Procès du putsch : « C’était du terrorisme…», Me Farama

Le tribunal militaire a entendu les observations des différentes parties au procès du putsch, le mercredi 3 avril 2019, sur les éléments vidéo diffusés la veille.

Après avoir visionné des pièces à conviction vidéo, les parties au procès du putsch du CND ont formulé leurs observations y attenantes, à la reprise de l’audience le 3 avril 2019. Et comme d’habitude lorsqu’il s’agit d’opiner sur des pièces du dossier, les hommes en robe noire ont fait preuve de lyrisme dans leurs inspirations accusatrices et défenderesses. Le parquet a vu à travers les images de violences, « le summum de l’horreur à l’état brut ». Dans ses développements, le procureur militaire s’est demandé « comment l’on peut frapper à ce point quelqu’un qui vous supplie ».

Il s’est indigné d’avoir vu « des personnes à terre, à qui on assénait des coups inqualifiables ». Pour les parquetiers, « ceux qui ont fait cela doivent avoir l’humilité de reconnaître qu’ils se sont vraiment laissés aller ». Appelés en confrontation, l’accusé Abdoul Karim Baguian, dit Lota a dit n’avoir aucune observation à faire et le soldat Seydou Soulama ne s’est vu dans aucune vidéo et a nié avoir été au studio Abazon pour y tirer une roquette. Idem pour le sergent-chef Lahoko Mohamed Zerbo.

Le sergent-chef Ali Sanou a reconnu s’être rendu à la radio Laafi de Zorgho mais a nié être entré dans le bâtiment pour y détruire quelque chose. Minata Guelwaré a, pour sa part, expliqué qu’elle n’est pas « la seule dame au Burkina Faso », répondant ainsi au parquet qui l’a assimilée à la dame décrite par le directeur de la radio Laafi comme ayant fait partie de l’expédition punitive contre ledit média. L’ancien député CDP, Salifou Sawadogo a dit préférer s’exprimer quand ses avocats seront présents. Quant au général Gilbert Diendéré, il a laissé le parquet être maître de ses « affirmations gratuites et interprétations ».

Ces réactions ont provoqué déception et l’amertume dans le camp des avocats de la partie civile. Me Guy Hervé Kam a confié avoir « pensé que l’humanité allait prendre le dessus » et que les mis en cause allaient faire amende honorable. Pour lui, les accusés persistent dans le mépris, ce qui ne peut pas conduire au pardon. Me Prosper Farama a, lui, rendu hommage aux Burkinabè « qui ont eu l’intelligence de penser qu’il fallait filmer et laisser à la postérité ces images pleines d’enseignements ».

« Les vidéos ne prouvent rien »

Pour lui, les vidéos sont le film de l’horreur. « C’était du terrorisme à visage inhumain », a-t-il soutenu. Et le fait de voir dans les images des hommes cagoulés portant la tenue léopard de l’ex-RSP lui a fait dire que les actes de violences étaient bien prémédités. Les avocats de la défense, tout en déplorant les violences sur les vidéos, ont produit un son de cloche différent.

Me Mahamadi Sawadogo, l’avocat du soldat Seydou Soulama a demandé au tribunal de rechercher les véritables coupables en faisant noter que certains accusés n’étaient que des exécutants, tandis que Me Latif Dabo a nuancé l’action de son client Lota en relevant qu’il est apparu sur une image en train de calmer une dame faisant preuve « d’hyperactivité ».

Me Régis Bonkoungou, pour sa part, a laissé entendre qu’il ne s’agit pas de faire le procès de l’ex-RSP. Du reste, a-t-il poursuivi, la violence lors des événements du coup d’Etat n’était pas dans un seul camp. En l’espèce, il s’est focalisé sur « l’absence de preuve attestant la culpabilité des accusés », notamment celle de son client, le sergent-chef Ali Sanou. Pour Me Alexandre Sandwidi, les vidéos n’apportent rien de nouveau. Il a suggéré que l’accusation mette des éléments précis sur la tête de chaque accusé.

Me Sandwidi a aussi plaidé pour que les autres parties ne diabolisent pas les accusés dans la mesure où ce sont des citoyens burkinabè qui seront amenés à vivre dans la même société à l’issue du procès.

L’avocat de Diendéré, Me Olivier Yelkouni, a déploré que la vie privée de son client importe peu au parquet qui a diffusé des éléments le présentant dans son cadre familial, portant atteinte, selon lui, à l’humanité du principal accusé (cf. séquence filmée par Ismaël Diendéré mettant en scène des cadres du CDP Michel Ouédraogo, Salifou Sawadogo et Fatou Diendéré). Mais pour le parquet, il s’est agi de démontrer les connexions entre les ailes politique et militaire du coup d’Etat.

L’audience de l’après-midi a débuté par un débat entre le ministère public et Me Idrissa Badini de la défense sur le principe de l’oralité dans le procès pénal. Pour les parquetiers, les procès verbaux des accusés en instruction sont à mettre à côté de leurs déclarations à la barre et faire le tri afin d’établir la vérité. Par contre, Me Badini a laissé entendre que les PV ne sont valables qu’à titre de renseignement et non de preuve. Pour lui, la déposition à la barre est plus à considérer d’autant plus que le prévenu est autorisé se taire et même à mentir devant le juge d’instruction.

Incident entre avocats et parquet

Passé ce débat, Me Prosper Farama, après un temps accordé par le tribunal pour une concertation entre tous les avocats impliqués dans le procès, a attiré l’attention du président de la juridiction, Seydou Ouédraogo, sur des observations du parquet qui peuvent faire l’objet d’un incident d’audience.

« Il s’agit de l’observation consistant à dire  »Nous comprenons l’attitude de certains avocats qui veulent justifier leurs honoraires » et celle relative à l’absentéisme de certains conseils aux audiences », a précisé l’avocat porte-parole. Et d’ajouter que ce sont des propos indécents et pouvant porter atteinte à l’honneur de la profession.

Il a souhaité que de telles déclarations soient évitées dorénavant. Après une suspension d’une dizaine de minutes ordonnée par le président du tribunal, le procureur militaire, Alioune Zanré, a pris acte des préoccupations des avocats, s’est excusé de les avoir vexés et a indiqué que l’intention du parquet n’a jamais été de le faire. Me Farama a aussi exprimé les sincères excuses des différents conseils au parquet pour toutes les fois où leurs propos n’ont pas été mesurés et ont été agressifs à l’encontre de l’accusation.

Le tribunal a aussi pris acte du règlement de l’incident dans la sagesse. Il s’en est suivi des interventions d’avocats des différentes parties. Après cela, il y a eu la projection d’une compilation de vidéos d’une durée de près d’une heure et demie, dans laquelle on voyait entre autres des personnes tuées ou blessées par balles, des jeunes en colère et très hostiles aux putschistes.

Dans la série, il y avait aussi des reportages de la télévision BF1 sur le bilan des violences dans des hôpitaux à Ouagadougou (11 morts et 164 blessés), sur les difficultés pour le des journalistes d’exercer et la réduction de leur rédaction au silence. L’assistance a aussi eu droit à une interview accordée par Diendéré à France 24 dans laquelle il a donné les raisons ayant conduit au putsch. L’action de la Croix rouge au moment des faits était également de la série de vidéos. Les parties opineront le vendredi 5 avril 2019 à partir de 9 heures sur ces éléments audiovisuels.

Fabé Mamadou OUATTARA
& Jean Philibert SOME

Coopération sino-burkinabè : Le coup d’accélérateur des hommes d’affaires

L’ambassade de Chine au Burkina Faso, en collaboration avec Société générale Burkina Faso, a organisé une table ronde le 2 avril 2019 à Ouagadougou sur le thème : « les entreprises chinoises et Société générale Burkina Faso au service du développement économique et social au Burkina Faso ».

Une trentaine de chefs d’entreprises chinoises ont discuté avec leurs homologues burkinabè sur la dynamisation de la coopération économique entre les deux pays, à la faveur d’un business forum sous le thème « Les entreprises chinoises et Société générale Burkina Faso au service du développement économique et social du Burkina Faso » le 2 avril 2019 à Ouagadougou.

Organisée conjointement par l’ambassade de Chine et la banque Société générale Burkina Faso(SGBF), la rencontre a permis de mener la réflexion autour de 2 sous-thèmes à savoir « Comment valoriser l’expertise technique et financière chinoise pour le meilleur financement des BTP au Burkina Faso» et «  Que devrait entreprendre la société générale BF pour faciliter l’intégration des entreprises chinoises au BF ».

Pour l’ambassadeur de Chine, Li Jian, la table ronde est le lieu de répertorier toutes les opportunités d’affaires afin de construire les bases d’un partenariat efficace pour une meilleure contribution des entreprises chinoises au développement économique et social des deux pays. Selon le directeur général de la SGBF, Harold Coffi, la rencontre devrait permettre de mieux cerner les besoins de l’Etat burkinabé tant technique que financier, de mieux comprendre ce que les entreprises chinoises ont à apporter en terme d’expertise et de solution mais aussi de démontrer pourquoi la SGBF est un partenaire de choix dans ce contexte.

La ministre déléguée en charge de l’Aménagement du territoire, Pauline Zouré, s’est, pour sa part, réjouie de l’initiative car elle offre, selon elle, l’opportunité aux hommes d’affaires de discuter des priorités du Plan national de développement économique et social, des opportunités d’affaires, d’investissements au Pays des Hommes intègres.

Dawara Sylvie Sou
(Stagiaire)

Soutien aux personnes vulnérables : La CEN-SAD apporte des vivres et des ambulances

La Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) a remis divers dons au ministère de la Santé et aux déplacés de Yirgou. La cérémonie de remise a eu lieu, le mardi 2 avril 2019 à Ouagadougou.

La Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) ne veut pas rester en marge des actions de soutien au Burkina Faso. Après la Mauritanie, le Tchad et le Mali, elle est venue les bras chargés de cadeaux au Pays des Hommes intègres.

L’organisation sahélo-sahélienne a remis trois ambulances et des vivres d’une valeur de plus de 90 millions de francs CFA respectivement au ministère de la Santé et aux déplacés de Yirgou. Selon le secrétaire général (SG) de la CEN-SAD, Ibrahim Sani Abani, c’est dans un contexte d’insécurité grandissante que son organisation a voulu matérialiser la solidarité entre les Etats membres et l’entraide en cas de nécessité.

« La santé est au cœur de nos préoccupations. Car, sans la santé, il est illusoire de parler de développement durable et de bien-être », a-t-il indiqué. « Les populations ont diverses attentes au plan social. Cet appui donc va soulager la souffrance des populations »,  a déclaré le ministre de la Santé, Claudine Lougué. Selon elle, le climat actuel est menacé par une émergence des maladies cardio-vasculaires qui assombrit le tableau du fait de la mortalité.

Elle a estimé que ces ambulances médicalisés permettront de prendre en charge urgemment des malades depuis leur habitation jusqu’au niveau des centres équipés. « L’ambulance est un moyen de transport de liaison entre des soins de santé de basse qualité à ceux de haute qualité. Et ces ambulances sont là pour assurer une meilleure longévité au peuple burkinabè », a indiqué Mme Lougué.

Pour la ministre de la Santé, la CEN-SAD, en choisissant d’offrir ces ambulances, contribue à l’atteinte des objectifs de l’axe stratégique 2 du programme national de développement économique et social, notamment l’effet 2.1.1 qui est : ‘’l’accès aux services de santé de qualité est garanti à tous’’.

Elle a donc remercié le secrétaire général de l’organisation sahélo-saharienne. La ministre en charge de l’Action humanitaire, Laurence Ilboudo a laissé entendre que cette expression de solidarité démontre l’attachement de la CEN-SAD aux valeurs humaines et de dignité.

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

Mouvement d’humeur de chauffeurs routiers : Une œuvre d’individus non identifiés, selon les transporteurs

Les transporteurs routiers du Burkina ont au cours d’une conférence de presse, tenue hier mercredi 3 avril 2019 à Ouagadougou, soutenu que le mouvement d’humeur de chauffeurs routiers est une œuvre « d’individus non identifiés ». Ils ont en outre invité les autorités à sévir contre les fauteurs de troubles.

Les transporteurs routiers du Burkina Faso n’ont jamais été en mouvement depuis 1950 et ne se reconnaissent pas dans la grève, entamée le mardi dernier par des chauffeurs. C’est la déclaration faite par des syndicats, associations et groupements des transporteurs routiers du pays, face à la presse, le mercredi 3 avril 2019, à Ouagadougou. Selon le secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs du transport routier du Burkina (FENAT-BF), Bonaventure Kéré, le mouvement d’humeur constaté est l’œuvre d’ « individus non identifiés ».

Car, a-t-il expliqué, aucun des dix-huit syndicats, associations et groupements de transporteurs existant au Burkina Faso, ne sont mêlés à ces actes portant atteinte à la libre circulation de personnes et paralysant les activités socio-économiques. « Nous en appelons à nos autorités afin que ces individus soient mis hors d’état de nuire, radicalement et définitivement pour le bonheur de tous », a martelé, Bonaventure Kéré.

Est-ce que la coalition des transporteurs routiers a réellement appris la grève de chauffeurs routiers ? Face à cette préoccupation des journalistes, les organisateurs de la conférence de presse ont répondu par l’affirmative. Que des individus, fussent-ils des chauffeurs, bloquent les voies pour empêcher le trafic routier, est hors de question, a indiqué Bonaventure Kéré.

Mais, il a insisté que l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) n’est pas au courant du ‘’débrayage’’ de ‘’personnes mal intentionnées’’. Les vrais responsables de l’UCRB, à entendre M. Kéré, au même moment, réfléchissaient sur le sort à donner à la convention collective qui lie les transporteurs (employeurs) et les chauffeurs (employés) routiers. Qu’en est-il du fait que les ‘’grévistes ‘’ ne veulent pas du président de l’Organisation des transporteurs routiers du Faso (OTRAF), Issoufou Maïga comme futur président de la Faitière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB)? Pour les transporteurs, cette récrimination, si elle est vraie, est inadmissible car la faîtière est leur affaire.

Les conférenciers ont, par ailleurs, loué l’exemple de Issoufou Maïga, un ‘’administrateur hors pair’’ et n’entendent pas céder à la volonté d’une autre entité de leur imposer une personne à la tête de leur ‘’fédération’’. Joint au téléphone, le président de l’UCRB, Brahima Rabo, a laissé entendre que sa structure n’est pas l’instigateur du mouvement d’humeur et s’en démarque.

Boukary BONKOUNGOU

L’Autre regard : Algérie : l’équation de la transition

Abdelaziz Bouteflika a enfin compris la détresse de son peuple. Après six semaines de contestation, le président algérien a remis sa démission au Conseil constitutionnel dans la soirée du mardi 2 avril 2019. Même si cette capitulation intervient avant la fin de son mandat constitutionnel prévu pour le 28 avril, elle est tout de même tardive, car la situation a eu le temps de se gangréner de manière irréversible.

En effet, les Algériens, au départ, ne demandaient que la renonciation du président à un nouveau mandat. Ensuite, ils ont poussé plus loin en demandant son départ immédiat et sans condition. Actuellement, ils exigent la mise sur le carreau de tous les dignitaires du chef de l’Etat algérien. Ainsi donc, à force de s’entêter, Bouteflika, après 20 ans de pouvoir, sort par la petite porte, éventuellement avec tout son entourage. C’est du reste ce qui peut apaiser la situation dans son pays.

Maintenant que l’octogénaire est parti, la difficile équation reste la gestion de la transition jusqu’à l’organisation d’une élection présidentielle. Constitutionnellement, cette transition de 90 jours maximum doit être dirigée par le président du Conseil de la nation, l’équivalent du Sénat dans certains pays. Le problème est que l’actuel président de ce conseil, âgé de 77 ans, est une personnalité centrale de ce régime décrié par la rue.

L’option d’une transition menée par des figures du pouvoir étant catégoriquement rejetée, qui donc pour piloter le navire? Avant la démission de Bouteflika, des sources proches de son entourage évoquaient la possibilité de nommer une autre personnalité pour conduire la période transitoire. Et les Algériens y tiennent, quitte à ne pas respecter la Loi fondamentale. D’ailleurs, les appels à la dissolution du Conseil de la nation, de l’Assemblée des représentants du peuple et du gouvernement se multiplient.

Selon les protestataires, il faut former un Conseil constitutionnel indépendant ou une Assemblée constituante qui conduira la période transitoire et organisera les élections. Et pour être sûrs du changement réclamé, ils souhaitent que cette transition aille au-delà des trois mois afin de permettre de réviser non seulement la loi électorale mais aussi le fichier. La raison évoquée, les Algériens n’ont plus confiance à ces instruments, mis en place par l’équipe sortante.

C’est dire que le travail ne fait que commencer et le peuple algérien doit rester éveillé s’il ne veut pas avoir des surprises désagréables au bout du compte. Les moyens d’y parvenir ne manqueront pas, déjà que l’armée s’est montrée disposée à l’accompagner dans ce sens. Elle en a donné la preuve en poussant à deux reprises le vieux Bouteflika à la porte par des prises de position tranchées. Il reste à espérer qu’elle reste sur cette position jusqu’au dénouement final de la crise.

Quoi qu’on dise, cette « révolution » algérienne est une victoire de plus pour la démocratie africaine après celles du Burkina Faso, de la Tunisie et de l’Egypte, pour ne citer que les plus récentes. Le message est clair : le pouvoir est désormais au peuple et gare à celui qui tentera de le bâillonner. Avis donc aux tripatouilleurs de Constitutions.

Daniel ZONGO

Mouvement d’humeur des transporteurs: Les structures syndicales et associatives se démarquent 

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Des syndicats et associations de transporteurs routiers du Burkina ont organisé une conférence de presse ce mercredi 3 avril 2019 pour se démarquer du mouvement d’humeur  de certains conducteurs.

 Depuis hier (2 mars), des Ouagalais s’approvisionnent en carburant car ils craignent que le mouvement des routiers puisse occasionner une rupture.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=-MSF5WKb-dI&w=560&h=315]

C’est ainsi que les syndicats de transporteurs routiers du Burkina ont dit  au cours d’une conférence de presse ne pas être responsables de cette situation. « Ce que nous pouvons dire, c’est que cela est l’œuvre d’individus non identifiés car aucun des dix-huit syndicats, associations et groupements de transporteurs existants dans notre pays ne sont concernés par ces mouvements qui portent atteintes à la libre circulation des populations et paralysent l’économie du Burkina », a déclaré le Secrétaire général de la future faitière, Bonaventure Kéré. Il a de ce fait appelé les autorités à mettre fin définitivement à ce mouvement pour le bien de tous.

« Nous, syndicats, associations et groupement de transporteurs routiers du Burkina restons engagés pour la mise en place de la faitière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB) », a indiqué Bonaventure kere.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=XmIY_KlOBUc&w=560&h=315]

Wamini Micheline OUEDRAOGO

Drame à Arbinda: une enquête sera diligentée (Président du Faso)

Le président du Faso condamne avec la plus grande fermeté les évènements dramatiques survenus à Arbinda dans la province du Soum et à Zoaga dans la commune de Zabré.

Il présente aux familles des victimes ses sincères condoléances.

Le président du Faso appelle les populations de ces localités, et du Burkina Faso en général, au calme et à la retenue, et à se départir de toute tentative de justice sommaire.

Des instructions fermes ont été données aux Forces de défense et de sécurité pour qu’elles renforcent la sécurité des populations desdites localités.

Une enquête sera diligentée sur les circonstances de ces événements, afin que les coupables subissent la rigueur de la loi.

En ces moments difficiles où la cohésion sociale est diversement mise à rude épreuve, le président du Faso en appelle au renforcement de la culture de la tolérance, de la paix et du dialogue entre fils et filles du Burkina Faso.

Dieu bénisse le Burkina Faso.

Direction de la Communication de la présidence du Faso.


Journée mondiale de l’autisme:« L’enfant autiste doit être considéré comme un enfant normal », Catherine A. Zongo 

Le 1er avril de chaque année est consacrée aux enfants souffrant d’autisme. A cette occasion, Catherine A. Zongo, présidente de Agir pour l’éducation et la protection des enfants en situation d’autisme (AEPEA), nous parle de la maladie et des actions de lutte entreprises par sa structure.

 Sidwaya (S.) : Qu’est-ce que l’autisme      ?

Catherine A. Zongo (C.A.Z.) : L’autisme est considéré par la plupart des Africains, et les Burkinabè ne sont pas en reste, comme   une maladie maléfique   qui   serait   une   conséquence des mauvais actes des parents des enfants qui en souffrent. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Des études ont été menées dans diverses contrées, aux Etats-Unis, en Europe, au Moyen-Orient, particulièrement en Israël. Elles ont montré que l’autisme est un trouble neurologique biologique.   L’enfant   autiste   n’est   pas   physiquement   affecté,   ni   infecté.   Il   atteste   tout simplement un comportement irrégulier qui se manifeste par le fait qu’il est surexcité, violent parfois, à des proportions variées selon le degré d’autisme.

 S: Quel est l’état des lieux au Burkina ?

C.A.Z. : A notre connaissance, aucune étude n’a été menée spécifiquement au BF pour dresser un bilan clair de la situation de l’autisme. Le nombre d’enfants qui en sont victimes restent encore imaginaire, ce qui ne favorise pas d’ailleurs leur prise en charge de façon efficiente.

 s.: De quel type d’accompagnement bénéficie les enfants autistes ?

C.A.Z. : Il n’existe pas un type d’accompagnement particulier pour les enfants autistes au BF. Ces derniers sont traités de la même manière que les autres enfants en situation de handicap tels que les aveugles, les sourds-muets, les infirmes, etc., alors que cela ne devrait pas être le cas du   fait   que   leur   handicap   est   assez   spécifique   et   particulier.   Cependant,   il   existe   des associations au nombre desquelles Agir pour l’éducation et la protection des enfants en situation d’autisme (AEPEA), qui accompagnent ces enfants à travers leur suivi régulier en famille et dans les cadres éducatifs ainsi que les conseils pratiques aux parents. Par le Ministère de la Solidarité nationale et celui l’Education nationale, l’Etat burkinabè jouent un rôle primordial dans l’éducation et la protection des enfants autistes au BF à travers l’éducation inclusive. Seulement, il faut des mesures spécifiques pour ces enfants, qui du fait de leur comportement irrégulier et de l’ignorance de leur mal sont presque délaissés à eux-mêmes ou stigmatisés par leur entourage.

S.: Quels sont les objectifs de votre association ?

ENSEMBLE, CONTRIBUONS A LES RENDRE MEILLEURS PAR NOS ACTIONS

C.A.Z. : Agir pour l’éducation et la protection des enfants en situation d’autisme (AEPEA) a pour objectif de contribuer à la production et à la défense des droits des enfants en situation d’autisme au Burkina Faso. Il s’agit de concevoir et de réaliser des projets éducatifs en faveur des enfants en situation d’autisme, de mener des actions d’information et de sensibilisation de l’opinion sur la problématique de l’autisme. Nous assurons, entre autres, leur prise en charge éducative, psychologique, sanitaire et sociale. A cet effet, nous développons des systèmes de parrainage.  AEPEA plaide auprès des structures publiques et privées, des partenaires techniques et financiers et des leaders d’opinion pour leur adhésion à la cause de l’enfant en situation d’autisme.

 S.: Quelles sont vos actions en faveur des enfants autistes ?

C.A.Z. : L’AEPEA mène une panoplie d’activités pour venir en aide aux enfants. Nous avons réalisé une étude sur les connaissances, attitudes et pratiques de la population face aux enfants en situation d’autisme. Elle a permis d’identifier les facteurs favorisant et/ou renforçant les comportements de rejet des enfants en situation d’autisme et élaborer et diffusé les messages de lutte. L’association a aussi noué des partenariats avec des structures éducatives et des  centres de santé pour la prise en charge des enfants autistes. Enfin, elle organise des séances de formation à l’endroit des parents pour une gestion adéquate des enfants.

S.: Quels sont vos conseils à l’endroit des parents ?

C.A.Z. : Comme conseils, nous voulons rassurer les parents des enfants autistes que leurs enfants ne sont pas oubliés. Des actions sont en train d’être menées à leur égard. Nous voulons surtout les encourager à apporter un suivi régulier à leurs enfants, à les scolariser car l’école reste le seul moyen à ce jour de prise en charge réelle des enfants autistes. Ils doivent également  leur accorder une attention particulière et leur affection, mais ne pas dupliquer les actes qu’ils posent. Auprès de l’Etat, nous demandons qu’une politique d’inclusion pour l’enfant autiste soit définit. L’enfant autiste doit être considéré comme un enfant normal. Pour ce faire, il doit être pris en tenant compte de sa spécificité. Nous profitons de la journée mondiale des autistes pour lancer un appel à l’endroit des parents, des éducateurs, des autorités, des organismes et des personnes physiques ou morales pour soutenir les autistes à travers l’AEPEA.

Entretien réalisé par Djakaridia SIRIBIE

Secteur de l’immobilier : Abdoul Services, meilleur promoteur de la sous-région

La société immobilière burkinabé, Abdoul Services international, a été distinguée en terre ivoirienne. Le PDG de la société a présenté son prix, jeudi 28 mars 2019, aux autorités burkinabè.

Abdoul Services est monté sur la plus haute marche du podium, à l’occasion du Salon de l’immobilier de Côte d’Ivoire (SICI). La société privée burkinabé est rentrée au bercail avec le Prix du promoteur immobilier de la sous-région ouest-africaine. Elle a arraché ce sacre, au cours du 2e SICI, du 9 au 10 mars 2019, qui a connu la participation d’une quarantaine de sociétés immobilières de huit pays de la sous-région, du Canada et de la Chine. Ce jeudi 28 mars 2019, les agents et plusieurs partenaires de la société immobilière Abdoul Services international ont fait le pied de grue à l’aéroport international de Ouagadougou, pour accueillir le trophée. Joie et satisfaction sur les visages des uns et des autres, éclats de rire… illustrent bien l’enthousiasme des gagnants. Ce sont la qualité rapport prix, l’expertise, la diversité des produits et le professionnalisme qui ont prévalu à la distinction de Abdoul Services, à en croire la responsable de l’Équipe mobile, Djamila Lessieur. Pour elle, ce trophée vient rassurer les clients du sérieux de la société. «Ce prix n’appartient pas seulement à Abdoul Services, mais plutôt au Burkina», a soutenu le PDG, Abdoul Ouédraogo qui est allé le présenter au ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat. M. Ouédraogo a traduit sa reconnaissance au gouvernement qui lui a permis de prendre part à la compétition.

Pour lui, c’est tout le Burkina qui a été honoré et aussi la preuve que l’immobilier a de beaux jours au Burkina Faso. Maurice Dieudonné Bonanet a exprimé sa «fierté rien que de voir ce trophée remporté par ce grand homme de l’immobilier». Selon lui, cette distinction est l’expression du dévouement et la reconnaissance de l’expertise de Abdoul services international.

Il a invité le promoteur à s’investir davantage afin de mériter le trophée au quotidien. Le ministre Bonanet a rappelé le programme de 40 000 logements dont la réalisation se fera avec l’accompagnement du privé. Ensuite, Abdoul Ouédraogo et ses collaborateurs sont allés présenter le prix à leur «père», le Moogho Naaba. L’empereur des Mossé a traduit sa satisfaction et ses encouragements à son «fils» pour avoir ramené le Prix du promoteur immobilier de la sous-région du SICI à la maison. «A travers ce prix, c’est le Burkina tout entier qui est honoré. Nous disons merci à Abdoul Services pour le travail abattu pour le bonheur des populations», a-t-il dit. Le Moogho Naaba a exhorté son «fils» à promouvoir la cohésion et l’entente au sein de sa société, seul gage des victoires futures. Il a aussi encouragé le promoteur à poursuivre ses actions de bienfaisance à l’endroit des plus pauvres. Souvent sous le feu des critiques, le promoteur immobilier a demandé aux Burkinabè de se mettre au travail.

«Quand quelqu’un te dénigre, il faut lui réponde par le travail. C’est ce que nous avons fait en remportant ce prix international. Que les gens mettent de côté les mensonges et l’hypocrisie, on va ensemble développer notre cher Burkina», a-t-il suggéré. La présente distinction est   la toute première de la société immobilière. «Nous ne pouvons que remercier Dieu», a affirmé le PDG de Abdoul Services, Abdoul Ouédraogo. Avec l’aide de tous ses collaborateurs, le PDG compte remporter beaucoup d’autres prix pour toujours faire honneur à son pays.

Djakaridia SIRIBIE

La mésaventure d’un fonctionnaire

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La mésaventure d’un fonctionnaire
De retour de Fada N’Gourma, le week-end dernier, Kantigui a fait une escale à Zorgho pour étancher sa soif avant de poursuivre son chemin. C’est là qu’il est tombé sur un fonctionnaire, qui ne sait plus où mettre la tête. En effet, à la fin du mois, le « pauvre » agent de santé au CSPS de Thamidou à 3 km de Zorgho, a enfourché sa moto pour se rendre à Pouytenga afin de toucher son salaire. Après avoir effectué ses opérations bancaires, mal lui a pris de vouloir se «mouiller» la gorge dans un maquis, non loin de la banque, avant de rebrousser chemin. Il a donc garé sa moto d’à-peine un an, payée sur prêt bancaire avant de rentrer dans le débit de boisson qui ne dispose pas de parking. A sa sortie, point de moto, son engin s’est volatisé. De ce qui a été rapporté à Kantigui, l’infortuné a marché de Pouytenga à Sapaga, avant d’appeler l’un de ses collègues qui est venu le chercher. Il a néanmoins pris le soin de porter plainte à Pouytenga et à Zorgho.

Les mécontents du SICOT
Kantigui dans ses balades a surpris des échanges fort intéressants dans un maquis de Ouagadougou. En tendant l’oreille, il s’est vite rendu compte qu’il s’agissait de questions de prise en charge des membres du comité national d’organisation et du comité régional d’organisation du premier Salon international du coton et du textile (SICOT), qui s’est déroulé du 27 au 29 septembre 2018 à Koudougou. Selon les occupants de la table, certains sont rentrés en possession de leur dû, pendant que d’autres sont toujours dans l’attente. Et les plus heureux sont les membres du comité national d’organisation. Pendant ce temps, les membres du comité régional, qui devraient être pris en charge pour trois semaines de travail, perdent patience. A ce qu’il se dit, les mécontents entendent boycotter la prochaine édition du SICOT, si rien n’est fait. Kantigui interpelle donc le ministère en charge du commerce à trouver une solution à ce problème.

Koudougou : une mutuelle d’épargne disparaît avec des dizaines de millions F CFA
Kantigui a appris avec amertume ce qui est arrivé aux membres de l’agence de Koudougou de la Mutuelle d’épargne et de crédit des artisans producteurs du Burkina (MECAP). Cette agence, implantée il y a quelques années, avait, par la flexibilité des prêts qu’elle accordait à ses membres, séduit plus d’un, au point qu’il en comptait plusieurs centaines. En fin 2018, des inquiétudes avaient commencé à planer sur la sincérité de cette mutuelle. De ce que Kantigui a entendu, les versements étaient toujours possibles, mais pas de retraits pour raison de «problèmes techniques». Faisant toujours confiance, certains membres n’ont rien vu venir et ont continué à faire des versements sans pouvoir pour autant faire des retraits. Début février 2019, ce qui devait arriver arriva avec le constat que l’agence de Koudougou est hermétiquement fermée sans répondant. Sur initiative de certains membres, une assemblée générale des adhérents a été convoquée et un bilan sommaire dressé. Cette AG, qui a regroupé un peu plus d’une centaine de membres munis de leurs documents, a pu totaliser plus de 60 millions F CFA en épargne dans ladite mutuelle. Toutefois, il est revenu à Kantigui que les membres absents à l’AG sont les plus nombreux. C’est dire que le montant escroqué pourrait être plus important. En attendant, les victimes ne savent plus où donner de la tête.

Des améliorations à la CNE
Dans notre parution du mercredi 20 février 2019, Kantigui évoquait des innovations qui alourdissent les opérations à la Caisse nationale d’Epargne (CNE). L’interpellation de Kantigui semble être tombée dans la bonne oreille. En effet, depuis une dizaine de jours, les choses semblent évoluer dans le bon sens à la CNE, puisque la dernière fois qu’il a effectué une opération dans une agence de La Poste BF, Kantigui s’est rendu compte qu’un dispositif a été mis en place pour orienter et guider les clients. Mieux, Kantigui a été surpris que contrairement au système qu’il a dénoncé, le guichetier prend en même temps les fiches remplies et l’argent des clients, pour éviter toute contestation. Kantigui note ainsi une nouvelle dynamique à la CNE et ne peut que s’en réjouir.

Que se passe-t-il à la Laiterie de Fada ?
De passage à Fada N’Gourma, Kantigui est tombé sur des informations relatives à des problèmes de gestion à la Laiterie de Fada. Depuis un certain temps, a-t-on relaté à Kantigui, le point des dépenses et des recettes de cette entreprise publique n’est pas fait. Le premier responsable s’y opposerait catégoriquement, au grand dam de la structure de tutelle, la Direction générale des productions animales (DGPA). Les informateurs de Kantigui s’interrogent alors sur l’attitude du patron de la Laiterie de Fada, soupçonné de malversations. En tous les cas, la situation est telle que l’entreprise éprouve des difficultés à assurer ses dépenses essentielles, à savoir l’acquisition de la matière première, la maintenance des machines et l’achat des pièces de rechange. A cette allure, Kantigui craint pour l’avenir de la Laiterie de Fada.

Des « bons petits » à l’INSD
Le 5e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) du Burkina Faso risque de n’avoir pas lieu en 2020, si les autorités n’y prennent garde. C’est du moins l’inquiétude d’un informateur de Kantigui, qui relève des dysfonctionnements dans la gestion de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), en charge dudit recensement. Dans les faits, il a expliqué à Kantigui que 44 personnes retenues après examen de leurs dossiers, à la suite d’un recrutement en ligne pour un besoin de 60 agents. « L’INSD a exigé une formation d’une semaine non rémunérée, sans pause-café, ni prime d’essence. Après cela, s’en est suivi le travail et sans contrat, pendant plus d’un mois. Pour en avoir le cœur net, nous sommes allés voir le directeur qui nous a fait savoir que nous ne sommes ni à l’UGEB, ni à l’ANEB et que si on fait, il trouvera des gens de leur niveau pour faire le travail. Certains de nos camarades ne pouvant plus supporter ont abandonné », a relaté la source de Kantigui. Pire, a-t-elle dit, l’INSD a voulu que les personnes recrutées signent un contrat d’un mois, après 45 jours de travail, pour une rémunération de 150 000 F CFA, ce qu’elles ont refusé. Le 6 décembre 2018, elles ont accepté de travailler pour le même montant par mois, à condition que le contrat soit prolongé d’au moins trois mois. Après une semaine de travail sur la base de ce « consensus », les recrutés légaux (il en restait 11) ont vu l’arrivée de plus d’une dizaine d’appelés, dont un seul figurait sur la liste d’attente. « Les restes sont des bons petits », a ajouté la source de Kantigui, davantage énervée par le fait que ces derniers avaient les programmes et dates des paiements. Aussi, les travaux auraient plusieurs fois été arrêtés pour manque de feutres, de papiers rame, avant d’être finalement suspendus, faute de machines à saisir.

Province du Sourou : la gendarmerie de Gomboro incendiée
Kantigui a été informé que la gendarmerie de Gomboro dans la province du Sourou, région de la Boucle du Mouhoun, a été victime d’une attaque armée, dans la matinée du mardi 2 avril 2019. Selon des sources locales, les assaillants, une vingtaine de personnes, sont arrivés aux alentours de 7h30 à motos et ont ouvert le feu sur la gendarmerie. La même source rapporte qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine, mais que trois personnes ont été légèrement blessées dont un élève, touché par balle qui a été évacué à Ouahigouya. Le bâtiment de la gendarmerie et trois motos ont été incendiés. Selon la source de Kantigui, après leur forfait, les assaillants seraient passés par Bangassogo, dans la commune de Kiembara et auraient promis aux populations de revenir.

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