Lutte contre le cancer au Burkina: Un centre de radiothérapie dans 14 mois

L’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, a posé la première pierre d’une unité autonome de radiothérapie, le samedi 6 avril 2019 à Ouagadougou. Le joyau qui sera érigé au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo, dans l’arrondissement n°11, sera fonctionnel dans 14 mois et soulagera les malades du cancer.

Les malades atteints du cancer n’auront plus à se déplacer hors du Burkina Faso pour se faire soigner. Cet espoir a été suscité par la volonté du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, d’offrir à son pays un centre autonome de radiothérapie en vue du traitement de cette pathologie.

Le lancement des travaux de construction de l’infrastructure a été effectué le 6 avril 2019 à Ouagadougou par la Première dame, Sika Kaboré. Selon elle, ce centre est providentiel, car la radiothérapie constitue un maillon important dans la prise en charge du cancer. Elle s’est réjouie d’autant plus que les patients étaient obligés d’aller à l’extérieur notamment au Ghana, au Mali et même en Europe, pour bénéficier de soins appropriés.

«Je remercie son altesse, l’Emir du Qatar qui a bien voulu accéder à la demande du président du Faso en nous offrant ce centre de radiothérapie qui sera opérationnel en mai 2020», a déclaré Sika Kaboré. Elle a aussi promis de plaider afin qu’un certain nombre de patients soient pris en charge gratuitement et par an.

La ministre de la Santé, Léonie Claudine Lougué, a, pour sa part, indiqué que c’est un bonheur pour son département de pouvoir soulager les malades. A l’entendre, son ministère a développé de nombreuses initiatives dans les domaines de la prévention, du diagnostic précoce et de la prise en charge des cas de cancer découverts. Ainsi, a-t-elle révélé, en plus des services de chirurgie, un service d’oncologie et d’hématologie clinique a été ouvert au sein du CHU de Bogodogo en 2017.

«La radiothérapie est donc le maillon manquant dans notre chaîne de prise en charge. Pourtant, elle est nécessaire pour le traitement complet d’environ 2/3 des malades», a souligné la ministre. A l’écouter, le projet, financé par le Qatar pour environ 7 milliards F CFA, prévoit la construction d’infrastructures de radiothérapie (bunkers) respectant les normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’installation de deux accélérateurs linéaires de nouvelle génération, d’une unité de curiethérapie et d’un scanner de simulation, entre autres.

«Environ 1500 patients par an seront traités dans cette unité de radiothérapie», a estimé Léonie Claudine Lougué. Comme avantages, elle a mentionné que le projet contribuera à améliorer le plateau technique pour le traitement du cancer au Burkina Faso, à réduire la morbidité et la mortalité liées à la maladie et à soulager des milliers de personnes atteintes et affectées par le fléau.

Dans la pratique, la responsable du département de la santé a confié que le centre offrira des services de zonage, c’est-à-dire la délimitation de zones tumorales à irradier et la prise en charge globale du patient. «Il y a des cancers qui guérissent sous chimiothérapie, d’autres sous chirurgie avec chimiothérapie mais la plupart des cancers, exceptés ceux du sang qui ne fabriquent pas les masses, sont passibles de radiothérapie», a-t-elle expliqué.

Selon ses dires, certaines sources indiquent qu’environ 10 000 nouveaux cas de cancer sont détectés chaque année au Burkina. Tout en saluant l’implication de la Première dame dans la lutte contre le cancer, le Directeur général (DG) adjoint, chargé de la coopération du Fonds qatari pour le développement, Mansoor Al Duhaimi, a réitéré l’engagement de son pays à accompagner le Burkina. La construction et l’équipement de l’unité autonome ont été confiés à l’entreprise «Chantiers marocains modernes».

Mady KABRE

Recentrer le débat

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a rencontré le chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, le jeudi 4 avril 2019, au palais présidentiel. Des émissaires des partis de la majorité présidentielle y ont été également reçus par le chef de l’Etat dans le cadre de ces rencontres préparatoires aux concertations politiques annoncées.

Ces échanges sont une volonté du président Kaboré de renforcer le dialogue au moment où le pays traverse des difficultés sans précédent, marquées par la guerre contre la nébuleuse terroriste et les affrontements intercommunautaires. Du reste, le chef de file de l’opposition les a reconnues à travers son diagnostic : «Notre pays traverse des difficultés et pour affronter ces problèmes, il est bon que toute la classe politique puisse, de manière consensuelle, les identifier et s’asseoir pour en discuter», a indiqué Zéphirin Diabré.

A l’heure où toutes les attentions sont orientées vers d’importants évènements politiques tels que les élections de 2020, le référendum constitutionnel, la justice, les droits humains, le vote de la diaspora, la mise en œuvre consensuelle des conclusions de la Conférence nationale sur les systèmes de rémunération des agents publics, la consolidation de l’Etat de droit…il est grand temps de recentrer le débat politique plutôt sur ce qui unit, rassemble, engage l’ensemble des Burkinabè sur les chantiers communs.

Avec au premier chef, la lutte contre l’hydre terroriste. Cette lutte sera commune, avec la victoire finale, ou ne le sera pas. Et le dialogue politique annoncé avant la fin de ce mois d’avril achèvera de convaincre l’opinion des bonnes dispositions affichées lors des rencontres préparatoires.

C’est en effet, «une grande inspiration démocratique» pour les principaux animateurs de la vie politique de se retrouver autour d’une même table, afin que «la complicité républicaine» soit consolidée. Il pourrait donc s’agir de passer de la polémique stérile aux propositions concrètes, en évitant les « paroles d’évangile « , c’est-à-dire les propositions maximalistes de part et d’autre.

Le but ultime de ce dialogue étant la recherche désintéressée de la cohésion et du consensus au profit du bien commun. C’est le lieu de louer le sens de l’Etat et du consensus du président du Faso qui, plus que jamais, est désireux de rassembler tout le monde pour bâtir le Faso. «Mon engagement pour la réconciliation nationale reste intact et doit être fondé sur une exigence de vérité et de justice.

C’est en se soumettant humblement et courageusement à cette démarche pour préserver l’essentiel que nous pourrons aborder l’avenir avec encore plus d’optimisme», affirmait-il le 11 décembre dernier à l’occasion de la célébration du 59e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso. Vivement que ce débat politique débouche sur les états généraux de la nation avec tous les corps constitués et les forces morales.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

Décès du colonel Barthelémy Kombasséré : Le N°2 du CMRPN s’en est allé

Le colonel à la retraite, Barthelémy Kombasséré est décédé, le vendredi 5 avril 2019, à Ouagadougou des suites de maladie, à l’âge de 84 ans.

A l’annonce de sa disparition, une foule immense a pris d’assaut le domicile du défunt dans le quartier Kologh-Naaba pour soutenir la famille. Celui que toute la nation pleure a été le numéro 2 du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) qui a renversé le régime du général Sangoulé Lamizana pour instaurer le régime dit des colonels de novembre 1980 à août 1983.

A la prise de pouvoir du CMRPM, le lieutenant-colonel Barthelémy Kombasséré était membre du comité directeur, organe dirigeant du Comité, composé d’une dizaine de membres. En sa qualité de deuxième personnalité, c’est le colonel Kombasséré qui préside le comité directeur qui a pris de nombreuses décisions emblématiques telles que la suppression de l’impôt de capitation, la fermeture des débits de boisson pendant les heures de service.

Barthelémy Kombasséré est né le 1er mars 1935 à Saaba dans la banlieue-Est de la capitale. Incorporé dans l’armée française, il a fait ensuite sa formation d’officier à l’Ecole de formation des officiers d’outre-mer (EFOMER) à Fréjus en France d’où il est sorti avec le grade de sous-lieutenant. En 1980, il a été nommé adjoint au commandant du Régiment interarmes (RIA) puis commandant un an plus tard.

A l’avènement de la Révolution d’août 1983, le lieutenant-colonel Kombasséré a été mis à la retraite d’office, réhabilité en 1994 avec le grade de colonel, il est admis à la retraite la même année. Le colonel Barthelémy Kombasséré laisse derrière lui les anciens combattants de la troupe, une veuve, 5 enfants, 11 petit fils et 1 arrière-petit-fils.

Le programme des obsèques prévoit ce lundi 8 avril 2019 une veillée de prière au domicile familial. L’inhumation, précédée des honneurs militaires et de la messe d’absoute, est prévue pour le mardi 9 avril 2019 à 10h30 au cimetière municipal de Gounghin.

Honoré KIRAKOYA

Journée mondiale de la santé 2019 : Le message de madame le ministre de la Santé

Le Burkina Faso au même titre que les autres pays du monde célèbre chaque année, précisément le 7 avril, la journée mondiale de la Santé. Le thème retenu par l’Organisation mondiale de la Santé pour l’année 2019 est : « La couverture santé universelle». Cette journée dédiée, m’offre l’agréable occasion de faire le point de la marche du Burkina Faso vers «la couverture sanitaire universelle».

La couverture santé universelle s’entend sous la définition de mobiliser et d’utiliser les ressources disponibles de façon efficiente, transparente et équitable dans le but de garantir à chaque individu, chaque communauté, chaque femme, enfant et personne vulnérable, un accès à des soins et services de santé de base, prenant en compte la promotion, la prévention, le curatif et la réadaptation. Dans cette optique, le Gouvernement du Burkina Faso a entrepris des actions décisives et fortes depuis l’adoption du Plan National du Développement Economique et Social (PNDES), pour impulser de façon progressive et dynamique la marche vers la couverture santé universelle.

Les principales actions déjà entreprises par le Ministère de la Santé sont entre autres :
– les mesures de gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans (environ 25% de la population couverte), une politique de levée totale de la barrière financière permettant à des millions de personnes de se soigner chaque année, sans se soucier du risque financier. Dans les prochains jours, le pays compte élargir la gratuité des soins à la planification familiale, ce à partir de Juin 2019 ;

– le recrutement de 2 agents de santé à base communautaire par village avec pour objectif principal de relancer la santé communautaire au sein des villages. Le paquet de soins et de services des agents de santé communautaires prennent en compte la prévention (suivi de la vaccination des enfants, les campagnes de chimio-prophylaxie saisonnière contre le paludisme, l’identification des évènements inhabituels dans la communauté), la promotion (supplémentation en vitamine A, dépistage de la malnutrition, distribution de contraceptifs dans certaines zones) et le traitement curatif des cas simples de paludisme, de diarrhée et de pneumonie chez les enfants de moins de cinq ans ;

– la mise en œuvre d’actions majeures de santé publique comme : la Chimio-prophylaxie saisonnière CPS, les semaines nationales de la planification familiale, les vaccinations réactives et préventives, la surveillance épidémiologique, la prise en compte des urgences sanitaire, le respect du RSI, etc. ;

– le renforcement des ressources humaines en santé, particulièrement les médecins, les sages-femmes, les infirmiers, le but étant de rendre disponible le maximum de services et soins de base au profit de la santé de la reproduction pour infléchir de manière significative, les indicateurs de mortalité maternelles et infanto juvéniles ;

– la construction et l’équipement de nouveaux centres de santé ;

– l’augmentation du budget de la santé à 13% du budget total de l’Etat.

D’autres départements ministériels interviennent dans le secteur de la Santé à travers des actions de promotion, prévention et protection de la Santé. A ce niveau, on peut citer la promotion des facteurs clés de la santé, particulièrement l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et l’assainissement du cadre de vie, à l’alimentation, à la construction des voies d’accès aux infrastructures sociales de base, à l’intensification de l’éducation de base, à la lutte contre les pratiques néfastes à la santé des populations (mutilations génitales féminines), et l’opérationnalisation de l’assurance maladie universelle.

La mise en œuvre de ces actions s’est opérée dans un contexte particulier d’insécurité grandissante dans notre pays, depuis 2016. Le terroriste et le grand banditisme ont certes eu des conséquences négatives sur le déploiement des actions pour l’atteinte de la couverture sanitaire universelle, mais force est de constater qu’avec la détermination des autorités et des populations, des résultats mesurables ont été acquis ces trois dernières années.

Des défis persistent toujours et mon département s’engage à venir à bout de ces défis à travers la mise en œuvre d’actions concrètes au nombre desquelles, on peut retenir l’expansion des soins de santé primaires avec un focus sur l’approche communautaire.

MINISTERE DE LA SANTE

Macky Sall va diriger le Sénégal en se passant de Premier ministre

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Le président Macky Sall a décidé d’orienter le Sénégal vers un régime de type présidentiel en confiant à son Premier ministre, reconduit samedi, la tâche de supprimer à moyen terme la fonction de chef de gouvernement, gage selon lui d’une plus grande efficacité pour mener à bien d’ambitieuses réformes. (AFP)

Délivrance de passeports et de CNIB en France : L’ambassadeur Ilboudo satisfait de l’opération

 La mission consulaire spéciale de délivrance de passeports et de CNIB dépêchée en France depuis le 22 mars a pris fin le 04 avril 2019. Pendant leur séjour, une équipe a travaillé en permanence à l’ambassade à Paris tandis qu’un deuxième groupe s’est déployé à Bordeaux les 23 et 24 mars et à Marseille les 30 et 31 mars 2019. Monsieur Alain Francis Gustave Ilboudo, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso près la France s’est beaucoup impliqué dans cette mission. Il s’est dit satisfait de l’opération dans sa juridiction et fait le bilan de la mission.

Excellence Monsieur l’Ambassadeur, quel bilan pouvez-vous faire au terme de cette mission ?

Alain Francis Gustave Ilboudo (AFGI) : Merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur la mission consulaire spéciale qui a séjourné en France du 22 mars au 04 avril 2019. Il faut rappeler que cette mission a été commandée dans la perspective de la participation des Burkinabè de l’étranger aux prochaines échéances électorales. Les autorités ont jugé bon de prendre des dispositions afin de permettre effectivement cette participation et surtout une participation massive de nos frères et sœurs à l’étranger. Un bilan de cette opération, je dirais qu’il est globalement positif de mon point de vue. Il faut rappeler que la mission en France est la toute première mission après celle du lancement qui a été conduite à Niamey au Niger par le Ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur. L’étape qui a suivi est celle de la France et les facilités qui sont ainsi offertes à nos compatriotes de se doter à la fois de passeports et de Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) ; ces facilités ont été bien accueillies par notre communauté. En observant et en échangeant avec les différentes équipes, on a pu constater une assez bonne fréquentation parce qu’à ce jour, on a environ 600 dossiers qui ont été enrôlés (entretien réalisé le 04 avril 2019). Donc, je peux dire que la mission a tenu effectivement ses promesses.

Paris a été la deuxième étape de la mission consulaire spéciale de délivrance de passeports et de CNIB après le lancement intervenu à Niamey fin février 2019 : n’aviez-vous pas quelques appréhensions, du fait que c’est une première ?

AFGI : Assurément des appréhensions il y’en avait, parce que c’est la première fois que nous accueillons une mission d’une telle envergure. Les appréhensions sont tout naturellement liées au fait qu’on ne savait pas exactement quelle pouvait être la réaction de la communauté face à l’opération ; en même temps on pouvait aussi avoir un sentiment d’espoir par rapport à la réaction quand on considère les enjeux. J’ai dit tantôt que cette opération a été lancée et elle concernera d’autres pays à travers le monde, pour permettre aux Burkinabè de l’extérieur de participer aux prochaines échéances électorales. Quand on sait que la participation des Burkinabè aux échéances électorales et de façon globale à la vie de la Nation est une revendication de notre diaspora, on pouvait s’attendre dans une certaine mesure à une grande mobilisation de notre communauté. Au-delà de la participation aux échéances électorales, il y a aussi que cette opération permettra à beaucoup de nos compatriotes de se mettre à jours du point de vue de la documentation.

Bordeaux et Marseille ont accueilli deux équipes de cette mission consulaire : est-ce que vous êtes satisfait de la mobilisation dans ces deux villes ?

AFGI : Effectivement, nous avons imaginé qu’il pouvait être intéressant, dans une perspective de rapprocher l’administration des administrés, de dépêcher des équipes hors de Paris, étant entendu que dans la capitale française, depuis le 23 mars 2019, nous avions en permanence une équipe au niveau de l’ambassade. Des échanges que j’ai eus avec nos Consuls honoraires à Bordeaux et à Marseille, (les deux équipes envoyées en province se sont déployées dans les locaux diplomatiques, à savoir nos consulats honoraires), ils étaient également satisfaits de la fréquentation. Mais assurément, la grande partie du travail a été faite à Paris par l’équipe permanente au niveau de l’ambassade.

Est-ce que vous pouvez nous parler des difficultés que la mission a rencontrées pendant ces deux semaines ?

AFGI : Les difficultés que je peux relever par rapport à une telle mission sont liées essentiellement à la qualité des documents que les usagers présentent. On a pu relever quelques cas où des compatriotes se sont présentés avec des documents sujets à caution, des documents dont l’authenticité laissait à désirer. Et comme les équipes comprenaient des agents de la division de la migration et de l’Office national d’identification (ONI), donc des agents professionnels qualifiés pour déceler certains documents qui ne répondaient pas aux normes, ils essayaient de faire comprendre aux compatriotes la sensibilité de leur situation avec des recommandations et dans la mesure du possible, envisageaient des solutions avec ces compatriotes pour effectivement leur permettre de se mettre à jour.

La difficulté essentielle qui n’est pas liée à la mission elle-même, était liée à la question des documents que nos compatriotes présentaient pour solliciter la CNIB ou le passeport.

À partir de cette première expérience, quels enseignements peut-on tirer ?

AFGI : Je dirais d’abord qu’au regard de l’engouement que l’opération a pu susciter au sein de notre communauté, c’est déjà l’intérêt que nos compatriotes portent au pays. Un intérêt qui se manifeste par la recherche des documents. Je dois dire aussi que même ceux-là qui ont la double nationalité ont mis un point d’honneur à venir renouveler leurs documents parce que pour la plupart, ils sont rentrés en France avec des documents burkinabè avant d’acquérir la nationalité française. Plusieurs d’entre eux sont revenus pour profiter de cette opération et se mettre à jour.

Pour ce qui est de l’opération elle-même, je pense que le succès d’une telle mission repose essentiellement sur la communication, la sensibilisation qui doit être menée au sein de la communauté pour que nos compatriotes comprennent exactement le sens de la démarche, qu’ils y adhèrent et viennent effectivement demander les documents. L’opération a permis aussi à l’occasion, aux services consulaires de mettre à jour le fichier de nos ressortissants. En effet, dans la constitution des dossiers, il était régulièrement demandé la photocopie de la carte consulaire. En la matière, l’établissement de la carte consulaire est de notre ressort et nous essayons de sensibiliser au maximum nos compatriotes sur l’immatriculation auprès des services consulaires ; ce qui nous permet de savoir exactement quel est l’état de nos compatriotes en France. Il faut dire qu’en matière de politique de gestion de la diaspora, si vous ne savez pas combien vous avez de ressortissants dans un pays, il vous est difficile d’envisager quoi que ce soit.

Donc, c’est une mission salutaire à plus d’un titre et nous souhaitons que les documents demandés puissent revenir le plus rapidement possible pour que nous les acheminions à leurs titulaires.

Entretien réalisé par le service presse de l’ambassade du Burkina Faso à Paris

 

Situation économique du Burkina Faso: Des performances en amélioration en dépit de la  situation sécuritaire

La concertation trimestrielle entre la Direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et l’Association Professionnelle des Banques et Etablissement Financiers du Burkina (APBEF-B) s’est tenue le jeudi 4 avril à Ouagadougou. A l’issue de leur réunion, les responsables de la BCEAO ont convié les hommes de médias pour faire le point de la rencontre.

En vue de renforcer la transparence de ses interventions et d’échanger avec les établissements de crédit sur l’application de la règlementation de leurs activités et le financement de l’économie, la Banque centrale a institué des cadres de concertation périodique avec l’Association  professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF-F). C’est ainsi que la première rencontre  au titre de cette année a eu lieu le jeudi 4 avril 2019. Plusieurs sujets ont été abordés avec les responsables des établissements bancaires. Il s’agit notamment de l’évolution de la situation économique, de l’activité bancaire, de la micro finance jusqu’en  fin décembre 2018. Au cours de la réunion, il a également été question de l’état d’avancement de la mise en œuvre de certains chantiers impliquant la Banque centrale, et des questions opérationnelles et réglementaires.

S’agissant de l’évolution de la situation économique, le directeur de l’Agence principale, par ailleurs Directeur nationale pour le Burkina, Adama Sankara a indiqué que les performances du Burkina Faso demeurent en amélioration, malgré un environnement sécuritaire difficile. « le taux de croissance du produit Intérieur Brut (PIB) est estimé à 6,6 % en 2018 contre une réalisation de 6,3 % en 2017 », a-t-il relevé. Malgré ces performances observées, Adama Sankara a souligné le besoin de renforcement des investissements et la nécessité de la poursuite des actions d’amélioration du climat des affaires.

Ouverture de nouveaux établissements bancaires

Pour ce qui est de l’activité bancaire, le Directeur nationale pour le Burkina a noté qu’au titre de l’année 2018, le secteur bancaire et celui de la micro finance ont poursuivi  leurs consolidations en termes de points de vente et de moyens d’accès aux services financiers, de diversification des produits et d’ouverture de nouveaux établissements. « Les encours de dépôt et de crédit ont enregistré des progressions respectives  de 4,8 %  et 5,5 %  entre 2017 et 2018 et s’établissent ainsi, au titre des dernières prévisions de décembre 2018, à 3.470,5 milliards pour les dépôts et 2.812,8 pour les crédits », a-t-il expliqué.

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Concernant l’état d’avancement de certains chantiers, il  faut signaler l’opérationnalisation du dispositif de soutien au financement des PME/PMI de la Banque Centrale ainsi que le projet de promotion de l’affacturage dans l’UEMOA qui  est une technique  permettant à un créancier de transférer tout ou partie de sa créance à une personne, généralement un établissement de crédit, qui lui règle tout ou partie de la créance transférée, moyennant une commission.  Adama Sankara a notifié que ces chantiers, menés en synergie avec d’autres actions telles que les bureaux d’information sur le Crédit (BIC) devraient permettre d’améliorer significativement l’accès au crédit des PME/PMI dans l’espace UEMOA et au Burkina Faso en particulier. Il a enfin confié que les banques ont été sensibilisées sur leur rôle en tant que canal pour la couverture des besoins en billets de petites coupures et en pièces dans l’Union.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

Agence Nationale de la Météorologie (ANAM): Alerte poussière

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Une nappe de poussière intéressera progressivement la majeure partie du pays à partir de la journée du 05 avril 2019 et persistera durant les prochaines 48 heures. Les visibilités pourraient être significativement réduites dans certaines localités.

Conflits de chefferie à Zoaga Retour sur une «nuit des longs couteaux»

Le conflit de chefferie intervenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2019 dans la commune rurale de Zoaga, région du Centre-Est a fait officiellement huit morts, cinq blessés et de nombreux dégâts matériels. 24 heures après le drame, Sidwaya est allé dans cette commune frontalière du Ghana pour constater et comprendre les raisons d’une telle crise qui oppose deux clans d’une même famille.

«Pour un chapeau»! Tels ont été les premiers mots d’un des confrères de la localité, pour dénoncer l’ampleur des dégâts à la suite de l’agression d’un clan d’une même famille sur un autre dans la nuit du dimanche 31 mars au lundi 1er avril 2019 à Zoaga, une commune rurale située à 17 km de celle de Zabré et frontalière au Ghana, dans la région du Centre-Est. Le bilan de ce conflit de chefferie a fait huit morts (certains brûlés) dont cinq femmes, un homme et deux enfants. Les blessés sont au nombre de cinq. Quant aux dégâts matériels, il s’agit des animaux abattus, des vivres, des maisons, des boutiques et des engins incendiés.
Ce mardi 2 avril 2019, soit 24 heures après le drame, le spectre de «la nuit des longs couteaux» plane toujours dans les esprits. A notre arrivée en ce milieu de matinée, Zoaga présente un visage d’une commune vidée de sa population. Des boutiques clauses, des écoles et des lycées toujours fermés. Chez le chef coutumier de Zoaga, Naaba Tigré, l’ambiance est quelque peu morose avec des aller et retours de visiteurs pour présenter leurs condoléances. C’est d’ailleurs lui qui a perdu le plus de proches, notamment son fils, sa tante, son cousin, la femme, les enfants et la mère du cousin. Selon les informations recoupées auprès du chef et d’autres personnes du village, dans la nuit du dimanche 31 mars, jour du marché de Zoaga, aux environs de 20 heures, un grand vent, accompagné d’une fine pluie a obligé les habitants à se «terrer» dans leurs maisons. Un groupe de personnes venu du Ghana, à en croire Dominique Waré, a encerclé la concession familiale du chef, Naaba Tigré.

Vincent Waré, le leader

Pour lui, il s’agissait bel et bien des dissidents de la famille royale dont le leader est Vincent Waré. «C’est un grand coup de fusil qui a annoncé leur arrivée. Quand j’ai su que c’était eux, je suis allé me réfugier dans les buissons pas très loin de la maison, puisqu’ils nous avaient prévenus qu’ils allaient revenir. Je les observais en train de tuer les gens, brûler les maisons et tout ce qui semblait important à leurs yeux», raconte-t-il. Dans cette folie meurtrière, les femmes ont été les plus traumatisées. «Quand ils sont entrés dans ma maison, un d’entre eux a pointé une arme sur ma poitrine. Ils m’ont demandé où est mon mari parce qu’ils sont venus pour le tuer. Ils m’ont fait sortir dans l’obscurité, puis ils se sont mis à tirer dans la maison. Pour ma propre sécurité, j’ai décidé de rejoindre ma famille», révèle Josiane Souga, une ménagère. Une dame de l’administration publique dont nous préférons taire le nom et la profession a été sérieusement violentée avec son bébé de sept mois et un garçon de neuf ans abattu par balle. Elle a été dépossédée de ses biens, dont la somme de 100 000 F CFA. Après moult négociations, c’est dans la colère qu’elle relate son calvaire. «J’étais couchée dans la chambre et mes enfants au salon. Entre-temps, j’ai entendu un coup de feu. Pour moi, c’était le pneu d’une moto qui avait éclaté ou un sachet d’eau. Compte tenu de la persistance des coups de feu, je ne pouvais pas sortir. Entre-temps, j’ai entendu le cri du garçon. Quand je suis allée au salon, j’ai touché son cou pour voir si le pouls donnait. Il n’y avait pas de battements. J’ai pincé la plante du pied, il n’y avait pas de réaction. Il avait sûrement reçu une balle», narre-t-elle.

«Où se trouve ton mari ?»

La dame raconte que les assaillants ont réussi à entrer dans la maison en forçant la porte en tirant sur le poignet et à l’aide d’un gros bois. «Quand ils sont rentrés, ils m’ont sommée de donner l’argent que je possédais. J’ai obéi. Ils m’ont demandé où se trouve mon mari. Je leur ai répondu qu’il est en déplacement. Et le chef ? J’ai dit qu’il ne dort plus ici. Où est-ce que nous pouvons le trouver ? Je leur ai dit que je n’avais aucune idée. Ensuite, ils ont fait sortir mon bébé et moi de la maison. Ils m’ont dit d’aller à côté des toilettes. Pendant ce temps, ils ont ouvert le gaz qui était dans la maison pour brûler le matelas. Puis ils se sont dirigés vers d’autres concessions», confie-t-elle. Pour éviter d’être aperçue, parce que vêtue d’une robe blanche, la fonctionnaire de l’administration publique, était obligée de se déshabiller et a dû ramper pour aller éteindre le gaz dans la maison. «Je suis ressortie avec mon bébé pour aller me cacher dans une rizière», affirme l’agent. A la question de savoir comment en est-on arrivé à là ? Tout serait parti le 25 janvier 2019 où le groupe de Vincent Waré s’était opposé à ce que le chef Naaba Tigré fasse des rites traditionnels au lieu sacré. Au cours de cette altercation, un élément du camp du chef a été abattu. Puis, s’en sont suivies des représailles contre le camp des dissidents qui a fait trois morts, obligeant les proches de Vincent Waré à se réfugier au Ghana. Selon notre source qui a requis l’anonymat, ce groupe estimé à près de 200 personnes avait promis de revenir. Ayant pris la menace au sérieux, la plupart des hommes du camp de Naaba Tigré ne dormaient plus au village jusqu’au jour où dans la nuit du 31 mars, ceux qui s’opposent à la chefferie de Zoaga ont semé la désolation. Pour Naaba Tigré, les autorités locales, notamment le gouverneur de la région du Centre-Est, le haut-commissaire de la province du Boulgou, le préfet de Zoaga, la police et la gendarmerie de Zabré avaient été informées de la menace. Joint au téléphone, le préfet de Zoaga, Mamadou Tapsoba, sur instruction de sa hiérarchie nous a dit de nous contenter du communiqué du gouvernement. N’ayant pas reçu une autorisation de sa hiérarchie, le commissaire de police du district de Zabré, Sita Sawadogo, a préféré s’abstenir. Seul le haut-commissaire de la province du Boulgou Eugène Zongo a accepté se prononcer sur le conflit. Il rejette d’un revers de la main les accusations portées aux autorités. Pour lui, si celles-ci avaient reçu l’information qu’il y aurait une attaque, elles seraient intervenues. «Le jour où il y a eu les quatre morts. J’ai signé une réquisition pour permettre à la sécurité d’aller sur les lieux. Malheureusement leur engin a eu une crevaison. Le temps de coller la roue et d’arriver sur les lieux, les populations nous ont accusés de n’être pas arrivés à temps», dévoile-t-il. Eugène Zongo relève que la police de Zabré n’a pas assez d’effectifs pour mener une opération. «De plus, les interventions ont un coût. C’est difficile de garder la sécurité sur les lieux pendant un mois, deux mois ou trois mois contre une éventuelle agression», se défend le haut-commissaire. En attendant, c’est une population apeurée à l’image de Sylvie Waré, une native de Zoaga qui implore la protection des autorités. Car pour elle, il est inadmissible que Zoaga ne puisse pas disposer de police ou de gendarmerie.

Paténéma Oumar
OUEDRAOGO
Pathnema@gmail.com

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La chefferie de Zoaga

De notre petite enquête concernant la chefferie de Zoaga, il ressort que le trône de la localité avait été prêté au clan de Vincent Waré à la mort du chef de Zoaga. La raison, celui qui devait succéder au chef était un écolier donc, ne pouvait pas gérer le trône. La famille a décidé de confier ce pouvoir à l’autre camp. Celui qui a pris la chefferie, selon nos sources, a eu des démêlés avec les autorités si bien qu’il a été enfermé. La chefferie est revenue au lieu initial. Elle a été gérée par le père de Naaba Tigré pendant 48 ans. Après la mort du père, la famille a décidé de confier les rênes du pouvoir de Zoaga à l’actuel chef.
Ce qui n’a pas été du goût du clan de Vincent Waré. Puis, s’en sont suivis des conflits jusqu’à la nuit du 31 mars au 1er avril.

P.O.O.