Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sankandé, s’est entretenu, le lundi 4 mars 2019 à Ouagadougou, avec une délégation du Réseau international francophone des aÎnés du Burkina Faso (RIFA/BF). Les échanges ont porté sur les formes de soutien que le Parlement peut apporter aux personnes âgées.
Le Réseau international francophone des aînés, section du Burkina Faso (RIFA/BF), peut compter sur le Parlement burkinabè pour mener à bien ses activités. Une délégation du réseau l’a fait savoir, le lundi 4 mars 2019 à Ouagadougou, à sa sortie d’audience avec le Président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sankandé. «Le chef du Parlement s’est montré disposé à nous soutenir et il nous a demandé de lui soumettre des requêtes. Il pense faire quelque chose de spécial au niveau national comme le forum sur l’autonomisation des femmes », a indiqué la chargée de communication du RIFA/BF, Béatrice Damiba. Pour elle, le réseau fonctionne avec ses ressources «modestes», limitées aux cotisations de ses membres alors qu’elle a, à son compteur, une série d’activités. D’où cette démarche auprès de l’Hémicycle.
Mme Damiba a, en outre, confié que les échanges ont porté sur la mise en œuvre de la loi sur les personnes âgées qui nécessite l’adoption de décrets d’application. Pour la présidente du RIFA/BF, Aminata Salambéré, sa structure s’est fixée pour objectif de rendre plus actives les personnes retraitées. Nous préparons aussi, a-t-elle poursuivi, les jeunes à s’organiser afin qu’à la retraite, ils puissent être actifs en menant des activités de développement de leur communauté. Et la chargée de communication de préciser que le réseau intervient également dans le domaine de la santé en faveur des personnes âgées.
«Nous avons ce problème de l’incivisme et de la perte des valeurs chez les jeunes. Nous entendons faire des conférences et des contes pour sensibiliser les plus jeunes à la conservation des valeurs positives de notre société», a-t-elle ajouté. Le Réseau international francophone des aînés (RIFA) est composé de neuf pays dont la France, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Gabon et le Sénégal. Chaque pays dispose d’une section et la structure mère est actuellement dirigée par la Burkinabè Aminata Salambéré.
Le parc urbain «Bangr-weoogo» constitue un véritable biotope où s’expriment en parfaite symbiose diverses composantes des ressources naturelles animales et végétales des zones tropicales. Unique en son genre au Burkina Faso, ce massif forestier naturel a été rétrocédé à la commune de Ouagadougou, par le ministère de l’Environnement. Faisant l’objet d’usages multiples, cet actif naturel est victime de son succès et subit des effets négatifs d’une pression anthropique.
Le parc urbain Bangr-weoogo (ou forêt du savoir en langue nationale mooré) est situé au Nord-Est de la ville de Ouagadougou. Il a la forme d’une grande aile d’oiseau et est limité de l’Ouest au Nord par la route nationale n°3 (route de Kaya) et de l’Est au Sud par la route nationale n°4 (route de Fada N’Gourma).
Il s’étend sur une superficie totale de 265 hectares, dont 240 hectares aménagés. Autrefois forêt sauvage, cette niche écologique est devenue à la faveur du projet d’aménagement de la forêt du barrage de Ouagadougou, une forêt classée et rétrocédée à la commune de Ouagadougou par le ministère de l’Environnement et des Eaux et forêts en 2001. Dans un contexte écologique fragilisé par le changement climatique et socio-sanitaire où la qualité de l’environnement a un lien direct avec la santé des populations, disposer d’un poumon vert au centre ville d’une capitale en zone sahélienne est d’un intérêt majeur, voire salutaire. C’est dire que l’aménagement de la forêt classée de Ouagadougou en parc urbain a permis de sauver un massif forestier au cœur de la ville.
Lutter contre la désertification
En effet, le parc urbain Bangr-weoogo a été vite adopté par la population de Ouagadougou et les touristes. Des dizaines de milliers de visiteurs s’y rendent, chacun avec ses objectifs, mais tous pour profiter des opportunités que leur offre cette forêt urbaine: écoliers, élèves, étudiants, chercheurs, personnes âgées, jeunes et adultes de tous genres et expatriés en quête de nature tranquille. A ces usagers, s’ajoutent des artistes à la recherche d’espaces appropriés pour des séquences de films ou de clips musicaux.
Ce travail de lutte contre la désertification, la pollution et de préserver les ressources naturelles, animales et végétales des zones tropicales entrepris par les autorités communales est plus que salvateur. Cependant, ce massif forestier naturel, lieu d’éducation environnementale, cadre pédagogique par excellence, espace de loisir et de détente, subit une dégradation de la quantité de ses eaux et de ses sols, la destruction ou la modification de ses habitats naturels pour une fréquentation mal maîtrisée ou encore par des projets industriels. En d’autres termes, on y observe sur le site, entre autres, une déprédation de plusieurs aménagements, des tas d’ordures non enlevées, des faiblesses dans la sécurisation de certains endroits du fait d’insuffisance de personnel et l’envahissement des plans d’eau par la jacinthe d’eau.
Avec le bitumage de la route nationale n°4 une grande quantité d’arbres de la forêt a été abattue pour les besoins de la cause. Malgré la bonne volonté de la direction du parc à sauvegarder ce patrimoine naturel, le manque de ressources financières au niveau de la direction du parc ne permet pas de faire face à un traitement diligent de situations telles que l’entretien de la faune et la flore. Il est évident que l’augmentation des coûts des tickets d’accès au parc urbain Bangr-weoogo ne suffit pas à générer des recettes financières à même de compenser les besoins globaux, mais cette augmentation traduit l’impérieuse nécessité de prospecter les voies et moyens pour que la direction du parc urbain dispose de ressources nécessaires pour faire face aux dépenses courantes, si l’on veut que les usagers continuent de bénéficier des avantages de ce poumon vert.
Le directeur général de la coopération internationale et du développement de la commission de l’Union européenne, Stefano Manservisi, a eu une réunion de travail, le samedi 2 mars 2019 à Ouagadougou, avec les présidents des commissions de la CEDEAO, Jean-Claude Brou et de l’UEMOA, Abdallah Boureima.
Le directeur général de la coopération internationale et du développement de la commission de l’UE, Stefano Manservisi, a relevé la nécessité de renforcer l’approche intégrée développement-sécurité.
La coopération entre l’Union européenne (UE) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) est au beau fixe. Cette déclaration a été faite, le samedi 2 mars 2019 à Ouagadougou, par le directeur général de la coopération internationale et du développement de la commission de l’UE, Stefano Manservisi à l’issue d’une audience d’une heure avec les présidents des commissions de la CEDEAO, Jean-Claude Brou et de l’UEMOA, Abdallah Boureima, présents dans la capitale burkinabè pour le FESPACO.
A l’écouter, la rencontre a permis de faire le point de la collaboration entre son institution et les deux autres. «Nous sommes à un taux d’engagement de 98% du Programme indicatif régional mis en œuvre en Afrique de l’Ouest. Ce sont ainsi plus de 700 milliards F CFA qui ont été décaissés par le Fonds européen de développement (FED)», a-t-il annoncé. Bien que jugés satisfaisants par toutes les parties, l’UE ne compte pas s’arrêter à ces résultats. D’où selon M. Manservisi, l’occasion de la réunion a été saisie pour discuter des activités à mener à court et long terme. «Nous avons immédiatement un projet de blinding et d’investissement pour lequel des discussions sont en cours, en particulier l’interconnexion électrique entre le Burkina Faso et le Ghana. Il y a aussi le projet de système portuaire du Cap Vert, l’autoroute Lagos-Abidjan comme un maillon important», a-t-il dévoilé.
Avancer avec le projet WAPIS-SIPAO
Le président de la commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou, s’est réjoui du taux élevé de réalisation des activités.
Aussi, il a soutenu que l’UE apportera sa contribution au processus de réforme du système des régions qui est en cours pour plus d’efficacité. Pour ce faire, il a annoncé que son institution est prête à travailler avec la Banque d’investissement de la CEDEAO (BIDC) et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) afin que l’ Afrique de l’Ouest ait aussi un système bancaire qui puisse travailler directement avec l’UE dans le Blinding et le système de garantie pour l’investissement privé.
«Nous avons aussi discuté du projet WAPIS-SIPAO (un projet d’interconnexion des bases de données entre polices pour permettre de traquer les criminels et les trafiquants). C’est un cadre dans lequel la région et le G5 Sahel peuvent trouver des synergies fortes. Nous avons décidé d’avancer plus rapidement car cela fait beaucoup d’années qu’on y travaille », a-t-il relevé. En attendant les avancées significatives espérées à ce niveau, le président de la commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou, s’est réjoui des progrès réalisés dans les domaines des infrastructures d’interconnexion électrique, de la sécurité, des résformes institutionnels…
Le Président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, a remercié l’UE pour les investissements faits en faveur des populations.
«Globalement, la coopération est dynamique. Les choses se passent bien mais il faut faire mieux. C’est pourquoi, nous avons jeté les bases pour les prochaines rencontres et les actions à mener pour que la coopération soit plus dynamique », a-t-il informé. Pour sa part, le président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, a relevé que la collaboration avec l’UE est bénéfique pour les populations de l’Afrique de l’Ouest.
Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu en audience, le vendredi 1er mars 2019 à la Primature, le ministre des Transports de la Côte d’Ivoire, Amadou Koné. Les travaux de réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya et la construction de l’autoroute devant relier les capitales des deux pays étaient au menu des échanges.
Le Premier ministre de la Côte d’Ivoire, Amadou Gon Coulibaly se réjouit de la nomination de son homologue burkinabè Christophe Joseph Marie Dabiré. Cette information vient du ministre des Transports de la Côte d’Ivoire, Amadou Koné reçu en audience, le vendredi 1er mars 2019 à Ouagadougou. Ce tête-à-tête a permis au ministre Koné et à son collègue du Burkina Faso, Vincent Dabilgou, de faire le point de l’évolution du projet de réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya au chef du gouvernement burkinabè. Une avancée relevée à ce niveau est la ratification en 2018 par l’Assemblée nationale du Burkina Faso de la convention révisée y afférente, signée avec le groupe Bolloré en juillet 2017.
«Cela ouvre désormais la voie au début de la réhabilitation. Le Premier ministre Dabiré nous a instruit de tout mettre en œuvre pour que les travaux commencent au premier semestre de cette année», a-t-il relaté. En plus, dans la même logique, les deux ministres des Transports ont été instruits de pousser les réflexions en ce qui concerne l’exploitation de ce chemin de fer. De ce fait, il a annoncé qu’une étude sera menée afin qu’outre le transport de marchandises, le chemin de fer fasse revivre toutes les petites localités traversées et dynamiser leur économie.
L’autre point abordé est la construction de l’autoroute Abidjan-Ouagadougou. «Le Premier ministre s’est réjoui des efforts qui sont faits du côté de la Côte d’Ivoire. A l’horizon 2021, l’autoroute sera à Bouaké», a-t-il déclaré. Le ministre ivoirien a relevé avec satisfaction l’achèvement des études au niveau du Burkina Faso et les discussions sont en cours pour le début de la première phase de l’autoroute entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
Le ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, Laurence Ilboudo, a fait le point de l’organisation du 8-Mars, le jeudi 28 février 2019, au cours d’une conférence de presse.
La ville de Koupéla sera l’hôte de la commémoration du 8-Mars 2019. A l’occasion, l’autre moitié du ciel se penchera sur sa « contribution à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale ». Ce jeudi 28 février 2019, la ministre chargée de la femme a décliné les grandes lignes de la commémoration de la 162e Journée internationale de la femme, placée sous le haut parrainage de la première Dame, Sika Kaboré.
Il s’agit notamment d’une conférence publique sur le rôle des femmes dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent et à la sauvegarde de la paix au Burkina. Laurence Ilboudo s’est dit convaincue que la réponse à l’insécurité actuelle est non seulement militaire, mais surtout humaine. « Si, nous contribuons à arrêter l’enrôlement des kamikazes dans nos enfants, à éradiquer le flux de candidats au suicide, nous aidons les FDS à faire bien leur travail », a expliqué Mme Ilboudo. D’où la nécessité, selon elle, pour les femmes de s’engager dans la lutte contre le terrorisme. Et d’ajouter : « Il n’y a pas meilleur allié pour les FDS que la femme. C’est elle qui met les enfants au monde, les éduque et voit leurs dérives. Elle peut demander de l’aide pour qu’on prenne en charge cet enfant qui peut être un kamikaze ». L’autre acte de cette commémoration sera la reconnaissance du mérite des personnes physiques et morales qui se sont illustrées dans le domaine du maintien de paix et de la promotion de la femme.
« La grande innovation de cette année est la campagne de salubrité : opération zéro sachet plastique », a indiqué la ministre en charge de la femme. Elle sera lancée par le Premier ministre, Christophe Dabiré. Les directions régionales chargées de la femme ont été instruites d’organiser les femmes, dans les différentes communes. L’opération s’étendra sur l’ensemble du territoire national. « L’objectif est de faire en sorte que chaque femme s’engage à ne pas utiliser un sachet plastique du 5 au 7 mars. Si, toutes les femmes décident, ça sera bien. Il nous faut changer nos habitudes d’utilisation des sachets plastiques.
Nous pouvons vivre sans sachet », a déclaré Laurence Marchal. La célébration du 8-Mars 2019 est estimée à plus de 70 millions FCFA, dont 42 millions F CFA financés par le budget de l’Etat. Le ministre Marchal s’est réjouie du fait que le pagne de la fête n’a pas fait l’objet de guéguerre entre les dames. « Nous avons priorisé les pagnes tissés, puisqu’il y a plus de valeur ajoutée pour nous, dans le Faso danfani que dans le pagne imprimé », a-t-elle soutenu.
La Représentation nationale a lancé, le samedi 2 mars 2019 à Ouagadougou, la formation des 100 premiers stagiaires de son programme Volontaires de l’Assemblée nationale (VAN). Après six jours de formation au B.a.-ba de la vie parlementaire, ils entameront un stage de trois mois au sein de l’Hémicycle.
Ils sont 100 étudiants à être sélectionnés sur 1514 postulants en ligne pour démarrer le programme Volontaires de l’Assemblée nationale (VAN), qui va consister en un stage de trois mois au sein de l’Hémicycle, rémunéré à hauteur de 100 000 F CFA par mois. La formation de ces volontaires a été lancée, le samedi 2 mars 2019 à Ouagadougou, par le Président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé. Des explications du chef de projet, Mikail Baguian, il ressort que les candidats devaient remplir un certain nombre de conditions, notamment résider dans la province du Kadiogo, être en année de licence et âgé de 35 ans au plus. Un jury mis en place à cet effet, a présélectionné 80 étudiants dont 40 filles et autant de garçons sur la base du mérite (test en ligne), avant de retenir la moitié (20 filles et 20 garçons) après un entretien. Les 60 autres ont été retenus sur la base d’un critère social avec des quotas pour les groupes parlementaires, les syndicats d’étudiants et la société civile. « Au niveau du critère social, il manquait 12 candidats parce que les groupes parlementaires n’ont pas pu nous fournir des étudiants remplissant les conditions. Le PAN a donc décidé qu’on repêche 12 étudiants sur la liste d’attente du critère de mérite», a fait savoir le chef de projet.
A l’entendre, les 100 stagiaires seront formés en six jours et devront démarrer leur stage de trois mois à compter du 6 mars prochain, date d’ouverture de la 1re session ordinaire. La formation, a-t-il expliqué, permettra d’inculquer aux étudiants les notions de base sur la vie parlementaire, la démocratie et le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Pour le Président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé, cette initiative soutenue par le bureau de l’Hémicycle mettra ces 100 volontaires à la disposition de l’Assemblée aussi bien pour les besoins de l’administration, les travaux en plénière et en commission, que pour faire connaître le travail et la vie parlementaires dans les établissements publics et universités. D’ores et déjà, il a invité les étudiants à la probité, à la propreté, à soigner leur accoutrement et à savoir garder le secret professionnel.
Le PAN a aussi signifié à cette première vague de stagiaires que la poursuite du programme VAN dépendra de leurs résultats. «Vous avez l’obligation de ne pas décevoir pour donner la chance à d’autres étudiants et à l’Assemblée de poursuivre le programme», a-t-il ajouté. Et de renchérir que la Représentation nationale va également entreprendre des démarches auprès des structures publiques et privées pour qu’elles accordent davantage de stages aux étudiants. Bala Sakandé a aussi remercié les syndicats estudiantins pour leur collaboration tout le long du processus.
Au nom des stagiaires, Samira Ouédraogo et Ibrahim Diallo ont remercié le PAN pour cette «attention particulière» qui, à les entendre, permettra de faciliter leur développement personnel et leur intégration socioprofessionnel.
Le programme VAN concerne dans un premier temps, les universités de Ouagadougou et pour ensuite s’étendre aux autres universités du pays.
Au second jour du lancement officiel de l’opération spéciale de délivrance de Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) et de passeports biométriques au profit des Burkinabè résidant au Niger, l’affluence était déjà au rendez-vous. Constat !
On avait l’impression de vivre un jour d’élection, en cette matinée du vendredi 1er mars 2019 au Consulat général du Burkina Faso au Niger. En station debout ou assise sur leurs motos pour certains et sur des cailloux pour d’autres, des dizaines de ressortissants burkinabè attendent avec impatience l’ouverture des bureaux d’enrôlement. Parmi eux, Michel Yoni, un retraité vivant au Niger depuis 1963.
La soixantaine révolue, il est venu se faire délivrer pour la première fois une Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB). L’air « inquiet », il jette à plusieurs reprises un œil sur sa montre avant de lancer : «Est-ce qu’ils vont travailler aujourd’hui ?». Il est vite rassuré par Rosalie Sawadogo, une de ses compatriotes venue également se faire établir une carte d’identité. Celle-ci lui fait comprendre qu’il n’est que 8 heures et que l’enrôlement commence à 9 heures, selon les informations données à la cérémonie de lancement.
L’air rassuré, le septuagénaire se dirige à nouveau vers sa moto où il prend place les yeux toujours rivés sur la porte du consulat. 8 heures 30 minutes. L’affluence devient de plus en plus forte. Soudain, le bruit d’un mini car se fait entendre. Celui-ci se dirige vers la porte de l’ambassade où il stationne. Les membres de l’équipe d’enrôlement descendent, matériels en main. Au sein de la foule, des ouf de soulagement se font entendre. A peine descendue, l’équipe s’active à mettre son matériel en place pour le début des activités.
Après quelques minutes de réglage, les «candidats» aux CNIB et aux passeports sont invités à s’approcher, munis de leurs documents. Le vieux Yoni est alors le premier à se présenter devant les agents enrôleurs. Après vérification de son acte de naissance, il est autorisé à entrer au sein du consulat pour le reste des formalités. Environ 30 minutes après, le septuagénaire ressort du bâtiment le sourire aux lèvres. «J’ai enfin fini de faire mon inscription. Je suis désormais à 100% Burkinabè», lâche-t-il, tout heureux.
Le «passeport» pour le pays natal
Tout comme M. Yoni, Etienne Lompo a «abandonné» son travail de jardinage pour venir se faire enrôler. «Je suis très content de la mission parce qu’elle est venue nous sauver», déclare-t-il, brandissant son récépissé d’inscription. Lorsque nous nous approchons de lui pour en savoir davantage sur les raisons de sa «jubilation», il nous fait comprendre que la non-possession de carte nationale d’identité burkinabè lui pose d’énormes difficultés, lorsqu’il quitte le Niger pour aller voir sa famille à Kantchari au Burkina Faso.
Il se rappelle que lors de son dernier voyage, les agents de sécurité l’ont fait descendre du car à plusieurs reprises, parce qu’il ne possédait pas de CNIB. « Et même après avoir présenté ma carte consulaire, ils m’ont fait payer de fortes sommes d’argent. A cause de toutes ces tracasseries, je ne suis plus reparti au Burkina depuis 2010 », regrette-t-il avant d’ajouter, qu’avec la CNIB, il pourra désormais rentrer au pays sans difficulté.
« Même si c’était 5000 FCFA que l’on devait payer pour la pièce d’identité, je n’allais pas hésiter à le faire », lance-t-il avant d’enfourcher sa monture pour regagner son lieu de travail. Isaac Ouoba, quant à lui, est enseignant dans une école brésilienne à Niamey.
Faible engouement pour les passeports
Ce matin, il a «séché» les cours pour venir se faire établir une pièce d’identité burkinabè. «Avec la carte consulaire, c’est seulement au Burkina Faso et au Niger que je peux aller. Pourtant avec la CNIB, je pourrai me rendre dans d’autres pays de la sous-région. Et c’est mon intention car en plus d’être enseignant, je suis également missionnaire et je compte parcourir l’Afrique pour annoncer l’évangile», confie le jeune homme.
Au lendemain du lancement de l’opération d’enrôlement, des dizaines de personnes ont fait le déplacement pour se faire enrôler.
Si les inscriptions pour les CNIB mobilisaient pas mal de monde, ce vendredi 1er février, il n’en était pas de même pour les passeports. «Depuis que l’opération a commencé, nous avons eu moins d’une dizaine d’inscrits pour le passeport. La plupart de ceux qui viennent s’intéressent particulièrement aux CNIB», a fait savoir Emmanuel Naganda, agent enrôleur. Pour lui, cela s’explique par le fait que beaucoup de ressortissants burkinabè au Niger ne possèdent pas de certificats de nationalité burkinabè.
Pourtant, a-t-il rappelé, la présentation d’un certificat de nationalité valide est impérative pour l’établissement du passeport. De ce fait, il a regretté que les personnes habilitées à les délivrer n’aient pas fait partie de la mission spéciale. «S’il y avait avec nous des gens qualifiés pour faire les certificats de nationalité, il y aurait plus d’affluence au niveau des passeports», a-t-il estimé.
Sur ce point, le ministre de l’Intégration africaine et des burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrebeogo, a fait savoir que l’objet de la mission consulaire spéciale n’est pas de délivrer des certificats de nationalité mais des CNIB et des passeports. Il a tout de même indiqué que d’autres missions viendront dans les prochains jours pour le faire. Même si l’affluence n’était pas au rendez-vous au bureau des passeports, quelques rares personnes y venaient s’inscrire.
Parmi elles, le pasteur Prosper Delma, un Burkinabè qui vit au Niger depuis plus d’une trentaine d’années. «Je suis ici à Niamey depuis 1990. Ma famille, quant à elle, est restée au pays. Je suis donc obligé de faire des aller-retour entre Ouagadougou et Niamey. Pourtant avec les cars, le trajet est non seulement long mais il n’est pas sécurisant. Par contre avec l’avion, c’est plus facile», a-t-il jugé.
La commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a remis officiellement ses trois prix spéciaux aux lauréats dans les catégories documentaire et fiction, le samedi 2 mars 2019 à Ouagadougou.
«Duga (les charognards)», est le film long métrage qui a remporté le premier prix spécial de l’UEMOA d’une valeur 10 millions de francs CFA à la 26e édition du FESPACO, dans la catégorie fiction long métrage. Il a été réalisé par deux Burkinabè, Hervé Eric Lengani et Abdoulaye Dao. Le dernier cité a été lauréat de cette même distinction en 2009 avec «Une femme pas comme les autres».
Film révélateur d’une fissure sociale remarquable de nos jours, «Duga», selon M. Dao touche à la mort et à la vie à travers un cadavre encombrant qu’on n’arrive pas à enterrer et un bébé découvert dans un dépotoir. «Je souhaite qu’au-delà du Burkina Faso, ce film soit vu dans l’espace UEMOA», a plaidé le réalisateur.
Les deux autres prix spéciaux de 8 millions francs CFA chacun, sont allés au «Rêve brisé» de Bêde Modeste Ganafe Mofedogna du Burkina en fiction court métrage et le documentaire «Juma Duman» du Malien Salif Traoré. Ils traitent, respectivement, de l’immigration de personnes riches qui, pourtant, bradent tout en Occident et des patronymes ; des sujets qualifiés d’originaux par
le jury.
Le président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima (milieu) : «La commission, par son soutien au FESPACO, aide à produire et à diffuser des images qui parlent de nous et nous rassemblent ».
Pour le président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, le partenariat UEMOA /FESPACO remonte en1997. Et l’objet de cette collaboration, selon lui, est de contribuer à la promotion d’images qui parlent de nous, de nos valeurs, de notre savoir-faire et de nos talents. Les prix visent donc à récompenser et à encourager la production cinématographique au sein de l’espace communautaire, a-t-il précisé.
Dans le cadre de ses missions, l’UEMOA, aux dires d’Abdallah Boureima, œuvre au développement harmonisé du secteur de l’image dans tous les pays membres. Elle travaille donc, à son avis, à l’aménagement d’un environnement juridique et réglementaire communautaire favorable à l’essor d’une véritable économie de la culture en général, et du cinéma en particulier.
A l’occasion de la cérémonie de remise de prix, une conférence a été animée par l’ancien commissaire de l’UEMOA, Seydou Sissouma, sur le thème : «Enjeux de la réglementation du secteur de l’image». Elle a donné lieu à des échanges sur les défis majeurs du cinéma et le soutien des Etats de l’Union à ce secteur.