35e anniversaire de Sidwaya: Souvenirs et espoirs de pionniers
5 avril 1984 – 5 avril 2019. Le quotidien Sidwaya souffle ses 35 bougies. A l’occasion de cet anniversaire, le «Journal de tous les Burkinabè» est allé à la rencontre de quelques pionniers qui ont marqué de leurs empreintes l’entreprise publique de presse.
Le «Journal de tous les Burkinabè» a 35 ans. Il a été créé sous l’égide du président Thomas Sankara, le 5 avril 1984. «Nous avons reçu une mission du président du Conseil national de la révolution de créer un journal. Il aimait beaucoup la presse et nous avons travaillé ensemble. Lorsque nous avons veillé pour sortir le premier numéro le 5 avril, c’était extraordinaire», se souvient le premier directeur des rédactions, Luc Adolphe Tiao. Plein d’émotions, il ajoute : «c’est comme une femme qui venait d’accoucher. C’était à la fois une très grande joie parce qu’il y avait des journalistes de très bon niveau. Certains ont, tout de suite, qualifié Sidwaya de journal de propagande». Certes, il faisait de la propagande révolutionnaire, dit-il, mais il y avait des articles de très belle facture. Travailler à Sidwaya était une fierté en ce sens que le journal avait aussi beaucoup de liberté contrairement à ce qu’on pouvait penser, ajoute celui qui deviendra en 2011 Premier ministre du Burkina. «Si je revois le contenu des articles de Sidwaya de l’époque, par rapport à certains journaux gouvernementaux de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Togo, il n’y avait pas de comparaison du point de vue du ton et de la liberté», confie l’ex-président du Conseil supérieur de la communication (CSC) de 2001 à 2008. Plus de trois décennies après sa création, ce journal s’est imposé dans l’univers médiatique burkinabè. Le quotidien d’Etat a grandi, se réjouissent les pionniers.
Michel Ouédraogo, député et ancien directeur général des Editions Sidwaya ne cache pas sa joie d’avoir apporté sa touche au rayonnement du journal. «Merci au seigneur qui m’a donné l’opportunité de diriger le quotidien d’Etat Sidwaya. Belle entreprise, belle œuvre, j’ai essayé d’apporter ce que je pouvais pour donner une vision au journal de tous les Burkinabè», affirme-t-il fièrement. Il explique que partout en Afrique, les quotidiens d’Etat ont mauvaise presse, car certaines opinions croient que ce sont les gouvernants qui dictent la ligne éditoriale et le traitement de l’information. «Le quotidien Sidwaya est un produit de la Révolution qui avait une vision centraliste. A partir de 1987, mieux en 1990, il y a eu des évolutions et le retour à la démocratie. Dans le contexte démocratique, certains ont voulu appliquer les principes révolutionnaires qui se sont révélés contradictoires», relate-t-il. A son arrivée à la tête des Editions Sidwaya, son objectif était d’assurer une liberté dans le traitement de l’information.
«Cela n’a pas été une chose aisée», se souvient M. Ouédraogo. Car, il fallait accepter les remontrances, mais aussi donner un souffle nouveau à Sidwaya. «Des devanciers comme David Barry, Luc Adolphe Tiao, nous ont inculqué cette vision professionnelle de la liberté d’information», lance-t-il. Les beaux souvenirs, Michel Ouédraogo en garde de son passage à Sidwaya. Les plus mémorables, après la «libération» de la ligne éditoriale du journal, c’est d’avoir été le premier quotidien d’informations de la sous-région à paraître en couleurs. «L’arrivée de la couleur a laissé une empreinte sur l’ensemble des quotidiens et journaux burkinabè. Aujourd’hui, paraître en couleurs est un jeu d’enfants. Mais à l’époque, c’était un grand défi. Cela a été une grande satisfaction», se rappelle-t-il.
«J’ai échappé à un dégagement»
Ancien journaliste de Sidwaya, l’ex-présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC), Béatrice Damiba, garde également des souvenirs indélébiles du journal qu’elle a vu naître. Le rythme effréné de travail, la disponibilité de tous, la confraternité, l’ont beaucoup marquée. «Nous étions comme une famille», témoigne Béatrice Damiba. Des «frayeurs», elle en a eues. A cause de sa liberté d’opinion, elle a falli être «dégagée» par les autorités politiques. «J’ai échappé à un dégagement à cause de mes écrits qui sortaient de la ligne prescrite par le ministre Adama Touré, sous la Révolution.
Mon licenciement n’a pas abouti parce que le président Sankara appréciait bien ma liberté de ton, de critique et de propositions. Il n’a donc pas accepté que je sois sanctionnée», lance-t-elle. Le Burkina Faso a traversé des époques ayant parfois remis en cause la liberté de presse, soutient Michel Ouédraogo. «Le progrès d’un journal, c’est la liberté de presse, d’écriture… Sidwaya a progressé dans cette dynamique», insiste-t-il. «Ce qui est fondamental dans un journal, c’est de sentir à l’intérieur que les journalistes écrivent avec liberté, qu’ils sont sûrs de leurs opinions, ont vérifié leurs informations. C’est ce que j’appelle le progrès pour un journal. Que le quotidien continue dans ce progrès», soutient l’actuel député du Congrès pour la démocratie et le progrès.
«Une référence pour l’histoire»
Pour avoir dirigé le CSC, Béatrice Damiba a une appréciation positive de Sidwaya parce qu’il n’a pas été très souvent sanctionné par l’organe de régulation. Fort de ce constat, elle souhaite que le professionnalisme, le respect des règles de l’éthique, de la déontologique soient davantage renforcés…Toutefois, elle conseille aux journalistes d’avoir un certain courage de leurs opinions, de critiquer, de faire des propositions, même les plus osées. «Que Sidwaya soit une référence pour l’histoire du pays. Il faut être très méticuleux pour ne pas faire des erreurs.
Que Sidwaya grandisse toujours en sagesse et en professionnalisme», a formulé la journaliste à la retraite. Michel Ouédraogo souhaite que la jeune génération prenne son destin en main. Pour lui, c’est dommage que certains médias d’Etat soient en train de perdre leur identité et crédibilité. «Je sens de plus en plus qu’il y a un laisser-aller politique vis-à-vis des médias d’Etat. Sont privilégiés aujourd’hui, certains médias privés en terme d’exclusivité surtout gouvernementale et cela pose un problème. Cela met en cause non pas le professionnalisme des journalistes, mais l’existence de ces médias», souligne-t-il. Quelle fierté avez-vous lorsqu’un message émanant du gouvernement est donné par les médias privés, s’interroge-t-il ? «Sur la question essentielle du terrorisme, ce sont les médias privés qui donnent l’exclusivité. Il faut que les autorités politiques se ressaisissent. Parce que les médias publics appartiennent aux Burkinabè», alerte M. Ouédraogo. Toutefois, il souhaite que le média public travaille beaucoup pour son autonomie financière et œuvre pour que le journal soit une référence pour les annonceurs publicitaires tout en s’ouvrant à
l’international.
Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr
Crise dans la gestion des marchés de Bobo-Dioulasso
A la suite de la sortie médiatique du collectif des commerçants du grand marché de Bobo-Dioulasso, le directeur général de la Structure de gestion de marchés (SGM) et quelques membres du comité de gestion ont organisé une conférence de presse, le jeudi 4 avril 2019, à Bobo-Dioulasso.
Le feuilleton de la crise qui secoue la Structure de gestion des marchés (SGM) de Bobo-Dioulasso se poursuit. Après la conférence de presse organisée, le mercredi 3 avril 2019 par le collectif des commerçants de Bobo-Dioulasso, le camp adverse a réagi. En effet, le directeur général de la SGM, Hamadou Barry, accompagné de quelques membres du comité de gestion, ont convié la presse, le jeudi 4 avril 2019, dans la cité de Sya. En rappel M. Barry a été démis de ses fonctions de DG au profit de Didier Toé par le président de la SGM, Ibrahima Traoré, celui-là-même dont la légitimité est contestée par le conseil municipal. D’entrée, les conférenciers du jour ont battu en brèche les allégations faites la veille par le collectif des commerçants. Ils ont attribué des actes illégaux au président Traoré. A croire Ibrahima Traoré se serait substitué au directeur de la SGM (Ndlr : Hamadou Barry) en imitant sa signature, pour faire illicitement des opérations de virement sur les comptes bancaires de la SGM. Ibrahima Traoré se serait aussi, toujours, aux dires des conférenciers, octroyé illégalement des indemnités de présidence du comité de gestion du marché.
Des indemnités, ont-ils dit, sont passées 116 349 à 586 321 F CFA. A cette longue liste de reproches, Hamadou Barry et ses camarades ont ajouté le fait que Ibrahima Traoré a modifié les statuts de la SGM et s’est «bombardé» les titres de Président de conseil d’administration (PCA) et président du comité de gestion. Et ceci à l’insu du conseil municipal qui est habilité à approuver tout statut. Les animateurs de la conférence ont, en outre, fait savoir que Ibrahima Traoré s’est aussi rendu coupable de mauvaise gestion de deniers publics en se rattachant directement tous les services financiers. Le maire, est-il dans son rôle en suspendant de ses fonctions Ibrahima Traoré ? A cette question, M. Barry estime que le maire a tout simplement agi en bon éclaireur, vu l’attitude «hors-la-loi» de M. Traoré. «La commune ne reconnaît pas Didier Toé comme Directeur de la SGM. Par conséquent, si ce dernier prend des actes, c’est à ses risques et périls», a affirmé Hamadou Barry. Tout en restant convaincu que le but de leur pourfendeur est de diviser les commerçants, mettre à mal leurs intérêts, et diviser le personnel de l’administration de la SGM. Du reste, les conférenciers semblent ne pas reconnaître l’appartenance du «collectif des commerçants du grand marché» à la famille des commerçants de Bobo-Dioulasso.
Alpha Sékou BARRY
SEERA 2019: Gagner le pari de la transition énergétique
La IIIe édition de la Semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique (SEERA) a ouvert ses portes le jeudi 4 avril 2019 à Ouagadougou. Enjeux, avantages, productions et distributions de l’énergie solaire sont entre autres volets de cette rencontre.
Pour sa révolution énergétique, le Burkina Faso mise sur les énergies renouvelables. Et c’est dans cette optique que se tient, du 4 au 6 avril 2019 à Ouagadougou, la Semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique (SEERA). L’ouverture des travaux a eu lieu hier 4 avril avec au programme des échanges entre partenaires, des projections, et des exposés tous en lien avec le thème central de cette IIIe édition qui est : «Politique et innovations pour une transition énergétique réussie». Pour le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, président de la cérémonie, le secteur de l’énergie est stratégique dans le développement socioéconomique du pays. De ce fait, il a souhaité que la SEERA soit le lieu de mutualisation des connaissances afin de réussir le bond vers l’énergie solaire. «Les énergies renouvelables sont une solution pour un développement durable et inclusif», a-t-il dit. Selon le chef du gouvernement, tous les acteurs du secteur (privé et public) se doivent d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des politiques en matière énergétique afin de soulager la forte demande d’électricité des
populations.
Une diplomatie énergétique
Dans le même ordre d’idées, l’ambassadeur du royaume du Maroc, Farhat Bouazza, a indiqué que son pays, qui est l’invité d’honneur, a réussi le décollage vers les énergies renouvelables du fait de l’engagement des décideurs politiques. Le diplomate marocain a également réitéré la disponibilité de son pays à partager son expérience avec le Burkina Faso. «Le changement climatique et la forte dégradation de l’environnement par le fait des énergies fossiles imposent aux Etats une transition vers les énergies renouvelables. Avec le Burkina Faso, nous allons mutualiser les connaissances pour relever les défis actuels et futurs», a rassuré M. Bouazza.
En outre, l’ambassadeur a précisé que pour que son pays soit parmi les leaders en énergie renouvelable, un programme politique relatif à l’efficacité énergétique a été adopté. L’appui des institutions financières marocaines ainsi que l’adoption de dispositions législatives ont favorisé la transition énergétique. Pour le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, le besoin énergétique au Burkina Faso est très élevé. Environ six personnes sur dix n’ont pas accès à l’électricité. En milieu rural, 80% des populations vivent dans l’obscurité. Avec la transition en cours, le ministre Ouédraogo a indiqué que le pays pourra, à la longue, exporter de l’énergie. «Le soleil qui, jadis, était considéré comme une calamité est à ce jour une opportunité de business. Avec l’accompagnement de la CEDEAO, nous avons bénéficié de 300 mégawatts ; ce qui peut permettre au pays d’être exportateur à la longue», a fait remarquer M. Ouédraogo. Pour le parrain de la SEERA, le secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), Lassina Zerbo, la question de l’énergie se pose sous forme de survie de l’humanité. Selon lui, la prise de conscience des enjeux environnementaux est à la base de la nécessité d’aller aux énergies renouvelables. «L’Afrique a manqué les révolutions économiques, technologiques (…) elle ne doit pas rater celle énergétique», a averti M. Zerbo. Il a recommandé, à ce titre, que la transition énergétique se fasse de façon diplomatique afin de mettre en place une alliance mondiale et tendre vers «une énergie de paix et de développement».
Wanlé Gérard COULIBALY
Terrorisme à l’Est: L’adjudant Franc Drabo, inhumé à Fada N’Gourma
Les forces armées nationales ont enterré, le jeudi 4 avril 2019, au cimetière « Route de Pama » de Fada N’Gourma, l’adjudant Franc Drabo, tué au cours d’une mission de ratissage, dans le cadre de l’opération Otapuanu.
Tombé sur le champ de bataille pour la défense de la patrie, l’adjudant Franc Drabo, alors Commandant de brigade adjoint (CBA) de la gendarmerie de Foutouri, dans la Komondjari, repose au cimetière « Route de Pama », à Fada N’Gourma. Devant frères d’armes, parents et amis, inconsolables, il a été porté en terre le jeudi 4 avril 2019.
Avant d’être conduit à sa dernière demeure, il a été décoré, à titre posthume, de la médaille militaire. Précédée de l’hymne aux morts, l’oraison funèbre a retracé le parcours « atypique » de l’adjudant Drabo, un homme, « dévoué, loyal, brillant et courageux ». Ce qui lui a valu les félicitations de sa hiérarchie et des autorités provinciales.
Sur le plan intellectuel, l’infortuné dispose d’un Curriculum vitae bien garni. En effet, outre les diplômes militaires tels que le Certificat d’aptitude de police judiciaire et le Brevet supérieur de qualification de gendarmerie, Franc Drabo est titulaire d’une maitrise en droit des affaires. Marié et père de deux enfants, l’adjudant totalise, à ce jour, plus de 16 ans de service effectif dans les Forces armées nationales.
Sidgomdé
Le Conseil des ministres du mercredi 03 avril 2019
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 03 avril 2019, en séance ordinaire, de 09 H 30 mn à 16 H 40 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres.
Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.
- DELIBERATIONS
I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE NEUF (09) RAPPORTS.
I.1.1. Pour le compte du ministère des Affaires étrangères et de la coopération :
- un rapport relatif à deux décrets portant respectivement ouverture d’un Consulat honoraire du Burkina Faso en République du Mozambique et nomination d’un Consul honoraire du Burkina Faso à Maputo.
L’ouverture de ce Consulat honoraire permettra de renforcer la coopération entre la République du Mozambique et notre pays et ouvrira la voie à plus d’opportunités d’échanges avec la sous-région australe.
L’adoption de ces décrets permet l’ouverture du Consulat honoraire du Burkina Faso à Maputo, en République du Mozambique et la nomination de Monsieur Adil Mohamed JUSSUB en qualité de Consul honoraire de notre pays à Maputo avec pour circonscription consulaire, l’ensemble du territoire mozambicain.
- un projet de loi portant autorisation de ratification de la Convention portant création de l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre, adoptée à Ouagadougou, le 04 octobre 2018.
La ratification de cette convention traduit l’engagement de notre pays à promouvoir une politique de développement socio-économique intégrant la préservation de l’environnement, la promotion d’une source d’énergie multifonctionnelle et la résilience aux effets du changement climatique.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.
I.1.2. Pour le compte du ministère de la Sécurité :
– un rapport relatif à huit (08) décrets d’application de la loi n°027-2018/AN du 1er juin 2018 portant statut du Cadre de la Police nationale conformément aux articles 16, 106, 124, 174, 195 et 201 de ladite loi.
Il s’agit :
- du décret portant Code de déontologie du Cadre de la Police nationale ;
- du décret portant attributions, composition, organisation et fonctionnement de la Commission d’avancement du personnel du Cadre de la Police nationale ;
- du décret portant règlement de discipline générale du Cadre de la Police nationale ;
- du décret portant attributions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil de discipline de la Police nationale ;
- du décret portant conditions et modalités d’organisation des stages de formation, de spécialisation et de perfectionnement du personnel du Cadre de la Police nationale ;
- du décret portant attributions, composition, organisation et fonctionnement de la conférence des Commissaires de Police ;
- du décret portant attributions, composition et fonctionnement du Conseil de santé de la Police nationale ;
- du décret portant conditions et modalités d’affectation du personnel du Cadre de la Police nationale.
L’adoption de ces décrets permet une meilleure organisation du Cadre de la Police nationale et une bonne gestion des carrières du personnel et ce, conformément aux accords conclus le 08 mars 2019 entre l’Union Police nationale (UNAPOL) et le ministère de la Sécurité.
I.1.3. Pour le compte du ministère de la Justice :
- un projet de loi portant création du Tribunal de grande instance (TGI) de Boulsa.
La création de cette juridiction vise à désengorger le TGI de Kaya, à rapprocher davantage la justice des justiciables et à mieux couvrir les besoins de justice des citoyens établis dans cette localité.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée nationale.
I.1.4. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
- une ordonnance portant autorisation de ratification de l’accord de prêt n°1011 conclu à Ouagadougou le 18 février 2019 entre l’Etat burkinabè et le Fonds koweitien pour le développement économique arabe (FKDEA) pour le financement du Projet de construction et de bitumage de la route nationale n°10 (RN10) entre Tougan et Ouahigouya.
Le coût global du projet est estimé à 71 millions de dollars US, soit environ trente-neuf milliards cinquante millions (39 050 000 000) de F CFA HT. La FKDEA apporte une contribution partielle sous forme de prêt à hauteur de 15 millions de dollars US, soit environ huit milliards deux cent cinquante millions (8 250 000 000) de F CFA HT.
Ce projet de construction et de bitumage de la RN10 constitue un maillon de la route communautaire de l’UEMOA n°Cu-12 permettant de relier Abidjan (Côte d’Ivoire) à Mopti (Mali) en passant par Bobo-Dioulasso (Burkina Faso).
I.1.5. Pour le compte du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat :
- un décret portant adoption des statuts du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA).
L’adoption de ce décret permet de doter le CBA de textes règlementaires lui permettant d’accomplir efficacement ses missions, conformément aux dispositions du décret n°2014-611/PRES/PM/MEF/MFPTSS du 24 juillet 2014, portant statut général des Etablissements publics de l’Etat à caractère professionnel.
- un rapport relatif aux perspectives pour la prochaine campagne cotonnière 2019-2020.
Les intentions de cultures font ressortir une projection de 1 008 920 hectares dans les trois zones cotonnières pour la campagne cotonnière 2019-2020.
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions nécessaires, de concert avec les acteurs de la filière coton, pour un accompagnement du secteur afin de permettre le bon déroulement de ladite campagne.
I.1.6. Pour le compte du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique :
- un rapport relatif à cinq (05) décrets d’application de la loi n°063/2015/CNT du 15 septembre 2015 portant statut du personnel du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts.
Il s’agit :
- du décret portant modalités, critères et conditions d’évaluation et d’avancements du personnel du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts ;
- du décret portant composition, attributions et fonctionnement de la Commission d’avancement du personnel du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts ;
- du décret portant composition, attributions et fonctionnement de la Commission d’affectation du personnel du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts ;
- du décret portant composition, attributions et fonctionnement du Conseil supérieur du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts ;
- du décret portant attributions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil de discipline du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts.
L’adoption de ces décrets permet une meilleure organisation du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts, en application de la loi n°063/2015/CNT du 15 septembre 2015 portant statut du personnel du Cadre paramilitaire des Eaux et forêts.
I.1.7. Pour le compte du ministère des Sports et des loisirs :
- un rapport relatif à la candidature du Burkina Faso à l’organisation des 13èmes jeux africains de 2023.
Organisés sous l’égide de la Commission de l’Union africaine, les Jeux africains constituent un évènement qui regroupe tous les quatre (04) ans, la jeunesse du continent autour de plusieurs disciplines sportives en vue de promouvoir le sport de haut niveau et les échanges culturels entre les Etats africains.
L’organisation de ce grand évènement sportif au Burkina Faso permettra entre autres de générer des emplois directs et indirects, de mobiliser la jeunesse et de contribuer à la mise en œuvre du projet de la relève sportive dans notre pays.
Le Conseil a marqué son accord pour la candidature du Burkina Faso à l’organisation des 13èmes Jeux africains au Burkina Faso en 2023 et instruit les ministres concernés à prendre les mesures nécessaires pour le suivi du dossier.
- COMMUNICATIONS ORALES
II.1. Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a fait au Conseil le bilan de la participation du Burkina Faso aux travaux des réunions ministérielles sur l’opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel tenues à New York, les 28 et 29 mars 2019.
Notre pays assurant la présidence du G5 Sahel, Son Excellence Monsieur le ministre en charge des Affaires étrangères du Burkina Faso a livré une déclaration dans laquelle il a fait l’état de la situation sécuritaire dans l’espace G5 Sahel.
Il a salué l’appui que le Conseil de Sécurité apporte à la Force conjointe depuis sa création en février 2017 et a également insisté sur la nécessité d’adapter l’Arrangement technique entre la MINUSMA et la Force conjointe aux réalités des menaces auxquelles font face l’ensemble des Etats du G5 Sahel.
II.2. Le ministre de la Sécurité a fait au Conseil la situation des évènements survenus à Zoaga et à Arbinda ayant entrainé des pertes en vies humaines.
Les ministres d’Etat en charge de la défense et de l’administration territoriale ont effectué une mission à Arbinda.
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre toutes les dispositions pour rétablir la sécurité et apporter un soutien humanitaire aux victimes et aux populations déplacées de ces deux localités.
Le Conseil déplore ces événements et présente ses condoléances aux familles éplorées. Il invite les populations au calme et à la retenue afin de permettre que la loi puisse être appliquée dans toute sa rigueur.
II.3. Le ministre de l’Energie a fait au Conseil une communication relative à l’organisation de la 3ème édition de la Semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique (SEERA) qui se tiendra du 04 au 06 avril 2019 à Ouagadougou, sous le patronage de Son Excellence Monsieur le Premier ministre.
Placée sous le thème : « Politiques et innovations pour une transition énergétique réussie », la SEERA 2019 est un cadre de réflexion et de partage d’expériences en vue de formuler des recommandations concrètes à l’endroit des différents acteurs pour assurer une transition énergétique réussie en Afrique.
- NOMINATIONS
III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
- AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO
- Monsieur Smaïla OUEDRAOGO, Mle 240 997 X, Maître assistant hospitalo-universitaire en Epidémiologie, est nommé Secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS-IST).
- AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
- Monsieur Théophile SAWADOGO, Mle 130 242 B, Magistrat, catégorie P5, 1er grade, 4ème échelon, est nommé Secrétaire général ;
- Monsieur Issa Saferiba FAYAMA, Mle 130 274 L, Magistrat, catégorie P, 1er grade, 4ème échelon, est nommé Directeur de cabinet ;
- Monsieur Adama SAWADOGO, Mle 92 218, Economiste, 1ère classe, 9ème échelon, est nommé Directeur général des études et des statistiques sectorielles, cumulativement Responsable du « Programme pilotage et soutien » ;
- Monsieur Mathieu Wendpagnagdé COMPAORE, Mle 200 494 Z, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des ressources humaines ;
- Monsieur Souleimane KIENTEGA, Mle 216 169 F, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de l’administration des finances ;
- Monsieur Roch Omar BOUGOUMA, Mle 255 961 S, Informaticien, Ingénieur des travaux informatiques, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur des services informatiques;
- Monsieur Abdoul Azisse OUEDRAOGO, Mle 34 048 X, Inspecteur des Impôts, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Directeur des marchés publics ;
- Monsieur Bachirou NANA, Mle 102 946 Z, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur de la communication et de la presse ministérielle ;
- Monsieur Bélibi Sébastien DAILA, Mle 130 405 L, Magistrat, 1er grade, 1er échelon, est nommé Directeur du développement institutionnel et de l’innovation.
- AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU DEVELOPPEMENT
- Monsieur Moussa NOMBO, Mle 56 692 W, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Contrôleur interne au sein du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES) ;
- Monsieur Bernard BERE, Mle 37 37 051 A, Ingénieur statisticien économiste, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur général adjoint de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD).
- AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’ECONOMIE VERTE ET DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
- Monsieur Sombenomé David SABA, Mle 24 242 S, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 13ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services ;
- Monsieur Pagnangdé Bertrand TAPSOBA, Mle 46 077 C, Inspecteur des eaux et forêts, 7ème grade, 2ème échelon, est nommé Directeur des forêts et de la reforestation ;
- Monsieur Ousséni OUEDRAOGO, Mle 306 760 L, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation ;
- Monsieur Kombi Ambroise ZONGO, Mle 31 929 G, Inspecteur des eaux et forêts, 2ème grade, 5ème échelon, est nommé Directeur de la coordination des projets et programmes ;
- Monsieur Yiendié LANKOANDE, Mle 94 504 A, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur provincial de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique de la Gnagna ;
- Monsieur Salifou SANDWIDI, Mle 59 023 C, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur provincial de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique du Kadiogo ;
- Monsieur Libya Adama Tayirou TRAORE, Mle 306 796 E, Inspecteur des eaux et forêts, 2ème grade, 1er échelon, est nommé Directeur provincial de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique du Soum.
III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION
Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs et de Présidents aux Conseils d’administration :
- de l’Agence de l’eau des Cascades et de l’Agence de l’eau du Liptako, au titre du ministère de l’Eau et de l’assainissement ;
- du Centre national de semences forestières (CNSF), au titre du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique ;
- du Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs (FNPSL) au titre du ministère des sports et des loisirs.
La liste de ces nominations sera publiée dans le Journal Officiel du Faso.
Le Ministre de la Communication et
des Relations avec le Parlement,
Porte-parole du gouvernement,
Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national
Sénégal: deuxième mandat pour Macky Sall
Elu pour un deuxième mandat à l’issue du scrutin présidentiel du 24 février 2019, le président sénégalais Macky Sall a officiellement prêté serment ce mardi 2 avril devant le Conseil Constitutionnel, en séance solennelle spéciale au Centre des expositions de Diamniadio, en banlieue dakaroise.
« Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal… » tel a été l’entame du serment du chef de l’Etat, qui commence la deuxième phase de son programme « Sénégal émergent ».
Dix-huit chefs d’Etat ont fait le déplacement de Dakar, parmi lesquels Roch Marc Christian Kaboré qui est arrivé dès le dimanche 31 mars 2019.
Le premier acte de la cérémonie a été la lecture de la décision du Conseil constitutionnel du 5 mars 2019 proclamant l’élection du candidat Macky Sall. Puis, le discours du président de l’institution judiciaire, qui s’est appesanti en conseils, devant son illustre assistance. Pour le président du Conseil, Pape Oumar Sakho, l’élection présidentielle est un moment d’introspection collective. Dans ce sens, « le discours politique gagnerait à s’élever à la hauteur de la conscience citoyenne de ce peuple », ajoutera-t-il. Puis, d’exhorter le nouveau chef de l’Etat à œuvrer pour la paix, car « la paix est à nos Etats ce que la santé est aux hommes ». Il terminera son propos par des vœux de paisible et de fructueux quinquennat.
Macky a été réélu dans des conditions confortables: 58,26% des voix, dès le premier tour, avec un taux de participation de 66,23%. Dans son discours d’investiture, il relèvera, à la tribune, que les observateurs nationaux internationaux ont salué à l’unanimité la bonne organisation du scrutin, et attesté que le vote a été libre et transparent. « Le mérite en revient au peuple sénégalais », ajoutera-t-il. Il égrènera les acquis des sept dernières années de son premier mandat, qui a mis en place des politiques publiques fondées sur l’équité et la justice sociale.
Fort des acquis engrangés, Macky Sall entend entamer une deuxième phase du programme « Sénégal émergent », pour la période 2019-2024.
Trois priorités pour Macky Sall.
Dans son discours d’investiture, Macky Sall révèlera que ce programme sera axé sur quatre priorités que sont (1) la réforme du système de l’éducation, (2) une meilleure prise en compte des femmes et des filles, (3) l’amélioration du cadre de vie, la promotion d’un habitat décent et la sauvegarde de l’environnement, et (4) la réforme de l’administration. Dans le domaine de l’amélioration du service publics, toutes les actions de l’Etat seront inscrites en mode « fast-track », au regard des urgences.
« L’ardeur de la tâche ne doit jamais tempérer notre détermination à explorer de nouveaux horizons, pour mener notre pays vers plus de progrès et de prospérité », martèlera Macky Sall, avant d’inviter ses compatriotes à rester « fidèles aux générations passées, et dignes des génération futures ».
Direction de la communication de la Présidence du Faso
Dakar, une occasion de rencontres pour Roch Marc Christian Kaboré
Avec la communauté burkinabè
Roch Marc Christian Kaboré à la journée culturelle.
Mettant à profit son séjour en terre sénégalaise, le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré s’est rendu dans l’après-midi du 31 mars, dès son arrivée, au pied du monument de la Renaissance africaine, où il a communié avec ses compatriotes, qui y tenaient, ces 30 et 31 mars, les journées culturelles du Burkina Faso au Sénégal.
Organisées par l’Union fraternelle des ressortissants burkinabè au Sénégal, les manifestations ont consisté en une nuit culturelle, samedi 30 mars, et en une journée culturelle, dimanche 31 mars, couplée avec la célébration, en différé, de la journée internationale de la Femme.
En faisant le déplacement, Roch Marc Christian Kaboré entendait témoigner sa sympathie pour ses compatriotes résidant au pays de la Teranga. Ils sont quelque 20 000 personnes, selon les statistiques consulaires. Prenant la parole, l’ambassadeur Jacob Ouédraogo a exprimé sa gratitude au pays d’accueil, qui les reçoit si chaleureusement.
Présent dans le cadre de ces journées, le ministre Abdoul Karim Sango a salué le dynamisme de la diaspora burkinabè du Sénégal, dont les initiatives participent au renforcement de la coopération culturelle entre Ouagadougou et Dakar.
Prestations musicales, avec la vedette Améty Méria, mais aussi humour, avec le duo Siriki et Soukey, ont été les faits marquants de la séquence à laquelle a assisté le président du Faso.
La communauté burkinabè au Sénégal est une communauté solidaire, dont les capacités de mobilisations sont reconnues.
Roch Marc Christian Kaboré s’entretient avec ses homologues chefs d’Etat.
Avec l’Ethiopie
Le président du Faso a reçu en audience, le 1er avril au soir à Dakar la présidente d’Ethiopie, Sahle-Work Zewde. A sa sortie d’audience, le chef de l’Etat éthiopien a confié que son pays est à la recherche d’une coopération plus soutenue avec la partie ouest de l’Afrique, en l’occurrence les pays francophones de la région. « C’est un maillon qui manque dans nos relations (…) à un moment où l’Afrique avance à grands pas vers l’intégration » souligne la présidente.
Cette coopération pourrait toucher des domaines comme l’économie et l’artisanat, secteur qui apporte de la valeur ajoutée, et dans lequel les deux pays pourraient procéder à de fructueux partages d’expérience.
Avec le Congo, le Niger, le Mali, et la Gambie
Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a eu une séance de travail le 1er avril, avec son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso. Les deux chefs d’Etat ont fait un tour d’horizon de la coopération entre Brazzaville et Ouagadougou.
Il a ensuite eu des échanges, respectivement avec les présidents Mahamadou Issoufou du Niger, et Ibrahim Boubacar Keita du Mali. Ces pays sont engagés avec le Burkina Faso et la Mauritanie, dans le cadre du G5 Sahel, dont Roch Marc Christian Kaboré assure la présidence en exercice.
Un entretien avec son homologue de Gambie Adama Barrow a bouclé le marathon diplomatique du président du Faso à Dakar.
Roch Marc Christian Kaboré échange avec un grand amoureux du Burkina Faso
Le président du Faso Roch Marc Christian Kaborè a reçu en audience dans la soirée du 1er avril, l’homme de culture sénégalais Youssouf N’Dour, par ailleurs ministre, conseiller du président Macky Sall.
Plusieurs sujets d’intérêt panafricain ont été abordés par les deux hommes.
Youssouf N’Dour participe activement aux activités de la communauté burkinabè de Dakar, quand son calendrier le lui permet. C’est ainsi qu’il a apporté une importante contribution à l’organisation cette année, sur l’esplanade du monument de la Renaissance, des journées culturelles du Burkina Faso à Dakar.
Direction de la communication de la Présidence du Faso
Grossesses précoces en milieu scolaire: Un « mal persistant » dans le Centre-Nord
Les grossesses précoces et non désirées en milieu scolaire prennent de l’ampleur. Des pesanteurs socioculturelles font que des parents et enseignants sont réservés dans la dénonciation du fléau dans la région du Centre-Nord. Ce qui plombe la réussite scolaire de la jeune fille. Et pourtant, l’application des textes en vigueur est l’une des solutions à ce mal silencieux.
F. S. est une élève de la classe de 6e résidant à Boulsa. A l’âge de 12 ans, elle entretenait déjà des relations amoureuses avec un jeune commerçant surnommé le « boss». Au fil du temps, elle tombe enceinte. Maladive, F.S. abandonne ses études en pleine année académique, vu son état. « Lorsque je l’ai fait part de la situation, il a nié catégoriquement la paternité de mon fils. Malgré les moult médiations avec la Direction provinciale de la Femme, de Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire (DPFSNFAH) du Sanmatenga, le monsieur est resté camper sur sa position.
C’est à partir de cet instant que nous avons saisi la justice pour le raisonner », relate-t-elle. Et de poursuivre : « La situation a été très difficile car, je n’avais pas l’âge de mettre au monde un enfant. L’accouchement a été très compliqué. Jusqu’à présent, je souffre toujours des séquelles de l’intervention ». Comme F.S., A.K., habitante de Kaya, a vécu le même calvaire lors de sa grossesse. Sa scolarité a été perturbée en classe de 5e.
A l’âge de 15 ans, elle sortait avec un élève de terminal du même établissement qu’elle. « C’est à l’occasion des journées culturelles que nous sommes sortis ensemble et cela s’est soldé par une grossesse. Il a refusé la paternité de ma fille, de peur de se faire ridiculiser devant ses camarades», explique-t-elle. Face à cette situation, l’infortunée ne voit qu’une seule solution : faire couler la grossesse. « Personne n’a voulu me soutenir dans la famille et j’étais prête à avorter.
Mais grâce à une association, j’ai pu supporter la grossesse», se remémore-t-elle. AK, qui rêvait de devenir, a fini par devenir couturière, par la force du destin. « Je suis restée à la maison pendant trois années, parce que je devrais exercer un métier pour s’occuper de mon enfant. Si je ne suis pas fonctionnaire aujourd’hui, c’est du à ma grossesse», regrette-t-elle, la voix tremblotante.
Grossesse à haut risque
Nos interlocutrices sont toutes unanimes que leurs grossesses ont eu des répercussions négatives sur leurs cursus scolaires. « Je demande à toutes les filles de s’abstenir ou de pratiquer la Planification familiale (PF) », exhorte A.K. Des élèves du primaire sont aussi victimes de ce « mal silencieux ». C’est le cas de S.S., élève de CM2 résidant à Kaya, dont la situation fait froid dans le dos.
Malade mentale et drépanocytaire, elle est tombée enceinte à l’âge de 12 ans suite à un viol. Malheureusement, ses parents n’ont pris connaissance de la grossesse qu’après six mois. « A l’issue des consultations prénatales, il ressort que sa grossesse était à haut risque à cause de son état de santé. Ce qui nous a obligé à la placer dans un centre d’accueil », témoigne le juge des Enfants du ressort du tribunal de grande instance (TGI) de Kaya, Patrice Segda.
Une enquête, selon lui, est actuellement en cours afin de déterminer l’auteur de cet acte criminel. S.S. est mère d’un garçonnet, suite à un accouchement par césarienne. Pour le Directeur régional des Enseignements post-primaire et secondaire (DREPS) de la région du Centre-Nord, Adama Belem, les causes de la persistance des Grossesses précoces et non désirées en milieu scolaire (GPNDMS) sont multiples.
Il s’agit, entre autres, du viol, des mariages forcés/précoces, de la pauvreté, de la mise en cause de la responsabilité des parents et de la gestion difficile de l’adolescence des enfants. A cela s’ajoutent, selon M. Belem, l’absence de modules d’enseignement sur la sexualité, l’insuffisance des centres d’accueil des jeunes filles, la non-application des textes en vigueur et le manque de formation du personnel éducatif à la déontologie, la jeunesse du personnel enseignant et l’influence des médias.
Tous ces facteurs, élucide l’inspecteur de l’enseignement secondaire, exposent la jeune fille à des risques de grossesse précoce. Mais si la grossesse est mal prise en charge, selon le professeur d’Allemand, elle engendre d’autres problèmes plus graves : l’absentéisme aboutissant à l’échec scolaire, l’avortement clandestin, l’infanticide, l’exposition aux maladies comme le VIH/SIDA, le traumatisme psychologique, l’exclusion sociale et la mauvaise éducation de l’enfant.
Pour Adama Belem, l’idéal serait de mettre l’accent sur des mesures incitatives pouvant encourager la jeune fille et la maintenir à l’école. « Il faut octroyer des bourses scolaires aux filles, leurs créer des internats et rendre la cantine scolaire gratuité pour elles », préconise-t-il.
Plus de 6 700 filles enceintes
Abondant dans le même sens, le proviseur du Lycée provincial Moussa Kargougou (LPMK) de Kaya, Maxime Sissa, suggère la mise en place des clubs d’éveil des filles, des projections des films sur la sexualité dans les classes et l’introduction de modules liés à la gestion des menstrues dans le système éducatif. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), 27 filles de moins de 18 ans sont mariées, chaque minute, dans le monde entier dont 1/9 concerne des filles de moins de 15 ans.
Depuis 2012, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombre, chaque année, près de 16 millions d’adolescentes enceintes à travers le monde. Pour l’année 2013-2014, le Burkina Faso a enregistré 2 295 cas de GPNDMS dont 491 filles-mères, selon le chef de service de la Promotion de l’éducation inclusive et de l’éducation des filles et du genre (PEIEFG) de la Direction régionale de l’enseignement préscolaire, primaire, non formel et de la promotion des langues nationales (DREPPNPLN) du Centre-Nord, Daouda Ouédraogo.
Une enquête réalisée par Plan international Burkina (PIB) indique qu’entre 2012 et 2017, le pays des hommes intègre a comptabilisé 6746 filles enceintes aux lycées. En 2017, une autre étude réalisée par la Société des gynécologues et obstétriciens (SGO), en collaboration avec la mission Médecins du monde-Burkina sur les grossesses d’adolescentes de 13 à 17 ans dans 5 formations sanitaires, montre une situation déplaisante sur les grossesses précoces et ou non désirées.
Sur 23 764 admissions pour grossesses dans les maternités étudiées, 797 (3,4%) adolescentes de moins de 18 ans ont été répertoriées. En tenant compte uniquement des ‘’primipares’’, le pourcentage des moins de 18 ans était de 10,5% (797/7591). Parmi ces adolescentes 27,9% étaient des élèves.
Et, il est démontré dans une étude commandée, en 2016, par PIB et UNICEF que les commerçants sont les premiers auteurs des GPNDMS, suivis des élèves entre eux, des enseignants et des autres acteurs. Dans la région du Centre-Nord, l’année scolaire 2017-2018, aux dires de Daouda Ouédraogo, l’on a enregistré 250 cas de grossesse chez des enfants âgés entre 10 et 16 ans dans 50 établissements post-primaires et secondaires et 11 cas rapportés dans 05 écoles primaires, dont 19 cas d’enfants victimes d’agressions sexuelles. Au Burkina Faso, la loi n°025 du nouveau Code pénal, adopté en mai 2018, incrimine et réprime les GPNDMS.
Créer un Code de l’enfance
La sanction est applicable à toute grossesse en milieu scolaire ou non. « L’article 533-11 dit que le viol est puni d’une peine d’emprisonnement de 11 à 20 ans et d’une amende de 1 à 3 millions de francs CFA, lorsqu’entre autres, il est commis sur un mineur âgé de 13 à 15 ans au plus », avertit Patrice Segda.
L’aggravation de la sanction est fonction de la qualité de la victime. A entendre le juge des enfants, l’emprisonnement va de 11 à 30 ans et l’amende passe de 3 à 10 millions de francs CFA, lorsqu’il s’agit d’une personne mineure de moins de 13 ans de l’un ou de l’autre sexe.
Les enseignants qui imposent une violence sexuelle à leurs apprenties tombent aussi sous le coup de la loi en son article 533-14. « Cet article dit que tout personnel de l’enseignement ou de tout système éducatif est puni d’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 9 cent mille à 5 millions de francs CFA, le fait d’avoir une relation sexuelle avec un élève, apprenti ou stagiaire mineur de l’un ou de l’autre sexe », prévient Patrice Segda.
Et de poursuivre : « S’il résulte de cette relation sexuelle, la grossesse de l’élève, de l’apprentie ou de la stagiaire, la peine d’emprisonnement est de 7 à 10 ans et l’amende de 3 à 6 millions de francs ». De son l’avis du magistrat Segda, pour l’année 2018, seulement une dizaine de dossiers de violences sexuelles en milieu scolaire a été traité par le TGI de Kaya.
Ce qui confirme le règlement à l’aimable du fléau par les parents de la victime et le présumé auteur de la grossesse. « Ce règlement à l’aimable n’est pas une source de justice pour la victime. Parce que les gens ne voient que la violence purement physique, alors qu’elle est surtout psychologique à court et long terme », désapprouve M. Segda. De ce fait, il propose la sensibilisation de tous les acteurs de la société et la création d’un code spécifique de l’enfance comme celui de la femme et de la famille.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
Situation socio-économique au Sahel : L’institut Tony Blair propose ses services
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience le mercredi 3mars 2019 à Kosyam, l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, fondateur de l’Institut qui porte son nom.
L’institut Tony Blair veut apporter son expertise au gouvernement du Burkina Faso pour l’aider à relever les défis auxquels le pays fait face. Son fondateur, l’ancien Premier ministre britannique qui séjourne au Burkina Faso, était hier 3 avril 2019 au palais présidentiel de Kosyam pour un tête-à-tête avec le chef de l’Etat: « Nous avons été reçu par le président du Faso.
Nous avons échangé sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la sous-région et évoqué la possibilité d’une collaboration », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre. Selon lui, sa structure est disposée à travailler avec l’Etat du Burkina Faso mais aussi dans un cadre plus élargi avec les pays membres du G5-Sahel sur les questions de lutte contre le terrorisme et dans bien de domaines.
De l’avis de Tony Blair, la région du Sahel est confrontée à de nombreux défis avec des conséquences qui pourraient toucher les pays développés notamment ceux d’Europe. « Il faut un ensemble de solutions pour espérer transformer la situation parce que les réponses militaires seules ne suffisent pas pour résoudre les problèmes liés au développement économique et social de cette région », a-t-il fait savoir.
Et d’ajouter qu’il partage la vision du président du Faso, qui a-t-il dit, estime qu’il est nécessaire d’avoir le soutien de la communauté internationale pour la mise en œuvre rapide de la force conjointe en vue de ramener la sécurité et la paix dans la sous-région. A écouter l’ancien chef de gouvernement britannique, dans sa politique de collaboration avec les Etats son institut travaille sur des priorités préalablement définies par les gouvernements partenaires et qui peuvent couvrir plusieurs domaines tels que l’énergie, l’agriculture, la formation etc.
L’institut, à en croire son fondateur, est présent dans 14 pays africains où ses équipes travaillent aux côtés des gouvernements pour la réussite de leurs missions en matière de gouvernance. « Nous disposons également de représentation au Moyen-Orient et en Amérique mais j’ai un intérêt particulier pour le continent que j’ai eu la chance de visité pendant que j’assumais les fonctions de Premier ministre du gouvernement britannique », a conclu M. Blair.
Synthèse de Beyon Romain NEBIE


