobre 2019 à Séoul en Corée du Sud. A en croire le DG de GGGI, Ban Ki-moon a également demandé au chef de l’Etat, d’être un des champions de la campagne mondiale pour la promotion de la croissance verte qui se déroulera de 2019 à 2030.
Lassina BADOLO
Fécondité 25 à 35 ans, la tranche d’âge idéal
Les grossesses tardives sont devenues récurrentes et l’âge de la première maternité ou de la maternité est important à connaître. Les femmes qui désirent concevoir devraient avoir à l’idée que les chances d’être mère diminue considérablement avec l’âge.
Aujourd’hui, nombreuses sont les femmes qui s’estiment légitimement « jeunes’’ dans la vie, alors qu’elles sont déjà âgées pour la reproduction. Certaines confondent avoir leurs règles et être fertiles. Or, la fertilité chute environ 10 ans avant la ménopause. La méconnaissance de cette réalité aiguise le sentiment d’injustice devant une infécondité toujours vécue comme trop précoce.
De nombreuses raisons ‘’légitimes’’ peuvent expliquer cette tendance à vouloir attendre plus longtemps avant de vouloir fonder une famille ou concevoir. Il y a le fait de trouver un partenaire stable qui souhaite avoir des enfants, avoir terminé ses études, s’assurer une certaine stabilité professionnelle ou encore disposer de ressources suffisantes.
Mais, ce qu’il faut savoir, le moment idéal pour concevoir se situe entre 25 et 35 ans. C’est entre cet intervalle que les femmes sont les plus fertiles. Parce qu’à cette période, les futures mamans auront plus de chance d’avoir une grossesse sans complications, et de donner la vie à un bébé en pleine santé.
Par ailleurs, la durée entre l’arrêt de la contraception et le fait de tomber enceinte sera sûrement plus court. A partir de 35 ans, les chances de tomber enceinte diminuent. Une fois qu’elles ont passé l’âge de 35 ans, les femmes commencent à avoir plus de mal à tomber enceinte. Leur fertilité diminue, et les risques de complications pendant la grossesse augmentent. Passé ce cap, le risque d’anomalies chromosomiques augmente. Et, comme le risque augmente, la fertilité diminue. «C’est un motif de consultation dans nos formations sanitaires.
Parce que c’est un problème. Nous recevons des femmes d’un certain âge qui désirent avoir un enfant. Quand elles viennent, nous prenons le soin d’expliquer toutes les implications. Nous rassurons le couple sur les dispositions à prendre», a dit la présidente de l’association burkinabè des sages-femmes, Mariam Nonguierma. Elle a précisé que passer l’âge de 40 ans, la femme peut toujours tomber enceinte. «On parle de grossesse à risque. Il faut dans ce cas suivre la femme jusqu’à son accouchement», a-t-elle dit. Mme Nonguierma a fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’encourager les naissances mais a souligné qu’une femme n’accouche pas quand elle veut mais quand elle peut.
Par ailleurs, il faut préciser que si l’âge a une grande importance pour la fertilité féminine, d’autres facteurs peuvent contribuer à la faire diminuer. Il s’agit notamment des anomalies chromosomiques, aussi bien chez la future maman que chez le futur papa. En plus, un utérus mal formé, qui a été opéré, ou qui présente des fibromes peut également être un frein à la conception. Les problèmes thyroïdiens, le diabète, le surpoids ou l’obésité sévère, le syndrome des ovaires polykystiques, l’hypertension…Toutes ces pathologies peuvent contribuer à rendre une femme moins fertile. Mais, l’environnement a aussi une influence. Certains polluants, comme les perturbateurs endocriniens, peuvent faire diminuer les chances de tomber enceinte.
Selon l’Agence sanitaire britannique (NHS), 95% des femmes âgées de 35 ans qui ont des relations sexuelles non protégées arrivent à avoir un enfant au bout de trois ans, contre 75% seulement pour les femmes âgées de 38 ans. Une baisse de la fertilité qui va de pair avec la chute du nombre d’ovules.
Dans le même ordre d’idées, une étude menée en 2013 à l’Université d’Edimbourg (Grande Bretagne) a montré que les réserves ovariennes dont chaque femme dispose à la naissance, diminuent à un rythme beaucoup plus rapide qu’on ne le croit. Ainsi, à l’âge de 30 ans, une femme ne disposerait plus que de 12% de ses ovules et n’en aurait plus que 3% à l’âge de 40 ans. Selon l’Agence française de la biomédecine, la fécondabilité, soit la probabilité de concevoir par cycle, baisse avec l’âge de 25% par cycle si la femme a 25 ans, 12% si elle a 35 ans et seulement 6% à 42 ans.
Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com
Opérationnalisation de la TNT : plus de signal analogique à partir de novembre 2019
Le comité de pilotage de la Télévision numérique de terre (TNT) a eu une séance de travail avec le Premier ministre, Christophe Dabiré, le lundi 8 avril 2019 à Ouagadougou. A l’unanimité, le comité a décidé de l’extinction totale du signal analogique à compter du 1er novembre 2019.
Les premiers responsables de la communication au Burkina Faso veulent opérationnaliser définitivement la Télévision numérique de terre (TNT). En effet, le comité de pilotage de la TNT qui, selon le ministre de la Communication Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, regroupe plusieurs acteurs de diverses institutions, a eu une journée de travail avec le Premier ministre Christophe Dabiré, le lundi 8 avril 2019 à Ouagadougou, afin de fixer définitivement le cap sur le numérique. Selon le ministre Dandjinou, la séance a permis au comité TNT de décider de la coupure du signal analogique à partir du 1er novembre prochain.
Un décret sera pris en Conseil des ministres pour confirmer la date, a précisé
le ministre de la Communication. Aussi, le porte-parole du gouvernement a indiqué que la question de la redevance à payer par les acteurs et le modèle économique de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) ont été discutées au cours des travaux. Plusieurs aspects ont été évoqués, selon lui, afin de permettre l’accès des populations à l’information adéquate, mais aussi d’assurer la fonctionnalité de la SBT. «Avec l’orientation du Premier ministre, une fourchette de redevance a été proposée qui sera adoptée après échanges avec les différents partenaires.
Ce qui veut dire qu’il y’a de la logistique notamment les décodeurs à acquérir du côté des consommateurs en vue de recevoir le signal TNT», a indiqué M. Dandjinou. Aussi, a-t-il informé que les éditeurs se doivent d’informer les auditeurs afin de les préparer à ce transfert technologique. Mieux, les acteurs ont décidé de la nécessité d’assurer le financement de la SBT afin de la rendre compétitive.
Wanlé Gérard COULIBALY
Riposte à l’insécurité alimentaire : près de 27 milliards F CFA pour aider les ménages vulnérables
Le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles organise la première session de l’année du Comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle (CPSA), les 8 et 9 avril 2019, à Ouagadougou.
Le gouvernement burkinabè a adopté un plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables qui s’élève à près de 27 milliards F CFA. Cette stratégie a été dévoilée à la première session de l’année du Comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle (CPSA) qui se tient, à Ouagadougou, les 8 et 9 avril 2019. Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salif Ouédraogo, a précisé à l’ouverture des travaux que ce plan veut satisfaire, entre autres, les besoins spécifiques des ménages à risque d’insécurité alimentaire.
A l’entendre, malgré une hausse céréalière (de 21%) prévisionnelle de la campagne 2018-2019 estimée à 4 953 257 tonnes et une bonne campagne agropastorale, près de 676 200 personnes attendent cette aide à la soudure de juin à août 2019 contre 307 000 ménages en 2018. Selon le ministre en charge de l’agriculture, la présente session du CPSA vise à consolider ces données et évaluer les perspectives de la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour l’année 2019.
En s’appuyant sur les résultats de l’enquête permanente agricole, a indiqué le ministre Ouédraogo, les acteurs de la production agro-sylvo-pastorale vont, à cet effet, valider le bilan définitif de la campagne agricole 2018, 2019. Ils vont également, aux dires de M. Ouédraogo, donner quitus aux bilans céréaliers et alimentaires 2018-2019, analyser le plan de réponse et de soutien aux couches vulnérables au titre de l’année 2019, etc. Il a, par ailleurs, rappelé que les conclusions de la concertation serviront de feuille de route à l’Etat et ses partenaires. C’est pourquoi, il a invité les participants à des échanges nourris pour sortir des recommandations ‘’pertinentes’’ et ‘’audacieuses’’.
Boukary BONKOUNGOU
Génocide au Rwanda : «On était pourchassé comme des animaux», Jah Pépino
Artiste-musicien rwandais, Jah Pépino, vit actuellement en France après avoir séjourné quelques années au Burkina Faso. Depuis sa terre d’accueil, ce quarantenaire, qui a refusé de donner son nom à l’état civil pour des raisons de sécurité, a bien voulu remonter les douloureux souvenirs du génocide d’avril 1994. Entretien exclusif plein
d’émotions !
Sidwaya (S.): Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours ?
Jah Ppino (J.P.) : Je suis né en 1972 au Rwanda, d’un père Tutsi, officier de l’armée et d’une mère Hutu. Mes parents ont servi sous le régime du défunt président Habyarimana. J’ai suspendu mes études en droit en 1994, à la suite du déclenchement du génocide, pour ensuite suivre une formation en BTS, option commerce international au Togo. Entre 1996 et 2002, j’ai vendu des voitures d’occasion au port autonome de Lomé. Mais mon aventure dans ce pays ne s’est pas bien terminée. Par moment, je recevais des lettres de menaces de mort de mon pays, si bien que j’ai décidé de venir m’installer au Burkina Faso, précisément à Bobo-Dioulasso. J’y ai entamé une carrière d’artiste-plasticien dans un premier temps, pour ensuite m’intéresser à la musique, sans jamais décrocher d’ailleurs. Je suis auteur d’un album baptisé « Ça doit changer », produit en 2009. J’ai séjourné au Burkina jusqu’en 2012, année à laquelle j’ai quitté pour la France où je réside actuellement. J’exerce le métier d’animateur socioculturel dans les maisons de retraite et centres de loisirs.
S. : Comment avez vécu le génocide de 1994 ?
J.P. : J’ai très mal vécu le génocide pendant trois semaines. J’ai été un témoin oculaire du drame. C’était l’apocalypse ! On était pourchassé comme des animaux sauvages. Mes parents, notamment mon père et ma mère, ont été tués, car ils n’étaient pas assez forts physiquement pour fuir. Mes trois frères et moi avions pu nous cacher au moment où les milices hutus étaient en train de massacrer des Tutsi comme des poulets. C’était horrible ! Après le troisième jour de génocide, il y avait des cadavres en décomposition partout. Les chiens se ruaient même sur les cadavres. J’ai vu des morts à la pelle. Par la grâce de Dieu, j’ai pu avoir la vie sauve, dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. Mes frères et moi avions fui sans chaussures ni vêtements, sans nourriture ni eau potable. Nous avions dû manger des herbes et des tubercules non préparés dans la forêt pour survivre. Il fallait se terrer dans la brousse, car les extrémistes étaient dispersés dans la nature. Ils coupaient les têtes des gens. D’autres tiraient avec leurs armes sur tout ce qui bougeait. C’était des moments chaotiques !
S. : Dans quelles circonstances vos parents ont-ils perdu la vie ?
J.P. : Mon père et ma mère ont été égorgés comme des bœufs à l’abattoir. J’ai également perdu plusieurs proches, notamment des oncles paternels, des amis et des voisins, dans des circonstances indescriptibles.
S : Expliquez-nous comment vous aviez fui le Rwanda à la suite de ce massacre à grande échelle ?
J.P. : J’ai quitté le Rwanda à pieds, en compagnie de mes frères, pour me rendre au Zaïre, actuel République démocratique du Congo (RDC). Nous avons mis trois mois pour y parvenir. Car, il y’avait plusieurs barricades sur la route, difficiles à franchir sans être tué. Souvent, nous étions obligés de les contourner pour échapper au contrôle. Il était vraiment difficile de fuir sans se faire arrêter.
S. : Justice a-t-elle été rendue à vos proches disparus?
J.P. : Vingt-cinq ans après le génocide, justice n’as pas encore été rendue à mes proches. J’attends toujours. D’ailleurs, je n’ai plus mis les pieds au Rwanda depuis cet évènement douloureux.
S. : Est-ce qu’il vous est interdit de rentrer au pays ?
J.P. : Pas vraiment. Seulement, je n’envisage pas y retourner, par peur de ne pas pouvoir bien intégrer la société et me refaire une vie. Le fait que mes parents aient servi sous le régime de Habyarimana me fait craindre aussi le pire, tout naturellement. En tous les cas, je n’ai pas tenté de retourner au pays. J’ai un statut de réfugié et cela ne me pose aucun problème.
S. : Quel commentaire faites-vous sur l’implication supposée de la France dans le génocide?
J.P. : Je n’ai pas de commentaire à faire sur l’implication supposée de la France dans le génocide. A l’époque, j’étais encore jeune. Je n’étais pas très informé ou intéressé par la politique. La seule chose dont je me souviens, c’est que la France avait créé une zone neutre appelée « turquoise », grâce à laquelle j’ai été sauvé. Les rebelles tutsis et les milices hutus n’avaient pas le droit d’approcher cette zone ou encore moins attaquer les citoyens qui avaient réussi à s’y réfugier. La France avait le rôle de protéger tous ceux qui parvenaient à entrer dans cette zone sans discrimination. Je ne sais pas si on peut assimiler ce soutien à une implication de la France dans le génocide rwandais.
S. : Votre pays a-t-il réussi à panser les plaies, selon vous ?
J.P. : Le Rwanda a essayé de panser les plaies du génocide sans succès. A l’heure où je vous parle, des Rwandais continuent de fuir leur pays, de peur de se faire emprisonner sans motif valable. Il y a des portés disparus tous les jours. Ce qui, à mon avis, prouve que le gouvernement actuel n’a pas pu panser les plaies.
S. : Malgré son passé trouble, votre pays a su remonter la pente pour devenir un exemple sur le continent en termes de gouvernance. N’est-ce pas une fierté?
J.P. : Evidemment, le Rwanda s’est fait remarquer économiquement par son développement exceptionnel dans la région des Grands Lacs. C’est à féliciter. Mais il reste à travailler à garantir la liberté d’expression, parce que beaucoup de journalistes sont derrière les barreaux. Ce qui n’arrange pas l’image du pays.
Entretien réalisé par
Kader Patrick KARANTAO
Renforcement de l’offre énergétique : 155 mégawatts attendus dans le réseau de la SONABEL
Le gouvernement burkinabè, à travers le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo et des Producteurs indépendants d’électricité (PIE) ont signé une convention pour la fourniture d’une production d’énergie solaire de 155 mégawatts, le vendredi 5 avril 2019 à Ouagadougou.
«C’est un jour historique», a dit le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, à l’issue de la signature de convention entre le gouvernement burkinabè et des Producteurs indépendants d’électricité (PIE), intervenue, le vendredi 5 avril 2019, à Ouagadougou. Ce mémorandum a été signé avec les entreprises Greenwich, Green Yellow, Naage, Quadran-Syscom-Soltech et Urban solar pour la construction de six centrales solaires photovoltaïques, en marge de la IIIe édition de la Semaine des énergies et des énergies renouvelables d’Afrique (SEERA).
Ces centrales solaires photovoltaïques doivent fournir une production d’énergie solaire de 155 mégawatts à la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL). Dans la convention, il est stipulé, entre autres, que les entreprises signataires du mémorandum sont tenues de finaliser les travaux de construction des centrales solaires dans des délais «assez brefs», pour l’injection de l’énergie attendue. Selon le directeur des affaires juridiques et du contentieux du ministère de l’Energie, Herman Nacambo, dans ces conventions, des instruments juridiques ont été élaborés pour permettre aux deux parties de trouver leur compte dans le contrat et de faire en sorte que ces centrales exploitent sur une durée de 25 ans avant d’être rétrocédées à la nationale d’électricité.
Leader en matière d’énergie solaire
Pour Bachir Ismaël Ouédraogo, l’Etat, lui seul, ne peut fournir suffisamment d’énergie à la population. Raison pour laquelle, un appel a été lancé aux sociétés privées.
Qu’à cela ne tienne, le ministre de l’Energie a laissé entendre qu’à travers cette convention, le Burkina Faso s’est engagé résolument sur le chemin de la transition énergétique en se posant par la même occasion en leader en matière d’énergie solaire dans la sous-région avec des prévisions de prix en-dessous de 50 francs CFA le kilowattheure.
«Nous espérons que c’est le début d’une longue chevauchée fantastique dans le domaine de l’énergie solaire pour donner de l’énergie à moindre coût à tout le monde», a-t-il souhaité. A travers ce partenariat, de l’avis du ministre de l’Energie, c’est la loi 014-2017/AN du 20 avril 2017 portant réglementation générale du secteur de l’énergie qui entre en vigueur. En effet, l’article 25 de ladite loi indique que «les installations de production d’énergie électrique sont réalisées et exploitées par toute personne physique ou morale de droit privé ou public. Elles sont soumises à l’obtention préalable d’une déclaration, autorisation ou d’une licence de production obtenue auprès de l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie».
Car, selon les projections, le gouvernement burkinabè compte d’ici à 2020, atteindre un taux de 45% d’accès national à l’énergie, un taux de 19% pour l’électrification rurale et une part de 50% des énergies renouvelables dans le parc énergétique national. Par ailleurs, au cours de la cérémonie, le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (CEREC) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a paraphé un mémorandum d’entente avec des structures promotrices d’énergie, pour une transition énergétique réussie dans les pays membres de cette organisation. Pour le représentant-pays du programme de l’institut mondial pour la croissance verte (Global green growth institute) au Burkina, Lamine Ouédraogo, ce mémorandum vise à accompagner ces pays pour la mobilisation des financements devant servir à amorcer une transition énergétique, une nécessité pour le développement de la sous-région.
Paténéma Oumar OUEDRAOGO
Bagrépôle : la directrice générale de la BAD/Afrique de l’Ouest visite des réalisations
La Directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Ouest, Marie-Laure Akin-Olugbade, a séjourné, le mardi 2 avril 2019, à Bagrépôle dans province du Boulgou.
La Banque africaine de développement (BAD) intervient dans le Projet pôle de croissance de Bagré (PPCB), avec un financement de plus de 56 milliards FCFA. Ce montant est destiné à financer le projet d’aménagements structurants et de périmètres irrigués sur la Rive droite (RD) du Nakanbé, et l’aval du barrage de Bagré ainsi que la réalisation de bien d’autres infrastructures. En visite au Burkina Faso du 1er au 5 avril 2019, la Directrice générale (DG) de la BAD pour l’Afrique de l’Ouest, Marie-Laure Akin-Olugbadé a visité un certain nombre de réalisations.
Accompagnée pour la circonstance par une équipe de Bagrépôle dirigée par le Secrétaire général, Nicolas Kobiané, la DG de la BAD pour l’Afrique de l’Ouest a visité successivement le barrage hydroélectrique, le village de Guirmogho où sont installées les Personnes affectées par le projet (PAP), l’école et des infrastructures socioéconomiques. La délégation de la BAD a également pu constater divers travaux en cours, notamment le canal primaire en construction, des terres emblavées, plusieurs ouvrages en cours de réalisation. Sur ce point, selon les explications des techniciens de Bagrépole, le taux d’exécution des travaux est estimé à 85%. Par ailleurs, il est prévu la réalisation de canaux secondaires et tertiaires pour convoyer l’eau du barrage jusque dans les plaines. Mais le constat a été fait que les travaux sont en arrêt à cause de la défaillance des entreprises en charge des travaux. La Directrice a toutefois été rassurée que les marchés ont été résiliés et de nouveaux appels d’offres sont lancés pour le recrutement de nouvelles entreprises. L’équipe de Bagrépôle s’est aussi prêtée aux questions de la délégation de la BAD sur la gestion du barrage, l’exploitation des terres, la cohabitation entre petits exploitants et agrobusiness.
Des perspectives heureuses
Sur ces points, les techniciens ont également expliqué à la mission de la BAD que le fonctionnement des exploitations se fera selon le modèle des pôles de croissance. La viabilité étant au cœur du système, toutes les chaînes de la production seront prises en compte, ont-ils soutenu.
La 3e étape de la visite a été le village de Guirmogho, créé pour accueillir les PAP d’aménagements des 2194 hectares. «Bagrépôle est un projet qui est très important pour nous parce qu’il est multisectoriel. Nous avons eu l’occasion de visiter le barrage tout à l’heure, ainsi que la centrale électrique d’une production de 16 mégawatts. Nous avons vu toutes les opportunités et tous les investissements qui sont en train d’être mis en œuvre pour exploiter l’immense potentiel dont le pays dispose en matière agricole. Je suis particulièrement heureuse de terminer la visite par des échanges directs avec les élèves de l’Institut de formation en développement rural (IFODER). Nous voyons une jeunesse, y compris des jeunes filles qui s’intéressent à la terre», a déclaré Marie-Laure Akin-Olugbadé, à la fin de la visite. Elle a en outre confié que les perspectives sont heureuses parce que les autorités sont à pied d’œuvre pour relever les défis auxquelles elles sont confrontées et surtout exploiter toutes les opportunités qui leur sont offertes. Ces opportunités, selon elle, touchent le domaine agricole, l’électricité, notamment en termes d’énergie solaire et surtout dans la transformation et l’industrialisation du pays, à travers des projets tels le coton et le textile.
Pour elle et son institution, l’agriculture, c’est l’avenir du continent, donc il n’y a pas de raison que ce continent ne puisse pas nourrir le reste du monde. «Nous commençons à développer un portefeuille dans le domaine de l’agriculture où il y a énormément de potentialités et également dans le domaine de l’énergie. Pour les années à venir, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de la BAD au Burkina Faso, nous avons un portefeuille qui devrait grossir d’une quarantaine de milliards par an» a-t-elle conclu.
Bougnan NAON


