Procès du putsch : ces vidéos qui « clouent le bec » aux accusés

Le parquet militaire a diffusé, mardi 2 avril 2019 dans le cadre du procès du putsch manqué de 2015, des vidéos mettant en scène des accusés au carrefour télévision BF1, de quoi «clouer le bec» à bon nombre d’accusés.

Fatoumata Thérèse Diawara et le caporal Saboué Massa ont eu des entretiens téléphoniques essentiellement en langue nationale dioula. Le contenu de ces audio a été diffusé, le mardi 2 avril 2019 au tribunal militaire dans le cadre du procès du putsch de septembre 2015. Dans le premier appel, Dame Diawara informe son interlocuteur de la volonté du général Diendéré, selon le parquet, de se rendre aux Forces de défense et de sécurité (FDS) malgré les appels des «présidents» et du «pape».

«Il dit que les gens ont demandé son départ, il va partir. Les gens (les gendarmes, ndlr) sont dehors pour l’arrêter», peut-on entendre la voix attribuée à l’ex-compagne de Diendéré-fils. Le caporal Massa a sollicité auprès de Diawara un numéro du général pour l’appeler afin de l’en dissuader. Dans un autre, elle rassure le caporal de le tirer d’affaires. Celui-ci fait cas de la résolution diplomatique de la crise et des obus lancés sur le camp Naaba Kom II. «Je n’ai pas confiance en quelqu’un… Vos gars (soldats de l’ex-RSP) sont des peureux», lui a répondu Diawara, avant de jeter du discrédit sur le camp d’en-face. Dans le dernier élément à eux attribués, dame Diawara invite Massa et ses éléments à se battre «pour libérer» Djibrill Bassolé, aux dires du parquet, à défaut, ils n’auront pas la somme promise. «Celui qui doit vous donner l’argent a été arrêté et emprisonné à la gendarmerie de Paspanga.

Il devait me donner un numéro, mais il a été arrêté. Il faut le libérer sinon vous n’aurez rien … Prenez la ville, si vous voyez un char, allumez. Si vous allumez deux chars, ils vont fuir», a-t-elle dit à son interlocuteur qui, lui, était plus préoccupé par la question de l’argent. Une attitude que le procureur militaire a qualifiée de mercenariat : demander de l’argent pour se battre contre son pays. Invités à la barre, dame Diawara et le caporal Saboué n’ont rien eu à redire.

Pour le parquet, il n’y a pas de doute sur la participation des co-accusés. Fatoumata Thérèse Diawara a incité les soldats, par l’intermédiaire du caporal à attaquer la gendarmerie de Paspanga. A la «solde des deux généraux», elle a utilisé tous les moyens pour convaincre le carré resté fidèle à Diendéré, a estimé le procureur. Les trois éléments sonores ont permis de convaincre la partie civile sur la responsabilité de Fatoumata Thérèse Diawara dans les événements du 16 septembre 2016 et jours suivants. Et Me Séraphin Somé de résumer son rôle : collecter les fonds pour galvaniser les troupes et donner des instructions à des militaires. «Elle a joué un rôle particulièrement important. Si on doit classer les accusés par ordre d’importance, elle peut occuper la 3e place», a fait savoir Me Somé. La défense a continué à remettre en cause la fiabilité des éléments audio.

« C’est bien moi sur la moto… »

Place a été faite aux vidéos, notamment les déclarations et communiqués télévisés du colonel Bamba Mamadou et à des scènes au carrefour de la télévision BF1.
Contrairement aux propos du général Gilbert Diendéré à la barre, le parquet a expliqué qu’il n’a pas été mis devant le fait accompli. A part une seule déclaration portant mention «CND», tous les communiqués lus l’ont été en son nom. Dans les images filmées par les journalistes de la télévision privée, on voit des soldats à bord de véhicules et sur des motos, à proximité des feux tricolores, les uns stationnés et d’autres en mouvement. On entend également des coups de feu. Dans sa déposition, le caporal Da Sami a identifié sur lesdites images, l’adjudant Jean Florent Nion, le sergent-chef Mohamed Lahoko Zerbo (en tenue de sport), le sergent Jean Martial Zoubélé et le soldat Issaka Ouédraogo.

Le sergent-chef Zerbo ne s’est pas «encore vu dans cette vidéo» à laquelle il n’a jamais été confronté. Quant au sergent Zoubélé, il a admis les faits, même s’il dit n’être pas dans « une situation d’hostilité ». «J’étais au carrefour. C’est bien moi sur la moto… J’étais en ce lieu pour l’accomplissement de ma mission. J’étais en appui aux éléments en poste au ministère de la Défense.

Je faisais la ronde entre le carrefour et le ministère», a expliqué l’accusé. Pour sa part, le soldat Ouédraogo, a eu des soucis pour se reconnaître. «C’est flou», s’est-il défendu. Il a indiqué que le 16 septembre, il était de garde au domicile du président Michel Kafando. C’est de retour au camp, qu’il a vu un attroupement de ses frères d’armes et s’est approché dans le but de se renseigner. Face aux questions de Me Prosper Farama de la partie civile, l’accusé a préféré se murer dans le silence, à l’absence de son avocat. A la vue des vidéos diffusées, l’homme de droit a noté qu’il est établi qu’à partir du 16 septembre, des soldats de l’ex-RSP étaient en mouvement en ville, reconnaissables par la tenue «léopard» et portant des «AK-47».

«… C’est historique, il faut que je filme ça»

Pour Me Guy Hervé Kam, cette sortie au carrefour de BF1 entrait dans le cadre de la consommation du putsch. Le parquet ayant insisté que le sergent-chef Zerbo est identifiable aux 31e et 32e secondes de la vidéo, Me Idrissa Badini, le conseil de cet accusé a fait appeler à la barre le caporal Sami. Celui-ci, contrairement à sa précédente déposition, n’a pas pu identifier Zerbo. Il ajoutera que ce n’est pas dans cet élément audiovisuel qu’il a identifié le sergent-chef. Alors, Me Badini a conclu que le parquet s’acharne sur son client. Pendant que le tribunal «ne comprenait plus» le caporal qui revenait sur ses déclarations, le parquet se dit convaincu que Da Sami «laissait désormais ses sentiments se manifester», parce qu’il est déçu des nombreux rejets de sa demande en liberté provisoire et en raison des pressions de certains coaccusés. Les autres pièces audiovisuelles à conviction projetées, ce 2 avril sont les images de l’hôtel Laïco et Rasmané Ouédraogo dit Raso.

Sur ce dernier élément, on pouvait voir des militaires en tenue léopard fouetter, jusqu’à être eux-mêmes épuisés, des jeunes dans la rue jouxtant le domicile de Raso. Scène que celui-ci a immortalisée. Des interviews réalisées par Droit Libre TV et témoignant des violences, parfois meurtrières, commises par des militaires en tenue «léopard» ont aussi été projetées, de même que des photos de militaires sur le terrain. Des témoignages d’agents de la radio Laafi de Zorgho détruite à la roquette par des éléments putschistes et d’habitants de cette ville étaient parmi les pièces présentées. On retiendra également la descente musclée à Savane FM pour faire taire la 108 FM, la radio de la Résistance. Là, les éléments du RSP ont été filmés par des caméras dont ils ignoraient la présence.

Quand ils s’en sont aperçus, ils ont détruit l’une d’entre elles après avoir pris le matériel de la «radio pirate». Par ailleurs, alors que la famille de l’artiste musicien Smockey faisait des pieds et des mains pour être en sécurité, c’était l’ambiance bon enfant chez les Diendéré et leurs amis. «Bonne arrivée M. le président du Faso», avait souhaité Ismaël à son père Gilbert Diendéré. Et de filmer papa-président à cœur joie à sa descente de voiture et en compagnie de sa garde. Les différentes parties au procès opineront ce mercredi 3 mars à partir de 9h, sur les vidéos projetées dans l’après-midi d’hier.

Djakaridia SIRIBIE
& Jean Philibert SOME

Les nouveaux défis de Macky Sall

Elu avec 58% des voix lors du scrutin du 24 février 2019, le président sénégalais, Maky Sall, a prêté serment, hier mardi 2 avril 2019 hors de Dakar dans la ville de Diamniadio, en présence de 18 chefs d’Etat africains. Cette investiture intervient dans un contexte où sa réélection est contestée par les candidats de l’opposition et dans un climat des plus délétères, en ce sens qu’une partie de l’opinion sénégalaise n’arrive pas à «digérer» que deux personnalités bien connues de la scène politique soient mises à la touche. Il s’agit de l’ex-maire de Dakar, Khalifa Sall et de Karim Wade, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. Le chef de l’Etat est soupçonné d’avoir manœuvré avec son équipe pour écarter des adversaires politiques de taille.

Macky Sall est sorti vainqueur de cette élection certes, mais il est tout de même fragilisé car, appelé désormais à faire face à deux autres opposants sérieux. En effet, Idrissa Seck, arrivé deuxième à la présidentielle et Ousmane Sanko, classé troisième, farouche opposant du pouvoir, licencié de la Fonction publique, donneront sans doute du fil à retordre au président réélu et à son entourage. C’est dire donc, que le défi majeur qui attend Sall demeure incontestablement l’apaisement du climat politique. Cette tâche ne s’annonce pas facile, vu que l’opposition n’a pas encore répondu à son appel à un dialogue politique «ouvert et inclusif». Comment former un gouvernement qui aura l’adhésion populaire pour l’achèvement de son programme «le plan Sénégal émergent (PSE)», dont la seconde phase s’étend sur la période 2019-2023 ?

C’est toute la problématique. Le pouvoir doit trouver les hommes qu’il faut pour la réussite du PSE qui se chiffre à 14 098 milliards francs CFA. La mise en œuvre de ce programme coïncide avec le début de l’exploitation pétrolière prévue en 2022. Cette exploitation pétrolière, annoncée, suscite beaucoup d’attentes auprès des populations qui espèrent des retombées sur leur pouvoir d’achat. L’autre défi est celui de l’emploi des femmes et des jeunes, une des promesses de campagne de Sall, quand on sait que le taux de chômage des jeunes dépasse 15%, selon les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Le pouvoir sénégalais aura du pain sur la planche dans la résolution de cette épineuse question.

Des voix s’élèvent de plus en plus, surtout au niveau de la jeunesse pour faire l’éloge de la gestion de Abdoulaye Wade à son détriment. Sall arrivera-t-il à faire mieux que son prédécesseur ? Le compte à rebours a donc commencé pour la mise en œuvre des promesses de campagne. Les Sénégalais le jugeront à la fin de son dernier mandat. Mais en attendant, la classe politique sénégalaise doit jouer sa partition, afin de donner la chance au pays de continuer à s’inscrire parmi les démocraties de la sous-région.

Abdoulaye BALBONE

Réconciliation nationale : la CODER milite pour le retour des exilés

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a échangé avec la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER), le lundi 1er avril 2019 à Ouagadougou, sur la situation nationale.

La Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) est réconfortée par l’idée du dialogue politique, qui sera bientôt organisé par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

Elle l’a exprimé à sa sortie d’audience, avec le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le lundi 1er avril 2019 à Ouagadougou. Selon le président du parti Le Faso Autrement, le Dr Ablassé Ouédraogo, le chef du gouvernement a affirmé l’impérieuse nécessité pour le Burkina Faso d’aller à la réconciliation nationale, si l’on veut construire la nation burkinabè ; une chose que la CODER a dite depuis plus de trois ans, selon lui. «Nous avons saisi cette occasion pour lui remettre le mémorandum pour la réconciliation nationale au Burkina Faso, document qui avait été remis au président du Faso, le mardi 13 février 2018», a affirmé Ablassé Ouédraogo.

La CODER, a-t-il poursuivi, est convaincue, tout comme le PM lui-même, que d’ici la fin du mandat du président du Faso, le processus de réconciliation nationale va démarrer. Partant des exemples du Mali et de la Côte d’Ivoire qui auraient engagé un dialogue inclusif, lui et ses camarades se disent fiers des propos du PM qui affiche une ferme volonté d’aller à la réconciliation.

Toutefois, il a révélé qu’au Burkina Faso, il ne saurait y avoir de réconciliation nationale si tout le monde n’est pas présent. «C’est pourquoi, a-t-il renchéri, nous avons expliqué à son Excellence Christophe Dabiré la nécessité de faciliter le retour de tous les exilés». Ablassé Ouédraogo s’est donc réjoui du fait qu’ils n’ont pas été déçus par ce qu’ils ont pu entendre de leur hôte. Il estime ainsi que tout le travail qu’ils ont fait au cours de ces trois dernières années, dans le cadre de la CODER a eu un écho favorable.

Tielmè Innocent KAMBIRE

Conflits communautaires : l’opposition dénonce l’«attentisme» du gouvernement

La conférence de presse hebdomadaire du Chef de file de l’opposition politique (CFOP) a été consacrée, le mardi 2 avril 2019 à Ouagadougou, au dialogue politique annoncé avec le chef de l’Etat, aux affrontements communautaires meurtriers et à la grève annoncée du syndicat des agents de santé.

Au lendemain des affrontements, survenus dans la nuit du 31 mars au 1er avril et ayant occasionné la mort de 8 personnes dans la commune de Zoaga dans le Centre-Est, l’opposition politique tient le gouvernement pour «responsable».

Le sujet a été évoqué, le mardi 2 avril 2019 au siège du Chef de file de l’opposition politique (CFOP), à l’occasion du point de presse hebdomadaire de l’institution. Les conférenciers du jour, Jean-Hubert Bazié, président de la Convergence pour l’espoir et Adama Séré, président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF) ont estimé que si le gouvernement avait considéré les signes avant-coureurs de ce conflit, ces drames seraient évités. En effet, dans la déclaration liminaire, lu par M. Séré, il est ressorti que dès le 25 janvier 2019, un affrontement entre les camps rivaux de Zoaga avait fait quatre morts et que les autorités avaient été «vainement» appelées à agir. «Pour l’opposition politique, le gouvernement est coupable de passivité. Malgré les alertes rouges successives, des dispositions n’ont pas été prises pour éviter ces affrontements … Il est incompréhensible et inadmissible que dans une république, des citoyens massacrent d’autres citoyens sans que la justice ne lève le petit doigt», a indiqué le président du RDEBF.

L’opposition est également revenue sur le dialogue politique annoncée avec le président du Faso et espère que ce ne sera pas un «dialogue de façade motivé par des calculs politiciens». Les conférenciers ont, à ce propos, rappelé les concertations en prélude au Code électoral qui ont abouti à l’adoption d’un texte toujours contesté. «On a passé le temps à dire que nous avions marqué notre accord au début pour nous opposer par la suite. C’est ce genre de manipulation que nous ne voulons pas. Il faut que ce soit dans la franchise», a insisté Jean-Hubert Bazié.

A propos de la grève programmée du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), l’opposition, notant que la principale revendication est le respect du protocole d’accord, a invité le gouvernement à entamer des négociations pour la levée de ce mot d’ordre de débrayage et éviter une «dégradation» des conditions sanitaires des patients. Dans le jeu de questions-réponses entre les conférenciers et les hommes de médias, l’accent a été mis sur la «dégradation progressive» du climat sécuritaire au Burkina Faso, ce qui est de nature, selon eux, à remettre en cause la tenue effective des échéances électorales à venir. Les leaders de partis d’opposition ont exprimé leurs inquiétudes grandissantes de voir la peur et la terreur s’installer progressivement dans certaines localités du pays. Le quatrième vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda Dicko, a ainsi fait cas de son constat dans le Sahel.

«Je m’y suis rendu courant mars. S’il était encore possible de se promener au début du mois, à partir du 20 et depuis l’enlèvement du maire de Markoye, il est devenu impossible pour une autorité de sortir sans escorte. Les villages sont abandonnés. Les familles se sont renfermées sur elles-mêmes», a-t-il rapporté. A propos des affrontements survenus dans la commune d’Arbinda, le député UPC redoute des représailles dans cette affaire, partie du meurtre d’un Cheick et de deux membres de sa famille. Au-delà des élections, le député de l’UPC s’est demandé s’il y aurait même une vie dans ces zones au fil du temps. Et de conclure, fataliste : «nous faisons ce que nous pouvons mais nous ne sommes pas le pouvoir».

Fabé Mamadou OUATTARA

Cohésion sociale : «Dialogue sans frontière» sensibilise au Centre-Est

Le samedi 30 mars 2019, une conférence sur la cohésion sociale a été organisée à Tenkodogo par l’association «Dialogue sans frontière».

L’association «Dialogue sans frontière» veut s’appuyer sur l’histoire de la région du Centre-Est pour promouvoir le vivre-ensemble à travers la sensibilisation. A cet effet, elle a organisé une conférence sur la cohésion sociale. Les participants ont échangé sur le thème : «Consolider la cohésion sociale par la sensibilisation et la promotion de la culture de la paix entre les différentes communautés vivant au Burkina Faso».

L’ambassadeur Philipe Sawadogo, président de l’association «Dialogue sans frontière» a dit qu’il faut privilégier l’éducation à la paix et au développement. Car, selon lui, la dimension du développement peut apporter la paix. C’est pourquoi, il faut prévenir en éduquant les populations. Le président de la CENI, Newton Ahmed Barry a soutenu que pour promouvoir la cohésion sociale, il faut éviter toute exclusion.

Le patron de la CENI a ajouté en disant que pour y parvenir, il faut s’interroger sur les vraies causes de la situation sécuritaire actuelle dans notre pays. Le président de la cérémonie, Antoine Ouédraogo, gouverneur de la région du Centre-Est a également exprimé sa joie quant à la tenue de la conférence dans sa région. En plus, il a trouvé que le thème de la conférence est d’actualité. Car, selon le gouverneur, sa région est en proie actuellement aux attaques terroristes notamment la province du Koulpelogo. Il a même avancé que c’est ce qui justifie que cette province soit soumise à l’Etat d’urgence depuis le 31 décembre 2018.

En outre, Antoine Ouédraogo a fait savoir que sa région, à travers les provinces du Boulgou et du Koulpelogo, est également confrontée aux conflits répétés liés à la chefferie coutumière qui occasionnent malheureusement, le plus souvent des pertes en vies humaines. Fort de ce constat, il a salué l’association qui, à travers ladite conférence, entend sensibiliser et promouvoir la culture de la paix et la cohésion dans sa région. Chose qui va aider à réduire ces conflits qui y prévalent, a conclu le gouverneur.

Bougnan NAON
naon_2012@yahoo.fr

Fête de la pomme de terre dans le Loroum : l’accès aux semences au cœur des réflexions

La ville de Titao a abrité, le samedi 30 mars 2019, la 17e édition de la fête de la pomme de terre. Placée sous le patronage du président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, la cérémonie a permis de récompenser des
producteurs méritants.

Les producteurs méritants ont été récompensés.

4035 tonnes de pomme de terre produites, 135 ha de terres emblavées, un milliard de francs attendu. Les chiffres de la campagne sont évocateurs et témoignent de l’engagement et de l’ardeur des acteurs de la filière. Avec le barrage de Andekanda, un plan d’eau d’environ 10 millions de mètres cubes et quelques retenues d’eau et puits maraîchers, la province du Loroum dispose d’un potentiel important pour promouvoir la filière. Toutefois, à entendre les intervenants, ces atouts restent confrontés à plusieurs problèmes tel le difficile accès aux semences.

C’est pourquoi, en prélude à la fête, les acteurs de la filière se sont retrouvés autour d’un forum pour réfléchir à cette problématique d’accès à temps aux semences de qualité et à moindre coût. Les enjeux de cette problématique ont conduit les organisateurs à associer le Président-directeur-général de l’entreprise Tropic Agro Chem, une entreprise spécialisée dans la promotion des intrants et équipements agricoles, comme parrain de la cérémonie. A la tribune, son représentant, Salif Sodré, a réaffirmé l’engagement de l’entreprise à accompagner les producteurs du Loroum dans leur quête d’intrants de qualité et de matériel agricole. Selon le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, Salifou Ouédraogo, la province du Loroum occupe la deuxième place dans la région du Nord en matière de production du tubercule jaune.

Le ministre Ouédraogo s’est réjoui de la tenue de ce rendez-vous annuel des producteurs du Loroum. Pour lui, loin d’être une routine, c’est une opportunité de découverte des potentialités maraîchères et d’affaires, en même temps une tribune d’exploit des efforts des acteurs directs et des partenaires de la filière. Au-delà du problème d’accès aux semences, Salifou Ouédraogo s’est également appesanti sur les autres problèmes qui minent la filière maraîchère au Loroum. Il a rappelé la construction de l’unité de transformation de la pomme de terre en chips et l’unité de conservation dont les travaux sont en cours et la création d’une plateforme maraîchère à Titao afin de renforcer les capacités des producteurs à maîtriser les circuits de commercialisation.

Prenant la parole au nom du président de l’Assemblée nationale, le député Boureima Barry a dit l’engagement du patron de la cérémonie aux côtés des producteurs. Il a annoncé à l’assistance l’engagement du président à les soutenir en intrants agricoles et semences de pomme de terre.
Des prix composés de motopompes, de charrettes, d’intrants agricoles et d’équipements divers ont été remis aux meilleurs producteurs. Sur l’aire d’exposition, les visiteurs du jour ont pu découvrir les merveilles de la localité et communier avec les producteurs.

Aboul Salam OUARMA

Projets conjoints Banque mondiale/BAD/FIDA : une revue conjointe pour plus de performances

Les projets et programmes financés par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds international de développement agricole(FIDA) ont fait l’objet d’une revue conjointe entre ces institutions financières et le gouvernement burkinabè, le mardi 2 avril 2019, à Ouagadougou.

Evaluer les performances des projets et programmes financés par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds international de développement agricole(FIDA) et échanger sur les grands défis liés à leur mise en œuvre conformément à la nouvelle réglementation. Tels sont, selon le ministre de l’économie, des finances et du développement, Lassané Kaboré, les objectifs de la revue conjointe des portefeuilles de ces trois partenaires, tenue le 2 avril 2019, à Ouagadougou. Elle est placée sous le thème : «L’application du nouveau décret sur la gouvernance des projets et programmes de développement au Burkina Faso : défis et perspectives».

Pour le ministre, cette revue constitue une occasion pour identifier les difficultés rencontrées, de proposer des mesures correctives en vue d’améliorer l’exécution des projets et programmes et d’accélérer la consommation des crédits. A ses dires, le portefeuille actif des trois partenaires au 29 février 2019 se chiffrait à 1 787 milliards de francs CFA (contre 1 327 milliards en 2017), soit 74, 53% pour la Banque mondiale, 21,65% pour la BAD et 3,82% pour le FIDA. Ce portefeuille regroupe au total 45 projets et programmes dont 34 nationaux et 11 régionaux, avec des taux de décaissement de 41,4%, 46,42% et 25% respectivement pour la Banque mondiale, la BAD et le FIDA, a précisé Lassané Kaboré. «Mais au-delà de ces indicateurs, le gouvernement et le peuple burkinabè apprécient hautement les résultats tangibles atteints dans le cadre de ces projets», s’est-il réjoui.

Pour le représentant des trois PTF, Cheick F. Kanté, la mise en œuvre des recommandations formulées en 2017, lors d’une précédente revue conjointe pour améliorer l’exécution des projets financés par les trois institutions s’est effectuée dans un environnement particulier. «Ce contexte est unique dans l’histoire du Burkina Faso du fait de l’insécurité accrue ainsi que des remous sociaux marqués par des revendications et des grèves répétitives», a-t-il souligné.

A cela, s’ajoutent les contraintes liées aux questions foncières, environnementales et sociales, à la faible capacité des entreprises prestataires, à la mise à disposition tardive et/ou insuffisante des ressources financières aux projets, a expliqué le patron du département en charge de l’économie. Au regard des défis à relever dans le PNDES, les trois partenaires ont attiré l’attention du gouvernement sur la «nécessité d’avoir une feuille de route pour un meilleur suivi conjoint permanent et responsabilisé des recommandations» qui seront issues de cette sixième revue conjointe.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr

Energies renouvelables : une nouvelle lampe solaire fabriquée au Burkina Faso

Née de la volonté de s’adapter à la demande des populations burkinabè en offrant des solutions d’éclairage à la fois performantes et accessibles, la nouvelle lampe solaire Kalo 600 fabriquée au Burkina Faso par la société LAGAZEL est désormais disponible sur le marché. Le lancement du nouveau produit a eu lieu, le samedi 23 mars 2019, à Bobo-Dioulasso.

Au Burkina Faso, plus de 80% de la population n’a pas accès à l’électricité, notamment en zone rurale. Or, comme le rappelle le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, «le secteur de l’énergie joue un rôle stratégique et prépondérant dans la réalisation des objectifs de développement de notre pays». Pour répondre aux besoins d’accès à l’énergie des populations, la société LAGAZEL a ouvert à Dédougou, la première usine de fabrication de lampes et kits solaires certifiés Lighting Global, en collaboration avec CB ENERGIE, une entreprise qui fournit et installe des équipements solaires au Burkina Faso depuis 15 ans (installations photovoltaïques, pompage solaire…). Depuis 2016, 60 000 lampes solaires ont été fabriquées par une quinzaine de techniciens formés à Dédougou. LAGAZEL propose plusieurs modèles de lampes solaires Kalo pour l’éclairage et la recharge de téléphone portable. L’utilisation de ces lampes solaires donne accès à un éclairage de très bonne qualité. La lampe Kalo 600 est la dernière-née.

Elle a été présentée à Bobo-Dioulasso le samedi 23 mars 2019, en présence des délégations du ministère de l’Energie et de celui du Commerce. «Nous avons conçu la lampe Kalo 600 avec son panneau solaire intégré pour répondre aux attentes de nos clients : un produit solide, durable, accessible à tous», a expliqué Abdoulaye Sana, directeur de LAGAZEL-Burkina. La lampe Kalo 600 renferme en effet toutes les caractéristiques d’une bonne lampe solaire : une batterie de 600 mAh facile à recharger grâce à son panneau intégré, rendant possible trois modes d’éclairage avec une autonomie pouvant atteindre 20 heures, le tout dans une coque en acier résistante et compacte. Un produit offrant une longue durée de vie et 2 ans de garantie grâce au service après-vente assuré localement. Il coûte 10 000 F CFA.

Depuis son usine de Dédougou et ses deux agences à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, LAGAZEL collabore avec un réseau de distributeurs pour que les lampes soient accessibles partout et pour tous. Ainsi, plusieurs revendeurs se sont lancés dans l’activité à Banfora, Koudougou, Ouahigouya ou encore Solenzo. Pour favoriser l’acquisition des lampes, LAGAZEL collabore avec plusieurs partenaires comme le Réseau des caisses populaires du Burkina Faso ou l’entreprise sociale Nafa Naana qui offrent des services financiers pour les clients et les revendeurs. Des solutions innovantes sont également proposées pour les ONG et les collectivités. Par exemple, la station de charge LAGAZEL permet la recharge collective de lampes solaires dans les écoles. «Grâce à notre modèle unique de fabrication locale, chaque lampe distribuée contribue à créer des emplois au Burkina Faso, et nous sommes sur place pour assurer le service après-vente qui garantit la durabilité de nos produits», a conclu Abdoulaye Sana.

Yssouf SANA
(Correspondance particulière)